<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>

<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">
<title>FID Recht - Menschenrechte</title>
<generator uri="http://tt-rss.org/">Tiny Tiny RSS/23.04-0578bf802 (Unsupported)</generator>
<updated>2015-10-08T22:57:36+00:00</updated>
<id>https://vifa-recht.de/feed/13</id>
<link href="https://vifa-recht.de/feed/13" rel="self"/>

<link href="https://vifa-recht.de" rel="alternate"/>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-07-22:/294154</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/07/les-invites-de-llc-serge-sur-les-etats.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les Invités de LLC - Serge Sur - Les États-Unis, pas une démocratie politique, une république fédérale</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Serge SurProfesseur &eacute;m&eacute;rite de l'Universit&eacute; Panth&eacute;on-AssasMembre de l'Institut(Acad&eacute;mie des sciences...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<div align="center"><span><br></span></div><div align="center"><span>Serge Sur</span></div><h3><br></h3><p><span face="Calibri, sans-serif"></span></p><h3><span>Professeur &eacute;m&eacute;rite de l'Universit&eacute; Panth&eacute;on-Assas</span></h3><h3><span><b>Membre de l'Institut</b></span></h3><h3><span><b>(Acad&eacute;mie des sciences morales et politiques)</b></span></h3><div><span><b><br></b></span></div><div><span><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2HXrPICzz8Jld0c8yEX0_uzUF-OqyDaDXOosT8MnCHs78olXH3_3kY-cAE2_1EsWCODGqrlmxxgoBQBD_jkCyVebptanRjHrW2kyRhp2y8r5kvYWQ22Kl7QsSxRVHYfpuPwVHaigPwC2Mko04GJxsUoBdqNuKxRiIuTMSht0P2yvlcAP9vGu6q885CzE/s1378/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2018.17.32.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2HXrPICzz8Jld0c8yEX0_uzUF-OqyDaDXOosT8MnCHs78olXH3_3kY-cAE2_1EsWCODGqrlmxxgoBQBD_jkCyVebptanRjHrW2kyRhp2y8r5kvYWQ22Kl7QsSxRVHYfpuPwVHaigPwC2Mko04GJxsUoBdqNuKxRiIuTMSht0P2yvlcAP9vGu6q885CzE/w535-h366/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2018.17.32.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><b><br></b></span></div><p><span face="Calibri, sans-serif"><br></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><br></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><br></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">Les Etats-Unis se pr&eacute;sentent volontiers comme le parangon de la d&eacute;mocratie. Leurs pratiques sont bien &eacute;loign&eacute;es de ce mod&egrave;le. On peut soutenir qu&rsquo;ils ne sont pas une d&eacute;mocratie politique, mais une r&eacute;publique f&eacute;d&eacute;rale. Ainsi, le pr&eacute;sident n&rsquo;est pas &eacute;lu au suffrage universel direct et peut recueillir moins de voix que son adversaire. Le S&eacute;nat, chambre principale, est tout sauf d&eacute;mocratique&nbsp;: 2 s&eacute;nateurs par Etat f&eacute;d&eacute;r&eacute;, malgr&eacute; d&rsquo;&eacute;normes diff&eacute;rences de population&hellip; M&ecirc;me l&rsquo;Union europ&eacute;enne fait mieux&nbsp;! La Cour supr&ecirc;me ma&icirc;trise la constitution, de fa&ccedil;on sans doute excessive.&nbsp;<p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">Le v&eacute;ritable souverain aux Etats-Unis n&rsquo;est pas le peuple &ndash; qui n&rsquo;existe pas juridiquement, puisqu&rsquo;il n&rsquo;est que la juxtaposition des peuples des Etats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s &ndash; mais la Constitution. Sans elle, pas d&rsquo;Etats-Unis. Une grande diff&eacute;rence avec un pays comme la France&nbsp;: les constitutions n&rsquo;y sont que des ampoules, une logique d&rsquo;&eacute;clairagiste, la lampe est l&rsquo;Etat, seul permanent, et de temps en temps on change l&rsquo;ampoule. Aux Etats-Unis, la constitution est l&rsquo;architecte, en France c&rsquo;est l&rsquo;Etat, qui en toute hypoth&egrave;se survit.&nbsp;<p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">Les P&egrave;res fondateurs refusaient au demeurant la d&eacute;mocratie au nom de la libert&eacute; individuelle, par m&eacute;fiance &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des emballements populaires. A partir de l&agrave;, on peut d&eacute;cliner quelques questions, autour de trois points&nbsp;: le suffrage&nbsp;; le gouvernement&nbsp;; la soci&eacute;t&eacute; civile.&nbsp;<p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span><!--[if !supportLists]--><span face='"Calibri",sans-serif'><span>1.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span><!--[endif]--><b><i><span face="Calibri, sans-serif">Le suffrage</span></i></b><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;: Les d&eacute;coupages &eacute;lectoraux sont souvent biais&eacute;s pour les &eacute;lections &agrave; la chambre des repr&eacute;sentants. Les r&egrave;gles d&rsquo;inscription sur les listes &eacute;lectorales sont propres &agrave; chaque Etat, et parfois discriminatoires. Les modalit&eacute;s du vote, notamment pour la d&eacute;signation des d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle, sont &eacute;galement diff&eacute;rentes suivant les Etats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s. Ceux-ci disposent d&rsquo;un grand pouvoir sur eux-m&ecirc;mes. Electoralement, il n&rsquo;existe pas de peuple am&eacute;ricain, contrairement &agrave; l&rsquo;affirmation rh&eacute;torique de la Constitution &ndash; &laquo;&nbsp;We, the People&hellip;&nbsp;&raquo;<p></p></span></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span><!--[if !supportLists]--><span face='"Calibri",sans-serif'><span>2.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span><!--[endif]--><b><i><span face="Calibri, sans-serif">Le gouvernement</span></i></b><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;: non &eacute;lu au suffrage universel direct,&nbsp;<i>le Pr&eacute;sident</i>&nbsp;a eu tendance &agrave; accaparer de plus en plus de pouvoirs f&eacute;d&eacute;raux, utilisant notamment sa qualit&eacute; de &laquo;&nbsp;Commander in chief&nbsp;&raquo; - ce qui est tr&egrave;s diff&eacute;rent de &laquo;&nbsp;chef des arm&eacute;es&nbsp;&raquo; en France. Au nom de la s&eacute;curit&eacute; nationale, ou du droit de n&rsquo;appliquer les lois qu&rsquo;en fonction de l&rsquo;interpr&eacute;tation retenue par la pr&eacute;sidence, la tendance r&eacute;cente a &eacute;t&eacute; de d&eacute;velopper une pr&eacute;sidence imp&eacute;riale, que le pr&eacute;sident Trump pousse jusqu&rsquo;&agrave; la caricature, mais qui est plus ancienne.<p></p></span></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span><i><span face="Calibri, sans-serif">Le Congr&egrave;s</span></i><span face="Calibri, sans-serif">, on l&rsquo;a dit, est domin&eacute; par le S&eacute;nat, dont la repr&eacute;sentation populaire est tr&egrave;s d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;e. En outre, et cela vaut pour toutes les &eacute;lections, l&rsquo;absence de plafond pour les d&eacute;penses &eacute;lectorales et pour les financements individuels ou priv&eacute;s donne une place pr&eacute;pond&eacute;rante aux lobbies &eacute;conomiques qui financent les campagnes &eacute;lectorales. Les in&eacute;galit&eacute;s entre candidats sont criantes. A cet &eacute;gard les Etats-Unis sont une ploutocratie.<p></p></span></span></p><p><i><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></i></p><p><span><i><span face="Calibri, sans-serif">La Cour supr&ecirc;me</span></i><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;dispose d&rsquo;un pouvoir illimit&eacute; sur le contr&ocirc;le constitutionnel et appara&icirc;t comme un coll&egrave;ge d&rsquo;ayatollahs, ma&icirc;trisant et modifiant &agrave; son gr&eacute; l&rsquo;id&eacute;ologie juridique. Sa composition est en outre &eacute;minemment politique, quelle que soit la comp&eacute;tence professionnelle de ses membres.&nbsp;<p></p></span></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">C&rsquo;est l&agrave; un probl&egrave;me plus g&eacute;n&eacute;ral des d&eacute;mocraties occidentales, pour lesquelles la Cour supr&ecirc;me est un peu un mod&egrave;le cach&eacute;&nbsp;: au nom de l&rsquo;&laquo;&nbsp;Etat de droit&nbsp;&raquo;, on ligote et on oriente la d&eacute;mocratie. Le gouvernement d&eacute;mocratique est plut&ocirc;t l&rsquo;Etat l&eacute;gal, dans lequel le dernier mot revient au l&eacute;gislateur, et non l&rsquo;Etat de droit qui, qu&rsquo;on le veuille ou nom, donne le pouvoir &agrave; des juges irresponsables.<p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span><!--[if !supportLists]--><span face='"Calibri",sans-serif'><span>3.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span><!--[endif]--><b><i><span face="Calibri, sans-serif">La soci&eacute;t&eacute; civile&nbsp;:</span></i></b><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;Elle reste marqu&eacute;e par l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; ethnique et culturelles des populations, le communautarisme et les discriminations&nbsp;; les in&eacute;galit&eacute;s sociales, entre riches et pauvres, sont consid&eacute;rables&nbsp;; le syst&egrave;me de protection sociale est d&eacute;ficient&nbsp;; la fiscalit&eacute; n&rsquo;a pas d&rsquo;influence correctrice sur les in&eacute;galit&eacute;s&nbsp;; la violence politique est r&eacute;currente, l&rsquo;ombre de la guerre civile plane toujours, comme l&rsquo;illustre le cin&eacute;ma am&eacute;ricain.&nbsp;<p></p></span></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">A un moindre degr&eacute;, une autre hantise est celle du coup d&rsquo;Etat militaire, pseudo-rem&egrave;de patriotique au d&eacute;sordre et &agrave; l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;, nationale ou internationale, mais qui n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; une menace en r&eacute;alit&eacute;. M&ecirc;me lors de la crise de Cuba (1962), le pr&eacute;sident Kennedy n&rsquo;a pas c&eacute;d&eacute; aux injonctions des militaires qui voulaient intervenir et le consid&eacute;raient comme un amateur et un&nbsp;<i>tender foot</i>.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span><p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">Sur ces diff&eacute;rents points, peut-on envisager une &eacute;volution plus d&eacute;mocratique des institutions et de la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine&nbsp;? Les Etats-Unis apparaissent comme un empire &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;eux-m&ecirc;mes, et comme une puissance h&eacute;g&eacute;monique &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, une domination &agrave; leur profit. Est-ce une donn&eacute;e structurelle, y a-t-il aux Etats-Unis des forces qui peuvent r&eacute;duire ces alt&eacute;rations de la d&eacute;mocratie, comme cela a &eacute;t&eacute; historiquement le cas &agrave; partir d&rsquo;une constitution et d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; patriciennes, ou l&rsquo;involution actuelle est-elle condamn&eacute;e &agrave; durer&nbsp;?<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span><p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p></p><p><b><i><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;</span></i></b></p>]]></content>
	<updated>2026-07-22T15:48:49+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-07-22T15:48:49+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2HXrPICzz8Jld0c8yEX0_uzUF-OqyDaDXOosT8MnCHs78olXH3_3kY-cAE2_1EsWCODGqrlmxxgoBQBD_jkCyVebptanRjHrW2kyRhp2y8r5kvYWQ22Kl7QsSxRVHYfpuPwVHaigPwC2Mko04GJxsUoBdqNuKxRiIuTMSht0P2yvlcAP9vGu6q885CzE/s72-w535-h366-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2018.17.32.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-07-20:/293984</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/07/les-invites-de-llc-condorcet-ce-que-les.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les Invités de LLC - Condorcet - Ce que les citoyens ont le droit d&#039;attendre de leurs représentants</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui </span></span><span>ceux qui ont construit son socle&nbsp; philosophique et litt&eacute;raire. Le choix </span></span><span>des textes ou citations est purement subjectif, d&eacute;tach&eacute; de toute approche chronologique et destin&eacute; &agrave; susciter la r&eacute;flexion ou simplement le plaisir de la lecture.</span></p><p><span><span><br></span><span>Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.<br></span><span>&nbsp;<br></span></span></p><p></p><p></p><p></p><div><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs le texte de Condorcet : "Ce que les citoyens ont droit d'attendre de leurs repr&eacute;sentants". Dat&eacute;e du 10 avril 1793, cette brochure se pr&eacute;sente comme une v&eacute;ritable d&eacute;finition du mandat repr&eacute;sentatif.</span></div><div><br></div><div><h2><span><span>Condorcet&nbsp;</span></span></h2><div><span><b>Ce que les citoyens ont droit d'attendre&nbsp;</b></span></div><div><span><b>de leurs repr&eacute;sentants</b></span></div><div><br></div><h3><br></h3><h3><span>1793</span></h3><div><span><br></span></div></div><br><br><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2xMC7flmSVuKi81f-aEWn9TRV2k4vfeJVIEAKxide4xrDFqQE-IPUZ2ZmeD2JVnX-g5GdndHJVgwpPsVreNFnacL8BGLMmNAcJc6TLH6GjSeS1GyZdIvwzNaJ3DpLCFEqfyEs4nuImgYpNsXQamdsdOxbDRZPMyk17xqt9pZuM1LArxJfS23IRNa87tQ/s1596/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2016.59.17.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2xMC7flmSVuKi81f-aEWn9TRV2k4vfeJVIEAKxide4xrDFqQE-IPUZ2ZmeD2JVnX-g5GdndHJVgwpPsVreNFnacL8BGLMmNAcJc6TLH6GjSeS1GyZdIvwzNaJ3DpLCFEqfyEs4nuImgYpNsXQamdsdOxbDRZPMyk17xqt9pZuM1LArxJfS23IRNa87tQ/w325-h510/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2016.59.17.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><br></div><p><span><br></span></p><p></p><div><span>(...)</span></div><span><div><br></div><div>III. Quelques hommes voudraient que la Convention, uniquement occup&eacute;e de ce qu&rsquo;exige la d&eacute;fense de l&rsquo;&Eacute;tat, renvoy&acirc;t &agrave; un temps plus paisible ces travaux n&eacute;cessaires, pour que les lois civiles, criminelles, administratives, pour que les &eacute;tablissements de secours ou d&rsquo;instruction, concourussent &agrave; l&rsquo;affermissement de nos principes politiques, la libert&eacute;, l&rsquo;&eacute;galit&eacute;, l&rsquo;unit&eacute; de la R&eacute;publique. Ce serait une grande erreur : c&rsquo;est par des lois sages que la Convention peut seulement obtenir la confiance dont elle a besoin, pour le succ&egrave;s de ses mesures militaires ou politiques. En montrant des lumi&egrave;res et du z&egrave;le pour le bien public dans ces travaux l&eacute;gislatifs, que les citoyens appr&eacute;cient sans passion, elle m&eacute;ritera de voir la m&ecirc;me estime la suivre et la soutenir dans ces r&eacute;solutions rigoureuses que la n&eacute;cessit&eacute; peut exiger d&rsquo;elle.</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div>IV. Les repr&eacute;sentants d&rsquo;une nation libre doivent se conformer &agrave; son esprit g&eacute;n&eacute;ral ; mais ils doivent aussi conserver la force de le maintenir, de le diriger, de le perfectionner, sans quoi ils s&rsquo;exposent &agrave; devenir bient&ocirc;t les instruments passifs, non de la volont&eacute; du peuple, mais de la fantaisie de quelques-unes de ses portions.</div><div><br></div><div>L&rsquo;esprit actuel de la nation fran&ccedil;aise est l&rsquo;amour de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; et de l&rsquo;ind&eacute;pendance personnelle, la haine de toute autorit&eacute; qui pr&eacute;sente la moindre apparence d&rsquo;arbitraire ou de perp&eacute;tuit&eacute;, le d&eacute;sir de voir toutes les institutions nouvelles favoriser les classes les plus pauvres et les plus nombreuses, et celui de fraterniser avec les hommes de tous les pays qui aiment la libert&eacute;, ou qui veulent la recouvrer. Tel doit &ecirc;tre un peuple &eacute;clair&eacute; sur ses droits, jaloux de les maintenir ; et ceux qui s&rsquo;int&eacute;ressent &agrave; sa prosp&eacute;rit&eacute; n&rsquo;auraient rien &agrave; d&eacute;sirer, si le respect pour la justice, si la soumission &agrave; la loi, si le z&egrave;le pour l&rsquo;ordre public, faisaient &eacute;galement partie de cet esprit g&eacute;n&eacute;ral. Mais le sentiment de la justice, quoique naturel &agrave; l&rsquo;homme, s&rsquo;affaiblit et se d&eacute;prave dans ceux qui ont g&eacute;mi sous le despotisme. Mais les Fran&ccedil;ais, longtemps accoutum&eacute;s &agrave; n&rsquo;ob&eacute;ir qu&rsquo;&agrave; des hommes, n&rsquo;ont pu prendre en si peu de temps l&rsquo;heureuse habitude de ne voir que la loi dans celui qui commande en son nom. Mais le z&egrave;le pour l&rsquo;ordre public est faible dans ceux qui n&rsquo;ont pas encore joui des bienfaits de l&rsquo;union, de l&rsquo;ordre et de la libert&eacute;, qui n&rsquo;ont jamais vu r&eacute;gner la paix qu&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;esclavage.</div><div>L&rsquo;exemple de la Convention fortifierait &agrave; cet &eacute;gard l&rsquo;esprit g&eacute;n&eacute;ral, sans risquer d&rsquo;affaiblir les &eacute;lans du patriotisme.</div><div><br></div><div>Que, dans ses discussions, elle &eacute;coute avec patience m&ecirc;me les fausses subtilit&eacute;s qui se couvrent du nom sacr&eacute; de la justice. Qu&rsquo;elle ne croie plus qu&rsquo;il y ait &agrave; les m&eacute;priser, de l&rsquo;&eacute;l&eacute;vation d&rsquo;esprit ou de l&rsquo;habilet&eacute; politique. Qu&rsquo;elle n&rsquo;avilisse plus le mot r&eacute;volutionnaire, en paraissant le faire servir de voile &agrave; ce que l&rsquo;exacte &eacute;quit&eacute; aurait d&eacute;savou&eacute;.</div><div>Que, s&eacute;v&egrave;re &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des fonctionnaires publics, elle montre &agrave; ceux m&ecirc;me qui leur auront r&eacute;sist&eacute; avec de bonnes intentions et avec justice, le point o&ugrave; ils se sont &eacute;cart&eacute;s de la soumission due &agrave; la loi. Que jamais elle ne se laisse soup&ccedil;onner de pouvoir partager cette opinion absurde, qu&rsquo;il existe entre l&rsquo;ordre et la libert&eacute; une incompatibilit&eacute; r&eacute;elle ; qu&rsquo;elle cherche, au contraire, &agrave; d&eacute;truire ce pr&eacute;jug&eacute; si funeste &agrave; la libert&eacute;, lorsqu&rsquo;apr&egrave;s de longues agitations, le retour de l&rsquo;ordre devient un besoin imp&eacute;rieux pour la g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; du peuple.</div><div><br></div><div>Une assembl&eacute;e o&ugrave; il n&rsquo;existe point une majorit&eacute; &agrave; peu pr&egrave;s certaine dans un m&ecirc;me sens, est expos&eacute;e &agrave; un inconv&eacute;nient tr&egrave;s grave, celui de prendre des mesures incompl&egrave;tes et mal combin&eacute;es. On se h&acirc;te de faire passer une r&eacute;solution, parce qu&rsquo;on craint de s&rsquo;exposer &agrave; voir passer le lendemain la r&eacute;solution contraire. On oublie combien il est utile au succ&egrave;s de la d&eacute;cision la plus sage, d&rsquo;avoir entendu les objections qui peuvent s&rsquo;&eacute;lever contre elle ; car c&rsquo;est le moyen le plus s&ucirc;r d&rsquo;en conna&icirc;tre ou d&rsquo;en corriger les d&eacute;fauts.</div><div><br></div><div>Par exemple, si les citoyens se sont plaints souvent de la lenteur avec laquelle on poursuivait les hommes frapp&eacute;s de d&eacute;crets d&rsquo;accusation, c&rsquo;est, en grande partie, parce que ces d&eacute;crets n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; rendus d&rsquo;apr&egrave;s un rapport o&ugrave; les pi&egrave;ces auraient &eacute;t&eacute; indiqu&eacute;es et analys&eacute;es. Alors ? il n&rsquo;aurait plus fallu de temps pour les rassembler, il n&rsquo;y aurait plus eu d&rsquo;incertitude sur celles qu&rsquo;il fallait envoyer au tribunal.</div><div><br></div><div>(...)</div><div>Toute assembl&eacute;e repr&eacute;sentative, dont les membres ne pourraient conserver l&rsquo;ind&eacute;pendance enti&egrave;re de leurs opinions, o&ugrave; ils seraient oblig&eacute;s de garder le silence quand ils ne veulent &ecirc;tre les instruments d&rsquo;aucun parti, et qu&rsquo;ils ne peuvent en &ecirc;tre la dupe, une telle assembl&eacute;e n&rsquo;a plus cette libert&eacute; qu&rsquo;exigent la nature de ses fonctions et le succ&egrave;s de ses travaux. Or, le plus l&eacute;ger doute sur la libert&eacute; d&rsquo;une assembl&eacute;e d&eacute;lib&eacute;rante, &ocirc;te &agrave; ses d&eacute;cisions cette autorit&eacute; de confiance, non moins n&eacute;cessaire que l&rsquo;autorit&eacute; qui vient de la loi, et celle-ci m&ecirc;me ne pourrait alors subsister longtemps.</div><div><br></div><div>Ainsi, ne point souffrir, et surtout ne point m&eacute;riter qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve le moindre doute sur la libert&eacute; de ses d&eacute;lib&eacute;rations, est un des premiers devoirs d&rsquo;une assembl&eacute;e charg&eacute;e des destin&eacute;es d&rsquo;un grand peuple. ns o&ugrave; le z&egrave;le de la libert&eacute; peut aussi entra&icirc;ner quelques hommes, et de calomnier ce z&egrave;le au lieu de chercher &agrave; le r&eacute;gler en l&rsquo;&eacute;clairant.</div><div><br></div><div>(...)</div><div>L&rsquo;intol&eacute;rance des opinions, la fureur de faire dominer les siennes, si elles pouvaient se trouver r&eacute;unies &agrave; un esprit juste, &eacute;clair&eacute;, capable de combinaisons &eacute;tendues, l&rsquo;&eacute;gareraient bient&ocirc;t, et le conduiraient &agrave; des exc&egrave;s que, rendu &agrave; lui-m&ecirc;me, il d&eacute;savouerait en rougissant.</div><div><br></div><div>Telles sont les r&eacute;flexions que je soumets &agrave; mes coll&egrave;gues ; &eacute;cart&eacute; de la tribune par l&rsquo;impossibilit&eacute; de parler, sinon dans une discussion tranquille, j&rsquo;ai cru devoir employer un autre moyen de leur dire des v&eacute;rit&eacute;s que je crois pouvoir &ecirc;tre utiles.</div><div><br></div><div>Je pourrais peut-&ecirc;tre aussi les occuper un moment de mes calomniateurs ; mais j&rsquo;aime mieux parler aux citoyens de leurs int&eacute;r&ecirc;ts que des miens.</div><div><br></div><div>Je servirai la cause de la libert&eacute; comme un homme fortement convaincu que le sort du genre humain, pendant plusieurs g&eacute;n&eacute;rations, d&eacute;pend du succ&egrave;s de la r&eacute;volution actuelle. Je d&eacute;fendrai l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des droits : elle seule, par des moyens paisibles et s&ucirc;rs, peut conduire &agrave; cette &eacute;galit&eacute; dans les moyens de bonheur, qui est le v&oelig;u de la nature, et qu&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; bien ordonn&eacute;e &eacute;tend et perfectionne.</div><div><br></div><div>&Eacute;tranger &agrave; tout parti, m&rsquo;occupant &agrave; juger les choses et les hommes avec ma raison et non avec mes passions, je continuerai de chercher la v&eacute;rit&eacute; et de la dire.</div><div><br></div><div>J&rsquo;ai toujours pens&eacute; qu&rsquo;une constitution  r&eacute;publicaine, ayant l&rsquo;&eacute;galit&eacute; pour base, &eacute;tait la seule qui f&ucirc;t conforme &agrave; la nature, &agrave; la raison et &agrave; la justice ; la seule qui p&ucirc;t conserver la libert&eacute; des citoyens et la dignit&eacute; de l&rsquo;esp&egrave;ce humaine. Au moment o&ugrave; la premi&egrave;re fuite de Louis XVI a fait tomber le bandeau dont les yeux d&rsquo;une grande partie de la nation &eacute;taient encore couverts, j&rsquo;ai cru que le moment &eacute;tait venu d&rsquo;&eacute;tablir une constitution r&eacute;publicaine, et je l&rsquo;ai demand&eacute;e hautement, en d&eacute;masquant aux yeux du peuple tous les sophismes sur lesquels on voulait &eacute;tayer la pr&eacute;tendue n&eacute;cessit&eacute; de conserver la monarchie. Les &eacute;v&eacute;nements m&rsquo;ont prouv&eacute;, depuis que la seule constitution sous laquelle l&rsquo;homme jouisse d&rsquo;une v&eacute;ritable libert&eacute;, est aussi la seule qui puisse assurer la paix int&eacute;rieure et l&rsquo;ind&eacute;pendance de la nation fran&ccedil;aise ; que toute autre, quelque bonheur qu&rsquo;elle puisse procurer aux nations qui l&rsquo;ont adopt&eacute;e, serait pour nous une source &eacute;ternelle de troubles et de mis&egrave;res ; qu&rsquo;elle conduirait au despotisme par l&rsquo;anarchie et la guerre civile. L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la s&ucirc;ret&eacute; s&rsquo;unit donc, en ce moment, &agrave; celui de la libert&eacute;, pour attacher tous les Fran&ccedil;ais &agrave; la r&eacute;publique. Ce qui pouvait n&rsquo;&ecirc;tre, il y a quelques ann&eacute;es, qu&rsquo;une opinion fausse, serait aujourd&rsquo;hui une v&eacute;ritable trahison, non seulement parce que la volont&eacute; nationale a prononc&eacute;, mais parce qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait pu prononcer autrement sans perdre la patrie.</div><div><br></div><div>Que ceux des Fran&ccedil;ais qui ont cru autrefois le tr&ocirc;ne compatible avec la libert&eacute;, r&eacute;fl&eacute;chissent sur la conduite actuelle du gouvernement anglais, et qu&rsquo;ils voient si ce syst&egrave;me de corruption au dedans et de trahison au dehors, de m&eacute;pris pour les droits de l&rsquo;homme et de protection pour des brigands, peut convenir &agrave; des hommes qui portent le sentiment de la libert&eacute; dans le c&oelig;ur, et qui ont connu les douceurs de l&rsquo;&eacute;galit&eacute;.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-20T09:08:17+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-07-20T09:08:17+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2xMC7flmSVuKi81f-aEWn9TRV2k4vfeJVIEAKxide4xrDFqQE-IPUZ2ZmeD2JVnX-g5GdndHJVgwpPsVreNFnacL8BGLMmNAcJc6TLH6GjSeS1GyZdIvwzNaJ3DpLCFEqfyEs4nuImgYpNsXQamdsdOxbDRZPMyk17xqt9pZuM1LArxJfS23IRNa87tQ/s72-w325-h510-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2016.59.17.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-07-17:/293696</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/07/le-droit-de-tirer-presume-legitime.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le droit de tirer, présumé légitime ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La proposition de loi visant &agrave; reconna&icirc;tre une pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense pour les forces de l&rsquo;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><br></p><p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjGb8-Kpe_rTW-l3duVwq218bnZo7bgDdeBwqtIN0XOm4DrcyhduFd_vyB0BUw8m4kFHjCTeweueHcx_fmgCEEvKF-pu8CjT_pM118aqJD31sT9Xb1IoMYJQl6adLj7xRA-wiBKEvpuCUDk18dRaBGewsEqD2EmmBGpPNIL6UOSJN-c3GHt9aQEyJXH9uA/s430/facade-palais-bourbon@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjGb8-Kpe_rTW-l3duVwq218bnZo7bgDdeBwqtIN0XOm4DrcyhduFd_vyB0BUw8m4kFHjCTeweueHcx_fmgCEEvKF-pu8CjT_pM118aqJD31sT9Xb1IoMYJQl6adLj7xRA-wiBKEvpuCUDk18dRaBGewsEqD2EmmBGpPNIL6UOSJN-c3GHt9aQEyJXH9uA/w216-h175/facade-palais-bourbon@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0691_proposition-loi" target="_blank" rel="noopener noreferrer">proposition de loi <i>visant &agrave; reconna&icirc;tre une pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense pour les forces de l&rsquo;ordre</i></a> a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale le 7 juillet 2026 et transmise au S&eacute;nat, Elle avait &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e en d&eacute;cembre 2024 par <i>Eric Pauget, Laurent Wauquiez </i>et plusieurs d&eacute;put&eacute;s LR. Sur le fond, elle reprend une revendication ancienne du Rassemblement National et d'une partie de la droite.</div></span><p></p><p><span><span>Le texte initial&nbsp;</span><span>voulait inscrire dans le code p&eacute;nal une pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense au b&eacute;n&eacute;fice des policiers, des gendarmes et des policiers municipaux. Mais, au fil des d&eacute;bats, il a &eacute;t&eacute; &eacute;dulcor&eacute; par le gouvernement.&nbsp;</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Exclusion des policiers municipaux</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>D'une part, les policiers municipaux, plus exactement ceux concern&eacute;s car habilit&eacute;s &agrave; porter une arme, ont &eacute;t&eacute; exclus du dispositif. La raison officielle est qu'ils &nbsp;"<i>n'ont pas les m&ecirc;mes cas d'usage des armes.</i>" Il est exact que l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034107970/2020-10-01" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article L 435-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> (CSI) conf&egrave;re aux policiers nationaux et gendarmes la possibilit&eacute; de faire usage de leur arme dans cinq hypoth&egrave;ses : d&eacute;fense contre une atteinte &agrave; la vie, d&eacute;fense de lieux ou de personnes apr&egrave;s sommations, arrestation d'un fugitif susceptible de commettre des atteintes &agrave; la vie et n&eacute;cessit&eacute; d'emp&ecirc;cher la r&eacute;it&eacute;ration d'un meurtre ou d'une tentative de meurtre. Pour les policiers municipaux, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034108043" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 511-5-1 du CSI</a> renvoie aux conditions g&eacute;n&eacute;rales d'absolue n&eacute;cessit&eacute; et de proportionnalit&eacute;. Il ajoute une r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'alin&eacute;a 1er de l'article L 435-1, ce qui autorise les policiers municipaux &agrave; tirer lorsqu'ils sont confront&eacute;s &agrave; une atteinte &agrave; la vie.</span></span></p><p><span><span>Certes, mais rien n'interdisait au gouvernement d'ajouter &agrave; l'article 511-5-1 du CSI une formulation identique, disant que lorsqu'un policier municipal fait usage de son arme dans les conditions qu'il d&eacute;finit, "<i>il est pr&eacute;sum&eacute; avoir respect&eacute; les conditions d'absolue n&eacute;cessit&eacute; et de stricte proportionnalit&eacute;</i>".&nbsp;</span></span></p><p><span><span>L'exclusion des policiers municipaux s'explique sans doute par la volont&eacute; du gouvernement de laisser le b&eacute;n&eacute;fice des dispositions nouvelles &agrave; des membres des forces de l'ordre dont il contr&ocirc;le le recrutement, la formation et les r&egrave;gles d'emploi des armes. Tel n'est pas le cas de policiers plac&eacute;s sous l'autorit&eacute; du maire.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div><span></span></div><span><br><div><span>Monsieur l'agent. Bobby Lapointe. 1969</span></div></span><p></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense, ou pas</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>D'autre part, la proposition de loi a &eacute;t&eacute; &eacute;dulcor&eacute;e sur le fond. Elle ne cr&eacute;e pas r&eacute;ellement une pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense, mais une pr&eacute;somption selon laquelle le policier ou le gendarme a agi conform&eacute;ment &agrave; l'une des conditions pos&eacute;es par l'article 435-1. Elle ne modifie pas le droit de tirer mais seulement la mani&egrave;re dont l'exercice de ce droit sera ensuite appr&eacute;ci&eacute; par les juges. Ajoutons &agrave; ce propos que la pr&eacute;somption ainsi cr&eacute;&eacute;e n'a rien d'irr&eacute;fragable et que le d&eacute;bat se d&eacute;roulera devant le juge sur les conditions de l'usage de la force l&eacute;tale.</span></span></p><p><span><span><span>Observons que le droit en vigueur est loin de "d&eacute;sarmer" les forces de l'ordre, contrairement &agrave; ce qui est parfois affirm&eacute; par les partisans de la r&eacute;forme. </span></span><span>Comme tout citoyen, policiers et gendarmes b&eacute;n&eacute;ficient de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417218/2022-01-24" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 122-5 du code p&eacute;nal </a>qui pose le principe g&eacute;n&eacute;ral de l&eacute;gitime d&eacute;fense en cas de menace&nbsp;</span><span>injustifi&eacute;e, actuelle ou imminente sur sa vie ou celle d'autrui. Par ailleurs, la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034103927/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 28 f&eacute;vrier 2017</a> leur ouvre le dispositif sp&eacute;cifique de l'article L 435-1 CSI.&nbsp;</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le refus d'obtemp&eacute;rer</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Reste le sujet sensible, celui dont on ne parle pas dans la proposition de la loi, mais qui en constitue le moteur immobile. L'a<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045071445" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rticle L 233-1 du code de la route</a> le d&eacute;finit comme "<i>le fait pour un conducteur, d'omettre d'obtemp&eacute;rer &agrave; une sommation &eacute;manant d'un fonctionnaire ou d'un agent charg&eacute; de constater les infractions et muni des insignes ext&eacute;rieurs et apparents de sa qualit&eacute;"</i>. Le d&eacute;lit est donc constitu&eacute; avant une poursuite, s'il y en a une.</span></p><p><span><span>Le droit positif actuel consid&egrave;re qu'un&nbsp;</span><span>refus d&rsquo;obtemp&eacute;rer ne suffit jamais, &agrave; lui seul, &agrave; justifier un tir. Il faut que la fuite fasse peser un danger concret sur la vie ou l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; physique des personnes.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>L<a href="https://www.coe.int/fr/web/compass/the-european-convention-on-human-rights-and-its-protocols" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article 2 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme </a>n'admet&nbsp;</span>l&rsquo;usage d&rsquo;une force potentiellement l&eacute;tale que lorsqu&rsquo;elle est absolument n&eacute;cessaire. Elle tient compte de la perception de l&rsquo;agent, mais refuse qu&rsquo;un tir soit justifi&eacute; par la seule volont&eacute; d&rsquo;arr&ecirc;ter un fugitif ne pr&eacute;sentant plus de danger imm&eacute;diat pour la vie humaine. Ce principe a &eacute;t&eacute; rappel&eacute;, &agrave; propos du refus d'obtemp&eacute;rer dans&nbsp;un <a href="https://vifa-recht.de/un%20arr%C3%AAt%20Juozaitiene%20et%20Bikulcius%20c.%20Lituanie%20du%2024%20avril%202008," target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Juozaitiene et Bikulcius c. Lituanie</i> du 24 avril 2008</a>, </span></p><p><span>Dans l&rsquo;<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2018/06/le-droit-la-vie-et-lusage-proportionne.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Toubache c. France</i> du 18 juin 2018</a>, elle a condamn&eacute; la France apr&egrave;s la mort d&rsquo;un passager d&rsquo;un v&eacute;hicule en fuite, les derniers tirs n&rsquo;&eacute;tant plus command&eacute;s par une menace actuelle. Cette d&eacute;cision a &eacute;t&eacute; vivement critiqu&eacute;e car, s'il est exact que les auteurs du refus d'obtemp&eacute;rer &eacute;taient des petits d&eacute;linquants, ils ont contraint un gendarme &agrave; faire un pas de c&ocirc;t&eacute; pour ne pas &ecirc;tre &eacute;cras&eacute; par le v&eacute;hicule des fuyards.&nbsp;</span></p><p><span>Certes, mais les juges internes n'invoquent pas la jurisprudence <i>Toubache </i>de mani&egrave;re irr&eacute;sponsable. Dans trois <a href="https://justice.pappers.fr/decision/56b74422d5f3100950ea572f91dc328c069d7718" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cisions du 19 octobre 2021</a>, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000049418323?__cf_chl_f_tk=.U1xoqASM3zZBVej.ksWHZs2cJMTrd84aqo_nHZ_EZ0-1783873227-1.0.1.1-h813ZGVgeBtWEcvtJ6ymuBfSRU0lL_lZHR.nw.bJa9M" target="_blank" rel="noopener noreferrer">du 4 avril 2025</a> et du <a href="https://vifa-recht.de/crim.,%2018%20mars%202026,%20no%2025-81.462" target="_blank" rel="noopener noreferrer">18 mars 202</a>6, la chambre criminelle de la Cour de cassation confirme trois non-lieux prononc&eacute;s au b&eacute;n&eacute;fice de membres des forces de l'ordre. Sans entrer dans le d&eacute;tail de chacune de ces d&eacute;cisions, on peut affirmer que l'analyse des juges repose sur deux principes essentiels. D'abord, ils appr&eacute;cient la l&eacute;gitime d&eacute;fense au moment pr&eacute;cis du tir, ni avant, ni apr&egrave;s, et il doit &ecirc;tre le seul moyen de faire cesser un p&eacute;ril particuli&egrave;rement grave. Ensuite, la Cour de cassation analyse l'utilisation de leur v&eacute;hicule par les fuyards. S'ils l'utilisent comme une arme, par exemple pour essayer d'&eacute;craser un gendarme ou un policier, la l&eacute;gitime d&eacute;fense est acquise, puisque ce dernier &eacute;tait directement menac&eacute; dans sa vie.</span></p><p><span>Dans tous les cas, on observe que, contrairement &agrave; ce qui est affirm&eacute; par certains m&eacute;dias, voire par les syndicats de police, les d&eacute;cisions de justice ne sont pas n&eacute;cessairement d&eacute;favorables aux forces de l'ordre, loin de l&agrave;. M&ecirc;me l'affaire <i>Nahel</i>&nbsp;est renvoy&eacute;e &agrave; une cour d'appel qui devrait pr&eacute;cis&eacute;ment &nbsp;statuer sur le caract&egrave;re grave et imminent du danger mena&ccedil;ant le policier.</span></p><h3><span>Que changera la r&eacute;forme ?</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On peut s'interroger sur l'impact r&eacute;el de la r&eacute;forme. Le doute b&eacute;n&eacute;ficiera &agrave; l'agent dans les affaires relativement obscures, sans preuves par la vid&eacute;o, avec des t&eacute;moignages contradictoires. L'enqu&ecirc;te sur les faits ne partira plus d'une situation &agrave; &eacute;lucider, mais d'un usage de l'arme pr&eacute;sum&eacute; l&eacute;gal.</span></p><p><span><span>Mais c'est aussi l&agrave; que r&eacute;side la faiblesse th&eacute;orique du dispositif. </span><span>Pr&eacute;sumer que l&rsquo;agent se trouvait dans l&rsquo;un des cas autoris&eacute;s et que son tir &eacute;tait absolument n&eacute;cessaire et strictement proportionn&eacute; revient &agrave; pr&eacute;sumer pr&eacute;cis&eacute;ment ... ce que l&rsquo;enqu&ecirc;te doit &eacute;tablir. Certes, les faits seront d&eacute;battus puisque la pr&eacute;somption n'est pas irr&eacute;fragable, mais la r&eacute;forme ne devrait pas att&eacute;nuer la m&eacute;fiance envers les forces de police.&nbsp;</span><span><span>C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai qu'elle consiste en une modification du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure, pas du code p&eacute;nal</span></span></span></p><p><span><span>Bien entendu, il faut attendre la suite de la proc&eacute;dure l&eacute;gislative. La proposition a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e avec une confortable majorit&eacute; &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale et le S&eacute;nat, domin&eacute; par la droite et le centre, devrait &eacute;galement la voter sans difficult&eacute; particuli&egrave;re. Certes, des modifications restent possibles et une saisi</span><span>ne du Conseil constitutionnel est probable. Mais la prudence du texte semble limiter les cas d'inconstitutionnalit&eacute;.</span></span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-18T16:49:45+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-07-18T16:49:45+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjGb8-Kpe_rTW-l3duVwq218bnZo7bgDdeBwqtIN0XOm4DrcyhduFd_vyB0BUw8m4kFHjCTeweueHcx_fmgCEEvKF-pu8CjT_pM118aqJD31sT9Xb1IoMYJQl6adLj7xRA-wiBKEvpuCUDk18dRaBGewsEqD2EmmBGpPNIL6UOSJN-c3GHt9aQEyJXH9uA/s72-w216-h175-c/facade-palais-bourbon@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-07-14:/293472</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/07/14-juillet-la-fete-nationale-sur.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">14 Juillet : la fête nationale sur autorisation</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le Conseil d'&Eacute;tat, statuant en r&eacute;f&eacute;r&eacute; dans la nuit du 13 au 14 juillet 2026 a rendu une ordonnance q...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1fZTqG5Zg_q2f2omyde2KW7eqwzxRe3P04keSUJOqAd1FD4OCU3-FFxPLhsMyYaJvay-y1cUgLUjjaoJTbnnZ2bPitnHY32HHTeaBsSbuEept9QunDdjD-OoHHpNdU-gaQ0VXdxmZAqPQedlfl2nz2FEMnpJ9RbVZPKDzEhPMJuaWXEDkSWmUn9EtM0Y/s200/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1fZTqG5Zg_q2f2omyde2KW7eqwzxRe3P04keSUJOqAd1FD4OCU3-FFxPLhsMyYaJvay-y1cUgLUjjaoJTbnnZ2bPitnHY32HHTeaBsSbuEept9QunDdjD-OoHHpNdU-gaQ0VXdxmZAqPQedlfl2nz2FEMnpJ9RbVZPKDzEhPMJuaWXEDkSWmUn9EtM0Y/s1600/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le Conseil d'&Eacute;tat, <a href="https://drive.google.com/file/d/19-KKlzTSsELQSngHCRLwcdjui-64JkVx/view?pli=1" target="_blank" rel="noopener noreferrer">statuant en r&eacute;f&eacute;r&eacute; dans la nuit du 13 au 14 juillet 2026 a rendu une ordonnance</a> qui devrait faire date dans son histoire. L'association <i>Vigie Libert&eacute;</i> demandait au juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s de suspendre l'arr&ecirc;t&eacute; du pr&eacute;fet de police du 10 juillet imposant un r&eacute;gime d'autorisation pour p&eacute;n&eacute;trer dans le p&eacute;rim&egrave;tre du d&eacute;fil&eacute; autour des Champs-Elys&eacute;es. Dans un premier temps, le tribunal administratif de Paris lui avait donn&eacute; satisfaction le 13 juillet et avait enjoint au pr&eacute;fet de mettre fin au dispositif. Mais, sur appel du ministre de l'Int&eacute;rieur, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat r&eacute;tablit le r&eacute;gime d'autorisation, au prix de la neutralisation de son propre contr&ocirc;le.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un r&eacute;gime d'autorisation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>De mani&egrave;re tout-&agrave;-fait exceptionnelle, la libert&eacute; de circulation, s'exer&ccedil;ant en l'esp&egrave;ce pour aller voir d&eacute;filer les forces arm&eacute;es, est soumise &agrave; un r&eacute;gime d'autorisation. C'est la premi&egrave;re fois qu'une telle restriction est d&eacute;cid&eacute;e, alors que, les ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dentes, les forces de l'ordre &eacute;taient mobilis&eacute;es pour fluidifier les foules. Les spectateurs pouvaient venir librement, m&ecirc;me s'ils devaient souvent faire la queue et se soumettre &agrave; un contr&ocirc;le d'identit&eacute;.</span></p><p><span>Cette fois le contr&ocirc;le &eacute;tait en amont. Pour acc&eacute;der au p&eacute;rim&egrave;tre du d&eacute;fil&eacute;, le spectateur potentiel devait s'enregistrer sur un site. Il fournissait son identit&eacute;, et recevait un accus&eacute;-r&eacute;ception. Apr&egrave;s examen de sa demande, il recevait un laissez-passer num&eacute;rique, le QR code. Sur place, il devait le pr&eacute;senter ainsi qu'une pi&egrave;ce d'identit&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>Derri&egrave;re le vocable de "<i>pr&eacute;-inscription</i>", qui n'a pas de sens juridique, se cache donc un r&eacute;gime d'autorisation qui, &eacute;videmment, ne veut pas dire son nom. Celui qui s'enregistre n'est pas certain de recevoir un QRcode et il est donc soumis au pouvoir discr&eacute;tionnaire des autorit&eacute;s comp&eacute;tentes, ou plut&ocirc;t incomp&eacute;tentes en l'esp&egrave;ce. Sa demande est donc examin&eacute;e avant d'&ecirc;tre accept&eacute;e ou rejet&eacute;e. Mais par qui est-elle &eacute;tudi&eacute;e et selon quels crit&egrave;res&nbsp; ? Aucune r&eacute;ponse n'est donn&eacute;e par les autorit&eacute;s et l'on ignore s'il s'agit simplement de limiter le nombre d'acc&eacute;dants ou si des informations sur le demandeur sont consult&eacute;es. On ignore &eacute;galement si la proc&eacute;dure donne lieu &agrave; la cr&eacute;ation d'un fichier informatis&eacute; et, si c'est le cas, ce qui para&icirc;t tr&egrave;s probable, quelles sont les donn&eacute;es conserv&eacute;es.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, sans d&eacute;livrance du QR code, point d'acc&egrave;s. La libert&eacute; de circulation sur la voie publique dispara&icirc;t purement et simplement. L'acc&egrave;s au d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet n'est plus libre, sous r&eacute;serve des contr&ocirc;les de police. Il est interdit, sauf autorisation accord&eacute;e en amont.`</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><p><span>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</span><span>Hymne &agrave; la R&eacute;publique</span></p><p></p><p><span>Les Mari&eacute;s de l'an II. Jean-Paul Rappeneau. 1971</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;faut de fondement juridique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le fondement juridique d'une telle restriction aux libert&eacute;s reste d'une totale obscurit&eacute;. L'ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute; n'est pas absolument claire et le juge laisse entrevoir une ill&eacute;galit&eacute; manifeste.</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat mentionne, en reprenant la formulation de celui du tribunal administratif, "<i>la pr&eacute;sentation d'un QR code nominatif ou tout autre laissez-pass&eacute; d&eacute;livr&eacute; par les services de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique ou ses prestataires &eacute;ventuels"</i>. On en d&eacute;duit que l'acc&egrave;s au d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet est laiss&eacute; &agrave; la discr&eacute;tion du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. C'est lui qui invite, et il est m&ecirc;me possible qu'il sous-traite la gestion de la f&ecirc;te &agrave; une entreprise priv&eacute;e, les "<i>prestataires &eacute;ventuels</i>". Sur le plan politique, on peut s'&eacute;tonner que le d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet soit devenu la f&ecirc;te du chef des arm&eacute;es et non plus la f&ecirc;te de la nation autour de son arm&eacute;e. Sur le plan juridique, on ne voit aucune disposition, dans les comp&eacute;tences du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, qui l'autorise &agrave; exercer un pouvoir de police administrative. De toute &eacute;vidence, le Pr&eacute;sident agit comme s'il n'&eacute;tait pas soumis &agrave; la constitution et &agrave; la loi. Cette conception monarchique des f&ecirc;tes r&eacute;publicaines surprend beaucoup.</span></p><p><span>Certes, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s se r&eacute;f&egrave;re aussi &agrave; l'a<a href="https://cdn.paris.fr/paris/2026/07/12/2026_00895_10072026-FTD7.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral du 10 juillet 2026</a>, pris sur le fondement de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043887276/2023-10-22/?__cf_chl_f_tk=nMTyTsylbAzjjWsNNojW8_msQaWZw0U8yAt7XANIUwQ-1784040288-1.0.1.1-sWy9Qi5uCyJzqRbXOzukIZ8ajHsZvrcrKaO98UiyUh4" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 226-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a>. Il convient de noter la date de l'arr&ecirc;t&eacute;, car il peut sembler d&eacute;licat de reprocher &agrave; l'association requ&eacute;rante un r&eacute;f&eacute;r&eacute; un peu tardif, alors que l'arr&ecirc;t&eacute; intervient moins de quatre jours avant le d&eacute;fil&eacute;.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, ces dispositions issues de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000043880694/2021-07-31" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi de pr&eacute;vention du terrorisme du 30 juillet 202</a>1 autorisent le pr&eacute;fet de police &agrave; cr&eacute;er un p&eacute;rim&egrave;tre de protection pour "<i>assurer la s&eacute;curit&eacute; d"un lieu ou d'un &eacute;v&egrave;nement expos&eacute; &agrave; un risque d'actes de terrorisme</i>". Sur ce point, on ne peut nier que le d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet 2026, auquel ont &eacute;t&eacute; invit&eacute;s des chefs d'&Eacute;tat et de gouvernement &eacute;trangers peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme impliquant une menace terroriste &eacute;lev&eacute;e.</span></p><p><span>Certes, mais la loi permet au pr&eacute;fet de choisir les v&eacute;rifications applicables parmi celles qu&rsquo;il &eacute;num&egrave;re, &laquo; <i>&agrave; l&rsquo;exclusion de toute autre</i> &raquo;.&nbsp; Sont mentionn&eacute;s dans l'article L 226-1 les contr&ocirc;les classiques, palpations, inspection ou fouille des bagages, visite des v&eacute;hicules. Mais point d'identification syst&eacute;matique des visiteurs, et pas davantage de QR Code d&eacute;livr&eacute; par l'Elys&eacute;e. L'arr&ecirc;t&eacute; du 10 juillet 2026 ajoute ainsi &agrave; la loi une modalit&eacute; de contr&ocirc;le qu'elle ne pr&eacute;voit pas, d'autant qu'elle pr&eacute;cise que la liste des modalit&eacute;s pr&eacute;vues est exhaustive. Le Conseil constitutionnel, dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2018/2017695QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 29 mars 2018 <i>Rochdi B</i>.,</a> rendue &agrave; propos des mesures de protection contre le terroriste &eacute;tablies par la loi SILT du 20 octobre 2016 pr&eacute;cise d'ailleurs que les mesures de v&eacute;rification et de contr&ocirc;le portant atteinte &agrave; la libert&eacute; de circulation doivent &ecirc;tre "<i>limitativement d&eacute;finies"</i> par le texte l&eacute;gislatif.</span></p><p><span>Certains &eacute;voqueront peut-&ecirc;tre, pour tenter de justifier la d&eacute;cision du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, le pr&eacute;c&eacute;dent des Jeux olympiques. Mais le <i>Pass Jeux</i> reposait sur une architecture sp&eacute;cifique. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047561974" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 19 mai 2023 relative aux Jeux olympiques</a> a introduit dans le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037826065" target="_blank" rel="noopener noreferrer">code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure un article L 211-11-1</a>. Il permet, pour un &eacute;v&eacute;nement d&eacute;sign&eacute; par d&eacute;cret comme expos&eacute; &agrave; un risque exceptionnel, de soumettre l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; une autorisation pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e d&rsquo;une enqu&ecirc;te administrative. Pour la c&eacute;r&eacute;monie sur la Seine, le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat avait admis, dans un <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-07-01/495037?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 1er juillet 2024</a>, que certaines voies publiques soient assimil&eacute;es aux installations accueillant l'&eacute;v&eacute;nement, tout en jugeant que le laissez-passer devait &ecirc;tre d&eacute;livr&eacute; de plein droit aux habitants et aux personnes travaillant dans la zone. M&ecirc;me durant les Jeux, l&rsquo;autorisation pr&eacute;alable proc&eacute;dait donc d&rsquo;une habilitation l&eacute;gislative expresse et encadr&eacute;e. En tout &eacute;tat de cause, le ministre de l'Int&eacute;rieur a affirm&eacute;, devant le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, que le d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet n'entrait pas dans la cat&eacute;gorie des grands &eacute;v&egrave;nements de l'article L 211-11-1. Ce fondement juridique ne peut donc qu'&ecirc;tre &eacute;cart&eacute;.</span></p><p><span>Apr&egrave;s avoir recherch&eacute; tous les fondements juridiques possibles &agrave; ce contr&ocirc;le a priori des spectateurs du d&eacute;fil&eacute;, on est oblig&eacute; de conclure qu'il n'y a en aucun. Aussi bien le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique que le pr&eacute;fet de police ont agi dans la plus compl&egrave;te ill&eacute;galit&eacute;.</span></p><p><span>C'est &agrave; stade qu'il convient de mesurer l'habilit&eacute; du Conseil d'&Eacute;tat. Pour ne pas sanctionner cette ill&eacute;galit&eacute;, il neutralise son propre contr&ocirc;le.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'urgence, ou comment le juge neutralise son propre contr&ocirc;le</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision du Conseil d&rsquo;&Eacute;tat est remarquable par ce qu&rsquo;elle ne dit pas. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s ne se prononce ni sur la libert&eacute; fondamentale, ni sur la base l&eacute;gale, ni sur la proportionnalit&eacute; du dispositif. Il annule pour d&eacute;faut d&rsquo;urgence.</span></p><p><span>Il invoque en effet le niveau &laquo; urgence attentat &raquo; du plan <i>Vigipirate</i>, la pr&eacute;sence de militaires ukrainiens, de cinq cents militaires issus de trente-cinq &Eacute;tats, d&rsquo;une trentaine de chefs d&rsquo;&Eacute;tat et l&rsquo;affluence attendue de cinquante mille personnes. Compte tenu de l&rsquo;imminence de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement et de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public attach&eacute; &agrave; sa s&eacute;curit&eacute;, l&rsquo;urgence du r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute; ne serait pas satisfaite.</span></p><p><span>La formule semble classique, car l&rsquo;urgence s&rsquo;appr&eacute;cie en confrontant les int&eacute;r&ecirc;ts du requ&eacute;rant &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public attach&eacute; &agrave; l&rsquo;ex&eacute;cution de la mesure. Nul ne conteste la menace terroriste qui p&egrave;se sur le d&eacute;fil&eacute; et la n&eacute;cessit&eacute; de la s&eacute;curiser. Mais le Conseil d'&Eacute;tat m&eacute;lange volontairement l'int&eacute;r&ecirc;t public qui s'attache &agrave; la s&eacute;curit&eacute; et les moyens de la garantir. La question pos&eacute;e &eacute;tait celle de savoir si le QR &eacute;tait l'unique instrument susceptible de garantir la s&eacute;curit&eacute; des participants et des spectateurs, alors que l'Ex&eacute;cutif pouvait utiliser tous les instruments pr&eacute;vus par l'article L 226-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure.</span></p><p><span>La question dispara&icirc;t dans un tour de passe-passe juridique. En effet, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s se borne &agrave; constater le d&eacute;faut d'urgence, ce qui interrompt tout contr&ocirc;le de fond. Pour ne pas r&eacute;pondre &agrave; une question, il suffit de ne pas la poser.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, l'appr&eacute;ciation de l'urgence a quelque chose de surr&eacute;aliste. Pour le juge, l'imminence de l'&eacute;v&egrave;nement, qui justifiait le recours en r&eacute;f&eacute;r&eacute; et justifiait son intervention, devient la raison m&ecirc;me de son abstention. Plus le fait accompli est proche, moins il est urgent de l'emp&ecirc;cher.</span></p><p><span>Le raisonnement est pour le moins d&eacute;concertant. On se souvient que l'arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral date du 10 juillet et que l'association requ&eacute;rante pouvait difficilement engager un r&eacute;f&eacute;r&eacute; avant d'avoir un texte dont elle demandait la suspension. Mais peu importe, la proc&eacute;dure m&ecirc;me de r&eacute;f&eacute;r&eacute; est vid&eacute;e de son contenu et l'imminence de l'&eacute;v&egrave;nement. Outre que le raisonnement rel&egrave;ve de l'absurdit&eacute; juridique, il peut susciter des d&eacute;rives particuli&egrave;rement dangereuses. Il suffit en effet &agrave; l'Ex&eacute;cutif de publier tr&egrave;s tardivement un texte d&eacute;finissant les modalit&eacute;s de contr&ocirc;le d'un &eacute;v&egrave;nement pour qu'elles deviennent incontestables. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat donne ainsi une carte blanche &agrave; l'Ex&eacute;cutif en lui permettant de porter atteinte &agrave; la libert&eacute; de circulation, voire &agrave; d'autres libert&eacute;s, en &eacute;tant certain de ne pas &ecirc;tre d&eacute;rang&eacute; par des g&ecirc;neurs encore attach&eacute;s aux libert&eacute;s.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le pr&eacute;c&eacute;dent de Dieudonn&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Depuis l'arr&ecirc;t <i>Benjamin</i> de 1933, l'interdiction ou la restriction de l'exercice d'une libert&eacute; doit &ecirc;tre n&eacute;cessaire, adapt&eacute;e et proportionn&eacute;e, et l&rsquo;interdiction pr&eacute;alable doit demeurer un ultime recours, lorsqu'il est mat&eacute;riellement impossible de garantir l'ordre public. On se souvient de l'affaire <i>Dieudonn&eacute;</i> et de l<a href="" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'ordonnance du 9 janvier 2014,</a> par laquelle le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s avait refus&eacute; de suspendre l'interdiction pr&eacute;alable d'un spectacle. Il s'appuyait&nbsp; alors sur l'hypoth&eacute;tique atteinte &agrave; la dignit&eacute; qui pouvait intervenir lors d'un spectacle qui n'avait pas encore eu lieu. A l'&eacute;poque, une bonne partie de la doctrine juridique avait contest&eacute; cette remise en cause frontale de la jurisprudence <i>Benjamin</i>, les forces de police ayant parfaitement les moyens de garantir l'ordre public. Finalement, le Conseil d'&Eacute;tat &eacute;tait discr&egrave;tement revenu &agrave; une position plus conforme &agrave; la jurisprudence classique dans une <a href="" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision de r&eacute;f&eacute;r&eacute; intervenir un an plus tard, le 6 f&eacute;vrier 201</a>5.</span></p><p><span>A l'&eacute;poque de l'affaire Dieudonn&eacute;, la solution &eacute;tait contestable, mais le juge avait&nbsp; au moins assum&eacute; son contr&ocirc;le de fait. Dans le r&eacute;f&eacute;r&eacute; du 14 juillet 2026, il ne cr&eacute;e pas ouvertement une nouvelle exception &agrave; <em>Benjamin, </em><span>en allant tortiller le principe de dignit&eacute;. I</span>l &eacute;vite tout simplement d&rsquo;examiner si l&rsquo;autorisation pr&eacute;alable est n&eacute;cessaire. La libert&eacute; ne c&egrave;de pas au terme du contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;, elle n'entre pas en ligne de compte. Elle n'existe pas.</span></p><p><span>Nul ne conteste la n&eacute;cessit&eacute; de contr&ocirc;ler s&eacute;rieusement les Champs-Elys&eacute;es et leurs abords le 14 juillet. Mais le d&eacute;fil&eacute; n'est pas un spectacle sur invitation. Faire d&eacute;pendre l&rsquo;acc&egrave;s du public d&rsquo;une autorisation nominative modifie l'&eacute;galit&eacute; des citoyens devant la loi, porte une atteinte injustifi&eacute;e &agrave; leur libert&eacute; de circuler et d'applaudir le d&eacute;fil&eacute;. Le 14 juillet 2026 est donc un jour triste pour les libert&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>Rappelons que le 14 juillet ne comm&eacute;more pas directement la prise de la Bastille, mais la F&ecirc;te de la F&eacute;d&eacute;ration du 14 juillet 1790. Une f&ecirc;te civique de r&eacute;conciliation et d'unit&eacute;, durant laquelle Louis XVI a pr&ecirc;t&eacute; serment &agrave; la Nation, dans une atmosph&egrave;re de liesse g&eacute;n&eacute;rale, un sentiment que s'ouvrait une nouvelle &egrave;re marqu&eacute;e par l'abolition des privil&egrave;ges et l'&eacute;galit&eacute; devant la loi. Cet esprit semble bien loin, alors que l'on ne c&eacute;l&egrave;bre plus que l'Arm&eacute;e et non plus la Nation, et qu'il faut d&eacute;sormais une autorisation pour&nbsp; assister au d&eacute;fil&eacute;, autorisation du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique agissant comme un monarque. Heureusement, &agrave; la fin du d&eacute;fil&eacute;, les choeurs de l'Arm&eacute;e fran&ccedil;aise ont chant&eacute; avec talent : "<i>Libert&eacute; Libert&eacute; Ch&eacute;rie, combats avec tes d&eacute;fenseurs</i>".&nbsp;</span></p><div><span><br></span></div><h3><span><b>La libert&eacute; d'aller et venir&nbsp;</b><span>: </span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier, </a><span>chapitre &nbsp;5</span></span></h3>]]></content>
	<updated>2026-07-14T16:57:29+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-07-14T16:57:29+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1fZTqG5Zg_q2f2omyde2KW7eqwzxRe3P04keSUJOqAd1FD4OCU3-FFxPLhsMyYaJvay-y1cUgLUjjaoJTbnnZ2bPitnHY32HHTeaBsSbuEept9QunDdjD-OoHHpNdU-gaQ0VXdxmZAqPQedlfl2nz2FEMnpJ9RbVZPKDzEhPMJuaWXEDkSWmUn9EtM0Y/s72-c/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-07-10:/293161</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/07/mineurs-liberes-chaos-au-ministere-de.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Mineurs libérés : chaos au ministère de la Justice</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'affaire illustre parfaitement le caract&egrave;re chaotique de la politique gouvernementale &agrave; l'&eacute;gard des...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><br><br></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsX-zb3wVLM6H2P_pnu-zUC2PHVJq1fOuH_3U30okHdrl5A8Ctir1mRb5TDtYfUcmTl4ipiSTUr5IlvnOKAMYQBQipLx8DtM69HwZeFP9MHAJ2yJ9aez4fCV_mVuQHTd3NlLkWo-_Igo_mv_4F-IaWd2zIGaUtmisr4rRkhHHs7md9HUQbeOBVHLOTcog/s194/droit-penal@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsX-zb3wVLM6H2P_pnu-zUC2PHVJq1fOuH_3U30okHdrl5A8Ctir1mRb5TDtYfUcmTl4ipiSTUr5IlvnOKAMYQBQipLx8DtM69HwZeFP9MHAJ2yJ9aez4fCV_mVuQHTd3NlLkWo-_Igo_mv_4F-IaWd2zIGaUtmisr4rRkhHHs7md9HUQbeOBVHLOTcog/s1600/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><div><span>L'affaire illustre parfaitement le caract&egrave;re chaotique de la politique gouvernementale &agrave; l'&eacute;gard des mineurs d&eacute;linquants. Au moment pr&eacute;cis o&ugrave; le gouvernement affiche une volont&eacute; de renforcer la r&eacute;pression &agrave; l'&eacute;gard des mineurs d&eacute;linquants, une carence l&eacute;gislative provoque une situation dans laquelle, depuis le 1er juillet 2026, les mineurs accus&eacute;s de crime ne peuvent plus &ecirc;tre maintenus en d&eacute;tention provisoire dans l'attente de leur proc&egrave;s. Certes, on doit rappeler que ces mineurs sont pr&eacute;sum&eacute;s innocents et que la d&eacute;tention provisoire ne saurait s'analyser comme une peine anticip&eacute;e. Il n'emp&ecirc;che que la "r&eacute;ponse p&eacute;nale" devient r&eacute;ellement illisible.</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La QPC du 27 juin 2025</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'origine de l'histoire se trouve dans la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/20251143QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision QPC du 27 juin 2025</a>, par laquelle le Conseil constitutionnel a d&eacute;clar&eacute; contraire &agrave; la constitution, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039088341/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 434-9 du code de la justice p&eacute;nale des mineurs</a>. Il pr&eacute;voyait que, lorsqu&rsquo;un mineur &acirc;g&eacute; d&rsquo;au moins seize ans &eacute;tait mis en accusation devant la cour d&rsquo;assises des mineurs, il tombait sous le coups des r&egrave;gles applicables aux majeurs. Le mineur pouvait rester d&eacute;tenu pendant un an, avec deux prolongations exceptionnelles de six mois, soit pendant une dur&eacute;e maximale de deux ans avant son jugement.</span></p><p><span>La censure reposait sur deux motifs. D&rsquo;une part, le maintien en d&eacute;tention r&eacute;sultait du seul effet de la loi. Il ne proc&eacute;dait pas d&rsquo;une nouvelle d&eacute;cision d&rsquo;un magistrat sp&eacute;cialis&eacute; appr&eacute;ciant concr&egrave;tement, au moment de la mise en accusation, si la d&eacute;tention demeurait indispensable ou si le contr&ocirc;le judiciaire ou l&rsquo;assignation &agrave; r&eacute;sidence sous surveillance &eacute;lectronique auraient pu &ecirc;tre suffisants.&nbsp;</span></p><p><span>D&rsquo;autre part, la dur&eacute;e maximale de deux ans &eacute;tait exactement celle applicable aux majeurs, sans aucune adaptation particuli&egrave;re &agrave; la minorit&eacute; de l&rsquo;accus&eacute;. Or, depuis la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/les-decisions/decision-n-2002-461-dc-du-29-aout-2002-saisine-par-60-deputes" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 29 ao&ucirc;t 2002</a>,&nbsp; le Conseil constitutionnel a d&eacute;gag&eacute; un principe fondamental reconnu par les lois de la R&eacute;publique (PFLR) de sp&eacute;cificit&eacute; de la justice p&eacute;nale des mineurs. Il comporte deux volets, d'abord l'att&eacute;nuation de la responsabilit&eacute; p&eacute;nale des mineurs en fonction de leur &acirc;ge, ensuite la recherche, non seulement de la sanction, mais aussi du "<i>rel&egrave;vement &eacute;ducatif et moral"</i>, au moyen de mesures adapt&eacute;es &agrave; leur &acirc;ge, prononc&eacute;es par une juridiction sp&eacute;cialis&eacute;e, selon des proc&eacute;dures sp&eacute;cifiques. Ce PFLR trouve son fondement dans trois "<i>lois de la R&eacute;publique</i>", celle du <a href="https://criminocorpus.org/en/landmarks/textes-juridiques-lois-decre/textes-relatifs-aux-p/de-la-monarchie-de-juillet-a-1/loi-du-12-avril-1906-sur-la-ma/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">12 avril 1906</a> sur la majorit&eacute; p&eacute;nale des mineurs, celle <a href="https://criminocorpus.org/fr/outils/archives-judiciaires/documents-commentes-histoire-contemporaine/documents-commentes/09-la-loi-du-22-juillet-1912/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">du 22 juillet 1912 sur les tribunaux pour enfants</a>, et enfin l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006069158/2021-01-03/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 2 f&eacute;vrier 1945 sur les tribunaux pour enfants.</a>&nbsp;</span></p><p><span>Dans sa d&eacute;cision du 27 juin 2025, le Conseil applique cette jurisprudence. Il ne condamne ni la d&eacute;tention provisoire des mineurs, ni m&ecirc;me son &eacute;ventuelle prolongation. Il condamne en revanche son caract&egrave;re automatique, surtout pour une incarc&eacute;ration potentiellement tr&egrave;s longue d'une personne juridiquement innocente. Or cette incarc&eacute;ration est organis&eacute;e par un simple renvoi au droit commun des majeurs.</span></p><p><span>Le Conseil rappelle ainsi que la sp&eacute;cificit&eacute; de la justice des mineurs ne commande pas n&eacute;cessairement la cl&eacute;mence, mais elle impose une individualisation et des garanties proc&eacute;durales renforc&eacute;es. Une infraction peut &ecirc;tre extr&ecirc;mement grave, mais cela ne suffit pas &agrave; traiter son auteur pr&eacute;sum&eacute; comme un majeur avant m&ecirc;me son proc&egrave;s.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration. Renaud. 1983</span></div><p></p><p><span>Concert du Z&eacute;nith. 1986</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le report de l'abrogation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On sait que les questions prioritaires de constitutionnalit&eacute; pr&eacute;sentent un risque pour la s&eacute;curit&eacute; juridique. Une disposition l&eacute;gislative est en effet d&eacute;clar&eacute;e inconstitutionnelle alors qu'elle est en vigueur et produit des effets. C'est la raison pour laquelle la QPC conduit, &eacute;ventuellement &agrave; l'abrogation de la disposition inconstitutionnelle, ce qui signifie qu'elle dispara&icirc;t de l'ordre juridique pour l'avenir. Les effets qu'elle a produits dans le pass&eacute; ne sont pas annul&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>Mais l'abrogation imm&eacute;diate peut se r&eacute;v&eacute;ler catastrophique. Dans le cas de la d&eacute;cision du 27 juin 2025, elle aurait supprim&eacute; toute possibilit&eacute; de maintenir en d&eacute;tention un mineur mis en d&eacute;tention provisoire pour des faits criminels. Le Conseil, comme l'y autorise l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGISCTA000006095827?__cf_chl_f_tk=WR9bLF76AIKTRna2J3rnvJMXWXESVsIRD3uR4W7r8tA-1783615418-1.0.1.1-uWb1oJtpDn9slWpuOYyFp.4aD6HCSx9IE_q92vEmDTo" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 62 alin&eacute;a 2 de la Constitution</a>, a donc report&eacute; l&rsquo;abrogation au 1er juillet 2026, laissant exactement un an au l&eacute;gislateur pour adopter un nouveau r&eacute;gime. Il devait donc soit d&eacute;poser un projet de loi, soit modifier le droit existant par un amendement &agrave; une loi en d&eacute;bat.</span></p><p><span>Dans sa d&eacute;cision de 2025, le Conseil avait m&ecirc;me pris la pr&eacute;caution d'organiser la p&eacute;riode transitoire en neutralisant l'automaticit&eacute; du dispositif. Le maintien en d&eacute;tention &eacute;tait d&eacute;cid&eacute; par la juridiction d'instruction, apr&egrave;s contr&ocirc;le de sa n&eacute;cessit&eacute; et de sa proportionnalit&eacute; au regard des exigences sp&eacute;cifiques de la justice des mineurs. Enfin, le Conseil a m&ecirc;me pr&eacute;cis&eacute; que les mesures prises pendant la p&eacute;riode transitoire ne pourraient &ecirc;tre contest&eacute;es sur le seul fondement de l'inconstitutionnalit&eacute; constat&eacute;e.</span></p><p><span>Le probl&egrave;me est que, durant cette p&eacute;riode transitoire, il ne s'est rien pass&eacute;. Le vide juridique constat&eacute; depuis le 1er juillet ne r&eacute;sulte pas de la d&eacute;cision du Conseil mais de l'absence de disposition l&eacute;gislative nouvelle &agrave; l'issue du d&eacute;lai fix&eacute;.</span></p><p><span>Le gouvernement avait pourtant la possibilit&eacute; d'agir dans le d&eacute;lai. N'a-t-il pas d&eacute;pos&eacute; au S&eacute;nat, le 18 mars 2026, un <a href="https://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl25-456.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes.</a> Ce texte, pr&eacute;sent&eacute; par le garde des sceaux et soumis &agrave; la proc&eacute;dure acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, aurait parfaitement pu comporter un article sur la d&eacute;tention provisoire des mineurs. Sa version initiale ne comportait pourtant aucune disposition corrigeant l&rsquo;article L. 434-9 du code de la justice p&eacute;nale des mineurs. Il faut se rendre &agrave; l'&eacute;vidence. Le minist&egrave;re de la Justice a tout simplement oubli&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; de faire voter un texte sur ce sujet avant le 1er juillet.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, ce n&rsquo;est que le 29 juin 2026, deux jours avant l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur de l&rsquo;abrogation, qu&rsquo;une d&eacute;p&ecirc;che conjointe de la direction des affaires criminelles et des gr&acirc;ces et de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse a &eacute;t&eacute; adress&eacute;e aux juridictions, annon&ccedil;ant le d&eacute;p&ocirc;t rapide d'un amendement. Elle ajoutait que les d&eacute;cisions de mise en d&eacute;tention ant&eacute;rieure au 1er juillet conservaient leur validit&eacute;, affirmation qui devrait susciter un certain nombre de recours. Les avocats ne manqueront pas, en effet, de contester des d&eacute;tentions provisoires reposant sur une "d&eacute;p&ecirc;che", c'est-&agrave;-dire juridiquement une simple circulaire.</span></p><p><span>Un <a href="https://politique.pappers.fr/amendement/n000408-projet-loi-justice-criminelle-respect-victimes-AMANR5L17PO838901B2681P0D1N000408" target="_blank" rel="noopener noreferrer">amendement n&deg; 408 au projet sur la justice criminelle a finalement &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, le 30 juin</a>. Il pr&eacute;voit que l&rsquo;ordonnance de mise en accusation met, par principe, fin &agrave; la d&eacute;tention provisoire, mais permet au juge d&rsquo;instruction de maintenir le mineur en d&eacute;tention par une ordonnance distincte et sp&eacute;cialement motiv&eacute;e. Le proc&egrave;s doit commencer dans les six mois ; la chambre de l&rsquo;instruction peut prolonger deux fois ce d&eacute;lai de six mois, dans des conditions exceptionnelles et par d&eacute;cision motiv&eacute;e. La dur&eacute;e totale maximale est ainsi ramen&eacute;e de deux ans &agrave; dix-huit mois.</span></p><p><span>Cet amendement a &eacute;t&eacute; adopt&eacute; le 9 juillet 2026 et figure d&eacute;sormais dans le texte issu de la commission mixte paritaire (CMP. Il n'entrera cependant en vigueur qu'apr&egrave;s promulgation et publication, sachant qu'il y aura probablement une saisine du Conseil constitutionnel sur l'ensemble de la loi.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les justifications du ministre</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Pour s'exon&eacute;rer de toute responsabilit&eacute; dans l'affaire, le ministre de la Justice s'efforce de trouver un coupable. Mis en cause &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale lors des questions au gouvernement, il affirme que l'amendement &laquo; <i>aurait d&ucirc; &ecirc;tre d&eacute;pos&eacute; au S&eacute;nat &raquo;, mais qu&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; &laquo; jug&eacute; non conforme par les rapporteurs du texte </i>&raquo;. La formulation est tout de m&ecirc;me r&eacute;v&eacute;latrice, car si l'amendement "aurait d&ucirc;" &ecirc;tre d&eacute;pos&eacute;, c'est bien qu'il ne l'a pas &eacute;t&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>La pr&eacute;sidente de la commission des lois du S&eacute;nat, <i>Muriel Jourda</i>, a d&rsquo;ailleurs r&eacute;pondu qu&rsquo;aucun amendement ni aucun texte gouvernemental concernant cette question n&rsquo;avait jamais &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; devant le S&eacute;nat. Les listes officielles des amendements examin&eacute;s en commission et en s&eacute;ance ne font effectivement appara&icirc;tre aucun amendement gouvernemental dans ce sens.</span></p><p><span>Certes, il est possible que des &eacute;changes informels aient eu lieu, et que des s&eacute;nateurs aient exprim&eacute; des doutes sur la constitutionnalit&eacute; d'un amendement qui pourrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un cavalier l&eacute;gislatif. En effet, la loi porte sur la justice en g&eacute;n&eacute;ral, mais pas sur celle des mineurs. Avouons que l'objection n'est pas totalement convaincante. Surtout, le ministre aurait pu proc&eacute;der autrement, &eacute;largir le p&eacute;rim&egrave;tre du texte pour inclure la justice des mineurs, d&eacute;poser un court projet de loi autonome et demande son examen en urgence. Cette r&eacute;ticence du S&eacute;nat n'est d'ailleurs gu&egrave;re convaincante si l'on consid&egrave;re qu'il a vot&eacute; le texte issu de la CMP, comportant pr&eacute;cis&eacute;ment le correctif.</span></p><p><span>La r&eacute;sistance du S&eacute;nat n'est donc pas &eacute;tablie. Et m&ecirc;me si elle a exist&eacute;, elle ne saurait expliquer onze mois d&rsquo;inaction ant&eacute;rieure.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Qui est responsable ?</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Il appartient certes au l&eacute;gislateur de tirer les cons&eacute;quences d&rsquo;une d&eacute;claration d&rsquo;inconstitutionnalit&eacute;. Le Parlement dans son ensemble dispose de l&rsquo;initiative parlementaire et aurait pu adopter une proposition de loi. On peut donc soutenir qu&rsquo;une responsabilit&eacute; institutionnelle g&eacute;n&eacute;rale p&egrave;se sur le pouvoir l&eacute;gislatif.</span></p><p><span>Mais la responsabilit&eacute; politique principale incombe au Gouvernement, et plus particuli&egrave;rement au minist&egrave;re de la Justice. La Chancellerie est charg&eacute;e de suivre le droit p&eacute;nal et la proc&eacute;dure p&eacute;nale. Elle connaissait la d&eacute;cision depuis le 27 juin 2025. Elle disposait de ses propres directions juridiques, d&rsquo;un d&eacute;lai d&rsquo;un an et, &agrave; partir de mars 2026, d&rsquo;un projet de loi gouvernemental consacr&eacute; &agrave; la justice criminelle. Or il semble qu'elle ait tout simplement oubli&eacute; ce probl&egrave;me, et l'on raconte que c'est l'<i>Union syndicale des magistrats </i>(USM) qui l'a alert&eacute;e sur l'imminence du vide juridique.</span></p><p><span>Quant au S&eacute;nat, il ne peut &ecirc;tre tenu pour responsable d&rsquo;avoir rejet&eacute; un amendement qui ne lui a jamais &eacute;t&eacute; officiellement soumis. Le Garde des Sceaux est donc bien le principal responsable de ce chaos juridique. Averti un an &agrave; l'avance, il a fait d&eacute;poser l'amendement la veille de la date butoir. Sur un plan strictement politique, l'image est catastrophique, car personne n'a oubli&eacute; les propos de fermet&eacute; qu'il a tenus apr&egrave;s la mort de <i>Lyhanna</i>. La communication ne remplace pas la vigilance juridique.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><b>La d&eacute;tention provisoire</b><span>: </span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier, </a><span>chapitre&nbsp; 4 section 2 &sect; 1 C</span></span></h3><p><span></span></p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-10T15:28:23+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-07-10T15:28:23+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsX-zb3wVLM6H2P_pnu-zUC2PHVJq1fOuH_3U30okHdrl5A8Ctir1mRb5TDtYfUcmTl4ipiSTUr5IlvnOKAMYQBQipLx8DtM69HwZeFP9MHAJ2yJ9aez4fCV_mVuQHTd3NlLkWo-_Igo_mv_4F-IaWd2zIGaUtmisr4rRkhHHs7md9HUQbeOBVHLOTcog/s72-c/droit-penal@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-07-05:/292698</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/07/gpa-condamner-le-procede-mais-accepter.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">GPA : condamner le procédé, mais accepter ses effets.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Les deux arr&ecirc;ts rendus par l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de la Cour de cassation le 3 juillet 2026 marquent u...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-MDVme-fjgqy4g9YE8TE81NTzVdyl-Iq-8JZaiDI46Tv9vfUik2HYcXJeOZWDiu7dgOhEyYqj_Z8OMMqfjLkYOY1VsyaHv2PzxX2RcpWW07O2o1qFeMmRfX0y9ERhhXyk3p59N95OSIdNB_tH86csQHvIEnb1OUGItRQITQtFz_1H_SunSxO6nqMmGek/s400/enfant@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-MDVme-fjgqy4g9YE8TE81NTzVdyl-Iq-8JZaiDI46Tv9vfUik2HYcXJeOZWDiu7dgOhEyYqj_Z8OMMqfjLkYOY1VsyaHv2PzxX2RcpWW07O2o1qFeMmRfX0y9ERhhXyk3p59N95OSIdNB_tH86csQHvIEnb1OUGItRQITQtFz_1H_SunSxO6nqMmGek/w160-h124/enfant@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></span></a></div><div><span>Les <a href="https://www.courdecassation.fr/toutes-les-actualites/2026/07/03/communication-gpa-letranger-et-effets-en-france-dun-jugement" target="_blank" rel="noopener noreferrer">deux arr&ecirc;ts rendus par l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de la Cour de cassation le 3 juillet 2026 </a>marquent une &eacute;tape d&eacute;cisive dans la reconnaissance des droits des enfants n&eacute;s &agrave; l'&eacute;tranger par gestation pour autrui (GPA). Les deux affaires sont identiques et concernent les m&ecirc;mes requ&eacute;rants, un couple d'hommes r&eacute;sidant au Canada. Ils ont eu recours, dans ce pays, &agrave; deux GPA, dont sont n&eacute;s trois enfants. La GPA &eacute;tant parfaitement licite dans ce pays, un jugement rendu par les tribunaux de l'Ontario les a d&eacute;clar&eacute;s p&egrave;res l&eacute;gaux de ces enfants. Ils ont ensuite demand&eacute; aux juges fran&ccedil;ais l'exequatur de ces d&eacute;cisions, c'est-&agrave;-dire leur reconnaissance et leur ex&eacute;cution. La cour d'appel avait accueilli cette demande, mais en pr&eacute;cisant que les jugements canadiens auraient en France l'effet d'une adoption. Le parquet s'est pourvu en cassation.&nbsp;</span></div><p></p><p><span>La Cour casse la d&eacute;cision de la cour d'appel qui n'a pas respect&eacute; les r&egrave;gles gouvernant les effets des jugements d'exequatur. En revanche, elle fait valoir l'int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l'enfant et justifie ainsi une filiation qui ne renvoie plus le parent d'intention &agrave; l'adoption.</span></p><div><span><br></span></div><h3><span>Les effets de l'exequatur</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006410785/2019-08-17?__cf_chl_f_tk=ug5y2NCCG3dTGdWkerr4DnJA05QF0ekOrF5xQj.cc0o-1783185841-1.0.1.1-tCUI.56yZ.vYTY44Gy.3FJQd.qFsu4P94IQKYzklqWE" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 509 du code de proc&eacute;dure civile</a> dispose que les jugements &eacute;trangers sont ex&eacute;cutoires en France &laquo; <i>de la mani&egrave;re et dans les cas pr&eacute;vus par la loi</i> &raquo;. Il ne donne pas au juge fran&ccedil;ais un pouvoir de requalification substantielle du jugement &eacute;tranger. Dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006963473/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t fondateur du 7 janvier 1964</a>, la 1ere chambre civile &eacute;nonce ainsi que les jugements &eacute;trangers sont ex&eacute;cutoires en France, mais sans pour autant donner au juge fran&ccedil;ais la possibilit&eacute; de r&eacute;viser au fond le jugement &eacute;tranger.&nbsp;</span></p><p><span>En mati&egrave;re de filiation, la 1ere chambre civile de la Cour de cassation, dans deux <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000050316413?init=true&amp;page=1&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=juri" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;ts du 2 octobre 2024</a> et du <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/68f871740274fc2d1f4a13ad" target="_blank" rel="noopener noreferrer">22 octobre 2025</a> a d&eacute;j&agrave; affirm&eacute; que lorsqu'un jugement &eacute;tranger &eacute;tablit une filiation, sans prononcer une adoption, l'exequatur fait reconna&icirc;tre cette filiation "<i>en tant que telle</i>". De fait, le juge fran&ccedil;ais ne peut pas d&eacute;cider qu'elle produira les effets d'une adoption pl&eacute;ni&egrave;re. Sur ce point, la cassation &eacute;tait donc parfaitement pr&eacute;visible.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEik9GcYdSIJDR-bo3qcVwP5OxxQ0EpgXX_knr203d-p8KIXdysOUISew7qeLvxtlFtT70n_luCZ-fWHNPJcCfSzM66yonyLdChbVghqIRrpjjvYbNA-UuDHFi9K_hrna8prQ4MgPez3ZPLqy6zS5jEykQk-tEsH-M2ckRM9Gve9DdEZoY-kAcw6yBTqUpw/s1792/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-05%20a%CC%80%2018.46.56.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEik9GcYdSIJDR-bo3qcVwP5OxxQ0EpgXX_knr203d-p8KIXdysOUISew7qeLvxtlFtT70n_luCZ-fWHNPJcCfSzM66yonyLdChbVghqIRrpjjvYbNA-UuDHFi9K_hrna8prQ4MgPez3ZPLqy6zS5jEykQk-tEsH-M2ckRM9Gve9DdEZoY-kAcw6yBTqUpw/w383-h517/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-05%20a%CC%80%2018.46.56.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Affiche. 1896</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La GPA, non conforme &agrave; l'ordre public fran&ccedil;ais</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sur le fond, c'est-&agrave;-dire sur l'admission des effets d'un jugement d'exequatur en mati&egrave;re de GPA, la Cour commence par rappeler l'interdiction en France de la GPA. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419302/2024-02-15" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16-7 du code civil </a>d&eacute;clare nulle &laquo; <i>toute convention portant sur la procr&eacute;ation ou la gestation pour le compte d&rsquo;autrui</i>", dispositions qui ont un caract&egrave;re d'ordre public, en vertu de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419304/2026-07-03" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16-9 de ce m&ecirc;me code</a>.&nbsp;</span></p><p><span>Cette prohibition repose sur le principe d'indisponibilit&eacute; du corps humain, et pendant tr&egrave;s longtemps la jurisprudence s'est montr&eacute;e inflexible. Appliquant le principe <i>Fraus Omni Corrumpit,</i> les juges estimaient que la nullit&eacute; de la convention de GPA entrainait celle de tous les actes ult&eacute;rieurs li&eacute;s &agrave; la naissance de l'enfant. Le lien de filiation du parent d'intention ne pouvait donc &ecirc;tre reconnu en droit fran&ccedil;ais, pas davantage que la reconnaissance de la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise.</span></p><p><span>Cette intransigeance n'a pas dissuad&eacute; les couples et le nombre d'enfants n&eacute;s &agrave; l'&eacute;tranger d'une GPA n'a cess&eacute; de cro&icirc;tre. On estime aujourd'hui que le nombre de naissances annuel est situ&eacute; entre 200 et 400, soit entre 0, 03 et 0, 06 %. De fait, il devenait de plus en plus difficile de refuser &agrave; ces enfants un &eacute;tat-civil et une nationalit&eacute; t&eacute;moignant de leur int&eacute;gration dans la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l'enfant</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La rigueur de la jurisprudence fran&ccedil;aise a d'abord &eacute;t&eacute; bris&eacute;e en mati&egrave;re de nationalit&eacute;. La circulaire <i>Taubira</i> du 25 janvier 2013 autorise la d&eacute;livrance d'un certificat de nationalit&eacute; fran&ccedil;aise aux enfants n&eacute;s par GPA, d&egrave;s lors qu'ils ont un lien de filiation fran&ccedil;ais avec un ressortissant fran&ccedil;ais. Le <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2014/12/circulaire-taubira-le-recours-du-peche.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">12 d&eacute;cembre 2014,</a> le Conseil d'&Eacute;tat &eacute;carte le recours de l'<i>Association des juristes catholiques pour l'enfance</i>, et confirme qu'un enfant n&eacute; par GPA a le droit d'avoir la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise si un de ses parents est fran&ccedil;ais.</span></p><p><span>En mati&egrave;re de filiation, c'est la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) qui bris&eacute; l'intransigeance du droit fran&ccedil;ais, dans d<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2014/06/trois-jours-de-fievre-pour-les-libertes.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">eux arr&ecirc;ts<i> Mennesson et Labassee c. France</i> du 26 juin 2014.</a> Elle s'appuie directement sur l'article 3 de la Convention internationale sur les droits de l'enfant qui affirme que toute d&eacute;cision le concernant doit &ecirc;tre prise au regard de son "<i>int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur</i>". En l'esp&egrave;ce, la CEDH estime que l'int&eacute;r&ecirc;t de l'enfant n&eacute; par GPA est d'avoir un &eacute;tat-civil fran&ccedil;ais, "<i>&eacute;l&eacute;ment de son identit&eacute;"</i>. La Cour de cassation, en <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000030841896/?__cf_chl_f_tk=pbmH3nnopgCuePRUHpWiGo56r58spjwjQDTWULSXSRU-1783261587-1.0.1.1-9SCFVqlhdhQNMMI1BPzd0WUSecmYfsvQQhjcruOqjT8" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re, s'est ralli&eacute;e &agrave; cette jurisprudence le 3 juillet 2015.</a></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La situation du parent d'intention</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La transcription de la filiation de l'autre parent d'intention, celui qui, par hypoth&egrave;se, n'a pas de lien biologique avec l'enfant, s'est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e plus laborieuse, et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce point que les d&eacute;cisions du 3 juillet 2024 viennent &eacute;clairer.</span></p><p><span>&nbsp;La Cour de cassation n'autorisait alors que l'adoption simple, principe clairement affirm&eacute; dans sa <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2017/07/gpa-la-cour-de-cassation-ou-le.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 5 juillet 2017</a>. Quant &agrave; la <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2019/04/laffaire-mennesson-inaugure-la.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">CEDH, sollicit&eacute;e pour avis le 10 avril 2019</a>, elle reconnaissait le droit de l'enfant &agrave; avoir une filiation avec le parent d'intention, mais laissait aux &Eacute;tats le soin de choisir entre la transcription directe dans l'&eacute;tat civil ou l'adoption. Dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000039692121/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">trois arr&ecirc;ts du 18 d&eacute;cembre 2019</a>, la Cour de cassation admettait la transcription directe, &agrave; la condition que la GPA soit licite dans l'&Eacute;tat o&ugrave; elle a &eacute;t&eacute; pratiqu&eacute;e.</span></p><p><span>Mais c'&eacute;tait sans compter la r&eacute;sistance du l&eacute;gislateur. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043884445?__cf_chl_f_tk=KiKQ2Hozc8rgylSnjtbJvaHFqxaqc9BhjaMSl1hHdzA-1783270676-1.0.1.1-bM3IlsHs09k9cCwz3hIl9myQnvf6eDQluE7AuYb_eIs" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 2 ao&ucirc;t 2021</a> met un frein &agrave; ce lib&eacute;ralisme jurisprudentiel en pr&eacute;cisant que la reconnaissance de la filiation doit &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e "<i>au regard de la loi fran&ccedil;aise</i>". Concr&egrave;tement, le texte rendait plus difficile la transcription int&eacute;grale des actes &eacute;trangers, d'autant que le parent d'intention, dans une GPA h&eacute;t&eacute;rosexuelle, est le plus souvent la m&egrave;re qu'un probl&egrave;me purement m&eacute;dical emp&ecirc;che de porter un enfant. Or, selon la "<i>loi fran&ccedil;aise</i>", la m&egrave;re est celle qui accouche. La loi de 2021 entrainait alors un blocage, la m&egrave;re d'intention ne pouvant finalement que choisir l'adoption simple, dont on sait qu'elle ne coupe pas le lien de filiation avec la m&egrave;re-porteuse.&nbsp;</span></p><p><span>Mais le l&eacute;gislateur de 2021, dans sa h&acirc;te de bloquer le processus d'acquisition de l'&eacute;tat civil, n'avait pas envisag&eacute; que le contentieux se d&eacute;placerait vert l'exequatur des jugements &eacute;trangers. Titulaires d'un jugement rendu dans l'&Eacute;tat de GPA, reconnaissant leur lien de filiation directe, les couples se sont tourn&eacute;s vers les tribunaux fran&ccedil;ais pour faire ex&eacute;cuter ces d&eacute;cisions de justice.</span></p><p><span>Les deux arr&ecirc;ts rendus par l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re le 3 juillet 2026 affirment que l'ordre public fran&ccedil;ais, qui interdit la GPA en France, doit se concilier avec les droits fondamentaux de l'enfant. Le refus de l'exequatur au seul motif de l'interdiction aurait des cons&eacute;quences trop lourdes sur l'&eacute;tablissement de la filiation de l'enfant. En revanche, la Cour affirme que le juge de l'exequatur doit s'assurer que la d&eacute;cision &eacute;trang&egrave;re pr&eacute;sente des garanties suffisantes, notamment au regard du consentement de la m&egrave;re porteuse aux effets de la GPA sur ses droits.</span></p><p><span>Ces d&eacute;cisions auront, &agrave; l'&eacute;vidence, un impact consid&eacute;rable sur le droit de la filiation par GPA. Auparavant, le parent d'intention &eacute;tait purement et simplement renvoy&eacute; vers l'adoption simple. D&eacute;sormais, lorsqu&rsquo;il existe un jugement &eacute;tranger r&eacute;gulier, la filiation qu&rsquo;il consacre peut produire directement ses effets en France. L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l&rsquo;enfant n&rsquo;efface pas l&rsquo;interdit de la GPA, mais il neutralise son effet punitif sur l&rsquo;enfant. Celui-ci a d&eacute;sormais le droit de vivre sans avoir une filiation amput&eacute;e. Une situation int&eacute;ressante pour les juristes, car les r&egrave;gles du droit international priv&eacute; offrent ainsi aux juges la possibilit&eacute; de garantir la s&eacute;curit&eacute; juridique des enfants alors que le l&eacute;gislateur s'est toujours efforc&eacute;, en vain, de d&eacute;courager la pratique de la GPA. Les esprits chagrins pourrait penser qu'il est plus indulgent pour les fraudeurs qui fr&eacute;quentent les paradis fiscaux que pour les couples en mal d'enfant qui vont &agrave; l'&eacute;tranger pratiquer une GPA.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><b>La GPA</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;7 section 2 &sect; 3 B 2</span></span></h3><p><br></p><p></p>]]></content>
	<updated>2026-07-07T16:04:09+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-07-07T16:04:09+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-MDVme-fjgqy4g9YE8TE81NTzVdyl-Iq-8JZaiDI46Tv9vfUik2HYcXJeOZWDiu7dgOhEyYqj_Z8OMMqfjLkYOY1VsyaHv2PzxX2RcpWW07O2o1qFeMmRfX0y9ERhhXyk3p59N95OSIdNB_tH86csQHvIEnb1OUGItRQITQtFz_1H_SunSxO6nqMmGek/s72-w160-h124-c/enfant@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-07-01:/292303</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/07/viol-sur-mineur-connexite-prescription.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Viol sur mineur : Connexité, prescription glissante, ou imprescriptibilité ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La question de l'imprescriptibilit&eacute; des crimes sexuels commis sur un mineur est pos&eacute;e. En t&eacute;moigne l...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgE_RD1G-G04C7_fC8tQ8lki7KWjHnoJcREAIE3mjVNSm9y60GKrLYiEa0XS4IqMjATCGLKp7C2U4JzONxCDyITZcPULvLRPrPYLKMjvnVNLHYUM2kQttfTO39Hr7f-RMdaaTbh_AUqfxJuzgf7qjhHY9QSEfHzsB9eYlWtNRZyJqdLLAJW15YgXjecL0k/s194/droit-penal@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgE_RD1G-G04C7_fC8tQ8lki7KWjHnoJcREAIE3mjVNSm9y60GKrLYiEa0XS4IqMjATCGLKp7C2U4JzONxCDyITZcPULvLRPrPYLKMjvnVNLHYUM2kQttfTO39Hr7f-RMdaaTbh_AUqfxJuzgf7qjhHY9QSEfHzsB9eYlWtNRZyJqdLLAJW15YgXjecL0k/s1600/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La question de l'imprescriptibilit&eacute; des crimes sexuels commis sur un mineur est pos&eacute;e. En t&eacute;moigne la multiplication des propositions de loi en ce sens, <a href="https://vifa-recht.de/Assembl%C3%A9e%20nationale,%20proposition%20de%20loi%20n%C2%B0%202110,%20d%C3%A9pos%C3%A9e%20le%2018%20novembre%202025,%20visant%20%C3%A0%20supprimer%20la%20prescription%20pour%20les%20viols%20et%20agressions%20sexuelles%20sur%20mineurs." rel="noopener noreferrer" target="_blank">du 18 novembre 2025</a> et <a href="https://vifa-recht.de/Assembl%C3%A9e%20nationale,%20proposition%20de%20loi%20n%C2%B0%202677,%20enregistr%C3%A9e%20le%2014%20avril%202026,%20visant%20%C3%A0%20rendre%20imprescriptibles%20les%20crimes%20sur%20les%20mineurs." rel="noopener noreferrer" target="_blank">du 14 avril 2026</a> devant l'Assembl&eacute;e nationale, <a href="https://www.senat.fr/leg/ppl25-127.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">du 14 novembre 2025 devant le S&eacute;nat</a>. Leurs auteurs se trouvent g&eacute;n&eacute;ralement au centre et &agrave; gauche de l'&eacute;chiquier politique, ce qui ne signifie pas que des parlementaires d'autres tendances ne se rallieront pas &agrave; l'un ou l'autre de ces textes.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Quelques principes simples</span></h3><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p></p><div><span>La prescription de l'action publique consiste &agrave; interdire la poursuite d'une personne dont les actes sont susceptibles de recevoir une qualification p&eacute;nale au-del&agrave; d'un certain d&eacute;lai. La prescription est donc l'une des causes de l'extinction de l'action publique. La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) la d&eacute;finit comme "<i>l</i>e<i> droit accord&eacute; par la loi &agrave; l'auteur d'une infraction de ne plus &ecirc;tre poursuivi ni jug&eacute; apr&egrave;s l'&eacute;coulement d'un certain d&eacute;lai". </i>Cette formulation est issue de l'a<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-63450" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t <i>Co&euml;me c. Belgique</i> du 22 juin 2000</a>.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Le principe m&ecirc;me de la prescription trouve son origine dans une volont&eacute; de garantir la s&eacute;curit&eacute; juridique en fixant un terme aux actions et en emp&ecirc;chant ainsi les tribunaux de se prononcer sur le fondement d'&eacute;l&eacute;ments de preuve qui seraient incomplets en raison du temps &eacute;coul&eacute;. L'id&eacute;e est simple : plus le temps passe, plus l'infraction devient difficile &agrave; prouver, et plus les victimes risquent d'&ecirc;tre frustr&eacute;es et d&eacute;&ccedil;ues par une proc&eacute;dure que la justice ne parvient pas &agrave; mener &agrave; son terme.&nbsp;</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Dans l'&eacute;tat actuel du droit, la prescription de l'action publique a &eacute;t&eacute; &eacute;tablie par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034096721/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Tourret du 27 f&eacute;vrier 2017</a>. Elle est de six ann&eacute;es en mati&egrave;re correctionnelle et de vingt ann&eacute;es en mati&egrave;re criminelle. Le seul cas d'imprescriptibilit&eacute; p&eacute;nale de principe concerne les crimes contre l'humanit&eacute;, "<i>constat&eacute;s</i>" comme imprescriptibles par la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000684761/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 26 d&eacute;cembre 1064</a>.</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZP-uAm30w3zwkDX6kAx26BQOB1hXkzswyX8g0vGwbgmxteH6Mb6YNF25SMFRQ6VAk8cL4eDlfD-43-pb8juaXvVpAMC9Kp6GZg8sPS34gN5t4fZp5KfkwEkUdx6Azl2w5EbDWYqgnol4tkHulNT9Rva-_xA4MFOJ0YFdm6Yb3CfRISKzWBeODFsxr2DM/s2484/PP.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZP-uAm30w3zwkDX6kAx26BQOB1hXkzswyX8g0vGwbgmxteH6Mb6YNF25SMFRQ6VAk8cL4eDlfD-43-pb8juaXvVpAMC9Kp6GZg8sPS34gN5t4fZp5KfkwEkUdx6Azl2w5EbDWYqgnol4tkHulNT9Rva-_xA4MFOJ0YFdm6Yb3CfRISKzWBeODFsxr2DM/w409-h312/PP.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>L'avenir a une excellente m&eacute;moire</span></div><div><span>Miss Tic, circa 2000</span></div><div><span><br></span></div><h3><span><span>Les crimes commis sur mineur :&nbsp;<br></span><span>une prescription allong&eacute;e mais non abolie</span></span></h3><div><span><br></span></div><div><span>La simplicit&eacute; du droit de la prescription n'est qu'apparente. Le droit fran&ccedil;ais consid&egrave;re d&eacute;j&agrave;, en effet, que les crimes sexuels commis sur des mineurs justifient un allongement du d&eacute;lai de prescription. D&eacute;rogeant au d&eacute;lai de vingt ans, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043409371/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 706-47 du code p&eacute;nal</a> pr&eacute;voit, dans leur cas, un d&eacute;lai de trente ans courant &agrave; partir de la majorit&eacute; de la victime. Cette disposition, issue de la loi du 3 ao&ucirc;t 2018, donne ainsi aux victimes mineures au moment des faits le droit d'agir en justice jusqu'&agrave; leur 48&egrave; anniversaire.&nbsp;</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><h3><span>Le "violeur de la Sambre" : la connexit&eacute;</span></h3><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span>Mais l'affaire dite du "<i>violeur de la Sambre</i>" a rendu visible une difficult&eacute;, li&eacute;e &agrave; la criminalit&eacute; sexuelle s&eacute;rielle. Dino Scala a &eacute;t&eacute; jug&eacute; par la Cour d'assises du Nord &agrave; Douai, pour une s&eacute;rie de viols et d'agressions sexuelles commis en 1988 et 2018. En juillet 2022, il a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; pour 54 faits. La d&eacute;fense soutenait toutefois que 10 viols et 15 agressions &eacute;taient prescrites car, au moment des faits, ant&eacute;rieurs &agrave; la loi Tourret, la prescription en mati&egrave;re criminelle &eacute;tait de dix ann&eacute;es.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>La Cour d'assises a habilement &eacute;cart&eacute; la prescription, en raisonnant &agrave; partir de la connexit&eacute; entre les infractions commises, m&ecirc;me zone g&eacute;ographique, m&ecirc;me mobile sexuel, m&ecirc;me mode op&eacute;ratoire. De ces &eacute;l&eacute;ments, la Cour d&eacute;duit un lien de connexit&eacute; entre les infractions. Lorsqu'une infraction non prescrite est connexe &agrave; une infraction plus ancienne, les actes interruption de prescription accomplis dans la proc&eacute;dure relative &agrave; la premi&egrave;re infraction peuvent produire effet dans la seconde. La Cour d&eacute;cide alors qu'elle se trouve dans la situation de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043409311" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 9-2 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a> qui pr&eacute;voit express&eacute;ment que les actes interruption de prescription sont &eacute;galement valides pour les infractions connexes.</span></div><div><span><br></span></div><h3><span>La prescription glissante</span></h3><div><span><br></span></div><p></p><p><span><span><span>La<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000043403212" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 21 avril 2021</a> a introduit un m&eacute;canisme destin&eacute; aux auteurs s&eacute;riels. Pour les crimes sexuels sur mineurs, si la m&ecirc;me personne commet, avant l&rsquo;expiration du d&eacute;lai de prescription du premier crime, un nouveau viol, ou une atteinte sexuelle sur un autre mineur, le d&eacute;lai du premier crime est prolong&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; la date de prescription de la nouvelle infraction.&nbsp;</span></span><span>Tr&egrave;s concr&egrave;tement, la loi refuse qu&rsquo;un auteur s&eacute;riel b&eacute;n&eacute;ficie de l'inaction impos&eacute;e &agrave; ses premi&egrave;res victimes pendant qu&rsquo;il continue &agrave; commettre des crimes sur d&rsquo;autres enfants.&nbsp;</span></span></p><div><p><span>Mais il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une imprescriptibilit&eacute;. La prescription glissante suppose ainsi plusieurs conditions qui r&eacute;duisent son champ d'application : une m&ecirc;me personne mise en cause, des victimes mineures distinctes, une nouvelle infraction commise avant l&rsquo;expiration du premier d&eacute;lai, et des faits non encore prescrits. Elle ne peut donc ressusciter donc tous les dossiers &eacute;teints.</span></p><p><span>Cette constatation est certainement &agrave; l'origine de la demande actuelle en faveur de l'imprescriptibilit&eacute;. Observons d'embl&eacute;e qu'aucun obstacle constitutionnel ne s'appose &agrave; une telle r&eacute;forme. Le Conseil constitutionnel a refus&eacute;, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019785QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC <i>M. Mario S</i>. du 24 mai 2019,</a> de consacrer la prescription de l'action publique comme un principe fondamental reconnu par les lois de la R&eacute;publique. Le l&eacute;gislateur dispose donc d'une large marge d'appr&eacute;ciation dans ce domaine. La seule limite, mentionn&eacute;e dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417182/2022-01-03" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 112-2 du code p&eacute;nal,</a> r&eacute;side dans le fait qu'une loi nouvelle sur la prescription, d'application imm&eacute;diate, ne peut faire revivre des faits d&eacute;j&agrave; prescrits.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;bat sur l'imprescriptibilit&eacute;&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Tous ces &eacute;l&eacute;ments sont cit&eacute;s &agrave; l'appui des propositions en faveur de l'imprescriptibilit&eacute;. D'une mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, il s'agit aussi de reconnaitre la singularit&eacute; du traumatisme inflig&eacute; &agrave; un enfant, une victime qui souvent s'exprime tardivement. On peut aussi d&eacute;celer dans cette proposition une fonction d&eacute;claratoire, affirmant la volont&eacute; d'assurer efficacement la protection de l'enfance.&nbsp;</span></p><p><span>On ne peut nier, toutefois, que l'imprescriptibilit&eacute; suscite des objections qui ne doivent pas &ecirc;tre n&eacute;glig&eacute;es. Plus le temps passe, plus la preuve devient fragile. Souvenirs alt&eacute;r&eacute;s, t&eacute;moins d&eacute;c&eacute;d&eacute;s, impossibilit&eacute; de contre-expertise, voire disparition des archives, tous ces &eacute;l&eacute;ments risquent de conduire un proc&egrave;s &agrave; l'&eacute;chec. Les victimes se trouveraient alors expos&eacute;es &agrave; des non-lieux ou &agrave; des acquittements tr&egrave;s douloureux pour elles. On ne doit pas oublier que le proc&egrave;s p&eacute;nal n'a pas seulement pour but de reconnaitre la souffrance d'une victime. Il a aussi pour objet de condamner une personne. A cet &eacute;gard, il ne peut se d&eacute;rouler convenablement que si les &eacute;l&eacute;ments de preuve sont pr&eacute;cis et &eacute;tay&eacute;s. L'imprescriptibilit&eacute; suppose alors un renforcement des moyens d'enqu&ecirc;te, une meilleure conservation des preuves, un meilleur accompagnement des victimes sur le temps long. Si ces conditions ne sont pas remplies, la cons&eacute;cration du principe d'imprescriptibilit&eacute; risque de se r&eacute;v&eacute;ler un symbole creux, et une d&eacute;ception pour les victimes.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p></div><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-01T21:06:49+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-07-01T21:06:49+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgE_RD1G-G04C7_fC8tQ8lki7KWjHnoJcREAIE3mjVNSm9y60GKrLYiEa0XS4IqMjATCGLKp7C2U4JzONxCDyITZcPULvLRPrPYLKMjvnVNLHYUM2kQttfTO39Hr7f-RMdaaTbh_AUqfxJuzgf7qjhHY9QSEfHzsB9eYlWtNRZyJqdLLAJW15YgXjecL0k/s72-c/droit-penal@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-30:/292186</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/les-invites-de-llc-declaration-de.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les Invités de LLC - Déclaration de Seneca Falls - 1848</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui&nbsp;</span><span>ceux qui ont construit son socle&nbsp; philosophique et litt&eacute;raire. Le choix&nbsp;</span></span><span>des textes ou citations est purement subjectif, d&eacute;tach&eacute; de toute approche chronologique et destin&eacute; &agrave; susciter la r&eacute;flexion ou simplement le plaisir de la lecture.</span></span></p><p><span><span><br></span><span>Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.<br></span><span>&nbsp;<br></span></span></p><div><span><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs la D&eacute;claration de Seneca Fall. La Convention de Seneca Falls, tenue les 19 et 20 juillet 1848 &agrave; New York, fut la premi&egrave;re convention pour les droits des femmes &agrave; se d&eacute;rouler sur le sol des &Eacute;tats-Unis..Elle r&eacute;unit environ plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles des figures marquantes du mouvement f&eacute;ministe am&eacute;ricain, et plusieurs repr&eacute;sentants du mouvement abolitionniste tel l'orateur Frederick Douglass. Il y avait en tout trente-deux hommes pr&eacute;sents. Elle s'acheva par la signature de la &laquo; D&eacute;claration de sentiments &raquo; (que l'on peut aussi traduire par &laquo; D&eacute;claration d'opinions &raquo; ou &laquo; de points de vue &raquo;), consid&eacute;r&eacute;e comme l'acte fondateur du mouvement f&eacute;ministe am&eacute;ricain.</span></span></div><p></p><p><span><span><br></span></span></p><h2><span><span>Declaration de Seneca Falls</span><span><br></span></span></h2><h3><span>"D&eacute;claration de Sentiments"</span></h3><h3><br></h3><h3><span>20 juillet 1848</span></h3><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgFr9MWzji9hC6WDy2yvmdH2weRVFcdifZCbqZirAxrDw6u6Cfb2VJ5HQK96Xyb6w1SY-7JH5D_HX-DKgn42lH4K6zZl35-9aVfvGCM1q8ZZ7uPlUfKQ_rOVn04RFAwKR5FP9tGk0zaP0PWJH_vkcXNG639simmiTjTZymhoY6tYdag1Z4DllCV-GM7edQ/s924/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-30%20a%CC%80%2019.21.50.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgFr9MWzji9hC6WDy2yvmdH2weRVFcdifZCbqZirAxrDw6u6Cfb2VJ5HQK96Xyb6w1SY-7JH5D_HX-DKgn42lH4K6zZl35-9aVfvGCM1q8ZZ7uPlUfKQ_rOVn04RFAwKR5FP9tGk0zaP0PWJH_vkcXNG639simmiTjTZymhoY6tYdag1Z4DllCV-GM7edQ/w314-h428/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-30%20a%CC%80%2019.21.50.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p></p><p><br></p><p><span>Lorsque, dans le cours des &eacute;v&eacute;nements humains, il devient n&eacute;cessaire qu&rsquo;une partie de la famille humaine occupe parmi les peuples de la terre une position diff&eacute;rente de celle qu&rsquo;elle a tenue jusqu&rsquo;alors, mais &agrave; laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect d&ucirc; &agrave; l&rsquo;opinion de l&rsquo;humanit&eacute; exige qu&rsquo;elle expose les causes qui la poussent &agrave; agir ainsi.</span></p><p><span>Nous tenons pour &eacute;videntes par elles-m&ecirc;mes les v&eacute;rit&eacute;s suivantes : tous les hommes et toutes les femmes sont cr&eacute;&eacute;s &eacute;gaux ; ils sont dot&eacute;s par leur Cr&eacute;ateur de certains droits inali&eacute;nables ; parmi ces droits figurent la vie, la libert&eacute; et la recherche du bonheur ; pour garantir ces droits, des gouvernements sont institu&eacute;s, qui tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvern&eacute;s.</span></p><p><span>Chaque fois qu&rsquo;une forme de gouvernement devient destructrice de ces fins, ceux qui en souffrent ont le droit de lui refuser ob&eacute;issance et d&rsquo;insister pour qu&rsquo;un nouveau gouvernement soit &eacute;tabli, fond&eacute; sur les principes et organis&eacute; selon les formes qui leur para&icirc;tront les plus propres &agrave; assurer leur s&eacute;curit&eacute; et leur bonheur.</span></p><p><span>La prudence veut certes que des gouvernements &eacute;tablis de longue date ne soient pas chang&eacute;s pour des causes l&eacute;g&egrave;res et passag&egrave;res ; et l&rsquo;exp&eacute;rience a toujours montr&eacute; que l&rsquo;humanit&eacute; est plus dispos&eacute;e &agrave; souffrir, tant que les maux restent supportables, qu&rsquo;&agrave; se faire justice en abolissant les formes auxquelles elle est accoutum&eacute;e.</span></p><p><span>Mais lorsqu&rsquo;une longue suite d&rsquo;abus et d&rsquo;usurpations, poursuivant invariablement le m&ecirc;me but, r&eacute;v&egrave;le le dessein de r&eacute;duire un peuple &agrave; un despotisme absolu, il est de son devoir de renverser un tel gouvernement et de pourvoir &agrave; de nouvelles garanties pour sa s&eacute;curit&eacute; future. Telle a &eacute;t&eacute; la patiente souffrance des femmes sous ce gouvernement ; telle est aujourd&rsquo;hui la n&eacute;cessit&eacute; qui les contraint &agrave; r&eacute;clamer la condition d&rsquo;&eacute;galit&eacute; &agrave; laquelle elles ont droit.</span></p><p><span>L&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute; est l&rsquo;histoire de torts et d&rsquo;usurpations r&eacute;p&eacute;t&eacute;s de la part de l&rsquo;homme envers la femme, ayant directement pour objet l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;une tyrannie absolue sur elle. Pour le prouver, soumettons les faits &agrave; un monde impartial.</span></p><p><span>Il ne lui a jamais permis d&rsquo;exercer son droit inali&eacute;nable au suffrage.</span></p><p><span>Il l&rsquo;a contrainte &agrave; se soumettre &agrave; des lois &agrave; l&rsquo;&eacute;laboration desquelles elle n&rsquo;a eu aucune voix.</span></p><p><span>Il lui a refus&eacute; des droits accord&eacute;s aux hommes les plus ignorants et les plus d&eacute;grad&eacute;s, qu&rsquo;ils soient n&eacute;s dans le pays ou &eacute;trangers.</span></p><p><span>L&rsquo;ayant priv&eacute;e de ce premier droit du citoyen, le suffrage, et l&rsquo;ayant ainsi laiss&eacute;e sans repr&eacute;sentation dans les assembl&eacute;es l&eacute;gislatives, il l&rsquo;a opprim&eacute;e de toutes parts.</span></p><p><span>Il a fait d&rsquo;elle, lorsqu&rsquo;elle est mari&eacute;e, une personne civilement morte aux yeux de la loi.</span></p><p><span>Il lui a retir&eacute; tout droit de propri&eacute;t&eacute;, m&ecirc;me sur le salaire qu&rsquo;elle gagne.</span></p><p><span>Il a fait d&rsquo;elle, moralement, un &ecirc;tre irresponsable, puisqu&rsquo;elle peut commettre de nombreux crimes en toute impunit&eacute;, pourvu qu&rsquo;ils soient accomplis en pr&eacute;sence de son mari. Dans l&rsquo;alliance du mariage, elle est contrainte de promettre ob&eacute;issance &agrave; son &eacute;poux ; celui-ci devient, &agrave; tous &eacute;gards, son ma&icirc;tre, la loi lui donnant le pouvoir de la priver de sa libert&eacute; et de lui infliger des ch&acirc;timents.</span></p><p><span>Il a organis&eacute; les lois du divorce, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des causes l&eacute;gitimes de s&eacute;paration ou de l&rsquo;attribution de la garde des enfants, d&rsquo;une mani&egrave;re totalement indiff&eacute;rente au bonheur des femmes ; la loi repose, dans tous les cas, sur la fausse supposition de la supr&eacute;matie de l&rsquo;homme et remet tout pouvoir entre ses mains.</span></p><p><span>Apr&egrave;s l&rsquo;avoir priv&eacute;e de tous ses droits comme femme mari&eacute;e, il l&rsquo;a impos&eacute;e, lorsqu&rsquo;elle est c&eacute;libataire et propri&eacute;taire, pour soutenir un gouvernement qui ne la reconna&icirc;t que lorsque ses biens peuvent lui &ecirc;tre profitables.</span></p><p><span>Il a monopolis&eacute; presque tous les emplois r&eacute;mun&eacute;rateurs ; et, dans ceux qu&rsquo;elle est autoris&eacute;e &agrave; exercer, elle ne re&ccedil;oit qu&rsquo;une maigre r&eacute;tribution.</span></p><p><span>Il lui ferme toutes les voies conduisant &agrave; la richesse et &agrave; la distinction, qu&rsquo;il estime les plus honorables pour lui-m&ecirc;me. Comme professeur de th&eacute;ologie, de m&eacute;decine ou de droit, elle n&rsquo;existe pas.</span></p><p><span>Il lui a refus&eacute; les moyens d&rsquo;obtenir une instruction compl&egrave;te, tous les coll&egrave;ges lui &eacute;tant ferm&eacute;s.</span></p><p><span>Il ne lui accorde, dans l&rsquo;&Eacute;glise comme dans l&rsquo;&Eacute;tat, qu&rsquo;une position subordonn&eacute;e, invoquant l&rsquo;autorit&eacute; apostolique pour l&rsquo;exclure du minist&egrave;re religieux et, &agrave; quelques exceptions pr&egrave;s, de toute participation publique aux affaires de l&rsquo;&Eacute;glise.</span></p><p><span>Il a cr&eacute;&eacute; une fausse opinion publique en donnant au monde deux codes moraux diff&eacute;rents, l&rsquo;un pour les hommes, l&rsquo;autre pour les femmes : les fautes morales qui excluent les femmes de la soci&eacute;t&eacute; sont non seulement tol&eacute;r&eacute;es chez l&rsquo;homme, mais tenues pour peu de chose.</span></p><p><span>Il a usurp&eacute; la pr&eacute;rogative de J&eacute;hovah lui-m&ecirc;me, en pr&eacute;tendant avoir le droit de lui assigner une sph&egrave;re d&rsquo;action, alors que celle-ci rel&egrave;ve de sa conscience et de son Dieu.</span></p><p><span>Il s&rsquo;est efforc&eacute;, par tous les moyens en son pouvoir, de d&eacute;truire sa confiance en ses propres capacit&eacute;s, d&rsquo;amoindrir son respect d&rsquo;elle-m&ecirc;me et de la rendre dispos&eacute;e &agrave; mener une vie d&eacute;pendante et avilie.</span></p><p><span>En cons&eacute;quence, consid&eacute;rant cette privation enti&egrave;re des droits civiques d&rsquo;une moiti&eacute; du peuple de ce pays, sa d&eacute;gradation sociale et religieuse, les lois injustes ci-dessus mentionn&eacute;es, et parce que les femmes se sentent l&eacute;s&eacute;es, opprim&eacute;es et frauduleusement priv&eacute;es de leurs droits les plus sacr&eacute;s, nous exigeons qu&rsquo;elles soient imm&eacute;diatement admises &agrave; tous les droits et privil&egrave;ges qui leur appartiennent comme citoyennes des &Eacute;tats-Unis.</span></p><p><span>En entreprenant la grande &oelig;uvre qui est devant nous, nous pr&eacute;voyons bien des incompr&eacute;hensions, des d&eacute;formations et des railleries ; mais nous emploierons tous les moyens en notre pouvoir pour atteindre notre but. Nous enverrons des agents, diffuserons des brochures, adresserons des p&eacute;titions aux l&eacute;gislatures des &Eacute;tats et &agrave; la l&eacute;gislature nationale, et nous nous efforcerons de rallier &agrave; notre cause la chaire et la presse. Nous esp&eacute;rons que cette Convention sera suivie d&rsquo;une s&eacute;rie de conventions embrassant toutes les r&eacute;gions du pays.</span></p><p><span>Fermement confiants dans le triomphe final du Droit et du Vrai, nous apposons aujourd&rsquo;hui nos signatures &agrave; cette d&eacute;claration.</span></p>]]></content>
	<updated>2026-06-30T17:26:38+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-30T17:26:38+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgFr9MWzji9hC6WDy2yvmdH2weRVFcdifZCbqZirAxrDw6u6Cfb2VJ5HQK96Xyb6w1SY-7JH5D_HX-DKgn42lH4K6zZl35-9aVfvGCM1q8ZZ7uPlUfKQ_rOVn04RFAwKR5FP9tGk0zaP0PWJH_vkcXNG639simmiTjTZymhoY6tYdag1Z4DllCV-GM7edQ/s72-w314-h428-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-30%20a%CC%80%2019.21.50.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-27:/291908</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/le-droit-la-voix-trouve-son-tempo.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le droit à la voix trouve son tempo.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La 1ere chambre civile de la Cour de cassation a rendu, le 24 juin 2026, une d&eacute;cision qui &eacute;largit le...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGzWbGfF1E_lrlp3l4RRPA631OV0UWPS263NanFDw69o8908YAcDoLftMQXkQKkHO9MGVrhiB558ORKdOfqSvkS4BOs1mjydK7DF1Mqlo0j3BJ97QwkS5qhuydjsgnMsQ7H3R08GCz85roCeiaOWykl-gKQgLw7TFXm2uRRCiSvgM91ZCe3LhbinO5aX4/s1150/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-27%20a%CC%80%2019.57.57.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGzWbGfF1E_lrlp3l4RRPA631OV0UWPS263NanFDw69o8908YAcDoLftMQXkQKkHO9MGVrhiB558ORKdOfqSvkS4BOs1mjydK7DF1Mqlo0j3BJ97QwkS5qhuydjsgnMsQ7H3R08GCz85roCeiaOWykl-gKQgLw7TFXm2uRRCiSvgM91ZCe3LhbinO5aX4/w212-h152/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-27%20a%CC%80%2019.57.57.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/6a3cc07ccdc6046d479d9ffc" target="_blank" rel="noopener noreferrer">1ere chambre civile de la Cour de cassation a rendu, le 24 juin 2026, une d&eacute;cision </a>qui &eacute;largit le champ des libert&eacute;s publiques. Elle &eacute;nonce en effet que le droit au respect de la vie priv&eacute;e inclut le droit au respect de la voix, dans des conditions identiques &agrave; celles qui gouvernent le droit &agrave; l'image. La voix est donc un attribut de la personnalit&eacute; et elle doit &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;e. Comme bien souvent cependant, cette &eacute;volution jurisprudentielle figure dans une d&eacute;cision de rejet. En l'esp&egrave;ce, la Cour fait en effet pr&eacute;valoir le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral sur le droit au respect de la voix.</div></span><p></p><p><span>L&rsquo;affaire est celle de la chanson&nbsp;<i>Des gens beaux,</i> &eacute;crite et chant&eacute;e par <i>Grand Corps Malade</i> en r&eacute;action &agrave; des propos publics d&rsquo;un journaliste musical sur l&rsquo;apparence physique de certains artistes, notamment<i> Hoshi</i>. La chanson reprenait&nbsp;33 secondes&nbsp;de l&rsquo;entretien, sur une dur&eacute;e totale de 2 minutes 41, en ins&eacute;rant la voix du journaliste au d&eacute;but, au milieu et &agrave; la fin du titre. Le journaliste affirmait en effet : "<i>Quand vous regardez&nbsp;Hoshi, par exemple, qui a un talent incroyable, indiscutable. Mais enfin, vous mettriez un poste de&nbsp;Hoshi&nbsp;dans votre chambre, vous ? Elle est effrayante</i> ".</span></p><p><span>Le journaliste avait saisi le juge en invoquant le droit au respect de la vie priv&eacute;e, qui int&egrave;gre le droit au respect de la voix. Mais le tribunal judiciaire de Paris avait &eacute;cart&eacute; le recours, jugeant que les propos tenus &eacute;taient publics et que leur reprise s'int&eacute;grait dans un d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. La cour d'appel, en revanche, avait assimil&eacute; l'existence d'un droit de la personne sur sa voix, semblable au droit &agrave; l'image.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit &agrave; la voix</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>C'est sans doute la premi&egrave;re fois que la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation affirme clairement que la voix b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;une protection analogue &agrave; celle de l&rsquo;image, Elle se place sur le double fondement de l&rsquo;article 9 du code civil et de l&rsquo;article 8 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme qui prot&egrave;gent le droit au respect de la vie priv&eacute;e.&nbsp;</span></p><p><span>Le droit &agrave; la voix n'&eacute;tait pas tout-&agrave;-fait inconnu, surtout en mati&egrave;re civile. Le 3 d&eacute;cembre 1975, le tribunal de Paris avait jug&eacute; que l'imitation des "<i>particularit&eacute;s verbales</i>" du com&eacute;dien <i>Claude Pi&eacute;plu </i>portait atteinte &agrave; son droit sur sa voix et ordonn&eacute; le retrait de la publicit&eacute; dans laquelle il &eacute;tait imit&eacute;. Surtout, la d&eacute;cision rendue par le TGI de Paris le 19 mai 1982 avait affirm&eacute; que la voix &eacute;tait un "<i>attribut de la personnalit&eacute;, une sorte d'image sonore"</i> permettant d'identifier la personne. C'&eacute;tait particuli&egrave;rement vrai dans l'affaire soumise au juge, puisque la voix en question &eacute;tait celle de <i>Maria Callas,</i>&nbsp;sp&eacute;cialement identifiable. Ses h&eacute;ritiers ont alors obtenu du juge l'interdiction de diffuser &agrave; la radio des enregistrements de travail r&eacute;alis&eacute;s &agrave; la fin de sa vie, et dont elle n'&eacute;tait pas satisfaite, pr&eacute;cis&eacute;ment parce que sa voix n'&eacute;tait plus celle que ses admirateurs avaient connue.De fait, la jurisprudence consid&eacute;rait que la voix &eacute;tait un attribut de la personnalit&eacute;, digne d'&ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;e comme telle. Les seules exceptions r&eacute;sidaient dans les imitations parodiques en dehors d'un usage publicitaire, et la reproduction de la voix des personnalit&eacute;s politiques s'exprimant dans des circonstances publiques.</span></p><p><span>En mati&egrave;re p&eacute;nale, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049312755?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 226-1 du code p&eacute;nal </a>sanctionne le fait de capter, enregistre ou transmettre, sans le consentement de l'int&eacute;ress&eacute;, des paroles prononc&eacute;es &agrave; titre priv&eacute;. Certes, ce texte ne cr&eacute;e pas un droit &agrave; la voix r&eacute;prim&eacute; p&eacute;nalement, mais il montre que la voix comme les paroles prononc&eacute;es peuvent &ecirc;tre des vecteurs d'atteinte &agrave; la vie priv&eacute;e.</span></p><p><span><span>Quant &agrave; la CEDH, elle n'a certes pas consacr&eacute; un droit &agrave; la voix autonome aussi clairement que le fait aujourd'hui la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation. En revanche, dans son </span><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng-press?i=003-419654-419935" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>P. G. et J. H. c. Royaume-Uni </i>du 25 septembre 2001&nbsp;e</a><span>lle juge que l'enregistrement clandestin de voix dans les locaux de la police s'analyse comme une ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e. Elle ne saurait donc &ecirc;tre admise que dans un cadre l&eacute;gal pr&eacute;cis&eacute;ment d&eacute;fini.</span></span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><span>&nbsp;<span>Casta Diva. Bellini. Acte 1</span></span><p></p><p><span>Maria Callas</span></p><p><span>Concert du 19 d&eacute;cembre 1958. Op&eacute;ra de Paris</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La voix, une image sonore</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision transpose purement et simplement la&nbsp;<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-158855" target="_blank" rel="noopener noreferrer">jurisprudence de la CEDH relative au droit &agrave; l'image <i>Courderc et hachette Filipacchi c. France</i> du 10 novembre 2015</a>. La 1ere chambre civile, dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000043618126?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 2 juin 2021,</a> juge &eacute;galement que la seule atteinte au droit &agrave; l'image ouvre un droit &agrave; r&eacute;paration. La voix est ainsi pr&eacute;sent&eacute;e comme l'image sonore de la personne, qu'elle permet d'identifier, un attribut de sa personnalit&eacute;.</span></p><p><span>Mais la d&eacute;cision du 24 janvier 2026 apporte aussit&ocirc;t une limite &agrave; cette avanc&eacute;e jurisprudentielle. Le droit &agrave; la voix n'est pas absolu. Comme le droit &agrave; l'image, il doit &ecirc;tre concili&eacute; avec la libert&eacute; d'expression, y compris la libert&eacute; d'expression artistique prot&eacute;g&eacute;e par l'article 10 de la Convention europ&eacute;enne, et qui b&eacute;n&eacute;ficie d'un niveau &eacute;lev&eacute; de protection.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral et la libert&eacute; artistique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Pr&eacute;cis&eacute;ment, la d&eacute;cision du 24 juin 2026 casse l'arr&ecirc;t de la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;d'appel de Paris qui avait jug&eacute; illicite l'utilisation de la voix du journaliste dans la chanson. Il lui reproche une conception trop &eacute;troite du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, tel qu'il est pr&eacute;sent&eacute; dans la chanson de <i>Grand Corps Malade</i>. Les propos&nbsp; qui &eacute;taient repris portaient en effet sur le r&ocirc;le de l'apparence physique dans la carri&egrave;re artistique. Ils avaient suscit&eacute; controverse et d&eacute;bats, au point d'&ecirc;tre repris dans une chanson.</span></p><p><span>Or ce d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral est le coeur de la d&eacute;cision. La c</span><span>our</span><span>&nbsp;d'appel avait consid&eacute;r&eacute; que l'apparence physique des artistes ne m&eacute;ritait pas la qualification de d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, au m&ecirc;me titre par exemple que les violences faites aux femmes. Pour elle, il s'agissait plut&ocirc;t d'une opinion, certes assez peu &eacute;clair&eacute;e, mais d'une opinion tout de m&ecirc;me sur le lien entre beaut&eacute; physique et succ&egrave;s musical. Pour la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation, au contraire, les propos du journaliste ont suscit&eacute; une forte controverse, ce qui montre l'importance du d&eacute;bat. Elle consid&egrave;re donc que le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral est bien pr&eacute;sent, et qu'il justifie les trois citations tr&egrave;s br&egrave;ves faites dans la chanson.</span></p><p><span>La&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation sanctionne ainsi une attitude des juges du fond qui ont trop rapidement ferm&eacute; la porte de l'article 10 de la Convention. En l'esp&egrave;ce, l'utilisation de la voix d'autrui n'est pas une discrimination, car la voix n'est que le support sonore de propos discriminatoires tenus bien ant&eacute;rieurement par le journaliste. L'utilisation de la voix d'autrui est une ing&eacute;rence dans la personnalit&eacute; d'autrui, ing&eacute;rence qui peut, comme c'est le cas en l'esp&egrave;ce, &ecirc;tre justifi&eacute;e par le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral.</span></p><p><span>On peut &eacute;videmment s'interroger sur cette d&eacute;cision et sur ses suites. L'inconv&eacute;nient r&eacute;side sans doute dans une conception tr&egrave;s inclusive du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, au d&eacute;triment des droits de la personnalit&eacute;. La Cour en vient &agrave; consid&eacute;rer qu'une forte controverse suffit &agrave; caract&eacute;riser ce d&eacute;bat. En l'esp&egrave;ce, on serait tent&eacute; de penser que le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral a &eacute;t&eacute; largement cr&eacute;&eacute; par <i>Grand Corps Malade</i> qui a donn&eacute; un v&eacute;ritable retentissement &agrave; un &eacute;change qui n'avait pas d&eacute;pass&eacute; les r&eacute;seaux sociaux. En bref, il suffit que quelqu'un donne de l'audience &agrave; un d&eacute;bat pour qu'il devienne d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Cette critique avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; formul&eacute;e &agrave; propos de la jurisprudence de la CEDH qui consid&eacute;rait comme relevant du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral les photos du <i>fils cach&eacute; </i>du prince de Monaco. Il existe ainsi des d&eacute;bats d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral qui n'int&eacute;ressent personne, ou pas grand monde.</span></p><p><span>L'arr&ecirc;t du 24 juin 2026 est aussi, porteur de promesses. La protection de la voix, comme attribue de la personnalit&eacute; pourrait s'appliquer dans de multiples domaines, et c'est sans doute &agrave; cela que pensait la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation. Internet rend aujourd'hui accessibles non seulement des chansons, mais aussi des podcasts et des archives sonores par millions. Surtout l'intelligence artificielle permet aussi de cloner les voix, et de r&eacute;aliser des hypertrucages (<i>Deep Fakes</i>) reproduisant la voix des personnes sans leur consentement. Certes, l'arr&ecirc;t n'emp&ecirc;che rien de tout cela, mais il donne &agrave; la justice quelques moyens pour sanctionner ces pratiques et r&eacute;parer les pr&eacute;judices qu'elles causent.</span></p><h3><span><b>Le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;8 section 4 &sect; C</span></span></h3><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-07T14:36:44+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-07-07T14:36:44+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGzWbGfF1E_lrlp3l4RRPA631OV0UWPS263NanFDw69o8908YAcDoLftMQXkQKkHO9MGVrhiB558ORKdOfqSvkS4BOs1mjydK7DF1Mqlo0j3BJ97QwkS5qhuydjsgnMsQ7H3R08GCz85roCeiaOWykl-gKQgLw7TFXm2uRRCiSvgM91ZCe3LhbinO5aX4/s72-w212-h152-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-27%20a%CC%80%2019.57.57.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-24:/291012</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/le-conseil-constitutionnel-applique.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le Conseil constitutionnel applique l&#039;aide à mourir à la proposition Szpiner</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le Conseil constitutionnel a rendu, le 17 juin 2020, une d&eacute;cision d&eacute;clarant que la proposition de lo...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirrg-tlGwz-RgqNt2yChq1BZZdi0WXhGlG0ZynExlQ4ABVbZApfLtvhAeOa8BItSwWCo35214mOkJxDMde2heX3nsSQ6IbTb3HB8DYT_JHpY8JxYxcClIaOXsskrVbn3OctwcDzpuuSePQggzae2WWSexengpHcQzYrxF-99IeAj3Z2rqYmBc-Bvi8fM8/s400/De%CC%81ce%CC%80s.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirrg-tlGwz-RgqNt2yChq1BZZdi0WXhGlG0ZynExlQ4ABVbZApfLtvhAeOa8BItSwWCo35214mOkJxDMde2heX3nsSQ6IbTb3HB8DYT_JHpY8JxYxcClIaOXsskrVbn3OctwcDzpuuSePQggzae2WWSexengpHcQzYrxF-99IeAj3Z2rqYmBc-Bvi8fM8/w114-h114/De%CC%81ce%CC%80s.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le Conseil constitutionnel a rendu, le<a href="https://www.dalloz-actualite.fr/sites/dalloz-actualite.fr/files/resources/2026/06/20267rip.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> 17 juin 2020, une d&eacute;cision d&eacute;clarant que la proposition de loi r&eacute;f&eacute;rendaire port&eacute; par le s&eacute;nateur <i>Szpiner (R&eacute;publicain)&nbsp;</i>n'entrait pas dans le champ d'application de l'article 11 </a>de la Constitution. Cette d&eacute;cision est pass&eacute;e relativement inaper&ccedil;ue, La lev&eacute;e de l'immunit&eacute; parlementaire de son auteur par le bureau du S&eacute;nat n'y est sans doute pas &eacute;trang&egrave;re. Surtout, la d&eacute;cision du Conseil, contrairement &agrave; ce qui a &eacute;t&eacute; affirm&eacute; par certains m&eacute;dias, ne porte pas vraiment sur l'aide &agrave; mourir, mais bien davantage sur le champ du r&eacute;f&eacute;rendum, sur la notion de r&eacute;f&eacute;rendum, et peut-&ecirc;tre aussi sur la place de la d&eacute;mocratie directe dans notre syst&egrave;me constitutionnel.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une proposition de loi oblique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>En effet, la proposition de loi ne dit pas express&eacute;ment : "L'aide &agrave; mourir est interdite". Elle ne cr&eacute;e pas non plus de sanction p&eacute;nale pour punir le suicide&nbsp;assist&eacute;. Elle proposait seulement d'ajouter &agrave; l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006685748/2012-08-08" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 1110-5 du code de la sant&eacute; publique</a> (cap), un nouvel alin&eacute;a ainsi r&eacute;dig&eacute; : "<i>La provocation active de la mort d'un patient ne peut &ecirc;tre qualifi&eacute;e ni de traitement, ni de th&eacute;rapeutique, ni de soin"</i>.</span></p><p><span>On peut d'abord voir dans cette r&eacute;daction un souvenir de la c&eacute;l&egrave;bre affaire <i>Lambert.</i> La parti politique auquel appartient M. <i>Szpiner</i> &eacute;tait alors le soutien le plus actif de la m&egrave;re de ce jeune homme en &eacute;tat v&eacute;g&eacute;tatif depuis plusieurs ann&eacute;es. Alors qu'elle souhaitait prolonger. &agrave; tout prix la vie de son fils, la plus grande partie de sa famille souhaitait qu'il puisse s'&eacute;teindre dans la dignit&eacute;. L''&eacute;quipe m&eacute;dicale avait donc d&eacute;cid&eacute; d'interrompre les traitements, conform&eacute;ment &agrave; la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000031970295" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi <i>L&eacute;onetti-Cleyss </i>du 2 f&eacute;vrier 2016</a>. En l'esp&egrave;ce il s'agissait d'interrompre la nutrition et l'hydratation artificielles, et de placer le patient en s&eacute;dation profonde, jusqu'&agrave; son d&eacute;c&egrave;s. <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2019/04/vincent-lambert-la-troisieme-procedure.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le 24 avril 2019, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat, </a>saisi par la m&egrave;re de Vincent Lambert, valide la d&eacute;cision &nbsp;"<i>d'arr&ecirc;ter les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles</i>". Autrement&nbsp;dit, les juges admettaient d&eacute;j&agrave; que l'interruption de la nutrition et d&eacute;cision et la s&eacute;dation profonde constituaient des <i>"traitements</i>" au sens m&eacute;dical du terme. De toute &eacute;vidence, la proposition <i>Szpiner</i> s'inspirait de ce pr&eacute;c&eacute;dent, mais en inversant l'analyse. Une conception tr&egrave;s &eacute;troite des "soins" &eacute;tait d&eacute;velopp&eacute;e, notion limit&eacute;e &agrave; ce qui permet d'obtenir une gu&eacute;rison ou, au moins, une am&eacute;lioration de l'&eacute;tat du patient.</span></p><p><span>Cette r&eacute;f&eacute;rence a la notion de "soins" ne rel&egrave;ve pas seulement des convictions &eacute;thiques ou religieuses des auteurs de la proposition de loi. Sur un plan plus juridique, elle vise &agrave; contourner les contraintes de l'<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 11 de la Constitution. </a>Puisque l'aide &agrave; mourir suppose la prescription ou l'intervention d'un m&eacute;decin, elle pourrait &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute;e comme relevant de la politique sociale et des services publics qui y concourent, notion figurant express&eacute;ment dans l'article 11. La r&eacute;f&eacute;rence au code de la sant&eacute; publique est brandie comme une sorte d'&eacute;tendard affichant la conformit&eacute; de la proposition &agrave; l'article 11.</span></p><p><span>Ce choix r&eacute;dactionnel n'est pourtant pas aussi clair que ses promoteurs le souhaitent.&nbsp;</span></p><p><span>Que signifie la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la "<i>provocation active de la mort</i>" ? S'agit-il de l'administration d'une substance l&eacute;tale par un m&eacute;decin ? par le patient lui-m&ecirc;me et l'on parle alors de suicide assist&eacute; ? S'agit-il de toute aide active &agrave; mourir et l'on pourrait m&ecirc;me consid&eacute;rer, y compris la s&eacute;dation profonde qui conduit &agrave; un d&eacute;c&egrave;s &agrave; court terme ? La proposition <i>Szpiner</i> veut-elle aller jusqu'&agrave; la remise en cause du droit de mourir dans la dignit&eacute; qui figure d&eacute;j&agrave; dans le droit positif ? Toutes les interpr&eacute;tations sont possibles si l'on consid&egrave;re l'incertitude la formulation.</span></p><p><span>Par ailleurs, la proposition de loi ne dit finalement pas ce qui est interdit. Dire qu'un acte ne peut &ecirc;tre qualifi&eacute; de soin ne signifie pas qu'il soit n&eacute;cessairement prohib&eacute;. L'acc&egrave;s au suicide assist&eacute; pourrait &ecirc;tre qualifi&eacute; de droit &agrave; l'autonomie du patient, d'acte d'accompagnement, voire simplement de proc&eacute;dure de fin de vie.&nbsp;</span></p><p><span>Enfin, la proposition est ambigu&euml; au regard du d&eacute;bat parlementaire en cours. En effet, elle ne peut demander l'abrogation d'une loi qui n'est pas encore vot&eacute;e. Tout au plus cherche-t-elle &agrave; prendre de vitesse le l&eacute;gislateur ordinaire, sachant que le S&eacute;nat a toujours vot&eacute; contre ce texte, mais qu'il n'a pas le dernier mot. Le RIP devient alors une sorte d'instrument de d&eacute;rivation du d&eacute;bat parlementaire. Il s'agit d'emp&ecirc;cher qu'une majorit&eacute; parlementaire adopte un texte auxquels les signataires sont oppos&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>J'ai plus la force. Loranger. 2017</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le RIP, ou le r&eacute;f&eacute;rendum inutilisable</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Rappelons que le RIP n'a rien d'un r&eacute;f&eacute;rendum "populaire". Il s'agit d'une initiative partag&eacute;e, c&eacute;r&eacute;monial chinois d'un nouveau type, organis&eacute; de telle mani&egrave;re qu'il est pratiquement impossible de mener la proc&eacute;dure &agrave; son terme.</span></p><p><span>L'initiative appartient &agrave; un cinqui&egrave;me des parlementaires, et pr&eacute;cis&eacute;ment la proposition <i>Szpiner </i>est parvenue &agrave; franchir ce seuil. Mais la suite est beaucoup plus al&eacute;atoire. Il faut en effet obtenir le soutien d'un dixi&egrave;me des &eacute;lecteurs inscrits, soit plus de 4 700 000 signatures. Si par hasard ce seuil est atteint, il faut encore que le parlement n'examine pas la proposition dans un d&eacute;lai d&eacute;termin&eacute; pour que le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique soit tenu de la soumettre au r&eacute;f&eacute;rendum. Une telle proc&eacute;dure traduit une m&eacute;fiance originelle, une volont&eacute; d'afficher un projet d&eacute;mocratique, tout en confisquant le pouvoir de d&eacute;cision au profit du parlement.</span></p><p><span>Le contr&ocirc;le&nbsp;du Conseil constitutionnel s'effectue en trois temps. Il commence par v&eacute;rifier que la proposition a bien r&eacute;uni 20 % des parlementaires, ce qui est le cas en l'esp&egrave;ce.</span></p><p><span>Les choses se compliquent ensuite, car le Conseil doit s'assurer que l'objet du r&eacute;f&eacute;rendum rel&egrave;ve de l'article 11, et enfin que le contenu de la proposition est conforme &agrave; la Constitution. Dans les deux cas, il se prononce en faveur de l'inconstitutionnalit&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Verrouiller l'article 11</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Ce point est essentiel, et c'est lui qui suscite le plus de d&eacute;bats. On sait que l'article 11 proc&egrave;de par &eacute;num&eacute;ration, en dressant la liste des sujets susceptibles de donner lieu &agrave; r&eacute;f&eacute;rendum. Parmi ceux-ci l'organisation des pouvoirs publics ou la politique &eacute;conomique, sociale et environnementale de la nation et des&nbsp;services publics qui y concourent.</span></p><p><span>Lors des <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/les-revisions-constitutionnelles/loi-constitutionnelle-n-95-880-du-4-aout-1995" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;bats qui ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute; la r&eacute;vision de 1995</a> &eacute;largissant le champ de l'article 11 , il a &eacute;t&eacute; pr&eacute;cis&eacute; que cette liste &eacute;tait limitative. En revanche, rien n'est dit sur l'interpr&eacute;tation qui peut &ecirc;tre faite par le Conseil. &nbsp;</span></p><p><span>Il aurait pu de donner une interpr&eacute;tation extensive, consid&eacute;rant que toute r&eacute;forme touchant la sant&eacute; publique rel&egrave;ve de la politique sociale de la nation. Celle-ci ne se r&eacute;duirait pas aux prestations sociales ou au droit du travail mais pourrait inclure des questions d'acc&egrave;s aux soins, de fin de vie, de d&eacute;pendance etc. Or une proposition sur l'aide &agrave; mourir modifie le code de la sant&eacute; publique et concerne les services de sant&eacute;. Cette option large pouvait s'appuyer sur la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043914679" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision RIP du 6 ao&ucirc;t 2021</a>, dans laquelle le Conseil estime que la qualit&eacute; du service public hospitalier peut relever de l'article 11, ce qui ne l'emp&ecirc;che d'ailleurs pas de d&eacute;clarer la proposition inconstitutionnelle sur un autre fondement. La fin de vie pourrait donc aussi &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme relevant de la politique sociale de la nation.</span></p><p><span>Le Conseil a pourtant choisi une interpr&eacute;tation &eacute;troite de l'article 11. Elle insiste sur son caract&egrave;re limitatif en s'appuyant sur la volont&eacute; du constituant affirm&eacute;e lors des travaux pr&eacute;paratoires de la r&eacute;vision de 1995. Les sujets &eacute;thiques et sociaux sont ainsi&nbsp;exclus du champ du r&eacute;f&eacute;rendum. De fait, le Conseil ne cherche pas &agrave; savoir si la fin de vie pourrait &ecirc;tre rattach&eacute;e &agrave; la politique sociale. Il se borne &agrave; affirmer qu'il s'agit d'une question &eacute;thique qui ne peut &ecirc;tre soumise &agrave; r&eacute;f&eacute;rendum.</span></p><p><span>On sait que la volont&eacute; de l'auteur du texte, en l'esp&egrave;ce le constituant, est un &eacute;l&eacute;ment d'interpr&eacute;tation de la norme qu'il contient. Il n'emp&ecirc;che que le Conseil aurait pu consid&eacute;rer qu'une question directe sur l'assistance au suicide rel&egrave;ve bien d'une question &eacute;thique, alors que l'organisation des soins, quels qu'ils soient, entre dans la politique sociale. Cette solution m&eacute;diane n'est toutefois gu&egrave;re plus satisfaisante &ccedil;ar elle incite les auteurs de propositions &agrave; les fonder sur des questions de proc&eacute;dure, alors que le peuple souverain aspire &agrave; &ecirc;tre consult&eacute; sur des probl&egrave;mes de soci&eacute;t&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le pi&egrave;ge du droit constant</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, le Conseil aurait pu admettre que le sujet entrait dans le champ de l'article 11, d'autant plus qu'il a mis en &eacute;vidence un autre cas d'inconstitutionnalit&eacute;. Il rel&egrave;ve qu'&agrave; la date de sa saisine, aucune disposition l&eacute;gislative n'autorise l'aide active &agrave; mourir, sous quelque forme que ce soit. Il en d&eacute;duit qu'exclure la "<i>provocation active &agrave; ma mort</i>" de la notion de traitement ou de soin n'emporte aucun changement sur l'&eacute;tat du droit. Or, l'article 11 mentionne que le r&eacute;f&eacute;rendum doit porter sur "<i>des r&eacute;formes</i>" du droit positif dans les domaines qu'il mentionne.</span></p><p><span>Cette analyse s'inscrit dans sa jurisprudence r&eacute;cente. Dans sa<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/20234RIP.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> d&eacute;cision du 14 avril 2023,</a> il avait d&eacute;j&agrave; &eacute;cart&eacute; une proposition qui, &agrave; la date de sa saisine, affirmait que le d&eacute;part &agrave; la retraite ne pouvait &ecirc;tre fix&eacute; au-del&agrave; de 62 ans. Or, &agrave; ce moment pr&eacute;cis&eacute;, la loi sur les retraites n'&eacute;tait pas vot&eacute;e et le droit positif fixait encore l'&acirc;ge de d&eacute;part &agrave; 62 ans.&nbsp;</span></p><p><span>La d&eacute;cision du 17 juin 2026 reprend exactement cette analyse : la proposition <i>Szpiner</i> ne change rien au droit positif, car, au moment de la saisine du Conseil, le droit positif ne reconnait pas l'aide &agrave; mourir. Le Conseil se place dont &agrave; la date de sa saisine et refuse, finalement assez logiquement, un texte futur donc hypoth&eacute;tique. Si le texte ne modifie pas le droit existant, il n'emporte aucune "r&eacute;forme" au sens de l'article 11.</span></p><p><span>Sur la plan juridique, la d&eacute;cision appara&icirc;t rigoureuse, m&ecirc;me si rappelons-le, la proposition de loi visait &agrave; emp&ecirc;cher l'adoption d'un texte qui a le soutien d'une large partie de l'opinion. Selon un <a href="https://www.admd.org/articles/sondages/sondage-ifop-les-francais-et-la-proposition-de-loi-sur-la-fin-de-vie.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sondage IFOP r&eacute;alis&eacute; les 28 et 29 janvier 2026, </a>87 % des Fran&ccedil;ais souhaitent pouvoir choisir, en fin de vie, entre les soins palliatifs et l'aide active &agrave; mourir et 84 % approuvent la proposition de loi pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale et rejet&eacute;e au S&eacute;nat. On a donc le sentiment que la proposition <i>Szpiner</i> n'avait pas pour objet de permettre au peuple d'exprimer sa volont&eacute;, mais plut&ocirc;t de tout tenter pour &eacute;carter une loi qui r&eacute;pond &agrave; une forte demande sociale. Mais si le Conseil avait admis la constitutionnalit&eacute;, il est plus que probable que le texte n'aurait pas recueilli un grand nombre de signatures. Alors pourquoi ne pas le laisser continuer son chemin, et tomber dans l'oubli ?</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, la d&eacute;cision du 17 juin 2026 se situe dans la droite ligne de ce qu'est le RIP, c'est-&agrave;-dire une proc&eacute;dure visant essentiellement &agrave; &eacute;carter les propositions de r&eacute;f&eacute;rendum. Si l'on voulait laisser le peuple souverain s'exprimer, on pourrait attendre davantage de souplesse. La distinction entre question sociale et question de soci&eacute;t&eacute; peut-elle r&eacute;ellement &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e de mani&egrave;re aussi cat&eacute;gorique ? On peut en douter, et le Conseil donne ici des armes &agrave; ceux qui estiment que le RIP est une proc&eacute;dure destin&eacute;e &agrave; emp&ecirc;cher la d&eacute;mocratie directe, et &agrave; ceux, de plus en plus nombreux, qui critiquent le r&ocirc;le de Conseil constitutionnel, au point parfois de remettre en cause le principe m&ecirc;me du contr&ocirc;le de constitutionnalit&eacute;.</span></p><div><span><br></span></div><div><h3><span><b>L'aide &agrave; mourir&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;7 section 2 &sect; 2 A&nbsp;</span></span></h3><div><span><span><br></span></span></div><p><span></span></p></div>]]></content>
	<updated>2026-06-24T21:26:51+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-24T21:26:51+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirrg-tlGwz-RgqNt2yChq1BZZdi0WXhGlG0ZynExlQ4ABVbZApfLtvhAeOa8BItSwWCo35214mOkJxDMde2heX3nsSQ6IbTb3HB8DYT_JHpY8JxYxcClIaOXsskrVbn3OctwcDzpuuSePQggzae2WWSexengpHcQzYrxF-99IeAj3Z2rqYmBc-Bvi8fM8/s72-w114-h114-c/De%CC%81ce%CC%80s.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-21:/290811</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/et-en-avant-la-musique.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">En avant la musique !</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Une ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute;&nbsp;du tribunal administratif de Paris dat&eacute; du 19 juin 2026, suspend la d&eacute;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEikyoSy9McBAWX1a3sZxEB3viAYXD4Kbcdiqr3MhDQGerXqLxyY1JD_o0FJE6cVKHaXCnsks1-SZLwJ35hMaldSdgqW2GY1RZ5xBo9h7L-6sjo8eYKmJwa9Yu18zAf4zcn1T30fUMEqxrKAcs2l9ybh8abfmy8tBolD7KgdHUQ89vtdTw-y2rotaCBioMs/s492/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-21%20a%CC%80%2018.49.42.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEikyoSy9McBAWX1a3sZxEB3viAYXD4Kbcdiqr3MhDQGerXqLxyY1JD_o0FJE6cVKHaXCnsks1-SZLwJ35hMaldSdgqW2GY1RZ5xBo9h7L-6sjo8eYKmJwa9Yu18zAf4zcn1T30fUMEqxrKAcs2l9ybh8abfmy8tBolD7KgdHUQ89vtdTw-y2rotaCBioMs/w175-h137/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-21%20a%CC%80%2018.49.42.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Une ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute;&nbsp;<a href="https://paris.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/le-juge-des-referes-suspend-l-interdiction-par-arrete-prefectoral-du-concert-organise-par-la-france-insoumise-a-paris-pour-la-fete-de-la-musique" target="_blank" rel="noopener noreferrer">du tribunal administratif de Paris dat&eacute; du 19 juin 2026,</a> suspend la d&eacute;cision du pr&eacute;fet de police de Paris qui interdisait un concert organis&eacute; par <i>La France Insoumise</i> pour la F&ecirc;te de la musique.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Sur le fond, la d&eacute;cision se pr&eacute;sente comme une application tr&egrave;s orthodoxe de la c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/1933-05-19/17413" target="_blank" rel="noopener noreferrer">jurisprudence Benjamin de 1933</a>. Le juge appr&eacute;cie tr&egrave;s concr&egrave;tement la proportionnalit&eacute; d'une mesure d'interdiction au regard de la menace pour l'ordre public. En l'esp&egrave;ce, il juge que la menace n'est pas &eacute;tablie parce qu'elle ne ressort pas clairement du dossier produit par le pr&eacute;fet.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La faiblesse du dossier</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La lecture de la d&eacute;cision suscite en effet la perplexit&eacute;. Il est clair que les juges de r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, car il s'agit cette fois d'une formation coll&eacute;giale, ont surtout sanctionn&eacute; la faiblesse du dossier pr&eacute;sent&eacute; par le pr&eacute;fet. L'a<a href="https://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/sites/default/files/Documents/arrete_ndeg2026-00750_portant_interdiction_d_un_concert_prevu_le_21_juin_2026_a_paris.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t&eacute; d'interdiction du 17 juin 2026</a> &nbsp;comportait pourtant quatre pages de motivation. Parmi les motifs, certains sont presque classiques comme le fait que les forces de police sont tr&egrave;s sollicit&eacute;es le jour de la F&ecirc;te de la musique, et qu'il leur est difficile de s&eacute;curiser un rassemblement de cette importance, surtout dans le contexte de la Coupe du monde de football et du Plan Vigipirate renforc&eacute;.</span></p><p><span>D'autres motifs &eacute;taient plus sp&eacute;cifiques, tourn&eacute;s vers le rassemblement lui-m&ecirc;me. Etaient notamment invoqu&eacute;s la pr&eacute;sence de Mme <i>Assa Traor&eacute;</i>, fondatrice du <i>Comit&eacute; Adama</i>, ainsi que celle des rappeurs <i>M&eacute;dine&nbsp;</i>et<i> Soso Maness</i><i>. </i>Le pr&eacute;fet affirme que les uns ont tenu des propos antis&eacute;mites et/ou apport&eacute; un soutien sans faille &agrave; <i>Dieudonn&eacute;,</i> les autres ont pris des positions tr&egrave;s agressives &agrave; l'&eacute;gard de la police. Enfin, il note que des rassemblements du <i>Comit&eacute; Adama </i>se sont souvent termin&eacute;s dans la violence.</span></p><p><span>Devant le juge, le pr&eacute;fet de police ne parvient cependant pas &agrave; apporter la preuve de ce qu'il avance, en particulier sur ces motifs sp&eacute;cifiques. Le tribunal rel&egrave;ve simplement que les documents dont il dispose ne lui permettent pas de voir que <i>Assa Traor&eacute;</i>, <i>M&eacute;dine et Soso Maness </i>sont pr&eacute;vus dans la programmation du concert. Cela ne signifie pas qu'ils ne seront pas pr&eacute;sents, mais que le pr&eacute;fet n'est pas parvenu &agrave; apporter la preuve de leur participation. C'est ainsi qu'aucune prise de parole n'est annonc&eacute;e durant le concert. De m&ecirc;me, le tribunal n'a re&ccedil;u aucune mention d'&eacute;ventuelles contre-manifestations. Aucun indice, dans le dossier, ne montre que les organisateurs inciteraient &agrave; des violences entre groupes antagonistes. Enfin, le pr&eacute;fet ne d&eacute;montre nulle part que les forces de l'ordre seraient incapables d'assurer le maintien de l'ordre par de mesures moins radicales.&nbsp;</span></p><p><span>C'est donc la faiblesse du dossier communiqu&eacute; par le pr&eacute;fet de police qui est &agrave; l'origine de la d&eacute;cision de r&eacute;f&eacute;r&eacute;. L'interdiction est suspendue parce que le pr&eacute;fet &eacute;choue &agrave; apporter la preuve de la menace pour l'ordre public.</span></p><p></p><div></div><br><div><span>L'assassin habite au 21. Henri-Georges Clouzot. 1942</span></div><p></p><p><span><br></span></p><p><span>Concert et manifestation</span></p><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision est juridiquement fond&eacute;e, mais elle laisse tout de m&ecirc;me apparaitre l'ambigu&iuml;t&eacute; de la situation. Ambigu&iuml;t&eacute; de la communication de LFI tout d'abord. Elle communique sur une participation &agrave; la f&ecirc;te de la musique et ses militants se r&eacute;pandent dans les m&eacute;dias pour affirmer qu'il s'agit seulement d'un concert, d'un moment de musique partag&eacute;e. Il n'emp&ecirc;che que la d&eacute;marche militante demeure, et que l'on parle aussi d'une "f&ecirc;te de la musique antiraciste" de "campagne sur le front culturel" etc. Le rassemblement est donc &agrave; la fois festif, culturel et politique, ce qui d'ailleurs n'est pas interdit. Mais pourquoi le pr&eacute;senter comme uniquement musical ?</span></p><p><span>La question ne se pose pas seulement en termes politiques mais aussi en termes juridiques. Car LFI, pour organiser son concert, ne s'est pas appuy&eacute;e sur la libert&eacute; de r&eacute;union. Elle a tout simplement d&eacute;pos&eacute; une d&eacute;claration de manifestation sur la voie publique, sur le fondement de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025505133" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article L 211-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> (cri). Ce choix est licite, car ces dispositions peuvent s'appliquer, de mani&egrave;re ind&eacute;termin&eacute;e, aux "<i>cort&egrave;ges, d&eacute;fil&eacute;s et rassemblements de personnes, et, d'une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, toutes manifestations sur la voie publique"</i>. Un concert statique Place de la R&eacute;publique entre, &agrave; l'&eacute;vidence, dans ce cadre.</span></p><p><span>Il n'emp&ecirc;che que, pour la cour de cassation, depuis un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000032050154/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 9 f&eacute;vrier 2016,</a> la manifestation se d&eacute;finit comme "<i>tout rassemblement, statique ou mobile, sur la voie publique d'un groupe organis&eacute; de personnes aux fins d'exprimer collectivement et publiquement une opinion ou une volont&eacute; commune</i>". Le caract&egrave;re revendicatif apparait ainsi comme un crit&egrave;re de d&eacute;finition de la manifestation.&nbsp;</span></p><p><span>LFI a donc pu l&eacute;galement utiliser la proc&eacute;dure de d&eacute;claration pr&eacute;alable pr&eacute;vue par le r&eacute;gime des manifestations. Avouons tout de m&ecirc;me qu'il est peu d&eacute;licat de revendiquer, dans le m&ecirc;me mouvement, les garanties attach&eacute;es &agrave; la libert&eacute; de manifestation et et de nier toute dimension politique du concert. Mais il s'agit l&agrave; davantage d'un probl&egrave;me de communication que d'un probl&egrave;me de droit.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le juge et la libert&eacute; de r&eacute;union</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'ordonnance du 19 juin 2026 suspend l'interdiction au motif que l'arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral "<i>porte une atteinte&nbsp;grave et manifestement ill&eacute;gale &agrave; la libert&eacute; de r&eacute;union". </i>Il substitue donc la libert&eacute; de r&eacute;union &agrave; celle de manifestation.</span></p><p><span>Il ne s'agit pas d'une substitution de motifs, au sens contentieux du terme, telle qu'elle a &eacute;t&eacute; pr&eacute;cis&eacute;e par l'<a href="https://www.revuegeneraledudroit.eu/blog/decisions/conseil-detat-sec-6-fevrier-2004-hallal-requete-numero-240560/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du Conseil d'&Eacute;tat du 6 f&eacute;vrier 2004 <i>Hallal</i></a>. La substitution n'est en effet pas une initiative du juge mais de l'administration qui demande au juge de sauver un acte en rempla&ccedil;ant le motif initial par un autre motif de droit ou de fait. Dans le cas de l'ordonnance du 19 juin 2026, rien ne vient sauver l'arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral qui est suspendu. La seule action sur les motifs &agrave; laquelle se livre le juge est la neutralisation des motifs accessoires, notamment l'incertitude sur le respect du d&eacute;lai de d&eacute;claration de la&nbsp;manifestation et l'absence d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. Le juge se borne en effet &agrave; affirmer qu'il ne r&eacute;sulte pas de l'instruction que le pr&eacute;fet aurait pris la m&ecirc;me d&eacute;cision d'interdiction sur ces seuls&nbsp;motifs.</span></p><p><span>En r&eacute;alit&eacute;, la lecture de la d&eacute;cision montre que le tribunal administratif refuse de trancher entre libert&eacute; de r&eacute;union et libert&eacute; de manifestation. Ce n'est tout simplement pas son probl&egrave;me, d'autant que, pour lui, les deux r&eacute;gimes juridiques se ram&egrave;nent &agrave; l'application de la jurisprudence <i>Benjamin</i>. Si les r&eacute;unions sont libres, elles demeurent soumises au contr&ocirc;le maximum du juge. Si les manifestations sont soumises &agrave; d&eacute;claration, elles sont aussi soumises au contr&ocirc;le maximum. Aux yeux du juge, l'&eacute;v&eacute;nement a &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute;, puis interdit par une mesure de police, et cette interdiction porte atteinte &agrave; une libert&eacute; fondamentale.</span></p><p><span>Pourquoi a-t-il choisi de se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; la libert&eacute; de r&eacute;union ? Il en avait parfaitement le droit. On peut penser toutefois qu'il a voulu distinguer le concert d'une manifestation ordinaire. Mais, prudent, il ne se prononce finalement pas sur le caract&egrave;re musical ou politique du rassemblement.</span></p><p><span>Il ne reste plus qu'&agrave; esp&eacute;rer que ce concert se d&eacute;roulera sans incident. Dans le cas contraire, il faudra s'attendre &agrave; une nouvelle campagne diligent&eacute;e contre les vilains-juges-complices-des-d&eacute;sordres, alors que le dossier communiqu&eacute; par le pr&eacute;fet &eacute;tait mal construit, mal r&eacute;dig&eacute;, mal motiv&eacute;...&nbsp;</span></p><h3><span><b>La libert&eacute; de manifestation&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;12&nbsp; section 1 &sect; 2&nbsp;</span></span></h3><p><span></span></p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-21T17:52:21+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-21T17:52:21+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEikyoSy9McBAWX1a3sZxEB3viAYXD4Kbcdiqr3MhDQGerXqLxyY1JD_o0FJE6cVKHaXCnsks1-SZLwJ35hMaldSdgqW2GY1RZ5xBo9h7L-6sjo8eYKmJwa9Yu18zAf4zcn1T30fUMEqxrKAcs2l9ybh8abfmy8tBolD7KgdHUQ89vtdTw-y2rotaCBioMs/s72-w175-h137-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-21%20a%CC%80%2018.49.42.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-17:/290632</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/la-marseillaise-dans-les-stades-siffler.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">La Marseillaise dans les stades : siffler n&#039;est pas jouer</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, vient r&eacute;cemment de d&eacute;clarer : "Siffler la Marseillaise quan...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhqSieb0-gffNTe-Vb9z6AjqbEk4brAPk172GriaBxnjHCQggv3sGAHB_Zc2UYIpXq8Kh3Hch9UPfCUF5fG8zYzfq_eUkmUgr7WN5ITG1Auz7vemMkOnL8DSUTl6nEbNjww8NUojbAbwNYmHFSz4tCmOwImZVgS1BkPwt1Rr4n2RBrfCw1ABVlXH7QyU40/s402/Football%201.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhqSieb0-gffNTe-Vb9z6AjqbEk4brAPk172GriaBxnjHCQggv3sGAHB_Zc2UYIpXq8Kh3Hch9UPfCUF5fG8zYzfq_eUkmUgr7WN5ITG1Auz7vemMkOnL8DSUTl6nEbNjww8NUojbAbwNYmHFSz4tCmOwImZVgS1BkPwt1Rr4n2RBrfCw1ABVlXH7QyU40/w162-h140/Football%201.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>Le maire de Saint-Denis, <i>Bally Bagayoko,</i> vient r&eacute;cemment de d&eacute;clarer : "<i>Siffler la Marseillaise quand la France se d&eacute;shonore par ses actes &agrave; l'international, c'est un droit &agrave; la r&eacute;plique populaire. Parce que les enfants de celles et de ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d'ici mais aussi de l&agrave;-bas</i>". La formulation est plus ambig&uuml;e que sa pr&eacute;sentation dans les m&eacute;dias. L'&eacute;lu invoque non pas exactement un droit de siffler <i>la Marseillaise</i>, mais un "<i>droit &agrave; la r&eacute;plique populaire"</i>, droit qu'il a sans doute cr&eacute;&eacute; <i>ex nihilo </i>et dont on ne trouve aucune trace dans l'ordre juridique<i>.&nbsp;</i>De m&ecirc;me semble-t-il envisager que tout le monde ne soit pas titulaire de ce droit, r&eacute;serv&eacute; aux citoyens qui sont "<i>citoyens d'ici mais aussi de l&agrave;-bas</i>".&nbsp; Les titulaires d'une double nationalit&eacute; auraient-ils donc des droits diff&eacute;rents, plus &eacute;tendus, que ceux dont b&eacute;n&eacute;ficie le citoyen lambda ? Sur le plan juridique, tout cela n'est pas tr&egrave;s s&eacute;rieux et l'on peut se d&eacute;soler de voir qu'un &eacute;lu envisage des droits &agrave; deux vitesses selon les cat&eacute;gories de citoyens.&nbsp;</span></p><p></p><p><span>La prise de parole de <i>M. Bagayoko </i>rel&egrave;ve ainsi exclusivement du discours militant, destin&eacute; &agrave; donner satisfaction &agrave; son &eacute;lectorat. Il n'est &eacute;videmment pas le seul &agrave; cultiver ses &eacute;lecteurs, activit&eacute; qui concerne tous les partis, et cela ne m&eacute;rite qu'un int&eacute;r&ecirc;t modeste.</span></p><p><span>Tout de m&ecirc;me, cette intervention donne l'occasion de s'int&eacute;resser &agrave; la protection des symboles de l'&Eacute;tat, et notamment de l'hymne national, domaine que le droit n'encadre que modestement.</span></p><p><br></p><h3><span>L'interpr&eacute;tation stricte de la loi p&eacute;nale</span></h3><p><br></p><p><span>Le droit positif ne consacre aucun droit de siffler la Marseillaise, mais cela ne signifie pas une interdiction g&eacute;n&eacute;rale de toute action irr&eacute;v&eacute;rencieuse envers l'hymne national.</span></p><p><span>L'article 2 de la Constitution se borne &agrave; affirme que "<i>l'embl&egrave;me national est le drapeau tricolore</i>" et que "<i>l'hymne national est la Marseillaise"</i>. En m&ecirc;me temps, l'article 11 de la D&eacute;claration de 1789 prot&egrave;ge la libert&eacute; de communication des pens&eacute;es et des opinions. Toute la difficult&eacute; juridique tient dans cette question : Comment prot&eacute;ger les symboles de l'&Eacute;tat sans instituer un d&eacute;lit d'irr&eacute;v&eacute;rence r&eacute;publicaine ?</span></p><p><span>A cette question, le l&eacute;gislateur r&eacute;pond par la sanction p&eacute;nale, mais une sanction dont le champ d'application est r&eacute;duit. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006418556/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 433-5-1 du code p&eacute;nal </a>issu de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000412199" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 18 mars 200</a>3 sanctionne "<i>le fait, au cours d'une manifestation organis&eacute;e ou r&eacute;glement&eacute;e par les autorit&eacute;s publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau</i>". L'outrage est puni de 7500 &euro; d'amende, et une peine de six mois d'emprisonnement peut, en outre, &ecirc;tre prononc&eacute;e lorsqu'il est commis en r&eacute;union. On se souvient que ce texte avait &eacute;t&eacute; adopt&eacute; &agrave; la suite des sifflets de supporters alg&eacute;riens lors d'un match de football France-Alg&eacute;rie. Le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, alors Jacques Chirac, avait quitt&eacute; le stade pour manifester sa d&eacute;sapprobation &agrave; l'&eacute;gard d'un tel comportement.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, le texte n'interdit pas toute critique ou toute parodie de <i>la Marseillaise.</i>&nbsp;Il exige par ailleurs que l'outrage intervienne lors d'une manifestation organis&eacute;e ou r&eacute;glement&eacute;e par les autorit&eacute;s publiques. Sans doute un grand match de football dans un stade entre-t-il dans cette d&eacute;finition. En revanche, des propos tenus, par exemple dans un entretien avec la presse, n'y entrent pas. Rappelons &agrave; ce propos que la loi p&eacute;nale fait l'objet d'une interpr&eacute;tation stricte.&nbsp;</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel a rappel&eacute; ce principe dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2003/2003467DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 13 mars 2003.</a>&nbsp;Aux parlementaires qui voyaient dans le d&eacute;lit d'outrage une atteinte disproportionn&eacute;e &agrave; la libert&eacute; d'expression, le Conseil a r&eacute;pondu, en observant que "<i>sont exclus du champ d'application de l'article critiqu&eacute; les oeuvres de l'esprit, les propos tenus dans un cercle priv&eacute;, ainsi que les actes accomplis lors de manifestations non organis&eacute;es par les autorit&eacute;s publiques ou non r&eacute;glement&eacute;es par elles</i>". Dans le cas des propos tenus par M. <i>Bagayoko,</i> il faisait clairement r&eacute;f&eacute;rence aux matchs de football organis&eacute;s dans les comp&eacute;titions internationales, qui sont clairement r&eacute;glement&eacute;es par l'&Eacute;tat ou sous son contr&ocirc;le direct. Les sifflets peuvent donc parfaitement &ecirc;tre poursuivis sur le fondement de l'article 433-5- du code p&eacute;nal.</span></p><p><br></p><div></div><br><p><span>Siffler la Marseillaise</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><span>Une jurisprudence peu abondantes</span></span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Cette interpr&eacute;tation &eacute;troite est aussi celle du Conseil d'&Eacute;tat, &eacute;labor&eacute;e il est vrai &agrave; propos de l'outrage au drapeau national. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000022510542" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article R 645-15 du code p&eacute;nal r</a>&eacute;prime le fait de le d&eacute;truire, le d&eacute;t&eacute;riorer ou l'utiliser de mani&egrave;re d&eacute;gradante dans un lieu public ou ouvert au public, ou encore de diffuser de tels actes. Mais l&agrave; encore deux conditions doivent &ecirc;tre r&eacute;unies, d'une part un trouble possible &agrave; l'ordre public, d'autre part une volont&eacute; clairement &eacute;tablie d'outrager le drapeau. Le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000024390173/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil d'&Eacute;tat, dans un arr&ecirc;t du 19 juillet 2011,</a> confirme la l&eacute;galit&eacute; de ce texte. Il pr&eacute;cise clairement qu'il n'a pas pour objet de r&eacute;primer des actes qui reposeraient sur une volont&eacute; de communiquer, par des actes symboliques, des id&eacute;es politiques ou philosophiques ou encore des oeuvres de cr&eacute;ation artistique.</span></span></p><p><span><span>Si la jurisprudence relative au drapeau est tr&egrave;s maigre, elle l'est encore davantage en ce qui concerne l'hymne national. La seule information disponible r&eacute;side dans une <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/13/questions/QANR5L13QE74401?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">r&eacute;ponse minist&eacute;rielle, publi&eacute;e au Journal officiel du 1er juin 2010, en r&eacute;ponse &agrave; une question &eacute;crite du s&eacute;nateur </a><i><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/13/questions/QANR5L13QE74401?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Guy Teissier</a>.</i> Elle fait &eacute;tat de une &agrave; deux condamnations par an de 2003 &agrave; 2007, puis plus aucune en 2008. Depuis lors, aucune statistique s&eacute;rieuse n'a &eacute;t&eacute; produite, et le ministre de la Justice r&eacute;pond en g&eacute;n&eacute;ral que ces faits sont souvent poursuivis en m&ecirc;me temps que l'outrage &agrave; agent. Sans doute, mais on peut surtout se demander s'ils sont r&eacute;ellement poursuivis.</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le <i>Symbolic Speech</i></span></h3><p><br></p><p><span>Les propos du maire de Saint-Denis s'appuient indirectement sur cette incertitude du droit positif. De toute &eacute;vidence, il subit l'influence du droit am&eacute;ricain. Aux &Eacute;tats-Unis, le <i>Symbolic Speech</i> prot&egrave;ge sur le fondement du Premier Amendement, des comportements visant &agrave; affirmer une position militante. Dans un <a href="https://supreme.justia.com/cases/federal/us/491/397/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Texas c. Johnson</i> de 1989, la Cour Supr&ecirc;me</a> juge ainsi que br&ucirc;ler le drapeau am&eacute;ricain rel&egrave;ve de ce <i>Symbolic Speech</i> lorsqu'il s'agit de formuler une protestation politique. De m&ecirc;me, le code f&eacute;d&eacute;ral am&eacute;ricain invite les personnes pr&eacute;sentes &agrave; se tenir debout pendant l'hymne national, mais cette invitation forte (<i>should</i>) ne s'accompagne d'aucune sanction. Dans de telles conditions, il est possible de s'asseoir pendant l'hymne, de mettre un genou &agrave; terre, mais aussi de le siffler. Des r&egrave;gles internes peuvent toutefois &ecirc;tre adopt&eacute;es dans les services publics, les &eacute;coles, et m&ecirc;me les employeurs priv&eacute;s.</span></p><p><span>Quant &agrave; la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH), elle semble h&eacute;siter entre le <i>Symbolic Speech</i> &agrave; l'am&eacute;ricaine et la libert&eacute; d'expression &agrave; la fran&ccedil;aise. L'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-225042" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 8 juin 2023, <i>Fragoso Dacosta c. Espagne</i></a> ne concerne pas seulement l'hymne, mais aussi&nbsp; le drapeau espagnol qui avaient &eacute;t&eacute; conspu&eacute;s lors d'une c&eacute;r&eacute;monie militaire de lever des couleurs, dans un contexte de mouvement social. En l'esp&egrave;ce, la CEDH a conclu que la condamnation p&eacute;nale des auteurs constituait une violation de l'article 10. Certes, mais l'arr&ecirc;t traite davantage de la libert&eacute; d'expression lors d'un conflit du travail que de la protection des symboles de l'&Eacute;tat. En l'&eacute;tat actuel du droit, l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-114145" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 2 octobre 2012 <i>Rujak c. Croatie </i></a>semble plus propre &agrave; rendre compte de la position de la CEDH. Elle pr&eacute;cise alors que des propos peuvent ne pas &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;s par l'article 10 lorsqu'ils n'ont pas d'autre objet que l'insulte. Mais, en l'esp&egrave;ce, il s'agissait d'injures dirig&eacute;es contre des sup&eacute;rieurs militaires, pas contre le drapeau ou l'hymne. L&agrave; encore, il faut bien reconna&icirc;tre que la jurisprudence est &agrave; la fois pauvre et indirecte.</span></p><p><span>Dans quelques jours,&nbsp; esp&eacute;rons-le, tout le monde aura oubli&eacute; les propos de<i> M. Bagayoko</i>. La seule question qui reste est celle d'une &eacute;ventuelle intervention du l&eacute;gislateur pour mieux prot&eacute;ger les symboles de l'&Eacute;tat, demande formul&eacute;e par certains mouvements politiques. Observons tout de m&ecirc;me qu'il existe d&eacute;j&agrave; une police sp&eacute;ciale des hooligans qui permet la dissolution d'associations de supporters, l'interdiction de stade, voire la cr&eacute;ation de p&eacute;rim&egrave;tres de s&eacute;curit&eacute;. H&eacute;las, ces dispositions n'emp&ecirc;chent pas les d&eacute;bordements parfois tr&egrave;s violents. Il en est de m&ecirc;me de l'infraction d'outrage au drapeau ou &agrave; l'hymne national. Elle a le m&eacute;rite d'exister mais on s'aper&ccedil;oit qu'elle ne donne pratiquement jamais lieu &agrave; des poursuites. Et c'est ainsi que le maire d'une grande ville comme Saint-Denis finit ainsi par consid&eacute;rer qu'une infraction non r&eacute;prim&eacute;e devient un droit.&nbsp;</span></p><p><br></p><p><br></p><p><br></p><p><i><br></i></p><p><i><br></i></p>]]></content>
	<updated>2026-06-17T21:34:36+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-17T21:34:36+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhqSieb0-gffNTe-Vb9z6AjqbEk4brAPk172GriaBxnjHCQggv3sGAHB_Zc2UYIpXq8Kh3Hch9UPfCUF5fG8zYzfq_eUkmUgr7WN5ITG1Auz7vemMkOnL8DSUTl6nEbNjww8NUojbAbwNYmHFSz4tCmOwImZVgS1BkPwt1Rr4n2RBrfCw1ABVlXH7QyU40/s72-w162-h140-c/Football%201.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-13:/290320</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/minuit-lheure-du-prime.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Minuit, l&#039;heure du Prime...</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 10 juin 2026, l'Autorit&eacute; de r&eacute;gulation de la communication audiovisuelle et num&eacute;rique (Arcom) a m...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><span><a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/decisions/decision-du-10-juin-2026-mettant-en-demeure-la-societe-nationale-de-programme-radio-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhjq0ccaIn_Ufi_yMKvLSr12R-tXwtV3Hzd8-TT9uPR5Py_dQEg6rMXNhoiUePPhdtJAAE1ZMGamDQsF87H4EphJ4EGPY5Yg-Cj6xRy3zIr_Z2rgTYgnjft-N3lRl85aQNUFFGFgSEQ8CtlXjW4Y9Ko8IAJGmTMHEaB3Kl4xuZlhNP45Jp84ACwPS0Y3Pw/w165-h149/te%CC%81le%CC%81vision.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/decisions/decision-du-10-juin-2026-mettant-en-demeure-la-societe-nationale-de-programme-radio-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><br></a><p><span><a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/decisions/decision-du-10-juin-2026-mettant-en-demeure-la-societe-nationale-de-programme-radio-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le 10 juin 2026, l'Autorit&eacute; de r&eacute;gulation de la communication audiovisuelle et num&eacute;rique (Arcom) a mis en demeure</a>&nbsp;Radio France pour non-respect du pluralisme politique. L'autorit&eacute; ind&eacute;pendante constate en effet que, entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, les interventions des repr&eacute;sentants du Rassemblement National (RN) ont &eacute;t&eacute; majoritairement programm&eacute;es entre minuit et 5 h 59 : pr&egrave;s de 60 % de leur temps de parole sur&nbsp;<i>France Inter</i>, plus de 70 % sur&nbsp;<i>France Info.</i>&nbsp;En journ&eacute;e, en revanche, elles ne repr&eacute;sentants que 9 % des interventions politiques sur&nbsp;<i>France Inter</i>&nbsp;et 9, 5 % sur&nbsp;<i>France Info</i>.&nbsp;</span></p><p></p><p><br></p><h3><span>La mise en demeure</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Rappelons que la mise en demeure est une proc&eacute;dure issue de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000044259467" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 42 de la loi du 30 septembre 1986.</a>&nbsp;Elle a pour but d'imposer aux acteurs du secteur le respect de leurs obligations. Il ne s'agit pas d'une sanction mais d'une d&eacute;cision administrative qui impose &agrave; l'entreprise destinataire une obligation de comportement. Dans un&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000008127771/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 30 d&eacute;cembre 2002&nbsp;<i>Soci&eacute;t&eacute; Vortex</i>,</a>&nbsp;le Conseil d'&Eacute;tat juge en cons&eacute;quence qu'une mise en demeure n'est pas soumise au respect du principe contradictoire. En revanche, si la mise en demeure n'est pas respect&eacute;e, l'entreprise risque une v&eacute;ritable sanction, qui, elle, sera soumise au principe du contradictoire, qu'il s'agisse d'une sanction p&eacute;cuniaire, ou, dans les cas extr&ecirc;mes, d'une r&eacute;siliation de l'autorisation d'exploitation.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, la mise en demeure de l'Arcom montre que le pluralisme ne s'appr&eacute;cie pas &agrave; l'aune du volume global de parole accord&eacute; &agrave; un parti mais &agrave; celle de ses conditions concr&egrave;tes d'exposition. L'Arcom estime en effet que le pluralisme a, de facto, &eacute;t&eacute; neutralis&eacute; par les horaires tardifs de diffusion.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Les d&eacute;mons de minuit. Images. 1986</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les trois cercles du pluralisme</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Or, le pluralisme politique est un principe indissociable de la libert&eacute; de communication. Depuis la&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1986/86217DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du Conseil constitutionnel du 18 septembre 1986,</a>&nbsp;le pluralisme des courants d&rsquo;expression socioculturels est un objectif de valeur constitutionnelle, car la libert&eacute; de communication ne serait pas effective si le public ne pouvait acc&eacute;der &agrave; des programmes refl&eacute;tant des tendances diff&eacute;rentes. La loi du 30 septembre 1986 admet donc que la libert&eacute; de communication ne soit pas totale, mais qu'elle soit limit&eacute;e pour assurer le caract&egrave;re pluraliste des programmes, sp&eacute;cialement dans l'information politique.&nbsp;</span></p><p><span>Le respect du principe de pluralisme est assur&eacute; par trois types de garanties. D'abord, les textes l&eacute;gislatifs et les normes qui en sont issues, &agrave;&nbsp; travers notamment le cahier des charges des cha&icirc;nes du service public et les conventions pass&eacute;es avec les cha&icirc;nes priv&eacute;es. Dans les deux cas, l'expression pluraliste des courants de pens&eacute;es est une obligation, que l'on trouve notamment dans l'<a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/textes-juridiques/decret-portant-approbation-du-cahier-des-missions-et-des-charges-de-radio-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 4 du cahier des charges de Radio France</a>.&nbsp;</span></p><p><span>Un deuxi&egrave;me niveau de garanties se trouve dans la r&eacute;gulation, et donc dans les d&eacute;lib&eacute;rations de l'Arcom et du CSA, l'autorit&eacute; qui a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; l'Arcom.&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000036115146/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Celle du 22 novembre 2017 i</a>mpose ainsi que le temps de parole du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, de ses collaborateurs et du gouvernement corresponde environ &agrave; un tiers-temps, le reste &eacute;tant partag&eacute; entre les partis selon un principe d'&eacute;quit&eacute;, au regard de la repr&eacute;sentativit&eacute; et de leur contribution au d&eacute;bat national. Cette formulation quelque peu obscure cache en r&eacute;alit&eacute; une influence des sondages d'opinion. Les partis qui ont les meilleurs sondages b&eacute;n&eacute;ficient ainsi de la meilleure exposition m&eacute;diatique, formule tr&egrave;s discutable qui favorise les plus puissants et entrave l'&eacute;mergence des formations nouvelles.&nbsp;</span></p><p><span>Enfin, le dernier niveau de garantie est celle offerte par les juges. Le Conseil d'&Eacute;tat contr&ocirc;le ainsi les d&eacute;lib&eacute;rations de l'Arcom, m&ecirc;me s'il lui reconna&icirc;t un large pouvoir d'appr&eacute;ciation. La d&eacute;lib&eacute;ration de l'Arcom du 10 juin 2026 s'appuie ainsi tr&egrave;s directement sur&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000046999480" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'arr&ecirc;t du Conseil d'&Eacute;tat du 13 janvier 2023</a>. Dans cette affaire, le CSA avait mis en demeure&nbsp;<i>CNews&nbsp;</i>parce que 82 % des interventions de l&rsquo;Ex&eacute;cutif et 53 % de celles de&nbsp;<i>La France Insoumise</i>&nbsp;avaient &eacute;t&eacute; diffus&eacute;es entre minuit et 5 h 59, avec une sous-repr&eacute;sentation en journ&eacute;e. Le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat affirme la l&eacute;galit&eacute; de cette analyse. Des temps de paroles concentr&eacute;s au milieu de la nuit ne sauraient concourir efficacement &agrave; la formation de l'opinion. Il y a donc atteinte au principe de pluralisme.</span></p><p><span>La comparaison est &eacute;clairante. En 2021, <i>CNews</i>, cha&icirc;ne priv&eacute;e class&eacute;e &agrave; droite, est rappel&eacute;e &agrave; l&rsquo;ordre pour avoir rel&eacute;gu&eacute;&nbsp;<i>La France insoumise,</i>&nbsp;parti class&eacute; &agrave; gauche<i>,&nbsp;</i>&agrave; des horaires de tr&egrave;s faible audience. En 2026,&nbsp;<i>Radio France,</i>&nbsp;service public parfois accus&eacute; de trop pencher &agrave; gauche, est mise en demeure pour avoir rel&eacute;gu&eacute; le&nbsp;<i>RN</i>&nbsp;dans la m&ecirc;me tranche nocturne. Le pluralisme politique s'impose &agrave; tout le monde et une formation politique repr&eacute;sentative doit pouvoir atteindre le public aux heures o&ugrave; il &eacute;coute ou regarde effectivement, et pas pendant qu'il dort.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une jurisprudence solide</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'&eacute;tude de la pratique de l'Arcom t&eacute;moigne de multiples rappels sur le pluralisme politique. Apr&egrave;s la mise en demeure de <i>CNews </i>en 2012, l'examen du dernier trimestre 2021 a conduit l'Arcom &agrave; relever la surexposition de <i>Reconqu&ecirc;te</i> sur <i>C8</i>, la sous-exposition du <i>RN</i> sur <i>CNews</i>, et &agrave; mettre en garde <i>France Culture, LCI </i>et <i>Sud Radio</i> pour des d&eacute;s&eacute;quilibres vari&eacute;s, Ex&eacute;cutif, <i>LFI, RN, PS</i> ou <i>EELV.</i> Contrairement &agrave; ce qu'affirment certains, ce ne sont pas toujours les m&ecirc;mes qui sont vis&eacute;s, et l'effet est plut&ocirc;t de la dispersion des mises en garde.</span></p><p><span>D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, la jurisprudence du Conseil d'&Eacute;tat s'est affin&eacute;e au fil du temps. L&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000020541181/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t&nbsp;<i>Hollande et Mathus&nbsp;</i>du 8 avril 2009</a>&nbsp;avait d&eacute;j&agrave; impos&eacute; de prendre en compte certaines interventions du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique lorsqu&rsquo;elles rel&egrave;vent du d&eacute;bat politique national. Puis, le&nbsp;<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-02-13/463162" target="_blank" rel="noopener noreferrer">13 f&eacute;vrier 2024, &agrave; propos de&nbsp; <i>CNews,</i></a>&nbsp;le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat a jug&eacute; que le pluralisme de l&rsquo;information ne se limite pas au chronom&eacute;trage des personnalit&eacute;s politiques. L'Arcom doit donc aussi tenir compte des intervention des chroniqueurs, animateurs et invit&eacute;s. L&agrave; encore, le Conseil d'&Eacute;tat se prononce en faveur d'une appr&eacute;ciation globale de la programmation, et c'est aussi ce que fait l'Arcom dans sa mise en demeure du 10 juin. Il confirme d'ailleurs cette analyse dans une <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2025/07/quelques-precisions-sur-le-controle-du.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 4 juillet 2025.</a> Le Conseil d'&Eacute;tat &eacute;tait alors saisi par le <i>Cercle Droit et Libert&eacute;</i>, association tr&egrave;s sensible aux int&eacute;r&ecirc;ts de <i>CNews</i>, qui exigeait de l'Arcom de mettre en demeure 9 cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision qu'elle consid&eacute;raient comme ne r&eacute;pondant pas &agrave; l'exigence de pluralisme. Le juge &eacute;carte la requ&ecirc;te, car l'association ne produisait aucun &eacute;l&eacute;ment de preuve montrant que ces cha&icirc;nes souffraient d'un "<i>d&eacute;s&eacute;quilibre manifeste et durable"</i> en mati&egrave;re de pluralisme.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le pluralisme est identique, dans le public et dans le priv&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La mise en demeure du 10 juin 2026 appara&icirc;t ainsi comme l'application d'une r&egrave;gle d&eacute;j&agrave; &eacute;prouv&eacute;e &agrave; l'encontre de <i>CNews</i>. Certains objecteront &eacute;videmment que le respect du pluralisme devrait s'imposer avec davantage de force aux cha&icirc;nes du service public. L'Arcom ne le nie pas, et &eacute;voque "<i>l'exigence d'exemplarit&eacute; et d'impartialit&eacute; du service public</i>". En revanche, il faut bien reconna&icirc;tre que le droit positif ne fait pas de diff&eacute;rence entre les deux syst&egrave;mes, publics et priv&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>Le respect de pluralisme s'impose exactement de la m&ecirc;me mani&egrave;re au service public par le cahier des charges et aux cha&icirc;nes priv&eacute;es par la convention pass&eacute;e avec l'Arcom, convention qui constitue un pr&eacute;alable indispensable &agrave; l'autorisation d'&eacute;mettre. De fait, la mesure du pluralisme par l'Arcom est &eacute;galement identique. Certes, cette &eacute;galit&eacute; de traitement pourrait &ecirc;tre remise en cause, notamment en reconnaissant l'existence d'une cat&eacute;gorie juridique nouvelle, celle des cha&icirc;nes d'opinion. Assum&eacute;es pleinement comme militantes, elles pourraient &ecirc;tre soustraites &agrave; la contrainte du pluralisme. Mais il se trouve que le principe de pluralisme est un objectif &agrave; valeur constitutionnelle, et que la cr&eacute;ation de cha&icirc;nes d'opinion s'analyserait sans doute comme une violation de ce principe.</span></p><p><span>En attendant, l'Arcom s'efforce de montrer la neutralit&eacute; du principe de pluralisme. Y est-elle parvenue ? On peut en douter, car la couverture m&eacute;diatique de la mise en demeure de <i>France T&eacute;l&eacute;vision </i>est tr&egrave;s largement inf&eacute;rieure &agrave; celle qui avait &eacute;t&eacute; dirig&eacute;e contre <i>CNews</i>. De toute &eacute;vidence, les chaines publiques n'ont pas pass&eacute; des journ&eacute;es enti&egrave;res &agrave; se pr&eacute;senter comme victimes de l'Arcom, institution qu'il est un peu difficile de pr&eacute;senter comme &eacute;tant au service de la droite. Quant &agrave; <i>CNews</i>, elle n'a pas cri&eacute; victoire, pr&eacute;f&eacute;rant continuer &agrave; se pr&eacute;senter comme la seule victime d'un syst&egrave;me oppressif.</span></p><p><br></p><h3><span><b>Le principe de pluralisme&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;9&nbsp; section 2 &sect; 2 B</span></span></h3><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-13T21:40:59+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-13T21:40:59+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhjq0ccaIn_Ufi_yMKvLSr12R-tXwtV3Hzd8-TT9uPR5Py_dQEg6rMXNhoiUePPhdtJAAE1ZMGamDQsF87H4EphJ4EGPY5Yg-Cj6xRy3zIr_Z2rgTYgnjft-N3lRl85aQNUFFGFgSEQ8CtlXjW4Y9Ko8IAJGmTMHEaB3Kl4xuZlhNP45Jp84ACwPS0Y3Pw/s72-w165-h149-c/te%CC%81le%CC%81vision.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-10:/290038</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/la-tapisserie-de-bayeux-et-la.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">La tapisserie de Bayeux et la diplomatie présidentielle</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La d&eacute;cision rendue par le Conseil d'&Eacute;tat le 5 juin 2026 est d'une concision remarquable. Elle rejett...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjztFjmHMOi1c-pWaAUouqqfx47QF4RyaNq0tuzZUY0pORKcEOjsb7bdIqkuydYjydjyH3LeifLgLYne3tKSBGJrMboEiVFfFNfJyx_cVcq5qwLhnwsDM-hAYBKoBjEYeG_3gsTO_fF45jkvJdigdMxhtMVplyZO91vEwb46rm47YVquTtoe6-otCcsLcs/s1224/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-10%20a%CC%80%2019.18.13.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjztFjmHMOi1c-pWaAUouqqfx47QF4RyaNq0tuzZUY0pORKcEOjsb7bdIqkuydYjydjyH3LeifLgLYne3tKSBGJrMboEiVFfFNfJyx_cVcq5qwLhnwsDM-hAYBKoBjEYeG_3gsTO_fF45jkvJdigdMxhtMVplyZO91vEwb46rm47YVquTtoe6-otCcsLcs/w173-h140/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-10%20a%CC%80%2019.18.13.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/pret-de-la-tapisserie-de-bayeux-rejet-de-la-requete-dirigee-contre-la-decision-du-president-de-la-republique-qui-est-liee-aux-relations-interna" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue par le Conseil d'&Eacute;tat le 5 juin 2026 </a>est d'une concision remarquable. Elle rejette, pour incomp&eacute;tence de la juridiction administrative, le recours form&eacute; par l'association Sites et Monuments contre la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique de pr&ecirc;ter la tapisserie de Bayeux, pour une exposition au <i>British Museum</i>.</div></span><p></p><p><span>L'association invoquait des motifs de forme, notamment l'absence de contreseing du Premier ministre et du ministre de la Culture au regard de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000571356/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 19 de la constitution.</a> Sur le fond, elle voyait une erreur manifeste d'appr&eacute;ciation dans la d&eacute;cision de pr&ecirc;ter une oeuvre exceptionnelle, alors qu'un voyage comportait des risques pour sa conservation. On ne conna&icirc;tra jamais les r&eacute;ponses &agrave; ces questions, car le Conseil d'&Eacute;tat d&eacute;clare la requ&ecirc;te irrecevable en consid&eacute;rant la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique comme un acte de gouvernement. Le d&eacute;bat de fond s'arr&ecirc;te au seuil du pr&eacute;toire, car l'acte de gouvernement n'est pas un acte sur lequel le juge exerce un contr&ocirc;le restreint. C'est un acte qu'il ne contr&ocirc;le pas du tout. Dans le cas du pr&ecirc;t de la tapisserie de Bayeux, le juge ne dit pas que la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident est l&eacute;gale. Il dit qu'il ne peut pas le dire.</span></p><p><br></p><h3><span>Acte de gouvernement et conduite des relations internationales&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On sait que la th&eacute;orie des actes de gouvernement est issue de l'<a href="https://www.conseil-etat.fr/decisions-de-justice/jurisprudence/les-grandes-decisions-depuis-1873/conseil-d-etat-19-fevrier-1875-prince-napoleon" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t<i> Prince Napol&eacute;on</i> rendu par le Conseil d'&Eacute;tat en 1875.</a> A l'&eacute;poque, il s'&eacute;tait reconnu comp&eacute;tent pour requalifier en acte administratif une d&eacute;cision que l'administration pr&eacute;sentait comme purement politique, et donc insusceptible de recours. Aujourd'hui, ces actes de gouvernement concernent exclusivement les rapports entre les pouvoirs publics institutionnels et les relations internationales.</span></p><p><span>Dans ce second domaine, la jurisprudence distingue traditionnellement&nbsp;</span><span><span>les actes non d&eacute;tachables de la conduite diplomatique de la France et les actes administratifs qui, bien qu&rsquo;inscrits dans un contexte international, peuvent &ecirc;tre isol&eacute;s et contr&ocirc;l&eacute;s.</span></span></p><p><span><span>Parmi les non d&eacute;tachables, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007904949/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t d'assembl&eacute;e <i>Greenpeace France </i>du 29 septembre 1995</a> int&egrave;gre la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique de reprendre une s&eacute;rie d'essais nucl&eacute;aires. Son objet, son contexte, et son importance diplomatique font qu'il constitue un acte non d&eacute;tachable des relations diplomatiques. Il en est de m&ecirc;me, dans un<a href="https://juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20030410-255905" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> arr&ecirc;t du 10 avril 2023</a>, de la d&eacute;cision du ministre de la D&eacute;fense d'autoriser les avions militaires am&eacute;ricains et britanniques de survoler le territoire fran&ccedil;ais pour se rendre en Irak. Dans ce cas pr&eacute;cis, il ne s'agit pas d'un acte formel du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, mais d'une d&eacute;cision minist&eacute;rielle qui s'inscrit tr&egrave;s directement dans la politique ext&eacute;rieure de la France.</span></span></p><p><span><span>En revanche, tout acte ayant un lien avec l'&eacute;tranger n'est pas un acte de gouvernement. L'exemple classique en est le d&eacute;cret d'extradition, que le juge administratif accepte de contr&ocirc;ler depuis l'<a href="https://www.revuegeneraledudroit.eu/blog/decisions/conseil-detat-assemblee-30-mai-1952-dame-kirkwood-rec-p-291/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>dame Kirkwood</i> de 1952</a>.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>De cet ensemble jurisprudentiel, on peut d&eacute;duire que le crit&egrave;re de la d&eacute;tachabilit&eacute; de l'acte n'est pas l'existence d'un aspect international mais bien davantage le degr&eacute; d'imbrication de l'acte dans la conduite de la diplomatie de l'&Eacute;tat.&nbsp;</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div></div><br><div><span>Robin des Bois, prince des voleurs. Kevin Reynolds. 1991</span></div><p></p><p><span><span>G&eacute;n&eacute;rique</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span>Une d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L&rsquo;arr&ecirc;t du 5 juin 2026 concerne une d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Cet &eacute;l&eacute;ment est important, mais on a l'impression que le Conseil d'&Eacute;tat a tendance &agrave; le surestimer. Car tous les actes du Pr&eacute;sident ne sont pas des actes de gouvernement. Certaines de ses d&eacute;cisions sont parfaitement susceptibles de recours devant le juge administratif.</span></p><p>D<span>ans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007834093/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t&nbsp;<i>Meye</i>t du 10 septembre 1992</a>, le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat rappelle que les d&eacute;crets pris en conseil des ministres doivent &ecirc;tre sign&eacute;s par le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Mais ils demeurent n&eacute;anmoins des actes r&eacute;glementaires. La signature pr&eacute;sidentielle n&rsquo;est donc pas une baguette magique permettant de transformer un acte administratif en acte de gouvernement.</span></p><p><span>Seuls sont des actes de gouvernement les d&eacute;cisions du Pr&eacute;sident qui concernent tr&egrave;s directement les rapports entre les pouvoirs publics. Il en est ainsi, dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007636269/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Rubin de Servens </i>de 1962 </a>de la mise en oeuvre de l'article 16 de la constitution, dans la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007993077/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 9 avril 1999&nbsp;<i>Madame Ba </i></a>de la d&eacute;signation d'un membre du Conseil constitutionnel, ou encore dans l'<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/sites/default/files/as/root/bank_mm/dossiers_thematiques/referendum_2005/279259_ce_110505.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">affaire <i>Hoffer </i>du 13 mai 2005,</a> de la d&eacute;cision de soumettre un projet de r&eacute;vision constitutionnelle au Congr&egrave;s.&nbsp;</span></p><p><span>Le principe est donc clair. Ce n'est pas parce que le Pr&eacute;sident prend une d&eacute;cision qu'il faut en d&eacute;duire l'existence d'un acte de gouvernement. Encore faut-il que l'acte se rattache, par son nature et son objet, soit aux rapports entre les pouvoirs constitutionnels, soit &agrave; la conduite des relations internationales. Dans l'affaire de la tapisserie de Bayeux, on a pourtant l'impression que le Conseil d'&Eacute;tat estime que, puisque le Pr&eacute;sident est intervenu, c'est sans doute que sa d&eacute;cision relevait des relations internationales et qu'elle devait ainsi &ecirc;tre qualifi&eacute;e d'acte de gouvernement. Le raisonnement est invers&eacute;. Ce n'est plus le contenu de l'acte qui fait l'acte de gouvernement, mais essentiellement son auteur.</span></p><p><span>A l'appui de cette analyse, le Conseil &eacute;num&egrave;re pourtant un certain nombre d'&eacute;l&eacute;ments susceptibles de justifier cette qualification. Le contexte diplomatique d'abord, car le pr&ecirc;t de la tapisserie est annonc&eacute; lors d'une visite d'&Eacute;tat du Pr&eacute;sident Macron au Royaume-Uni, plus pr&eacute;cis&eacute;ment lors d'un d&icirc;ner &agrave; Windsor. En outre, il est pr&eacute;cis&eacute; que ce pr&ecirc;t s'inscrit dans des relations bilat&eacute;rales, d&egrave;s lors que des oeuvres britanniques, m&ecirc;me si on ignore lesquelles sont concern&eacute;es, devraient en m&ecirc;me temps &ecirc;tre pr&ecirc;t&eacute;es &agrave; des mus&eacute;es fran&ccedil;ais. Enfin, la port&eacute;e du symbolique du pr&ecirc;t n'est pas oubli&eacute;e, car la tapisserie relate des &eacute;v&egrave;nements qui sont, en quelque sorte, le fondement historique des relations franco-britanniques. La conqu&ecirc;te de l'Angleterre par Guillaume le Conqu&eacute;rant, la bataille d'Hastings, semblent ainsi relever des relations internationales, m&ecirc;me un peu anciennes.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le ministre de la Culture, exclu de la proc&eacute;dure</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sans doute, mais l'analyse se rapproche tout de m&ecirc;me un peu trop d'une &eacute;mission historique con&ccedil;ue par <i>St&eacute;phane Bern</i>. Tout y est. Les d&eacute;cisions se prennent entre les autorit&eacute;s royales naturellement bienveillantes lors d'un d&icirc;ner de Cour, o&ugrave; l'on rappelle l'histoire mill&eacute;naire qui unit nos deux pays....</span></p><p><span>H&eacute;las, il ne faut pas confondre <i>Gala</i> et l'<i>Actualit&eacute; Juridique Droit administratif</i>. On devrait plut&ocirc;t se demander si le ministre de la Culture n'&eacute;tait pas comp&eacute;tent pour d&eacute;cider du pr&ecirc;t de la tapisserie. En droit positif, le pr&ecirc;t d'une oeuvre appartenant &agrave; une collection publique pour des expositions temporaires &agrave; l'&eacute;tranger rel&egrave;ve de proc&eacute;dures&nbsp; administratives sp&eacute;cifiques, dans le but de r&eacute;pondre aux exigences li&eacute;es &agrave; leur conservation et &agrave; leur s&eacute;curit&eacute;. Le ministre de la Culture dispose en principe de larges pr&eacute;rogatives pour encadrer, autoriser ou refuser de tels d&eacute;placements d'oeuvres patrimoniales. En l'esp&egrave;ce, il a &eacute;t&eacute; totalement court-circuit&eacute;.</span></p><p><span>Supposons un instant, rien qu'un instant, que le ministre de la Culture ait pris la d&eacute;cision de pr&ecirc;ter la tapisserie au British Museum comme ses comp&eacute;tences l'y autorisaient. Dans ce cas, cette d&eacute;cision &eacute;tait susceptible de recours, et le moyen fond&eacute; sur l'erreur manifeste d'une telle d&eacute;cision au regard de l'&eacute;tat de conservation d'une telle oeuvre aurait &eacute;t&eacute; examin&eacute;.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, la d&eacute;cision est remont&eacute;e jusqu'au Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique qui en a, &eacute;videmment, fait un &eacute;l&eacute;ment de sa communication personnelle. Le r&eacute;sultat est que le ministre de la Culture n'&eacute;tait plus comp&eacute;tent que pour ex&eacute;cuter un acte du gouvernement qui &eacute;chappait &agrave; son appr&eacute;ciation comme au contr&ocirc;le du juge. Les prescriptions du code du patrimoine destin&eacute;es &agrave; assurer la bonne conservation des oeuvres n'&eacute;taient plus pertinentes dans l'affaire.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'acte de gouvernement, instrument d'un pouvoir d'&eacute;vocation</span></h3><p><br></p><p><span>La d&eacute;cision du 5 juin 2026 conduit ainsi &agrave; consid&eacute;rer l'acte de gouvernement comme un instrument du pouvoir d'&eacute;vocation du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Comme Louis XIV avant lui, Emmanuel Macron fait remonter les affaires qui l'int&eacute;ressent au niveau diplomatique. Une promesse faite au ch&acirc;teau de Windsor devient un acte de gouvernement qui pr&eacute;cis&eacute;ment contourne la comp&eacute;tence gouvernementale et interdit toute contestation.&nbsp;</span></p><p><span>On assiste ainsi au d&eacute;veloppement d'une diplomatie pr&eacute;sidentielle dans laquelle le Pr&eacute;sident d&eacute;finit lui-m&ecirc;me l'&eacute;tendue de ses comp&eacute;tences. Il pr&eacute;sidentialise les actes administratifs pour les soustraire au contr&ocirc;le du juge et le Conseil d'&Eacute;tat valide cette pratique sans se poser trop de questions. La comp&eacute;tence de l'auteur de l'acte, moyen d'ordre public par excellence, n'est pas &eacute;voqu&eacute;e, pas plus que l'absence de contreseing pourtant impos&eacute; par l'article 19 de la Constitution. Il valide ainsi un pouvoir pr&eacute;sidentielle plus personnel qu'institutionnel. Quant &agrave; l'&eacute;tat de la tapisserie, il n'a pas besoin d'&ecirc;tre examin&eacute; puisque le contr&ocirc;le de fond n'a pas lieu. Le tr&eacute;sor que constitue cette oeuvre ne m&eacute;ritait sans doute pas d'&ecirc;tre trait&eacute;e avec cette l&eacute;g&egrave;ret&eacute; juridique. Il ne reste plus qu'&agrave; esp&eacute;rer qu'elle reviendra saine et sauve dans sa Normandie pour d&eacute;rouler son histoire, certes non d&eacute;tachable des relations internationales, celles de 1066.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><b>Les actes de gouvernement&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;3 section 3 &sect; 2 B</span></span></h3><p><span>&nbsp;</span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-10T17:28:28+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-10T17:28:28+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjztFjmHMOi1c-pWaAUouqqfx47QF4RyaNq0tuzZUY0pORKcEOjsb7bdIqkuydYjydjyH3LeifLgLYne3tKSBGJrMboEiVFfFNfJyx_cVcq5qwLhnwsDM-hAYBKoBjEYeG_3gsTO_fF45jkvJdigdMxhtMVplyZO91vEwb46rm47YVquTtoe6-otCcsLcs/s72-w173-h140-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-10%20a%CC%80%2019.18.13.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-07:/289792</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/le-pacte-europeen-sur-la-migration-et.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le Pacte européen sur la migration et l&#039;asile, ou la crise silencieuse de la loi</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le Pacte europ&eacute;en sur la migration et l&rsquo;asile n'est pas une r&eacute;forme ponctuelle mais une v&eacute;ritable re...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj-KOQcq_NLnzFFkMVbXCUxXcYCyyaj7QdNSPB1Sny0f_HkPqQiGsHWYtgWpxwSbz4_st8zLZlQlcZRqrv-tapoh0GFT0_sgVviOvdA6PVIM9vJhGbt-6Wkj2ObHME4h5tJW4tlQKpIIDlAAcF7BIlXw38TbJeRIxEkZl2anO9e06BcDH_JqYtutQp_XEE/s536/journee%20europe@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj-KOQcq_NLnzFFkMVbXCUxXcYCyyaj7QdNSPB1Sny0f_HkPqQiGsHWYtgWpxwSbz4_st8zLZlQlcZRqrv-tapoh0GFT0_sgVviOvdA6PVIM9vJhGbt-6Wkj2ObHME4h5tJW4tlQKpIIDlAAcF7BIlXw38TbJeRIxEkZl2anO9e06BcDH_JqYtutQp_XEE/w189-h151/journee%20europe@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span></div><span><div>Le <a href="https://eur-lex.europa.eu/oj/daily-view/L-series/default.html?&amp;ojDate=22052024" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Pacte europ&eacute;en sur la migration et l&rsquo;asile </a>n'est pas une r&eacute;forme ponctuelle mais une v&eacute;ritable refonte du droit europ&eacute;en de l&rsquo;asile. Adopt&eacute; le 14 mai 2024, &agrave; l'issue de n&eacute;gociations longues et politiquement difficiles, il repose sur une architecture complexe. Il comporte en effet neuf r&egrave;glements, d&rsquo;application directe, et une directive Accueil, qui impose une transposition nationale. Cette pr&eacute;&eacute;minence du r&egrave;glement s'explique sans doute une volont&eacute; de r&eacute;duire les oppositions des &Eacute;tats sur le r&eacute;gime d'asile europ&eacute;en, sujet politiquement sensible. Mais ce choix a aussi des effets pervers, car les parlements nationaux se sentent dessaisis. C'est particuli&egrave;rement vrai en France, car le gouvernement a d&eacute;cid&eacute; de transposer la directive par trois ordonnances, cantonnant le parlement dans une fonction de ratification.&nbsp;</div><div><br></div><div>En tout &eacute;tat de cause, l'entr&eacute;e en vigueur du Pacte &eacute;tait pr&eacute;vue pour le 12 juin prochain, mais il est clair que ce d&eacute;lai ne sera pas respect&eacute;. La mise en oeuvre est d'une effroyable complexit&eacute;, car les r&egrave;glements europ&eacute;ens seront directement applicables le 12 juin, mais cela ne signifie pas qu'il ne soit pas n&eacute;cessaire de supprimer les dispositions redondantes du droit interne, d'harmoniser les notions utilis&eacute;es et, bien entendu, de transposer la directive. A ce stade, le Pacte europ&eacute;en se pr&eacute;sente comme un  vaste chantier.</div><div><br></div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiwHpcSYyh-NA-Cj5KWhX9oP6ZzkB2ehh4sT3-SmOUZ2Nd4kg7pYVkMlmIlJKT1gx51YCsr1-CTrHRZ1fIuMra5MciJz2_-mjmXqlAc_gv-F8UyhbtmstMY0VwuJgODGUmaQNL4_6VY7_AMp2vzMQLf1EBLMcODDr7bE9KACO16H9e3vsze0MQnkOyP4gM/s1301/G.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiwHpcSYyh-NA-Cj5KWhX9oP6ZzkB2ehh4sT3-SmOUZ2Nd4kg7pYVkMlmIlJKT1gx51YCsr1-CTrHRZ1fIuMra5MciJz2_-mjmXqlAc_gv-F8UyhbtmstMY0VwuJgODGUmaQNL4_6VY7_AMp2vzMQLf1EBLMcODDr7bE9KACO16H9e3vsze0MQnkOyP4gM/w407-h305/G.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Gustave Ehrlich, dit Gus, 1970</span></div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Difficult&eacute;s juridiques</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Dans son a<a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/au-gouvernement/avis-relatif-a-la-preparation-de-l-entree-en-vigueur-du-pacte-europeen-sur-la-migration-et-l-asile" rel="noopener noreferrer" target="_blank">vis rendu public le 7 mai 2026, le Conseil d'&Eacute;tat</a> insiste sur ces difficult&eacute;s. Il rappelle qu'un r&egrave;glement europ&eacute;en est directement applicable dans tout &Eacute;tat membre. Les r&egrave;gles nationales incompatibles ne peuvent donc plus servir de base l&eacute;gale. Et il ajoute que le gouvernement peut certes envisager une circulaire, mais qu'elle ne saurait tenir de transposition de la directive. Le r&ocirc;le d'une circulaire est seulement d'expliciter le droit applicable. Elle ne peut rien lui ajouter, ni remplacer une loi manquante. En bref, le gouvernement ne peut &eacute;carter l'intervention du parlement dans ce domaine.</div><div><br></div><div>C'est d'autant plus vrai que le Pacte europ&eacute;en suscite de nombreuses difficult&eacute;s juridiques. La premi&egrave;re d'entre elles tient aux changements de terminologie. Pour ne prendre qu'un exemple, le Code de l'entr&eacute;e et du s&eacute;jour des &eacute;trangers et du droit d'asile (Ceseda) mentionne un "droit au maintien sur le territoire" des demandeurs d'asile pendant l'instruction de leur demande. Le r&egrave;glement europ&eacute;en, quant &agrave; lui, &eacute;voque le "droit de rester" sur le territoire. Les deux formules sont-elles synonymes ? Permettent-elles notamment d'engager une proc&eacute;dure d'extradition dans les m&ecirc;mes conditions ? Les recours pr&eacute;vus ne sont pas tout-&agrave;-fait identiques, pas plus que les d&eacute;lais qui les accompagnent. Le Conseil d'&Eacute;tat affirme que ces points devront &ecirc;tre &eacute;claircis avant la mise en oeuvre du Pacte.</div><div><br></div><div>Une seconde difficult&eacute; juridique concerne la notion de "pays d'origine s&ucirc;r" dont la liste devrait d&eacute;sormais &ecirc;tre &eacute;tablie par l'Union europ&eacute;enne. Le Conseil d'&Eacute;tat en d&eacute;duit que la liste nationale d&eacute;finie par le conseil d'administration de l'Ofpra devra &ecirc;tre &eacute;cart&eacute;e lorsqu'elle divergera de celle du r&egrave;glement. En revanche, la loi fran&ccedil;aise pourra maintenir une liste nationale pour les pays ne figurant pas dans la liste europ&eacute;enne. Le pouvoir de l'Ofpra se trouve ainsi encadr&eacute; par une hi&eacute;rarchie nouvelle entre la liste europ&eacute;enne et la liste nationale. On peut penser toutefois que la liste nationale finira par disparaitre, car rien n'interdit &agrave; l'Union de dresser une liste exhaustive. Une <a href="https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2026/02/23/council-gives-final-greenlight-to-measures-to-make-the-eu-s-asylum-system-more-efficient-and-robust/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">premi&egrave;re liste commune a &eacute;t&eacute; diffus&eacute;e en f&eacute;vrier 2026,</a> applicable le 12 juin 2026. On y trouve le Bangladesh, la Colombie, l'&Eacute;gypte, l'Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie.&nbsp;</div><div><br></div><div>D'autres difficult&eacute;s peuvent &ecirc;tre constat&eacute;es, notamment sur les conditions mat&eacute;rielles d'accueil qui ne sont pas identiques dans la directive europ&eacute;enne et dans le Ceseda. Il en est de m&ecirc;me des proc&eacute;dures &agrave; la fronti&egrave;re. Le Pacte impose un filtrage des ressortissants de pays tiers franchissant irr&eacute;guli&egrave;rement les fronti&egrave;res ext&eacute;rieures, et peut conduire &agrave; une proc&eacute;dure &agrave; la fronti&egrave;re, notamment lorsque le demandeur vient d&rsquo;un pays dont le taux moyen de reconnaissance est inf&eacute;rieur &agrave; 20 %, lorsqu&rsquo;il a induit les autorit&eacute;s en erreur ou lorsqu&rsquo;il repr&eacute;sente un danger pour l&rsquo;ordre public ou la s&eacute;curit&eacute; nationale. Cette proc&eacute;dure peut durer jusqu&rsquo;&agrave; douze semaines, auxquelles peut s&rsquo;ajouter la dur&eacute;e du filtrage. La question devient alors celle du lieu o&ugrave; la personne est maintenue et de la nature juridique de ce maintien. A ce stade, aucune pr&eacute;cision ne figure dans le droit fran&ccedil;ais, en particulier sur les mesures de r&eacute;tention susceptibles d'&ecirc;tre prises et sur les recours susceptibles d'intervenir.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Difficult&eacute;s politiques</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Derri&egrave;re ces probl&egrave;mes juridiques, que le Conseil d'&Eacute;tat diss&egrave;que dans une analyse extr&ecirc;mement pr&eacute;cise, se cachent d'autres probl&egrave;mes de nature politique. L'objet du Pacte est de mettre fin aux divergences nationales qui ont affect&eacute; le r&eacute;gime d'asile europ&eacute;en. Il s'agit concr&egrave;tement de renforcer les contr&ocirc;les aux fronti&egrave;res ext&eacute;rieures et d'acc&eacute;l&eacute;rer les proc&eacute;dures, tout en organisant une solidarit&eacute; entre les &Eacute;tats membres. Ceux qui ont une fronti&egrave;re ext&eacute;rieure esp&egrave;rent profiter de la solidarit&eacute;, ceux du Nord et de l'Ouest esp&egrave;rent profiter du renforcement des m&eacute;canismes de filtrage. Quant aux d&eacute;fenseurs des droits des &eacute;trangers, ils s'inqui&egrave;tent d'une proc&eacute;dure &agrave; la fronti&egrave;re qui repose sur la privation de libert&eacute;. Le syst&egrave;me repose ainsi sur un compromis politique, compromis fragile que le Conseil d'&Eacute;tat ne mentionne pas.</div><div><br></div><div>Dans de telles conditions, on peut s'interroger sur le choix du gouvernement fran&ccedil;ais de recourir aux ordonnances. Le <a href="https://www.vie-publique.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000053776686" target="_blank" rel="noopener noreferrer">projet de loi fran&ccedil;ais d&rsquo;habilitation </a>a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; tr&egrave;s tardivement, le 8 avril 2026, soit &agrave; peine plus de deux mois avant l&rsquo;entr&eacute;e en application du Pacte. Il a &eacute;t&eacute; <a href="https://www.senat.fr/petite-loi-ameli/2025-2026/618.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">adopt&eacute; en premi&egrave;re lecture par le S&eacute;nat le 20 mai 2026</a>. Le ministre de l'Int&eacute;rieur explique ce recours aux ordonnances par cette &eacute;ch&eacute;ance du 12 juin qui impose une proc&eacute;dure tr&egrave;s rapide, m&ecirc;me s'il est clair que ce d&eacute;lai ne sera pas respect&eacute;.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Le d&eacute;ficit d&eacute;mocratique</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Cette justification n'est gu&egrave;re convaincante. Les gouvernements successifs se sont abstenus d'engager la proc&eacute;dure d'int&eacute;gration du Pacte dans le droit positif, tout simplement parce que c'est un sujet qui f&acirc;che. Le Pacte traduit en effet un renforcement de la contrainte europ&eacute;enne dans le traitement du droit d'asile, alors que le d&eacute;bat politique repose souvent sur le desserrement de cette m&ecirc;me contrainte.&nbsp;</div><div>Or ce d&eacute;bat n'a pas eu lieu, et n'aura pas lieu au parlement, contourn&eacute; par le recours aux ordonnances. Le gouvernement se d&eacute;clare ainsi attach&eacute; au d&eacute;bat, mais emploie toutes les armes &agrave; sa disposition pour l'&eacute;carter. Sans doute une bonne affaire pour ceux qui fulminent contre les "europ&eacute;istes" et qui auront l'occasion de d&eacute;noncer la confiscation du d&eacute;bat politique.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div><h3><span><b>Le droit d'asile&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;5 section 2 &sect; 1 A</span></span></h3><p><span></span></p></div><div><br></div></span><p></p>]]></content>
	<updated>2026-06-06T22:28:31+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-06T22:28:31+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj-KOQcq_NLnzFFkMVbXCUxXcYCyyaj7QdNSPB1Sny0f_HkPqQiGsHWYtgWpxwSbz4_st8zLZlQlcZRqrv-tapoh0GFT0_sgVviOvdA6PVIM9vJhGbt-6Wkj2ObHME4h5tJW4tlQKpIIDlAAcF7BIlXw38TbJeRIxEkZl2anO9e06BcDH_JqYtutQp_XEE/s72-w189-h151-c/journee%20europe@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-03:/289465</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/le-harcelement-dambiance-devant-le-juge.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le harcèlement d&#039;ambiance devant le juge.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Par un arr&ecirc;t du 28 mai 2026, la chambre sociale de la Cour de cassation consid&egrave;re qu'une salari&eacute;e ou...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnEQx0pxyggTlf32bq4zXiGruHZ-Qa9IhHhSNwR2rx7KWPzVXMswbsZF5UmELLmg-POvhJhwOPu2bEl5jZpYehZXC52w-QgNVf5g4vlKTbJx-zJnbdd5RBOMzBMI-pOrKq5R0kxX0phmCrQ2P3PX8267Pg2CYWvXtHTflTS7rCMhDszh-b_nyQZ-Y_5kk/s300/courcassation-300x200@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnEQx0pxyggTlf32bq4zXiGruHZ-Qa9IhHhSNwR2rx7KWPzVXMswbsZF5UmELLmg-POvhJhwOPu2bEl5jZpYehZXC52w-QgNVf5g4vlKTbJx-zJnbdd5RBOMzBMI-pOrKq5R0kxX0phmCrQ2P3PX8267Pg2CYWvXtHTflTS7rCMhDszh-b_nyQZ-Y_5kk/w205-h136/courcassation-300x200@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Par un <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/6a17df34cdc6046d4732ae1f" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 28 mai 2026, la chambre sociale de la Cour de cassation </a>consid&egrave;re qu'une salari&eacute;e ou un salari&eacute; peut &ecirc;tre victime d'un harc&egrave;lement d'ambiance. Des propos ou comportements r&eacute;p&eacute;t&eacute;s, adress&eacute;s ou adopt&eacute;es devant plusieurs employ&eacute;s, peuvent &ecirc;tre subis par chacun d'entre eux, lorsqu'ils se voient contraints de travailler dans un environnement humiliant et d&eacute;gradant.</div></span><p></p><p><span>L'affaire concernait une salari&eacute;e, &eacute;quipi&egrave;re dans un restaurant <i>McDonald's </i>depuis 2017. En 2018, elle a d&eacute;nonc&eacute; &agrave; sa hi&eacute;rarchie des agissements de harc&egrave;lement sexuel commis &agrave; son encontre par son sup&eacute;rieur hi&eacute;rarchique. Apr&egrave;s une intervention de la direction, il s'est abstenu de tout contact avec elle. Mais il a poursuivi ses agissements envers d'autres salari&eacute;es, ce qui a provoqu&eacute; sa mise &agrave; pied disciplinaire en novembre 2019 et l'ouverture d'une enqu&ecirc;te interne en 2020. Certes, l'entreprise a mis en place les proc&eacute;dures habituelles pour g&eacute;rer la situation, mais malheur &agrave; celle par laquelle le scandale arrive. La requ&eacute;rante a en effet &eacute;t&eacute; licenci&eacute;e en 2020, pour faute lourde.&nbsp;</span></p><p><span>Elle conteste donc son licenciement en invoquant le harc&egrave;lement dont elle estime avoir &eacute;t&eacute; victime apr&egrave;s 2019. Le conseil des Prud'hommes, puis la Cour d'appel de Rouen, ont successivement &eacute;cart&eacute; son recours, au motif que les preuves qu'elle apportait concernaient d'autres salari&eacute;es et qu'elle n'&eacute;tait pas vis&eacute;e personnellement par ces agissements.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le harc&egrave;lement, &eacute;l&eacute;ment d'un environnement toxique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000026268379/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 1153-1 du code du travail</a> n'exige pas que la victime soit personnellement destinataire de chaque propos sexiste tenu dans son environnement. Le harc&egrave;lement sexuel y est d&eacute;fini comme&nbsp;</span>"des propos ou comportements &agrave; connotation sexuelle ou sexiste r&eacute;p&eacute;t&eacute;s qui soit portent atteinte &agrave; sa dignit&eacute; en raison de leur caract&egrave;re d&eacute;gradant ou humiliant, soit cr&eacute;ent &agrave; son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante". Il y a donc deux &eacute;l&eacute;ments de d&eacute;finition, d'une part des propos ou comportements r&eacute;p&eacute;t&eacute;s &agrave; connotation sexuelle, d'autre part une situation d&eacute;gradante cr&eacute;&eacute;e &agrave; l'encontre de la victime par ces propos.</span></p><p><span>Jusqu'&agrave; la d&eacute;cision du 28 mai 2026, les juges du fond consid&eacute;raient qu'il n'&eacute;tait pas indispensable que la requ&eacute;rante soit l'unique destinataire des propos ou comportements sexistes. Mais si elle n'&eacute;tait pas l'unique victime, elle devait n&eacute;anmoins &ecirc;tre l'une des personnes vis&eacute;es. La <a href="https://www.doctrine.fr/d/CA/Amiens/2017/C5F3DC8A9FC074DBBA749?q=Amiens%2C+19+sept.+2017%2C+RG+no+15%2F01017&amp;type=arret&amp;sort=relevance&amp;chrono=false&amp;sort_nbr_commentaire=false&amp;chrono_inverted=false&amp;sort_alphanumeric=false&amp;from=0&amp;size=5&amp;only_top_results=true&amp;exclude_moyens=false&amp;selected_keywords=%5B%5D&amp;restrict_to_law_article_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_initial_law_article_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_initial_public_commentary_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_initial_legislative_text_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_legislative_folder_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_decision_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_international_tax_agreement_text_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_international_tax_agreement_text_version_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_collective_agreement_text_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_collective_agreement_legal_resource_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_international_tax_agreement_legal_resource_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_quoted_amendment_ids=%5B%5D&amp;only_regulated_information=false&amp;content_country=fra&amp;originalQueryKey=f00d031e25d022eb38ea71b15238bce5&amp;position=1&amp;sourcePage=Search&amp;source=excerpt_results" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Cour d'appel d'Amiens, le 19 septembre 2017</a>, fait application de ce principe au cas d'un salari&eacute; qui d&eacute;signait les femmes de son entourage professionnel avec un vocabulaire diversifi&eacute;, "p&eacute;tasses, blondasses,  bombasses, femelles, tra&icirc;n&eacute;es, boudins", ainsi que "d'autres expressions d'un vulgarit&eacute; peu commune". La requ&eacute;rante &eacute;tait une p&eacute;tasse parmi d'autres, mais elle &eacute;tait destinataire du propos.</span></p><p><span>La jurisprudence se montrait toutefois r&eacute;ticente &agrave; aller plus loin et exigeait, comme la <a href="https://www.doctrine.fr/d/CA/Orleans/2017/C8D6D23B7EDBA10E4FDC3" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Cour d'appel d'Orl&eacute;ans le 7 f&eacute;vrier 2017</a>, la d&eacute;monstration que les propos vulgaires ou &agrave; connotation sexuelle soient personnellement adress&eacute;s &agrave; la personne. La <a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Cour d'appel d'Amiens a ainsi consid&eacute;r&eacute; le 20 d&eacute;cembre 2018 </a> admet qu'un courriel &agrave; connotation sexuelle a &eacute;t&eacute; personnellement adress&eacute; &agrave; la requ&eacute;rante alors qu'il avait &eacute;t&eacute; aussi envoy&eacute; &agrave; d'autres destinataires, la plupart masculins. La requ&eacute;rante n'&eacute;tait pas la cible du comportement, mais elle en &eacute;tait certainement l'une des victimes.</span></p><span><div>La d&eacute;cision du 28 mai 2026 d&eacute;passe cette jurisprudence en admettant que le harc&egrave;lement ne rel&egrave;ve plus d'une relation bilat&eacute;rale mais peut constituer un fonctionnement collectif insuffisamment r&eacute;prim&eacute; par l'employeur et donc particuli&egrave;rement toxique.</div></span><br><p></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKhgyyDI_MUHyrDL30U73xEjapvEgqaaDtavQmc6Kkgp01oOX1suPJA5kbZKP8Gw0GJzB_Tf_yJtCuuSiBVQuAVqLxfe-qQay5pEVhsHhtip-um4lwECrkBnT4x0ypuZQDCf4sfpKOuRR9E0Mrk5qub8rIPIWT-wt82PM2f9N8Fhd5cPJF-R-SZ1gOrqo/s810/C.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKhgyyDI_MUHyrDL30U73xEjapvEgqaaDtavQmc6Kkgp01oOX1suPJA5kbZKP8Gw0GJzB_Tf_yJtCuuSiBVQuAVqLxfe-qQay5pEVhsHhtip-um4lwECrkBnT4x0ypuZQDCf4sfpKOuRR9E0Mrk5qub8rIPIWT-wt82PM2f9N8Fhd5cPJF-R-SZ1gOrqo/w455-h546/C.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><div><br></div><div><br></div><div><span>Calvin &amp; Hobbes. Jim Watterson</span></div><p><span><br></span></p><h3><span>Le Conseil d'&Eacute;tat, une &eacute;volution en demi-teinte</span></h3><p></p><span><br><div>La question est &eacute;videmment pos&eacute;e de l'adaptation du harc&egrave;lement d'ambiance au cas des fonctionnaires. La notion n'est pas, ou pas encore, apparue clairement dans la jurisprudence du Conseil d'&Eacute;tat. Une &eacute;volution dans ce sens se fait toutefois sentir, avec<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053446836?init=true&amp;page=1&amp;query=507692&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> l'arr&ecirc;t du 5 f&eacute;vrier 2026 </a>qui admet la l&eacute;galit&eacute; d'une sanction inflig&eacute;e &agrave; un cadre du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res qui avait fait subir agissements et propos sexistes &agrave; des jeunes femmes plac&eacute;es sous son autorit&eacute;. Ces comportements, &eacute;tal&eacute;s sur une dizaine d'ann&eacute;es sont sanctionn&eacute;s, notamment au regard de "leur ampleur et de leur r&eacute;currence". Le fonctionnaire est sanctionn&eacute; disciplinairement &agrave; la fois pour son comportement sexiste mais aussi pour l'ambiance toxique qu'il a install&eacute;e. Comme bien souvent, le Conseil d'&Eacute;tat est en retrait de la Cour de cassation sur ces questions, mais une &eacute;volution semble en cours.</div><div><br></div><div><br></div></span><h3><span><span>Le harc&egrave;lement d'ambiance en droit p&eacute;nal</span></span></h3><span><br><br><div>Bien entendu, la question du harc&egrave;lement d'ambiance en droit p&eacute;nal se heurte au principe d'interpr&eacute;tation stricte de la loi p&eacute;nale. Le d&eacute;lit de harc&egrave;lement peut toutefois &ecirc;tre caract&eacute;ris&eacute; si des propos tenus dans un groupe sont impos&eacute;s &agrave; chacun de ses membres, m&ecirc;me si aucun n'est directement vis&eacute;. La chambre criminelle en a d&eacute;cid&eacute; ainsi dans <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/67d13139a74c455c1adcabcd?utm_source=chatgpt.com" rel="noopener noreferrer" target="_blank">un arr&ecirc;t du 12 mars 2025 </a>qui confirme la condamnation d'un ma&icirc;tre de conf&eacute;rences poursuivi pour harc&egrave;lement sexuel, en raison de propos tenus pendant ses travaux dirig&eacute;s. Le droit p&eacute;nal admet ainsi une certaine forme de harc&egrave;lement d'ambiance, sans toutefois dissoudre l'infraction dans l'atmosph&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale. Il doit donc identifier les propos, leur caract&egrave;re sexuel ou sexiste, et l'exposition personnelle de chaque victime.</div><br></span><h3><span>La CEDH, porteuse de perspectives d'&eacute;volution</span></h3><span><br><div>La jurisprudence la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) apporte des &eacute;l&eacute;ments qui autorisent cette &eacute;volution. La CEDH n'emploie pas la notion de harc&egrave;lement d'ambiance, mais elle insiste sur les obligations positives des &Eacute;tats dans ce domaine. Dans l<a href="https://juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20240118-001230297" rel="noopener noreferrer" target="_blank">'arr&ecirc;t All&eacute;e c. France du 18 janvier 2024</a>, elle sanctionne ainsi une proc&eacute;dure-b&acirc;illon, action en diffamation contre une femme qui avait d&eacute;nonc&eacute; publiquement des actes de harc&egrave;lement commis par le vice-pr&eacute;sident de l'association d'enseignement confessionnel qui l'employait. Contrairement aux juges internes, la CEDH avait admis que l'absence de plainte ne suffisait pas &agrave; &eacute;carter la bonne foi.</div><div><br></div><div>Surtout, la notion de victimisation secondaire est porteuse de consid&eacute;rables perspectives d'&eacute;volution. Cette notion est pr&eacute;cis&eacute;ment apparue dans la <a href="https://www.coe.int/fr/web/gender-matters/council-of-europe-convention-on-preventing-and-combating-violence-against-women-and-domestic-violence" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Convention d'Istanbul sur la pr&eacute;vention et la lutte contre la violence &agrave; l'&eacute;gard des femmes et la violence domestique</a> &eacute;labor&eacute;e au sein du Conseil de l'Europe. Dans son a<a href="https://vifa-recht.de/C'est%20le%20cas%20lorsqu'une%20femme%20qui%20a%20%C3%A9t%C3%A9%20viol%C3%A9e%20se%20voit%20expos%C3%A9e%20%C3%A0%20des%20propos%20culpabilisants%20ou%20moralisants%20de%20nature%20%C3%A0%20d%C3%A9courager%20sa%20confiance%20dans%20la%20justice." rel="noopener noreferrer" target="_blank">rr&ecirc;t Y c. Slov&eacute;nie du 28 octobre 2025,</a> la CEDH consid&egrave;re comme victimisation secondaire le fait de reproduite des st&eacute;r&eacute;otypes sexistes dans la proc&eacute;dure p&eacute;nale. C'est le cas, par exemple, lorsqu'une femme qui a &eacute;t&eacute; viol&eacute;e se voit exposer devant la police ou les juges &agrave; des propos culpabilisants de nature &agrave; d&eacute;courager sa confiance dans la justice. Rien n'emp&ecirc;cherait, a priori, de transposer cette victimisation secondaire &agrave; l'entreprise, au cas des femmes qui subissent, en quelque sorte par ricochet, des comportements de harc&egrave;lement qui ne les visent pas directement mais qui les font vivre dans un environnement de travail toxique.</div></span><p><span>L&rsquo;arr&ecirc;t rendu par la chambre sociale de la Cour de cassation la 28 mai 2026 marque ainsi une &eacute;volution significative, mais non une rupture. Il consacre la dimension environnementale du harc&egrave;lement sexuel . Il envoie ainsi aux employeurs un message clair. Il ne doit plus se borner &agrave; rechercher si une salari&eacute;e a &eacute;t&eacute; personnellement cibl&eacute;e, mais quel environnement de travail elle a &eacute;t&eacute; contrainte de subir. La lutte contre le harc&egrave;lement p&eacute;n&egrave;tre ainsi au coeur des imp&eacute;ratifs de gestion du personnel. C'est une bonne nouvelle pour les victimes qui, de fait, sont moins isol&eacute;es dans leurs d&eacute;marches&nbsp;</span></p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-29T17:39:36+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-29T17:39:36+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnEQx0pxyggTlf32bq4zXiGruHZ-Qa9IhHhSNwR2rx7KWPzVXMswbsZF5UmELLmg-POvhJhwOPu2bEl5jZpYehZXC52w-QgNVf5g4vlKTbJx-zJnbdd5RBOMzBMI-pOrKq5R0kxX0phmCrQ2P3PX8267Pg2CYWvXtHTflTS7rCMhDszh-b_nyQZ-Y_5kk/s72-w205-h136-c/courcassation-300x200@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-31:/289219</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/affaire-polanski-la-fausse-evidence-de.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Affaire Polanski : la fausse évidence de la diffamation.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t rendu par la chambre criminelle de la Cour de cassation le 27 mai 2026 rappelle qu'un pr&eacute;ven...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8tJR-2uVyTp4N6UnaLWn9RuSlnJmbUxJ5ztexhcmZhuanvqpcNdZYFzHBBtP9dl16vP2rJp1h-0nN8tZFcRHRpxMN3wpKgpeIe3tHcn1KO2cDaU-A36QM3H7Y0BX5PcoHv3YEAABjEz3UYbI1fYTZ0azo4HnjLUGPK0m_iKLQ5sBIaUAU1hE2wX9IKCY/s300/courcassation-300x200@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8tJR-2uVyTp4N6UnaLWn9RuSlnJmbUxJ5ztexhcmZhuanvqpcNdZYFzHBBtP9dl16vP2rJp1h-0nN8tZFcRHRpxMN3wpKgpeIe3tHcn1KO2cDaU-A36QM3H7Y0BX5PcoHv3YEAABjEz3UYbI1fYTZ0azo4HnjLUGPK0m_iKLQ5sBIaUAU1hE2wX9IKCY/w213-h142/courcassation-300x200@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><p>L'arr&ecirc;t rendu par la <a href="https://media.licdn.com/dms/document/media/v2/D4E1FAQECenB8WlmZKQ/feedshare-document-url-metadata-scrapper-pdf/B4EZ5pseCUGUA4-/0/1779889726859?e=1780754400&amp;v=beta&amp;t=gQ2wUPMfO41f08Fettdr8CJGfhaSZo4S0C8ewY9oL8Y" target="_blank" rel="noopener noreferrer">chambre criminelle de la Cour de cassation le 27 mai 2026</a> rappelle qu'un pr&eacute;venu peut contester dans les m&eacute;dias les accusations dont il est objet. De tels&nbsp;propos ne constituent pas, en tant que tels, une diffamation publique, d&eacute;finie par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006419790" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881</a>.</p></span><p></p><p><span>La Cour met fin ainsi &agrave; l'affaire <i>Polanski,</i> plus exactement au contentieux qui opposait le cin&eacute;aste &agrave; <i>Charlotte Lewis</i>, ancienne actrice britannique, qui avait d&eacute;clar&eacute; avoir &eacute;t&eacute; viol&eacute;e lors d'un casting &agrave; Paris, alors qu'elle &eacute;tait &acirc;g&eacute;e de seize ans. Le volet p&eacute;nal des poursuites pour violences sexuelles s'est achev&eacute; par une relaxe prononc&eacute;e par le tribunal correctionnel le 14 mai 2024. Le parquet n'ayant pas fait appel, cette relaxe est donc devenue d&eacute;finitive.</span></p><p><span><span>La plaignante a alors engag&eacute; une autre instance portant cette fois sur des propos tenus par <i>Roman Polanski</i> dans <i>Paris Match </i>en d&eacute;cembre 2019. Interrog&eacute; sur les accusations de violences sexuelles dont il &eacute;tait l'objet, il &nbsp;avait alors d&eacute;clar&eacute; : </span><span>&laquo; <i>La premi&egrave;re qualit&eacute; d&rsquo;un bon menteur, c&rsquo;est une excellente m&eacute;moire. On mentionne toujours Charlotte Lewis dans la liste de mes accusatrices sans jamais relever ses contradictions &raquo; </i>Il avait ajout&eacute; que ces accusations &eacute;taient "<i>d'odieux mensonges</i>"<i>. Charlotte Lewis</i> avait alors engag&eacute; une action en diffamation.</span></span></p><p><span>On peut comprendre que l'int&eacute;ress&eacute;e ait &eacute;t&eacute; bless&eacute;e par les paroles du cin&eacute;aste, mais l'action en diffamation n'&eacute;tait pas vraiment un bon choix.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La qualification de diffamation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La qualification de diffamation publique constitue le coeur de la d&eacute;cision.&nbsp;<span>Elle est d&eacute;finie par la loi de 1881 comme &laquo;&nbsp;</span><i>toute all&eacute;gation ou imputation d&rsquo;un fait qui porte atteinte &agrave; l&rsquo;honneur ou &agrave; la consid&eacute;ration de la personne ou du corps auquel le fait est imput&eacute;&nbsp;</i><span>&raquo;. Ces dispositions permettent de distinguer quatre &eacute;l&eacute;ments de d&eacute;finition.&nbsp;</span></span></p><p><span>Trois sont rassembl&eacute;s dans l'affaire soumise &agrave; la Cour de cassation. Le caract&egrave;re public ne fait &eacute;videmment aucun doute, puisque <i>Roman Polanski </i>s'est exprim&eacute; dans <i>Paris Match</i>. Le caract&egrave;re identifiable de la personne est &eacute;galement une &eacute;vidence, puisque le nom de <i>Charlotte Lewis </i>est cit&eacute;. Quant au troisi&egrave;me &eacute;l&eacute;ment, l'atteinte &agrave; l'honneur et &agrave; la consid&eacute;ration, il n'est pas &eacute;voqu&eacute; par la Cour de cassation, mais &ecirc;tre qualifi&eacute;e de "<i>bon menteur</i>", peut ais&eacute;ment entrer dans cette d&eacute;finition.&nbsp;</span></p><p><span><span>Reste le dernier &eacute;l&eacute;ment de d&eacute;finition, et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment celui qui fait d&eacute;faut. La diffamation suppose l'all&eacute;gation ou l'imputation d'un "<i>fait</i>", contrairement &agrave; l'injure qui vise l'expression outrageante ne renfermant aucune imputation d'un fait pr&eacute;cis.&nbsp;</span><span>Il ne suffit donc pas qu&rsquo;un propos soit blessant, humiliant, brutal ou m&ecirc;me moralement violent. Encore faut-il qu&rsquo;il impute &agrave; la personne vis&eacute;e un comportement suffisamment pr&eacute;cis pour &ecirc;tre susceptible de preuve et de d&eacute;bat contradictoire.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEigc94Tnl8AyZHDHDpHBiBAFbxrw8sDWWUEUlL-xgt4Q2ndNCz3-sa28C4HqkiROQOXzQb6ojKIn8eqGQFEFmFQMoGD_Om4FTfBe6J_HrVtx7PlndD1B_nw6Hcw2U9nxmiCYddHNmq6SgX_SQwTEwFbFFxH4n8yy6WDgF0VC9M39J8V9fVJwwFx7MaJYhw/s1762/V.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEigc94Tnl8AyZHDHDpHBiBAFbxrw8sDWWUEUlL-xgt4Q2ndNCz3-sa28C4HqkiROQOXzQb6ojKIn8eqGQFEFmFQMoGD_Om4FTfBe6J_HrVtx7PlndD1B_nw6Hcw2U9nxmiCYddHNmq6SgX_SQwTEwFbFFxH4n8yy6WDgF0VC9M39J8V9fVJwwFx7MaJYhw/w564-h424/V.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>Voutch</span><p></p><h3><span>L'imputation d'un fait</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>La diffamation, pour &ecirc;tre reconnue comme telle, doit ainsi se pr&eacute;senter comme une articulation de faits dont l'exactitude peut &ecirc;tre discut&eacute;e devant le juge. En t&eacute;moigne l'exception de v&eacute;rit&eacute; qui permet &agrave; la personne mise en cause pour diffamation de prouver la r&eacute;alit&eacute; des faits all&eacute;gu&eacute;s. Dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000051744147" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 3 juin 2025</a>, la Cour de cassation confirme ainsi la relaxe du directeur du <i>Canard Encha&icirc;n&eacute;, </i>attaqu&eacute; pour diffamation par une avocate que le Journal avait d&eacute;nonc&eacute;e comme n'ayant pas pay&eacute; ses cotisations &agrave; l'Ordre depuis six ans. H&eacute;las, les faits &eacute;taient av&eacute;r&eacute;s, et l'exception de v&eacute;rit&eacute; a donc jou&eacute; pleinement son r&ocirc;le exon&eacute;ratoire.</span></span></p><p><span><span>Cette analyse n'est gu&egrave;re diff&eacute;rente dans le contentieux de la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme, qui se place sur le fondement de l'article 10 de la Convention europ&eacute;enne (CEDH). Sa jurisprudence distingue tr&egrave;s clairement les faits, susceptibles de preuve, et les jugements de valeur dont la v&eacute;rit&eacute; ne peut &ecirc;tre d&eacute;montr&eacute;e. Dans l<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-57523" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'arr&ecirc;t <i>Lingens c. Autriche</i> du 8 juillet 1986,</a> elle affirme que ces derniers ne se pr&ecirc;tent pas &agrave; la preuve.</span></span></p><p><span><span>En l'esp&egrave;ce, la Cour de cassation applique cette jurisprudence. Peu importe l'appr&eacute;ciation que l'on porte sur les propos de <i>Roman Polanski.</i> Ils sont peut-&ecirc;tre injurieux dans le langage commun, rudes ou d&eacute;testables, mais ils rel&egrave;vent d'une appr&eacute;ciation subjective, pas d'une imputation probatoire reposant sur des faits.</span></span></p><p><span><span>Certains objecteront sans doute que l'accusation port&eacute;e &agrave; l'encontre de Charlotte Lewis lui impute le fait d'avoir menti. Mais la Cour retient toujours une approche contextuelle de l'&eacute;change. <i>Roman Polanski</i> est dans la situation d'un homme accus&eacute; de viol, contestant la v&eacute;racit&eacute; de cette accusation et la coh&eacute;rence du r&eacute;cit de son accusatrice. Il exprime sa subjectivit&eacute;, et ne cherche plus &agrave; prouver son caract&egrave;re mensonger, cette d&eacute;marche ayant &eacute;t&eacute; men&eacute;e &agrave; son terme lors du proc&egrave;s p&eacute;nal.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Le pi&egrave;ge de la diffamation</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span>La d&eacute;cision rendue par la Cour de cassation le 27 mai 2026 &eacute;tait donc parfaitement pr&eacute;visible, dans la droite ligne d'une jurisprudence solidement &eacute;tablie.</span></p><p><span>Mais alors pourquoi <i>Charlotte Lewis </i>a-t-elle utilis&eacute; le fondement de la diffamation pour contester les propos du cin&eacute;aste ? Comme souvent, la diffamation a fonctionn&eacute; comme un pi&egrave;ge qui se referme doucement sur celui ou celle qui l'utilise. Elle est attractive, car elle donne le sentiment de prot&eacute;ger son honneur et de faire juger publiquement la fausset&eacute; d'une accusation. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, le pi&egrave;ge r&eacute;side dans l'existence d'un fait.</span></p><p><span>Lorsqu&rsquo;un propos consiste &agrave; traiter quelqu&rsquo;un de menteur, sans imputer un &eacute;pisode mensonger d&eacute;termin&eacute;, l&rsquo;injure publique peut appara&icirc;tre plus adapt&eacute;e et on peut penser que<i> Charlotte Lewis</i> aurait eu int&eacute;r&ecirc;t &agrave; se placer sur ce fondement. Mais l'injure sanctionne une expression excessive, elle ne r&eacute;pare pas le pr&eacute;judice li&eacute; &agrave; l'honneur de la personne. Elle a donc pr&eacute;f&eacute;r&eacute; la voie de droit la plus difficile, qui ne pouvait finalement pas la conduire au succ&egrave;s. C'est d'autant plus vrai que le droit de la presse est particuli&egrave;rement formaliste. La qualification retenue dans l'acte de poursuite enferme en effet le d&eacute;bat de mani&egrave;re d&eacute;finitive, et le juge ne peut op&eacute;rer de requalification de diffamation en injure.</span></p><p><span>On peut d&egrave;s lors s'interroger sur ce choix d'utiliser la diffamation dans les conflits n&eacute;s des prises de parole publiques sur des violences sexuelles all&eacute;gu&eacute;es. Les poursuites en diffamation ne sont sans doute pas le bon vecteur pour s'affirmer comme victime car il est &eacute;vident que celui qui est mis en cause a, lui aussi, le droit de s'exprimer dans les m&eacute;dias pour affirmer qu'il est accus&eacute; &agrave; tort. Utilis&eacute;e dans ce type de d&eacute;bat, la diffamation risque fort de se retourner contre celui ou celle qui l'utilise.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><section dir="auto"><div><div><div><div dir="auto"><div></div></div></div></div></div></section><p></p><div><p><span><span><b>La diffamation</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 9 section 2 &sect; 1 A 2</span></span></p></div>]]></content>
	<updated>2026-06-29T16:53:03+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-29T16:53:03+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8tJR-2uVyTp4N6UnaLWn9RuSlnJmbUxJ5ztexhcmZhuanvqpcNdZYFzHBBtP9dl16vP2rJp1h-0nN8tZFcRHRpxMN3wpKgpeIe3tHcn1KO2cDaU-A36QM3H7Y0BX5PcoHv3YEAABjEz3UYbI1fYTZ0azo4HnjLUGPK0m_iKLQ5sBIaUAU1hE2wX9IKCY/s72-w213-h142-c/courcassation-300x200@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-27:/288876</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/de-lheure-des-soins-palliatifs-au.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">De l&#039;heure des soins palliatifs au leurre législatif.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La loi du 26 mai 2026 visant &agrave; garantir l'&eacute;gal de tous &agrave; l'accompagnement et aux soins palliatifs d&eacute;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPFzTnKaCsvUxP5ecjqklIFTnl-vBm1lcAxhxStBP1-LG1H-uxTmWyxEKcS-Y-UzJkyS1Pp0TKRYUzz69JiPcgtVhhyphenhyphenr-TCYJPxHzcSpzdhhNGzReLThqXqsyvchwWygpEYxnDGAc4x1NtR5c_YSy8SqlFfd0b3svCuXdG4CGn1vm5qP0UcrR98eLqMSs/s208/JO@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPFzTnKaCsvUxP5ecjqklIFTnl-vBm1lcAxhxStBP1-LG1H-uxTmWyxEKcS-Y-UzJkyS1Pp0TKRYUzz69JiPcgtVhhyphenhyphenr-TCYJPxHzcSpzdhhNGzReLThqXqsyvchwWygpEYxnDGAc4x1NtR5c_YSy8SqlFfd0b3svCuXdG4CGn1vm5qP0UcrR98eLqMSs/s1600/JO@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054131776" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 26 mai 2026 visant &agrave; garantir l'&eacute;gal de tous &agrave; l'accompagnement et aux soins palliatifs </a>d&eacute;courage le commentaire juridique. &nbsp;D'un c&ocirc;t&eacute;, elle semble affirmer une ambition forte, et elle a ainsi fait l'objet d'une communication qui la pr&eacute;sente comme un grand texte, un progr&egrave;s consid&eacute;rable dans le domaine du droit de mourir dans la dignit&eacute;. De l'autre cot&eacute;, sa lecture montre que l'essentiel de son contenu existait d&eacute;j&agrave; dans le droit positif.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit de b&eacute;n&eacute;ficier des soins palliatifs</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Toute personne malade, dont l'&eacute;tat le requiert, a le droit d'acc&eacute;der aux soins palliatifs et &agrave; un accompagnement. Ce principe figurait d&eacute;j&agrave; dans la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000212121/?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 9 juin 1999 visant &agrave; garantir le droit d'acc&egrave;s aux soins palliatifs</a>, codifi&eacute; dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006685752" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 1110-9 du code de la sant&eacute; publique.</a>&nbsp;D</span><span><span>epuis la </span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000031970295" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi <i>Claeys-Leonetti </i>du 2 f&eacute;vrier 2016</a><span>, toute personne a droit &agrave; une fin de vie dans la dignit&eacute;. Elle doit &ecirc;tre accompagn&eacute;e et ses souffrances autant que possible apais&eacute;es, tandis que l&rsquo;obstination d&eacute;raisonnable est prohib&eacute;e. Le droit positif conna&icirc;t donc d&eacute;j&agrave; le triptyque que la loi de 2026 ne remet pas en cause : refus de l&rsquo;acharnement th&eacute;rapeutique, soins palliatifs, s&eacute;dation profonde et continue dans certaines hypoth&egrave;ses. Le droit de b&eacute;n&eacute;ficier de soins palliatifs n'est donc pas une innovation.&nbsp;</span></span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div><span></span></div><span><br><div><span>Le fossoyeur. Georges Brassens</span></div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La d&eacute;finition des soins palliatifs</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le progr&egrave;s affirm&eacute; par les auteurs du texte r&eacute;siderait-il dans la d&eacute;finition des soins palliatifs ? En effet, leur d&eacute;finition connait une &eacute;volution.&nbsp;</span></p><p><span>Dans son ancienne r&eacute;daction </span><span>issue de&nbsp;</span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000006697393/2002-03-05" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><span>la loi du 4 mars 2022 relative aux droits des malades,</span></a><span>&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006685753" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article L 1110-10 de ce m&ecirc;me code de la sant&eacute; publiqu</a>e d&eacute;finissait les soins palliatifs en ces termes :&nbsp;</span><span>&laquo; <span><i>Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqu&eacute;s par une &eacute;quipe interdisciplinaire en institution ou &agrave; domicile. Ils visent &agrave; soulager la douleur, &agrave; apaiser la souffrance psychique, &agrave; sauvegarder la dignit&eacute; de la personne malade et &agrave; soutenir son entourage</i>".</span></span><span><span>&nbsp;Ils &eacute;taient donc d&eacute;finis comme des soins m&eacute;dicaux mis en oeuvre aupr&egrave;s des patients en fin de vie.</span></span></p><p><span><span>La nouvelle d&eacute;finition repose sur un vocabulaire modernis&eacute;. On parle d&eacute;sormais d'"<i>accompagnement</i>" et il ne s'agit plus seulement de traitement la douleur ou les sympt&ocirc;mes qui affectent le patient. Il s'agit aussi d'int&eacute;grer la dimension humaine dans toutes ses facettes, psychologiques, familiales, sociales etc.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>De m&ecirc;me, les soins palliatifs sont clairement "<i>rattach&eacute;s au droit fondamental &agrave; la protection de la sant&eacute;". </i>Ce n'est donc pas une prestation hospitali&egrave;re comme une autre, mais l'exercice d'un droit dont le patient est titulaire. Celui-ci n'est d'ailleurs plus seulement la personne en fin de vie, mais celui ou celle, <i>"de tout &acirc;ge</i>", qui "<i>souffre d'une ou plusieurs maladies graves, en particulier celles approchant de la fin de leur vie</i>".</span></span></p><p><span><span>Tout cela est fort bien, et sans doute &eacute;tait-il utile de l'&eacute;crire, mais les soins palliatifs, tels qu'ils sont pratiqu&eacute;s aujourd'hui dans les services sp&eacute;cifiquement cr&eacute;&eacute;s &agrave; cette fin, ont int&eacute;gr&eacute; depuis longtemps cette d&eacute;finition. L'accompagnement est leur r&eacute;alit&eacute; quotidienne, et leur seul probl&egrave;me ne r&eacute;side pas dans la d&eacute;finition des soins palliatifs mais bien davantage dans leur organisation.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Une loi d'organisation</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>Contrairement &agrave; ce qui est affirm&eacute; par ses promoteurs, la loi du 26 mai 2026 ne cr&eacute;e aucun droit nouveau. Elle organise, elle programme, elle d&eacute;finit les conditions de prise en charge des patients, y compris &agrave; leur domicile. Elle d&eacute;finit une organisation territoriale pilot&eacute;e par les Agences r&eacute;gionales de sant&eacute; (ARS) charg&eacute;es de coordonner les diff&eacute;rents intervenants.&nbsp;</span></span></p><p><span>Cette organisation pr&eacute;sente aussi une finalit&eacute; sp&eacute;cifique qui consiste &agrave; d&eacute;velopper les soins palliatifs sans pour autant cr&eacute;er des nouveaux services correspondant aux besoins. La patient n'est donc pas n&eacute;cessairement pris en charge par une unit&eacute; hospitali&egrave;re sp&eacute;cifique. Il peut &ecirc;tre en soins palliatifs &agrave; son domicile, et la loi pr&eacute;voit la formation des &eacute;tudiants en m&eacute;decine, et m&ecirc;me celle de b&eacute;n&eacute;voles. Il s'agit donc de cr&eacute;er des soins palliatifs sans budget...</span></p><p><span>Toute la partie organisationnelle du texte, c'est-&agrave;-dire presque sa totalit&eacute; si l'on excepte le rappel des droits des patients d&eacute;j&agrave; consacr&eacute;s, aurait pu &ecirc;tre adopt&eacute;e par voie r&eacute;glementaire. La question qui est pose alors est la suivante : pourquoi avoir donn&eacute; tant de visibilit&eacute; &agrave; un texte de pilotage administratif ?</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La proposition relative au droit &agrave; l'aide &agrave; mourir</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La r&eacute;ponse &agrave; cette question r&eacute;side dans l'articulation de ce texte avec <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1100_proposition-loi" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la proposition de loi relative au droit &agrave; l'aide &agrave; mourir.</a> Ce droit serait ouvert aux malades majeurs condamn&eacute;s par une affection grave et qui en ont exprim&eacute; la demande. Cette r&eacute;forme est engag&eacute;e depuis trois ans et ne parvient pas &agrave; son terme, en raison notamment d'un blocage total du S&eacute;nat. Le 12 mai 2026, ce dernier a rejet&eacute; le texte dans son ensemble en seconde lecture. Une commission mixte paritaire a certes &eacute;t&eacute; convoqu&eacute;e pour le 19 mai 2026, mais il semble que sa premi&egrave;re r&eacute;union ait &eacute;t&eacute; repouss&eacute;e au 2 juin. De toute &eacute;vidence, on veut &eacute;viter les sujets qui f&acirc;chent, et le projet sur l'aide &agrave; mourir fait l'objet d'une course de lenteur.&nbsp;</span></p><p><span>La loi du 26 mai 2026 apparait ainsi comme un instrument d'affirmation d'une politique de soins palliatifs, destin&eacute;e finalement &agrave; cacher le refus de la loi sur l'aide &agrave; mourir. Les soins palliatifs sont consid&eacute;r&eacute;s comme suffisants pour satisfaire la demande sociale. Un <a href="https://www.ifop.com/article/les-francais-et-la-proposition-de-loi-sur-la-fin-de-vie/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sondage IFOP publi&eacute; en f&eacute;vrier 2026</a> indique en effet que 84 % des personnes interrog&eacute;es se d&eacute;clarent favorables &agrave; la proposition de loi sur l'aide &agrave; mourir. Ils estiment &agrave; 87 % que le patient doit avoir le choix entre l'aide et mourir et les soins palliatifs.&nbsp;</span></p><p><span>Les soins palliatifs sont donc devenus un argument contre l'aide &agrave; mourir. Cette communication rappelle &eacute;trangement la position du S&eacute;nat sur le mariage pour tous. A l'&eacute;poque, il affirmait que le Pacs &eacute;tait plus que suffisant pour garanti les droits des couples de m&ecirc;me sexe, oubliant qu'il s'&eacute;tait vivement oppos&eacute; au Pacs &agrave; l'&eacute;poque de son adoption.</span></p><p><span>On doit d&eacute;plorer cette forme d'instrumentalisation de la r&eacute;forme des soins palliatifs. Ils m&eacute;ritaient mieux, car l'in&eacute;galit&eacute;, notamment territoriale et sociale, &agrave; leur &eacute;gard est patente. A cet &eacute;gard, la loi du 26 mai ne va certainement pas r&eacute;soudre ce probl&egrave;me rapidement. Au lieu de leur attribuer une fonction de contre-feu, il aurait &eacute;t&eacute; bien pr&eacute;f&eacute;rable de leur attribuer un vrai budget.</span></p><p><br></p><p><span><b>Le droit de mourir dans la dignit&eacute;</b><span>&nbsp;:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a><span>&nbsp;chapitre 7 section 2 &sect;</span></span><span> 2 A</span></p>]]></content>
	<updated>2026-06-18T17:25:48+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-18T17:25:48+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPFzTnKaCsvUxP5ecjqklIFTnl-vBm1lcAxhxStBP1-LG1H-uxTmWyxEKcS-Y-UzJkyS1Pp0TKRYUzz69JiPcgtVhhyphenhyphenr-TCYJPxHzcSpzdhhNGzReLThqXqsyvchwWygpEYxnDGAc4x1NtR5c_YSy8SqlFfd0b3svCuXdG4CGn1vm5qP0UcrR98eLqMSs/s72-c/JO@0.jpeg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-23:/288637</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/anti-slapp-un-pas-de-plus-pour-proteger.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Anti-Slapp : un pas de plus pour protéger les victimes des procédures bâillons.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La lutte pour assurer une protection plus efficace des lanceurs d'alerte progresse lentement. La con...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span></span></span></p><div><span><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjv48CdIUWmjXj_KmRtAzvorbZ2zRL2TsCRiwnVRS1Z1evo0ZHWdN6cah88-hj42dM0fznFnuxkJhXSS2Q2ubrsey3-XpdefACZnXZ4se5zw1V3Qqa5Pcrp14HOwnNSZarqdOH7qFmX3nyyrSGNzMFBLcRx3USdSm2SDsXvEUadfG3j68BpjJS5Ddt7hyphenhyphenA/s208/JO@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjv48CdIUWmjXj_KmRtAzvorbZ2zRL2TsCRiwnVRS1Z1evo0ZHWdN6cah88-hj42dM0fznFnuxkJhXSS2Q2ubrsey3-XpdefACZnXZ4se5zw1V3Qqa5Pcrp14HOwnNSZarqdOH7qFmX3nyyrSGNzMFBLcRx3USdSm2SDsXvEUadfG3j68BpjJS5Ddt7hyphenhyphenA/s1600/JO@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></span></div><span><span><br><div><span>La lutte pour assurer une protection plus efficace des lanceurs d'alerte progresse lentement. La construction d'une l&eacute;gislation <i>Anti-Slapp </i>est en cours, destin&eacute;e &agrave; lutter contre les&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons</span><span>, les "<i>Strategic lawsuits against public participation</i>" (Slapp), en particulier une <a href="https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2024/1069/oj?locale=fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer">directive europ&eacute;enne du 11 avril 2024 </a>et un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054026906" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 30 avril 2026</a> qui en r&eacute;alise la transposition en droit fran&ccedil;ais.</span></div></span></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Quelques d&eacute;finitions</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le <i>Lawfare</i> d&eacute;signe l'usage du droit comme instrument d'un combat, qu'il soit politique, diplomatique, militaire ou &eacute;conomique. Il ne s'agit pas seulement d'utiliser le droit, mais de le mobiliser dans un but d'affaiblissement de l'adversaire. La proc&eacute;dure-ba&icirc;llon en est une des modalit&eacute;s, destin&eacute;e moins &agrave; gagner un proc&egrave;s qu'&agrave; &eacute;puiser l'adversaire m&eacute;diatiquement en le discr&eacute;ditant, ou financi&egrave;rement en le ruinant par la multiplication des frais d'avocat. &nbsp;</span></p><p><span><span>Les premi&egrave;res victimes de ces pratiques sont &eacute;videmment les lanceurs d'alerte.&nbsp;</span><span>Depuis la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033558528" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Sapin 2 du 9 d&eacute;cembre 2016</a>, profond&eacute;ment modifi&eacute;e par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000045388752" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Waserman du 21 mars 2022</a>, le lanceur d&rsquo;alerte est d&eacute;fini comme une personne physique signalant ou divulguant, sans contrepartie financi&egrave;re directe et de bonne foi, des informations relatives notamment &agrave; un crime, un d&eacute;lit, une menace ou un pr&eacute;judice pour l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, ou encore une violation du droit.&nbsp;</span></span></p><p><span>Ce droit des lanceurs d'alerte se limitait toutefois &agrave; pr&eacute;voir certaines d&eacute;rogations pour mettre &agrave; l'abri des poursuites les journalistes ou, comme le fait <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037262111" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la loi du 30 juillet 2018</a>, les lanceurs d'alerte poursuivis pour violation du secret des affaires. De m&ecirc;me est &eacute;tablie une proc&eacute;dure de signalement de l'alerte, d'ailleurs tout-&agrave;-fait &eacute;trange car elle repose essentiellement sur un signalement aupr&egrave;s du sup&eacute;rieur hi&eacute;rarchique. Autant envoyer directement le lanceur d'alerte dans le pi&egrave;ge qui conduira &agrave; son licenciement...</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjOtZrnfixnrTR5GtY-BCbCnhHUoA5oIxYEUa3Oj3pVkPbjJVjNMTZsbmJQeKlyiBLV9ninJbI1aV7Qgiux08kJKSAnR-22xLasY4fM0FhR_ZtMcWYeZ3sn95GnrTrA9n1vXZ70aIEEKVL7F3tM3XFc0s6AgavgIT_liKQGXDI6bauYUgJmW0AioOmoxc4/s1448/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-23%20a%CC%80%2020.13.26.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjOtZrnfixnrTR5GtY-BCbCnhHUoA5oIxYEUa3Oj3pVkPbjJVjNMTZsbmJQeKlyiBLV9ninJbI1aV7Qgiux08kJKSAnR-22xLasY4fM0FhR_ZtMcWYeZ3sn95GnrTrA9n1vXZ70aIEEKVL7F3tM3XFc0s6AgavgIT_liKQGXDI6bauYUgJmW0AioOmoxc4/w505-h321/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-23%20a%CC%80%2020.13.26.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><span>Exemple de proc&eacute;dure-b&acirc;illon</span><p></p><p><span>Le Devin. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1972</span><br><span><br></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les limites du droit positif</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Quoi qu'il en soit, ce droit positif ne prot&eacute;geait pas du tout contre les&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons.</span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>D'abord, il ne s'appliquait qu'aux personnes reconnues comme lanceurs d'alerte &agrave; l'issue d'un parcours juridique sp&eacute;cifique. Or les&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons</span><span>&nbsp;peuvent frapper n'importe quelle personne participant au d&eacute;bat public, journaliste, membre d'une ONG, auteur d'un blog, universitaire etc</span></span></p><p><span>Ensuite, les juges &eacute;taient largement impuissants face aux proc&eacute;dures baillons, qu'il s'agisse du juge p&eacute;nal saisi d'une plainte pour diffamation, ou du juge civil saisi d'une demande indemnitaire consid&eacute;rable, surtout destin&eacute;e &agrave; intimider le d&eacute;fendeur. L&agrave; encore, le juge ne disposait de quelques moyens que lorsque ce dernier avait la qualit&eacute; de lanceur d'alerte. L'article 10-1 de la loi Sapin lui permet ainsi d'accorder une provision pour frais d'instance lorsque la proc&eacute;dure semble destin&eacute;e &agrave; entraver une divulgation publique, voire d'infliger une amende jusqu'&agrave; 60 000 &euro; au plaignant. Mais, l&agrave; encore, ces pr&eacute;rogatives ne peuvent viser que les lanceurs d'alerte d&eacute;j&agrave; qualifi&eacute;s comme tels.</span></p><p><span>Pour venir en aides aux autres victimes de proc&eacute;dures b&acirc;illon, il ne restait donc que l'amende pour recours abusif. Or&nbsp;celle-ci est bien peu utilis&eacute;e, parce qu'elle repose sur un triple pouvoir discr&eacute;tionnaire du juge. D'une part, le juge d&eacute;finit lui-m&ecirc;me ce qu'il estime "abusif". D'autre part, m&ecirc;me en cas de recours qu'il reconnait comme abusif, il demeure libre de condamner, ou pas. Enfin, sa pr&eacute;rogative est exclusive, car une demande en recours abusif est irrecevable.&nbsp;</span></p><p><span>L'amende pour recours abusif, dont le montant ne peut exc&eacute;der 10 000 &euro;, n'est gu&egrave;re dissuasive dans ces conditions, d'autant qu'elle n'est prononc&eacute;e que rarement, dans des cas de recours loufoques, bien &eacute;loign&eacute;s des proc&eacute;dures b&acirc;illons. L'une des occurrences les plus r&eacute;centes se trouve ainsi dans un <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2024/05/le-sourire-de-la-joconde-lenigme-est.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 14 mai 2023</a>, par lequel le Conseil d'&Eacute;tat condamne &agrave; 3000 &euro; d'amende une association qui exigeait la restitution de <i>La Joconde</i> aux h&eacute;ritiers de <i>Leonardo</i>.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La directive anti Slapp :&nbsp;</span></h3><h3><span>d&eacute;mocratie et participation au d&eacute;bat public</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Les normes issues de la directive europ&eacute;enne de 2024 et du d&eacute;cret de transposition du 30 avril 2026 pr&eacute;sentent un int&eacute;r&ecirc;t tout particulier. En effet, elles n'ont plus comme objet exclusif de prot&eacute;ger le lanceur&nbsp;d'alerte comme personne vuln&eacute;rable. Elles visent &agrave; prot&eacute;ger une activit&eacute; d&eacute;mocratique, c'est-&agrave;-dire la participation au d&eacute;bat public.</span></p><p><span>Le champ d'application de la directive s'&eacute;tend aux proc&eacute;dures civiles ou commerciales dirig&eacute;es contre des personnes physiques ou morales en raison de leur participation au d&eacute;bat public. Il couvre tous les domaines d'int&eacute;r&ecirc;t public, la sant&eacute;, l'environnement, le climat, la corruption, la fraude, les activit&eacute;s des personnalit&eacute;s politiques ou la protection des processus d&eacute;mocratiques. On est assez proche ici du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, tel qu'il est utilis&eacute; par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH).</span></p><p><span>La directive contient trois instruments essentiels. Le premier est le&nbsp;<span>rejet pr&eacute;coce</span>&nbsp;des demandes manifestement infond&eacute;es, afin d&rsquo;&eacute;viter que le proc&egrave;s lui-m&ecirc;me ne devienne la sanction. Le deuxi&egrave;me est la&nbsp;<span>protection financi&egrave;re du d&eacute;fendeur</span>, avec la possibilit&eacute; d&rsquo;exiger du demandeur une s&ucirc;ret&eacute; ou de mettre &agrave; sa charge les co&ucirc;ts de la proc&eacute;dure. Le troisi&egrave;me enfin est la&nbsp;<span>dissuasion du demandeur abusif</span>, par le remboursement int&eacute;gral des frais, des sanctions effectives et donc dissuasives, voire des mesures comme la publication de la d&eacute;cision ou l&rsquo;indemnisation du dommage.&nbsp;</span></p><p><span>Ce dispositif serait parfait, s'il ne souffrait d'un handicap structurel. En raison de son fondement juridique europ&eacute;en, il ne couvre en effet que les litiges civils et commerciaux pr&eacute;sentant une dimension transfronti&egrave;re. Ne sont pas concern&eacute;s les contentieux devant le juge p&eacute;nal et les litiges purement internes. Le champ d'application se r&eacute;v&egrave;le finalement extr&ecirc;mement &eacute;troit.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;cret du 30 avril 2026</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La Commission nationale consultative des droits de l'homme <a href="https://www.cncdh.fr/actualite/lutter-contre-les-procedures-baillons-un-imperatif-pour-preserver-le-debat-public" target="_blank" rel="noopener noreferrer">(CNCDH), dans un avis de f&eacute;vrier 2025</a> avait d&eacute;plor&eacute; l'&eacute;troitesse du champ d'application de la directive europ&eacute;enne. Certes, cette limite &eacute;tait li&eacute;e pr&eacute;cis&eacute;ment aux comp&eacute;tences de l'Union dans ce domaine, mais rien n'interdisait d'op&eacute;rer une transposition en droit interne avec un champ d'application plus large.</span></p><p><span>Le pouvoir r&eacute;glementaire a exauc&eacute;, en partie, le voeu de la CNCDH. Les pouvoirs du juge civil sont &eacute;largis, et il peut d&eacute;sormais allouer aux d&eacute;fendeurs une provision pour le proc&egrave;s. Il peut aussi rejeter rapidement toute demande manifestement infond&eacute;e, en pr&eacute;voyant, le cas &eacute;ch&eacute;ant, une audience prioritaire. Lorsque l'action est abusive, il peut m&ecirc;me condamner son auteur &agrave; payer l'ensemble des frais de proc&eacute;dure support&eacute;e par l'autre partie, y compris l'ensemble des honoraires d'avocat.&nbsp;</span></p><p><span>Intervention&nbsp;pr&eacute;coce, rejet rapide, tous ces &eacute;l&eacute;ments, vont dans le bon sens. Il s'agit en effet d'arr&ecirc;ter le processus d'intimidation, avant que le d&eacute;fendeur ne soit &eacute;puis&eacute;, &eacute;ventuellement en faisant payer le co&ucirc;t du proc&egrave;s &agrave; celui qui instrumentalise la justice.</span></p><p><span><span>Mais il y a tout de m&ecirc;me une limite importante &agrave; ce progr&egrave;s dans la protection victimes de&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons.</span><span>&nbsp;Le d&eacute;cret du 30 avril 2026 modifie le code de proc&eacute;dure civile, et seulement lui. Il ne s'&eacute;tend pas au contentieux commercial, et pas davantage au contentieux p&eacute;nal. Les plaintes pour diffamation ou pour violation d'un secret prot&eacute;g&eacute; ne sont donc pas concern&eacute;es, alors m&ecirc;me qu'elles sont largement utilis&eacute;es dans des contentieux d'intimidation.</span></span></p><p><span>Bon nombre d'associations de d&eacute;fense des lanceurs d'alerte d&eacute;noncent une r&eacute;forme partielle, qui ne touche pas les usages les plus sensibles du <i>Lawfare</i>. Elles ont sans doute raison, mais il ne faut pas oublier que l'&eacute;volution de la l&eacute;gislation <i>anti Slapp</i> conduit &agrave; changer sa nature m&ecirc;me, et que c'est loin d'&ecirc;tre n&eacute;gligeable.&nbsp;</span></p><p><span><span>Elle n'est plus un &eacute;l&eacute;ment de protection li&eacute;e au statut du lanceur d'alerte. Elle devient une garantie de la participation de chacun au d&eacute;bat public et elle est donc d&eacute;sormais directement rattach&eacute;e au principe d&eacute;mocratique. Le proc&egrave;s lui-m&ecirc;me n'est plus seulement le lieu de r&eacute;solution d'un conflit et le droit affirme clairement qu'il peut &ecirc;tre instrumentalis&eacute;. La prise de conscience a donc commenc&eacute;, mais si le chemin est encore long vers une vraie protection des victimes de&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons</span><span>.&nbsp;</span></span></p><p><span><br></span></p><div><div><section><div><div><div><div tabindex="0"><div><div><p><span></span></p><p><span></span></p><div><p><span><b>Les proc&eacute;dures-b&acirc;illons</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 9 section 1 &sect; 2 B</span></p><div><span><br></span></div></div></div></div></div></div><div></div><div><div></div></div></div></div></section></div></div><p><span>x</span></p>]]></content>
	<updated>2026-06-29T16:24:57+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-29T16:24:57+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjv48CdIUWmjXj_KmRtAzvorbZ2zRL2TsCRiwnVRS1Z1evo0ZHWdN6cah88-hj42dM0fznFnuxkJhXSS2Q2ubrsey3-XpdefACZnXZ4se5zw1V3Qqa5Pcrp14HOwnNSZarqdOH7qFmX3nyyrSGNzMFBLcRx3USdSm2SDsXvEUadfG3j68BpjJS5Ddt7hyphenhyphenA/s72-c/JO@0.jpeg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-19:/288202</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/la-declaration-de-chisinau-les-etats.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">La Déclaration de Chisinau : Les Etats fourbissent leurs armes contre la CEDH.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La D&eacute;claration de Chisinau a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e le 15 mai 2026, lors de la 135&egrave; session du Comit&eacute; des minis...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjvVbJOMzVby5aC9AOS8Y9X6FbSCnatITNq2S-ygKJdwGbIb69HuTFVRnObsT99q8vnr4yP0LHtoAnoFZJ01sE3JGoyn7qqHzkWffMljSeSp_Um0AExI0VtpG_SfMaJE0RKMjMLjW0BFKXZU4pMuKbxWycXRzmbNwnGZiHD3yYMPjVJ1YWul_apu3R9fHA/s748/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-18%20a%CC%80%2019.14.26.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjvVbJOMzVby5aC9AOS8Y9X6FbSCnatITNq2S-ygKJdwGbIb69HuTFVRnObsT99q8vnr4yP0LHtoAnoFZJ01sE3JGoyn7qqHzkWffMljSeSp_Um0AExI0VtpG_SfMaJE0RKMjMLjW0BFKXZU4pMuKbxWycXRzmbNwnGZiHD3yYMPjVJ1YWul_apu3R9fHA/w232-h154/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-18%20a%CC%80%2019.14.26.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div><span>La <a href="https://rm.coe.int/pdf/09125948802bc2cc" target="_blank" rel="noopener noreferrer">D&eacute;claration de Chisinau</a> a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e le 15 mai 2026, lors de la 135&egrave; session du Comit&eacute; des ministres du Conseil de l'Europe. Elle n'est pas un trait&eacute; ni un protocole additionnel &agrave; la Convention. Elle rel&egrave;ve donc du<i> Soft Law,</i> ce qui ne retire rien &agrave; son importance politique, d&egrave;s lors qu'elle a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e par consensus des 46 &Eacute;tats membres du Conseil de l'Europe.&nbsp;</span>Techniquement, il s'agit d'un instrument concert&eacute; non conventionnnel (ICNC) qui, aux termes des r&egrave;gles relatives &agrave; l'interpr&eacute;tation des droits entre &Eacute;tats, est pertinent pour leur interpr&eacute;tation (article 31 de la <a href="https://legal.un.org/ilc/texts/instruments/french/conventions/1_1_1969.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Convention de Vienne de 1969 sur le droit des trait&eacute;s entre &Eacute;tats</a>).</div></span><div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La D&eacute;claration</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>La gen&egrave;se de la D&eacute;claration de Chisinau doit &ecirc;tre recherch&eacute;e dans une <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2025/06/la-cedh-traverse-une-zone-de-turbulences.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">lettre ouverte du 22 mai 2025 </a>r&eacute;dig&eacute;e &agrave; l'initiative de la Premi&egrave;re ministre italienne Georgia Meloni, en accord avec Mette Frederiksen, Premi&egrave;re ministre danoise. Outre l'Italie et le Danemark, la lettre a obtenu la signature des &Eacute;tats baltes, de l'Autriche, la Belgique, la R&eacute;publique tch&egrave;que et la Pologne. En d&eacute;cembre 2025, une d&eacute;claration commune plus large ralliait cette fois 27 &Eacute;tats.&nbsp;Le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Conseil de l&rsquo;Europe, Alain Berset, a alors repris le dossier en organisant une <i>Conf&eacute;rence minist&eacute;rielle informelle</i>&nbsp;</span><span>r&eacute;unissant l'ensemble des &Eacute;tats membres </span><span>&agrave; Strasbourg. Un consensus s'est d&eacute;gag&eacute; pour souhaiter la r&eacute;daction par le Comit&eacute; des ministres d'une D&eacute;claration sur les migrations et les droits de l'homme.</span></span></p><p><span>Son contenu repose sur une id&eacute;e simple. Il s'agit de r&eacute;affirmer l&rsquo;attachement &nbsp;des &Eacute;tats &agrave; la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme, mais aussi de demander que son interpr&eacute;tation et son application en mati&egrave;re migratoire tiennent davantage compte de la souverainet&eacute; des &Eacute;tats, de la s&eacute;curit&eacute; nationale, de l&rsquo;ordre public et de la &laquo; confiance du public &raquo; dans les syst&egrave;mes d&eacute;mocratiques. Le texte insiste sur la subsidiarit&eacute;, la marge nationale d&rsquo;appr&eacute;ciation, la responsabilit&eacute; premi&egrave;re des autorit&eacute;s internes, le droit des &Eacute;tats de contr&ocirc;ler l&rsquo;entr&eacute;e et le s&eacute;jour des &eacute;trangers, ainsi que la lutte contre l&rsquo;instrumentalisation des flux migratoires par des puissances hostiles.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgCa1s_w-wCcJl5hrdMqk1ekNQQid9-FRK72ESNI6pkewk8DzFRke1ob6CU0p8RUlip-KTq-UKpAEx4wSfhJwVeexjEBrcw2PUbzf4Qcft1J4F0pv9n_EUefqTyJqD5leL9icrFVLimoloab4WpG2ClxA0qnmQ2Ce3EcemANT53WN2iz_q66wtwPzyCeEM/s816/A.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgCa1s_w-wCcJl5hrdMqk1ekNQQid9-FRK72ESNI6pkewk8DzFRke1ob6CU0p8RUlip-KTq-UKpAEx4wSfhJwVeexjEBrcw2PUbzf4Qcft1J4F0pv9n_EUefqTyJqD5leL9icrFVLimoloab4WpG2ClxA0qnmQ2Ce3EcemANT53WN2iz_q66wtwPzyCeEM/w435-h487/A.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><span><div>La Zizanie. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1970</div></span><div>&nbsp;</div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span><span>Divergences sur le droit des migrations</span></span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Les articles 3 et 8 de la Convention sont particuli&egrave;rement vis&eacute;s. Certes, les &Eacute;tats rappellent, pour l'article 3, r</span><span>appelle l&rsquo;interdiction absolue de la torture et des traitements inhumains ou d&eacute;gradants. Mais ils insistent sur un seuil d&rsquo;application &laquo; </span><i>&eacute;lev&eacute; et constant </i><span>&raquo;, afin de permettre aux &Eacute;tats de d&eacute;finir eux-m&ecirc;mes les standards de protection dans leur droit des &eacute;trangers. &nbsp;Pour l&rsquo;article 8 et l'ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e, la D&eacute;claration met l&rsquo;accent sur les buts l&eacute;gitimes d&rsquo;expulsion et sur la n&eacute;cessit&eacute; de laisser aux autorit&eacute;s nationales une large place dans la balance des int&eacute;r&ecirc;ts. Elle &eacute;voque enfin les <i>Return Hubs</i> &nbsp;centres de retour dans des &Eacute;tats tiers. De toute &eacute;vidence, les &Eacute;tats souhaitent, sans l'affirmer trop clairement, retrouver leur pleine comp&eacute;tence d'interpr&eacute;tation dans le domaine du droit des &eacute;trangers.</span></span></p><p><span>C'est &eacute;videmment sur ce point qu'appara&icirc;t une certaine tension avec la jurisprudence de la CEDH. Sur le plan strictement juridique, la D&eacute;claration n'est pas vraiment contraire &agrave; la Convention, et elle insiste au contraire son respect. Mais le ton g&eacute;n&eacute;ral du texte et les revendications qu'il porte tendent &agrave; orienter l'interpr&eacute;tation de la convention vers un strict encadrement des garanties dont b&eacute;n&eacute;ficient les&nbsp;&eacute;trangers.</span></p><p><span>Or, sur ce point, on droit reconna&icirc;tre que la Cour faire preuve d'une certaine intransigeance. l'affaire <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-58004" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chahal c. Royaume-Uni du 15 novembre 1996,</a> elle s'oppose &agrave; la volont&eacute; des autorit&eacute;s britanniques d'expulser vers l'Inde un militant s&eacute;paratiste sikh, consid&eacute;r&eacute; comme dangereux pour la s&eacute;curit&eacute; nationale. Elle ne nie certes pas la gravit&eacute; des pr&eacute;occupations s&eacute;curitaires anglaises,&nbsp;mais refuse toute mise en balance. Toute menace de torture ou de traitement inhumain ou d&eacute;gradant fait obstacle &agrave; l'&eacute;loignement. L'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=002-2246" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t de Grande Chambre&nbsp;<i>Saadi c. Italie </i>du 28 f&eacute;vrier 2008 </a>confirme cette intransigeance. La Cour &eacute;carte l'expulsion du requ&eacute;rant, condamn&eacute; en Italie et soup&ccedil;onn&eacute; d'activit&eacute;s terroristes. A ses yeux, la menace qu'il repr&eacute;sente pour la collectivit&eacute; ne diminue pas le risque qu'il court en Tuniesi, l'&Eacute;tat de destination. Cette d&eacute;cision cristallise le conflit entre la Cour et le Royaume-Uni. Celui-ci, en tiers intervenant, avait en effet invit&eacute; la Cour &agrave; tenir compte de la dangerosit&eacute; de&nbsp;l'int&eacute;ress&eacute; pour appr&eacute;cier le risque r&eacute;el de torture ou de traitement inhumain ou d&eacute;gradant qu'il encourait en Tunisie. La Cour &eacute;carte cette objection et pr&eacute;cise que les assurances donn&eacute;es par le pays de destination sur le respect de sa l&eacute;gislation ne suffisent pas &agrave; neutraliser le risque.&nbsp;</span></p><p><span>De toute &eacute;vidence, la D&eacute;claration de Chisinau fait allusion &agrave; cette jurisprudence. Elle souhaite en effet un certaine prudence dans l'application extraterritoriales des arr&ecirc;ts de la Cour et l'&eacute;coute des garanties diplomatiques, tous &eacute;l&eacute;ments qui sonnent comme une invitation &agrave; contenir cette jurisprudence, sans toutefois pouvoir la renverser.&nbsp;</span></p><h3><span><br></span></h3><h3><span>Deux interpr&eacute;tations successives et concurrentes</span></h3><div><span><br></span></div><p><span>On observe toutefois que les &Eacute;tats membres de l'Union europ&eacute;enne se heurtent sur ce point &agrave; un double verrou, car la Cour de Justice de l'UE adopte une jurisprudence comparable &agrave; celle de la CEDH. Dans deux <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62010CJ0411" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cisions jointes du 21 d&eacute;cembre 2011 <i>N. S. et M. E</i>., la CJUE</a> refuse que le syst&egrave;me Dublin II qui consiste &agrave; renvoyer un demandeur d'asile vers le pays par lequel il a p&eacute;n&eacute;tr&eacute; sur le territoire de l'Union, repose sur une pr&eacute;somption irr&eacute;fragable selon laquelle tous les &Eacute;tats membres respectent n&eacute;cessairement les droits fondamentaux. De fait, un Etat peut refuser un transfert s'il estime que le demandeur d'asile pourrait subir des traitements inhumains ou d&eacute;gradants du fait de d&eacute;faillances syst&eacute;miques dans le pays d'accueil, en violation de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux. Sans doute le droit europ&eacute;en est-il un peu moins rigoureux, car il ne consid&egrave;re comme bloquant la proc&eacute;dure que les d&eacute;faillances syst&eacute;miques, excluant ainsi le contr&ocirc;le des cas particuliers, mais il n'en demeure pas moins qu'un frein est mis &agrave; l'autonomie des Etats.</span></p><p><span>On pourrait multiplier les exemples des jurisprudence que les Etats entendent contester dans la D&eacute;claration, notamment l'exigence d'un contr&ocirc;le tr&egrave;s rigoureux de l'atteinte &agrave; la vie priv&eacute;e et familiale qu'entraine l'&eacute;loignement d'un &eacute;tranger qui a grandi dans le&nbsp;pays. Dans tous les cas, les Etats revendiquent une large marge d'appr&eacute;ciation de l'article 8 en cas d'&eacute;loignement, en particulier dans les cas li&eacute;s au terrorisme ou &agrave; la grande criminalit&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La politique contre le droit&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La D&eacute;claration de Chisinau se pr&eacute;sente ainsi comme l'instrument d'un mouvement europ&eacute;en de remise en cause de la souverainet&eacute; interpr&eacute;tative de la CEDH.&nbsp;</span></p><p><span>Certes, il ne s'agit pas d'une remise en cause frontale, car la Cour a, elle aussi, quelques arguments juridiques puissants, en particulier l'<a href="https://www.coe.int/fr/web/compass/the-european-convention-on-human-rights-and-its-protocols" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 46 de la Convention </a>qui &eacute;nonce que "<i>les Hautes Parties contractantes s'engagent &agrave; se conformer aux arr&ecirc;ts d&eacute;finitifs de la Cour dans les litiges auxquels elles sont parties</i>". De m&ecirc;me, l'article 32 pr&eacute;voit que "<i>la comp&eacute;tence de la Cour s'&eacute;tend &agrave; toutes les questions concernant l'interpr&eacute;tation de la Convention (...)"</i>. Ces articles pourraient constituer des armes redoutables si la Cour entendait entrer en conflit avec les Etats signataires de la D&eacute;claration.</span></p><p><span>Mais en l'esp&egrave;ce, la remise en question du pouvoir d'interpr&eacute;tation de la Cour repose sur un document lui-m&ecirc;me interpr&eacute;tatif de la Convention, &eacute;manant des &Eacute;tats parties. Comme on l'a dit, la D&eacute;claration est un &eacute;l&eacute;ment de la pratique des &Eacute;tats dont elle doit juridique tenir compte. Sa puissance vient du consensus qu'il exprime. De mani&egrave;re tr&egrave;s claire, les Etats entendent reprendre la main sur leur politique migratoire et r&eacute;cup&eacute;rer au profit de leurs tribunaux internes la comp&eacute;tence interpr&eacute;tative de la Convention europ&eacute;enne. D'une mani&egrave;re ou d'une autre, on peut penser que la CEDH tiendra compte de cette revendication souverainiste, ne serait-ce que pour ne pas aboutir &agrave; un conflit ouvert, et d&eacute;sastreux, avec les &Eacute;tats. Et apr&egrave;s la question migratoire, quels seront les jurisprudences de la Cour dont les &Eacute;tats voudront se lib&eacute;rer ?</span></p><h3><span><b>L'&eacute;loignement des &eacute;trangers&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;5 section 2 &sect; 2</span></span></h3><p><span></span></p><p><br></p><p><span><br></span></p><p><br></p><p><br></p></div>]]></content>
	<updated>2026-06-26T16:52:14+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-26T16:52:14+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjvVbJOMzVby5aC9AOS8Y9X6FbSCnatITNq2S-ygKJdwGbIb69HuTFVRnObsT99q8vnr4yP0LHtoAnoFZJ01sE3JGoyn7qqHzkWffMljSeSp_Um0AExI0VtpG_SfMaJE0RKMjMLjW0BFKXZU4pMuKbxWycXRzmbNwnGZiHD3yYMPjVJ1YWul_apu3R9fHA/s72-w232-h154-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-18%20a%CC%80%2019.14.26.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-15:/287814</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/les-invitees-de-llc-colette-la.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les Invitées de LLC - Colette - La Vagabonde et la &quot;domesticité conjugale&quot;. 1910</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><br></p><div><div><span><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui&nbsp;</span><span>ceux qui ont construit son socle&nbsp; philosophique et litt&eacute;raire. Le choix&nbsp;</span></span><span>des textes ou citations est purement subjectif, d&eacute;tach&eacute; de toute approche chronologique et destin&eacute; &agrave; susciter la r&eacute;flexion ou simplement le plaisir de la lecture.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.</span></div><div><span>&nbsp;</span></div><div><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs un extrait de <i>La Vagabonde</i>, publi&eacute; en 2010, roman dans lequel Colette s'&eacute;l&egrave;ve contre la "<i>domesticit&eacute; conjugale</i>". A l'&eacute;poque, la femme mari&eacute;e &eacute;tait plac&eacute;e sous un statut l&eacute;gal de subordination &agrave; son mari, et c'est ce qu'entend d&eacute;noncer Colette. Souvenons-nous que le divorce avec Willy est pr&eacute;cis&eacute;ment prononc&eacute; en 1910, et qu'il avait l'habitude de signer les livres qu'elle &eacute;crivait... Avec sa verve habituelle, et la vivacit&eacute; dr&ocirc;latique de son style, Colette donne son point de vue sur la situation de la femme mari&eacute;e.</span></div><div><span><br></span></div></div><h2><span><span>COLETTE</span><span><br></span></span></h2><h3><span>La Vagabonde&nbsp;</span></h3><h3><span>1910</span></h3><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJEKmUdQUE5aMwIueHp9NUG00b3FT_V0GcDU0JS7p2d0OkrMokAaiduFEySrzwLde7_4JlJUYZFWNJoHBhSvjwBMktexemO1-tJgA5_QkMRB58__-ihXdCil1sU08HgHZ2iWRprEuGbYpT6r3hmKqkBP4HLf4rxWQxtNMw3fA1-Ex0022qkJGRGMr1Usc/s716/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-15%20a%CC%80%2017.06.31.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJEKmUdQUE5aMwIueHp9NUG00b3FT_V0GcDU0JS7p2d0OkrMokAaiduFEySrzwLde7_4JlJUYZFWNJoHBhSvjwBMktexemO1-tJgA5_QkMRB58__-ihXdCil1sU08HgHZ2iWRprEuGbYpT6r3hmKqkBP4HLf4rxWQxtNMw3fA1-Ex0022qkJGRGMr1Usc/w307-h493/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-15%20a%CC%80%2017.06.31.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><span>&mdash; Sa femme ?</span></p><p><span>&mdash; Pourquoi pas ?</span></p><p><span>&mdash; Parce que je ne veux pas !</span></p><p><span>Ma r&eacute;ponse pr&eacute;cipit&eacute;e a devanc&eacute; mon raisonnement, &mdash; la b&ecirc;te saute loin du pi&egrave;ge avant de l&rsquo;avoir vu&hellip;</span></p><p><span>&mdash; &Ccedil;a n&rsquo;a pas d&rsquo;importance, d&rsquo;ailleurs, dit Hamond n&eacute;gligemment. C&rsquo;est la m&ecirc;me chose.</span></p><p><span>&mdash; Vous croyez que c&rsquo;est la m&ecirc;me chose ? Pour vous, peut-&ecirc;tre, et pour beaucoup d&rsquo;hommes. Mais pour moi ! Souvenez-vous, Hamond, de ce que fut pour moi le mariage&hellip; Non, il ne s&rsquo;agit pas des trahisons, vous vous m&eacute;prenez ! Il s&rsquo;agit de la domesticit&eacute; conjugale, qui fait de tant d&rsquo;&eacute;pouses une sorte de nurse pour adulte&hellip; &Ecirc;tre mari&eacute;e, c&rsquo;est&hellip; comment dire ? c&rsquo;est trembler que la c&ocirc;telette de Monsieur soit trop cuite, l&rsquo;eau de Vittel pas assez froide, la chemise mal empes&eacute;e, le faux col mou, le bain br&ucirc;lant, &mdash; c&rsquo;est assumer le r&ocirc;le &eacute;puisant d&rsquo;interm&eacute;diaire-tampon entre la mauvaise humeur de Monsieur, l&rsquo;avarice de Monsieur ; la gourmandise, la paresse de Monsieur&hellip;</span></p><p><span>&mdash; Vous oubliez la luxure, Ren&eacute;e, interrompt doucement Hamond.</span></p><p>






</p><p><span>&mdash; Fichtre non, je ne l&rsquo;oublie pas !&hellip; Le r&ocirc;le de m&eacute;diatrice, je vous dis, entre Monsieur et le reste de l&rsquo;humanit&eacute;. Vous ne pouvez pas savoir, Hamond, vous avez &eacute;t&eacute; si peu mari&eacute; ! Le mariage, c&rsquo;est&hellip; c&rsquo;est : &laquo; Noue-moi ma cravate !&hellip; Fous la bonne &agrave; la porte !&hellip; Coupe-moi les ongles des pieds. L&egrave;ve-toi pour me faire de la camomille&hellip; Pr&eacute;pare-moi un lavement&hellip; &raquo; C&rsquo;est : &laquo; Donne-moi mon complet neuf, et remplis ma valise, pour que je file la retrouver&hellip; &raquo; Intendante, garde-malade, bonne d&rsquo;enfant, &mdash; assez, assez, assez !</span></p>]]></content>
	<updated>2026-05-15T15:25:24+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-05-15T15:25:24+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJEKmUdQUE5aMwIueHp9NUG00b3FT_V0GcDU0JS7p2d0OkrMokAaiduFEySrzwLde7_4JlJUYZFWNJoHBhSvjwBMktexemO1-tJgA5_QkMRB58__-ihXdCil1sU08HgHZ2iWRprEuGbYpT6r3hmKqkBP4HLf4rxWQxtNMw3fA1-Ex0022qkJGRGMr1Usc/s72-w307-h493-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-15%20a%CC%80%2017.06.31.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-12:/287584</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/anef-les-lois-de-rolland-face-au.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">ANEF : Les Lois de Rolland face au numérique.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Saisi par plusieurs associations de protection des &eacute;trangers, le Conseil d'&Eacute;tat a enjoint &agrave; l'&Eacute;tat, ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhx9U69W-uE87uvk2on5ZWLmiRrFW-5NZIp1l1JcMAY67GqdzewfRRBE_rRm0n0yJTDyFwillzcA3TFgD2QXqkU90n94xe26DQlx1d_APancFxSTAPbpmdTcFUD5K3TgkD0r9fsUSdkIHCggnzl97YIAJ5s0HLixuO0A1xHW-euW-TOhe3UJXxfTPCjdkY/s200/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhx9U69W-uE87uvk2on5ZWLmiRrFW-5NZIp1l1JcMAY67GqdzewfRRBE_rRm0n0yJTDyFwillzcA3TFgD2QXqkU90n94xe26DQlx1d_APancFxSTAPbpmdTcFUD5K3TgkD0r9fsUSdkIHCggnzl97YIAJ5s0HLixuO0A1xHW-euW-TOhe3UJXxfTPCjdkY/s1600/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></span></a><span><br></span></p><div><span>Saisi par plusieurs associations de protection des &eacute;trangers, le <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-05-05/502860" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil d'&Eacute;tat a enjoint &agrave; l'&Eacute;tat, le 5 mai 2026 </a>de prendre les mesures n&eacute;cessaires pour garantir un acc&egrave;s normal des usagers &agrave; l'<i>Administration num&eacute;rique pour les &eacute;trangers en France</i> (ANEF).</span></div><p></p></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'ANEF, un d&eacute;sastre</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Mise en oeuvre en 2020, l'ANEF visait &agrave; simplifier les d&eacute;marches des &eacute;trangers en France, gr&acirc;ce &agrave; une plateforme d&eacute;mat&eacute;rialis&eacute;e permettant de g&eacute;rer l'essentiel des demandes de titres de s&eacute;jour. Reposant sur le principe du guichet unique, elle devait donc fluidifier les proc&eacute;dures.&nbsp;</span></p><p><span>H&eacute;las, l'ANEF s'est rapidement r&eacute;v&eacute;l&eacute;e un v&eacute;ritable d&eacute;sastre. Blocages pour d&eacute;poser une demande, impossibilit&eacute; technique de signaler un changement de situation ou m&ecirc;me simplement d'obtenir une attestation d&eacute;mat&eacute;rialis&eacute;e. Rien ne fonctionne convenablement, et bon nombre d'&eacute;trangers se sont ainsi retrouv&eacute;s priv&eacute;s de travail ou de logement, ou encore en situation irr&eacute;guli&egrave;re, simplement parce qu'ils n'avaient pas &eacute;t&eacute; en mesure de mener &agrave; son terme la proc&eacute;dure de renouvellement d'un titre de s&eacute;jour. Le D&eacute;fenseur des droits s'est inqui&eacute;t&eacute; de cette situation dans un <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/rapport-administration-numerique-pour-les-etrangers-en-france-anef-2024" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rapport de 2024, d&eacute;non&ccedil;ant "<i>une atteinte massive aux droits des usagers</i>".</a></span></p><p><span>L'administration num&eacute;rique pour les &eacute;trangers trouve son fondement dans l'<a href="https://vifa-recht.de/article%20R%20431-2%20du%20code%20des%20%C3%A9trangers" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article R 431-2 du code de l'entr&eacute;e et du s&eacute;jour des &eacute;trangers et du droit d'asile</a> (Ceseda). Il pr&eacute;voit que la plupart des demandes de titres de s&eacute;jour s'effectuent par t&eacute;l&eacute;service. Une s&eacute;rie d'arr&ecirc;t&eacute;s, list&eacute;s dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048120604/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'annexe 9 du m&ecirc;me code,</a> pr&eacute;cise les titres concern&eacute;s. La d&eacute;mat&eacute;rialisation est donc la voie normale, le plus souvent exclusive, d'acc&egrave;s au s&eacute;jour. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment cette exclusivit&eacute; qui conf&egrave;re &agrave; la d&eacute;cision du 5 mai 2026 tout son int&eacute;r&ecirc;t. Lorsque le guichet devient &eacute;cran, le dysfonctionnement informatique cesse de s'analyser comme un simple incident technique. Il devient alors porteur d'une atteinte, au moins potentielle, aux droits des usagers.</span></p><p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi8KDRzrEebKEqnmN-g7sGPiJCgMekV4eYjwsTA1ioZaCMo6A-w5_-nhBkx4u-crt57Sh9x6F60udkYQrwmKirsj-vpugkc5lACOlWKw4gXqNMuMiDHxrthSEisHYLknAtl4mbLXfShI3v64LZkGqk6H2bddtQL5XWmTSSUH4tJ7Nl3rZ3PzL3d_oD0QbM/s1448/C.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi8KDRzrEebKEqnmN-g7sGPiJCgMekV4eYjwsTA1ioZaCMo6A-w5_-nhBkx4u-crt57Sh9x6F60udkYQrwmKirsj-vpugkc5lACOlWKw4gXqNMuMiDHxrthSEisHYLknAtl4mbLXfShI3v64LZkGqk6H2bddtQL5XWmTSSUH4tJ7Nl3rZ3PzL3d_oD0QbM/w405-h542/C.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></p><p><span><br></span></p><p><span>Portrait pr&eacute;sum&eacute; authentique de Louis Rolland, 1877 - 1956</span></p><p><span>occup&eacute; &agrave; adapter ses Lois au service public num&eacute;rique</span></p><div><span><br></span></div><h3><span>Une histoire contentieuse chaotique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le Conseil d'&Eacute;tat avait d&eacute;j&agrave; enjoint au ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur de prendre les mesures n&eacute;cessaires pour respecter les d&eacute;lais d&rsquo;enregistrement des demandes d&rsquo;asile, dans l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000038860045?init=true&amp;page=1&amp;query=410347&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t&nbsp;<i>Cimade</i>&nbsp;du 31 juillet 2019</a>,&nbsp; Pour le Conseil, l'administration avait, dans ce domaine, une obligation de r&eacute;sultat. En effet, l'article L 741-1 du Ceseda, aujourd'hui&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042776129" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 521-4</a>, impose un d&eacute;lai de trois jours pour l'enregistrement du demandeur d'asile, &eacute;tendu &agrave; dix jours en cas de demandes nombreuses et simultan&eacute;es. En p&eacute;riode de covid, une&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000041849465" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute; du 30 avril 2020&nbsp;</a>avait de la m&ecirc;me mani&egrave;re, enjoint &agrave; l'administration de r&eacute;tablir l'enregistrement des demandes d'asile, interrompu en mars pr&eacute;c&eacute;dent. Mais il ne s'agissait alors que de la gestion du droit d'asile, pas de celle des titres de s&eacute;jour.&nbsp;</span></p><p><span>Dans ce domaine, le Conseil d'&Eacute;tat a d&eacute;j&agrave; admis, dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000045863484" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 3 juin 2022 <i>Conseil national des Barreaux et autres</i>,</a> qu'un t&eacute;l&eacute;service peut &ecirc;tre impos&eacute; par le pouvoir r&eacute;glementaire. Il pr&eacute;cise toutefois que cette solution technique ne peut &ecirc;tre mise en place que si elle garantit "<i>l'acc&egrave;s normal"</i> des usagers au service public et "<i>l'exercice effectif</i>" de leurs droits. En l'esp&egrave;ce, il annulait pour ill&eacute;galit&eacute; le d&eacute;cret du 24 mars 2021 et l'arr&ecirc;t&eacute; du du 27 avril suivant qui ne pr&eacute;voyaient aucune solution de substitution en cas de dysfonctionnement du service de d&eacute;p&ocirc;t de titre de s&eacute;jour. Aucune proc&eacute;dure d'accueil ou d'accompagnement n'&eacute;tait pr&eacute;vue.&nbsp;</span></p><p><span>A la suite de cet arr&ecirc;t, le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047332636?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 22 mars 2023 "<i>cr&eacute;ant une solution de substitution au t&eacute;l&eacute;service</i>"</a> a &eacute;t&eacute; publi&eacute;, annon&ccedil;ant des "<i>centres de contact citoyens"</i>, des points d'accueil num&eacute;rique, et des guichets d'accueil physique en cas de blocage de l'outil num&eacute;rique. Mais ce bricolage n'a pas fonctionn&eacute;, sorte de Village Potemkine administratif, rapidement qualifi&eacute; par le D&eacute;fenseur des droits de "<i>solution de substitution fant&ocirc;me</i>". L'arr&ecirc;t du 5 mai 2026 t&eacute;moigne sans doute d'un certain agacement du Conseil d'&Eacute;tat qui constate que, quatre ans apr&egrave;s sa premi&egrave;re d&eacute;cision, il ne s'est rien pass&eacute;. Au premier semestre de 2025, on recensait sur l'ANEF 1546 blocages dont seulement 171 ont &eacute;t&eacute; r&eacute;solus.</span></p><p><span>Contrairement &agrave; la pr&eacute;sentation qui en a &eacute;t&eacute; faite par certains m&eacute;dias, l'int&eacute;r&ecirc;t de la d&eacute;cision d&eacute;passe toutefois largement le cadre des droits des &eacute;trangers. La question juridique est plus g&eacute;n&eacute;ralement celle de l'effectivit&eacute; du service public num&eacute;rique.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le service public num&eacute;rique, un service public</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t de 2026 comporte un consid&eacute;rant de principe particuli&egrave;rement &eacute;clairant. Il affirme qu'il appartient au gestionnaire d'un service public "<i>afin de satisfaire l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral en vue duquel le service a &eacute;t&eacute; institu&eacute;, de veiller &agrave; garantir le droit d'acc&egrave;s, dans des conditions normales, des usages du service dans le respect du principe d'&eacute;galit&eacute;, d'assurer la continuit&eacute; du service et de proc&eacute;der aux adaptations rendues n&eacute;cessaires par l'exigence de mutabilit&eacute;</i>".</span></p><p><span>Tout le monde a reconnu les c&eacute;l&egrave;bres <i>Lois de Rolland</i> formul&eacute;es par Louis Rolland dans son <i>Pr&eacute;cis de droit administratif </i>de 1926. L'&eacute;galit&eacute; des usagers devant le service, sa continuit&eacute;, et sa mutabilit&eacute; pour tenir compte de l'&eacute;volution des besoins forment le socle sur lequel s'est construit le r&eacute;gime juridique des services publics.&nbsp; Juste un si&egrave;cle apr&egrave;s leur formulation, le Conseil d'&Eacute;tat les impose formellement &agrave; l'administration num&eacute;rique.</span></p><p><span>Afin de s'assurer de leur mise en oeuvre, le juge peut d&eacute;livrer des injonctions imposant des mesures concr&egrave;tes aussi bien juridiques que financi&egrave;res ou organisationnelles. Il ne s'agit &eacute;videmment pas, pour le Conseil d'&Eacute;tat, d'&eacute;laborer une politique publique, mais bien davantage de s'assurer qu'une politique pr&eacute;alablement d&eacute;finie par les autorit&eacute;s comp&eacute;tentes, sera mise en oeuvre. C'est l'objet m&ecirc;me de la d&eacute;cision du 5 mai 2026.</span></p><p><span>Au regard de ses cons&eacute;quences, elle pr&eacute;sente l'int&eacute;r&ecirc;t d'unifier la jurisprudence des tribunaux administratifs. Beaucoup d'entre eux, notamment &agrave; Montreuil, Versailles, Lyon, Melun et en Guadeloupe, avaient d&eacute;j&agrave; censur&eacute; les pr&eacute;fectures qui n'offraient aucune alternative &agrave; la proc&eacute;dure d&eacute;mat&eacute;rialis&eacute;e de l'ANEF. L'intervention du Conseil donne ainsi &agrave; cette jurisprudence &eacute;clat&eacute;e une formulation nationale.</span></p><p><span>Sur ce point, la d&eacute;cision du Conseil d'&Eacute;tat appara&icirc;t tr&egrave;s soigneusement motiv&eacute;e. Elle ne retient que les dysfonctionnements prouv&eacute;s et syst&eacute;miques, &eacute;cartant les incidents ponctuels. L'arr&ecirc;t mentionne ainsi l&rsquo;impossibilit&eacute;, pour un &eacute;tranger, de d&eacute;poser simultan&eacute;ment ou successivement plusieurs demandes de titres sur des fondements diff&eacute;rents. Or aucune r&egrave;gle juridique ne l&rsquo;interdit et le seul obstacle r&eacute;side dans la programmation du logiciel. Ce blocage peut avoir de lourdes cons&eacute;quences. Le titre de s&eacute;jour &eacute;tant refus&eacute; par le seul effet du fonctionnement de la plateforme, ce refus peut entra&icirc;ner une obligation de quitter le territoire (OQTF), puis faire obstacle &agrave; une demande ult&eacute;rieure, alors m&ecirc;me que l&rsquo;int&eacute;ress&eacute; pouvait peut-&ecirc;tre, &agrave; l'origine, pr&eacute;tendre &agrave; un autre titre de plein droit. Par ailleurs, observe le Conseil d'&Eacute;tat, le champ "observations" ne permet pas le d&eacute;p&ocirc;t de pi&egrave;ces justificatives ce qui le rend pratiquement inutile, et l'&eacute;tranger ne dispose d'aucun moyen pour faire corriger une erreur mat&eacute;rielle. D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, la plateforme fige le dossier, emp&ecirc;chant tout ajout de pi&egrave;ces nouvelles et toute actualisation. Or, le droit positif exige que la d&eacute;cision soit prise &agrave; partir d'une appr&eacute;ciation actualis&eacute;e.</span></p><p><span>Les droits l&eacute;s&eacute;s par ces carences techniques sont multiples. Le plus important est le droit d'acc&egrave;s au service public, que le Conseil d'&Eacute;tat appr&eacute;cie de mani&egrave;re concr&egrave;te. A ses yeux, acc&eacute;der au service public, ce n'est pas ouvrir un compte sur le site de l'ANEF, c'est pouvoir y d&eacute;poser une demande pertinente, la compl&eacute;ter le cas &eacute;ch&eacute;ant, obtenir un accus&eacute;-r&eacute;ception dans le d&eacute;lai l&eacute;gal et enfin voir sa situation r&eacute;ellement &eacute;tudi&eacute;e. Sont &eacute;galement touch&eacute;s, les droits sp&eacute;cifiques des &eacute;trangers, en particulier les droits au s&eacute;jour et au travail. En l'absence d'attestation de r&eacute;ception de sa demande, l'&eacute;tranger se retrouve en effet dans une irr&eacute;gularit&eacute; administrative artificielle qui l'emp&ecirc;che d'exercer une activit&eacute; professionnelle.</span></p><p><span>Le Conseil d'Etat condamne ainsi l'usage d'une plateforme qui est bien loin de r&eacute;pondre aux exigences l&eacute;gales de la proc&eacute;dure de demande d'asile. Au-del&agrave; de l'ANEF, le Conseil montre qu'il refuse le mythe du num&eacute;rique neutre. Un t&eacute;l&eacute;service n'est pas un simple mode d'organisation interne. Il est aussi et surtout la condition d'exercice des droits de l'&eacute;tranger. Quand il bloque, il prive l'&eacute;tranger de ses droits. Quand il se tait, il rend plus pr&eacute;caire sa situation. Enfin quand il ne permet pas de corriger une demande, il fabrique de l'ill&eacute;galit&eacute;. Certes, le Conseil d'&Eacute;tat n'ordonne pas le retour au guichet et au papier. Mais il exige de l'administration qu'elle assume juridiquement son choix du tout-num&eacute;rique. En clair, un service public n'est l&eacute;gal que s'il demeure un service public. Un bel hommage pour le centenaire des Lois de Rolland.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><section dir="auto"><div><div><div><div dir="auto"><div></div></div></div></div></div></section><p></p><div><p><span><span><b>Le droit au s&eacute;jour des &eacute;trangers</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 5 section 2 &sect; 1</span></span></p></div><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-26T16:34:56+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-26T16:34:56+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhx9U69W-uE87uvk2on5ZWLmiRrFW-5NZIp1l1JcMAY67GqdzewfRRBE_rRm0n0yJTDyFwillzcA3TFgD2QXqkU90n94xe26DQlx1d_APancFxSTAPbpmdTcFUD5K3TgkD0r9fsUSdkIHCggnzl97YIAJ5s0HLixuO0A1xHW-euW-TOhe3UJXxfTPCjdkY/s72-c/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-07:/287228</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/pas-de-repit-pour-hadopi.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Pas de répit pour Hadopi.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>&nbsp;Dans son arr&ecirc;t du 30 avril 2026, La Quadrature du Net, le Conseil d'&Eacute;tat d&eacute;clare non conformes...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>&nbsp;</span></p><p><span></span></p><div><p><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgapDcL6PCdT5kCRp-fxnkQBkD3fu9NSlQVA9KjHfHQbU2LHgyJNk6KTD1mIM0OafRGUoFLCOxpv6apWvwriJUQX97pOoFlp-gw1bZcZ00tE5Va9NompJgpFg7qaIWNmsVyZXy-tYWS65isaF5By-vaw08rcXheoOnpdXPIq8ENc2eukb3Dztqyj-_jSi0/s200/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgapDcL6PCdT5kCRp-fxnkQBkD3fu9NSlQVA9KjHfHQbU2LHgyJNk6KTD1mIM0OafRGUoFLCOxpv6apWvwriJUQX97pOoFlp-gw1bZcZ00tE5Va9NompJgpFg7qaIWNmsVyZXy-tYWS65isaF5By-vaw08rcXheoOnpdXPIq8ENc2eukb3Dztqyj-_jSi0/s1600/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a><span><br></span></span></p><p></p><div><span><span>Dans son arr&ecirc;t du 30 avril 2026, <i>La Quadrature du Net</i>, le Conseil d'&Eacute;tat d&eacute;clare non conformes au droit de l'Union europ&eacute;enne certaines dispositions organisant la riposte gradu&eacute;e. Sont pr&eacute;cis&eacute;ment concern&eacute;es les r&egrave;gles relatives au traitement des donn&eacute;es personnelles et &agrave; l'acc&egrave;s aux donn&eacute;es d'identification des internautes.</span></span></div><div><span><span><br></span></span></div><div><span><span>Certains commentateurs ont imm&eacute;diatement annonc&eacute; "la mort d'Hadopi". Il n'en est rien cependant, m&ecirc;me la riposte gradu&eacute;e a toujours &eacute;t&eacute; juridiquement fragile.</span></span></div><div><span><span><br></span></span></div><p></p><p></p></div><p></p><h3><span><span>La riposte gradu&eacute;e</span></span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La riposte gradu&eacute;e a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000020735432/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la loi du 12 juin 2009 </a>dont le but &eacute;tait de lutter contre les t&eacute;l&eacute;chargements ill&eacute;gaux. La loi cr&eacute;ait une Haute Autorit&eacute; pour la diffusion et la protection des droits sur internet (HADOPI). Par la suite, la loi du 25 octobre 2021 a fusionn&eacute; la HADOPI avec le Conseil Sup&eacute;rieur de l'Audiovisuel (CSA) pour former l'Arcom, Autorit&eacute; de r&eacute;gulation de la communication audiovisuelle et num&eacute;rique. L'&eacute;volution &eacute;tait logique, justifi&eacute;e par le fait que la communication audiovisuelle utilise aujourd'hui les r&eacute;seaux num&eacute;riques.</span></p><p><span>Ces changements institutionnels n'ont toutefois pas modifi&eacute; le principe de la riposte gradu&eacute;e, dont le dispositif est bien connu. Il s'agit d'abord d'identifier les abonn&eacute;s dont la connexion est utilis&eacute;e pour t&eacute;l&eacute;charger des oeuvres prot&eacute;g&eacute;es. Ils re&ccedil;oivent alors un premier avertissement envoy&eacute; par voie &eacute;lectronique. Si les t&eacute;l&eacute;chargements continuent, une lettre recommand&eacute;e constitue un second avertissement. Enfin, troisi&egrave;me et derni&egrave;re &eacute;tape en cas de refus de s'y plier, le dossier peut &ecirc;tre transmis au parquet pour engager d'&eacute;ventuelles poursuites p&eacute;nales.</span></p><p><span>Le syst&egrave;me a sa logique, mais il pr&eacute;sente un inconv&eacute;nient majeur. Il impose en effet un traitement massif de donn&eacute;es personnelles et leur conservation sur une longue dur&eacute;e. De fait, son histoire contentieuse est relativement mouvement&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjIi9tuCNgP-k59RR356Lh5o5lz9uEOwl8GWCEiITU8LfgolabykXMl8rJcf6w3OLc3oNzAucQqWJnJG8ZVYuV0mzDtsJ_O0OSy7YkZRWPNHMHBRTDXABtdG_9GhwVjEMbrsBOzGDex59Oii6PYDFdk6GfxJKH4_WOCP-64Wwthw7jhM_GwatNdX_F_S7E/s1118/Usine%20a%CC%80%20gaz.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjIi9tuCNgP-k59RR356Lh5o5lz9uEOwl8GWCEiITU8LfgolabykXMl8rJcf6w3OLc3oNzAucQqWJnJG8ZVYuV0mzDtsJ_O0OSy7YkZRWPNHMHBRTDXABtdG_9GhwVjEMbrsBOzGDex59Oii6PYDFdk6GfxJKH4_WOCP-64Wwthw7jhM_GwatNdX_F_S7E/w513-h515/Usine%20a%CC%80%20gaz.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span><p></p><p><span>Ouvrage r&eacute;sumant la riposte gradu&eacute;e</span></p><p><span>H. Coudurier. Manuel pratique des directeurs d'usines &agrave; gaz</span></p><p><span>Dunod. 1884</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le Conseil constitutionnel</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>D&egrave;s son origine, la loi de 2009 a &eacute;t&eacute; partiellement d&eacute;clar&eacute;e inconstitutionnelle. Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2009/2009580DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 10 juin 2009</a>, le Conseil constitutionnel censure en effet le pouvoir initialement donn&eacute; &agrave; Hadopi de suspendre l'acc&egrave;s &agrave; internet de l'auteur des t&eacute;l&eacute;chargements. Une telle atteinte &agrave; la libert&eacute; de communication consacr&eacute;e &agrave; l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527437?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 11 de la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789</a> ne saurait en effet &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;e que par le juge judiciaire.</span></p><p><span>La loi dite <i>Hadopi 2</i> du 28 octobre 2009 modifie donc le dispositif en confiant la sanction au juge p&eacute;nal. Un texte mal r&eacute;dig&eacute; a donc &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;crit, mais d'autres difficult&eacute;s sont apparues.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La CJUE</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t du 30 avril 2026 trouve son origine dans un recours introduit par <i>La Quadrature du Net</i> en 2019. L'association conteste le refus du Premier ministre d'abroger le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000021923996/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 5 mars 2010</a> organisant le traitement automatis&eacute; de gestion de la riposte gradu&eacute;e. Devant le Conseil d'&Eacute;tat, elle d&eacute;place le d&eacute;bat vers le droit europ&eacute;en et invoque sa non-conformit&eacute; &agrave; la <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:32002L0058" target="_blank" rel="noopener noreferrer">directive du 12 juillet 2002 relative au traitement des donn&eacute;es personnelles et &agrave; la protection de la vie priv&eacute;e</a>.&nbsp;</span></p><p><span>Elle s'appuie concr&egrave;tement sur l'interpr&eacute;tation de ce texte par la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE). Dans ses arr&ecirc;ts <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2014/04/la-surveillance-de-masse-une-notion.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Digital Rights Ireland </i>du 8&nbsp;avril 2014</a><i>,&nbsp;<a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/document?source=document&amp;docid=186492&amp;doclang=fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Tele 2 Sverige</a></i><a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/document?source=document&amp;docid=186492&amp;doclang=fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> du 21 d&eacute;cembre 2016</a> et surtout <a href="https://juricaf.org/arret/CJUE-COURDEJUSTICEDELUNIONEUROPEENNE-20200115-C51118" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>La Quadrature du Net </i>du 15 janvier 2020</a>, la Cour consid&egrave;re que la conservation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e et indiff&eacute;renci&eacute;e des donn&eacute;es de connexion constitue une ing&eacute;rence grave dans la vie priv&eacute;e. Elle ne peut donc intervenir que dans des cas tr&egrave;s limit&eacute;s, comme la lutte contre le terrorisme ou la grande criminalit&eacute;.</span></p><p><span>Dans le cas pr&eacute;sent, la question pos&eacute;e au Conseil d'&Eacute;tat est donc simple. La lutte contre le t&eacute;l&eacute;chargement&nbsp;illicite, infraction p&eacute;nale relativement mineure, &nbsp;peut-elle fonder une conservation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e des donn&eacute;es d'identit&eacute; associ&eacute;es &agrave; l'adresse IP d'un internaute ? Le juge administratif se trouvait ainsi dans une situation relativement embarrassante, car appliquer directement la jurisprudence europ&eacute;enne pouvait finalement remettre en cause la riposte gradu&eacute;e elle-m&ecirc;me.&nbsp;</span></p><p><span>Il a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; poser une <a href="https://juricaf.org/arret/CJUE-COURDEJUSTICEDELUNIONEUROPEENNE-20240430-C47021" target="_blank" rel="noopener noreferrer">question pr&eacute;judicielle &agrave; la CJUE qui s'est prononc&eacute;e le 30 avril 2024</a>. Elle a finalement adopt&eacute; une position plus nuanc&eacute;e que celle qui &eacute;tait attendue. Elle consid&egrave;re en effet que l'acc&egrave;s aux adresses IP peut &ecirc;tre autoris&eacute; pour des infractions de moindre gravit&eacute;, dans la mesure o&ugrave; ces donn&eacute;es ne peuvent, &agrave; elles seules, permettre d'&eacute;tablir un profil pr&eacute;cis et complet de la vie priv&eacute;e des individus. En revanche, elle pose des conditions tr&egrave;s strictes. Elle impose ainsi un cloisonnement &eacute;tanche des donn&eacute;es par les op&eacute;rateurs, la limitation des recoupements possibles, et enfin l'intervention pr&eacute;alable d'un juge ou d'une autorit&eacute; ind&eacute;pendantes lorsqu'un acc&egrave;s plus approfondi aux donn&eacute;es est susceptible de r&eacute;v&eacute;ler des &eacute;l&eacute;ments substantiels de la vie priv&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Adaptation ou mutation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t rendu par le Conseil d'&Eacute;tat le 30 avril 2026 applique pr&eacute;cis&eacute;ment cette jurisprudence europ&eacute;enne. Contrairement &agrave; ce qui a pu &ecirc;tre affirm&eacute;, la riposte gradu&eacute;e n'est pas condamn&eacute;e dans son principe. En revanche, les normes actuelles ne respectent pas les conditions pos&eacute;es par la CJUE. D'une part, les donn&eacute;es utilis&eacute;es par l'Arcom ne sont pas suffisamment cloisonn&eacute;es par les op&eacute;rateurs, d'autre part le droit fran&ccedil;ais autorise plus de deux recoupements de donn&eacute;es sans contr&ocirc;le pr&eacute;alable par un juge ou une autorit&eacute; ind&eacute;pendante de l'Arcom. Le Conseil d'&Eacute;tat estime donc qu'&agrave; compter du&nbsp;troisi&egrave;me recoupement, l'autorisation pr&eacute;alable devient indispensable. Cette pr&eacute;cision fragilise &agrave; l'&eacute;vidence la troisi&egrave;me &eacute;tape de riposte gradu&eacute;e qui conduit &agrave; la transmission du dossier au parquet. De fait, le Conseil d'&Eacute;tat enjoint au gouvernement de modifier le d&eacute;cret litigieux en rendant la proc&eacute;dure conforme au droit europ&eacute;en.</span></p><p><span>Si le syst&egrave;me Hadopi n'est pas mort, il est exact que, pour le moment, la riposte gradu&eacute;e ne peut plus fonctionner en l'&eacute;tat. On peut consid&eacute;rer que les deux premi&egrave;res &eacute;tapes, d'abord le courriel puis la lettre recommand&eacute;e, peuvent subsister. En revanche, l'exploitation approfondie des donn&eacute;es qui permet le passage &agrave; la phase r&eacute;pressive devient en pratique impossible.</span></p><p><span>Une r&eacute;flexion nouvelle va certainement &ecirc;tre d&eacute;velopp&eacute;e. Le gouvernement a le choix entre deux options. Il peut d'abord rapetasser le syst&egrave;me en imposant aux op&eacute;rateurs des obligations techniques plus rigoureuses et en faisant intervenir un juge pour autoriser le recoupement de donn&eacute;es. Mais il peut aussi imaginer un autre syst&egrave;me avec des m&eacute;canismes moins centr&eacute;s sur la r&eacute;ponse p&eacute;nale, et davantage sur le blocage ou le d&eacute;r&eacute;f&eacute;rencement des sites de t&eacute;l&eacute;chargement.</span></p><p><span>En tout &eacute;tat de cause, la d&eacute;cision du 30 avril 2026 t&eacute;moigne d'un certain essoufflement du mod&egrave;le historique de lutte contre le piratage. Il reposait sur le <i>peer-to-peer,&nbsp;</i>c'est &agrave; dire la communication directe entre deux internautes sans passer par un serveur central,&nbsp;et l'identification individuelle des abonn&eacute;s. Aujourd'hui, le syst&egrave;me est fragilis&eacute; &agrave; la fois technologiquement et politiquement. Il est donc sans doute temps de penser &agrave; sa mutation.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p></p><p></p><p></p><div><p><span><span><b>La protection des donn&eacute;es</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 8 section 5</span></span></p></div><section dir="auto"><div><div><div><div dir="auto"><div><div>
<br>
</div></div></div></div><div></div></div></div></section>]]></content>
	<updated>2026-06-26T16:34:30+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-26T16:34:30+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgapDcL6PCdT5kCRp-fxnkQBkD3fu9NSlQVA9KjHfHQbU2LHgyJNk6KTD1mIM0OafRGUoFLCOxpv6apWvwriJUQX97pOoFlp-gw1bZcZ00tE5Va9NompJgpFg7qaIWNmsVyZXy-tYWS65isaF5By-vaw08rcXheoOnpdXPIq8ENc2eukb3Dztqyj-_jSi0/s72-c/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-04:/286920</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/les-commissions-denquete-creees-par.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les commissions d&#039;enquête créées par droit de tirage : une fragilité structurelle.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 4 mai 2026 doit &ecirc;tre publi&eacute; le rapport de la commission Alloncle, dont le contenu int&eacute;ressera cer...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiajaYJ7w32_m6rlKQhye8FXBE4T6EpxRSLHLIjB220PrHbhd-vGwIJKpbTA_6I0qzBbWFGp_37WvaomVs7-gaeEcwc2id9pVE9y_PCgXfyJ0VF7h_c1XL5928uBCk45Sgrs2XkisfucUU3h2vjKWW1UcyEgncZl-5UeJ0bbwmE1PIKGJ65nXARZqTJVfg/s430/facade-palais-bourbon@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiajaYJ7w32_m6rlKQhye8FXBE4T6EpxRSLHLIjB220PrHbhd-vGwIJKpbTA_6I0qzBbWFGp_37WvaomVs7-gaeEcwc2id9pVE9y_PCgXfyJ0VF7h_c1XL5928uBCk45Sgrs2XkisfucUU3h2vjKWW1UcyEgncZl-5UeJ0bbwmE1PIKGJ65nXARZqTJVfg/w198-h160/facade-palais-bourbon@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div>Le 4 mai 2026 doit &ecirc;tre publi&eacute; le rapport de la commission Alloncle, dont le contenu int&eacute;ressera certainement les commentateurs. Personne en revanche ne s'interroge sur l'origine de ce rapport, issu d'une commission d'enqu&ecirc;te cr&eacute;&eacute;e par <i>droit de tirage</i>.&nbsp;</div><p></p><p>Ce <i>droit de tirage </i>est consid&eacute;r&eacute; comme l'un des &eacute;l&eacute;ments importants des droits accord&eacute;s &agrave; l'opposition parlementaire par la r&eacute;vision constitutionnelle du 23 juillet 2008, initi&eacute;e par Nicolas Sarkozy. Le nouvel <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGISCTA000006095825" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 51-1 de la constitution</a> pose le principe selon lequel "<i>le r&egrave;glement de chaque assembl&eacute;e d&eacute;termine les droits des groupes parlementaires constitu&eacute;s en son sein. Il reconna&icirc;t des droits sp&eacute;cifiques aux groupes d'opposition de l'assembl&eacute;e int&eacute;ress&eacute;s ainsi qu'aux groupes minoritaires</i>". Sur ce fondement, l'<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/divers/texte_reference/02_reglement_assemblee_nationale#D_Article_141_423" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 141 du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e nationale </a>&eacute;nonce que &laquo; <i>chaque pr&eacute;sident de groupe d&rsquo;opposition ou de groupe minoritaire obtient, de droit, une fois par session ordinaire [&hellip;], la cr&eacute;ation d&rsquo;une commission d&rsquo;enqu&ecirc;te.</i> &raquo;&nbsp;</p><p><br></p><h3><span>Une proc&eacute;dure encadr&eacute;e</span></h3><p><br></p><p>Les groupes d'opposition peuvent donc imposer l'ouverture d'une enqu&ecirc;te, sans passer par la contrainte du vote. Le seul contr&ocirc;le est celui de la conf&eacute;rence des pr&eacute;sidents qui se borne &agrave; examiner la recevabilit&eacute; de la demande, &agrave; v&eacute;rifier que l'objet de la commission est clairement pr&eacute;cis&eacute;, qu'il ne porte pas sur une affaire judiciaire en cours ni sur un sujet ayant d&eacute;j&agrave; suscit&eacute; la cr&eacute;ation d'une commission d'enqu&ecirc;te moins d'un an auparavant.</p><p>De fait, la cr&eacute;ation d'une commission par droit de tirage ne r&eacute;side plus dans une comp&eacute;tence soumise &agrave; la loi de la majorit&eacute;. Elle s'analyse comme un droit proc&eacute;dural autonome de l'opposition. On peut &eacute;videmment se r&eacute;jouir que des droits soient accord&eacute;s &agrave; l'opposition, car le bon fonctionnement de la d&eacute;mocratie repose sur une opposition parlementaire active et soucieuse de jouer son r&ocirc;le.&nbsp;</p><p>Mais le probl&egrave;me, car il y a tout de m&ecirc;me un probl&egrave;me, r&eacute;side dans le fait que le droit applicable garantit aux groupes minoritaires la cr&eacute;ation d'une commission d'enqu&ecirc;te. Il ne garantit en aucun cas son efficacit&eacute;, ni m&ecirc;me son aboutissement.</p><p>Au regard de sa fonctionnement en effet, la commission d'enqu&ecirc;te ainsi cr&eacute;&eacute;e ne se distingue pas d'une commission ordinaire. Elle est &eacute;galement compos&eacute;e &agrave; la repr&eacute;sentation proportionnelle, elle b&eacute;n&eacute;ficie des m&ecirc;mes pouvoirs d'investigation tr&egrave;s &eacute;tendus, et elle doit aussi achever ses travaux dans un d&eacute;lai de six mois. Une fois, la commission cr&eacute;&eacute;e, le droit commun revient donc en force, et avec lui la loi de la majorit&eacute;. Pour r&eacute;sumer l'&eacute;tranget&eacute; de la situation, ces commissions sont cr&eacute;&eacute;es par l'opposition mais leur composition et leur fonctionnement refl&egrave;tent le poids relatif de chaque groupe, avec &eacute;videmment un avantage num&eacute;rique pour la majorit&eacute;.</p><p>Si l'on s'efforce de dresser un bilan de ces commissions un peu particuli&egrave;res, on peut faire deux constatations, d'une part une tr&egrave;s grande politisation de leur activit&eacute;, d'autre part une fragilit&eacute; structurelle qui est apparue clairement lors des travaux de la commission Alloncle.</p><p><br></p><div></div><br><p><span>Une chance au tirage...</span></p><p><span>Publicit&eacute; de la Fran&ccedil;aise des Jeux, 2000</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Multiplication&nbsp;</span></h3><p>&nbsp;</p><p>Les groupes parlementaires, surtout les groupes minoritaires, ont largement fait usage de ces commissions d'enqu&ecirc;te dispens&eacute;es du vote pr&eacute;alable de l'Assembl&eacute;e. La proc&eacute;dure a donc suscit&eacute; un accroissement m&eacute;canique du nombre de commissions d'enqu&ecirc;te.&nbsp;</p><p>Sans les citer toutes, on observe que le d&eacute;veloppement de ces commissions par droit de tirage s'est fait par &eacute;tapes.&nbsp;</p><p>Dans un premier temps, de 2009 &agrave; 2017 elles &eacute;taient peu nombreuses, avec une mont&eacute;e en puissance lente. On peut citer la <a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/instances/resume/OMC_PO59011?force" target="_blank" rel="noopener noreferrer">commission sur la politique de l'eau et des ressources hydrauliques en 2009,</a> la premi&egrave;re du genre, puis en <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/financement_syndicats_employeurs_salaries.asp" target="_blank" rel="noopener noreferrer">2011 la commission sur le financement des organisations syndicales</a> et celle sur les <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2869.asp" target="_blank" rel="noopener noreferrer">concours financiers de l'&Eacute;tat aux collectivit&eacute;s locales en 2015.</a></p><p>La p&eacute;riode 2017-2022 marque une certaine banalisation de la proc&eacute;dure avec la <a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/15/autres-commissions/commissions-d-enquete-de-la-xv-eme-legislature/commission-d-enquete-sur-les-decisions-de-l-etat-en-matiere-de-politique-industrielle-notamment-dans-les-cas-d-alstom-d-alcatel-et-de-stx" target="_blank" rel="noopener noreferrer">commission sur la politique industrielle (Alstom) en 2019</a>, celle sur <a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/static/15/pdf/rapport/i3633.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la gestion du Covid partiellement cr&eacute;&eacute;e par droit de tirage en 2020</a>, et <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/obstacle_independance_pouvoir_judiciaire" target="_blank" rel="noopener noreferrer">celle sur les obstacles &agrave; l'ind&eacute;pendance du pouvoir judiciaire en 2021</a>.</p><p>Enfin la p&eacute;riode actuelle, de 2022 &agrave; 2024, se traduit par une v&eacute;ritable inflation de ces commissions. Des ing&eacute;rences &eacute;trang&egrave;res &agrave; la protection de l'enfance, en passant par les incendies, l'eau en bouteille ou les finances publiques, on ne compte plus les sujets abord&eacute;s. Cette situation est d'abord li&eacute;e &agrave; l'&eacute;miettement des groupes politiques, qui sont de plus en plus nombreux &agrave; user de cette proc&eacute;dure. Actuellement, l'Assembl&eacute;e ne compte par moins <a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/instances/liste/groupes_politiques/effectif" target="_blank" rel="noopener noreferrer">de onze groupes</a>, dont huit d'opposition. C'est consid&eacute;rable si l'on compare avec les six groupes parlementaires du quinquennat Hollande et les quatre de celui de Nicolas Sarkozy.</p><p>Mais cette explication arithm&eacute;tique ne suffit pas &agrave; rendre compte de la situation actuelle. Pour la seule l&eacute;gislature actuelle, on d&eacute;nombre onze commissions cr&eacute;&eacute;es par droit de tirage depuis moins d'un an. Elles portent sur des sujets tr&egrave;s divers, de la violence dans les &eacute;tablissements scolaires &agrave; la r&eacute;industrialisation de la France, en passant par les plans sociaux, le syst&egrave;me de sant&eacute;, les cons&eacute;quences des essais nucl&eacute;aires etc. L'inflation vient aussi, &agrave; l'&eacute;vidence, de la politisation d'un outil qui se d&eacute;finit aussi comme un lieu d'affrontements politiques, l'aboutissement des travaux n'&eacute;tant peut-&ecirc;tre pas la finalit&eacute; poursuivie.</p><p><br></p><h3><span>L'aboutissement des travaux</span></h3><p><br></p><p>Pr&eacute;cis&eacute;ment, ces commissions se heurtent &agrave; des difficult&eacute;s structurelles qui affectent leur efficacit&eacute;. Rappelons en effet que la loi de majorit&eacute; revient avec le d&eacute;but du fonctionnement de la commission. En principe, elle dispose de six moins pour r&eacute;diger son rapport. Il est arriv&eacute; toutefois, et notamment pour la commission d'enqu&ecirc;te sur le financement des organisations syndicales, que la commission ne puisse r&eacute;diger son rapport dans le d&eacute;lai, en raison des divergences entre ses membres. Dans ce cas, la commission dispara&icirc;t &agrave; l'issue du d&eacute;lai de six mois, et ses travaux et documents sont remis au Pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e nationale qui ne peut les diffuser avant un d&eacute;lai de vingt-cinq ans.</p><p>Les commissions s'efforcent toutefois de limiter l'&eacute;chec total, situation qui nuit aussi bien &agrave; la majorit&eacute; qu'&agrave; l'opposition. Une pratique s'est d&eacute;velopp&eacute;e qui consiste &agrave; adopter le rapport sans en approuver le contenu. Il est ainsi publi&eacute;, proc&eacute;dure indispensable &agrave; la transparence politique et au droit du citoyen &agrave; l'information. En revanche, les parlementaires de la majorit&eacute; se voient plus ou moins contraints de s'abstenir, voire de voter le rapport pour le publier, alors m&ecirc;me qu'ils n'adh&egrave;rent pas &agrave; ses conclusions. Ce fut le cas de la <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/ceelec/l17b1479_rapport-enquete" target="_blank" rel="noopener noreferrer">commission d'enqu&ecirc;te sur l'organisation des &eacute;lections en France, en mai 2025,</a> et tout r&eacute;cemment de la commission sur l'audiovisuel public.</p><p><br></p><h3><span>Un espace de confrontation politique</span></h3><p><br></p><p>Les travaux des commissions sont transparents, souvent diffus&eacute;s &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, et les groupes politiques minoritaires b&eacute;n&eacute;ficient alors d'une audience qu'ils n'ont pas n&eacute;cessairement dans l'h&eacute;micycle. L'objet est davantage l'exploitation d'un scandale et la confrontation politique et m&eacute;diatique que la recherche d'une expertise. Ces commissions ne se traduisent d'ailleurs g&eacute;n&eacute;ralement pas par des avanc&eacute;es l&eacute;gislatives. Une fois les travaux termin&eacute;s, il ne se passe g&eacute;n&eacute;ralement pas grand-chose.</p><p>Ces commissions d'enqu&ecirc;te par droit de tirage traduisent ainsi le d&eacute;veloppement de la conflictualit&eacute; parlementaire. La commission devient l'espace d'une joute politique et les parlementaires eux-m&ecirc;mes savent bien qu'ils en sont membres essentiellement pour &eacute;changer questions embarrassantes et formules assassines. Les lobbies s'y introduisent d'ailleurs largement, non pas pour &eacute;clairer les membres de la commission mais pour leur souffler questions ou r&eacute;ponses. La finalit&eacute; de la commission d'enqu&ecirc;te devient alors la commission d'enqu&ecirc;te. La commission Alloncle fera-t-elle exception ? La question est pos&eacute;e.</p><p><br></p><p><br></p><p><br></p><div><br></div>]]></content>
	<updated>2026-06-26T16:19:20+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-26T16:19:20+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiajaYJ7w32_m6rlKQhye8FXBE4T6EpxRSLHLIjB220PrHbhd-vGwIJKpbTA_6I0qzBbWFGp_37WvaomVs7-gaeEcwc2id9pVE9y_PCgXfyJ0VF7h_c1XL5928uBCk45Sgrs2XkisfucUU3h2vjKWW1UcyEgncZl-5UeJ0bbwmE1PIKGJ65nXARZqTJVfg/s72-w198-h160-c/facade-palais-bourbon@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-01:/286706</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/justice-des-mineurs-le-conseil.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Justice des mineurs : Le Conseil constitutionnel fait de la résistance.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La&nbsp;d&eacute;cision rendue sur QPC le 17 avril 2026&nbsp;M. Sawran S., r&eacute;affirme le principe fondamenta...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span></span></span></p><div><span><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjE9BKEQ8CchtzP0Q3T0J3zM3N5XbwbUsibFiDdCKWAU3hKOn3BbsD3wL9Jw4w-Gi_F_AdXxn9kKC3_E2XgWUwDsefi8y8dEkT1Bc8N3aioWRms0g6weItcrM-16dFB6uSO6rIDHWcqCU6eY_U0yXK8m5rl9qoSnHx-VQgKOOHXEXeJ7TzfVVQkjp_kB1Y/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjE9BKEQ8CchtzP0Q3T0J3zM3N5XbwbUsibFiDdCKWAU3hKOn3BbsD3wL9Jw4w-Gi_F_AdXxn9kKC3_E2XgWUwDsefi8y8dEkT1Bc8N3aioWRms0g6weItcrM-16dFB6uSO6rIDHWcqCU6eY_U0yXK8m5rl9qoSnHx-VQgKOOHXEXeJ7TzfVVQkjp_kB1Y/s1600/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></span></div><span><span><br><div><span>La</span><span>&nbsp;</span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/cons/id/CONSTEXT000053915390?fonds=CONSTIT&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=constit" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue sur QPC le 17 avril 2026&nbsp;<i>M. Sawran S.</i></a><span>, r&eacute;affirme le principe fondamental reconnu par les lois de la R&eacute;publique (PFLR),&nbsp;imposant la n&eacute;cessit&eacute; de rechercher le rel&egrave;vement &eacute;ducatif et moral des enfants d&eacute;linquants par des mesures adapt&eacute;es &agrave; leur &acirc;ge et &agrave; leur personnalit&eacute;, prononc&eacute;es par une juridiction sp&eacute;cialis&eacute;e ou selon des proc&eacute;dures appropri&eacute;es. Par cette d&eacute;cision, le Conseil affirme clairement sa r&eacute;sistance face au mouvement d'alignement de la justice des mineurs sur celle des majeurs.</span></div></span></span><p></p><p><span>Le requ&eacute;rant conteste le maintien automatique en d&eacute;tention d'un mineur de seize ans condamn&eacute; &agrave; une peine ferme par la cour d'assises des mineurs, devant laquelle il avait comparu d&eacute;tenu, alors qu'il fait appel de sa condamnation. La QPC est d&eacute;pos&eacute;e &agrave; l'occasion de cet appel et conteste finalement l'application aux mineurs du droit commun de la d&eacute;tention provisoire.</span></p><p><span>Les dispositions contest&eacute;es sont les <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039088061" target="_blank" rel="noopener noreferrer">articles L 231-7</a> et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000039086952/LEGISCTA000039088469/2021-09-30/?anchor=LEGIARTI000039088473#LEGIARTI000039088473" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L 531-2 du code de la justice p&eacute;nale des mineurs</a> issus de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039085102/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnances du 11 septembre 2019</a>. Elles ont pour point commun d'aligner la justice p&eacute;nale des mineurs sur celle des majeurs, pour ce qui est de la cour d'assises des mineurs et de l'appel de ses arr&ecirc;ts.</span></p><p><span>La d&eacute;cision du Conseil constitutionnel se lit comme un savant m&eacute;lange de prudence et d'audace.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Prudence : la d&eacute;tention du mineur&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La prudence tout d'abord, car le Conseil rend une d&eacute;cision de conformit&eacute;. Il admet donc que l'arr&ecirc;t de condamnation par la cour d'assises des mineurs peut valoir titre de d&eacute;tention en cas d'appel. Mais il accompagne d&eacute;cision d'une r&eacute;serve d'interpr&eacute;tation. Il impose ainsi &agrave; la cour d'assises des mineurs de v&eacute;rifier, au regard des circonstances, la situation personnelle du mineur au regard de la gravit&eacute; des infractions.&nbsp;</span></p><p><span>Le maintien en d&eacute;tention est possible, mais &agrave; la condition qu'il "<i>n'exc&egrave;de pas la rigueur n&eacute;cessaire</i>". En fonction de cette &eacute;valuation de la situation personnelle du mineur, la cour peut choisir une autre mesure de s&ucirc;ret&eacute;, mise en libert&eacute; sous contr&ocirc;le judiciaire ou assignation &agrave; r&eacute;sidence sous surveillance &eacute;lectronique (ARSE). Ces mesures sont identiques pour les majeurs et pour les mineurs de plus de seize ans, avec quelques adaptations. C'est ainsi que le contr&ocirc;le judiciaire peut se traduire par une&nbsp;obligation de r&eacute;sider en centre &eacute;ducatif ferm&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><span>Ch&eacute;rubin puni, envoy&eacute; &agrave; l'Arm&eacute;e</span><p></p><p><span>Figaro : "Non pi&ugrave; andrai, Farfallone amoroso"</span></p><p><span>Les Noces de Figaro. W. A. Mozart</span></p><p><span>Figaro : Luca Pisaroni</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Audace : la dur&eacute;e de la d&eacute;tention</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>En revanche, le Conseil constitutionnel censure le renvoi aux dur&eacute;es de d&eacute;tention fix&eacute;es dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038271340/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 380-3-1 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a>. L&agrave; encore, il s'agit d'un alignement avec le droit applicable aux majeurs. Lorsque le mineur condamn&eacute; est d&eacute;tenu, sa comparution doit intervenir dans le d&eacute;lai d'un an apr&egrave;s l'appel. Si l'audience ne peut se tenir avant l'issue de ce d&eacute;lai, la d&eacute;tention provisoire peut &ecirc;tre prolong&eacute;e pour une dur&eacute;e de six mois ou d'un an, renouvelable une fois.&nbsp;</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel proc&egrave;de &agrave; la computation de ces d&eacute;lais et en d&eacute;duit que le maintien d'un mineur condamn&eacute; en d&eacute;tention provisoire peut atteinte "<i>trois ans dans certains cas</i>". Il censure ces dispositions au motif qu'elles "<i>ne font l'objet d'aucune adaptation par rapport &agrave; celles applicables aux majeurs"</i>. L'abrogation est toutefois report&eacute;e au 31 octobre 1927, d&eacute;lai jug&eacute; indispensable pour permette de changer la loi. En tout &eacute;tat de cause cependant, il est clair que les dispositions jug&eacute;es non conformes &agrave; la constitution, ne seront plus appliqu&eacute;es jusqu'&agrave; la modification du code de la justice des mineurs.</span></p><p><br></p><h3><span>Rappel d'un principe fondamental</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Pour justifier sa d&eacute;cision, le Conseil constitutionnel fait un usage que l'on pourrait qualifier d'offensif du principe fondamental reconnu par les lois de la R&eacute;publique (PFLR), issu de sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2002/2002461DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 29 ao&ucirc;t 2002</a>. Il y &eacute;nonce le "<i>principe de l'att&eacute;nuation de la responsabilit&eacute; p&eacute;nale des mineurs en fonction de l'&acirc;ge, comme la n&eacute;cessit&eacute; de rechercher le rel&egrave;vement &eacute;ducatif et moral des enfants d&eacute;linquants par des mesures adapt&eacute;es &agrave; leur &acirc;ge et &agrave; leur personnalit&eacute;, prononc&eacute;e par une juridiction sp&eacute;cialis&eacute;e ou selon des proc&eacute;dures adapt&eacute;es</i>".</span></p><p><span>Ce principe trouve son origine dans la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000874224/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 12 avril 1906 sur la responsabilit&eacute; p&eacute;nale des mineurs</a>, celle du <a href="https://plateformejonas.fr/wp-content/uploads/2025/11/12017-Loi-du-22-juillet-1912-instituant-les-tribunaux-pour-enfants.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">22 juillet 1912 sur les tribunaux pour enfants</a>, et enfin l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006069158/2021-01-03/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 2 f&eacute;vrier 1945 sur l'enfance&nbsp;d&eacute;linquante</a>. D&egrave;s cette d&eacute;cision du 29 ao&ucirc;t 2002, le Conseil pr&eacute;cise que cette sp&eacute;cificit&eacute; de la justice des mineurs ne fait pas obstacle &agrave; ce que des privations de libert&eacute; soient prononc&eacute;es. Mais leur n&eacute;cessit&eacute; doit &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e au regard de l'&acirc;ge et de la personnalit&eacute; du jeune d&eacute;linquant. L<span>a contrainte doit demeurer exceptionnelle, individualis&eacute;e et contr&ocirc;l&eacute;e par un magistrat ou une juridiction tenant compte de la minorit&eacute;.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment ce point qui fait basculer la d&eacute;cision <i>Sawran S. </i>Le probl&egrave;me ne r&eacute;side pas le fait qu'un jeune de seize ans soit plac&eacute; en d&eacute;tention provisoire. Il r&eacute;side dans le fait que la loi a op&eacute;r&eacute; une transposition m&eacute;canique d'un r&eacute;gime pens&eacute; pour les majeurs.</span></span></p><p><span><span>Cette d&eacute;cision s'inscrit dans une s&eacute;quence jurisprudentielle faite de QPC largement transmises par la Cour de cassation. <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2025/06/la-loi-attal-eparpillee-facon-puzzle.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le 19 juin 2025</a>, le Conseil a ainsi censur&eacute; partiellement la loi <i>Attal</i> visant &agrave; renforcer l'autorit&eacute; de la justice &agrave; l'&eacute;gard des mineurs d&eacute;linquants et de leurs parents. &Eacute;taient alors sanctionn&eacute;s l'allongement &agrave; un an de la d&eacute;tention provisoire pour des mineurs de moins de seize ans et le caract&egrave;re exceptionnel de la suppression de l'excuse de minorit&eacute;. Quelques jours plus tard, une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/20251143QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 27 juin 2025 </a><i><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/20251143QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Mohamed Z</a>.</i> a sanctionn&eacute; une disposition autorisant la&nbsp;</span></span><span>d&eacute;tention provisoire d'un mineur, en l'absence de d&eacute;cision d'un juge sp&eacute;cialis&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>Le rappel, &agrave; trois reprises en quelques mois, de ce PFLR consacrant la sp&eacute;cificit&eacute; de la justice des mineurs, s'analyse comme un acte de r&eacute;sistance &agrave; une tendance lourde des gouvernements successifs qui cherchent &agrave; aligner la justice des mineurs sur celle des majeurs. Certes, l'ordonnance du 11 septembre 2019 la codifie, mais c'est aussi dans le but d'&eacute;carter la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la c&eacute;l&egrave;bre ordonnance de 1945 qui consacrait une vision largement &eacute;ducative de cette justice. Aujourd'hui, le Conseil n'&eacute;carte pas l'id&eacute;e d'une justice des mineurs plus s&eacute;v&egrave;re, choix qui appartient au l&eacute;gislateur. Il prot&egrave;ge en revanche sa sp&eacute;cificit&eacute;, revenant ainsi &agrave; ses origines et rappelant que le d&eacute;linquant est un enfant. Sur un plan plus concret, il rappelle aussi que la minorit&eacute; n'est pas seulement une circonstance att&eacute;nuante, mais aussi le support d'une justice d&eacute;sormais constitutionnalis&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><p><span>&nbsp;<b>Les PFLR</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 3 section 2 &sect; 2 A&nbsp;</span></p><div><span><br></span></div>]]></content>
	<updated>2026-06-26T16:18:52+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-26T16:18:52+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjE9BKEQ8CchtzP0Q3T0J3zM3N5XbwbUsibFiDdCKWAU3hKOn3BbsD3wL9Jw4w-Gi_F_AdXxn9kKC3_E2XgWUwDsefi8y8dEkT1Bc8N3aioWRms0g6weItcrM-16dFB6uSO6rIDHWcqCU6eY_U0yXK8m5rl9qoSnHx-VQgKOOHXEXeJ7TzfVVQkjp_kB1Y/s72-c/CC@0.jpeg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-27:/286324</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/rapport-alloncle-le-debat-democratique.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Rapport Alloncle : le débat démocratique est ouvert.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le rapport de la commission d'enqu&ecirc;te sur la neutralit&eacute;, le fonctionnement et le financement de l'au...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiIj9SOsBTfcn3T72yILX4zGYDx0yZgJeqoxTk3ReTbtcdGsYnteuZhrhfrLiSn_LBZYPjBclZOieS3dbCDtQAFc8iBokj9jeJrrTEN9juy7eUhZru5Nlh1FTU02PtIV1APgeT0_UfhjzPlMyppqx9k_SwSvT2yKq53S5QEMPokws52TPZ9bSy12anouWg/s430/facade-palais-bourbon@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiIj9SOsBTfcn3T72yILX4zGYDx0yZgJeqoxTk3ReTbtcdGsYnteuZhrhfrLiSn_LBZYPjBclZOieS3dbCDtQAFc8iBokj9jeJrrTEN9juy7eUhZru5Nlh1FTU02PtIV1APgeT0_UfhjzPlMyppqx9k_SwSvT2yKq53S5QEMPokws52TPZ9bSy12anouWg/w194-h157/facade-palais-bourbon@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><p><span><span><br></span>Le rapport de la commission d'enqu&ecirc;te sur la neutralit&eacute;, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public vient d'&ecirc;tre adopt&eacute; par douze voix contre dix, vote particuli&egrave;rement serr&eacute; qui t&eacute;moigne des tensions politiques d&eacute;velopp&eacute;es autour de ce rapport. Rappelons que cette commission a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e le 28 octobre 2025 sur le fondement de l'<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/divers/texte_reference/02_reglement_assemblee_nationale#D_Article_141_423" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 141 al. 2 du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e nationale</a>, &agrave; l'initiative du groupe <i>Union des droites pour la R&eacute;publique </i>(UDR). Son rapporteur est <i>Jean-Charles Alloncle</i> (UDR - H&eacute;rault).&nbsp;</span></p><p></p><p><span>La date du 28 octobre 2025 est importante, car une commission d'enqu&ecirc;te doit imp&eacute;rativement adopter son rapport dans un d&eacute;lai de six mois apr&egrave;s sa cr&eacute;ation. La mission de la commission <i>Alloncle</i> prend donc fin demain, le 28 avril 2026. Elle est alors juridiquement dessaisie, ne peut plus auditionner, demander des pi&egrave;ces, ou simplement d&eacute;lib&eacute;rer. Le vote du 27 avril 2026 est donc un vote d'adoption, pas un vote de publication, contrairement &agrave; ce qui est largement affirm&eacute; par les commentateurs. Ceci &eacute;tant, en pratique, l'adoption va entrainer la publication, sauf hypoth&egrave;se de la constitution de l'Assembl&eacute;e elle-m&ecirc;me en comit&eacute; secret pour s'y opposer.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Principe : la transparence est la r&egrave;gle, le secret l'exception</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le droit parlementaire conna&icirc;t trois cat&eacute;gories de rapports. D'abord, les rapports l&eacute;gislatifs sur un projet ou une proposition de loi sont publi&eacute;s comme documents parlementaires, sans aucun vote sp&eacute;cifique sur leur publicit&eacute;. Celle-ci rel&egrave;ve de l'effet ordinaire de la proc&eacute;dure l&eacute;gislative. Ensuite, les rapports d'information sont le produit des commissions permanentes, d&eacute;l&eacute;gations, offices. Ces institutions d&eacute;cident de la publication, sans vote de l'Assembl&eacute;e nationale. Enfin, les rapports des commissions d'enqu&ecirc;te, et c'est le cas de la commission <i>Alloncle</i>, sont publi&eacute;s selon une proc&eacute;dure plus formaliste.</span></p><p><span>Leur fondement constitutionnel repose d'abord sur l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000019241014/2021-07-27" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 24 de la constitution</a>&nbsp;qui confie au Parlement le contr&ocirc;le de l&rsquo;action du Gouvernement et l&rsquo;&eacute;valuation des politiques publiques. Les commissions d'enqu&ecirc;te, quant &agrave; elles, sont pr&eacute;vues par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000019241066/2021-07-27" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 51-2 de la constitution</a> et l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000035391366/2024-04-18/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958</a> relative au fonctionnement des assembl&eacute;es parlementaires. Ce texte pr&eacute;voit que les commissions d&rsquo;enqu&ecirc;te recueillent des informations sur des faits d&eacute;termin&eacute;s ou sur la gestion des services publics ou entreprises nationales, que leur mission prend fin par le d&eacute;p&ocirc;t du rapport ou, au plus tard, au bout de six mois, et que les auditions sont publiques sauf d&eacute;cision de secret.</span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgbtrIQcx_CGiYT6ksEli4RUI_4qZGW5NvIqMs4SRVEnScBDkbJHoOZz2tkED0zfbyy82SGi4b9yFhLvELLDd95a1-gxGwkjex4WagiVr-ZV_0jwkT9bdWii4iEB_2Mgmsgxe0xk0NESZm2QtFXrQhjscGhS7G_OHU2YOomIyadxH8K071VoMdm9VFiYLU/s786/s.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgbtrIQcx_CGiYT6ksEli4RUI_4qZGW5NvIqMs4SRVEnScBDkbJHoOZz2tkED0zfbyy82SGi4b9yFhLvELLDd95a1-gxGwkjex4WagiVr-ZV_0jwkT9bdWii4iEB_2Mgmsgxe0xk0NESZm2QtFXrQhjscGhS7G_OHU2YOomIyadxH8K071VoMdm9VFiYLU/w351-h424/s.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span><span>Le bouclier arverne&nbsp;</span></span></div><div><span><span>Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1968</span></span></div><p></p><p><br></p><h3><span>L'intervention de l'Assembl&eacute;e nationale</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La r&egrave;gle de publicit&eacute; du rapport d'enqu&ecirc;te est donc formul&eacute;e de mani&egrave;re n&eacute;gative : le rapport est publiable, sauf d&eacute;cision contraire de l'Assembl&eacute;e int&eacute;ress&eacute;e, prise par un vote sp&eacute;cial apr&egrave;s constitution en comit&eacute; secret. L'<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/divers/texte_reference/02_reglement_assemblee_nationale#D_Article_1442_433" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 144-2 du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e</a> envisage ainsi deux hypoth&egrave;ses.&nbsp;</span></p><p><span>Dans le cas d'un rapport non d&eacute;pos&eacute; &agrave; l'issue du d&eacute;lai de six mois apr&egrave;s la cr&eacute;ation de l'Assembl&eacute;e, le pr&eacute;sident de la commission remet au pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e les documents en sa possession qui ne peuvent donner lieu &agrave; aucune publication ni aucun d&eacute;bat. C'est exactement ce qui s'est produit lors de la cr&eacute;ation de la commission sur l'affaire <i>Benalla</i>. Il s'agissait alors d'une initiative de la commission des lois, dot&eacute;e pour l'occasion des pr&eacute;rogatives d'une commission d'enqu&ecirc;te. Les travaux se sont v&eacute;ritablement embourb&eacute;s, situation pr&eacute;visible &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; une large majorit&eacute; macronienne souhaitait qu'elle n'aboutisse pas &agrave; un rapport.&nbsp;</span></p><p><span>Dans le cas, nettement plus fr&eacute;quent, o&ugrave; la commission d'enqu&ecirc;te adopte son rapport, celui-ci est remis au pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e, acte dont il est fait &eacute;tat au <i>Journal Officiel.</i> <span>Sauf d&eacute;cision contraire de l&rsquo;Assembl&eacute;e constitu&eacute;e en comit&eacute; secret dans les conditions pr&eacute;vues &agrave; l&rsquo;article&nbsp;51, le rapport est imprim&eacute; et distribu&eacute;. Il peut donner lieu &agrave; un d&eacute;bat sans vote en s&eacute;ance publique. En tout &eacute;tat de cause, la demande de constitution de l'Assembl&eacute;e en comit&eacute; secret dans le but de ne pas autoriser la publication de tout ou partie du rapport, doit &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute;e dans un d&eacute;lai de cinq jours francs &agrave; compter la publication du d&eacute;p&ocirc;t au <i>Journal Officiel</i>.</span></span></p><p><span><span>La proc&eacute;dure n'est pas tr&egrave;s diff&eacute;rente au S&eacute;nat, reposant sur une d&eacute;cision implicite d'acceptation plus ramass&eacute;e dans le temps. Si aucune demande&nbsp;</span><span>de constitution du S&eacute;nat en comit&eacute; secret n&rsquo;est formul&eacute;e dans les vingt-quatre heures, le rapport est publi&eacute;. Le cas &eacute;ch&eacute;ant, ce d&eacute;lai peut &ecirc;tre prolong&eacute; de quatre jours &agrave; la demande du pr&eacute;sident du S&eacute;nat, du pr&eacute;sident ou du rapporteur de la commission d'enqu&ecirc;te, ou enfin d'un pr&eacute;sident de groupe.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Mais le principe demeure, la publicit&eacute; est la r&egrave;gle et le secret l'exception.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Les pr&eacute;c&eacute;dents de non-publication</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>Cette situation explique sans doute la raret&eacute; des refus de communication des rapports des commissions d'enqu&ecirc;te, au point qu'il n'existe pas de statistiques pertinentes dans ce domaine.</span></span></p><p><span><span>A l'Assembl&eacute;e nationale, seul est recens&eacute; le rapport <i>Perruchot</i>&nbsp;</span></span><span><b>&nbsp;</b><span><b>s</b>ur les m&eacute;canismes de financement des organisations syndicales d&rsquo;employeurs et de salari&eacute;s</span></span><span><span>, en 2011. Observons qu'il s'agit l&agrave; d'un cas dans lequel le rapport n'a pas &eacute;t&eacute; adopt&eacute; par la commission, l'Assembl&eacute;e n'ayant donc pas eu l'occasion de se r&eacute;unir en comit&eacute; secret. Les documents sont archiv&eacute;s et ne peuvent donner lieu &agrave; aucune publication ni &agrave; aucun d&eacute;bat. Seuls les chercheurs pourront y acc&eacute;der, vingt-cinq ans plus tard.</span></span></p><p><span><span>La situation est identique au S&eacute;nat, o&ugrave; le pr&eacute;c&eacute;dent le plus net est celui de la&nbsp;</span><span>commission d&rsquo;enqu&ecirc;te sur la r&eacute;alit&eacute; du d&eacute;tournement du cr&eacute;dit d&rsquo;imp&ocirc;t-recherche de son objet</span><span>, en 2015. L&agrave; encore, le rapport n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; adopt&eacute;, et le S&eacute;nat ne s'est pas r&eacute;uni en comit&eacute; secret. Dans ce cas cependant, le secret n'a pas &eacute;t&eacute; r&eacute;ellement respect&eacute;. Les notes personnelles de la rapporteure ont en effet circul&eacute; de mani&egrave;re informelle.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span>Une anomalie institutionnelle</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La non-publication est donc une anomalie statistiquement marginale, mais aux cons&eacute;quences qui m&eacute;ritent d'&ecirc;tre discut&eacute;es.&nbsp;</span></p><p><span>Le premier point important est que le principe de souverainet&eacute; parlementaire fait obstacle &agrave; tout recours contentieux dans ce domaine.&nbsp;</span></p><p><span>Les documents parlementaires &eacute;chappent aux r&egrave;gles de communication &eacute;dict&eacute;es par la loi du 17 juillet 1978, aujourd'hui codifi&eacute;e dans le code des relations entre le public et l'administration. De fait, la Commission d'acc&egrave;s aux documents administratifs (CADA) se d&eacute;clare incomp&eacute;tente, dans un <a href="https://cada.data.gouv.fr/20221659/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">avis du 31 mars 2022</a>, pour se prononcer sur les documents transmis, &agrave; sa demande, &agrave; la commission d'enqu&ecirc;te s&eacute;natoriale sur l'influences des cabinets de conseils priv&eacute;s sur les politiques publiques. Elle n'interdit pas, toutefois, que des documents qui &eacute;taient d&eacute;j&agrave; de nature administrative avant leur transmission demeurent communicables.</span></p><p><span><span>Le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat confirme cette analyse dans sa <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000051305426" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du&nbsp;</a></span><span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000051305426" target="_blank" rel="noopener noreferrer">7 mars 2025, <i>Association Coordination des associations et des particuliers pour la libert&eacute; de conscience</i></a></span><span>. L&rsquo;affaire portait sur des documents du minist&egrave;re de l'Int&eacute;rieur transmis &agrave; la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur les sectes de 1995. Le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat juge que le rapport &eacute;tabli sp&eacute;cialement &agrave; la demande de la commission, ainsi que les pi&egrave;ces indissociables, ont le caract&egrave;re de documents parlementaires. Leur communication ne peut donc intervenir sur le fondement du code des relations entre le public et l'administration.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Cette non-publication, confort&eacute;e par l'absence de recours possible, est certes pr&eacute;vue par les textes. Sur le plan politique, on peut toutefois s'interroger sur sa justification.&nbsp;</span></span><span><span>Une commission d&rsquo;enqu&ecirc;te n&rsquo;est pas une r&eacute;union priv&eacute;e de parlementaires. Elle agit au nom d&rsquo;une assembl&eacute;e comme en t&eacute;moigne l'intervention de celle-ci pour refuser la publication. Elle mobilise des moyens publics, auditionne sous serment des personnes qui ont l&rsquo;obligation de compara&icirc;tre, et a pour finalit&eacute; d'&eacute;clairer les citoyens. L&rsquo;enterrement pur et simple du rapport heurte donc directement le principe de transparence d&eacute;mocratique.</span></span></p><p><span><span>Le d&eacute;bat autour du rapport <i>Alloncle</i> montre que la volont&eacute; de ne pas publier ne prot&egrave;ge pas seulement des int&eacute;r&ecirc;ts l&eacute;gitimes.&nbsp;</span></span></p><p><span><span><span>Certes, les opposants affirment qu'il contient des erreurs graves et des jugements de valeur &agrave; l'emporte-pi&egrave;ce. Mais c'est au contraire un argument essentiel pour le publier. En effet, la solution n'est pas&nbsp;</span></span><span>d'interdire aux citoyens d'en prendre connaissance pour se rendre compte par eux-m&ecirc;mes de ces erreurs. Ce serait les traiter comme des enfants incapables de juger de la qualit&eacute; de ce qu'ils lisent. Le vote acquis aujourd'hui montre qu'il est bien pr&eacute;f&eacute;rable d'assumer la transparence et de d&eacute;battre des erreurs &eacute;ventuelles contenues dans ce travail. Peut-on en effet avoir peur du d&eacute;bat d&eacute;mocratique ?</span></span></p><p><span><span>En r&eacute;alit&eacute;, les difficult&eacute;s de ce votre ont montr&eacute; que le refus d'adoption et la non-publication sont plut&ocirc;t envisag&eacute;s comme une arme tactique. Une majorit&eacute; de circonstance au sein d'une commission d'enqu&ecirc;te peut refuser l'adoption pour emp&ecirc;cher la publication d'un rapport, non parce qu'il viole un secret, mais parce qu'il d&eacute;range, parce que ses conclusions sont jug&eacute;es partisanes, pas conformes &agrave; ce que l'on souhaite entendre. Dans cette hypoth&egrave;se, le secret cesse d'&ecirc;tre un instrument de protection pour devenir un instrument d'effacement.</span></span></p><p><span><span>S'il offre une r&eacute;flexion discutable sur l'audiovisuel public, le rapport <i>Alloncle</i>&nbsp;peut d'abord &ecirc;tre critiqu&eacute; par les parlementaires qui ont particip&eacute; &agrave; ses travaux. Mais il aura aussi permis de susciter une autre r&eacute;flexion, sur d&eacute;bat d&eacute;mocratique.</span></span></p><p><br></p><ol>
<li><br></li></ol>]]></content>
	<updated>2026-06-26T16:18:15+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-06-26T16:18:15+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiIj9SOsBTfcn3T72yILX4zGYDx0yZgJeqoxTk3ReTbtcdGsYnteuZhrhfrLiSn_LBZYPjBclZOieS3dbCDtQAFc8iBokj9jeJrrTEN9juy7eUhZru5Nlh1FTU02PtIV1APgeT0_UfhjzPlMyppqx9k_SwSvT2yKq53S5QEMPokws52TPZ9bSy12anouWg/s72-w194-h157-c/facade-palais-bourbon@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-25:/286247</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/les-invites-de-llc-camille-see-la-femme.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les Invités de LLC - Camille Sée - &quot;La femme n&#039;est pas née pour vivre dans un couvent&quot;</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui&nbsp;</span><span>ceux qui ont construit son socle&nbsp; philosophique, et qui ont particip&eacute; aux d&eacute;bats &agrave; l'origine des grandes lois protectrices des libert&eacute;s.&nbsp;</span><span>Les courts extraits qui sont propos&eacute;s n'ont pas d'autre objet que de susciter une r&eacute;flexion un peu d&eacute;tach&eacute;e des contingences de l'actualit&eacute;, et de donner envie de r&eacute;fl&eacute;chir aux &eacute;volutions du droit.&nbsp;</span></p><div><div><span>Les choix des textes ou citations sont purement subjectifs, d&eacute;tach&eacute;s de toute approche chronologique. Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.</span></div><div><span>&nbsp;</span></div><div><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs un extrait du discours de Camille S&eacute;e, prononc&eacute;e &agrave; la Chambre des d&eacute;put&eacute;s le 19 janvier 1880. Le 29 octobre 1878, il avait d&eacute;pos&eacute;e une proposition de loi relatif &agrave; l'enseignement secondaire des jeunes filles. Dans ce court extrait, il s'oppose notamment &agrave; Emile Keller,&nbsp; d&eacute;put&eacute; de Belfort, et repr&eacute;sentant du "parti cl&eacute;rical".</span></div><div><span><br></span></div></div><h2><span><span>Camille S&eacute;e</span><span><br></span></span></h2><h3><span>Discours &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale</span></h3><h3><span>"La femme n'est pas n&eacute;e&nbsp;</span></h3><h3><span>pour vivre dans un couvent"</span></h3><h3><span>19 janvier 1880</span></h3><div><span><br></span></div><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhGiru7f1WOUVyLtqB5r52MHR3tBItvpbY4YoP_K8VLXtmkd_rBQP_9ZuRbjlz6md4o4G0fLsvT_cUUL_joSNsA1khSntzmdDRFY1KXKYjWQiJtOPArR-WF2EmAoi8ozlOHM91j5p5cq_cUmt4QUIdYdcGErgDX1D-bBezv3f3YKdiRQs2vyiHaxYtnzSo/s1214/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-25%20a%CC%80%2020.01.04.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhGiru7f1WOUVyLtqB5r52MHR3tBItvpbY4YoP_K8VLXtmkd_rBQP_9ZuRbjlz6md4o4G0fLsvT_cUUL_joSNsA1khSntzmdDRFY1KXKYjWQiJtOPArR-WF2EmAoi8ozlOHM91j5p5cq_cUmt4QUIdYdcGErgDX1D-bBezv3f3YKdiRQs2vyiHaxYtnzSo/w241-h399/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-25%20a%CC%80%2020.01.04.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span></div><p>(...)</p><p><span>&laquo; Quoi qu&rsquo;il en soit, le p&egrave;re, quand il s&rsquo;agit de son fils, intervient. Le fils est envoy&eacute; au lyc&eacute;e ou au coll&egrave;ge ; et m&ecirc;me &agrave; ce point de vue il serait pu&eacute;ril de ne pas reconna&icirc;tre que l&rsquo;influence du p&egrave;re tend depuis quelques ann&eacute;es &agrave; s&rsquo;effacer de plus en plus devant l&rsquo;influence de la m&egrave;re. L&rsquo;enseignement la&iuml;que fl&eacute;chit au profit de l&rsquo;enseignement congr&eacute;ganiste.</span></p><p><span>Le p&egrave;re, quand il s&rsquo;agit de sa fille, se d&eacute;sint&eacute;resse de son &eacute;ducation, sous pr&eacute;texte que l&rsquo;&eacute;ducation de la fille appartient &agrave; la m&egrave;re. Non seulement il ne cherche pas &agrave; redresser les erreurs de la premi&egrave;re &eacute;ducation, mais il trouve naturel, comme on l&rsquo;a dit de ce c&ocirc;t&eacute; de la Chambre (L&rsquo;orateur indique le c&ocirc;t&eacute; droit), que sa fille soit &eacute;lev&eacute;e dans un couvent.</span></p><p><span>C&rsquo;est ainsi que, par une condescendance coupable, se perp&eacute;tue de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration un &eacute;tat de choses contraire et &agrave; la morale et &agrave; la loi sociale. La femme, malgr&eacute; ses instincts de soumission et de tendresse, vit &agrave; l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;adversaire dans la famille, de r&eacute;bellion dans la soci&eacute;t&eacute;. (Tr&egrave;s bien ! tr&egrave;s bien ! &agrave; gauche.) On lui a dit que le pr&ecirc;tre tenait son pouvoir de Dieu, que l&rsquo;homme devait tenir son pouvoir du pr&ecirc;tre, que le pouvoir civil devait &ecirc;tre soumis au pouvoir spirituel, et que toute soci&eacute;t&eacute; qui ne s&rsquo;inclinait pas devant cette loi &eacute;tait une soci&eacute;t&eacute; constitu&eacute;e en violation de toutes les lois et divines et humaines.</span></p><p><span>Voil&agrave; ce qu&rsquo;on lui a dit et voil&agrave; ce que, habitu&eacute;e &agrave; croire sans avoir ni le droit ni la facult&eacute; de discuter, elle a &eacute;rig&eacute; en principe infaillible.</span></p><p><span>Voil&agrave;, messieurs, ce qu&rsquo;a fait de la famille et de la soci&eacute;t&eacute; le clerg&eacute; et ce qu&rsquo;a produit la confusion de l&rsquo;&eacute;cole et de l&rsquo;Eglise.</span></p><p><span>L&rsquo;instruction, dans nos lois, a &eacute;t&eacute; syst&eacute;matiquement refus&eacute;e &agrave; la femme ; le l&eacute;gislateur a d&rsquo;abord pass&eacute; la femme sous silence, et quand, sous la pression de l&rsquo;opinion publique, il a d&ucirc; l&eacute;gif&eacute;rer en sa faveur, il s&rsquo;est born&eacute; &agrave; lui assurer l&rsquo;enseignement primaire ; un enseignement qui est termin&eacute; &agrave; douze ans, laissant aux arts d&rsquo;agr&eacute;ment et aux futilit&eacute;s de la mode cette riche p&eacute;riode intellectuelle de l&rsquo;adolescence o&ugrave; l&rsquo;&acirc;me re&ccedil;oit avec tant de facilit&eacute; et d&rsquo;avidit&eacute; les grandes notions g&eacute;n&eacute;rales de l&rsquo;art, de la philosophie et des lettres.</span></p><p><span>Ainsi la femme, c&rsquo;est-&agrave;-dire la moiti&eacute; de la France, &ndash; celle qui est appel&eacute;e &agrave; exercer le plus d&rsquo;influence sur l&rsquo;autre &ndash;, n&rsquo;est pas instruite.</span></p><p><span>Elle ne l&rsquo;est pas, parce que son ignorance est la condition m&ecirc;me du r&ocirc;le que le clerg&eacute; lui fait jouer, de l&rsquo;action qu&rsquo;il l&rsquo;appelle &agrave; exercer. Il ne veut pas qu&rsquo;elle soit instruite, parce qu&rsquo;instruite, elle &eacute;chapperait &agrave; sa direction et qu&rsquo;alors il ne pourrait plus, gr&acirc;ce &agrave; la complicit&eacute; de la femme, ni tenter d&rsquo;agir sur le mari, ni disposer de l&rsquo;instruction et de l&rsquo;&eacute;ducation des enfants. (Tr&egrave;s bien ! tr&egrave;s bien ! &agrave; gauche.) Ce que cet &eacute;tat de choses a produit, vous le voyez : il a jet&eacute; la division dans la famille, il tend &agrave; diviser de plus en plus la France en deux nations. Je dis qu&rsquo;il faut unifier la France, unifier la famille, faire l&rsquo;une &agrave; l&rsquo;image de l&rsquo;autre. C&rsquo;est &eacute;galement ce que veulent nos adversaires, cela est vrai ; mais ils veulent une France cl&eacute;ricale, et nous une France lib&eacute;rale. Ils asservissent, nous &eacute;mancipons. Ils veulent gouverner les femmes et par elles nous dominer ; nous voulons, au contraire, &eacute;clairer les femmes, les &eacute;lever jusqu&rsquo;&agrave; nous pour les &eacute;lever jusqu&rsquo;&agrave; la libert&eacute;. (Tr&egrave;s bien ! tr&egrave;s bien ! &agrave; gauche et sur plusieurs bancs au centre.)</span></p><p><span>La femme est une cr&eacute;ature humaine et, comme telle, responsable de ses actes ; la femme a sa personnalit&eacute; ; elle a droit, pour ces deux raisons, au d&eacute;veloppement de ses facult&eacute;s.</span></p><p><span>La femme n&rsquo;est pas n&eacute;e pour vivre dans un couvent de je ne sais quelle vie contemplative ou surnaturelle. Elle sera &eacute;pouse, elle sera m&egrave;re. (Marques nombreuses d&rsquo;adh&eacute;sion.)</span></p><p><span>Epouse, il faut qu&rsquo;elle puisse vivre de la vie de son mari, s&rsquo;int&eacute;resser &agrave; ses travaux, l&rsquo;encourager &laquo; , traverser avec lui la bonne comme la mauvaise fortune ; vivre avec lui en parfaite communaut&eacute; d&rsquo;esprit et de c&oelig;ur.</span></p><p><span>M&egrave;re, il faut qu&rsquo;elle puisse donner &agrave; son enfant, non seulement les premi&egrave;res notions de toutes choses mais encore une premi&egrave;re instruction, une premi&egrave;re &eacute;ducation, qui soient &agrave; la fois saines et fortes ; elle a droit, et comme &eacute;pouse et comme m&egrave;re, &agrave; une instruction solide et &eacute;lev&eacute;e.</span></p><p><span>La femme, &agrave; tous ces titres, a droit &agrave; l&rsquo;instruction, et la soci&eacute;t&eacute;, &agrave; tous ces titres, a le devoir de la lui assurer. (Tr&egrave;s bien ! tr&egrave;s bien ! &agrave; gauche et au centre.)</span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-04-25T18:02:23+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-04-25T18:02:23+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhGiru7f1WOUVyLtqB5r52MHR3tBItvpbY4YoP_K8VLXtmkd_rBQP_9ZuRbjlz6md4o4G0fLsvT_cUUL_joSNsA1khSntzmdDRFY1KXKYjWQiJtOPArR-WF2EmAoi8ozlOHM91j5p5cq_cUmt4QUIdYdcGErgDX1D-bBezv3f3YKdiRQs2vyiHaxYtnzSo/s72-w241-h399-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-25%20a%CC%80%2020.01.04.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-22:/286008</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/la-cjue-et-les-valeurs-europeennes.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">La CJUE et les &quot;valeurs européennes&quot;</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t Commission c. Hongrie rendu le 21 avril 2026 par la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (C...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoAeLe4Rk6SahCzHNwQnTIjrRFOVVbIsCcApASijKkRfiEsJtIwlVRQCi4J2wk70a8FsnlpJ1ZsO-xq9QmzJ0xf3XlsJkI2WlXx_n1v3x5ozzazE7mu24JMys9_m5qP0ovUo2gi-e3apTC-r_bvaPOvR7fdiHvUkpsdn_DzmWcGu-lpVf8jVfzUIZC8uo/s520/CJUE.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoAeLe4Rk6SahCzHNwQnTIjrRFOVVbIsCcApASijKkRfiEsJtIwlVRQCi4J2wk70a8FsnlpJ1ZsO-xq9QmzJ0xf3XlsJkI2WlXx_n1v3x5ozzazE7mu24JMys9_m5qP0ovUo2gi-e3apTC-r_bvaPOvR7fdiHvUkpsdn_DzmWcGu-lpVf8jVfzUIZC8uo/w262-h186/CJUE.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'a<a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/document/C/2022/C-0769-22-00000000RD-01-P-01/ARRET/319509-FR-1-html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t <i>Commission c. Hongrie</i> rendu le 21 avril 2026 par la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE)</a> se r&eacute;f&egrave;re directement &agrave; la notion de "<i>valeurs europ&eacute;ennes</i>" pour censurer une l&eacute;gislation hongroise. En l'esp&egrave;ce, il s'agit d'une loi "<i>de protection de l'enfance"</i> de 2021. Derri&egrave;re ce pr&eacute;texte de la protection de l'enfance appara&icirc;t un texte &nbsp;qui interdit d'exposer les mineurs &agrave; tout contenu repr&eacute;sentant la sexualit&eacute; non h&eacute;t&eacute;rosexuelle comme une r&eacute;alit&eacute; ordinaire. L'homosexualit&eacute; et la transidentit&eacute; y sont pr&eacute;sent&eacute;es comme &eacute;tant aussi dangereuses que la p&eacute;dophilie.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Sur le fond, il n'est gu&egrave;re contestable que ce texte a un contenu discriminatoire qui pourrait parfaitement &ecirc;tre sanctionn&eacute; par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH). A ce stade, cette derni&egrave;re n'a pas encore statu&eacute; sur ce texte particulier mais elle s'est d&eacute;j&agrave; prononc&eacute;e sur des cas &agrave; peu pr&egrave;s semblables, notamment celui de la loi russe interdisant "<i>la promotion de l'homosexualit&eacute;</i>" aupr&egrave;s des mineurs. Cette formulation s'inscrit &eacute;videmment dans un syst&egrave;me juridique russe qui consid&egrave;re que toute mention de l'homosexualit&eacute; dissimule la promotion d'une pratique ill&eacute;gale. Dans un <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-174422" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Bayev c. Russie</i> du 20 juin 2017</a>, elle la sanctionne comme portant atteinte &agrave; la libert&eacute; d'expression prot&eacute;g&eacute;e par l'article 10 de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme et au principe de non-discrimination garanti par son article 14. D'autres d&eacute;cisions prot&egrave;gent la libert&eacute; de l'orientation sexuelle.</span></p><p><span>Ce n'est donc pas le sens de la d&eacute;cision qui justifie l'intervention de l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de la CJUE le 21 avril 2026. On sait que cette formation est comp&eacute;tente pour statuer sur les affaires qui pr&eacute;sentent un int&eacute;r&ecirc;t exceptionnel, susceptible d'avoir une influence tr&egrave;s importante sur le droit de l'Union.&nbsp;</span></p><p><span>Tel est le cas en l'esp&egrave;ce, car la d&eacute;cision donne une interpr&eacute;tation de l'article 2 du trait&eacute; sur l'Union europ&eacute;enne (TUE) qui est utilis&eacute; comme fondement direct de la d&eacute;cision. Les valeurs de l'Union ne sont pas seulement un objectif &agrave; atteindre, mais constituent des principes juridiques qui&nbsp;fondent les d&eacute;cisions de la CJUE.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><br></div><br><p></p><p><span><span>Madame Simone, Will Tuckett</span></span></p><p><span><span>La fille mal gard&eacute;e, Royal Ballet</span></span></p><p><span><span>. Musique de Herold</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'article 2 TUE</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L<a href="https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:2bf140bf-a3f8-4ab2-b506-fd71826e6da6.0002.02/DOC_1&amp;format=PDF" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article 2 TUE</a>&nbsp;est ainsi r&eacute;dig&eacute; :</span></p><blockquote><p><i><span>L'Union est fond&eacute;e sur les valeurs de respect de la dignit&eacute; humaine, de libert&eacute;, de d&eacute;mocratie, d'&eacute;galit&eacute;, de l'&Eacute;tat de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant &agrave; des minorit&eacute;s. Ces valeurs sont communes aux &Eacute;tats membres dans une soci&eacute;t&eacute; caract&eacute;ris&eacute;e par le pluralisme, la non-discrimination, la tol&eacute;rance, la justice, la solidarit&eacute; et l'&eacute;galit&eacute; entre les femmes et les hommes.</span></i></p></blockquote><p><span><span>Ces dispositions sont compl&eacute;t&eacute;es par les articles 6 et 7 du m&ecirc;me trait&eacute;. L'un affirme que les droits figurant dans la Charte des droits fondamentaux font partie du droit de l'Union, l'autre&nbsp;</span><span>organise la proc&eacute;dure politique de constatation d&rsquo;un risque clair de violation grave de ces valeurs par un &Eacute;tat membre.&nbsp;</span></span></p><p><span>L'article 2 pr&eacute;cise le contenu des "valeurs" en dressant une liste de principes, dignit&eacute;, libert&eacute;, d&eacute;mocratie, &eacute;galit&eacute;, auxquels il faut ajouter l"&Eacute;tat de droit et les droits de l'homme. En clair, toutes les libert&eacute;s consacr&eacute;es dans la Charte europ&eacute;enne ont vocation &agrave; &ecirc;tre rattach&eacute;es aux "valeurs" de l'Union.</span></p><p><span><span>La jurisprudence de la CJUE montre qu'elle a d&eacute;j&agrave; invoqu&eacute; ces "valeurs". L'<a href="https://vifa-recht.de/Associa%C3%A7%C3%A3o%20Sindical%20dos%20Ju%C3%ADzes%20Portugueses" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 27 f&eacute;vrier 2018&nbsp;</a></span><span><span><i><a href="https://vifa-recht.de/Associa%C3%A7%C3%A3o%20Sindical%20dos%20Ju%C3%ADzes%20Portugueses" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Associa&ccedil;&atilde;o Sindical dos Ju&iacute;zes Portugueses</a></i></span>&nbsp;rattache ainsi directement &agrave; l'article 2 le principe de l'ind&eacute;pendance judiciaire. Il en est logiquement de m&ecirc;me des garanties statutaires dont doivent b&eacute;n&eacute;ficier les magistrats avec la <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62018CJ0619" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Commission c. Pologne</i> du 24 juin 2019</a>&nbsp;.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>D&eacute;passer le recours en manquement</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>La loi hongroise "protection de l'enfance" pouvait parfaitement &ecirc;tre mise en cause sur le fondement de l'article 2, notamment au regard du principe d'&eacute;galit&eacute; et de la protection des minorit&eacute;s. Bien entendu, l'arr&ecirc;t de la CJUE cite &eacute;galement des fondements juridiques issus du droit d&eacute;riv&eacute;, en particulier les textes relatifs &agrave; la circulation de l'information et R&egrave;glement g&eacute;n&eacute;ral de protection des donn&eacute;es (RGPD).</span></span></p><p><span>La CJUE aurait donc pu sanctionner la Hongrie sur la base d'un recours en manquement, mais elle a d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment choisi d'aller plus loin en affirmant que ces "valeurs europ&eacute;ennes" sont un socle commun sur lequel repose l'Union elle-m&ecirc;me et dont les &Eacute;tats membres ne sauraient s'affranchir. Elle entend pr&eacute;cis&eacute;ment que ces "valeurs" ne rel&egrave;vent pas seulement d'un engagement des &Eacute;tats. Elles s'analysent comme des normes juridiques qui seraient sans doute appel&eacute;es "principes" dans d'autres syst&egrave;mes. Elles sont donc invocables dans les contentieux et, d'une certaine mani&egrave;re, la d&eacute;cision invite les requ&eacute;rants et les juges internes &agrave; s'y r&eacute;f&eacute;rer.</span></p><p><span>Les &Eacute;tats membres ne s'y sont pas tromp&eacute;s, et seize d'entre eux sont intervenus &agrave; l'instance. On observe tout de m&ecirc;me que, jusqu'&agrave; maintenant, les juridictions internes, au moins en France, n'utilisent pas la notion de "valeurs europ&eacute;ennes", sans doute parce qu'elle pourrait permettre de sanctionner non pas une norme, mais une politique enti&egrave;re.&nbsp;</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel comme le Conseil d'&Eacute;tat et la Cour de cassation mobilisent plut&ocirc;t la dignit&eacute;, l'&eacute;galit&eacute; ou le principe de non-discrimination, sans oublier &eacute;videmment la libert&eacute; d'expression. Ces notions ont fait leurs preuves comme instruments de protection des droits et libert&eacute;s, et il faut bien reconna&icirc;tre que les "valeurs europ&eacute;ennes" n'apportent pas de protection suppl&eacute;mentaire. Comme souvent en droit de l'Union, l'importance de la d&eacute;cision, accentu&eacute;e par la CJUE elle-m&ecirc;me et son choix de statuer en assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re, est &eacute;valu&eacute;e &agrave; l'aune de l'affirmation d'un espace juridique commun.&nbsp;</span></p><p><span>Il ne fait aucun doute que l'arr&ecirc;t sera critiqu&eacute; comme "europ&eacute;isme" par certains. Le plus grave est qu'ils trouveront aussi quelques &eacute;l&eacute;ments de langage dans la lecture de l'arr&ecirc;t.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les "personnes cisgenres"</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>C'est ainsi que la d&eacute;cision se r&eacute;f&egrave;re ainsi, &agrave; plusieurs reprises, &agrave; la discrimination des "<i>personnes non cisgenres et non h&eacute;t&eacute;rosexuelles</i>". Or la notion de personnes "cisgenres" ne se trouve pas dans la jurisprudence classique de la CJUE, si ce n'est quelquefois dans les moyens d&eacute;velopp&eacute;s par les parties, <a href="https://www.revuegeneraledudroit.eu/blog/decisions/cjue-26-juin-2018-mb-c-451-16/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ou parfois par l'avocat g&eacute;n&eacute;ral.</a>&nbsp;Jusqu'&agrave; aujourd'hui, la CJUE utilisait surtout les notions de sexe, d'orientation sexuelle, d'identit&eacute; de genre, de changement de sexe etc. Ces notions ont un contenu juridique, sp&eacute;cifiquement rattach&eacute; au vocabulaire de la discrimination. La notion de "personne cisgenre" rel&egrave;ve plut&ocirc;t du vocabulaire sociologique.&nbsp;Il vise en effet la perception de la personne qui n'est pas transgenre et qui se reconna&icirc;t dans le sexe qui lui a &eacute;t&eacute; attribu&eacute; &agrave; la naissance. Aujourd'hui, la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la "personne cisgenre" rel&egrave;ve aussi du vocabulaire militant qui vise tout simplement &agrave; affirmer le droit &agrave; la diff&eacute;rence ce qui, somme toute, est d'une grande banalit&eacute;.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, ce vocabulaire surprend un peu, venant de la CJUE. Ce petit travers risque de lui co&ucirc;ter cher. Ses opposants ne manqueront pas de se saisir de cet usage d'une terminologie bien peu juridique. L'amalgame devient alors tr&egrave;s facile et certains ne manqueront pas d'affirmer que les "valeurs europ&eacute;ennes" sont les valeurs du "wokisme". Ce n'est pas ce que dit la Cour, mais c'est ce que diront les commentateurs, &eacute;videmment.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-04-22T19:03:39+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-04-22T19:03:39+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoAeLe4Rk6SahCzHNwQnTIjrRFOVVbIsCcApASijKkRfiEsJtIwlVRQCi4J2wk70a8FsnlpJ1ZsO-xq9QmzJ0xf3XlsJkI2WlXx_n1v3x5ozzazE7mu24JMys9_m5qP0ovUo2gi-e3apTC-r_bvaPOvR7fdiHvUkpsdn_DzmWcGu-lpVf8jVfzUIZC8uo/s72-w262-h186-c/CJUE.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-19:/285781</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/perquisition-lelysee-la-justice-mise-la.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Perquisition à l&#039;Elysée : La Justice mise  à la porte</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 14 avril 2026, dans le cadre d'une enqu&ecirc;te sur l&rsquo;attribution de march&eacute;s li&eacute;s &agrave; des c&eacute;r&eacute;monies pr&eacute;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><span><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPnfSQ-enxU3-dHcgSCVDRBN174YEXVFOqj84DOUDUTJU7RCJm3Md5tUWnBzmEN_i3PVl19ArCjJpSEC_NXwZUCmp30vCrTQNLIJuVuLMk2FFLF1EES1YrBr67mi2aQgQRLVLHeoFjpVav7MHANmVIwDEwUPmivroLTXjJSP9FjQebIHs5d1OhtJm8JtQ/s261/Elyse%CC%81e@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPnfSQ-enxU3-dHcgSCVDRBN174YEXVFOqj84DOUDUTJU7RCJm3Md5tUWnBzmEN_i3PVl19ArCjJpSEC_NXwZUCmp30vCrTQNLIJuVuLMk2FFLF1EES1YrBr67mi2aQgQRLVLHeoFjpVav7MHANmVIwDEwUPmivroLTXjJSP9FjQebIHs5d1OhtJm8JtQ/s1600/Elyse%CC%81e@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br>Le 14 avril 2026, dans le cadre d'une enqu&ecirc;te sur l&rsquo;attribution de march&eacute;s li&eacute;s &agrave; des c&eacute;r&eacute;monies pr&eacute;sidentielles et notamment &agrave; des panth&eacute;onisations, des magistrats du Parquet national financier (PNF) ont ordonn&eacute; une perquisition &agrave; l'&Eacute;lys&eacute;e. Selon les informations publi&eacute;es, les juges se sont vu refuser l'acc&egrave;s aux services de la pr&eacute;sidence. Pour justifier ce refus, l'&Eacute;lys&eacute;e invoque l'article 67 de la constitution. Le raisonnement est simple, pour ne pas dire simpliste, l'inviolabilit&eacute; du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique entrainerait celle des locaux de la Pr&eacute;sidence.</span></div><p></p><p></p><div><br></div><div><br></div><div>H&eacute;las, pour une fois qu'une analyse juridique semble simple, elle est fausse.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>L'inviolabilit&eacute;, un privil&egrave;ge de juridiction</span></h3><div><br></div><div>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527561/2020-11-29" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 67 de la constitution</a> se borne affirme que "le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualit&eacute;". Les seules exceptions &agrave; ce principe sont l'&eacute;ventuelle comp&eacute;tence de la CPI mentionn&eacute;e dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527536/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 53-2</a>, ou l'hypoth&egrave;se de la destitution par la Haute Cour pr&eacute;vue par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527564/2020-10-05" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 68</a>. En dehors de ces cas, le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, "durant son mandat", "ne peut &ecirc;tre requis de t&eacute;moigner devant aucune juridiction ni faire l'objet d'une action, d'un acte d'instruction ou de poursuite". L'article 67 pr&eacute;cise que le d&eacute;lai de prescription ou de forclusion est suspendu durant son mandat, et que des instances ou proc&eacute;dures pourront &ecirc;tre reprises &agrave; l'issue d'un d&eacute;lai d'un mois apr&egrave;s la fin des fonctions.</div><div><br></div><div>Le principe d'irresponsabilit&eacute; a pour finalit&eacute; de sanctuariser la fonction pr&eacute;sidentielle pendant la dur&eacute;e du mandat. Il s'accompagne logiquement d'une inviolabilit&eacute; qui n'est rien d'autre qu'un privil&egrave;ge de juridiction. Deux &eacute;l&eacute;ments le d&eacute;montrent. D'une part, s'il a commis un acte grave constituant un manquement aux devoirs de sa fonction, il peut toujours &ecirc;tre poursuivi devant la Haute Cour. D'autre part, les poursuites peuvent &ecirc;tre engag&eacute;es apr&egrave;s la fin de son mandat. Nicolas Sarkozy en est la preuve vivante, r&eacute;guli&egrave;rement poursuivi devant le tribunal correctionnel pour des faits commis durant ses fonctions pr&eacute;sidentielles.</div><div><br></div><div>L'inviolabilit&eacute; prot&egrave;ge ainsi la fonction pr&eacute;sidentielle, mais la constitution ne dit nulle part qu'elle s'&eacute;tend aux collaborateurs du pr&eacute;sident, ni d'ailleurs aux locaux qu'ils occupent.</div><div><br></div><div><br></div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnkd1l8OzsCPu1yQrvWHdmjl6MU0Y2Iik7zaQVX3aNIzYRhzRK62ffAcYJzfK-aBQPqTkhxJR26g3Xp2_XW0Z8-qhoNkm8LwSsK0STcJI6v-kiP5Tby2WgOHJh50IB5vt3p6kC_sBd2rg6o_TzvYYfIwFHa3dw7APslQMT2ebSERscRJYi7IYn9u6Gkr0/s1788/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-19%20a%CC%80%2019.31.51.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnkd1l8OzsCPu1yQrvWHdmjl6MU0Y2Iik7zaQVX3aNIzYRhzRK62ffAcYJzfK-aBQPqTkhxJR26g3Xp2_XW0Z8-qhoNkm8LwSsK0STcJI6v-kiP5Tby2WgOHJh50IB5vt3p6kC_sBd2rg6o_TzvYYfIwFHa3dw7APslQMT2ebSERscRJYi7IYn9u6Gkr0/w543-h493/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-19%20a%CC%80%2019.31.51.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><br></div><div><span>Tentative de perquisition &agrave; l'Elys&eacute;e</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Si&egrave;ge de Brest, 1386</span></div><div><span>Chroniques de Jean Froissart circa 1400</span></div><div><br></div><h3><span>Les collaborateurs de la Pr&eacute;sidence</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>La jurisprudence l'affirme clairement. Dans un premier temps, le Conseil constitutionnel, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1999/98408DC.htm" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;cision du 22 janvier 1999</a>, et la Cour de cassation, dans l'<a href="https://www.courdecassation.fr/decision/60793b359ba5988459c3c42d" rel="noopener noreferrer" target="_blank">arr&ecirc;t </a><a href="https://www.courdecassation.fr/decision/60793b359ba5988459c3c42d" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Breisacher </a><a href="https://www.courdecassation.fr/decision/60793b359ba5988459c3c42d" rel="noopener noreferrer" target="_blank">rendu par l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re le 10 octobre 2001</a>, ont affirm&eacute; le caract&egrave;re purement personnel du privil&egrave;ge de juridiction dont b&eacute;n&eacute;ficie le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. A l'&eacute;poque, l'audition comme t&eacute;moin de Jacques Chirac pour des faits li&eacute;s &agrave; l'attribution de march&eacute;s de la ville de Paris &eacute;tait donc &eacute;cart&eacute;e.</div><div><br></div><div><br></div><div>Par la suite, la Cour de cassation, dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000026813711/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">un arr&ecirc;t du 19 d&eacute;cembre 2012</a>, qui casse une d&eacute;cision de la Chambre de l'instruction intervenue dans l'affaire des sondages de l'&Eacute;lys&eacute;e. Particuli&egrave;rement bienveillante, la Chambre de l'instruction avait consid&eacute;r&eacute; que le statut p&eacute;nal du chef de l'Etat et la protection dont il b&eacute;n&eacute;ficiait s'&eacute;tendaient &agrave; ses collaborateurs, et notamment &agrave; son directeur de cabinet qui avait sign&eacute; les march&eacute;s. Mais la Cour de cassation r&eacute;fute cette analyse et affirme que "aucune disposition constitutionnelle, l&eacute;gale ou conventionnelle ne pr&eacute;voit l'immunit&eacute; ou l'irresponsabilit&eacute; p&eacute;nale des membres du cabinet du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique".</div><div><br></div><div>La jurisprudence &eacute;carte donc clairement la th&egrave;se selon laquelle le personnel de l'Elys&eacute;e b&eacute;n&eacute;ficierait, par une sorte de capillarit&eacute;, du statut d'inviolabilit&eacute; du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.</div><div><br></div><div>D&egrave;s lors que ces collaborateurs ne b&eacute;n&eacute;ficient d'aucun statut protecteur, il est &eacute;vident qu'ils peuvent, conform&eacute;ment au droit commun, faire l'objet d'une perquisition sur leur lieu de travail.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Les pr&eacute;c&eacute;dents</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>La pratique a d'ailleurs &eacute;volu&eacute; avec la jurisprudence. Dans un premier temps, les juges ont affirm&eacute; leur comp&eacute;tence. En 2007, dans l'enqu&ecirc;te sur le d&eacute;c&egrave;s du magistrat Bernard Borrel &agrave; Djibouti, un juge d'instruction s'est pr&eacute;sent&eacute; &agrave; l'Elys&eacute;e. Il ne souhaitait pas visiter le bureau du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, mais perquisitionner la cellule Afrique et le bureau du conseiller diplomatique de Jacques Chirac. L'acc&egrave;s lui a &eacute;t&eacute; s&egrave;chement refus&eacute; au nom du statut pr&eacute;sidentiel. L'affaire n'a pas eu de suites, et la mort du juge Borrel n'est toujours pas &eacute;lucid&eacute;e. Elle a au moins permis &agrave; la Justice de montrer qu'elle conteste l'interpr&eacute;tation extensive du principe d'inviolabilit&eacute;.</div><div><br></div><div>L'affaire Benalla, en 2018, intervient apr&egrave;s l'arr&ecirc;t de 2012. Apr&egrave;s les violences des manifestations du 1er mai, Alexandre Benalla, collaborateur du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, a &eacute;t&eacute; mis en cause. Dans le cadre de l'enqu&ecirc;te pr&eacute;liminaire, des enqu&ecirc;teurs se sont rendus &agrave; l'&Eacute;lys&eacute;e et ils ont pu perquisitionner son bureau. Il ne s'agissait &eacute;videmment pas d'une fouille enti&egrave;re du Palais de l'Elys&eacute;e mais d'une visite cibl&eacute;e concernant un collaborateur pr&eacute;cis&eacute;ment nomm&eacute;.</div><div><br></div><div>Les bureaux des collaborateurs ne sont donc pas &agrave; l'abri des investigations de la justice. Cette analyse s'inscrit dans la ligne de la jurisprudence constitutionnelle issue d'une affaire tr&egrave;s proche. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000020933025/2011-09-01#LEGIARTI000020933025" rel="noopener noreferrer" target="_blank">loi de programmation militaire (LPM) du 29 juillet 2009</a> avait eu l'id&eacute;e &eacute;trange de de permettre la classification secret d&eacute;fense, non plus de documents, mais de b&acirc;timents entiers. Il aurait alors &eacute;t&eacute; facile de classer l'Elys&eacute;e secret d&eacute;fense pour le mettre &agrave; l'abri de toute perquisition. Mais le Conseil constitutionnel, dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2011/2011192QPC.htm" rel="noopener noreferrer" target="_blank">QPC du 10 novembre 2011</a>, a estim&eacute; disproportionn&eacute;e une disposition l&eacute;gislative qui visait &agrave; soustraire une "zone g&eacute;ographique" aux pouvoirs d'investigation de l'autorit&eacute; judiciaire. Mutatis mutandis, le raisonnement pourrait &ecirc;tre identique pour appr&eacute;cier l'interpr&eacute;tation trop large donn&eacute;e &agrave; l'inviolabilit&eacute; du pr&eacute;sident, si seulement il y avait un texte l&eacute;gislatif susceptible d'&ecirc;tre d&eacute;f&eacute;r&eacute; au Conseil.</div><div><br></div><div>Le plus surprenant dans cette affaire r&eacute;side pr&eacute;cis&eacute;ment dans le fait qu'elle ne soul&egrave;ve pas vraiment de probl&egrave;me juridique. Le texte de la Constitution, la jurisprudence du Conseil constitutionnel et de la cour de cassation, tout le droit positif va dans le m&ecirc;me sens. Il est d&eacute;sormais &eacute;vidence que le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique ne peut &eacute;tendre son inviolabilit&eacute; &agrave; ses collaborateurs et aux locaux qui les abritent. Il suffit donc aux juges de pr&eacute;ciser le champ de leur perquisition pour qu'elle soit licite.</div><div><br></div><div>Mais tout cela n'emp&ecirc;che pas le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique de s'opposer &agrave; toute perquisition dans ses services. Auraient-ils quelque chose &agrave; cacher ? C'est &eacute;videmment la question que doit se poser l'opinion face &agrave; ces affirmations d&eacute;pourvues de tout fondement juridique. Mais elle devrait aussi s'interroger s&eacute;rieusement sur un pr&eacute;sident qui couvre, voire encourage, la violation de la Constitution qu'il a pour mission de d&eacute;fendre...</div><p></p><div><span><br></span></div><div><span><div><span><b>Les perquisitions</b> :&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 8 section 3 &sect; 2</span></div><div><span><br></span></div></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><p></p>      <p></p> <br>]]></content>
	<updated>2026-04-19T18:10:34+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-04-19T18:10:34+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPnfSQ-enxU3-dHcgSCVDRBN174YEXVFOqj84DOUDUTJU7RCJm3Md5tUWnBzmEN_i3PVl19ArCjJpSEC_NXwZUCmp30vCrTQNLIJuVuLMk2FFLF1EES1YrBr67mi2aQgQRLVLHeoFjpVav7MHANmVIwDEwUPmivroLTXjJSP9FjQebIHs5d1OhtJm8JtQ/s72-c/Elyse%CC%81e@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-16:/285572</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/le-droit-lhebergement-durgence-droit.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le droit à l&#039;hébergement d&#039;urgence, droit opposable ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'ordonnance rendue par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat le 31 mars 2026 confirme l'injonction ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj53CYbLSvueWC6BV4spUkDC8PCIGre1pUhCx_3OKm4TUBlXVOSwWYDoqp_691YAAXzDcA3slYHmcAbUgbG9kbFMAXrwP6QnWgSKNjQiIBAu3m7tr_136BZkHcjWm5DsGLGVRBb7DtVKV4RU1R-2z9mJ_X0R8as7gSQn-sClMRknNNiOY9DybKU4xSzrgs/s250/Logement@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj53CYbLSvueWC6BV4spUkDC8PCIGre1pUhCx_3OKm4TUBlXVOSwWYDoqp_691YAAXzDcA3slYHmcAbUgbG9kbFMAXrwP6QnWgSKNjQiIBAu3m7tr_136BZkHcjWm5DsGLGVRBb7DtVKV4RU1R-2z9mJ_X0R8as7gSQn-sClMRknNNiOY9DybKU4xSzrgs/w225-h168/Logement@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-03-31/513791" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance rendue par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat le 31 mars 2026</a> confirme l'injonction donn&eacute;e par celui du tribunal administratif de Marseille le 3 mars pr&eacute;c&eacute;dent. Elle enjoint au d&eacute;partement des Bouches-du-Rh&ocirc;ne de trouver un h&eacute;bergement d'urgence &agrave; une famille monoparentale constitu&eacute;e d'une femme et de ses deux enfants, l'un de deux ans et l'autre de quatre ans, atteint d'une grave maladie.&nbsp;</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un droit de prestation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Cette d&eacute;cision s'inscrit dans une jurisprudence d&eacute;sormais relativement &eacute;tay&eacute;e en mati&egrave;re de droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence. Son fondement se trouve dans le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037670338/2022-04-14" target="_blank" rel="noopener noreferrer">code de l'action sociale et des familles (CASF), dont l'article L 345-2-2 </a>&nbsp;qui &eacute;nonce que "<em>toute personne sans abri en situation de d&eacute;tresse m&eacute;dicale, psychique ou sociale a acc&egrave;s, &agrave; tout moment, &agrave; un dispositif d&rsquo;h&eacute;bergement d&rsquo;urgence".&nbsp;</em><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000020459026" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L&rsquo;article&nbsp;<span>L. 345-2-3</span>&nbsp;</a>ajoute que la personne accueillie dans un lieu d'h&eacute;bergement d'urgence doit pouvoir y demeurer jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;une orientation adapt&eacute;e lui soit propos&eacute;e, soit vers une structure d'h&eacute;bergement stable, soit vers un logement adapt&eacute; &agrave; sa situation.</span></p><p><span>Ces dispositions montrent qu'il ne s'agit pas seulement d'affirmer une politique publique, mais aussi de cr&eacute;er une v&eacute;ritable obligation d'accueil sous la responsabilit&eacute; du d&eacute;partement. Elle est confirm&eacute;e par le Conseil d'&Eacute;tat qui, depuis une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000026352781/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 10 f&eacute;vrier 2012 <i>ministre de l'Int&eacute;rieur c. Fofana</i>,</a> estime que le droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence compte au nombre des libert&eacute;s fondamentales susceptibles de donner lieu &agrave; un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449327" target="_blank" rel="noopener noreferrer">r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute;</a>. A partir de cette d&eacute;cision, un droit social, longtemps consid&eacute;r&eacute; comme d&eacute;claratoire, devient opposable en quarante-huit heures, par un recours devant le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>L'ordonnance du 31 mars 2026 n'est pas la premi&egrave;re intervenue dans ce domaine. <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2023/01/droit-lhebergement-durgence-et-interet.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le 16 janvier 2023, le m&ecirc;me juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;ta</a>t avait d&eacute;j&agrave; estim&eacute; que l'absence d'h&eacute;bergement d'urgence pouvait constituer "<i>une carence caract&eacute;ris&eacute;e de la mission confi&eacute;e &agrave; l'&Eacute;tat"</i>. Il s'agissait alors d'une famille laiss&eacute;e dans la rue, en pleine p&eacute;riode hivernale, avec un enfant de cinq mois.</span></p><p><span>M&ecirc;me reconnu comme une libert&eacute; fondamentale, le droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence n'implique cependant pas l'automaticit&eacute; de l'injonction. Le juge examine en effet la situation concr&egrave;te de la famille, notamment l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur des enfants, la continuit&eacute; de leur scolarisation et, comme c'est le cas en l'esp&egrave;ce, leur &eacute;tat de sant&eacute;.</span></p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhi3NQP6P1Ckg2Z-bSxuPmoxLKgKR98ezaMlpIlD0vlOccyl_87yRV4E281stgXcXOdjLs2IUHCuQOF6gG-ps3BXlgUNIYKfWh0WPrbcgMR2qpYroTV6rHgxuQ6ysyG-V18r7tboGQ0xvN8BNatG99seX-Ibv8vmM1xtR9FLXwq-a-Fd2q4JZsne48sbH8/s1396/Pauvrete%CC%81%20Cabu.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhi3NQP6P1Ckg2Z-bSxuPmoxLKgKR98ezaMlpIlD0vlOccyl_87yRV4E281stgXcXOdjLs2IUHCuQOF6gG-ps3BXlgUNIYKfWh0WPrbcgMR2qpYroTV6rHgxuQ6ysyG-V18r7tboGQ0xvN8BNatG99seX-Ibv8vmM1xtR9FLXwq-a-Fd2q4JZsne48sbH8/w464-h467/Pauvrete%CC%81%20Cabu.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Cabu, circa 1980</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'absence de fondement constitutionnel</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence, en tant que tel, n'a pas de fondement constitutionnel. Certes, le Conseil constitutionnel affirme, dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1995/94359DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 19 janvier 1995, </a>que la "<i>possibilit&eacute; de toute personne de disposer d'un logement d&eacute;cent est un objectif de valeur constitutionnelle</i>". A l'appui, il cite le <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Pr&eacute;ambule de 1946</a> qui affirme que "<i>la Nation assure &agrave; l'individu et &agrave; la famille les conditions n&eacute;cessaires &agrave; leur d&eacute;veloppement</i>" et qui consacre en m&ecirc;me temps le principe de dignit&eacute; de la personne humaine. La formulation est donc claire et le Conseil ne consacre pas un droit, encore moins un droit opposable. L'objectif constitutionnel qu'il &eacute;nonce se borne &agrave; contraindre les pouvoirs publics &agrave; mettre en oeuvre une politique d'aide au logement, sans imposer une obligation de r&eacute;sultat. Encore faut-il pr&eacute;ciser que cette d&eacute;cision de 1995 est demeur&eacute;e isol&eacute;e, sans doute parce qu'elle a fait l'objet de critiques. Le Conseil ne donne en effet aucune pr&eacute;cision sur les crit&egrave;res transformant un logement pas d&eacute;cent en logement d&eacute;cent. Les commentateurs se sont interrog&eacute;s sur le nombre de m&egrave;tres carr&eacute;s n&eacute;cessaires par habitant du logement et le confort susceptible d'&ecirc;tre exig&eacute;.</span></p><p><span>Certes, on pourrait peut-&ecirc;tre faire reposer ce droit sur le principe de dignit&eacute; de la personne humaine, qui a &eacute;t&eacute; consacr&eacute; comme ayant valeur constitutionnelle depuis la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1994/94343_344DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 27 juillet 1994</a> sur la premi&egrave;re loi bio&eacute;thique. Mais le Conseil ne s'y est jamais formellement r&eacute;f&eacute;r&eacute; pour consacrer un droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La CEDH, la dignit&eacute; et la vie priv&eacute;e</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) ne consacre pas non plus express&eacute;ment de droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence. En revanche, l'article 3 prot&eacute;geant le principe de dignit&eacute; de la personne et l'article 8 garantissant un droit &agrave; la vie priv&eacute;e et familiale sont r&eacute;guli&egrave;rement invoqu&eacute;s pour sanctionner la pr&eacute;carit&eacute; des conditions de vie de certaines personnes d&eacute;favoris&eacute;es.&nbsp;</span></p><p><span>Dans l<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-103293" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'arr&ecirc;t <i>M. S. S. c. Belgique et Gr&egrave;ce </i>du 21 janvier 2011, la Grande Chambre de la CEDH</a> estime ainsi que les conditions d'extr&ecirc;me pr&eacute;carit&eacute; dans lesquelles vit un demandeur d'asile s'analysent comme un traitement inhumain ou d&eacute;gradant au sens de l'article 3 de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme. La <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-249528" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 9 avril 2026, <i>M. V. et autres c. Belgique</i></a> applique cette jurisprudence &agrave; des demandeurs d'asile qui ont v&eacute;cu dans la rue pendant plusieurs mois.</span></p><p><span>M&ecirc;me si elle ne consacre pas formellement un droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence, la CEDH, comme le juge fran&ccedil;ais, s'efforce d'appr&eacute;hender la situation dans son contexte. Elle aussi, notamment dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-147608" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Tarakhel c. Suisse</i> du 4 novembre 2014</a>&nbsp;,insiste sur les obligations positives de l'&Eacute;tat pour garantir la protection des personnes les plus vuln&eacute;rables, la pr&eacute;sence d'enfants lui imposant une attention particuli&egrave;re.</span></p><p><span>L'ordonnance rendue par le Conseil d'&Eacute;tat le 31 mars 2026 semble ainsi reposer sur une apparente contradiction. On constate d'abord que les fondements constitutionnels et conventionnels du droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence demeurent fragiles et qu'il n'a pas donn&eacute; lieu &agrave; une cons&eacute;cration sp&eacute;cifique. M&ecirc;me le droit fran&ccedil;ais le consid&egrave;re certes comme une libert&eacute; fondamentale, mais dans le seul cas o&ugrave; est d&eacute;pos&eacute; un r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute;. En revanche et malgr&eacute; ces incertitudes de fond, la lecture de l'ordonnance t&eacute;moigne, sur le plan de la mise en oeuvre de ce droit, d'une certaine maturit&eacute; contentieuse. Les juges europ&eacute;ens et internes en exigent le respect en se fondant sur les n&eacute;cessit&eacute;s de la protection des personnes les plus vuln&eacute;rables, en quelque sorte au cas par cas.</span></p><p><span>Les raisons de cette timidit&eacute; doivent &ecirc;tre recherch&eacute;es dans les difficult&eacute;s de mise en oeuvre. Nul n'ignore, et surtout pas les juges, que la pr&eacute;carit&eacute; et la grande pauvret&eacute; sont d&eacute;sormais une r&eacute;alit&eacute; quotidienne et qu'il est malheureusement impossible d'offrir un h&eacute;bergement &agrave; toutes les personnes qui&nbsp; en sont victimes et qui vivent dans la rue. De fait, le droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence ne concerne finalement que les plus pr&eacute;caires, en particulier les familles accompagn&eacute;es d'enfants. In fine, on peut penser que le droit positif, dans sa grande sagesse, a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; ne pas consacrer formellement un droit qu'il ne peut faire respecter qu'au seul profit d'un tout petit nombre de b&eacute;n&eacute;ficiaires.</span></p><p><br></p><section dir="auto"><div><div><div></div><div><div></div></div></div></div></section>]]></content>
	<updated>2026-04-16T15:45:19+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-04-16T15:45:19+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj53CYbLSvueWC6BV4spUkDC8PCIGre1pUhCx_3OKm4TUBlXVOSwWYDoqp_691YAAXzDcA3slYHmcAbUgbG9kbFMAXrwP6QnWgSKNjQiIBAu3m7tr_136BZkHcjWm5DsGLGVRBb7DtVKV4RU1R-2z9mJ_X0R8as7gSQn-sClMRknNNiOY9DybKU4xSzrgs/s72-w225-h168-c/Logement@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-13:/285240</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/les-citations-de-la-llc-tocqueville.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les citations de la LLC : Tocqueville - Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Alexis de Tocqueville - De la d&eacute;mocratie en Am&eacute;riqueDeuxi&egrave;me partie, Livre IV, Chaptre VI&nbsp;Quell...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<h2><span>Alexis de Tocqueville - De la d&eacute;mocratie en Am&eacute;rique</span></h2><p><span>Deuxi&egrave;me partie, Livre IV, Chaptre VI&nbsp;</span></p><p><span>Quelle esp&egrave;ce de despotisme les nations d&eacute;mocratiques ont &agrave; craindre</span></p><p><span><br></span></p><p><span>Pl&eacute;iade, t. II, p. 836</span></p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoKI5yYPIHFFnO3qDohV1qKnIKArJCTi9nv8j7yaTONKxN1PBd2zj_g7r2QNJKwfxu84mEMhXOPdONYUjpzFinfUWRwNkKnzFGb4kr-ICSw8y-G8uUxdYDfhhGtvt2FCM7NsbtZzbMIPiXRG7F4WikQLCa6pv650muC8MQf2JxI08yyVgv5wJX7oBnx3M/s666/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-13%20a%CC%80%2015.25.35.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoKI5yYPIHFFnO3qDohV1qKnIKArJCTi9nv8j7yaTONKxN1PBd2zj_g7r2QNJKwfxu84mEMhXOPdONYUjpzFinfUWRwNkKnzFGb4kr-ICSw8y-G8uUxdYDfhhGtvt2FCM7NsbtZzbMIPiXRG7F4WikQLCa6pv650muC8MQf2JxI08yyVgv5wJX7oBnx3M/w297-h406/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-13%20a%CC%80%2015.25.35.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><br></p><p></p><div><span>&laquo; Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d&rsquo;hommes semblables et &eacute;gaux qui tournent sans repos sur eux-m&ecirc;mes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur &acirc;me.</span></div><div><span>Au-dessus de ceux-l&agrave; s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve un pouvoir immense et tut&eacute;laire, qui se charge seul d&rsquo;assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, d&eacute;taill&eacute;, r&eacute;gulier, pr&eacute;voyant et doux.</span></div><div><span>[&hellip;]</span></div><div><span>Apr&egrave;s avoir pris ainsi tour &agrave; tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l&rsquo;avoir p&eacute;tri &agrave; sa guise, le souverain &eacute;tend ses bras sur la soci&eacute;t&eacute; tout enti&egrave;re ; il en couvre la surface d&rsquo;un r&eacute;seau de petites r&egrave;gles compliqu&eacute;es, minutieuses et uniformes, &agrave; travers lesquelles les esprits les plus originaux et les &acirc;mes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour d&eacute;passer la foule ; il ne brise pas les volont&eacute;s, mais il les amollit, les plie et les dirige. &raquo;</span></div><p></p><p>


</p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-04-13T13:27:01+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-04-13T13:27:01+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoKI5yYPIHFFnO3qDohV1qKnIKArJCTi9nv8j7yaTONKxN1PBd2zj_g7r2QNJKwfxu84mEMhXOPdONYUjpzFinfUWRwNkKnzFGb4kr-ICSw8y-G8uUxdYDfhhGtvt2FCM7NsbtZzbMIPiXRG7F4WikQLCa6pv650muC8MQf2JxI08yyVgv5wJX7oBnx3M/s72-w297-h406-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-13%20a%CC%80%2015.25.35.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-10:/285025</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/le-projet-de-loi-sure-ou-le-taylorisme.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le projet de loi SURE, ou le taylorisme en matière criminelle</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le projet de loi relatif &agrave; la justice criminelle et au respect des victimes, souvent appel&eacute; Projet S...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPTfjjGNhV8JyZFyR7M8f9ismbSeJGbrT9IwxKJiMZqxTs5QcXhJVoLNQZWapnVV5nmvH4yngIEc33pMT18Lp3fW_B_XaW2aExR5lQU-p1xbEai4HMd1zmArd2ToNUHYcektKWg8VZAaPNvQkSGny5gZXUyP8r8SH4uDF08UAkl6ZCWKMYIMqMfvkbgdY/s548/pe%CC%81nal%202.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPTfjjGNhV8JyZFyR7M8f9ismbSeJGbrT9IwxKJiMZqxTs5QcXhJVoLNQZWapnVV5nmvH4yngIEc33pMT18Lp3fW_B_XaW2aExR5lQU-p1xbEai4HMd1zmArd2ToNUHYcektKWg8VZAaPNvQkSGny5gZXUyP8r8SH4uDF08UAkl6ZCWKMYIMqMfvkbgdY/w244-h253/pe%CC%81nal%202.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N53940#-DEPOT" target="_blank" rel="noopener noreferrer">projet de loi </a><i><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N53940#-DEPOT" target="_blank" rel="noopener noreferrer">relatif &agrave; la justice criminelle et au respect des victimes</a>, </i>souvent appel&eacute; Projet SURE, <i>"pour une sanction utile, rapide et effective</i>" a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; le 18 mars 2026 au S&eacute;nat. Le gouvernement a imm&eacute;diatement d&eacute;cid&eacute; la proc&eacute;dure acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, ce qui signifie qu'il n'y aura qu'une seule lecture dans chaque assembl&eacute;e. Ce choix de saisir le S&eacute;nat peut sembler un peu surprenant mais le gouvernement pense probablement qu'il est susceptible d'orienter le d&eacute;bat vers des questions strictement juridiques, et de le rendre moins conflictuel qu'&agrave; l'Assembl&eacute;e nationale. Ses espoirs risquent d'&ecirc;tre d&eacute;&ccedil;us car le projet de loi comporte une disposition qui suscite d&eacute;j&agrave; une large opposition.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>La "<i>proc&eacute;dure de&nbsp;jugement des crimes reconnus</i>" (PJCR) a pour finalit&eacute;, largement avou&eacute;e, de lutter contre l'encombrement des juridictions criminelles et l'allongement des d&eacute;lais de jugement. Il ne s'agit donc pas de rendre une meilleure justice mais plus simplement de rendre une justice plus rapide.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une extension de la CRPC au champ criminel</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La comparution sur reconnaissance pr&eacute;alable de culpabilit&eacute; (CRPC), aussi qualifi&eacute;e de plaider-coupable, a &eacute;t&eacute;&nbsp;<span>a &eacute;t&eacute; institu&eacute;e par la </span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFSCTA000000906195" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Perben 2 du 9 mars 2004</a><span>. Elle substitue &agrave; l'audience correctionnelle classique une proc&eacute;dure par laquelle le pr&eacute;venu, n&eacute;cessairement assist&eacute; par un avocat, reconna&icirc;t sa culpabilit&eacute; et accepte une proposition de peine formul&eacute;e par le procureur de la R&eacute;publique. La juridiction de jugement se bornera ensuite &agrave; homologuer cet accord. A sa cr&eacute;ation, la CRPC a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;e comme un instrument destin&eacute; &agrave; faire en sorte que la sanction soit aussi rapproch&eacute;e que possible de l'infraction, pour que l'auteur puisse prendre conscience de son acte et en subisse les cons&eacute;quences rapidement. Mais il s'agissait surtout de g&eacute;rer une petite d&eacute;linquance de plus en plus nombreuse, en r&eacute;duisant la dur&eacute;e des proc&eacute;dures.</span></span></p><p><span>La PJCR &eacute;largit cette proc&eacute;dure au champ criminel. Le plaider-coupable devient possible lorsque plusieurs conditions cumulatives sont r&eacute;unies. L'accus&eacute; doit avoir reconnu les faits, accept&eacute; leur qualification p&eacute;nale et &ecirc;tre assist&eacute; d'un avocat &agrave; tous les stades de la proc&eacute;dure. La partie civile ne doit pas s'opposer &agrave; la PJCR. Celle-ci enfin ne s'applique pas aux crimes contre l'humanit&eacute;, crimes de guerre, crimes li&eacute;s au terrorisme jug&eacute;s par une cour d'assises sp&eacute;ciales, ni enfin aux mineurs.Restent tous les autres crimes et le projet pr&eacute;voit que la peine maximale propos&eacute;e sera r&eacute;duite aux deux tiers de la peine encourue, ou &agrave; trente ans si la peine encourue est la perp&eacute;tuit&eacute;. Les conditions de sursis et de suivi socio-judiciaire sont celles du droit commun. A l'issue de la proc&eacute;dure, comme pour la CRPC, une cour d'assises devra homologuer l'accord ainsi obtenu entre l'accus&eacute; et le minist&egrave;re public.</span></p><p><span>La culture du <i>Deal,</i> import&eacute;e des &Eacute;tats-Unis, devrait ainsi &ecirc;tre introduite en mati&egrave;re criminelle. L'apparente simplicit&eacute; de la proc&eacute;dure se heurte toutefois &agrave; des difficult&eacute;s bien r&eacute;elles.&nbsp;</span></p><p><span>D'une part, on peut se demander quel int&eacute;r&ecirc;t aurait les victimes de crimes &agrave; accepter la PJCR. Nul n'ignore que les atteintes sexuelles et les viols constituent aujourd'hui une part non n&eacute;gligeable de l'activit&eacute; des cours criminelles. Imagine-t-on qu'une victime accepte que son violeur soit condamn&eacute; aux deux-tiers de la peine encourue ? Imagine-t-on aussi qu'elle accepte volontiers un proc&egrave;s p&eacute;nal d'une extr&ecirc;me bri&egrave;vet&eacute;, limit&eacute; &agrave; l'homologation de la peine, alors m&ecirc;me que la perception actuelle du droit p&eacute;nal conduit &agrave; consid&eacute;rer le proc&egrave;s comme le moment o&ugrave; la plaignante est reconnue et entendue comme victime ?&nbsp;</span></p><p><span>D'autre part, se pose la question de la coh&eacute;rence globale de la proc&eacute;dure p&eacute;nale. Un accus&eacute; pourrait ainsi &ecirc;tre jug&eacute; soit par une cour d'assises, soit par une cour criminelle, soit enfin par une proc&eacute;dure de justice n&eacute;goci&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><p></p><div></div><span><span><br></span></span><p></p><p></p><p><span>I'm sorry. Brenda Lee. 1960</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Constitutionnalit&eacute; et conventionnalit&eacute; de la PJCR</span></h3><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p><span><span>Dans l'avis qu'il a rendu sur le projet de loi, le Conseil d'&Eacute;tat estime que la PJCR, telle qu'elle est organis&eacute;e, ne pr&eacute;sente pas de risque s&eacute;rieux d'inconstitutionnalit&eacute;. Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2004/2004492DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 2 mars 2004</a> sous la loi <i>Perben 2</i>, le Conseil constitutionnel a d&eacute;j&agrave; admis la conformit&eacute; de la proc&eacute;dure de CRPC aux principes d'&eacute;galit&eacute; devant la justice et de publicit&eacute; des d&eacute;bats.&nbsp;</span><span>Ensuite, dans sa </span><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2011/2011641DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 8 d&eacute;cembre 2011, </a>i<span>&nbsp;il a estim&eacute; que cette proc&eacute;dure ne portait pas davantage atteinte ni au principe de s&eacute;paration des autorit&eacute;s.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Sans doute, mais la lecture de cette jurisprudence montre que le&nbsp;</span><span>Conseil n'exer&ccedil;ait &nbsp;pas alors un r&eacute;el contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; sur ces dispositions. Rien ne lui interdirait aujourd'hui de consid&eacute;rer que le quantum de la peine propos&eacute;e, soit les deux-tiers de celle pr&eacute;vue par le code p&eacute;nal, comme un &eacute;l&eacute;ment de son appr&eacute;ciation de la conformit&eacute; de la PJCR &agrave; la constitution. Rien ne lui interdirait de proc&eacute;der &agrave; ce contr&ocirc;le lorsqu'il sera saisi de la future loi.</span></span></p><p><span>La situation n'est pas r&eacute;ellement diff&eacute;rente dans la&nbsp;jurisprudence de la CEDH. Dans sa <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-142916" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 29 avril 2014 <i>Natsvlishvili et Togonidze c. G&eacute;orgie</i></a>, elle juge que la proc&eacute;dure de reconnaissance pr&eacute;alable de culpabilit&eacute;, en tant que telle, ne porte pas atteinte au droit au proc&egrave;s &eacute;quitable garanti par l'article 6 &sect; 1 de la convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme. Mais l&agrave; encore, l'affaire portait sur une d&eacute;linquance financi&egrave;re finalement relativement proche de celle qui, en droit fran&ccedil;ais, peut justifier une Convention judiciaire d'inter&ecirc;t public (CJIP). La CEDH pourrait se prononcer diff&eacute;remment &agrave; propos d'une justice n&eacute;goci&eacute;e portant cette fois sur des atteintes aux personnes particuli&egrave;rement graves.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Avantages et inconv&eacute;nients de la proc&eacute;dure</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>A ce stade, les voix sont nombreuses pour vanter les avantages attendus. On esp&egrave;re une gestion plus efficace, en &eacute;vitant les audiences longues pour des affaires relativement simples, afin de lib&eacute;rer du temps judiciaire pour les affaires complexes. Certes, mais qui appr&eacute;cie la complexit&eacute; de l'affaire ? Sans doute pas les parties civiles. De m&ecirc;me, l'id&eacute;e d'une r&eacute;ponse p&eacute;nale plus rapide serait conforme aux attentes des victimes. Mais seront-elles aussi satisfaites lorsqu'elles apprendront que l'auteur des faits sera puni d'une peine inf&eacute;rieure d'un tiers &agrave; celle figurant dans le code p&eacute;nal ?</span></p><p><span>Ces avantages tr&egrave;s relatifs s'accompagnent d'inconv&eacute;nients bien r&eacute;els.&nbsp;</span></p><p><span>Au regard des droits de l'accus&eacute;, certains &eacute;l&eacute;ments suscitent la m&eacute;fiance. La pr&eacute;somption d'innocence se trouve n&eacute;cessairement bouscul&eacute;e par un environnement p&eacute;nal favorable &agrave; l'aveu. La d&eacute;tention provisoire ou la perspective d'une peine plus lourde risquent d'affecter la libert&eacute; du consentement de l'accus&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>De la m&ecirc;me mani&egrave;re, des pressions risquent de s'exercer sur les parties civiles pour qu'elles acceptent la PJCR. Auront-elles le courage de passer outre, et de choisir la voie du proc&egrave;s ? Peut-&ecirc;tre pas, surtout si l'on consid&egrave;re que le jury populaire n'existe plus devant les cours criminelles.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les choix de politique p&eacute;nale</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Les critiques &agrave; l'&eacute;gard de la PJCR d&eacute;passent cependant largement la simple conformit&eacute; aux jurisprudences, et m&ecirc;me le simple respect du droit au juste proc&egrave;s. Cette proc&eacute;dure repose en effet sur des choix de politique p&eacute;nale qui ne sont pas n&eacute;cessairement contraires au droit positif mais qui affectent directement l'acte de rendre la justice.</span></span></p><p><span><span>D'abord, la PJCR introduit, qu'on le veuille ou non, une justice &agrave; deux vitesses. D'un c&ocirc;t&eacute;, les accus&eacute;s qui reconnaissent les faits et leur qualification p&eacute;nale et qui sont condamn&eacute;s plus l&eacute;g&egrave;rement. De l'autre c&ocirc;t&eacute;, ceux qui contestent ces &eacute;l&eacute;ments, qui doivent subir des d&eacute;lais plus longs et des al&eacute;as importants au regard du quantum de la peine.</span></span></p><p><span>Ensuite, la PJCR r&eacute;introduit dans le droit p&eacute;nal une culture de l'aveu qui avait plus ou moins disparu. Or l'histoire est riche&nbsp;d'erreurs judiciaires provoqu&eacute;es par des aveux obtenus sous contrainte psychologique ou tout simplement li&eacute;s &agrave; la fatigue. Sur ce point, les enjeux en mati&egrave;re criminelle sont &eacute;videmment consid&eacute;rables.</span></p><p><span>Enfin, et c'est peut-&ecirc;tre le plus grave, cette proc&eacute;dure renforce le r&ocirc;le du minist&egrave;re public dans la d&eacute;termination de la peine. Certes, celle-ci est homologu&eacute;e par les juges du si&egrave;ge, &nbsp;mais peuvent-il vraiment refaire le proc&egrave;s, comme le droit les y autorise, alors que le d&eacute;bat contradictoire est r&eacute;duit &agrave; sa plus simple expression ? On peut se demander si l'on n'assiste pas &agrave; une sorte de "d&eacute;judiciarisation" larv&eacute;e du proc&egrave;s p&eacute;nal.</span></p><p><span>A toutes ces menaces s'en ajoute une autre, qui n'a rien de juridique. La cr&eacute;ation de la PJCR ne trouve pas son origine dans une volont&eacute; d'approfondir les droits de l'accus&eacute; ni d'ailleurs ceux des victimes. Elle trouve son fondement, parfaitement assum&eacute;, dans la volont&eacute; d'augmenter la rapidit&eacute; du traitement des affaires. Il s'agit concr&egrave;tement de faire p&eacute;n&eacute;trer le taylorisme dans le proc&egrave;s criminel. On aurait sans doute pu envisager de recruter davantage de&nbsp;magistrats, mais on pr&eacute;f&egrave;re rendre la justice en mode d&eacute;grad&eacute;. C'est moins co&ucirc;teux.</span></p><p><span><br></span></p><p><br></p><section dir="auto"><div><div><div><div dir="auto" tabindex="0"><div><div>
<br></div></div></div></div></div></div></section>]]></content>
	<updated>2026-04-10T17:14:52+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-04-10T17:14:52+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPTfjjGNhV8JyZFyR7M8f9ismbSeJGbrT9IwxKJiMZqxTs5QcXhJVoLNQZWapnVV5nmvH4yngIEc33pMT18Lp3fW_B_XaW2aExR5lQU-p1xbEai4HMd1zmArd2ToNUHYcektKWg8VZAaPNvQkSGny5gZXUyP8r8SH4uDF08UAkl6ZCWKMYIMqMfvkbgdY/s72-w244-h253-c/pe%CC%81nal%202.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-06:/284754</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/le-fact-checking-de-llc-la-garde-vue-de.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le Fact Checking de LLC : La garde à vue de Rima Hassan</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 2 avril 2026, Rima Hassan, d&eacute;put&eacute;e au parlement europ&eacute;en, &eacute;lue en France, et membre de La France ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjdWpB-8HtUH1zo7YjijMVz6_H57341-Dgz_OrSAl8DelyzlYJRyjR6nxHEB_w_iVnSkZN7Um6LtDi6JHI4REDRssuUF9gkYlwDe1sRDAVmQByLhIh2dYY8VMQ_cRcRWBNKhj-DTh9bEkYN9pgNusTuNUbYTxMmoPjfgMg5WZBI7h4S69n4fwe2lhOVwcc/s194/droit-penal@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjdWpB-8HtUH1zo7YjijMVz6_H57341-Dgz_OrSAl8DelyzlYJRyjR6nxHEB_w_iVnSkZN7Um6LtDi6JHI4REDRssuUF9gkYlwDe1sRDAVmQByLhIh2dYY8VMQ_cRcRWBNKhj-DTh9bEkYN9pgNusTuNUbYTxMmoPjfgMg5WZBI7h4S69n4fwe2lhOVwcc/w141-h155/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>Le 2 avril 2026, Rima Hassan, d&eacute;put&eacute;e au parlement europ&eacute;en, &eacute;lue en France, et membre de La France Insoumise (LFI), a &eacute;t&eacute; plac&eacute;e en garde &agrave; vue pour des faits d'apologie du terrorisme. Elle est ressortie libre en fin de journ&eacute;e et elle a &eacute;t&eacute; inform&eacute;e de la d&eacute;cision du parquet de la renvoyer devant le tribunal correctionnel le 7 juillet prochain.</span></p></div><p></p><div><span><br></span></div><div><span>Il lui est reproch&eacute; d'avoir publi&eacute;, sur son compte X le 26 mars, un post faisant l'apologie de Kozo Okamoto, un Japonais seul survivant d'un groupe de trois terroristes qui ont tu&eacute; 26 personnes &agrave; l'a&eacute;roport de Tel-Aviv en 1972. Ils se revendiquaient du Front populaire de lib&eacute;ration de la Palestine (FPLP). Accompagnant sa publication de drapeaux palestiniens et japonais, Rima Hassan citait les propos de Kozo Okamoto "J'ai consacr&eacute; ma jeunesse &agrave; la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la r&eacute;sistance ne sera pas seulement un droit mais un devoir". Le message a ensuite &eacute;t&eacute; supprim&eacute;, mais il est demeur&eacute; en ligne suffisamment longtemps pour avoir donn&eacute; lieu &agrave; un signalement du ministre de l'Int&eacute;rieur au parquet.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Ces &eacute;v&egrave;nements ont &eacute;t&eacute; &eacute;videmment m&eacute;diatis&eacute;s par les soutiens de Rima Hassan au sein de LFI. Ils ont imm&eacute;diatement invoqu&eacute; des arguments pr&eacute;sent&eacute;s comme juridiques et destin&eacute;s &agrave; montrer qu'elle est l'innocente victime d'une machination politique. Cette affaire donne ainsi l'occasion de constater que la justice fait l'objet d'un traitement m&eacute;diatique variable, pr&eacute;sent&eacute;e tant&ocirc;t comme un ensemble de juges gauchistes, tant&ocirc;t comme un ensemble de juges d'extr&ecirc;me-droite.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Quoi qu'il en soit, aucun des arguments soulev&eacute;s pour d&eacute;fendre Rima Hassan ne peut emporter la conviction.</span></div><div><span><br></span></div><div><div></div><div><br></div><span>Exemple de flagrant-d&eacute;lit<br></span><span><br></span></div><div><span><br></span></div><h3><span>L'immunit&eacute; parlementaire</span></h3><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span>Le premier argument repose sur une mise en cause radicale du principe m&ecirc;me de la garde &agrave; vue d'un parlementaire europ&eacute;en, au nom de l'immunit&eacute; dont il dispose.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Il est exact que les d&eacute;put&eacute;s europ&eacute;ens b&eacute;n&eacute;ficient d'une immunit&eacute; mentionn&eacute;e dans le <a href="https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2004:310:0261:0266:FR:PDF" rel="noopener noreferrer" target="_blank">protocole n&deg; 7 sur les privil&egrave;ges et immunit&eacute;s de l'Union europ&eacute;enne</a>, annex&eacute; au <a href="https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:12012E/TXT:fr:PDF" rel="noopener noreferrer" target="_blank">trait&eacute; sur le fonctionnement de l'Union europ&eacute;enne</a> (TFUE). Son article 9 pr&eacute;voit que pendant la dur&eacute;e des sessions du parlement europ&eacute;en, ses membres b&eacute;n&eacute;ficient d'une immunit&eacute; sur leur territoire national ainsi que sur celui de tout &Eacute;tat membre, et durant les trajets pour se rendre au parlement. Ils sont ainsi &agrave; l'abri de "toute mesure de d&eacute;tention et de toute poursuite judiciaire", &agrave; moins &eacute;videmment d'une lev&eacute;e de cette immunit&eacute; par le parlement europ&eacute;en.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>En l'esp&egrave;ce, il est clair qu'aucune demande de lev&eacute;e de l'immunit&eacute; de Rima Hassan n'a &eacute;t&eacute; formul&eacute;e. Mais cela ne suffit pas &agrave; rendre la garde &agrave; vue ill&eacute;gale, et il convient sur ce point de lire cet article 9. Il pr&eacute;cise en effet que "l'immunit&eacute; ne peut &ecirc;tre invoqu&eacute;e dans le cas de flagrant d&eacute;lit". Sur ce point, le droit europ&eacute;en ne diff&egrave;re en rien du droit interne.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>En droit fran&ccedil;ais, l'immunit&eacute; parlementaire est garantie par la norme supr&ecirc;me, l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527491" rel="noopener noreferrer" target="_blank">'article 26 de la Constitution</a>. Il pr&eacute;cise que "aucun membre du parlement ne peut  poursuivi, recherch&eacute;, arr&ecirc;t&eacute;, d&eacute;tenu ou jug&eacute; &agrave; l'occasion des opinions ou votes &eacute;mis par lui dans l'exercice de ses fonctions". En l'esp&egrave;ce, Rima Hassan n'est pas poursuivie pour des propos &eacute;mis dans l'h&eacute;micycle du parlement europ&eacute;en, mais pour un tweet. Ce m&ecirc;me article 26 &eacute;nonce ensuite qu'en mati&egrave;re criminelle ou correctionnelle, des mesures privatives ou restrictives de libert&eacute; ne peuvent &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;es qu'avec l'autorisation du bureau de l'Assembl&eacute;e. Et il ajoute enfin que "cette autorisation n'est pas requise en cas de crime ou d&eacute;lit flagrant ou de condamnation d&eacute;finitive".</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Les agents qui ont plac&eacute; Rima Hassan agissaient sur le fondement d'une enqu&ecirc;te de flagrance. Il convient, sur ce point, d'&eacute;viter tout amalgame avec la pr&eacute;sence de drogue dans son sac, qui aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;couverte lors de la garde &agrave; vue. Ces &eacute;v&egrave;nements, &eacute;voqu&eacute;s de la presse, peuvent certes justifier l'ouverture d'une enqu&ecirc;te incidente s'ils sont av&eacute;r&eacute;s, mais ils ne sauraient &ecirc;tre &agrave; l'origine de la garde &agrave; vue elle-m&ecirc;me.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Aux termes de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006575016/2021-03-01" rel="noopener noreferrer" target="_blank">l'article 53 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nal</a>e, est qualifi&eacute; de flagrant le crime ou le d&eacute;lit "qui se commet actuellement ou vient de se commettre". En l'esp&egrave;ce, le parquet a consid&eacute;r&eacute; que la publication du tweet de Rima Hassan pourrait s'analyser comme une infraction qui "vient de se commettre", quelques jours avant sa garde &agrave; vue.</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><h3><span>Garde &agrave; vue et libert&eacute; d'expression</span></h3><div><span><br></span></div><div><br></div><div><span><br></span></div><div><span>Le second argument des d&eacute;fenseurs de Rima Hassan r&eacute;side dans la nature de l'infraction qui lui est reproch&eacute;e. Il n'est pas contestable qu'elle est li&eacute;e &agrave; la libert&eacute; d'expression mais, contrairement &agrave; ce qu'ils affirment, son propos ne b&eacute;n&eacute;ficie pas des garanties du droit de la presse.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Historiquement, le d&eacute;lit d'apologie du terrorisme relevait pourtant de la loi du 29 juillet 1881. Mais <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000029754374" rel="noopener noreferrer" target="_blank">celle du 13 novembre 2014 </a>a op&eacute;r&eacute; une rupture essentielle en introduisant le d&eacute;lit de provocation ou d'apologie du terrorisme directement dans le code p&eacute;nal. Il est d&eacute;sormais codifi&eacute; dans l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029755573/2022-02-04" rel="noopener noreferrer" target="_blank">'article 421-2-5</a>, ce qui en fait une infraction de droit commun, passible de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 &euro; d'amende. Les outils ordinaires de la proc&eacute;dure p&eacute;nale, enqu&ecirc;te de flagrance et garde &agrave; vue, sont donc susceptibles d'&ecirc;tre utilis&eacute;s dans ce domaine.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, la tendance est actuellement &agrave; une r&eacute;duction du champ d'application du droit de la presse, et donc des garanties protectrices qu'il contient. C'est ainsi que la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043964778" rel="noopener noreferrer" target="_blank">loi du 24 ao&ucirc;t 2021</a> autorise le recours &agrave; la proc&eacute;dure de comparution imm&eacute;diate pour bon nombre de d&eacute;lits de presse, et notamment celui d'apologie de crime pr&eacute;vu &agrave; l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000043982456" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 24 de la loi du 29 juillet 1881</a>. La comparution imm&eacute;diate justifie, elle aussi, l'utilisation des proc&eacute;dures destin&eacute;es &agrave; juger rapidement d'une infraction, comme l'enqu&ecirc;te de flagrance et la garde &agrave; vue.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Les faits reproch&eacute;s &agrave; Rima Hassan s'inscrivent ainsi dans le droit commun de l'apologie du terrorisme et sa garde &agrave; vue en constitue pr&eacute;cis&eacute;ment la mise en oeuvre. Le contenu m&ecirc;me du tweet incrimin&eacute; peut ais&eacute;ment laisser soup&ccedil;onner qu'une telle infraction a &eacute;t&eacute; commise, justifiant sa garde &agrave; vue. D'une part, les tweets de Rima Hassan s'analysent comme un comportement public louant les actes d'un terroriste. A cet &eacute;gard, sa large audience sur X, et le fait que ses sympathisants diffusent largement ses propos ne font que renforcer le caract&egrave;re public de l'infraction. D'autre part, celle-ci est punie d'emprisonnement, ce qui rend juridiquement possible la garde &agrave; vue, au sens de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000023865405/2019-06-01" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 62-2 du code p&eacute;nal</a>.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>La garde &agrave; vue de Rima Hassan repose ainsi sur des fondements juridiques cr&eacute;dibles et parfaitement d&eacute;fendables. Il reste tout de m&ecirc;me &agrave; esp&eacute;rer que les juges viendront, &agrave; l'occasion de cette affaire ou d'une autre, pr&eacute;ciser la notion de flagrance. Celle-ci tend &agrave; s'&eacute;largir avec l'&eacute;volution de la d&eacute;linquance. La loi p&eacute;nale &eacute;voque en effet une "infraction en train de se commettre ou venant de se commettre", formulation bien mal adapt&eacute;e &agrave; la d&eacute;linquance sur internet. De fait, les juges ont tendance &agrave; admettre une sorte de "flagrance prolong&eacute;e" pour les infractions continues ou diffus&eacute;es en ligne. On peut &eacute;videmment les comprendre dans la mesure o&ugrave; une interpr&eacute;tation plus &eacute;troite entraverait consid&eacute;rablement la r&eacute;pression de ce type d'infraction. Mais toute loi p&eacute;nale est d'interpr&eacute;tation &eacute;troite, et ce simple fait devrait justifier l'intervention du l&eacute;gislateur pour adapter la notion de flagrance &agrave; la d&eacute;linquance en ligne.</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span>La garde &agrave; vue : <a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a> chapitre  4  section 2 &sect; 1 B</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><br></div><br>]]></content>
	<updated>2026-04-06T18:05:42+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-04-06T18:05:42+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjdWpB-8HtUH1zo7YjijMVz6_H57341-Dgz_OrSAl8DelyzlYJRyjR6nxHEB_w_iVnSkZN7Um6LtDi6JHI4REDRssuUF9gkYlwDe1sRDAVmQByLhIh2dYY8VMQ_cRcRWBNKhj-DTh9bEkYN9pgNusTuNUbYTxMmoPjfgMg5WZBI7h4S69n4fwe2lhOVwcc/s72-w141-h155-c/droit-penal@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-03:/284535</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/04/les-sanctions-de-larcom-devant-la-cedh.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les sanctions de l&#039;Arcom devant la CEDH</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans un arr&ecirc;t du 12 mars 2026 Canal 8, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) juge que la F...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhIshNalsUZt1zCEiVEj1Xh3q7PYigHYv2nPVSCfYkuhohzpjp8z6COEDKu771WmdihO6C9urnyT29kGgbpdeGg5YxCJq895111g8hwjxnE9cO9DqbwrX3STugO4KF3srvIbrnMxgfg8GfTeh_NIoQNpYHMQ8kpvhiwR8E6lRdReQZxZsfIpB3ik0nwjtU/s185/te%CC%81le%CC%81vision.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhIshNalsUZt1zCEiVEj1Xh3q7PYigHYv2nPVSCfYkuhohzpjp8z6COEDKu771WmdihO6C9urnyT29kGgbpdeGg5YxCJq895111g8hwjxnE9cO9DqbwrX3STugO4KF3srvIbrnMxgfg8GfTeh_NIoQNpYHMQ8kpvhiwR8E6lRdReQZxZsfIpB3ik0nwjtU/s1600/te%CC%81le%CC%81vision.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><p><span>Dans un <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-249635" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 12 mars 2026 <i>Canal 8</i>, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme</a> (CEDH) juge que la France n'a pas port&eacute; une atteinte excessive &agrave; la libert&eacute; d'expression en sanctionnant la cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision C8, alors m&ecirc;me que la sanction inflig&eacute;e par l'Autorit&eacute; de r&eacute;gulation de la communication audiovisuelle et num&eacute;rique (Arcom) atteignait 3 500 000 &euro;. Bien entendu, la d&eacute;cision provoque les commentaires habituels, selon lesquels l'Arcom serait devenue un instrument politique ciblant le groupe Bollor&eacute;. Mais l'arr&ecirc;t de la CEDH d&eacute;passe largement cette vision pol&eacute;mique pour s'int&eacute;resser &agrave; l'&eacute;tendue du contr&ocirc;le exerc&eacute; par sur ce pouvoir de sanction. Elle affirme en particulier, et c'est l'apport essentiel de la d&eacute;cision, que la r&eacute;p&eacute;tition des manquements commis par une cha&icirc;ne constitue un &eacute;l&eacute;ment d'appr&eacute;ciation de la proportionnalit&eacute; de la sanction.<br></span></p><p><span><br></span></p><p></p><h3><span>La loi du 30 septembre 1986</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le pouvoir de sanction de l'Arcom trouve son fondement dans la loi du 30 septembre 1986. Certes, l'autorit&eacute; de contr&ocirc;le a chang&eacute; au fil des ans, d'abord la Commission nationale de la communication et des libert&eacute;s (CNCL) de 1986 &agrave; 1988, puis le Conseil sup&eacute;rieur de l'audiovisuel (CSA) de 1989 &agrave; 2022. Ce dernier s'est ensuite r&eacute;uni &agrave; la Haute Autorit&eacute; pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi). Cette &eacute;volution &eacute;tait logique si l'on consid&egrave;re que le secteur audiovisuel n'est plu s&eacute;parable aujourd'hui du r&eacute;seau mondial. Quels que soient leur nom et leur dur&eacute;e, ces autorit&eacute;s ind&eacute;pendantes t&eacute;moignent surtout d'une r&eacute;elle continuit&eacute;, au point que pour cr&eacute;er l'Arcom, on a simplement ajout&eacute; les membres du CSA et ceux de l'ancienne Hadopi.</span></p><p><span>Les sanctions susceptibles d'&ecirc;tre inflig&eacute;es aux op&eacute;rateurs n'ont gu&egrave;re chang&eacute; depuis l'origine. Une gradation bien connue va de la mise en demeure au retrait d'autorisation, en passant par la suspension de programme et la sanction p&eacute;cuniaire.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-UMMRvHZ5nR4pGyiFuLVd7wIHTyvAyD01P3ZouHDeyy7v_WLyuzyzd1tEDcqYTiJJsaYQOkQObQ5AkQ-efKRZvbw9U5JXhhyijx6ptJnUpvgTWs6edp5k2J11eO6xflsLXogdBMiAFHwQPBcyamsOWLJt2Yyqhqd8i7PUAC779z57DA8a7DjrOMA5hQU/s1320/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-02%20a%CC%80%2023.21.39.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-UMMRvHZ5nR4pGyiFuLVd7wIHTyvAyD01P3ZouHDeyy7v_WLyuzyzd1tEDcqYTiJJsaYQOkQObQ5AkQ-efKRZvbw9U5JXhhyijx6ptJnUpvgTWs6edp5k2J11eO6xflsLXogdBMiAFHwQPBcyamsOWLJt2Yyqhqd8i7PUAC779z57DA8a7DjrOMA5hQU/w378-h350/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-02%20a%CC%80%2023.21.39.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Calvin and Hobbes. Bill Watterson</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>TPMP, pourvoyeur de sanctions</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>C8 se plaint devant la CEDH d'avoir &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; de multiples reprises &agrave; de lourdes sanctions p&eacute;cuniaires. Deux sont essentiellement vis&eacute;es dans la requ&ecirc;te. D'abord, la sanction de 500 000 &euro; inflig&eacute;e par l'Arcom pour avoir laiss&eacute;, sans apporter la moindre r&eacute;serve,&nbsp; un invit&eacute; de <i>Touche pas &agrave; mon poste</i> &eacute;mettre des propos complotistes affirmant que des personnalit&eacute;s du spectacle consommaient une drogue fabriqu&eacute;e avec le sang d'enfants kidnapp&eacute;s et sacrifi&eacute;s. Ensuite, la seconde sanction de 3 500 000 &euro; faisait suite &agrave; l'altercation, dans la m&ecirc;me &eacute;mission entre <i>Louis Boyard</i> et <i>Cyril Hanouna.</i> Le d&eacute;put&eacute; LFI ayant accus&eacute; <i>Vincent Bollor&eacute;</i>&nbsp;d'avoir "<i>d&eacute;forest&eacute; le Cameroun</i>", le pr&eacute;sentateur l'a imm&eacute;diatement trait&eacute; d&rsquo;&laquo; <i>abruti</i> &raquo;, de &laquo; <i>tocard</i> &raquo;, de &laquo; <i>merde</i> &raquo; et de &laquo; <i>naze</i> &raquo;. <i>Louis Boyard</i> finit par quitter le plateau sous les hu&eacute;es du public, les injures ayant ensuite continu&eacute; &agrave; pleuvoir, en son absence, l&agrave; encore sans aucun contr&ocirc;le de l'antenne.</span></p><p><span>C8 a &eacute;videmment contest&eacute; ces sanctions devant le Conseil d'&Eacute;tat qui les a d&eacute;clar&eacute;es l&eacute;gales dans deux <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000049948526" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;ts rendus le m&ecirc;me jour, le 10 juillet 202</a>4.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le pr&eacute;c&eacute;dent de 2023</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>A priori, la d&eacute;cision rendue par la CEDH le 12 mars 2026 &eacute;tait pr&eacute;visible. Dans un <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2023/02/rude-journee-pour-c8.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 9 f&eacute;vrier 2023 <i>C8</i>,</a> la Cour s'&eacute;tait d&eacute;ja prononc&eacute;e sur deux sanctions inflig&eacute;es par l'ancien CSA, toutes deux confirm&eacute;es par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000037080597/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le Conseil d'&Eacute;tat le 18 juin 2018.</a> A l'&eacute;poque, il s'agissait d'attouchements sexuels et d'un canular de tr&egrave;s mauvais go&ucirc;t &eacute;galement intervenus dans la m&ecirc;me &eacute;mission. La CEDH avait alors valid&eacute; les deux sanctions, l'une pronon&ccedil;ant la suspension de ressources publicitaires pendant quinze jours, l'autre infligeant une amende de 3 millions d'euros. La CEDH avait alors appr&eacute;ci&eacute; la proportionnalit&eacute; de ces mesures, observant qu'une amende de ce montant &eacute;tait &eacute;gale &agrave; seulement 2 % du chiffre d'affaires de l'entreprise.</span></p><p><span>La d&eacute;cision de 2026 est-elle pour autant la simple mise en oeuvre d'une jurisprudence d&eacute;sormais classique et largement nourrie par Cyril Hanouna ?&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une pratique &eacute;ditoriale globale</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Pas tout-&agrave;-fait. L'arr&ecirc;t ne se distingue pas par l'identification de nouvelles sanctions, mais bien davantage par la mani&egrave;re dont il qualifie leur encha&icirc;nement. La CEDH ne voit plus une s&eacute;rie d'incidents isol&eacute;s. Elle observe un comportement &eacute;ditorial structurel, justifiant une r&eacute;ponse r&eacute;pressive gradu&eacute;e. La Cour d&eacute;personnalise le contentieux et la r&eacute;p&eacute;tition des manquements devient un &eacute;l&eacute;ment central du contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;.</span></p><p><span>La Cour se livre ainsi &agrave; une approche contextuelle et cumulative du comportement de la chaine. L'historique des manquements commis constitue un &eacute;l&eacute;ment important d'appr&eacute;ciation. Sur ce point, la Cour europ&eacute;enne rejoint la jurisprudence du Conseil d'&Eacute;tat qui avait d&eacute;j&agrave; engag&eacute; une &eacute;volution dans ce sens. Elle &eacute;tait toutefois intervenue, non pas en mati&egrave;re de sanction proprement dite, mais dans le contentieux des refus d'autorisation de fr&eacute;quence par voie hertzienne (TNT) mesure qui n'est pas &eacute;loign&eacute;e d'une sanction. Dans sa <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000051231637" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>N. R. J</i>. du 19 f&eacute;vrier 2025, </a>le juge administratif admet en effet la l&eacute;galit&eacute; d'un refus oppos&eacute; par l'Arcom. Et il envisage alors l'ensemble des &eacute;l&eacute;ments pertinents, d'abord sur le plan de l'entreprise, baisse des march&eacute;s publicitaires, d&eacute;ficit structurel etc. Le Conseil d'&Eacute;tat tient compte &eacute;galement de la qualit&eacute; des programmes et du respect des engagements conventionnels li&eacute;s &agrave; l'attribution d'une fr&eacute;quence. On observe que cette d&eacute;cision n'est pas intervenue &agrave; propos du groupe Bollor&eacute;, raison pour laquelle elle n'a pas b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de la m&ecirc;me m&eacute;diatisation.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Pas de "droit sp&eacute;cial Bollor&eacute;"</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision rendue par la CEDH le 12 mars 2026 ne doit pourtant pas &ecirc;tre enferm&eacute;e dans l'approche victimaire que diffuse largement le groupe Bollor&eacute;. La jurisprudence ne consacre nullement un &laquo; droit sp&eacute;cial Bollor&eacute; &raquo; Elle tient compte d'une situation actuelle qui envisage l'audiovisuel &agrave; travers une pluralit&eacute; d'op&eacute;rateurs, cha&icirc;nes publiques et priv&eacute;es, radios, plateformes internet. La r&eacute;gulation elle-m&ecirc;me s'&eacute;largit au contr&ocirc;le d'un secteur, avec notamment le respect du pluralisme, la protection des mineurs, la sanction des propos discriminatoires.</span></p><p><span>Certes, il est tentant d'&eacute;carter toute r&eacute;gulation, au nom d'une libert&eacute; d'expression absolue, accompagn&eacute;e d'un lib&eacute;ralisme &eacute;conomique tout aussi absolu. Dans ce cas, il faut se r&eacute;signer &agrave; voir se multiplier les cha&icirc;nes d'opinion au d&eacute;triment des cha&icirc;nes d'information, le spectateur &eacute;tant condamn&eacute; &agrave; l'expression unilat&eacute;rale de points de vue militants. Ceux qui plaident pour ce syst&egrave;me nous affirment &eacute;videmment que tous les courants d'opinion peuvent cr&eacute;er "leur" cha&icirc;ne. Certes, mais nul n'ignore que la concentration financi&egrave;re profite toujours aux groupes les plus puissants et que les opinions minoritaires en sont les premi&egrave;res victimes. Y-a-t-il finalement une bonne solution ? Dans un cas, il faut accepter un pouvoir de sanction, un contr&ocirc;le sur l'expression. Dans l'autre, il faut accepter que la libert&eacute; d'expression tue la libert&eacute; d'expressions...</span></p><p><br></p><p></p><p></p><p></p><p></p><p></p><p><span><span><b>Le pouvoir de sanction de l'Arcom</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;9 &nbsp;section 2 &sect; 2 B&nbsp;</span></span></span></p>]]></content>
	<updated>2026-04-03T17:42:57+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-04-03T17:42:57+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhIshNalsUZt1zCEiVEj1Xh3q7PYigHYv2nPVSCfYkuhohzpjp8z6COEDKu771WmdihO6C9urnyT29kGgbpdeGg5YxCJq895111g8hwjxnE9cO9DqbwrX3STugO4KF3srvIbrnMxgfg8GfTeh_NIoQNpYHMQ8kpvhiwR8E6lRdReQZxZsfIpB3ik0nwjtU/s72-c/te%CC%81le%CC%81vision.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-30:/284147</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/le-droit-de-propriete-nest-pas-une.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le droit de propriété n&#039;est pas une licence d&#039;hôtel</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans sa d&eacute;cision SCI de la Barge rousse du 19 mars 2026 rendue sur QPC, le Conseil constitutionnel d...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKdUQlg9yV4-Xs0VXWtAFZQ04BwVajcEnAgyfL-G5nipZeLEFTH_wNWGUnQvXD6W3DjElnEaLFYLsKmVnzVN6UwF1RRdsFRVUd5A7wB8cGUZ1z3RlHuCVKhdm8WNvhefR23He58skStMxaxmOUfxInejqgRbIFkiSQchTbEOP2nJNNNPmi1sa8ewtnp0o/s512/Proprie%CC%81te%CC%81.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKdUQlg9yV4-Xs0VXWtAFZQ04BwVajcEnAgyfL-G5nipZeLEFTH_wNWGUnQvXD6W3DjElnEaLFYLsKmVnzVN6UwF1RRdsFRVUd5A7wB8cGUZ1z3RlHuCVKhdm8WNvhefR23He58skStMxaxmOUfxInejqgRbIFkiSQchTbEOP2nJNNNPmi1sa8ewtnp0o/w217-h150/Proprie%CC%81te%CC%81.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2025-1186-qpc-du-19-mars-2026-communique-de-presse" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>SCI de la Barge rousse</i> du 19 mars 2026 rendue sur QPC</a>, le Conseil constitutionnel d&eacute;clare conformes &agrave; la constitution les dispositions de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050612711" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi <i>Le Meur</i> du 19 novembre 2024</a>. Ce texte vise, d'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale &agrave; renforcer les outils de r&eacute;gulation des meubl&eacute;s de tourisme &agrave; l'&eacute;chelle locale, de type <i>AirBnB </i>ou <i>Abritel</i>.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Dans ce but, il impose une nouvelle r&eacute;daction de l'article 26 de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000050623612/2024-11-21" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 10 juillet 1965 </a>sur la copropri&eacute;t&eacute;. Le syndicat des copropri&eacute;taires peut d&eacute;sormais interdire, &agrave; une majorit&eacute; des deux-tiers, la location de meubl&eacute;s de tourisme dans les r&eacute;sidences secondaires, Cette facult&eacute;s n'est toutefois ouverte qu'&agrave; la condition que le r&egrave;glement de copropri&eacute;t&eacute; dispose d'une "<i>clause d'habitation bourgeoise"</i>, les appartements &eacute;tant donc uniquement destin&eacute;s &agrave; l'habitat, sauf les lots sp&eacute;cifiquement d&eacute;di&eacute;s &agrave; une activit&eacute; commerciale, par exemple les commerces du rez-de-chauss&eacute;e. La proc&eacute;dure mise en oeuvre par la loi <i>Le Meur</i> vise ainsi &agrave; assurer la vie harmonieuse d'une copropri&eacute;t&eacute;, partag&eacute;e entre l'int&eacute;r&ecirc;t financier imm&eacute;diat de certains propri&eacute;taires loueurs, et la volont&eacute; d'autres qui d&eacute;sirent seulement vivre bourgeoisement et tranquillement dans l'immeuble.</span></p><p><span>A peine la d&eacute;cision rendue par le Conseil constitutionnel, certains groupements, repr&eacute;sentant notamment les entreprises actives dans ce secteur, ont estim&eacute; que le droit de propri&eacute;t&eacute; se trouvait "<i>attaqu&eacute;</i>", "<i>fragilis&eacute;</i>", voire "<i>vid&eacute; de sa substance</i>" par le Conseil constitutionnel.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les bornes du droit de propri&eacute;t&eacute; d&eacute;finies par la loi</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Ce discours est une posture bien connue, mais sans rapport avec la r&eacute;alit&eacute; du droit de propri&eacute;t&eacute; qui n'a jamais &eacute;t&eacute; un droit absolu, loin de l&agrave;. Certes, il est mentionn&eacute; &agrave; deux reprises dans la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, d'abord dans l'article 2 comme un droit "<i>naturel et imprescriptible</i>", ensuite dans l'article 17 comme un droit "<i>inviolable et sacr&eacute;</i>". L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006428859" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 544 du code civil</a>&nbsp;ajoute ensuite que "<i>la propri&eacute;t&eacute; est le droit de jouir et disposer des choses de la mani&egrave;re la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohib&eacute; par les lois ou par les r&egrave;glement</i>s". S'est alors d&eacute;velopp&eacute;e la trilogie traditionnelle, selon laquelle l'exercice du droit de propri&eacute;t&eacute; implique l'<i>usus</i>, ou droit de jouir du bien, le <i>fructus</i>, ou droit d'en percevoir les fruits, et enfin l'<i>abusus</i>, ou droit d'en disposer.</span></p><p><span>Certes, mais pr&eacute;cis&eacute;ment, comme l'article 544 l'y autorise, le l&eacute;gislateur est venu, au fil des ans, poser des bornes &agrave; l'exercice du droit de propri&eacute;t&eacute;, au nom de l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Invoquer aujourd'hui l&rsquo;article 17 de la D&eacute;claration de 1789 comme un bouclier contre toute r&eacute;gulation des usages d&rsquo;un bien rel&egrave;ve d&rsquo;une lecture archa&iuml;que ces dispositions, qui ignore la possibilit&eacute; de restrictions d&eacute;finies par la loi. Depuis sa c&eacute;l&egrave;bre&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1982/81132DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 16 janvier 1982</a>&nbsp;relative aux nationalisations, le Conseil constitutionnel distingue clairement entre la privation de propri&eacute;t&eacute;, strictement encadr&eacute;e, prot&eacute;g&eacute;e par la voie de fait, et soumise &agrave; l'exigence d'une juste et pr&eacute;alable indemnit&eacute;, et la simple limitation de ses conditions d&rsquo;exercice. Aujourd'hui, la loi <i>Le Meur</i>&nbsp;ne prive en aucun cas le propri&eacute;taire de son bien. Elle ne concerne que l'exercice du droit de propri&eacute;t&eacute;, affirmant que l'on ne peut transformer un bien immobilier en activit&eacute; quasi-h&ocirc;teli&egrave;re, sans que la collectivit&eacute; des copropri&eacute;taires ait son mot &agrave; dire.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><span>L'appartement, Vincent Delerm. 2002</span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; sans complaisance</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p><span>La jurisprudence du Conseil constitutionnel estime que l'ing&eacute;rence dans le droit de propri&eacute;t&eacute; est soumise &agrave; deux conditions. D'une part, elle ne doit pas conduire &agrave; une privation compl&egrave;te de ce droit, et, en l'esp&egrave;ce, le propri&eacute;taire d'un bien &agrave; louer pour une courte dur&eacute;e demeure pleinement propri&eacute;taire. On observe que le m&eacute;canisme valid&eacute; par le Conseil repose sur le vote des copropri&eacute;taires eux-m&ecirc;mes, et non pas sur une mesure administrative d&eacute;cid&eacute;e par l'&Eacute;tat. D'autre part, l'ing&eacute;rence dans le droit de propri&eacute;t&eacute; doit &ecirc;tre "<i>justifi&eacute;e par un motif d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral et proportionn&eacute;e &agrave; l'objectif poursuivi</i>", formule figurant dans la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2010/201060QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision QPC du 12 novembre 2010</a>.</span></p><p><span>Ce motif d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral n'a rien de nouveau. Imm&eacute;diatement apr&egrave;s le code civil, la loi du 16 septembre 1807 imposait d&eacute;j&agrave; aux propri&eacute;taires des marais d'en assurer le dess&egrave;chement, celle du 8 mars 1810 autorisait l'expropriation pour des motifs d'utilit&eacute; publique. L'urbanisation suscitait, &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque, la multiplication consid&eacute;rable des servitudes pesant sur la propri&eacute;t&eacute; fonci&egrave;re, pour assurer la distribution d'eau ou de gaz, les travaux publics ou les communications. Aujourd'hui, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) laisse aux &Eacute;tats une large marge d'appr&eacute;ciation, dans la d&eacute;finition de cet int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62065" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>James et a. c. Royaume-Uni </i>du 21 f&eacute;vrier 1986, la Cour </a>admet ainsi une r&eacute;forme de l'emphyt&eacute;ose britannique, qui imposait &agrave; la famille du duc de Westminster la&nbsp; cession obligatoire de biens immobiliers situ&eacute;s &agrave; <i>Belgravia</i> sur lesquels les 2000 locataires&nbsp; n'avaient, jusqu'&agrave; l&agrave;, aucun droit d'acquisition. L'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral r&eacute;side ici dans une remise en cause d'un syst&egrave;me quasi-f&eacute;odal assurant le retour des biens immobiliers &agrave; la famille ducale, &agrave; l'issue de la location.</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel ne raisonne pas autrement et d&eacute;finit assez largement l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral susceptible de justifier une ing&eacute;rence dans le droit de propri&eacute;t&eacute;. Dans une <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2024/10/le-conseil-constitutionnel-contre.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC <i>Groupement forestier for&ecirc;t de Teillay et a. </i>du 18 octobre 2024</a>, il affirme ainsi qu'une loi peut interdire l'"engrillagement" des chasses priv&eacute;es, dans un but de protection des espaces naturels. Ces dispositions ne portent pas une atteinte excessive au droit de propri&eacute;t&eacute;. En effet, les propri&eacute;taires ne sont pas priv&eacute;s de leurs biens, et les cl&ocirc;tures peuvent &ecirc;tre maintenues, &agrave; la seule condition d'am&eacute;nager des passages pour circulation des animaux.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une n&eacute;cessit&eacute;, pas une d&eacute;rive</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision rendue par le Conseil le 19 mars 2026 ne modifie gu&egrave;re la situation du propri&eacute;taire du bien. Il peut toujours choisir de l'occuper, le vendre, ou le louer &agrave; long terme et donc en tirer un revenu. Seule lui est refus&eacute;e une forme particuli&egrave;re d'optimisation &eacute;conomique, certes tr&egrave;s rentable, mais aussi tr&egrave;s perturbatrice de l'&eacute;quilibre du march&eacute; immobilier local. Autrement dit, ce qui est atteint, ce n&rsquo;est pas le droit de propri&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est une strat&eacute;gie de maximisation. D&egrave;s lors, il devient naturel de constater que le Conseil constitutionnel n'a jamais eu pour mission de garantir les rendements locatifs.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><b>D&eacute;clin du caract&egrave;re souverain du droit de propri&eacute;t&eacute;</b><span>&nbsp;:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 6, section 1 &sect; 2 B&nbsp; du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></span></p><p><br></p><p></p>]]></content>
	<updated>2026-03-30T18:07:19+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-03-30T18:07:19+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKdUQlg9yV4-Xs0VXWtAFZQ04BwVajcEnAgyfL-G5nipZeLEFTH_wNWGUnQvXD6W3DjElnEaLFYLsKmVnzVN6UwF1RRdsFRVUd5A7wB8cGUZ1z3RlHuCVKhdm8WNvhefR23He58skStMxaxmOUfxInejqgRbIFkiSQchTbEOP2nJNNNPmi1sa8ewtnp0o/s72-w217-h150-c/Proprie%CC%81te%CC%81.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-26:/283761</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/le-conseil-municipal-tous-voiles-dehors.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le conseil municipal tous voiles dehors</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Dijon, dans une ordonnance du 18 mars 2026, refuse ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBbZgGHmjn1ZUl691Js88EJ1b1srehVvReYCmiyaLtF5TvGWhPAeTF3ZLwFnY4zxBfkb7ish3AqMc1ioqn3A-6VInCFPnx-O2EPOpwoQy0WCZCCkpFj58KEK2mZY38aqeFobGE-JncGj9XuBvqjLczp9Xe3z4V0pSWMOaDOn0CRJeNuoTJ2PskebWStkA/s328/Commune.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBbZgGHmjn1ZUl691Js88EJ1b1srehVvReYCmiyaLtF5TvGWhPAeTF3ZLwFnY4zxBfkb7ish3AqMc1ioqn3A-6VInCFPnx-O2EPOpwoQy0WCZCCkpFj58KEK2mZY38aqeFobGE-JncGj9XuBvqjLczp9Xe3z4V0pSWMOaDOn0CRJeNuoTJ2PskebWStkA/w204-h204/Commune.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Dijon, dans une <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire/chalon-sur-saone/ils-contestaient-un-arret-interdisant-le-voile-en-conseil-municipal-deux-elus-de-chalon-sur-saone-deboutes-par-la-justice-3319485.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 18 mars 2026</a>, refuse de suspendre une d&eacute;lib&eacute;ration portant r&egrave;glement int&eacute;rieur du conseil municipal de Chalon-sur-Sa&ocirc;ne, vot&eacute;e le 14 janvier 2026 &agrave; l'initiative du maire Gilles Platret. A&nbsp;ce stade, la d&eacute;cision n'est pas encore publi&eacute;e, mais l'AFP en a diffus&eacute; de larges extraits.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Ce r&egrave;glement int&eacute;rieur est ainsi r&eacute;dig&eacute; : "<i>La tenue vestimentaire des conseillers municipaux en s&eacute;ance doit rester neutre et s'apparenter &agrave; une tenue de ville. Elle ne saurait &ecirc;tre pr&eacute;texte &agrave; l'expression d'une quelconque opinion : est ainsi prohib&eacute; le port de tout signe religieux ostensible, d'un uniforme, de logos, de messages commerciaux ou de slogans de nature politique</i>". Une femme membre du conseil municipal et d&eacute;sireuse d'y porter le voile ainsi que le chef de file &nbsp;de l'opposition municipale ont donc saisi en r&eacute;f&eacute;r&eacute; le tribunal&nbsp;administratif, d&eacute;non&ccedil;ant cette mesure comme une atteinte &agrave; la libert&eacute; de conscience.</span></p><p><span>Le rejet de la requ&ecirc;te a suscit&eacute; de vives r&eacute;actions, en particulier celle de Nicolas Cad&egrave;ne, ancien secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du d&eacute;funt Observatoire de la la&iuml;cit&eacute;, disparu en 2021. Toujours bien accueilli par <i>Le Monde</i>, il y a publi&eacute;, le 21 mars 2026, une tribune intitul&eacute;e : "<i>Jamais la la&iuml;cit&eacute; n'a suppos&eacute; la neutralit&eacute; des &eacute;lus</i>".&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La loi du 22 d&eacute;cembre 2025</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>A ce propos aussi p&eacute;remptoire qu'aventur&eacute;, on pourrait &eacute;videmment opposer un texte l&eacute;gislatif dont Nicolas Cad&egrave;ne n'a peut &ecirc;tre pas connaissance. En effet la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053142169" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 22 d&eacute;cembre 2025 portant cr&eacute;ation d'un statut de l'&eacute;lu local</a>&nbsp;&eacute;nonce d&eacute;sormais que "<i>dans l'exercice de son mandat, l'&eacute;lu local s'engage &agrave; respecter les principes de libert&eacute;, d'&eacute;galit&eacute;, de fraternit&eacute; et de la&iuml;cit&eacute; ainsi que les lois et les symboles de la R&eacute;publique</i>". Ces dispositions sont codifi&eacute;es dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000053147122" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 1111-13 du code g&eacute;n&eacute;ral des collectivit&eacute;s locales</a>. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s a d'ailleurs tir&eacute; les conclusions qui s'imposent de ce texte en affirmant que "<i>la libert&eacute; de conscience d'un membre &eacute;lu d'un conseil municipal doit &ecirc;tre concili&eacute;e avec le principe de la&iuml;cit&eacute; qu'il est tenu de respecter</i>".&nbsp;</span></p><p><span>Le juge administratif aurait pu se borner &agrave; rappeler les termes de la loi et m&ecirc;me ceux de l'article premier de la Constitution qui affirme que notre r&eacute;publique est la&iuml;que. Mais il va plus loin en rappelant deux points essentiels. D'une part,&nbsp;un membre du conseil municipal n'est pas un usager mais un &eacute;lu. D'autre part,&nbsp;la neutralit&eacute; n'est pas une option, mais un acte li&eacute; &agrave; l'exercice de la puissance publique.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEglceXelZIq8YeZq1qzR2J4loVMkgfOywSL_BeZyZhs4kjU-akWPeNjwDON_7O2SjjKRaPN-I0riLoBFesiJfRkPc3aWIuFcaQZJuqSNaW5-_T31-ZOHLj69IKW_cO7MX-CaGJlmpYtdh96HxTcDkfEV5Wf6yA1Cto5ZXIVEkmICfA0jVNiM9sjQ1ij5AM/s1108/A.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEglceXelZIq8YeZq1qzR2J4loVMkgfOywSL_BeZyZhs4kjU-akWPeNjwDON_7O2SjjKRaPN-I0riLoBFesiJfRkPc3aWIuFcaQZJuqSNaW5-_T31-ZOHLj69IKW_cO7MX-CaGJlmpYtdh96HxTcDkfEV5Wf6yA1Cto5ZXIVEkmICfA0jVNiM9sjQ1ij5AM/w548-h513/A.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>Ast&eacute;rix en Corse. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1973</span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La confusion entre usager et &eacute;lu</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L&rsquo;argument le plus fragile, et pourtant le plus r&eacute;p&eacute;t&eacute; par les commentateurs favorables au port de signes religieux, consiste &agrave; assimiler les &eacute;lus &agrave; de simples usagers du service public. Ils b&eacute;n&eacute;ficieraient donc d&rsquo;une libert&eacute; d&rsquo;expression quasi absolue, jusqu'au sein du conseil municipal. On retrouve ici les promoteurs d'une la&iuml;cit&eacute; accompagn&eacute;e d'un adjectif, la&iuml;cit&eacute; ouverte, inclusive etc. Certes, mais cette affirmation rel&egrave;ve de la rh&eacute;torique, pas de l'analyse juridique.&nbsp;</span></p><p><span>D'une part, elle m&eacute;conna&icirc;t la distinction entre&nbsp;<span>participation au service public</span>&nbsp;et&nbsp;<span>usage du service public</span>. L&rsquo;usager re&ccedil;oit une prestation, l'&eacute;lu participe &agrave; la prise de d&eacute;cision. Assimiler l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre revient &agrave; effacer la fronti&egrave;re entre gouvern&eacute;s et gouvernants, au prix d&rsquo;une v&eacute;ritable d&eacute;naturation des cat&eacute;gories juridiques.&nbsp;</span></p><p><span>D&rsquo;autre part, cette assimilation aurait une cons&eacute;quence juridique pour le moins &eacute;trange. Mise en oeuvre, elle conf&eacute;rerait aux &eacute;lus un r&eacute;gime plus lib&eacute;ral que celui applicable aux agents publics, alors m&ecirc;me que leur r&ocirc;le institutionnel est plus d&eacute;cisif. Autrement dit, le fonctionnaire qui applique la norme serait tenu &agrave; la neutralit&eacute;, alors que l'&eacute;lu qui la cr&eacute;e pourrait s&rsquo;en affranchir. Une telle asym&eacute;trie ne saurait trouver un fondement juridique s&eacute;rieux.&nbsp;</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Dijon rappelle que l'&eacute;lu du conseil municipal n'est pas un usager, mais un &eacute;l&eacute;ment de la personne publique dot&eacute;e du pouvoir de prendre des actes administratifs, et donc exer&ccedil;ant la puissance publique. On revient alors aux fondements m&ecirc;me du droit administratif exprim&eacute;s par Maurice Hauriou. L'exercice de la puissance publique justifie les exigences particuli&egrave;res qui p&egrave;sent sur les &eacute;lus.</span></p><p></p><p><span>Le Conseil constitutionnel affirme, de la m&ecirc;me mani&egrave;re, que la la&iuml;cit&eacute; impose &agrave; l'&Eacute;tat de garantir la neutralit&eacute; des services publics, par exemple dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2013/2012297QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision QPC du 21 f&eacute;vrier 2013 <i>Association pour la&nbsp;<span>la promotion et l&rsquo;expansion de la la&iuml;cit&eacute;</span>.</i> </a>Cette neutralit&eacute; ne saurait &ecirc;tre cantonn&eacute;e aux seuls agents : elle concerne l&rsquo;ensemble des organes de la puissance publique.</span></p><div><p></p></div><p><span>Il convient de rappeler, &agrave; ce propos, que l'origine du principe de neutralit&eacute; se trouve dans l'&eacute;galit&eacute; des citoyens. Celle-ci serait &eacute;videmment affect&eacute;e si les organes d&eacute;lib&eacute;rants des collectivit&eacute;s territoriales pouvaient devenir des lieux d&rsquo;affichage religieux. L&rsquo;usager du service public est en droit d&rsquo;attendre que la norme qui lui est appliqu&eacute;e soit &eacute;labor&eacute;e dans un cadre neutre, d&eacute;gag&eacute; de toute influence religieuse apparente.</span></p><p><span>La Cour europ&eacute;enne des droits de l&rsquo;homme (CEDH) ne s'est pas prononc&eacute;e sur le port des signes religieux au sein d'un conseil municipal. Mais lorsqu'elle admet qu'une telle interdiction soit impos&eacute;e aux agents publics dans son <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2015/11/le-modele-francais-de-laicite-devant-la.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Ebrahimian c. France</i> du 26 novembre 2015</a>, elle raisonne au regard des fonctions qu'ils exercent. Dans la mesure o&ugrave; ils prennent des d&eacute;cisions normatives de puissance publique, l'institution qu'ils incarnent doit avoir l'apparence de la neutralit&eacute;, et donc de l'impartialit&eacute;.</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s reprend finalement ce raisonnement. Il ajoute que l'exigence ainsi impos&eacute;e aux &eacute;lus n'emporte pas d'ing&eacute;rence dans leur libert&eacute; de conscience, d&egrave;s lors qu'elle est limit&eacute;e aux s&eacute;ances du conseil municipal et qu'ils peuvent affirmer leurs convictions librement en dehors de l'exercice de leurs fonctions.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La neutralit&eacute; n'est pas une option</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Certains commentateurs, comme Nicolas Cad&egrave;ne, s'emploient &agrave; contester la d&eacute;cision du juge administratif en d&eacute;veloppant une conception extensive de la libert&eacute; des &eacute;lus. L'id&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale, r&eacute;affirm&eacute;e &agrave; tout propos, est que l'&eacute;lu,&nbsp;parce qu&rsquo;il est titulaire d&rsquo;un mandat, devrait b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une libert&eacute; d&rsquo;expression renforc&eacute;e, incluant la manifestation visible de ses convictions religieuses.</span></p><p><span>Cette th&egrave;se, en apparence tr&egrave;s simple, repose sur une confusion entre libert&eacute; politique et libert&eacute; fonctionnelle. Certes, l'&eacute;lu a le droit d'exprimer des opinions, y compris religieuses, dans le d&eacute;bat public, et par exemple durant une campagne &eacute;lectorale. Mais, dans l'exercice de sa fonction d&eacute;lib&eacute;rative, l'affichage de ses convictions reviendrait, en quelque sorte, &agrave; privatiser l'exercice d'une fonction publique, &agrave; transformer&nbsp;l'organe d&eacute;lib&eacute;rant en une simple juxtaposition d'opinions individuelles et de convictions personnelles. Or, il est avant tout, et c'est sa nature juridique, un organe coll&eacute;gial de production normative.</span></p><p><span>La preuve du pudding est dans le pudding, disent les Anglais. Ici, la preuve de la pr&eacute;sence de cette th&egrave;se est tout simplement dans les commentaires publi&eacute;s. Ils ne&nbsp;font g&eacute;n&eacute;ralement pas la moindre allusion aux actes d&eacute;lib&eacute;r&eacute;s en conseil municipal, comme si la d&eacute;lib&eacute;ration n'&eacute;tait qu'un support d'expression et non pas une norme obligatoire.</span></p><p><span>A une autorit&eacute; neutre serait substitu&eacute;e une sorte de forum o&ugrave; s'affronteraient les opinions concurrentes, voire communautaires</span></p><p><span>Surtout, elle conduit &agrave; une cons&eacute;quence difficilement d&eacute;fendable : faire de l&rsquo;&eacute;lu le seul acteur de la sph&egrave;re publique affranchi de toute exigence de neutralit&eacute;. L&rsquo;agent serait contraint, le collaborateur encadr&eacute;, mais le d&eacute;cideur &mdash; celui qui engage la collectivit&eacute; &mdash; pourrait s&rsquo;en exon&eacute;rer. Une telle asym&eacute;trie ne repose sur aucun fondement juridique s&eacute;rieux.</span></p><p><span>L&rsquo;ordonnance du tribunal administratif de Dijon a le m&eacute;rite de rappeler une &eacute;vidence trop souvent oubli&eacute;e. L&rsquo;&eacute;lu local n&rsquo;est pas seulement un repr&eacute;sentant politique, il est aussi un acteur de la puissance publique. &Agrave; ce titre, il ne peut s&rsquo;affranchir des exigences fondamentales qui gouvernent l&rsquo;action administrative.&nbsp;Refuser cette &eacute;vidence, c&rsquo;est prendre le risque de transformer les institutions locales en espaces de fragmentation identitaire. L&rsquo;accepter, c&rsquo;est au contraire r&eacute;affirmer que la R&eacute;publique, dans toutes ses composantes, demeure un espace de neutralit&eacute; au service de tous.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><b>La la&iuml;cit&eacute;, principe d'organisation de l'&Eacute;tat</b><span>&nbsp;:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 10, section 1 &nbsp;du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></span></p>]]></content>
	<updated>2026-03-26T23:07:35+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-03-26T23:07:35+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBbZgGHmjn1ZUl691Js88EJ1b1srehVvReYCmiyaLtF5TvGWhPAeTF3ZLwFnY4zxBfkb7ish3AqMc1ioqn3A-6VInCFPnx-O2EPOpwoQy0WCZCCkpFj58KEK2mZY38aqeFobGE-JncGj9XuBvqjLczp9Xe3z4V0pSWMOaDOn0CRJeNuoTJ2PskebWStkA/s72-w204-h204-c/Commune.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-22:/283360</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/le-fact-checking-de-llc-la-confiscation.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le Fact Checking de LLC : La confiscation des biens liés au narcotrafic</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans sa d&eacute;cision rendue sur question prioritaire de constitutionnalit&eacute; (QPC) le 13 mars 2025, M. Mos...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiQcg-RxmM98gAXIcp3u9jlN5SoNdKUb7jsLP9o38DR9rNN680WjKZayzfRBH8ZYjkxiDTW-DgGeHX_pcsKzApsyHDrYmqXZayRRDQ4_fv7QV1yRoBtQfuE17vbuzr-nUjRmD5tAXLNUU3E-WNIxmenvs5abbKeYFVW_MtyArzEQqK9LkBkNHZRkGX7Ei8/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiQcg-RxmM98gAXIcp3u9jlN5SoNdKUb7jsLP9o38DR9rNN680WjKZayzfRBH8ZYjkxiDTW-DgGeHX_pcsKzApsyHDrYmqXZayRRDQ4_fv7QV1yRoBtQfuE17vbuzr-nUjRmD5tAXLNUU3E-WNIxmenvs5abbKeYFVW_MtyArzEQqK9LkBkNHZRkGX7Ei8/w190-h139/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20251185QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue sur question prioritaire de constitutionnalit&eacute; (QPC) le 13 mars 2025, <i>M. Mostafa B</i>., le Conseil constitutionnel</a> d&eacute;clare non conformes &agrave; la constitution les dispositions de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025585843" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 222-49 du code p&eacute;nal</a>, dans sa r&eacute;daction issue de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000025582235" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 27 mars 2012</a>. Elles pr&eacute;voient qu'en mati&egrave;re de trafic de stup&eacute;fiants, "d<i>oit &ecirc;tre prononc&eacute;e la confiscation des installations, mat&eacute;riels et de tout bien ayant servi, directement ou indirectement, &agrave; la commission de l&rsquo;infraction, ainsi que tout produit provenant de celle-ci, &agrave; quelque personne qu&rsquo;ils appartiennent et en quelque lieu qu&rsquo;ils se trouvent, d&egrave;s lors que leur propri&eacute;taire ne pouvait en ignorer l&rsquo;origine ou l&rsquo;utilisation frauduleuse</i>".&nbsp;</div></span><p></p><p><span>L'abrogation de ces dispositions prend effet imm&eacute;diatement, et un certain nombre de commentateurs ont imm&eacute;diatement consid&eacute;r&eacute; que le <i>pouvoir des juges </i>avait encore frapp&eacute;. David Lisnard affirmait ainsi, sur X, que "<i>le droit du trafiquant prime donc sur l'int&eacute;r&ecirc;t de la soci&eacute;t&eacute; qui doit permettre de frapper les narcotrafiquants au portefeuille</i>". Natacha Polony, sur le m&ecirc;me r&eacute;seau social, stigmatisait une "<i>d&eacute;rive antid&eacute;mocratique</i>" du Conseil. "<i>Cette fois-ci, il r&eacute;duit les capacit&eacute;s de la soci&eacute;t&eacute; &agrave; se d&eacute;fendre contre le danger gravissime du narcotrafic (...)</i>". On pourrait multiplier les citations, toutes plus ou moins identiques.</span></p><p><span>Mais ces propos indign&eacute;s rel&egrave;vent, soit d'une incompr&eacute;hension de la d&eacute;cision, soit de son exploitation &agrave; des fins politiques. En effet, le Conseil ne censure pas ces dispositions au fond. Au contraire, il fait observer aux juges du fond que l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049778726/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article 131-21</a> leur permet de prononcer exactement la m&ecirc;me peine compl&eacute;mentaire de confiscation des biens qui sont l'objet ou le produit de l'infraction. Cette disposition, tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rale, est susceptible de s'appliquer &agrave; tous les crimes et d&eacute;lits punis d'une peine d'emprisonnement d'une dur&eacute;e sup&eacute;rieure &agrave; un an, ce qui est &eacute;videmment le cas dans le narcotrafic. L'existence m&ecirc;me de cette disposition justifie d'ailleurs que le Conseil prononce l'abrogation imm&eacute;diate de l'article 222-49, d&egrave;s lors que les juges disposent d'une alternative, utilisable jusqu'&agrave; ce que le l&eacute;gislateur modifie les dispositions abrog&eacute;es. Pour les narcotrafiquants, rien ne change vraiment, car la confiscation de leurs biens reste une menace effective, quel que soit son fondement l&eacute;gal.</span></p><p><span>Mais quelle est la diff&eacute;rence entre la confiscation de l'article 222-49 et celle de l'article 222-49 ? Elle r&eacute;side pr&eacute;cis&eacute;ment dans ce qui justifie la censure du Conseil. L'une des peines est obligatoire, l'autre laisse au juge son pouvoir d'individualisation de la peine.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Peine obligatoire, peine automatique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans les manuels de droit p&eacute;nal, on distingue classiquement une distinction bien connue. La peine obligatoire est celle que le juge doit prononcer, mais il peut en en moduler les modalit&eacute;s, par exemple prononcer le sursis ou m&ecirc;me la dispense de peine. La peine automatique en revanche s'applique sans intervention r&eacute;elle du juge. Il est tenu de la prononcer sans modification.</span></p><p><span>Dans la QPC du 13 mars 2026, le Conseil constate que le juge "<i>doit prononcer la confiscation</i>", sans pouvoir y d&eacute;roger. Il s'agit donc clairement d'une peine obligatoire. Ceci, on peut la consid&eacute;rer comme fonctionnellement automatique, d&egrave;s lors que le juge ne dispose d'aucun pouvoir d'individualisation. Le Conseil constitutionnel ne s'attarde finalement pas sur cette qualification. A ses yeux, la qualification de la peine compl&eacute;mentaire, obligatoire ou automatique, n'a pas r&eacute;ellement d'importance. Ce qui compte, c'est l'absence de marge d'appr&eacute;ciation du juge p&eacute;nal.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiLDSiY800NMGXXDhvOLOMhonawmIlAF8588I6nKXicOuSOz6p55n_ayM4szKotLx82Tco4Kg7O9K1gWRP1E9eEWB0R9FT1-KmNc-ccD5yBzKFaimuZIQZNqtq-lq3wHJ7GmtagIt0vbHA6MeOib_Fl-Nm5SBNf_KZb3SOJzJfdt-q6JyjyGxcyu2pShmk/s583/D.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiLDSiY800NMGXXDhvOLOMhonawmIlAF8588I6nKXicOuSOz6p55n_ayM4szKotLx82Tco4Kg7O9K1gWRP1E9eEWB0R9FT1-KmNc-ccD5yBzKFaimuZIQZNqtq-lq3wHJ7GmtagIt0vbHA6MeOib_Fl-Nm5SBNf_KZb3SOJzJfdt-q6JyjyGxcyu2pShmk/w359-h479/D.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Le port de la drogue. Samuel Fuller. 1953</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'individualisation de la peine</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le fondement de la d&eacute;cision du Conseil r&eacute;side ainsi dans la violation du principe d'individualisation des peines, dont le fondement se trouve dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527434" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 8 de la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 </a>qui &eacute;nonce que "<i>la loi ne doit &eacute;tablir que des peines strictement et &eacute;videmment n&eacute;cessaires</i>". Ce principe a &eacute;t&eacute; &eacute;nonc&eacute;, en mati&egrave;re p&eacute;nale, dans la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2005/2005520DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 22 juillet 2005</a> qui affirme que la peine strictement n&eacute;cessaire est celle que le juge peut moduler en fonction de la personnalit&eacute; de l'auteur de l'infraction.</span></p><p><span>Observons que le Conseil fait preuve d'une certaine tol&eacute;rance &agrave; l'&eacute;gard des peines-planchers, c'est-&agrave;-dire celles dont le code p&eacute;nal pr&eacute;voit qu'elles ne sauraient &ecirc;tre inf&eacute;rieures &agrave; un certain seuil. M&ecirc;me si la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000029362502/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi <i>Taubira</i> du 15 ao&ucirc;t 2014</a>, &eacute;nonce que "<i>toute peine prononc&eacute;e par une juridiction doit &ecirc;tre individualis&eacute;e</i>", le Conseil les a admises en mati&egrave;re douani&egrave;re dans sa d&eacute;cision <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2018/2018731QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 14 septembre 2018 <i>Juliet I</i></a>. Il reconna&icirc;t ainsi une certaine sp&eacute;cificit&eacute; de la r&eacute;pression en mati&egrave;re douani&egrave;re. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, la d&eacute;cision du 13 mars 2026 ne concerne pas le droit douanier, mais le droit p&eacute;nal g&eacute;n&eacute;ral.&nbsp;</span></p><p><span>De cette jurisprudence, on peut d&eacute;duire que le Conseil constitutionnel n'emp&ecirc;che pas le l&eacute;gislateur d'assortir certaines infractions de peines particuli&egrave;rement s&eacute;v&egrave;res, dont la confiscation des biens de leur auteur. En revanche, il ne peut supprimer le principe d'individualisation.</span></p><p><span>La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH), quant &agrave; elle, prot&egrave;ge &eacute;galement l'individualisation de la peine dont le fondement se trouve alors dans les r&egrave;gles du proc&egrave;s &eacute;quitable garanties par l'article 6 de la convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme. Mais elle laisse aussi aux &Eacute;tats une certaine marge d'autonomie. Ils peuvent donc recourir &agrave; la peine de confiscation des biens li&eacute;s &agrave; une infraction et peuvent m&ecirc;me en faire une peine obligatoire. Mais dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62482" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Welch c. Royaume-Uni</i> du 9 f&eacute;vrier 1996,</a> elle exige que la proportionnalit&eacute; d'une peine de confiscation des biens soit appr&eacute;ci&eacute;e par les juges au regard de l'int&eacute;r&ecirc;t de la lutte contre le trafic de stup&eacute;fiants. La CEDH insiste ainsi sur la n&eacute;cessit&eacute; d'un contr&ocirc;le juridictionnel permettant d'appr&eacute;cier toutes les circonstances de l'affaire.</span></p><p><span>Les deux jurisprudences de la CEDH et du Conseil constitutionnel se rejoignent donc. En effet, pour le Conseil, il est clair que l'absence de possibilit&eacute; de moduler la peine la rend potentiellement disproportionn&eacute;e.</span></p><p><span>La d&eacute;cision <i>Mostafa B</i>. &eacute;tait donc parfaitement pr&eacute;visible au regard de la jurisprudence ant&eacute;rieure. Elle ne bouleverse par le droit, mais le Conseil vient n&eacute;anmoins rappeler au l&eacute;gislateur que le durcissement de la r&eacute;pression p&eacute;nale ne peut intervenir au prix de l'effacement du juge. Ce qui est prohib&eacute;, contrairement &agrave; ce qu'ont affirm&eacute; certains commentateurs, ce n'est pas la rigueur de la loi, mais l'absence de libert&eacute; du juge.</span></p><p><span><br></span></p><p><b>Le principe d'individualisation de la peine</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 4 section 1 &sect; 1 A 2&deg; du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></p>]]></content>
	<updated>2026-03-22T18:39:20+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-03-22T18:39:20+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiQcg-RxmM98gAXIcp3u9jlN5SoNdKUb7jsLP9o38DR9rNN680WjKZayzfRBH8ZYjkxiDTW-DgGeHX_pcsKzApsyHDrYmqXZayRRDQ4_fv7QV1yRoBtQfuE17vbuzr-nUjRmD5tAXLNUU3E-WNIxmenvs5abbKeYFVW_MtyArzEQqK9LkBkNHZRkGX7Ei8/s72-w190-h139-c/CC@0.jpeg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-18:/283053</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/le-secret-des-sources-sort-de-sa-zone.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le secret des sources sort de sa zone de confort</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t rendu par la chambre criminelle de la Cour de cassation le 17 mars 2026 &eacute;largit le secret de...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjrWj_iNT0p0JKK2TaiRv3cL4LRohjBqVEyCDWQzaKo0Vep391aQtz0RU2LNCWKc2Gqp_bCxlrQjoHf0VbGBtmadL4bi3_T0Yvd1S3OCLlMiNvRUuM9O8PyTcoWZKGCfR97wIX_qxfBr-UBFCRajwKznHuXoYcEIbUOYQPwvbCPckry_KcCLVYuCJg00iY/s283/presse@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjrWj_iNT0p0JKK2TaiRv3cL4LRohjBqVEyCDWQzaKo0Vep391aQtz0RU2LNCWKc2Gqp_bCxlrQjoHf0VbGBtmadL4bi3_T0Yvd1S3OCLlMiNvRUuM9O8PyTcoWZKGCfR97wIX_qxfBr-UBFCRajwKznHuXoYcEIbUOYQPwvbCPckry_KcCLVYuCJg00iY/w170-h170/presse@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>L'arr&ecirc;t rendu par <a href="https://www.courdecassation.fr/toutes-les-actualites/2026/03/17/communique-protection-des-sources-journalistiques" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la chambre criminelle de la Cour de cassation le 17 mars 2026 </a>&eacute;largit le secret des sources des journalistes, au-del&agrave; des espaces habituellement prot&eacute;g&eacute;s. Une &eacute;volution se fait donc sentir vers une protection fonctionnelle de ce secret.</span></p><p></p><p><span>En d&eacute;cembre 2024, un journaliste d'investigation rencontre, dans un restaurant, la stagiaire d'un cabinet d'avocats. Il s'informe sur les pratiques de ce cabinet. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, une enqu&ecirc;te p&eacute;nale est ouverte pour violations du secret de l'enqu&ecirc;te et de l'instruction, et l'on cherche l'origine des fuites. Le journaliste est localis&eacute; dans le restaurant, et la police s'y rend imm&eacute;diatement. Il est interpell&eacute;, son t&eacute;l&eacute;phone est saisi, ainsi que son ordinateur et ses notes manuscrites. Le juge de libert&eacute; et de la d&eacute;tention (JLD) autorise les policiers &agrave; perquisitionner ces documents. L'int&eacute;ress&eacute; conteste cette proc&eacute;dure jusque devant la chambre criminelle. A ses yeux, ces atteintes au secret des sources sont disproportionn&eacute;es par rapport &agrave; <i>"l'imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public"</i> poursuivi.</span></p><p><span>Mais ses avocats n'avaient pas vu, ou pas voulu voir, la difficult&eacute; principale de cette proc&eacute;dure, soulev&eacute;e d'office par la Cour de cassation.</span></p><p><br></p><h3><span>L'applicabilit&eacute; de l'article 56-2&nbsp;</span></h3><p><br></p><p><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000021662497" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 56-2 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale </a>(cpp) d&eacute;finit des modalit&eacute;s particuli&egrave;res de perquisition, dans le cas o&ugrave; la presse est vis&eacute;e par les investigations. Une motivation tr&egrave;s pr&eacute;cise est exig&eacute;e ainsi que la pr&eacute;sence d'un magistrat. Mais en l'esp&egrave;ce la difficult&eacute; n'est pas l&agrave;. Elle r&eacute;side exclusivement dans l'applicabilit&eacute; de l'article 56-2. Il &eacute;nonce en effet que ces perquisitions se d&eacute;roulent "<i>dans les locaux d'une entreprise de presse ou de communication (...), dans le v&eacute;hicule professionnel ou au domicile du journaliste</i>". Dans l'affaire jug&eacute;e le 17 mars, les documents ont &eacute;t&eacute; saisis dans un restaurant, c'est-&agrave;-dire en dehors des lieux prot&eacute;g&eacute;s par le code de proc&eacute;dure p&eacute;nale.</span></p><p><span>Le droit de la protection des sources s'est pourtant construit autour de la reconnaissance de lieux prot&eacute;g&eacute;s des investigations par des proc&eacute;dures sp&eacute;cifiques.</span></p><p><span>La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000178780" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 4 janvier 1993</a>, premier texte en la mati&egrave;re, introduit dans le code de proc&eacute;dure p&eacute;nale un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048441856" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 109</a> qui &eacute;nonce que "<i>tout journaliste, entendu comme t&eacute;moin sur des informations recueillies dans l'exercice de son activit&eacute;, est libre de ne pas en r&eacute;v&eacute;ler l'origine</i>". Certes, mais ces dispositions figurent dans le titre III du code, consacr&eacute; &agrave; l'instruction. Le secret des sources ne peut alors &ecirc;tre invoqu&eacute; que dans le cabinet du juge d'instruction, mais la loi n'interdit pas &agrave; ce dernier d'obtenir des informations par d'autres moyens. Cette possibilit&eacute; a toutefois &eacute;t&eacute; sanctionn&eacute;e par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) dans deux arr&ecirc;ts successifs <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-110306" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Martin c. France</i> du 12 avril 2012</a> et <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-111670" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Ressiot c. France</i> du 28 juin 2013</a>.</span></p><p><span>La loi du 4 janvier 2010 intervient ensuite pour d&eacute;finir les lieux concern&eacute;s, ceux-l&agrave; m&ecirc;mes qui figurent dans l'article 56-2 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale. Elle affirme en m&ecirc;me temps que le secret des sources est garanti et qu'il n'est possible d'y d&eacute;roger que pour r&eacute;pondre &agrave; un "<i>imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public</i>", &agrave; la condition que les investigations soient "<i>strictement n&eacute;cessaires et proportionn&eacute;es au but poursuivi</i>". La formulation est exactement reprise par la CEDH dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-204938" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Jecker c. Suisse</i> du 6 octobre 2020</a>. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment cette n&eacute;cessit&eacute; que conteste le journaliste requ&eacute;rant.</span></p><p><br></p><div></div><br><p><span>Spotlight. Tom Mac Carthy. 2015</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Vers une protection fonctionnelle du journaliste</span></h3><p><br></p><p><span>La d&eacute;cision du 17 mars 2026 d&eacute;place le secret des sources d'un champ d'application en quelque sorte territorial vers quelque chose qui ressemble &agrave; une protection fonctionnelle du journaliste. Il n'est plus attach&eacute; &agrave; certains lieux mais &agrave; la fonction assum&eacute;e par la presse.</span></p><p><span>La jurisprudence de la CEDH incite &agrave; une telle &eacute;volution, et l'on sait qu'elle consid&egrave;re que la libert&eacute; d'expression, et notamment la libert&eacute; de presse, constitue l'un des fondements essentiels de la d&eacute;mocratie. La protection des sources journalistiques est elle-m&ecirc;me pr&eacute;sent&eacute;e comme "<i>la pierre angulair</i>e" de la libert&eacute; de presse depuis le c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62533" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Goodwin c. Royaume-Uni </i>du 27 mars 1996</a>. La CEDH en d&eacute;duit donc que la protection des sources doit &ecirc;tre entour&eacute;e de garanties proc&eacute;durales d&eacute;finies par la loi de l'Etat. Ce principe protecteur a &eacute;t&eacute; pos&eacute; par l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-100448" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t de Grande Chambre du 14 septembre 2010 <i>Sanoma Uitgevers B. V. c. Pays-Bas</i></a>.</span></p><p><span>Au nombre de ces garanties proc&eacute;durales figure la possibilit&eacute; de susciter un contr&ocirc;le pr&eacute;ventif par un juge comp&eacute;tent pour v&eacute;rifier que la remise des pi&egrave;ces saisies r&eacute;pond &agrave; un "<i>imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public</i>". La chambre criminelle constate qu'en l'esp&egrave;ce le JLD est effectivement comp&eacute;tent, mais qu'il est saisi par le procureur pour obtenir la communication des pi&egrave;ces. Le journaliste, quant &agrave; lui, n'a pas la possibilit&eacute; de s'opposer &agrave; cette communication de mani&egrave;re pr&eacute;ventive, et il ne peut que contester a posteriori l'autorisation donn&eacute;e par le JLD. Aux yeux de la cour de cassation, cette proc&eacute;dure n'est pas conforme &agrave; la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme, surtout dans la mesure o&ugrave; la CEDH, notamment dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=002-13760" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 30 ao&ucirc;t 2022 <i>Sergei Sorokin c. Russie</i></a>, exige un contr&ocirc;le pr&eacute;alable &agrave; toute communication de donn&eacute;es &eacute;lectroniques appartenant &agrave; un journaliste.</span></p><p><span>On assiste ainsi &agrave; une &eacute;volution du droit qui repose d&eacute;sormais largement sur la volont&eacute; de faire pr&eacute;valoir le principe selon lequel la presse est le "<i>chien de garde de la d&eacute;mocratie</i>", formule ch&egrave;re &agrave; la CEDH. L'abandon de la protection sp&eacute;cifique du lieu, l'importance donn&eacute;e &agrave; la source elle-m&ecirc;me, le renforcement du contr&ocirc;le juridictionnel, tous ces &eacute;l&eacute;ments vont dans le sens d'un renforcement du secret des sources.</span></p><p><span>Malgr&eacute; cette &eacute;volution substantielle, le droit de la protection des sources appara&icirc;t largement inachev&eacute;. La notion "<i>d'imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public</i>" demeure relativement floue, laissant la porte ouverte &agrave; un contr&ocirc;le formaliste du JLD. Sans doute serait-il n&eacute;cessaire de r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; un nouveau cadre l&eacute;gal stabilis&eacute;, qui permettrait au juge de d&eacute;velopper une jurisprudence plus pr&eacute;cise.</span></p><p><span>Un nouveau texte ne doit cependant pas &ecirc;tre r&eacute;dig&eacute; par des lobbies. On se souvient que, <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2016/11/la-loi-sur-la-liberte-lindependance-et.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le 10 novembre 2016, le Conseil constitutionnel</a> a censur&eacute; une disposition l&eacute;gislative qui supprimait la notion "<i>d'imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public</i>" pour la remplacer par une &eacute;num&eacute;ration des infractions susceptibles de justifier une atteinte au secret des sources. Sur ce point, le lobby de la presse s'&eacute;tait manifest&eacute; de mani&egrave;re quelque peu excessive et il &eacute;tait ainsi affirm&eacute; qu'en mati&egrave;re correctionnelle on ne pouvait porter atteinte au secret que pour pr&eacute;venir une infraction, et pas pour r&eacute;primer un d&eacute;lit. Il devenait ainsi impossible de se livrer &agrave; des investigations concernant des faits constitutifs d'une association de malfaiteurs en vue d'actes de terrorisme. Pour le Conseil constitutionnel, le l&eacute;gislateur n'avait pas assur&eacute; "<i>une conciliation &eacute;quilibr&eacute;e entre la libert&eacute; d'expression et la sauvegarde des int&eacute;r&ecirc;ts fondamentaux de la Nation, la recherche des auteurs d'infractions et la pr&eacute;vention des atteintes &agrave; l'ordre public (...)</i>". Il convient donc de tirer les le&ccedil;ons de l'exp&eacute;rience et de confier la r&eacute;daction de la loi... au l&eacute;gislateur.</span></p><p><br></p><p></p><div tabindex="-1"><div tabindex="-1"><div dir="ltr"></div></div></div><p></p><div><div><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div><div dir="auto"><div><div><p><b>Le secret des sources</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 9, section 1 &sect; 2 B du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></p></div></div></div></div></div></div></article></div></div><p><br></p><div><div><div><div><div></div></div></div></div></div>]]></content>
	<updated>2026-03-18T19:11:21+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-03-18T19:11:21+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjrWj_iNT0p0JKK2TaiRv3cL4LRohjBqVEyCDWQzaKo0Vep391aQtz0RU2LNCWKc2Gqp_bCxlrQjoHf0VbGBtmadL4bi3_T0Yvd1S3OCLlMiNvRUuM9O8PyTcoWZKGCfR97wIX_qxfBr-UBFCRajwKznHuXoYcEIbUOYQPwvbCPckry_KcCLVYuCJg00iY/s72-w170-h170-c/presse@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-14:/282658</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/les-algorithmes-dans-lespace-public-en.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les algorithmes dans l&#039;espace public : En attendant l&#039;AI Act</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'usage des technologies d'intelligence artificielle dans les dispositifs de surveillance de l'espac...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZDKKtDc4JURos-RBn6eQxdbps3sXUdzI2QZE4ih10JUw8dRLGKRVpipV6sun-V0U3TeO3Lke4JWyFEWVcHr7Pj0ASbHR6tex-ZG0vvsrN_cOZCXxgff5G5_J4anthkH2-apAsdRVYApFdg3rnWop1C41BiPzchqmNlucmnENHk0SFvVIry6-bdFBoEoo/s200/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZDKKtDc4JURos-RBn6eQxdbps3sXUdzI2QZE4ih10JUw8dRLGKRVpipV6sun-V0U3TeO3Lke4JWyFEWVcHr7Pj0ASbHR6tex-ZG0vvsrN_cOZCXxgff5G5_J4anthkH2-apAsdRVYApFdg3rnWop1C41BiPzchqmNlucmnENHk0SFvVIry6-bdFBoEoo/w135-h148/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><div>L'usage des technologies d'intelligence artificielle dans les dispositifs de surveillance de l'espace public conduit le juge administratif &agrave; construire, au fil de ses d&eacute;cisions, un r&eacute;gime juridique applicable &agrave; ces nouveaux outils. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053635656" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendues par la cour administrative d'appel (CAA) de Nantes le 6 mars 2026</a> ajoute une pierre &agrave; cet &eacute;difice, m&ecirc;me si c'est probablement loin d'&ecirc;tre la derni&egrave;re.</div><p></p><p><i>M. B. A.</i> conteste une d&eacute;lib&eacute;ration du 11 octobre 2021 par laquelle le conseil municipal de Vannes d&eacute;cide d'inscrire au budget de la commune une autorisation de programme de 2 millions d'euros pour &eacute;tendre le dispositif de vid&eacute;oprotection. Il s'agissait alors de mettre en oeuvre des syst&egrave;mes automatiques d'intelligence artificielle, de l'exploitation du comportement des passants &agrave; la lecture automatis&eacute;e des plaques d'immatriculation (Lapi) et d'intelligence artificielle. Le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053635656?init=true&amp;page=1&amp;query=24NT01809&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noopener noreferrer">tribunal administratif de Rennes, dans un jugement du 11 avril 2024 </a>a rejet&eacute; le recours de <i>M. B. A.</i> et il se tourne donc vers la CAA.</p><p><br></p><h3><span>Vid&eacute;oprotection et surveillance algorithmiques</span></h3><p><br></p><p>La CAA examine d'abord l&eacute;galit&eacute; externe de la d&eacute;lib&eacute;ration du conseil municipal. Elle constate l'int&eacute;r&ecirc;t &agrave; agir de <i>M. B. A</i>., en sa qualit&eacute; de contribuable de la collectivit&eacute; territoriale. Depuis le c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007635142/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Casanova </i>du 29 mars1901</a>, il est acquis qu'un contribuable &agrave; int&eacute;r&ecirc;t &agrave; demander l'annulation d'une d&eacute;lib&eacute;ration du conseil municipal lorsqu'elle affecte les finances de la commune. Tel est le cas en l'esp&egrave;ce puisque l'&eacute;largissement du syst&egrave;me de vid&eacute;oprotection entraine une d&eacute;pense de 2 millions d'euros r&eacute;partis sur trois exercices.</p><p>Conform&eacute;ment &agrave; la jurisprudence classique, la CAA juge que l'extension du syst&egrave;me de vid&eacute;oprotection poursuit un objectif l&eacute;gitime de pr&eacute;vention des atteintes &agrave; l&rsquo;ordre public. Ce principe figurait d&eacute;j&agrave; dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007945076/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>commune d'Ostricourt </i>de 1997,</a> l'une des toutes premi&egrave;res d&eacute;cisions relatives &agrave; la l&eacute;galit&eacute; d'un dispositif de surveillance des voies publiques, trois soir&eacute;es par semaine. Aujourd'hui, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047569457" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L. 251-2 et&nbsp; du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> autorise l&rsquo;installation de dispositifs de vid&eacute;oprotection pour des motifs pr&eacute;cis&eacute;ment &eacute;num&eacute;r&eacute;s, notamment, dans l'alin&eacute;a 5, la s&eacute;curit&eacute; des personnes et des biens.</p><p>D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, le juge affirme que des circonstances locales particuli&egrave;res doivent justifier la mise en oeuvre de ces techniques, ce qui le conduit &agrave; exercer un contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;. Dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000024736674?init=true&amp;isAdvancedResult=true&amp;juridiction=CONSEIL_ETAT&amp;juridiction=COURS_APPEL&amp;juridiction=TRIBUNAL_ADMINISTATIF&amp;juridiction=TRIBUNAL_CONFLIT&amp;page=1&amp;pageSize=10&amp;query=%7B%28%40ALL%5Bt%22326492%22%5D%29%7D&amp;sortValue=DATE_DESC&amp;tab_selection=cetat&amp;typeRecherche=date" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Commune de Saint-Denis</i> du 26 octobre 2011,</a> le Conseil d'&Eacute;tat confirme la l&eacute;galit&eacute; de l'installation de cam&eacute;ras sur la voie publique, &agrave; la condition que cette mesure poursuive un objectif de protection de l'ordre public, respecte les garanties pr&eacute;vues par le code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure et enfin ne constitue pas une atteinte disproportionn&eacute;e au droit au respect de la vie priv&eacute;e.</p><p>Cette jurisprudence, certes int&eacute;ressante, ne concerne toutefois que les dispositifs traditionnels de vid&eacute;oprotection, avec des cam&eacute;ras permettant de surveiller l'espace public en temps r&eacute;el. Dans l'affaire du 6 mars 2026, le contentieux porte sur l'extension d'un syst&egrave;me de surveillance par vid&eacute;o avec l'ajout d'une analyse de ces donn&eacute;es par l'intelligence artificielle. L'id&eacute;e serait de classer les personnes &agrave; partir de leur dangerosit&eacute; , d&eacute;duite de l'analyse de leur comportement, de leurs v&ecirc;tements etc.</p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOUz_KZ5D6kSvC2tQTxlQpNJi2HQwQq8wiWLokJ5skSVqyDQq0nHtvDR9nAcQuPFFExQZ1fVTtbPExp_HQDsuwCBnN1Ntfg6lIsFO1dMySs94ZpRQNraqAa_Hfy26On5XrtCB7Vw-TcXuSKrPf84iQ2cTgREkReP7m-X1s5dy5_VNVYU8c28aZQKdL348/s898/V.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOUz_KZ5D6kSvC2tQTxlQpNJi2HQwQq8wiWLokJ5skSVqyDQq0nHtvDR9nAcQuPFFExQZ1fVTtbPExp_HQDsuwCBnN1Ntfg6lIsFO1dMySs94ZpRQNraqAa_Hfy26On5XrtCB7Vw-TcXuSKrPf84iQ2cTgREkReP7m-X1s5dy5_VNVYU8c28aZQKdL348/w478-h353/V.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><br></p><h3><span>Une indispensable habilitation l&eacute;gislative</span></h3><p><br></p><p>En l'esp&egrave;ce, et c'est tout l'apport de la d&eacute;cision de la CAA de Nantes, le juge confirme l'&eacute;mergence d'un principe selon lequel la surveillance algorithmique de l'espace publique n'est pas illicite en tant que telle, mais n&eacute;cessite une habilitation l&eacute;gislative explicite.</p><p>Dans son <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/02/les-cameras-augmentees-devant-les.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Commune de Nice</i> du 30 janvier 2026, </a>le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat a jug&eacute; que les dispositions du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure autorisant la vid&eacute;oprotection ne peuvent &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;es, dans leur silence, comme autorisant l'usage d&rsquo;algorithmes analysant automatiquement les images de la voie publique. Faute de base l&eacute;gale sp&eacute;cifique, un tel traitement ne peut donc pas &ecirc;tre l&eacute;galement mis en &oelig;uvre. Le silence de la loi ne peut donc &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute; comme une habilitation implicite permettant l'usage de ces outils de surveillance.</p><p>De son c&ocirc;t&eacute;, le Conseil constitutionnel, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/2023850DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 17 mai 2023 relative &agrave; la loi sur les Jeux olympiques de Paris 2024,</a> a admis la possibilit&eacute; d&rsquo;une exp&eacute;rimentation de vid&eacute;oprotection algorithmique. Il souligne toutefois que ces dispositifs doivent &ecirc;tre strictement encadr&eacute;s par la loi en raison de leurs implications pour la vie priv&eacute;e et la libert&eacute; d&rsquo;aller et venir. Une telle d&eacute;cision n'a rien de surprenant si l'on consid&egrave;re que les atteintes aux libert&eacute;s publiques rel&egrave;vent du domaine de la loi. Le Conseil constitutionnel rappelait ce principe dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1995/94352DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 18 janvier 1995,</a> &agrave; propos des dispositifs de vid&eacute;osurveillance, &agrave; l'&eacute;poque encore tr&egrave;s sommaires.</p><p><br></p><p>

</p><p></p><p></p><h3><span>La CEDH et la vie priv&eacute;e</span></h3><p><br></p><p>La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme raisonne &agrave; peine diff&eacute;remment. Elle appr&eacute;cie la conformit&eacute; de ces dispositifs de surveillance au regard de l&rsquo;article 8 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l&rsquo;homme, relatif au droit au respect de la vie priv&eacute;e. Dans l'a<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-65455" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ffaire <i>Peck c. Royaume-Uni</i> du 28 janvier 2003</a>, elle juge que l'utilisation d'images issues de la vid&eacute;osurveillance peuvent constituer une ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e, d&egrave;s lors que l'identification des personnes concern&eacute;es est possible. De fait, la CEDH estime qu'une telle pratique n'est possible que si elle r&eacute;pond &agrave; "<i>un besoin social imp&eacute;rieux"</i>.</p><p>De mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, l'<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2021/05/big-brother-is-watching-you.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 25 mai 2021, </a><i><a href="https://libertescheries.blogspot.com/2021/05/big-brother-is-watching-you.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Big Brother Watch et a. c. Royaume-Un</a>i</i> rappelle que ces dispositifs de surveillance reposant sur des traitements automatis&eacute;s doivent &ecirc;tre entour&eacute;s de garanties l&eacute;gales pr&eacute;cises. Si tel n'est pas le cas, le risque d'atteinte &agrave; la vie priv&eacute;e devient disproportionn&eacute;.</p><p>La jurisprudence de la CEDH n'est pas tr&egrave;s diff&eacute;rente de celle issue en France du Conseil d'&Eacute;tat. Sans doute insiste-t-elle davantage sur la pr&eacute;visibilit&eacute; de la loi, mais l'exigence d'un encadrement pr&eacute;cis et l&eacute;gislatif de ces technologies demeure identique.</p><p><br></p><h3><span>Les interrogations li&eacute;es &agrave; l'AI Act</span></h3><p><br></p><p>Cette jurisprudence construit ainsi un droit public de la surveillance par intelligence artificielle, qui pourtant devrait bient&ocirc;t appara&icirc;tre comme transitoire. L'<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401689" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>AI Act</i>, r&egrave;glement adopt&eacute; par le parlement europ&eacute;en le 13 mars 2024 puis par le Conseil le 21 mai 2024,</a> est cens&eacute; &ecirc;tre en vigueur depuis ao&ucirc;t 2024, mais la plupart des dispositions relatives aux syst&egrave;mes &agrave; haut risque pour les libert&eacute;s ne seront applicables qu'en ao&ucirc;t 2026.&nbsp;</p><p>Ces dispositions europ&eacute;ennes reposent sur une autre logique. Elles ne s'appuient plus sur un contr&ocirc;le juridictionnel a posteriori, mais sur une r&eacute;gulation qui cr&eacute;e une cat&eacute;gorie de syst&egrave;mes "&agrave; haut risque" &eacute;num&eacute;r&eacute;s dans l'<i>AI&nbsp;Act</i>. Ils seront soumis &agrave;&nbsp; des obligations renforc&eacute;es de documentation, d&rsquo;&eacute;valuation des risques, de transparence et de supervision humaine. Certains usages, en particulier la reconnaissance biom&eacute;trique en temps r&eacute;el dans l&rsquo;espace public &agrave; des fins r&eacute;pressives, feront l&rsquo;objet d&rsquo;interdictions de principe assorties d&rsquo;exceptions strictement encadr&eacute;es.</p><p>De fait, le juge administratif n'aura plus seulement pour mission d'appr&eacute;cier la proportionnalit&eacute; du dispositif de surveillance au regard des imp&eacute;ratifs d'ordre public et de respect de la vie priv&eacute;e. Il devra surtout &eacute;valuer la conformit&eacute; technique et l'efficacit&eacute; du syst&egrave;me d'intelligence artificielle, dans un cadre beaucoup plus contraignant impos&eacute; par l'<i>AI&nbsp;Act.</i><i>&nbsp;</i>Ce dispositif sera-t-il plus efficace ? On attend de voir, mais les sujets d'inqui&eacute;tudes sont nombreux, &agrave; commencer par la tentation d'opter pour un r&eacute;gime d&eacute;claratoire qu'affectionne d&eacute;j&agrave; le droit de l'Union, sous l'influence du lobby des entreprises du secteur. Pour r&eacute;sumer, les industriels de l'IA et les acheteurs des syst&egrave;mes d&eacute;clarent &ecirc;tre en conformit&eacute; avec la r&eacute;glementation europ&eacute;enne... et d&egrave;s lors qu'ils le disent, on se borne &agrave; pr&eacute;sumer qu'ils le sont.&nbsp;</p><p><br></p><div><div><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div><div dir="auto"><div><div></div></div></div></div></div></div></article><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div><div dir="auto"><div><div><p>&nbsp;<b>IA et syst&egrave;mes auto apprenants&nbsp;</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 8, section 5 &sect; 3 2 du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></p></div></div></div></div></div></div></article></div></div><div tabindex="-1"><div tabindex="-1"><div dir="ltr"><div><span color="rgba(0, 0, 0, 0.9)" face='-apple-system, system-ui, "system-ui", "Segoe UI", Roboto, "Helvetica Neue", "Fira Sans", Ubuntu, Oxygen, "Oxygen Sans", Cantarell, "Droid Sans", "Apple Color Emoji", "Segoe UI Emoji", "Segoe UI Emoji", "Segoe UI Symbol", "Lucida Grande", Helvetica, Arial, sans-serif'><br></span></div><span color="rgba(0, 0, 0, 0.9)" face='-apple-system, system-ui, "system-ui", "Segoe UI", Roboto, "Helvetica Neue", "Fira Sans", Ubuntu, Oxygen, "Oxygen Sans", Cantarell, "Droid Sans", "Apple Color Emoji", "Segoe UI Emoji", "Segoe UI Emoji", "Segoe UI Symbol", "Lucida Grande", Helvetica, Arial, sans-serif'><span dir="ltr"><span><a href="https://www.linkedin.com/search/results/all/?keywords=%23droitadministratif&amp;origin=HASH_TAG_FROM_FEED" tabindex="0" rel="noopener noreferrer" target="_blank">hashtag</a></span><div><br></div></span></span></div></div></div>]]></content>
	<updated>2026-03-14T16:52:43+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-03-14T16:52:43+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZDKKtDc4JURos-RBn6eQxdbps3sXUdzI2QZE4ih10JUw8dRLGKRVpipV6sun-V0U3TeO3Lke4JWyFEWVcHr7Pj0ASbHR6tex-ZG0vvsrN_cOZCXxgff5G5_J4anthkH2-apAsdRVYApFdg3rnWop1C41BiPzchqmNlucmnENHk0SFvVIry6-bdFBoEoo/s72-w135-h148-c/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-10:/282200</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/le-monastere-domicile-de-la-religieuse.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le monastère, domicile de la religieuse</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 5 mars 2026, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) a rendu un avis affirmant que la cel...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjteLkcXs7JeDukRagXqRTAN_8beRKCVTf6amGv7RJBUae6CayFC3cVHv9UPpRkbS5QofQa0opaLWPLt9TK8UqjGbq01tUCNj_e-sIEPlsWzo5xvpChOCA73YdmMvW4dLT6UDqmbXD1M542LneLmVfhIFV-BLmKzvlOM-JF-YbWFu2ujquz-2cpdsCG-fs/s400/cedh@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjteLkcXs7JeDukRagXqRTAN_8beRKCVTf6amGv7RJBUae6CayFC3cVHv9UPpRkbS5QofQa0opaLWPLt9TK8UqjGbq01tUCNj_e-sIEPlsWzo5xvpChOCA73YdmMvW4dLT6UDqmbXD1M542LneLmVfhIFV-BLmKzvlOM-JF-YbWFu2ujquz-2cpdsCG-fs/w190-h85/cedh@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Le <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=003-8474653-12010781" target="_blank" rel="noopener noreferrer">5 mars 2026, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) a rendu un avis </a>affirmant que la cellule d'une religieuse, dans un couvent, peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme son domicile, &agrave; la condition toutefois qu'elle ait des liens suffisants avec le monast&egrave;re.</span></div><p></p><p><br></p><h3><span>Le dialogue des juges institutionnalis&eacute;</span></h3><p><br></p><p><span>Observons d'embl&eacute;e qu'il s'agit d'un avis, et non pas d'un arr&ecirc;t. Il s'inscrit en effet dans une proc&eacute;dure initi&eacute;e par le <a href="https://www.echr.coe.int/documents/d/echr/Protocol_16_FRA" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Protocole n&deg; 16 &agrave; la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme</a>, entr&eacute; en vigueur en 2018. Ce dispositif permet aux juridictions supr&ecirc;mes des &Eacute;tats parties de demander &agrave; la CEDH un avis sur des questions de principe relatives &agrave; l'interpr&eacute;tation des dispositions du trait&eacute;.</span></p><p><span>La proc&eacute;dure initi&eacute;e par le Protocole n&deg;16 ressemble fort &agrave; une question pr&eacute;judicielle, comme il en existe une devant la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE) sur le fondement de <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX%3A12012E%2FTXT" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 167 du Trait&eacute; sur le fonction de l'UE (TFUE)</a>. Mais ce n'est juridiquement pas une question pr&eacute;judicielle, car l'avis de la CEDH n'est th&eacute;oriquement pas contraignant. La nuance est subtile cependant, car la Cour donne une interpr&eacute;tation de la Convention que les &Eacute;tats ne peuvent ignorer sans risquer une condamnation ult&eacute;rieure.</span></p><p><span>Le Protocole n&deg; 16 repose sur une logique diff&eacute;rente. Il s'agit de pr&eacute;venir les violations de la Convention pour ne pas avoir &agrave; les sanctionner a posteriori. Le dispositif met ainsi en place un dialogue entre les juges supr&ecirc;mes, et seulement eux, et la CEDH. Les demandes d'avis ne peuvent porter que sur des questions de principe touchant &agrave; l'interpr&eacute;tation de la Convention.&nbsp;</span></p><p><span>Il resterait &agrave; s'interroger sur l'efficacit&eacute; de la proc&eacute;dure. La pr&eacute;sente demande d'avis est seulement la huiti&egrave;me depuis l'entr&eacute;e en vigueur du Protocole n&deg; 16, ce qui fait une moyenne de une par an. On doit donc en d&eacute;duire que les cours supr&ecirc;mes des &Eacute;tats ne sont pas n&eacute;cessairement tr&egrave;s enthousiastes &agrave; l'id&eacute;e de se faire dicter par la Cour l'interpr&eacute;tation qu'il convient de donner &agrave; une convention qu'elles peuvent &eacute;galement interpr&eacute;ter.</span></p><p><span>L'avis du 5 mars 2026 ne va pas &agrave; l'encontre de cette analyse, car il faut bien reconna&icirc;tre que la question pos&eacute;e n'a pas pour effet de bouleverser le droit europ&eacute;en.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p></p><br><br><div></div><br><div><br></div><p></p><p><span>La religieuse. Georges Brassens</span></p><h3><span>D&eacute;finition fonctionnelle du domicile&nbsp;</span></h3><p><br></p><p><span>Le domicile est l'abri de la vie priv&eacute;e, et il est donc prot&eacute;g&eacute; par l'article 8 de la Convention europ&eacute;enne. Certes, la Cour rappelle que la d&eacute;finition du domicile, au sens de l'article 8, ne d&eacute;pend pas des qualifications donn&eacute;es par le droit des &Eacute;tats mais de la r&eacute;alit&eacute; du lien qui existe entre la personne et le lieu.</span></p><p><span>La d&eacute;finition est donc purement fonctionnelle et ind&eacute;pendante de la notion de propri&eacute;t&eacute;. Un appartement est le domicile du locataire qui l'habite et non du propri&eacute;taire qui le loue.&nbsp;</span></p><p><span>Cette d&eacute;finition est &eacute;galement ind&eacute;pendante de l'affectation des lieux. La Cour juge ainsi, dans la <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62344" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Niemietz c. Allemagne</i> du 16 d&eacute;cembre 1992</a>, qu'un cabinet d'avocat peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un domicile, dans la mesure o&ugrave; la vie priv&eacute;e s'exerce aussi dans un local professionnel. Il en est de m&ecirc;me, en particulier dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-64986" target="_blank" rel="noopener noreferrer">affaire <i>Soci&eacute;t&eacute; Colas Est et a. c. France</i> du 16 avril 2022</a>, des locaux d'une soci&eacute;t&eacute; commerciale.</span></p><p><span>Cette d&eacute;finition est tout aussi ind&eacute;pendante du caract&egrave;re permanent ou non de l'habitation. Dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62635" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Buckley c. Royaume-Uni</i> du 25 septembre 1996</a>, la Cour admet ainsi que la caravane des gens du voyage constitue leur domicile d&egrave;s lors qu'elle est le centre de leur vie priv&eacute;e et et familiale. La m&ecirc;me logique domine dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-162215" target="_blank" rel="noopener noreferrer">affaire&nbsp;<span><i>Winterstein et a. c. France </i>du 28 avril 2016</span></a>, dans lequel la Cour consid&egrave;re que les terrains occup&eacute;s de longue date par des familles de gens du voyage constituent leur domicile, m&ecirc;me en l&rsquo;absence de titre juridique.&nbsp;</span></p><p><span>On peut d&eacute;duire de cette jurisprudence qu'est consid&eacute;r&eacute; comme domicile ce qui fait fonction de domicile, &agrave; la condition toutefois que l'occupation ne soit pas ill&eacute;gale. Dans un arr&ecirc;t du <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-64986" target="_blank" rel="noopener noreferrer">10 d&eacute;cembre 2022, </a><i><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-64986" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Stefan Caldaras et Vasile Lupu c. France</a>,</i> la Cour d&eacute;clare ainsi irrecevable une requ&ecirc;te contestant l'&eacute;vacuation d'un camp rom ill&eacute;gal. Elle refuse d'y voir une violation du domicile, les autorit&eacute;s ayant propos&eacute; de reloger les requ&eacute;rants.</span></p><p><br></p><h3><span>Les "<i>liens suffisants et continus</i>"</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'avis du 5 mars 2025 se situe dans la ligne de cette d&eacute;finition fonctionnelle du domicile. Il se r&eacute;f&egrave;re directement &agrave; l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62050" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Gillow c. Royaume-Uni</i>&nbsp;du 14 d&eacute;cembre 1987</a>, qui affirmait que le domicile correspond au lieu avec lequel une personne entretient des "<i>liens suffisants et continus</i>". La Cour va donc se concentrer non pas sur la qualification juridique du logement en cause, mais sur la situation concr&egrave;te de son occupante.&nbsp;</span></p><p><span>La Cour se r&eacute;f&egrave;re ainsi aux crit&egrave;res d&eacute;gag&eacute;s dans la d&eacute;cision <i>Gillow</i>. Le premier crit&egrave;re est celui de la permanence de l'occupation. En l'esp&egrave;ce, <i>F.</i> est une religieuse entr&eacute;e au couvent en 2004 et qui a prononc&eacute; ses voeux monastiques peu apr&egrave;s. En 2017, &agrave; la suite d'un conflit avec la congr&eacute;gation, le dioc&egrave;se a d&eacute;cid&eacute; de supprimer l'ordre auquel elle appartenait et de vider le couvent pour l'affecter &agrave; une autre congr&eacute;gation. Mais certaines religieuses, dont <i>F</i>., ont d&eacute;cid&eacute; de demeurer dans les lieux. De fait, et quelle que soit la nature du conflit en cause, F. est donc bel et bien domicili&eacute;e au couvent, d&egrave;s lors qu'elle y r&eacute;side de fait depuis 2004.</span></p><p><span>Le second crit&egrave;re r&eacute;side dans le r&ocirc;le du lieu dans la vie personnelle de <i>F.</i> et de l'intensit&eacute; du lien qu'elle entretient avec lui. Dans le cas pr&eacute;sent, il est certain que <i>F.</i> n'a pas d'autre vie personnelle que celle qui se d&eacute;roule au coeur du monast&egrave;re et le fait qu'elle ait refus&eacute; de le quitter t&eacute;moigne de l'intensit&eacute; du lien qu'elle entretient avec cette communaut&eacute; monastique.</span></p><p><span>Il est donc &eacute;vident que le domicile de F. se situe au monast&egrave;re, du moins au moment du contentieux intervenu en Ukraine. Dans le cas pr&eacute;sent, la CEDH pr&eacute;cise que la question du domicile ne peut &ecirc;tre dissoci&eacute;e du principe d'autonomie des organisations religieuses, que la Cour prot&egrave;ge de longue date.</span></p><p><span>La seule question s&eacute;rieuse pos&eacute;e par l'avis est finalement celle de l'origine de la demande d'avis. Pourquoi la Cour supr&ecirc;me ukrainienne a-t-elle utilis&eacute; cette proc&eacute;dure inhabituelle du Protocole n&deg; 16 pour poser une question dont la r&eacute;ponse coulait de source ? On peut penser que les juges ukrainiens ont souhait&eacute; s'abriter sous le vaste parapluie de la CEDH pour se mettre en l'abri de l'ire des autorit&eacute;s religieuses, d&eacute;sireuses de se d&eacute;barrasser des religieuses r&eacute;calcitrantes. Mais ce n'est &eacute;videmment qu'une hypoth&egrave;se.</span></p><p><br></p><p><b>Le domicile&nbsp;</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 8, section 3&nbsp;du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></p><p><br></p><div><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div></div><div><div></div></div></div></div></article></div>]]></content>
	<updated>2026-03-10T22:09:27+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-03-10T22:09:27+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjteLkcXs7JeDukRagXqRTAN_8beRKCVTf6amGv7RJBUae6CayFC3cVHv9UPpRkbS5QofQa0opaLWPLt9TK8UqjGbq01tUCNj_e-sIEPlsWzo5xvpChOCA73YdmMvW4dLT6UDqmbXD1M542LneLmVfhIFV-BLmKzvlOM-JF-YbWFu2ujquz-2cpdsCG-fs/s72-w190-h85-c/cedh@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-06:/281736</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/dublin-au-bord-de-limplosion.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Dublin au bord de l&#039;implosion</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE), a rendu une&nbsp;d&eacute;cision Daraa c. Allemagne&nbsp;d...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEipBf2i7N1-LFIQ0c_wL61KKCVuVMPaEiXq9UWHgjBD__JtvaJ-7fQwFKClMYTu4GCgUN7xELMwmtiZtM4nswbJeMSvCC7hZH7ILQXYK9328DB9nnQZL-t4iosbHi1E79-tSbO1WNTjGOyB7T9XQ_b5yeh5ljLIXc4TwaVXUzFLasr_wUkRgHggjrvjqkI/s520/CJUE.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEipBf2i7N1-LFIQ0c_wL61KKCVuVMPaEiXq9UWHgjBD__JtvaJ-7fQwFKClMYTu4GCgUN7xELMwmtiZtM4nswbJeMSvCC7hZH7ILQXYK9328DB9nnQZL-t4iosbHi1E79-tSbO1WNTjGOyB7T9XQ_b5yeh5ljLIXc4TwaVXUzFLasr_wUkRgHggjrvjqkI/w198-h141/CJUE.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span><span>La Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE), a rendu une&nbsp;</span><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62024CJ0458" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Daraa c. Allemagne&nbsp;</i>du 5 mars 2026</a><span>&nbsp;sur question pr&eacute;judicielle. Elle s'inscrit dans un contexte de fortes tensions au sein de l'Union europ&eacute;enne sur la mise en oeuvre du syst&egrave;me Dublin de gestion des demandeurs d'asile. Celui-ci repose sur une id&eacute;e simple, qui est d'&eacute;viter qu'un demandeur d'asile d&eacute;bout&eacute; dans un &Eacute;tat membre de ne fasse des demandes successives dans d'autres &Eacute;tats membres.&nbsp;</span><span>Un &Eacute;tat, et un seul, est charg&eacute; d&rsquo;instruire la demande d&rsquo;asile, soit qu&rsquo;il ait d&eacute;j&agrave; attribu&eacute; un titre de s&eacute;jour provisoire au demandeur, soit que sa famille y soit d&eacute;j&agrave; install&eacute;e, soit plus simplement que l&rsquo;int&eacute;ress&eacute; ait p&eacute;n&eacute;tr&eacute; dans l'Union europ&eacute;enne sur son territoire, m&ecirc;me irr&eacute;guli&egrave;rement.&nbsp;</span></span></p><p></p><p><span><span>Si cette organisation assure une gestion commune de l&rsquo;asile, elle provoque un accroissement consid&eacute;rable des demandes dans les pays frontaliers de l&rsquo;Union, et notamment l'Italie. Or Georgia Meloni, Premi&egrave;re ministre italienne, a d&eacute;cid&eacute;, &agrave; la fin de l'ann&eacute;e 2022, de suspendre l'acception des transferts Dublin. Monsieur </span><i>Daraa</i><span>, ressortissant syrien pass&eacute; en Allemagne et demandeur d'asile, aurait d&ucirc;, conform&eacute;ment &agrave; Dublin III, &ecirc;tre renvoy&eacute; en Italie, pays comp&eacute;tent pour g&eacute;rer sa demande d'asile. Mais les choses se sont pass&eacute;es diff&eacute;remment et l'Italie a refus&eacute; la requ&ecirc;te allemande aux fins de prise en charge de M. </span><i>Daraa</i><span>.</span></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t&nbsp;rendu le 5 mars 2026&nbsp;affirme qu'un &Eacute;tat membre ne peut se d&eacute;charger, par une simple annonce unilat&eacute;rales, des obligations qui lui incombent sur le fondement du<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32013R0603" target="_blank" rel="noopener noreferrer">&nbsp;r&egrave;glement Dublin III du 26 juin 2013</a>&nbsp;Si toutefois il refuse de prendre en charge la personne concern&eacute;e, l'absence de transfert dans un d&eacute;lai de six mois conduit n&eacute;cessairement &agrave; renvoyer la gestion de la demande d'asile &agrave; l'&Eacute;tat requ&eacute;rant.</span></p><p><span><span>L'affaire s'inscrit ainsi dans un contexte de grande tension li&eacute;e au syst&egrave;me Dublin. Certes, la solution de la CJUE, qui introduit une sorte de responsabilit&eacute; subsidiaire de l'&Eacute;tat requ&eacute;rant, est marqu&eacute;e par un certain pragmatisme. Mais elle t&eacute;moigne aussi des limites structurelles du syst&egrave;me Dublin.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div><span></span></div><span><br><div><span>Rocky Road to Dublin. Les Dubliners. 1976</span></div></span><p></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Responsabilit&eacute; subsidiaire et pragmatisme</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span>Con&ccedil;u comme un m&eacute;canisme de r&eacute;partition des responsabilit&eacute;s entre &Eacute;tats membres, le syst&egrave;me Dublin se transforme ainsi en un syst&egrave;me de responsabilit&eacute; subsidiaire sur le territoire duquel le demandeur d'asile est finalement parvenu. En sch&eacute;matisant un peu, on pourrait affirmer que la CJUE laisse cette responsabilit&eacute; au premier &Eacute;tat qui accepte d'instruire la demande alors m&ecirc;me que les conditions pos&eacute;es par Dublin III ne sont pas respect&eacute;es.&nbsp;</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, la difficult&eacute; tient &agrave; une situation particuli&egrave;re, car l'&Eacute;tat normalement responsable, l'Italie, refuse d'ex&eacute;cuter son obligation. Il lui suffit pour cela de refuser d'accepter le transfert du ressortissant sur son territoire.</span></p><p><span>Face &agrave; cette situation, la CJUE fait preuve de pragmatisme. Elle interpr&egrave;te le r&egrave;glement Dublin III d'une mani&egrave;re purement fonctionnelle et finaliste. Il s'agit pour elle de s'assurer qu'une demande d'asile ne sera pas laiss&eacute;e sans examen, tout simplement parce qu'un &Eacute;tat fait obstacle &agrave; la proc&eacute;dure. L'&Eacute;tat responsable devient alors celui sur le territoire duquel le demandeur se trouve.</span></p><p><span>Cette solution pourrait trouver un fondement juridique dans la clause de souverainet&eacute; de l'article 17 qui &eacute;nonce que, par d&eacute;rogation, "<i>chaque &Eacute;tat membre peut d&eacute;cider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est pr&eacute;sent&eacute;e... (...) m&ecirc;me si cet examen ne lui incombe pas en vertu des crit&egrave;res fix&eacute;s par le pr&eacute;sent r&egrave;glement"</i>. L'analyse n'est gu&egrave;re satisfaisante cependant, car, en l'esp&egrave;ce, l'Allemagne ne d&eacute;cide pas d'examiner la demande. Elle y est contrainte, &agrave; l'issue du d&eacute;lai de six mois laiss&eacute; &agrave; l'Italie pour accepter le retour du demandeur sur son territoire.</span></p><p><span>La jurisprudence de la CJUE offre, elle aussi, des pr&eacute;c&eacute;dents dans lesquels elle juge qu'un transfert Dublin peut ne pas &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; si le syst&egrave;me ne fonctionne pas. Dans l'<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62010CJ0411" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>N. S. c. Secretary of State for the Home Department</i> jug&eacute;e en Grande Chambre le 21 d&eacute;cembre 2011</a>, elle estime ainsi qu'un transfert est impossible, lorsqu'il existe des d&eacute;faillances syst&eacute;miques dans la proc&eacute;dure d'asile de l'&Eacute;tat responsable. En l'esp&egrave;ce, un Afghan, un Iranien et un Alg&eacute;rien &eacute;taient entr&eacute;s sur le territoire de l'Union par la Gr&egrave;ce avant de se rendre en Irlande. La Cour estime qu'il n'est pas possible de renvoyer ces personnes en Gr&egrave;ce, compte tenu des conditions de d&eacute;tention consid&eacute;r&eacute;es comme inhumaines et d&eacute;gradantes. La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme avait pr&eacute;c&eacute;d&eacute; la CJUE dans cette voie. Par une d<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-103293" target="_blank" rel="noopener noreferrer">&eacute;cision de Grande Chambre du 21 janvier 2011 </a><i><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-103293" target="_blank" rel="noopener noreferrer">M. S. S. c. Belgique et Gr&egrave;ce</a>,</i> elle condamne la Belgique pour avoir transf&eacute;r&eacute; un demandeur d'asile vers la Gr&egrave;ce, malgr&eacute; des conditions d'accueil d&eacute;gradantes.</span></p><p><span>Ces d&eacute;cisions aboutissent certes &agrave; bouleverser le syst&egrave;me Dublin III de renvoi vers le pays d'entr&eacute;e, mais elles reposent sur l'interdiction des traitements inhumains et d&eacute;gradants, garantis par l'article 5 de la Charte des droits fondamentaux et l'article 3 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les limites du syst&egrave;me Dublin</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans l'affaire <i>Daraa</i>, la question est celle d'un refus d&eacute;lib&eacute;r&eacute; d'un &Eacute;tat d'appliquer le syst&egrave;me Dublin III, situation bien diff&eacute;rente de celle d'un Etat dont le syst&egrave;me d'accueil est d&eacute;faillant. Elle t&eacute;moigne d'une crise de la solidarit&eacute; entre les &Eacute;tats membres, alors m&ecirc;me que cette solidarit&eacute; constitue le ciment de Dublin III.</span></p><p><span>On sait que, depuis bien des ann&eacute;es, les &Eacute;tats situ&eacute;s aux fronti&egrave;res ext&eacute;rieures de l'UE, certes l'Italie mais aussi la Gr&egrave;ce et l'Espagne, d&eacute;noncent l'asym&eacute;trie d'un syst&egrave;me qui les conduit &agrave; assumer l'essentiel de la charge administrative et mat&eacute;rielle de l'accueil des demandeurs d'asile. On sait aussi que le nombre de demandeurs d'asile a consid&eacute;rablement augment&eacute; depuis 2013, avec l'afflux de migrants qui, confront&eacute;s &agrave; de graves difficult&eacute;s &eacute;conomiques, tentent leur chance en arrivant sur le territoire de l'UE comme demandeurs d'asile pour ensuite y demeurer de mani&egrave;re irr&eacute;guli&egrave;re. Confront&eacute;s &agrave; cet afflux, l'Italie, la Gr&egrave;ce et l'Espagne n'ont pas r&eacute;ellement re&ccedil;u d'aide des autres &Eacute;tats membres et de l'UE elle-m&ecirc;me. La suspension des transferts par l'Italie est une r&eacute;ponse, illicite au regard des trait&eacute;s, mais parfaitement pr&eacute;visible.</span></p><p><span>Dans la d&eacute;cision <i>Daraa, </i>la CJUE rappelle le droit positif. Le refus d'ex&eacute;cuter un r&egrave;glement peut en effet donner lieu &agrave; un recours en manquement. L'Italie s'expose &eacute;videmment &agrave; une telle proc&eacute;dure.</span></p><div><span>Mais il faut reconna&icirc;tre que ce recours en manquement est une r&eacute;ponse &agrave; court terme qui ne r&eacute;soudra rien. La question centrale aujourd'hui est celle de la r&eacute;partition &eacute;quitable des charges li&eacute;es &agrave; l'asile entre les &Eacute;tats membres. Ce n'est certes pas en obligeant l'Allemagne &agrave; g&eacute;rer une demande d'asile qui aurait d&ucirc; &ecirc;tre instruite en Italie que le probl&egrave;me sera r&eacute;solu. Au contraire, la d&eacute;cision de la Cour conduit &agrave; une sorte d'implosion du syst&egrave;me Dublin. La Cour en vient &agrave; consid&eacute;rer qu'une demande d'asile peut &ecirc;tre g&eacute;r&eacute;e par l'&Eacute;tat qui se retrouve avec le demandeur sur son territoire. Il devient ainsi tr&egrave;s urgent de r&eacute;former le syst&egrave;me d'asile en profondeur, si l'on veut &eacute;viter une implosion de l'Union europ&eacute;enne elle-m&ecirc;me.&nbsp;</span></div><p><span><br></span></p><div><b>Le droit d'asile&nbsp;</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 5, section 2 &sect; 1 A 2 &nbsp;du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a><br></div><div><br></div>]]></content>
	<updated>2026-03-06T18:44:48+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-03-06T18:44:48+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEipBf2i7N1-LFIQ0c_wL61KKCVuVMPaEiXq9UWHgjBD__JtvaJ-7fQwFKClMYTu4GCgUN7xELMwmtiZtM4nswbJeMSvCC7hZH7ILQXYK9328DB9nnQZL-t4iosbHi1E79-tSbO1WNTjGOyB7T9XQ_b5yeh5ljLIXc4TwaVXUzFLasr_wUkRgHggjrvjqkI/s72-w198-h141-c/CJUE.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-03:/281512</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/les-invites-de-llc-henri-pena-ruiz.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Les Invités de LLC - Henri Pena Ruiz - Dictionnaire amoureux de la laïcité. Article &quot;Communautarisme&quot;</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui&nbsp;</span><span>ceux qui construisent son socle&nbsp; philosophique.&nbsp;</span><span>Les courts extraits qui sont propos&eacute;s n'ont pas d'autre objet que de susciter une r&eacute;flexion un peu d&eacute;tach&eacute;e des contingences de l'actualit&eacute;, et de donner envie de r&eacute;fl&eacute;chir aux &eacute;volutions du droit.&nbsp;</span></p><div><div><span>Les choix des textes ou citations sont purement subjectifs, d&eacute;tach&eacute;s de toute approche chronologique. Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.</span></div><div><span>&nbsp;</span></div><div><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs un extrait du <i>Dictionnaire amoureux de la la&iuml;cit&eacute; </i>sign&eacute; d'Henri Pena-Ruiz et publi&eacute; en 2014 chez Plon. Parmi les 250 entr&eacute;es de ce <i>Dictionnaire</i>, nous avons choisi l'article&nbsp;<i>Communautarisme</i>.</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div></div><h2><span><span>Henri Pena-Ruiz</span><span><br></span></span></h2><h3><span>Dictionnaire amoureux de la la&iuml;cit&eacute;</span></h3><h3><span>Article : "Communautarisme"</span></h3><h3><span>2014</span></h3><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjPoX-x2CHwSp5HSWFsZZCc_gWBM7lnw_uFC5lxCijkn_PVuQ0r3S8p4RzEhtvhaysQTIvmg0Q3WQBf2lvBLS4jHCfcfVDUc1QochbQDIpcBBMN6VebY0_Tv1IIB8DN4AHruEqB3AXLzvokPpBFMstZry69XsXMYZ7EeUTfhsy_sGzrwvZc88gxtBXilB4/s1348/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-03-03%20a%CC%80%2017.12.07.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjPoX-x2CHwSp5HSWFsZZCc_gWBM7lnw_uFC5lxCijkn_PVuQ0r3S8p4RzEhtvhaysQTIvmg0Q3WQBf2lvBLS4jHCfcfVDUc1QochbQDIpcBBMN6VebY0_Tv1IIB8DN4AHruEqB3AXLzvokPpBFMstZry69XsXMYZ7EeUTfhsy_sGzrwvZc88gxtBXilB4/w339-h471/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-03-03%20a%CC%80%2017.12.07.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><br></p><p><br></p><p>&laquo; De &laquo; commun &raquo; &agrave; &laquo; communaut&eacute; &raquo;, il y a une belle transition. De fait, les &ecirc;tres humains ont beaucoup de choses en commun, qu&rsquo;il leur faut d&eacute;fendre. La libert&eacute; de conscience, par exemple, est un bien commun &agrave; l&rsquo;ath&eacute;e et au croyant. D&eacute;fendre un tel principe est donc de port&eacute;e universelle. En revanche, la croyance religieuse et la conviction ath&eacute;e ne sont pas communes &agrave; tous. Il en va de m&ecirc;me des particularismes dits culturels, ou coutumiers. Un double danger appara&icirc;t alors. D&rsquo;une part, les communaut&eacute;s qui se forment sur de telles bases risquent de s&rsquo;affronter si leurs rep&egrave;res diff&egrave;rent ou s&rsquo;opposent. Les guerres de Religion en sont un exemple. D&rsquo;autre part, les individus dont les communaut&eacute;s sont form&eacute;es risquent de perdre leur libert&eacute; si l&rsquo;obligation leur est faite de se conformer aux particularismes religieux ou coutumiers de leur &laquo; communaut&eacute; &raquo;. La libert&eacute; de les adopter (ou non) ne saurait en faire un passage oblig&eacute; pour la construction de l&rsquo;identit&eacute; personnelle. Ce qui inclut risque d&rsquo;exclure, surtout si l&rsquo;identit&eacute; individuelle est r&eacute;gie par l&rsquo;identit&eacute; collective que fonde le particularisme.</p><p>&laquo; On appelle &laquo; communautarisme &raquo; la conjonction de ces deux faits : la formation de communaut&eacute;s dot&eacute;es de r&egrave;gles particuli&egrave;res et l&rsquo;assujettissement de tous les membres desdites communaut&eacute;s aux normes identitaires &eacute;rig&eacute;es en r&eacute;f&eacute;rences. On comprend par l&agrave; que ce n&rsquo;est pas l&rsquo;id&eacute;e de communaut&eacute; comme telle qui pose probl&egrave;me, mais la nature de ce qui la fonde et le statut identitaire qui lui est conf&eacute;r&eacute;.</p><p>Le fait de tenir une communaut&eacute; particuli&egrave;re pour la r&eacute;f&eacute;rence absolue de tout comportement individuel est de grande cons&eacute;quence lorsque ce qui unit cette communaut&eacute; est un facteur en lui-m&ecirc;me exclusif. Se trouver uni autour d&rsquo;une coutume, d&rsquo;une religion &eacute;rig&eacute;e en loi politique et en conformisme &eacute;thique, c&rsquo;est d&rsquo;embl&eacute;e rejeter toute autre norme de r&eacute;f&eacute;rence, a fortiori tout principe universel. Une communaut&eacute; de ce type d&eacute;ploie sa propre normativit&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; la n&eacute;gation de l&rsquo;autonomie individuelle et des valeurs qui pourraient la fonder. D&rsquo;o&ugrave; un risque s&eacute;rieux de conflit pour des soci&eacute;t&eacute;s qui doivent faire vivre ensemble des personnes issues de plusieurs communaut&eacute;s. Un dilemme surgit. Faudra-t-il s&rsquo;en tenir aux droits universels reconnus &agrave; chaque individu, ind&eacute;pendamment de ses appartenances ? Ou bien faudra-t-il reconna&icirc;tre des droits aux groupes comme tels ? Dans ce &laquo; dernier cas, le droit &agrave; la diff&eacute;rence risquera de consacrer la diff&eacute;rence des droits.</p><p>&nbsp; L&rsquo;id&eacute;al la&iuml;que est directement concern&eacute; par cette difficult&eacute;. La construction d&rsquo;une &laquo; identit&eacute; communautaire &raquo; (voire d&rsquo;une &laquo; identit&eacute; collective &raquo;) privil&eacute;gie souvent une religion comme marqueur s&eacute;lectif, mais on peut trouver d&rsquo;autres &raquo; &laquo; marqueurs tout aussi exclusifs s&rsquo;ils s&rsquo;opposent aux exigences communes &agrave; tous, comme l&rsquo;origine ethnique, la langue, un ensemble sp&eacute;cifique de coutumes, des signes divers d&rsquo;appartenance ou d&rsquo;all&eacute;geance. Repr&eacute;sentations collectives et pratiques traditionnelles sont alors habit&eacute;es par une sorte d&rsquo;obsession identitaire qui polarise le comportement, excluant toute distance critique et tendant &agrave; gommer toute singularit&eacute; individuelle dans le mim&eacute;tisme &agrave; l&rsquo;&eacute;gard du groupe et de son identit&eacute; fantasm&eacute;e.</p><p>Pour beaucoup, le souvenir de l&rsquo;ethnocentrisme qui a servi d&rsquo;id&eacute;ologie &agrave; la domination coloniale dramatise le souci d&rsquo;une sorte de reconnaissance des communaut&eacute;s comme telles. Il devient la matrice d&rsquo;une contestation sourde ou avou&eacute;e de tout universalisme, assimil&eacute; un peu vite &agrave; une oppression des particularismes alors que ceux-ci peuvent s&rsquo;exprimer librement tant qu&rsquo;ils ne contreviennent pas &agrave; la loi commune &agrave; tous.</p><p>En tant que principe d&rsquo;enfermement, voire d&rsquo;hostilit&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;autres fa&ccedil;ons d&rsquo;&ecirc;tre que celles qu&rsquo;il impose en son sein, le communautarisme est aux antipodes de l&rsquo;id&eacute;al la&iuml;que et r&eacute;publicain. Ses id&eacute;ologues ne cessent d&rsquo;ailleurs de stigmatiser ce qu&rsquo;ils estiment &ecirc;tre l&rsquo;&laquo; universalisme abstrait &raquo; d&rsquo;un tel id&eacute;al et de refuser la distance &agrave; soi de la conscience humaine, condition pourtant essentielle de la lucidit&eacute; int&eacute;rieure comme du respect de l&rsquo;autre en tant qu&rsquo;autre. En r&eacute;alit&eacute;, la v&eacute;ritable alternative ne se situe pas entre n&eacute;gation pure et simple ou affirmation sans retenue des particularismes, mais entre deux types d&rsquo;affirmation de ceux-ci. La contradiction interne de l&rsquo;id&eacute;ologie communautariste est que, si elle s&rsquo;appliquait &agrave; elle-m&ecirc;me le traitement qu&rsquo;elle inflige &agrave; ceux qu&rsquo;elle exclut par un marquage identitaire n&eacute;gatif, elle ne pourrait pas vivre. Son principe n&rsquo;est donc pas g&eacute;n&eacute;ralisable, et l&rsquo;hypoth&egrave;se du multiculturalisme reste &agrave; cet &eacute;gard tr&egrave;s probl&eacute;matique.</p><p>&nbsp;Si en effet deux &laquo; communaut&eacute;s &raquo; A et B ont &agrave; coexister, selon quelles normes le feront-elles ? Le choix des normes de A sera v&eacute;cu comme une violence par les tenants de la communaut&eacute; B. Et r&eacute;ciproquement. Seule la norme C, de port&eacute;e universelle si elle se fonde sur le droit, et ind&eacute;pendante de A ou de B, pourra offrir une r&eacute;f&eacute;rence commune, d&eacute;livr&eacute;e de toute all&eacute;geance et fond&eacute;e sur des droits humains &eacute;mancipateurs. On retrouve alors l&rsquo;id&eacute;e la&iuml;que de principes qui transcendent les particularismes et pour cela visent le bien commun &agrave; tous.</p><p>L&rsquo;universalisme n&rsquo;est pas une option arbitraire et r&eacute;pressive &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des particularismes, mais bien plut&ocirc;t ce qui leur permet de coexister pacifiquement en leur fournissant le seul r&eacute;gime d&rsquo;affirmation qui n&rsquo;engendre ni la guerre ni l&rsquo;enfermement dans la diff&eacute;rence. Pour cela, la pr&eacute;servation d&rsquo;une sph&egrave;re publique qui leur est soustraite est d&eacute;cisive. Il faut remarquer d&rsquo;ailleurs que les&nbsp; tenants des communautarismes exploitent &agrave; fond les possibilit&eacute;s de la d&eacute;mocratie pour conqu&eacute;rir tout ce qui peut l&rsquo;&ecirc;tre en mati&egrave;re d&rsquo;affirmation identitaire et les suppriment l&agrave; o&ugrave; ils prennent le pouvoir, comme on l&rsquo;a vu en Afghanistan.&nbsp;</p><p>&laquo; L&rsquo;&laquo; affirmation identitaire &raquo;, si souvent invoqu&eacute;e comme un droit &agrave; part enti&egrave;re, ne va pas donc pas sans une lourde ambigu&iuml;t&eacute;. Vaut-elle pour les individus, ou pour les groupes humains ? Si l&rsquo;identit&eacute; personnelle est une construction relevant du libre arbitre, elle ne peut se r&eacute;sorber dans la simple all&eacute;geance &agrave; une communaut&eacute; particuli&egrave;re. En l&rsquo;occurrence, le droit de l&rsquo;individu prime sur celui que l&rsquo;on serait tent&eacute; de reconna&icirc;tre &agrave; la &laquo; communaut&eacute; &raquo; &agrave; laquelle il est dit &laquo; appartenir &raquo;. Ce dernier terme, &agrave; la r&eacute;flexion, se r&eacute;v&egrave;le tr&egrave;s contestable. Nul &ecirc;tre humain n&rsquo;&laquo; appartient &raquo;, au sens strict, &agrave; un groupe, sauf &agrave; fonder le principe d&rsquo;une all&eacute;geance non consentie qui peut aller loin dans l&rsquo;ali&eacute;nation.</p><p>La jeune femme qui refuse de porter le voile doit-elle y &ecirc;tre contrainte au nom du pr&eacute;tendu droit de sa communaut&eacute; ? La femme malienne qui s&rsquo;insurge contre la mutilation traditionnelle du clitoris sera-t-elle consid&eacute;r&eacute;e comme trahissant sa culture ? La contestation d&rsquo;une telle pratique prend d&rsquo;ailleurs une r&eacute;elle ampleur dans les pays concern&eacute;s, notamment au S&eacute;n&eacute;gal. Quant &agrave; la femme qui refuse la notion traditionnelle de chef de famille, inscrite dans les religions juive et chr&eacute;tienne, sera-t-elle accus&eacute;e de trahir sa culture, amalgam&eacute;e en l&rsquo;occurrence &agrave; une religion ?</p><p>A un moment ou &agrave; un autre, tout rapport de soumission labellis&eacute; &laquo; culturel &raquo; pour se soustraire &agrave; la contestation tend &agrave; &ecirc;tre remis en question par ceux qui en sont victimes et en souffrent. C&rsquo;est ce processus qui est universel. L&rsquo;universel n&rsquo;existe pas quelque part : il advient par la dynamique de contestation de toute norme particuli&egrave;re qui ali&egrave;ne et opprime. Universel de droit contre particularisme de fait ? Si l&rsquo;on veut. Encore faudrait-il pr&eacute;ciser que ce n&rsquo;est pas le particularisme comme tel qui pose probl&egrave;me, mais le fait qu&rsquo;il puisse assujettir &agrave; une norme oppressive.</p><p>Il n&rsquo;y a donc pas &agrave; choisir entre particulier et universel, mais &agrave; faire advenir une modalit&eacute; du particulier libre et affranchie. La femme chr&eacute;tienne qui refuse de r&eacute;duire la sexualit&eacute; &agrave; la procr&eacute;ation sera-t-elle stigmatis&eacute;e pour trahison de sa particularit&eacute; culturelle ? On dira plut&ocirc;t qu&rsquo;elle entend affranchir sa d&eacute;marche spirituelle de toute sanctification d&rsquo;une conception historique relative ind&ucirc;ment confondue avec elle. Celle d&rsquo;un patriarcat d&rsquo;un autre &acirc;ge, mais qui r&eacute;siste sous des formes nouvelles, souvent insaisissables sauf pour celles qui en sont victimes.</p><p>Ces exemples soulignent le danger que comporte l&rsquo;attribution d&rsquo;une quelconque pr&eacute;s&eacute;ance en mati&egrave;re d&rsquo;affirmation identitaire aux groupes comme tels, voire &agrave; leurs repr&eacute;sentants. Octroyer des droits &agrave; des &laquo; communaut&eacute;s &raquo; peut donc faire courir le risque de leur ali&eacute;ner les individus qui ne se reconnaissent en elles que de fa&ccedil;on mesur&eacute;e et distanci&eacute;e, c&rsquo;est-&agrave;-dire libre. C&rsquo;est du m&ecirc;me coup se risquer &agrave; consacrer une mise en tutelle.</p><p>Tel est le point aveugle du communautarisme auquel, &eacute;tourdiment, on croit devoir consentir par tol&eacute;rance alors qu&rsquo;on risque ainsi de consacrer la mise en tutelle des individus, et peut-&ecirc;tre aussi la guerre des dieux. Ici se pose la difficile question du statut des r&eacute;f&eacute;rences culturelles communautaires, consid&eacute;r&eacute;es comme &eacute;l&eacute;ments de construction de l&rsquo;identit&eacute; personnelle, mais non comme facteurs oblig&eacute;s d&rsquo;all&eacute;geance.</p><p>&nbsp;Une culture qui pr&eacute;tend s&rsquo;imposer n&rsquo;est plus une culture, mais une politique. Elle rel&egrave;ve donc d&rsquo;un traitement politique, avec droit de regard sur le sort qu&rsquo;elle r&eacute;serve aux libert&eacute;s. D&egrave;s lors, tout individu doit pouvoir disposer librement de ses r&eacute;f&eacute;rences culturelles, et non &ecirc;tre contraint par elles. Dans une telle perspective, la la&iuml;cit&eacute; d&eacute;finit le cadre le plus ad&eacute;quat pour accueillir les diff&eacute;rences culturelles sans conc&eacute;der quoi que ce soit aux pouvoirs de domination ni aux all&eacute;geances qui pr&eacute;tendent s&rsquo;en autoriser. Libert&eacute; de conscience, &eacute;galit&eacute; stricte des croyants et des non-croyants, autonomie de jugement cultiv&eacute;e en chacun gr&acirc;ce &agrave; une &eacute;cole la&iuml;que d&eacute;positaire de la culture universelle constituent en effet les valeurs majeures de la la&iuml;cit&eacute;.</p><p>La s&eacute;paration des Eglises et de l&rsquo;Etat n&rsquo;a pas pour fin de lutter contre les religions, mais de mettre en avant ce qui unit ou peut unir tous les hommes, croyants de religions diverses ou croyants et non-croyants. Plus se d&eacute;veloppe la diversit&eacute; des populations qui se m&ecirc;lent dans les Etats modernes, plus &eacute;vidente appara&icirc;t la n&eacute;cessit&eacute; de refonder ceux-ci sur des principes universels, affranchis de tout particularisme, et con&ccedil;us comme &laquo;&nbsp; patrie de droits &raquo;.</p><p>Le particularisme &eacute;rig&eacute; en principe d&rsquo;union n&rsquo;inclut qu&rsquo;en excluant. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Europe en construction ne saurait privil&eacute;gier la religion chr&eacute;tienne dans ses r&eacute;f&eacute;rences, ni m&ecirc;me aucune religion, sans produire aussit&ocirc;t une discrimination &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de ceux qui n&rsquo;ont pas cette religion ou &laquo; n&rsquo;ont pas de religion du tout. L&rsquo;id&eacute;al la&iuml;que est aussi universel que les principes qu&rsquo;il promeut. Il montre la voie d&rsquo;un monde v&eacute;ritablement commun. Nul besoin pour cela que les hommes renoncent &agrave; leurs r&eacute;f&eacute;rences culturelles : il leur suffit d&rsquo;identifier les principes qui fondent le &laquo; vivre ensemble &raquo; sans l&eacute;ser aucun d&rsquo;entre eux.</p><p>&nbsp;Le croyant peut fort bien comprendre qu&rsquo;un marquage confessionnel de la puissance publique blesse le non-croyant. Et celui-ci, r&eacute;ciproquement, peut fort bien admettre qu&rsquo;un Etat qui professerait un ath&eacute;isme militant serait mal accept&eacute; par le croyant. La la&iuml;cit&eacute; de la puissance publique, c&rsquo;est l&rsquo;affirmation de ce qui est commun aux hommes ; la neutralit&eacute; confessionnelle n&rsquo;est donc que la cons&eacute;quence du principe positif de pleine &eacute;galit&eacute;.</p><p>Ceux qui, au nom d&rsquo;une religion ou d&rsquo;une id&eacute;ologie, entendent disposer d&rsquo;emprises publiques, usurpent en fait le bien commun, comme le fait le cl&eacute;ricalisme, captation du pouvoir temporel &agrave; des fins religieuses ou politiques. C&rsquo;est la diversit&eacute; m&ecirc;me, si souvent soulign&eacute;e, qui exige que le cadre commun d&rsquo;accueil et d&rsquo;organisation s&rsquo;universalise. Et cela doit se faire &laquo; par le haut &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire en prenant pour fondements des principes de droit, &eacute;mancipateurs pour tous. &raquo;</p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-03-03T16:32:38+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-03-03T16:32:38+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjPoX-x2CHwSp5HSWFsZZCc_gWBM7lnw_uFC5lxCijkn_PVuQ0r3S8p4RzEhtvhaysQTIvmg0Q3WQBf2lvBLS4jHCfcfVDUc1QochbQDIpcBBMN6VebY0_Tv1IIB8DN4AHruEqB3AXLzvokPpBFMstZry69XsXMYZ7EeUTfhsy_sGzrwvZc88gxtBXilB4/s72-w339-h471-c/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-03-03%20a%CC%80%2017.12.07.png"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2026-02-28:/281296</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/02/la-jeune-garde-dissolution-et.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">La &quot;Jeune Garde&quot; : dissolution et reconstitution</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La Jeune Garde est une organisation militante qui se classe &agrave; l'extr&ecirc;me-gauche et se revendique comm...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi99UPnlrS2Ngg3OWBcFgqqJcuMucV3XulApMn-caQH97BpMDYRIqp6CoFNVVtywmd71dqSHdPxhLck4s6E4BdBgeofYjnvn7xvtARY_xdi39HTdM1O2Rh1kM2FIGlblr1PH-lFPlQ8n8O_6HQdeQ_X6Hz5bYUURXmzQmrXBiZqx5udv-pAX0cvZOOfDuo/s194/droit-penal@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi99UPnlrS2Ngg3OWBcFgqqJcuMucV3XulApMn-caQH97BpMDYRIqp6CoFNVVtywmd71dqSHdPxhLck4s6E4BdBgeofYjnvn7xvtARY_xdi39HTdM1O2Rh1kM2FIGlblr1PH-lFPlQ8n8O_6HQdeQ_X6Hz5bYUURXmzQmrXBiZqx5udv-pAX0cvZOOfDuo/s1600/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><i>La Jeune Garde</i> est une organisation militante qui se classe &agrave; l'extr&ecirc;me-gauche et se revendique comme antifasciste. Elle a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e en 2018 par Rapha&euml;l Arnault qui en est devenu le porte-parole, avant d'&ecirc;tre &eacute;lu d&eacute;put&eacute; du Vaucluse <i>La France Insoumise- Nouveau Front Populaire</i><i> </i>aux &eacute;lections l&eacute;gislatives de 2024. Apr&egrave;s la mort du jeune<i> Quentin Deranqu</i><i>e, </i>attaqu&eacute; le 12 mars 2025 devant l'IEP de Lyon par un groupe de membres de <i>La Jeune Garde, </i>la question de la dissolution des groupements violents et surtout de l'efficacit&eacute; de ce type de mesure est, une nouvelle fois, pos&eacute;e.</div></div><div><br></div><div>Un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051724933" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;cret du 12 juin 2025</a> a prononc&eacute; la dissolution de La Jeune Garde, en m&ecirc;me temps que celle d'un groupe d'extr&ecirc;me droite, Lyon Populaire. Le texte est tr&egrave;s soigneusement motiv&eacute;, observant que "<i>sous couvert d'organiser la d&eacute;fense de ses membres, le groupement provoque &agrave; des agissements violents contre les personnes, en vue d'affrontements avec les groupes adverses d'ultra-droite ; qu'&agrave; cette fin, il organise au profit de ses membres des entrainements aux sports de combat et au &laquo; combat de rue </i>&raquo; ; qu'il galvanise ses membres gr&acirc;ce au recours &agrave; un vocabulaire provoquant ou l&eacute;gitimant la violence envers les groupes adverses". Ce soin dans la motivation est li&eacute; &agrave; l'&eacute;tendue du contr&ocirc;le du juge administratif qui exerce un contr&ocirc;le maximum, et s'assure donc que la dissolution est une mesure proportionn&eacute;e aux n&eacute;cessit&eacute;s de protection de l'ordre public.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Un acte ex&eacute;cutoire</span></h3><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div>Au moment de la mort de <i>Quentin Deranque, La Jeune Garde</i> a fait l'objet d'un d&eacute;cret de dissolution, mais le recours d&eacute;pos&eacute; devant le Conseil d'&Eacute;tat n'a pas encore &eacute;t&eacute; jug&eacute;. On ne doit pas en d&eacute;duire que la dissolution n'est pas effective et que le groupement continuait d'exister jusqu'&agrave; l'arr&ecirc;t du juge. Un acte administratif est en effet imm&eacute;diatement ex&eacute;cutoire, quand bien m&ecirc;me il fait l'objet d'un recours en annulation.</div><div><br></div><div>Force est de constater que <i>La Jeune Garde</i>, dissoute en juin 2025, est toujours active, et toujours dangereuse pour l'ordre public et la s&eacute;curit&eacute; des personne en f&eacute;vrier 2026.&nbsp;</div><div><br></div><div>L&rsquo;autorit&eacute; administrative peut prononcer la dissolution de groupements dont l&rsquo;activit&eacute; constitue une menace imm&eacute;diate pour l&rsquo;ordre public, qu'il s'agisse de groupements constitu&eacute;s sous la forme associative, ou de groupements de fait comme c'est le cas pour <i>La Jeune Garde</i>. Cette dissolution administrative est n&eacute;e apr&egrave;s le 6 f&eacute;vrier 1934, avec la loi du 10 janvier 1936. L&rsquo;activit&eacute; de &laquo; ligues &raquo; arm&eacute;es, souvent violentes et peu respectueuses de l&rsquo;&Eacute;tat de droit, &eacute;tait alors apparue suffisamment dangereuse pour justifier un r&eacute;gime tr&egrave;s restrictif. Il est aujourd&rsquo;hui int&eacute;gr&eacute; dans l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043982161/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article L 212-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a>. Aujourd&rsquo;hui, les dissolutions administratives concernent diff&eacute;rents types de groupements, ceux qui constituent des groupes de combat ou des milices priv&eacute;es, ceux qui rejettent les valeurs r&eacute;publicaines et provoquent &agrave; la discrimination, &agrave; la haine ou &agrave; la violence raciale, ceux enfin qui provoquent et participent &agrave; des agissements violents &agrave; l'&eacute;gard des personnes et des biens.</div><div><br></div><div><br></div><div></div><br><div><span>Orange m&eacute;canique</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Stanley Kubrick. 1971</span></div><div><br></div><h3><span>L'article L 212-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure&nbsp;</span></h3><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div>Le d&eacute;cret de dissolution de La Jeune Garde s'appuie sur ce dernier motif, introduit dans le code de s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043964778" rel="noopener noreferrer" target="_blank">loi du 24 ao&ucirc;t 2021 confortant les principes de la R&eacute;publique.</a></div><div><br></div><div>La provocation &agrave; des agissements violents doit alors &ecirc;tre clairement &eacute;tablie. Tel est le cas dans une <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-04-02/492071" rel="noopener noreferrer" target="_blank">ordonnance du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat rendue le 2 avril 2024</a>, &agrave; propos de la dissolution d'une association <i>La Citadelle</i>, mouvement d'extr&ecirc;me droite faisant ouvertement la promotion de la violence contre les forces de l'ordre. En revanche, dans son <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2023/08/la-dissolution-des-soulevements-de-la.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">ordonnance du 11 ao&ucirc;t 2023</a>, ce m&ecirc;me juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s avait suspendu la dissolution des <i>Soul&egrave;vements de la terre,&nbsp;</i>collectif informel &agrave; l&rsquo;origine de la manifestation violente &agrave; Sainte-Soline. Aux yeux du juge, la responsabilit&eacute; du collectif dans les violences contre les personnes n'&eacute;tait pas &eacute;tablie.</div><div><br></div><div>De son c&ocirc;t&eacute;, la CEDH n'interdit pas ce type de dissolution, mais en contr&ocirc;le le caract&egrave;re &laquo; imp&eacute;rieux et n&eacute;cessaire &raquo;, formule employ&eacute;e dans l&rsquo;<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-106893" rel="noopener noreferrer" target="_blank">arr&ecirc;t du 11 octobre 2011 </a><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-106893" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><i>Association Rhino c. Suisse</i></a>. Est ainsi admise la dissolution par le gouvernement suisse d'un mouvement de protection des squatteurs qui n'h&eacute;sitait pas &agrave; recourir &agrave; la violence. Est &eacute;galement admise, dans une d&eacute;cision <a href="https://juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20090630-2580304-2581704" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><i>Herri Batasuna et Batasuna c. Espagne</i> du 30 juin 2009</a>, la dissolution par le gouvernement espagnol de mouvements autonomistes basques qui faisaient l'apologie de mouvements terroristes et les finan&ccedil;aient.</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><h3><span>La reconstitution de ligue dissoute</span></h3><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div>En l'&eacute;tat actuel du dossier, aucune poursuite n'a &eacute;t&eacute; engag&eacute;e contre les responsables de <i>La Jeune Garde</i> pour reconstitution de ligue dissoute. Sur la base d'un signalement du ministre de l'Int&eacute;rieur d&eacute;non&ccedil;ant une reconstitution "<i>sous forme de structures satellites</i>", une e<a href="https://www.nouvelobs.com/justice/20260225.OBS112690/ouverture-d-une-enquete-pour-soupcons-de-reconstitution-de-la-jeune-garde-ce-que-l-on-sait.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">nqu&ecirc;te est toutefois ouverte par le parquet de Paris</a> et confi&eacute;e &agrave; la section de recherches de la Gendarmerie. Avec l'infraction de reconstitution d'une ligue dissoute, on passe ainsi d'une police administrative &agrave; une proc&eacute;dure purement p&eacute;nale.</div><div><br></div><div><br></div><div>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043982189/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 431-15 du code p&eacute;nal</a> punit de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait de participer au maintien ou &agrave; la reconstitution d'un groupement dissous. Depuis une jurisprudence ancienne du 5 mars 1957, la chambre criminelle consid&egrave;re que ces infractions peuvent s'appliquer dans le cas d'un nouveau groupement recompos&eacute; &agrave; partir de l'ancien et le code p&eacute;nal se r&eacute;f&egrave;re d'ailleurs &agrave; une "<i>reconstitution ouverte ou d&eacute;guis&eacute;e</i>".  Dans le cas de <i>La Jeune Garde</i>, la reconstitution peut donc &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme ouverte. Sur ce point, le soutien affirm&eacute; de <i>La France Insoumise </i>et notamment sa participation &agrave; des &eacute;v&egrave;nements organis&eacute;s par ce parti constitue une preuve incontestable du fait que la d&eacute;cision de dissolution n'a pas &eacute;t&eacute; ex&eacute;cut&eacute;e. Sans le vouloir, les membres de LFI contribuent ainsi &agrave; prouver la reconstitution de <i>La Jeune Garde</i>.</div><div><br></div><div><br></div><div>Sans doute n'est-il pas inutile de noter que la condamnation pour reconstitution de ligue dissoute s'accompagne d'un v&eacute;ritable chapelet de peines compl&eacute;mentaires, parmi lesquelles la privation des droits civiques. Cette pr&eacute;cision n'est pas inutile si l'on consid&egrave;re que le fondateur du groupe est actuellement d&eacute;put&eacute; du Vaucluse.</div><div><br></div><div><br></div><div>A ce stade, il est &eacute;videmment impossible d'envisager les r&eacute;sultats d'une enqu&ecirc;te qui ne fait que commencer.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div>La question de la dissolution de <i>La Jeune Garde </i>pose ainsi, de toute &eacute;vidence, la question de l'efficacit&eacute; la d&eacute;cision administrative. Alors m&ecirc;me que le mouvement n'existe juridiquement plus, certains de ses membres sont actuellement poursuivis pour avoir tu&eacute; un jeune homme, ce qui prouve que malheureusement il existait toujours et n'avait pas renonc&eacute; &agrave; la violence.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div>Les groupements extr&eacute;mistes, quelle que soit leur place dans l'&eacute;chiquier politique, sont toujours constitu&eacute;s d'un petit nombre d'activistes violents, d'une grande mobilit&eacute;, fonctionnant en rhizomes, toujours pr&ecirc;ts &agrave; entrer dans une pseudo clandestinit&eacute; comme en t&eacute;moigne leur go&ucirc;t pour les pseudonymes. La dissolution appara&icirc;t alors davantage comme un acte symbolique destin&eacute; &agrave; montrer &agrave; l'opinion que le gouvernement lutte contre ces groupements violents, plut&ocirc;t que comme une d&eacute;cision visant effectivement &agrave; les faire dispara&icirc;tre. Dans le cas de <i>La Jeune Garde</i>, le passage &agrave; la phase p&eacute;nale constitue une &eacute;volution logique. Des poursuites individuelles sont d'abord engag&eacute;es contre les auteurs des violences &agrave; l'origine du d&eacute;c&egrave;s du jeune <i>Quentin</i>. Mais d'autres poursuites sont envisageables, concernant cette fois les dirigeants de <i>La Jeune Garde</i>, pr&eacute;cis&eacute;ment pour reconstitution de ligue dissoute. L'affaire ne fait que commencer.</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><b>La dissolution des groupements&nbsp;</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 12, section 2 &sect; 1 B 3 du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a><br></div><div><br></div>]]></content>
	<updated>2026-02-28T22:21:49+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
	<source>
		<id>http://libertescheries.blogspot.com/</id>
		<link rel="self" href="http://libertescheries.blogspot.com/"/>
		<updated>2026-02-28T22:21:49+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


	<link rel="enclosure" 
		type="image/generic" 
		length="1"
		href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi99UPnlrS2Ngg3OWBcFgqqJcuMucV3XulApMn-caQH97BpMDYRIqp6CoFNVVtywmd71dqSHdPxhLck4s6E4BdBgeofYjnvn7xvtARY_xdi39HTdM1O2Rh1kM2FIGlblr1PH-lFPlQ8n8O_6HQdeQ_X6Hz5bYUURXmzQmrXBiZqx5udv-pAX0cvZOOfDuo/s72-c/droit-penal@0.jpg"/>

</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-08-27:/263425</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/08/human-rights-locally.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Human Rights Locally</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>By Tamar Ezer An important part of the U.S. human rights story takes place at city level. In these t...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>By Tamar Ezer An important part of the U.S. human rights story takes place at city level. In these troubling times, we continue to see innovative local initiatives. I&rsquo;m excited to share Local Futures: Human Rights Cities, an essay series...</p>]]></content>
	<updated>2025-08-27T14:22:47+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-08-27T14:22:47+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="books and articles"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-08-20:/262823</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/08/event-1116-21-human-rights-in-the-americas-symposium.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Event 11/16-21: Human Rights in the Americas Symposium</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>From November 16th through 21st, 2025, the University of Miami School of Law, in collaboration with ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>From November 16th through 21st, 2025, the University of Miami School of Law, in collaboration with the Inter-American Commission on Human Rights (IACHR), will host the Human Rights in the Americas Symposium: An Examination of Past, Present, and Future. This...</p>]]></content>
	<updated>2025-08-20T17:34:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-08-20T17:34:00+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="events"/>

	<category term="iachr"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-08-13:/261889</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/08/new-article-towards-the-abolition-of-the-immigration-detention-of-children-in-the-united-states.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">New Article: Towards the Abolition of the Immigration Detention of Children in the United States</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Lauren E. Bartlett, Towards the Abolition of the Immigration Detention of Children in the United Sta...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Lauren E. Bartlett, Towards the Abolition of the Immigration Detention of Children in the United States, 59 U.S.F. L. Rev. 393 (2025). Excerpt below (citations removed). "If the United States is serious about forging a path towards the abolition of...</p>]]></content>
	<updated>2025-08-13T17:33:46+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-08-13T17:33:46+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="books and articles"/>

	<category term="immigrants"/>

	<category term="immigration"/>

	<category term="incarcerated"/>

	<category term="universal periodic reviews"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-07-28:/260077</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/07/augustseptember-2025-deadlines-calls-for-inputs-by-human-rights-mechanisms.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">August–September 2025 Deadlines: Calls for Inputs by Human Rights Mechanisms</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>The following calls for inputs have been issued by UN Human Rights Mechanisms with deadlines in Augu...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>The following calls for inputs have been issued by UN Human Rights Mechanisms with deadlines in August&ndash;September 2025, listed in chronological order. These calls are relevant to U.S.-based law professors, practitioners, and scholars whose work focuses on human rights issues...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-28T15:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-07-28T15:00:00+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="united nations"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-07-15:/258791</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/07/new-article-human-rights-and-the-smarter-city.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">New Article: Human rights and the Smarter City</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Martha F. Davis, Alejandro Jaramillo Jimenez, Kimberly D. Lucas and Annabel Shu, Human Rights and th...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Martha F. Davis, Alejandro Jaramillo Jimenez, Kimberly D. Lucas and Annabel Shu, Human Rights and the Smarter City, Open Global Rights (July 1, 2025) This article argues for a better approach to ensuring human rights in &ldquo;smart cities&rdquo; across the...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-15T16:27:44+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-07-15T16:27:44+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="books and articles"/>

	<category term="martha f. davis"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-07-07:/257896</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/07/new-book-the-engagement-of-domestic-courts-with-international-law-comparative-perspectives.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">New Book: The Engagement of Domestic Courts with International Law: Comparative Perspectives</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Published last May of 2024 by Oxford University Press, The Engagement of Domestic Courts with Intern...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Published last May of 2024 by Oxford University Press, The Engagement of Domestic Courts with International Law: Comparative Perspectives is a compilation edited by Andr&eacute; Nollkaemper, Yuval Shany, Antonios Tzanakopoulos, and Eleni Methymaki. This book advances and develops a paradigm...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-07T19:40:25+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-07-07T19:40:25+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="books and articles"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-07-01:/257217</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/07/new-federal-land-bill-tests-boundaries-of-indigenous-rights.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">New Federal Land Bill Tests Boundaries of Indigenous Rights</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>By Tommy Hoffman, 2L at Saint Louis University School of Law Senate Republicans on the Energy and Na...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>By Tommy Hoffman, 2L at Saint Louis University School of Law Senate Republicans on the Energy and Natural Resources Committee are proposing legislation within the so-called &ldquo;One Big Beautiful Bill Act&rdquo; that would allow for the sale of up to...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-01T18:39:27+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-07-01T18:39:27+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-06-29:/256939</id>
	<link href="http://grundundmenschenrechtsblog.de/5-jahre-ladg-berlin-eine-zwischenbilanz/" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">5 Jahre LADG Berlin – eine Zwischenbilanz</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Das Berliner Landesantidiskriminierungsgesetz (LADG) feierte im Juni seinen f&uuml;nften Geburtstag. Aus...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Das <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.berlin.de/sen/lads/recht/ladg/" target="_blank">Berliner Landesantidiskriminierungsgesetz (LADG)</a> feierte im Juni seinen f&uuml;nften Geburtstag. Aus diesem Anlass fragen wir: Welche Besonderheiten hat das LADG, welche Erfolge wurden in der Praxis gefeiert und welche Herausforderungen und Misserfolge gab und gibt es? Dazu haben wir auch Einsch&auml;tzungen von Dr. Doris Liebscher, Leiterin der LADG-Ombudsstelle, eingeholt.&nbsp; </p>



<span></span>



<p><strong>Diese Neuheiten und Besonderheiten brachte das LADG</strong></p>



<p>Das Gesetz gilt f&uuml;r &ouml;ffentliche Stellen, die in &sect; 3 Abs. 1 LADG aufgez&auml;hlt sind. Damit sch&uuml;tzt es Menschen im Verh&auml;ltnis zum Staat, w&auml;hrend das Allgemeine Gleichbehandlungsgesetz (AGG) zwischen Privaten Schutz bietet. Die Diskriminierungsmerkmale werden in &sect; 2 LADG aufgez&auml;hlt. Dort werden neben den Merkmalen aus Art. 3 Abs. 3 GG auch chronische Erkrankungen, das Lebensalter, die sexuelle Identit&auml;t und der soziale Status genannt. Dadurch werden Schutzl&uuml;cken geschlossen und manchmal verkannte Diskriminierungsmerkmale verrechtlicht. &sect; 6 LADG verbietet Ma&szlig;regelungen, wenn LADG-Rechte in Anspruch genommen werden oder das Ausf&uuml;hren LADG-widriger Anweisungen verweigert wird. Gleiches gilt gegen&uuml;ber Dritten, die Betroffene unterst&uuml;tzen oder als Zeug*innen aussagen.</p>



<p>Gem&auml;&szlig; &sect; 7 gen&uuml;gt es, Tatsachen glaubhaft zu machen, die das Vorliegen einer Diskriminierung oder Ma&szlig;regelung &uuml;berwiegend wahrscheinlich machen. Dann obliegt es der &ouml;ffentlichen Stelle, das Gegenteil zu beweisen. So sollen Anspr&uuml;che effektiver durchgesetzt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>&sect; 8 LADG regelt eine Schadensersatzpflicht. Demnach k&ouml;nnen auch Nichtverm&ouml;genssch&auml;den durch Geldzahlungen entsch&auml;digt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>Nicht nur Privatpersonen k&ouml;nnen Rechte aus dem LADG vor Gericht geltend machen, sondern auch Antidiskriminierungsverb&auml;nde im Sinne von &sect; 10. Mit der Verbandsklage nach &sect; 9 k&ouml;nnen systematische rechtswidrige Praxen besser angegriffen werden.</p>



<p>Eine <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.berlin.de/sen/lads/recht/ladg/ombudsstelle/artikel.1525630.php" target="_blank">Ombudsstelle</a> unterst&uuml;tzt Betroffene und vermittelt zwischen ihnen und den &ouml;ffentlichen Stellen. Sie wurde im September 2020 eingerichtet. Seitdem erreichten sie rund 4.000 Beratungsanfragen, davon 1.785 LADG-Beschwerden, teilte die Ombudsstelle mit. Demnach geht es bei den meisten Beschwerden um rassistische Diskriminierung und Diskriminierung aufgrund von Behinderungen und chronischen Erkrankungen. Danach folgten Diskriminierungen wegen des Geschlechts, der Geschlechtsidentit&auml;t und der sexuellen Identit&auml;t. Zunehmend w&uuml;rden Diskriminierungen wegen des sozialen Status gemeldet.</p>



<p>Diskriminierungsbeschwerden gehen auch bei der Berliner Verwaltung direkt ein. Laut einem <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.parlament-berlin.de/adosservice/19/Haupt/vorgang/h19-0189.D-v.pdf" target="_blank">j&uuml;ngsten Bericht</a> des Senats richteten sich diese 2024 prim&auml;r gegen Bezirks&auml;mter, gefolgt von Schulen und Kitas. An dritter Stelle stand die Polizei. Im Vergleich zu den Vorjahren wurden mehr F&auml;lle gemeldet.</p>



<p> <strong>F&uuml;nf Jahre LADG &ndash; eine Auswahl der Erfolge</strong></p>



<p>Vor Gericht wurde bereits erfolgreich nach dem LADG geklagt. So hat etwa ein Fahrradfahrer <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.lto.de/recht/hintergruende/h/ag-berlin-mitte-21c25223-ladg-rassismus-rolizei-diskriminierung" target="_blank">erfolgreich vom AG Mitte feststellen lassen</a>, dass er von der Polizei rassistisch diskriminiert wurde. Nachdem die Beamten bei der Verkehrskontrolle nach Wohn- und Geburtsort fragten, antwortete der Mann ihnen &bdquo;Bochum&rdquo;. Einer der Polizisten fragte weiter, woher er wirklich komme. Die Situation beschrieb der Kl&auml;ger unter anderem als &ldquo;aggressiv&ldquo; und &ldquo;herabw&uuml;rdigend&rdquo;. Das Gericht stellte richtigerweise fest, dass dies keine einfache Frage, sondern eine rassistische Unterstellung war. Der Kl&auml;ger erhielt 750 Euro Schadensersatz.</p>



<p>Ein zweites Beispiel: Der &bdquo;Plansche&rdquo;-Fall. Eine Mutter sonnte sich oberk&ouml;rperfrei auf dem Wasserspielplatz &ldquo;Plansche&rdquo; und wurde vom Sicherheitsdienst deshalb rausgeschmissen. Dass ihr Freund oberk&ouml;rperfrei ebenfalls dort lag, st&ouml;rte die Security nicht. Nachdem das LG Berlin noch auf das <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleichbehandlung/ladg-plansche" target="_blank">&bdquo;geschlechtliche Schamgef&uuml;hl&rdquo;</a> abstellte, legte das Kammergericht dem Land Berlin nahe, den Anspruch der Kl&auml;gerin anzuerkennen, <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/uploads/documents/Gleiche-Rechte/Plansche/2024-01-25-Schlussurteil_9_U_94_22_anonymisiert.pdf" target="_blank">was auch geschah</a>.</p>



<p>In einem anderen Fall wandten sich <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleiche-rechte-und-soziale-teilhabe/tin" target="_blank">trans, inter und nicht-bin&auml;re Studierende gegen die Humboldt Universit&auml;t</a>, weil sie auf dem Studierendenausweis nur den sogenannten Deadname, also nicht den selbstgew&auml;hlten Namen, f&uuml;hren konnten. &sect; 2 LADG sch&uuml;tzt auch die geschlechtliche Identit&auml;t. Die Uni lenkte vor einer Gerichtsentscheidung ein, sodass das Ziel ohne Urteil erreicht wurde.</p>



<p>An gerichtlichen Verfahren wirkt die Ombudsstelle regelm&auml;&szlig;ig mit amicus-curiae-Stellungnahmen mit.&nbsp;Das sind Stellungnahmen, die von Gerichten freiwillig ber&uuml;cksichtigt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>Die Ombudsstelle betont gleichzeitig die Relevanz von au&szlig;ergerichtlicher Schlichtung:</p>



<p>&ldquo;Meistens geht es den beschwerdef&uuml;hrenden Personen um Sichtbarkeit und Anerkennung des erlebten Unrechts, eine Entschuldigung und auch darum, dass Strukturen nachhaltig ver&auml;ndert werden. Das ist im au&szlig;ergerichtlichen Schlichtungsverfahren der Ombudsstelle in der Regel besser zu erreichen.&rdquo;, so Dr. Doris Liebscher, Leiterin der LADG-Ombudsstelle, gegen&uuml;ber dem Grund- und Menschenrechtsblog.</p>



<p> <strong>In diesen Verfahren h&auml;tte es besser laufen sollen</strong></p>



<p>Im oben genannten Plansche-Fall wurde der Kl&auml;gerin eine dreistellige Summe zugesprochen und sie musste die Prozesskosten tragen. Das Kammergericht argumentierte hinsichtlich der H&ouml;he der Entsch&auml;digungssumme, &ldquo;dass die Kl&auml;gerin ein gesellschaftspolitisches Anliegen verfolgt haben mag&rdquo;. Sie sei &bdquo;bewusst und gewollt in eine Konfrontation getreten&ldquo;. Damit sei die Situation anders, als wenn ein*e B&uuml;rger*in einer staatlichen &Uuml;bermacht unvorhergesehen und unentrinnbar gegen&uuml;berstehe. Das Gericht verkennt damit Ursache und Wirkung, <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleichbehandlung/ladg-plansche" target="_blank">wie die Gesellschaft f&uuml;r Freiheitsrechte argumentiert</a>, die die Kl&auml;gerin unterst&uuml;tzt hatte. Das Urteil hat einen negativen Beigeschmack &ndash; es klingt nach: Wer Rechte geltend macht, sollte nicht zu k&auml;mpferisch wirken oder gesamtgesellschaftliche Ziele verfolgen. Diskriminierungen bewegen sich aber in aller Regel in einem gesamtgesellschaftlichen Kontext. Die Rechtsdurchsetzung und das Engagement rund um eine Diskriminierung &ndash; oft gerade aufgrund einer Diskriminierungserfahrung &ndash; d&uuml;rfen nicht missbilligt oder erschwert werden.</p>



<p>Ein anderer Fall: Bei einer Fahrscheinkontrolle wurde ein Schwarzer Mann rassistisch vom Personal angegriffen und beleidigt. Die Berliner Verkehrsbetriebe (BVG) wurden wegen Diskriminierung des Fahrgastes zu 1.000 Euro Schadensersatz nach &sect; 823 BGB verurteilt. Das Amtsgericht Mitte lehnte dabei jedoch die Anwendung des LADG mit der Argumentation ab, dass daf&uuml;r ma&szlig;geblich sei, ob eine Verwaltungsaufgabe ausge&uuml;bt werde. Nach Ansicht des Gerichts handelte es sich bei der Fahrscheinkontrolle um rein privatrechtliches Handeln im Rahmen eines Bef&ouml;rderungsvertrags und nicht um die Wahrnehmung hoheitlicher Aufgaben. <a rel="noopener noreferrer" href="https://verfassungsblog.de/weil-wir-dich-furchten/" target="_blank">Dies wird mitunter kritisiert.</a></p>



<p>Eine solche Auslegung der Gerichte, die diese Konstellationen vom Anwendungsbereich des LADG ausnimmt, f&uuml;hrt zu einer Schutzl&uuml;cke. Die sachnahen Regelungen des LADG finden dann keine Anwendung.</p>



<p><strong>LADG, Ombu</strong><strong>dsstelle und Praxi</strong><strong>s: So </strong><strong>gehts besser</strong><strong></strong>&nbsp;</p>



<p>Die Leiterin der Ombudsstelle, Dr. Doris Liebscher schreibt uns: Das LADG sei im Gro&szlig;en und Ganzen gut, so wie es ist. Sie sieht trotzdem Verbesserungsbedarf.&nbsp;</p>



<p>Die Erfahrung&nbsp;der letzten f&uuml;nf Jahre habe gezeigt, dass eine Erweiterung der Diskriminierungsmerkmale um Staatsangeh&ouml;rigkeit, Aufenthaltsstatus, Familienstand und F&uuml;rsorge&uuml;bernahme sinnvoll w&auml;re, so Liebscher.&nbsp;</p>



<p>Auch wird oft nicht gut mit Beschwerden umgegangen. Liebscher berichtet aus der Praxis: &ldquo;Verwaltung ist oft sehr hierarchisch und nicht besonders fehler- und ver&auml;nderungsfreudig, das merken wir in der Beschwerdebearbeitung.&rdquo; &nbsp;</p>



<p>Auch nach Antidiskriminierungssenatorin Cansel Kiziltepe (SPD) <a href="https://www.rbb24.de/politik/beitrag/2025/06/berlin-fuenf-jahre-antidiskriminierungsgesetz-bilanz.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">braucht es eine Verbesserung der Fehlerkultur</a>. Es gebe in der Berliner Verwaltung einen st&auml;rkeren Widerwillen, Fehler einzugestehen und daraus positiv zu lernen, als in der Wirtschaft. Dr. Doris Liebscher pl&auml;diert f&uuml;r eine Berichtspflicht gegen&uuml;ber der Ombudsstelle und ein Recht dieser zu kontrollieren, inwiefern ihre Handlungsempfehlungen umgesetzt werden&nbsp;</p>



<p>Die Fortbildungsverpflichtungen aus &sect; 11 Abs. 4 LADG w&uuml;rden laut Liebscher  noch viel zu wenig umgesetzt werden. &nbsp;</p>



<p>&ldquo;Auch die Verpflichtung aus &sect; 3 Abs. 2 LADG, dass das Land Berlin bei Mehrheitsbeteiligungen auf die Umsetzung des LADG achtet, ist noch nicht richtig umgesetzt. Ein Hinweis auf das LADG fehlt beispielsweise immer noch in der Mustersatzung f&uuml;r Beteiligungsunternehmen, die f&uuml;r die st&auml;dtischen Wohnungsbauunternehmen gilt&rdquo;, so Dr. Liebscher. &nbsp;</p>



<p>F&uuml;r marginalisierte Gruppen und mehrfachdiskriminierte Menschen bedeutet Diskriminierung durch staatliche Stellen eine zus&auml;tzliche Belastung. Fehlende finanzielle, sprachliche oder psychische Ressourcen, erschweren ein individuelles Klageverfahren oder die eigenst&auml;ndige Durchsetzung des LADG. Die Ombudsstelle wird auf individuelle Beschwerde hin t&auml;tig. Auch hier zeigt sich Spielraum f&uuml;r eine von der Ombudsstelle gew&uuml;nschten rechtlichen Weiterentwicklung des LADG: Die Arbeit w&uuml;rde durch ein gesetzliches, einzelfallunabh&auml;ngiges Interventionsrecht erleichtert werden, so Dr. Liebscher&nbsp;</p>



<p>Die wachsende Zahl der Beschwerden und die Erfahrungen der Ombudsstelle unterstreichen auch nach f&uuml;nf Jahren die Relevanz des Landesantisdiskriminierungsgesetzes.&nbsp;</p>]]></content>
	<updated>2025-06-29T13:50:04+00:00</updated>
	<author><name>Yasmin Akan und Shayan Mirmoayedi</name></author>
	<source>
		<id>http://grundundmenschenrechtsblog.de</id>
		<link rel="self" href="http://grundundmenschenrechtsblog.de"/>
		<updated>2025-06-29T13:50:04+00:00</updated>
		<title>Grund- und Menschenrechtsblog</title></source>

	<category term="allgemein"/>

	<category term="diskriminierung"/>

	<category term="ladg berlin"/>

	<category term="landesantidiskriminierungsgesetz"/>

	<category term="ombudsstelle"/>

	<category term="rechtspolitik"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-06-26:/256668</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/06/celebrating-80-years-of-the-united-nations-charter-reaffirming-faith-in-human-rights-globally.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Celebrating 80 Years of the United Nations Charter: Reaffirming Faith in Human Rights Globally</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On June 29, 2025, an event commemorating the 80th anniversary of the United Nations Charter will tak...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 29, 2025, an event commemorating the 80th anniversary of the United Nations Charter will take place. Hosted at 2425 College Avenue, Berkeley, CA, and accessible virtually via Zoom, this hybrid gathering will take place from 3:00 PM to...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-26T19:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-06-26T19:00:00+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="universal periodic reviews"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-06-26:/256630</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/06/new-article-remembering-history-is-an-act-of-love.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">New Article: Remembering history is an act of love</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Co-editor Shirley Lin recommends a column by Slay Latham, Brooklyn Law School '23, Remembering histo...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Co-editor Shirley Lin recommends a column by Slay Latham, Brooklyn Law School '23, Remembering history is an act of love, The Bay Area Reporter (June 2, 2025) "To be raised in San Francisco as a queer person continues to be...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-26T15:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-06-26T15:00:00+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="books and articles"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-06-21:/255946</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/06/event-624-13th-annual-strategic-litigation-roundtable-a-global-call-to-action-for-refugee-rights.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Event 6/24: 13th Annual Strategic Litigation Roundtable – A Global Call to Action for Refugee Rights</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On June 24, 2025, the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) is hosting a hybrid (vir...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 24, 2025, the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) is hosting a hybrid (virtual/in-person) forum for legal experts and advocates from around the world to discuss and collaborate in support of refugee rights. This forum is organized...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-21T17:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-06-21T17:00:00+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="refugees"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-06-20:/255825</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/06/responding-to-skrmetti.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Responding to Skrmetti</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On June 18, the ACLU &amp; Lambda Legal issued a joint statement responding to the Supreme Court's U.S. ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 18, the ACLU &amp; Lambda Legal issued a joint statement responding to the Supreme Court's U.S. v. Skrmetti decision. In this case three adolescents, their families, and a provider challenged SB1, Tennessee's ban on gender-affirming hormone therapies for...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-20T18:28:06+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-06-20T18:28:06+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="lgbt"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-06-16:/255400</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/06/new-article-do-i-really-have-the-right-to-breathe-clean-air.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">New Article: “Do I Really Have the Right to Breathe Clean Air?”</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Since his first day in office, President Trump has issued a series of executive orders renouncing fe...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Since his first day in office, President Trump has issued a series of executive orders renouncing federal environmental justice and climate change initiatives. However, some states with environmental rights amendments in their constitutions have the opportunity to fill this gap...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-16T21:14:21+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-06-16T21:14:21+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>

	<category term="environment"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2025-06-09:/254617</id>
	<link href="https://lawprofessors.typepad.com/human_rights/2025/06/un-expert-warns-of-interference-in-legal-and-judicial-system-in-the-us.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">UN Expert Warns of Interference in Legal and Judicial System in the United States</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>The Special Rapporteur on Independence of Judges and Lawyers Margaret Satterthwaite, on June 4, 2025...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>The Special Rapporteur on Independence of Judges and Lawyers Margaret Satterthwaite, on June 4, 2025, expressed alarm at the targeting of judges, lawyers and law firms in an apparent organized effort to interfere in the independence of the U.S. legal...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-09T19:41:05+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
	<source>
		<id>http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/</id>
		<link rel="self" href="http://lawprofessors.typepad.com/human_rights/"/>
		<updated>2025-06-09T19:41:05+00:00</updated>
		<title>Human Rights at Home Blog</title></source>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2024-07-08:/224999</id>
	<link href="http://grundundmenschenrechtsblog.de/abschiebehaft-wen-schuetzt-das-recht-auf-freiheit/" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Abschiebehaft – Wen schützt das Recht auf Freiheit?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Mitten
in der Nacht wirst du durch ein Klingeln aus dem Schlaf gerissen. Die Polizei
steht vor der ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Mitten
in der Nacht wirst du durch ein Klingeln aus dem Schlaf gerissen. Die Polizei
steht vor der T&uuml;r. Bevor du verstehst, was passiert, musst du deine Sachen packen,
deine Kinder beruhigen. Ein paar Stunden sp&auml;ter sitzt ihr in Haft. Und du
fragst dich, was du falsch gemacht hast.</p>



<p>Was
f&uuml;r Deutsche unvorstellbar klingt, kann f&uuml;r Personen ohne sicheren
Aufenthaltsstatus grausame Realit&auml;t werden &ndash; und das mitten in Deutschland.
Regelm&auml;&szlig;ig landen ausreisepflichtige Menschen in Deutschland in Abschiebehaft,
unter ihnen auch Familien mit Kindern. Dabei verst&ouml;&szlig;t sowohl die derzeitige
gesetzliche Ausgestaltung der Abschiebehaft in den &sect;&sect;&nbsp;62 ff. AufenthG als
auch die &uuml;berwiegende Praxis der Amtsgerichte gegen die durch Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2
S.&nbsp;2 GG gesch&uuml;tzte Freiheit der Person. Nun hat sich diese Situation durch
das im Februar in Kraft getretene sog. <a href="https://www.recht.bund.de/bgbl/1/2024/54/VO.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">R&uuml;ckf&uuml;hrungsverbesserungsgesetz</a> noch
weiter versch&auml;rft.</p>



<span></span>



<p><strong>Rechtliche Einordnung</strong></p>



<p>Doch
was genau ist eigentlich unter der Abschiebehaft zu verstehen? Sie bezeichnet
eine Reihe freiheitsentziehender Ma&szlig;nahmen, darunter unter anderem die
Vorbereitungshaft, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;2 AufenthG, die Sicherungshaft, &sect;&nbsp;62
Abs.&nbsp;3 AufenthG und der Ausreisegewahrsam, &sect;&nbsp;62b AufenthG. Ihr Zweck
ist die Sicherung von Abschiebungen, d.h. die Fortbringung von
ausreisepflichtigen Personen aus dem Bundesgebiet unter Anwendung staatlichen
Zwangs (&sect;&nbsp;58 AufenthG). Angeordnet wird eine Abschiebehaft dann, wenn anderenfalls
von einer Vereitelung der Abschiebung auszugehen ist. Ankn&uuml;pfungspunkt f&uuml;r
diesen Verdacht ist etwa bei der Sicherungshaft das Vorliegen einer
Fluchtgefahr, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;3 S.&nbsp;1 Nr.&nbsp;1 AufenthG. Die
Haftdauer der verschiedenen Instrumente variiert und kann im Fall der
Sicherungshaft bis zu 18 Monate andauern, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;4 AufenthG.</p>



<p><strong>Verfassungswidrige Gesetzeslage</strong></p>



<p>Die
Abschiebehaft erweist sich bereits auf Ebene des Gesetzes als ein h&ouml;chst
problematisches und zum Teil unverh&auml;ltnism&auml;&szlig;iges Instrument, das weder den
hohen verfassungsrechtlichen Anforderungen an Freiheitsentziehungen noch ihrem
eigentlichen Ziel einer Effizienzsteigerung von Abschiebungen gerecht wird.</p>



<p>Als
Ma&szlig;nahme der Freiheitsentziehung stellt die Abschiebehaft den intensivsten
Eingriff in das Grundrecht der Freiheit der Person nach Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2
S.&nbsp;2 GG dar. Dieses hat einen besonders hohen verfassungsrechtlichen
Stellenwert und gilt f&uuml;r alle Menschen gleich. Es genie&szlig;t zus&auml;tzlich
internationalen Schutz &uuml;ber Art.&nbsp;5 EMRK. Daher erfordert eine
Freiheitsentziehung das Vorliegen <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2006/11/rs20061108_2bvr057802.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">besonders gewichtiger Gr&uuml;nde und eine strikte Verh&auml;ltnism&auml;&szlig;igkeitspr&uuml;fung</a>.
Belange von ausreichendem Gewicht sind insbesondere das Bed&uuml;rfnis nach einer <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2004/02/rs20040205_2bvr202901.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">wirksamen Strafverfolgung, der Schutz der Allgemeinheit</a>
oder <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2012/10/rk20121004_2bvr044212.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">des*der Betroffenen</a>. Bei der Abschiebehaft geht es aber gerade nicht
um eine Gefahrenabwehr, es wird auch kein S&uuml;hne- oder Strafzweck verfolgt.
Zweck ist vielmehr die <a href="https://www.migrationsrecht.net/kommentar-aufenthaltsgesetz-aufenthg-gesetz-aufenthalt-erwerbstaetigkeit-aufenthaltserlaubnis-niederlassungserlaubnis-aufenthg/kommentierung-haftarten-des-s-62-abs-2-3-aufenthg.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Sicherung effizienten Verwaltungshandelns</a>, etwa durch
die Erleichterung von Abschiebungen, die einen hohen organisatorischen Aufwand
erfordern. Angesichts dieses verh&auml;ltnism&auml;&szlig;ig geringen Gewichts des Zwecks
m&uuml;ssen die betroffenen Rechtsg&uuml;ter besonders sorgf&auml;ltig gegeneinander abgewogen
werden.</p>



<p>Eine
besondere Schieflage besteht im Fall des 2015 eingef&uuml;hrten Ausreisegewahrsams,
&sect;&nbsp;62b AufenthG, da dieser keine evidenten Gr&uuml;nde f&uuml;r eine
Freiheitsentziehung voraussetzt. Anders als bei der Sicherungshaft geh&ouml;rt eine
Fluchtgefahr nicht zu den Voraussetzungen. Es reicht vielmehr der Ablauf der
Ausreisefrist in Verbindung mit dem Vorliegen weiterer Umst&auml;nde, wie etwa der
Verletzung von Mitwirkungspflichten oder der &Uuml;berschreitung der Ausreisefrist
um &uuml;ber 30 Tage. Inwiefern das allein eindeutig auf eine Erschwerung der
Abschiebung hinweist, ist nicht nachvollziehbar. Das Instrument des
Ausreisegewahrsams beruht damit auf der Logik eines Generalverdachts gegen&uuml;ber ausreisepflichtigen
Personen hinsichtlich eines zuk&uuml;nftigen, den Verwaltungsablauf st&ouml;renden
Verhaltens.</p>



<p>Dies
wird auch nicht dadurch aufgefangen, dass ein Gegenbeweis zum Vorliegen der
tatbestandlichen Voraussetzungen m&ouml;glich ist, vgl. &sect;&nbsp;62b Abs.&nbsp;1
AufenthG. Denn dieser muss regelm&auml;&szlig;ig von dem*der Betroffenen selbst gef&uuml;hrt
werden. Dabei muss nicht nur das Nichtvorliegen der Voraussetzungen des
Ausreisegewahrsams, sondern dar&uuml;ber hinaus bewiesen werden, dass sich die
Person nicht der Abschiebung entziehen will. Der Gegenbeweis ist angesichts
dieser hohen Anforderungen kaum zu leisten. Zugleich deutet die Regelung auf
eine Fehlvorstellung &uuml;ber die beim Ausreisegewahrsam vorliegende Rechtslage
hin. Denn der Ausreisegewahrsam stellt einen massiven Grundrechtseingriff dar,
der erhebliche Begr&uuml;ndungslasten aufseiten des Staates und nicht des*der
Grundrechtsadressats*in ausl&ouml;st.</p>



<p>Aber auch an anderer Stelle in den &sect;&sect;&nbsp;62 ff. AufenthG wird das bei Grundrechtseingriffen einzuhaltende Verh&auml;ltnism&auml;&szlig;igkeitsprinzip nicht hinreichend ber&uuml;cksichtigt. Unter anderem bildet die gesetzliche Ausgestaltung der Vorbereitungs- und Sicherungshaft nicht eindeutig ab, dass die Haft ultima ratio bleiben muss. Zwar erw&auml;hnt &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 AufenthG, dass die Abschiebungshaft unzul&auml;ssig ist, wenn der Zweck der Haft durch ein milderes Mittel erreicht werden kann. Der Wortlaut des &sect;&nbsp;62 Abs. &nbsp;2 und 3 AufenthG (&bdquo;Ein Ausl&auml;nder ist [&hellip;] in Haft zu nehmen, wenn&rdquo;) suggeriert jedoch, dass bei Vorliegen der dort genannten Voraussetzungen das zust&auml;ndige Gericht verpflichtet ist, Haft anzuordnen. Das kann dazu f&uuml;hren, dass Gerichte nicht ber&uuml;cksichtigen, dass im Regelfall viele weniger grundrechtsintensive Mittel zur Absicherung einer Abschiebung zur Verf&uuml;gung stehen, die oft sogar erfolgversprechender sind. Dazu geh&ouml;ren etwa <a href="https://www.bamf.de/SharedDocs/Anlagen/DE/EMN/Studien/wp59-emn-abschiebungshaft.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Meldeauflagen, die Abgabe von Reisedokumenten, die Verh&auml;ngung einer Kaution,</a> eine <a href="https://odysseus-network.eu/wp-content/uploads/2015/02/FINAL-REPORT-Alternatives-to-detention-in-the-EU.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Beaufsichtigung im Rahmen eines Patensystems oder eine Ausreiseberatung</a>. Die Abschiebehaft kann vielmehr sogar der <a href="https://idcoalition.org/publications/there-are-alternatives-a-handbook-for-preventing-immigration-detention/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Effektivit&auml;t der Abschiebung entgegenstehen</a>. Denn die Praxis zeigt, dass eine hohe Zahl an Abschiebeh&auml;ftlingen keineswegs mit einer h&ouml;heren Abschiebequote einhergeht &ndash; <a href="https://mediendienst-integration.de/artikel/im-grossen-stil-abschieben.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">im Gegenteil</a>. Das liegt vor allem daran, dass die <a href="https://mediendienst-integration.de/artikel/experten-kritisieren-die-abschiebehaft.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">meisten Abschiebungen nicht daran scheitern</a>, dass die ausreisepflichtigen Personen untertauchen. Zudem <a href="https://picum.org/wp-content/uploads/2020/11/Children-Immigration-Detention-DE-1.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">verringert sich die Bereitschaft zur Kooperation</a> eher durch die Erfahrungen in der Haft. Im Regelfall m&uuml;ssten also selbst bei Vorliegen von Ausreisepflicht und Haftgrund andere Mittel vorrangig zur Anwendung kommen.</p>



<p><strong>Mindestens 50 % rechtswidrig in Haft</strong></p>



<p>Hinzu
kommt, dass die rechtlichen Vorschriften in der Praxis der nach &sect;&nbsp;23a Abs.&nbsp;1
Nr.&nbsp;2, Abs.&nbsp;2 Nr.&nbsp;6 GVG zust&auml;ndigen Amtsgerichte h&auml;ufig nicht
beachtet oder fehlerhaft angewandt werden. Das zeigt sich an der hohen
Aufhebungsrate der Entscheidungen der Amtsgerichte durch h&ouml;here Gerichte. Die
genaue Zahl der rechtswidrig Inhaftierten l&auml;sst sich mangels hinreichender
offizieller Statistiken nicht bestimmen. Einsch&auml;tzungen ergeben Zahlen zwischen
52,2&nbsp;% (<a href="https://www.lsfw.de/statistik.php" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Statistik</a> von dem Rechtsanwalt Peter Fahlbusch) bis zu 85
&ndash; 90&nbsp;% (Sch&auml;tzung der BGH-Richterin aD Schmidt-R&auml;ntsch in: NVwZ 2014,
110). Obwohl dieser Vorwurf inzwischen schon l&auml;nger besteht, hat die Politik
bisher keinerlei Interesse an der Aufkl&auml;rung der Sachlage gezeigt bzw. scheint
sich vor einer solchen zu versperren (vgl. die <a href="https://dserver.bundestag.de/btd/19/316/1931669.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Antwort</a> auf eine Anfrage Abgeordneter der Fraktion DIE
LINKE 2021).</p>



<p>Dabei
scheitern die Amtsgerichte nicht etwa an komplexen rechtlichen Fragestellungen,
sondern missachten nicht selten grundlegende Prinzipien. Der Rechtsanwalt Peter
Fahlbusch <a href="https://www.proasyl.de/hintergrund/rechtswidrige-abschiebungshaft-es-geht-um-uns-darum-wie-wir-unsere-verfassung-leben/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">berichtet </a>unter anderem davon, dass nicht
ausreisepflichtige Personen eingesperrt werden, dass kein Haftantrag
ausgeh&auml;ndigt wird oder dass sogar Schwerkranke, die gar nicht haftf&auml;hig sind,
inhaftiert werden.</p>



<p>Das
erstaunt angesichts der engmaschigen verfassungsrechtlichen Vorgaben an das
Verfahren bei einer Freiheitsentziehung. Diese sind vor allem in Art.&nbsp;104
GG geregelt, welcher Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2 S.&nbsp;2 GG durch Verfahrensgarantien
erg&auml;nzt. Dazu geh&ouml;rt, dass nach Art.&nbsp;104 Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 GG die
Einhaltung der im Eingriffsgesetz vorgesehenen Formvorschriften Verfassungsrang
erh&auml;lt. Das bedeutet, dass die Nichtbeachtung der gesetzlichen Zust&auml;ndigkeits-,
Verfahrens- oder Formregelungen nicht nur gegen das einfache Gesetz, sondern
zugleich gegen die Verfassung verst&ouml;&szlig;t.</p>



<p>Es
ist also davon auszugehen, dass mindestens die H&auml;lfte der in Abschiebehaft
sitzenden Personen zu Unrecht inhaftiert sind. In der Praxis der Amtsgerichte
wird die Freiheit der Person von ausreisepflichtigen Menschen nach Art.&nbsp;2
Abs.&nbsp;2 S.&nbsp;2 GG demnach regelm&auml;&szlig;ig und in hohem Ma&szlig;e verletzt.&nbsp;</p>



<p>Eine solche Erfahrung bleibt nicht folgenlos, sondern<a href="https://iris.who.int/bitstream/handle/10665/353569/9789289057929-eng.pdf?sequence=2&amp;isAllowed=y" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> beeintr&auml;chtigt die Gesundheit der Inhaftierten</a> oft schwer und langanhaltend. Die Rechtswidrigkeit der Haft wird jedoch oft erst im Nachhinein festgestellt. Zudem kann l&auml;ngst nicht jede Person in Abschiebehaft Klage erheben. Das wurde lange Zeit dadurch verst&auml;rkt, dass es keine*n Pflichtanw&auml;lt*in f&uuml;r die Inhaftierten gab. Es bleibt abzuwarten, ob sich die Praxis der Amtsgerichte mit der Einf&uuml;hrung des &sect;&nbsp;62d AufenthG im Februar, der eine anwaltliche Vertretung verpflichtend anordnet, &auml;ndert. <a href="https://taz.de/Nach-Reform-bei-Abschiebungen/!6006808/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Dringend notwendig</a> w&auml;ren hierf&uuml;r ausreichend Anw&auml;lt*innen mit Expertise in Abschiebehaftverfahren.</p>



<p><strong>Wo bleibt der Aufschrei?</strong></p>



<p>Angesichts
dieser erschreckenden Umst&auml;nde w&auml;re eine grundlegende Reform des Systems der
Abschiebehaft zu erwarten. Stattdessen wurden im sog. <a href="https://www.recht.bund.de/bgbl/1/2024/54/VO.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">R&uuml;ckf&uuml;hrungsverbesserungsgesetz</a>
zahlreiche Versch&auml;rfungen der Regelungen zur Abschiebehaft durchgesetzt. Unter
anderem wurde die H&ouml;chstdauer des Ausreisegewahrsams von 10 auf 28 Tage verl&auml;ngert,
&sect;&nbsp;62b Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 AufenthG. Des Weiteren kann die Abschiebehaft
k&uuml;nftig auch f&uuml;r Asylsuchende angeordnet werden, wenn im Zeitpunkt der
Asylantragstellung die Voraussetzungen f&uuml;r die Abschiebehaft vorliegen, &sect;&nbsp;14
Abs.&nbsp;3 AsylG. Damit k&ouml;nnen Personen nun auch nach Asylantragstellung und
vor der Pr&uuml;fung des Asylantrags inhaftiert werden. Zudem wurden die Haftgr&uuml;nde erweitert,
&sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;3 S.&nbsp;1 Nr.&nbsp;2, 4 AufenthG.</p>



<p>Angesichts
der oben festgestellten erheblichen Bedenken an Verfassungsm&auml;&szlig;igkeit und
Effektivit&auml;t der Abschiebehaft schockiert diese Reaktion der Politik zutiefst
(f&uuml;r eine Einordnung siehe <a href="https://verfassungsblog.de/zwischen-symbolpolitik-und-verscharfung/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">hier</a>). Einen kleinen Erfolg stellt zwar die
Einf&uuml;hrung einer Pflichtbeiordnung von Anw&auml;lt*innen dar. Das kann jedoch eine
grundlegende Reform des Systems der Abschiebehaft nicht ersetzen. Um diese geht
es der Bundesregierung aber auch nicht &ndash; das zeigt die Vielzahl an
Versch&auml;rfungen. Mindestens genauso bedenklich ist aber das Ausbleiben eines
gesellschaftlichen Aufschreis. Das Grundgesetz sch&uuml;tzt eigentlich die Freiheit
der Person f&uuml;r alle Menschen. In der Praxis wird aber ihre Missachtung bei ausreisepflichtigen
Personen offensichtlich in Kauf genommen.</p>]]></content>
	<updated>2024-07-08T10:13:05+00:00</updated>
	<author><name>Teresa Otten Dionísio und Eva Vogel</name></author>
	<source>
		<id>http://grundundmenschenrechtsblog.de</id>
		<link rel="self" href="http://grundundmenschenrechtsblog.de"/>
		<updated>2024-07-08T10:13:05+00:00</updated>
		<title>Grund- und Menschenrechtsblog</title></source>

	<category term="abschiebehaft"/>

	<category term="abschiebung"/>

	<category term="allgemein"/>

	<category term="aufenthaltsgesetz"/>

	<category term="ausreisegewahrsam"/>

	<category term="freiheit der person"/>

	<category term="rechtspolitik"/>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2024-07-04:/224630</id>
	<link href="https://law.stanford.edu/2016/08/19/an-explanation-of-the-dojs-decision-to-end-private-prisons-and-its-relevance-for-latin-america/" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">An explanation of the DOJ’s decision to end private prisons and its  relevance for Latin America</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On August 18, 2016, Sally Quinn, Deputy Attorney General of the Department of Justice (DOJ), announc...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On August 18, 2016, Sally Quinn, Deputy Attorney General of the Department of Justice (DOJ), <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">announced</a> that the Department would end its use of private prisons. This is an important development, but it does not ban private prisons entirely. What does it mean and what is its relevance to Latin America, where countries like Mexico are just starting to privatize their prison systems?</p>
<p><strong>The DOJ&rsquo;s findings </strong><br>
The DOJ&rsquo;s <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">instruction</a> is based on a <a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">study</a> performed by the Department&rsquo;s Office of the Inspector General, comparing 14 private with 14 public federal prisons in the U.S. That review, published in August of 2016, concluded that private prisons are not cheaper, nor do they provide better services&mdash;the arguments typically used to justify prison privatization. It moreover indicated that the Bureau of Prisons&rsquo; monitoring and supervision of private contract prisons had fallen short and it found worrying violations in private prisons, such as the use of isolation cells (euphemistically called &ldquo;Special Housing Units&rdquo;) to house prisoners when the general area of the prison was full.</p>
<p>In addition to this, the study found that although there were less drugs and less incidents of sexual misconduct, there were considerably more security incidents in private prisons: 9 times more (partial or full) lockdowns, 28% more inmate-oninmate assaults, and more than half more inmate-on-staff assaults. Moreover, 8 times more cellphones were confiscated&mdash;with which inmates could potentially continue their criminal activities from prison.</p>
<p><strong>Limited scope, but still important </strong><br>
As a consequence of these findings, the DOJ instructed its employees to either decline the renewal of contracts with private prison corporations, &ldquo;or substantially reduce [their] scope.&rdquo; Nevertheless, this decision does not necessarily mean the end for private prisons in the United States. In fact, the DOJ&rsquo;s decision only affects the <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">13</a> private <a href="https://www.oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank">prisons contracted by the Bureau of Prisons </a>(BOP). Why is that?</p>
<p>In the first place, because the DOJ&rsquo;s memo only binds its own institution. Private prisons contracted by the BOP house only <a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank">8% of the total U.S. prison population</a>. The memo does not oblige state or local authorities to stop using private prisons, and DOJ&rsquo;s decision does not impact another major user of private prisons: the Department of Homeland Security (DHS), which is in charge of detention centers for undocumented migrants. <a href="http://grassrootsleadership.org/reports/payoff-how-congress-ensures-private-prison-profit-immigrant-detention-quota#1-keyfindings" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Some 62% of those beds are managed by private prison corporations</a>, and DHS not seem to want to stop this practice: it recently signed a <a href="https://www.washingtonpost.com/business/economy/inside-the-administrations-1-billion-deal-to-detain-central-american-asylum-seekers/2016/08/14/e47f1960-5819-11e6-9aee-8075993d73a2_story.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">(questioned and questionable) one billion dollar, four-year contract</a> with a prison corporation to detain Central American asylum seekers.</p>
<p>Secondly, private corporations will remain active in other areas in the criminal justice system. In the operation of halfway houses (that were <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">explicitly exempted from the DOJ memo</a>) and in <a href="https://utep.influuent.utsystem.edu/en/publications/standards-in-the-privatization-of-probation-services-a-statutory-" rel="noopener noreferrer" target="_blank">probation services</a>, for example.</p>
<p>Nevertheless, the DOJ&rsquo;s decision to end its use of private prisons is important, both for its moral value and for the reasoning it used to arrive at its decision. That is, if the Department of Justice concluded after a thorough review that private prisons<a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> &ldquo;simply do not provide the same level of correctional services, programs, and resources; they do not save substantially on costs; and (&hellip;) do not maintain the same level of safety and security&rdquo; </a>as public prisons, then how do the Department of Homeland Security and state and local government defend the continued use of private prisons?</p>
<div>
<h6>Related Links</h6>
<ul>
<li><a href="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2016/08/Una-explicacio%CC%81n-de-la-decisio%CC%81n-del-Departamento-de-Justicia-de-EEUU-de-terminar-su-uso-de-ca%CC%81rceles-privadas-nocontact.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Para leer en espa&ntilde;ol, clic: &ldquo;Una explicaci&oacute;n de la decisi&oacute;n del Departamento de Justicia de EEUU de terminar su uso de c&aacute;rceles privadas&rdquo;</a></li>
</ul>
</div>
<p><!-- .related-anchors --></p>
<p><strong>Lessons for Latin American authorities </strong><br>
On top of this, the<a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> DOJ report</a> identified a number of specific weaknesses and lessons learned. It would be highly advisable that Latin American authorities take heed.</p>
<p>First of all, the report identified numerous rights violations and security risks. Perhaps the report&acute;s most important lesson is that it is essential that prisons are actively supervised and monitored&mdash;both public and private ones. In this regard, it is relevant to note that <a href="https://www.prisonlegalnews.org/news/2014/oct/10/how-courts-view-aca-accreditation/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">U.S. courts do not accept the ACA (American Corrections Association) certification as evidence that prisons comply with constitutional norms. </a>This underscores the importance of active monitoring.</p>
<p>Secondly, transparency is of fundamental importance. One needs to be able to consult the contents of contracts signed with private corporations to verify whether the obligations undertaken are effectively met, as well as to supervise how funds are spent. These principles also apply to State-run prisons.</p>
<p>Lastly, there are a number of questions that Latin-American authorities who call for the privatization of prisons should answer. If after more than two decades of experience with privatized prisons in the United States, authorities have concluded that it is better to end this practice, is it wise to move forward with this elsewhere? Would public funds not be put to better use if they would be used to strengthen the State and its prison system, instead of financing corporate profits?</p>]]></content>
	<updated>2016-08-19T15:42:00+00:00</updated>
	<author><name>Mirte Postema</name></author>
	<source>
		<id>https://law.stanford.edu/blog/human-rights-center/</id>
		<link rel="self" href="https://law.stanford.edu/blog/human-rights-center/"/>
		<updated>2016-08-19T15:42:00+00:00</updated>
		<title>Human Rights Center - Stanford Law School</title></source>


</entry>

<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2024-07-04:/224631</id>
	<link href="https://law.stanford.edu/2015/10/08/the-refugee-crisis-in-europe-and-beyond-what-the-law-and-ethics-demand/" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">The Refugee Crisis in Europe and Beyond: What the Law and Ethics Demand</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>According to the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), more than 440,000 refugees h...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>According to the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), more than 440,000 refugees have entered Europe by sea this year. Nearly 3,000 of those have died or gone missing while trying to cross the Mediterranean. It is expected that these numbers will rise considerably in the coming months, and that close to one million refugees will try to enter Europe.</p>
<p>The current crisis seems to have taken the world by surprise, despite clear indications that it has been pending&mdash;if not full-blown&mdash;for years. Flight caused by wars, conflict, generalized violence, persecution, and human rights violations prompted an increase in the number of forcibly displaced to 59.5 million people, up from 51.2 million in 2013. Exacerbating this has been the intensification of the crises in Syria and Iraq. The civil war in Syria has been raging several years now, and the latest conflict in Iraq began with the U.S. invasion in 2003, ebbing at times, but never ceasing entirely. While most of those affected by the resulting violence have sought refuge in neighboring countries, increasing numbers of people are now fleeing through Turkey and into the European Union.</p>
<p>The largest numbers of refugees are arriving in Italy and Greece, both sizeable countries with long Mediterranean borders, that serve as entry points for travel to states with more robust economic conditions and flexible asylum policies, such as Germany. Many of those fleeing to Europe travel through Hungary, a Schengen country, from which there should be free movement to the other 25 Member States. However, Hungary has deployed its armed forces to control the borders, authorizing the use of rubber bullets, tear gas, and net guns. And Germany, despite announcing it would provide refugee to at least 800,000 people, has temporarily suspended its Schengen membership to re-introduce border checks. In the meantime, other Western countries such as the United States, Canada, and Australia, have provided a muted response at best, announcing plans to accept some 10,000 to 30,000 refugees each.</p>
<p>Are these responses in accordance with these countries&rsquo; international obligations? To answer that question, we turn to the relevant international legal standards. While international law creates clear state duties with respect to refugees and those fleeing situations of danger, it requires less with regard to those affected by economic hardship or crisis. Those in this condition may be termed migrants, although the term is often used as a catch-all to refer to any person who travels from one area to another, usually across borders. According to the 1951 United Nations Refugee Convention&mdash;to which the United States acceded in 1968 by ratifying its 1967 Protocol&mdash;a refugee is a person who is outside of his or her country of origin and is unable to return because of &ldquo;a well-founded fear of being persecuted for reasons of race, religion, nationality, membership of a particular social group or political opinion&rdquo;. The protections afforded to refugees under international law are, understandably, stronger than those provided to migrants (established, among other sources, by the 1990 International Convention on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Their Families).</p>
<p>In the current context of crisis, the most relevant duty that states owe those fleeing danger is that of non-<em>refoulement,</em> or non-return. Refugees (as defined by the Refugee Convention), but also others who might not fit that definition, benefit from the prohibition on <em>refoulement</em>. This means that they may not be returned to countries or areas in which their lives or freedom could be in danger. Today, some 84% of those reaching Europe come from the ten countries that produce the most refugees: Syria, Afghanistan, Somalia, Sudan, South Sudan, the Democratic Republic of the Congo, Myanmar, Central African Republic, Iraq, and Eritrea. In these countries, large areas are affected by war and severe civil strife. All this suggests&mdash;at least&mdash;that the protection against <em>refoulement</em> applies to a great percentage of those fleeing to Europe. Deportation without review of one&rsquo;s particular circumstances to assess the threat faced on return is inconsistent with international law.</p>
<p>In addition to protection from <em>refoulement</em>, the Refugee Convention requires that States provide refugees &ldquo;the most favorable treatment awarded to nationals of a foreign country in the same circumstances.&rdquo; This means that refugees should be allowed to engage in remunerated labor and be given access to housing, education, and public assistance (&lsquo;welfare&rsquo;). They should also be given equal access to the courts and cannot be subject to duties, taxes or levies that do not apply to nationals in similar situations.</p>
<p>These principles constitute minimums required by international law. At the very least, refugees should be provided shelter&mdash;especially relevant now that winter is approaching&mdash;and be afforded the possibility to work and educate themselves. Beyond that, it could also be argued that western nations have both a legal and moral responsibility to provide for those who are fleeing countries that their actions (and omissions) have destabilized, such as Syria, Iraq and Afghanistan. According to that reasoning, apart from receiving more refugees from those countries, western nations could, for example, be more active in creating the conditions for people to prosper in their home States by pushing for a cessation to hostilities.</p>
<p>At the moment, we are observing wholesale failure to comply with the minimum requirements imposed by international law and ethical decency: mass arrests, prosecutions of asylum seekers, border closings and a steady stream of preventable deaths are the most obvious signs of this failure. But these are symptoms of a larger, structural problem, or, better stated, a larger confluence of structural problems. For States in Europe to meet their obligations, they must respond to the current crisis with a coordinated humanitarian response. The elements of this response may be beginning to take shape&mdash;a European Union agreement to distribute the burden of refugees among European States is a start. Increasing levels of refugee resettlement by states in other parts of the world will also help.</p>
<p>As things stand, though, the collective response across Europe and beyond has largely failed to respect existing legal norms. It has been even more distant from standards of human decency and compassion. While Europe, and other states must follow the law on this issue, we would all be well-served instead the guidelines were driven by ethical standards. In reflecting on the immigration and refugee crises on both sides of the Atlantic, the Pope, in a historic speech to a joint session of Congress on Thursday, urged authorities to respond &ldquo;in a way which is humane, just and fraternal.&rdquo; If we can follow that standard here and in Europe, legal compliance will no doubt follow.</p>
<p><em>A slightly modified version of this article was featured in the Daily Journal on September 28, 2015.</em></p>]]></content>
	<updated>2015-10-08T22:57:36+00:00</updated>
	<author><name>James Cavallaro</name></author>
	<source>
		<id>https://law.stanford.edu/blog/human-rights-center/</id>
		<link rel="self" href="https://law.stanford.edu/blog/human-rights-center/"/>
		<updated>2015-10-08T22:57:36+00:00</updated>
		<title>Human Rights Center - Stanford Law School</title></source>

	<category term="european union"/>

	<category term="refoulement"/>

	<category term="refugee crisis"/>

	<category term="syria"/>

	<category term="united nations"/>


</entry>


</feed>
<!-- vim:ft=xml
	  -->
