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<title>FID Recht - Menschenrechte</title>
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	<title type="html">Le Fact Checking de LLC : Le Président Macron ignore-t-il tout du droit des manifestations ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La d&eacute;claration faite aujourd'hui m&ecirc;me, 22 octobre 2026, par le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Emmanuel ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjneY4MQDkaS1yqqqgGSKjTDh_gLZnyjuiUSKtYal6IsWmJEL6gKmdQy2BhhMBZqVDZ9oJH0j3hvaSMnWcxnWoVKdSPdcXEWJ0nVAoQ7STmbIFtOqKCCEHMz4xBCKKWiO7M4IH5kdH5sg0ptFSE4fb9-XKMireXmFI14IoWhfRknrxKEoE5_jaqTrnXGOs/s261/Elyse%CC%81e@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjneY4MQDkaS1yqqqgGSKjTDh_gLZnyjuiUSKtYal6IsWmJEL6gKmdQy2BhhMBZqVDZ9oJH0j3hvaSMnWcxnWoVKdSPdcXEWJ0nVAoQ7STmbIFtOqKCCEHMz4xBCKKWiO7M4IH5kdH5sg0ptFSE4fb9-XKMireXmFI14IoWhfRknrxKEoE5_jaqTrnXGOs/w197-h146/Elyse%CC%81e@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div>La <a href="https://www.boursedirect.com/fr/actualites/categorie/politique/seules-les-manifestations-organisees-a-la-demande-des-syndicats-seront-autorisees-samedi-assure-macron-afp-a9f354d908cc0c56c2eeecdd5531d06be6b03f09?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;claration faite aujourd'hui m&ecirc;me, 22 octobre 2026, par le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique</a>, Emmanuel Macron, ne peuvent manquer de surprendre quiconque conna&icirc;t, ne serait-ce qu'un peu, le droit des manifestations. Certes, on peut comprendre que le Pr&eacute;sident souhaite &eacute;viter que la journ&eacute;e de mobilisation du 24 octobre donne lieu &agrave; des violences comparables &agrave; celles qui ont marqu&eacute; la manifestation du 17 octobre. Il annonce donc que les "<i>demandes de manifestations</i>" pr&eacute;sent&eacute;es par des personnes "<i>n'ayant aucune l&eacute;gitimit&eacute; pour cela</i>" seront &eacute;cart&eacute;es. En ce qui concerne les syndicats, des itin&eacute;raires alternatifs seront propos&eacute;s. Pour les autres organisations, "<i>partout o&ugrave; on le peut, on interdir</i>a". On se demande si le Pr&eacute;sident a fait relire le texte de cette d&eacute;claration par un juriste... ou pas.</div><p></p><p><br></p><h3><span>Une libert&eacute; hybride</span></h3><p><br></p><p>La r&eacute;f&eacute;rence aux "<i>demandes de manifestation</i>" est claire, du moins en apparence. Aux yeux du Pr&eacute;sident, on doit faire une "<i>demande</i>" pour pouvoir manifester. En employant ce terme, il consid&egrave;re implicitement le r&eacute;gime de la libert&eacute; de manifester comme un r&eacute;gime d'autorisation. Or c'est enti&egrave;rement faux.</p><p>En France, la libert&eacute; de manifestation ne figure pas dans les textes constitutionnels. Le Conseil constitutionnel, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1995/94352DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 18 janvier 1995</a> la consid&egrave;re toutefois comme un &eacute;l&eacute;ment "du droit d'expression collective des id&eacute;es et des opinions", c'est-&agrave;-dire une facette de la libert&eacute; d'expression. En droit de la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme, elle est plut&ocirc;t rattach&eacute;e &agrave; la libert&eacute; de r&eacute;union, &eacute;galement garantie par l'article 11. Dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-91046" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Women on Wave c. Portugal </i>du 3 f&eacute;vrier 2009</a>, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) reconna&icirc;t que, dans le domaine particulier des manifestations, les libert&eacute;s d'expression et de r&eacute;union sont difficilement s&eacute;parables. La libert&eacute; de manifestation est donc une libert&eacute; de nature hybride, prot&eacute;g&eacute;e tant&ocirc;t sur le fondement de la libert&eacute; d'expression, tant&ocirc;t sur celui de la r&eacute;union.</p><p>Cette particularit&eacute; est sans cons&eacute;quence sur son r&eacute;gime juridique qui repose sur un syst&egrave;me d&eacute;claratoire, et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que semble ignorer le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.</p><p><br></p><div></div><br><p><span>Macron l&acirc;che rien. Les Goguettes. 2023</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La contrainte du r&eacute;gime d&eacute;claratoire</span></h3><p><br></p><p>La manifestation sur la voie publique est soumise &agrave; une d&eacute;claration pr&eacute;alable et non pas &agrave; une autorisation. La distinction n'est pas simplement terminologique, elle est fondamentale. Dans un r&eacute;gime d&eacute;claratoire, la libert&eacute; est le principe et l'interdiction l'exception, tandis que dans un r&eacute;gime d'autorisation, l'exercice de la libert&eacute; est subordonn&eacute; &agrave; une d&eacute;cision favorable de l'administration.&nbsp;</p><p>Issu du <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000294755/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret loi du 23 octobre 1935</a>, le r&eacute;gime d&eacute;claratoire actuel est organis&eacute; par les <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025505133/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">articles L211- 1 et suivants du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> (csi). Tout rassemblement est donc soumis &agrave; une d&eacute;claration des organisateurs, formul&eacute;e entre 3 et 15 jours avant sa date pr&eacute;vue, aupr&egrave;s du maire ou du pr&eacute;fet, ou encore aupr&egrave;s du pr&eacute;fet de police &agrave; Paris. Elle comporte l'identit&eacute; des organisateurs, son objet et l'itin&eacute;raire pr&eacute;vu. Il ne s'agit en aucun cas d'une "demande" comme l'affirme Emmanuel Macron. En effet l'administration est, en principe, simplement inform&eacute;e de l'&eacute;v&egrave;nement dans le but d'assurer l'ordre public. Elle d&eacute;livre un r&eacute;c&eacute;piss&eacute; qui n'est pas une autorisation.</p><p>Bien entendu, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025505140" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article L 211-4 du m&ecirc;me code</a> permet &agrave; l'autorit&eacute; administrative d'interdire la manifestation si elle estime que le risque d'atteindre &agrave; l'ordre public est si &eacute;lev&eacute; que les forces dont elle dispose ne permettent pas de le garantir. Mais cette possibilit&eacute; d'interdiction n'a pas pour effet de transformer la d&eacute;claration en demande d'autorisation.</p><p>La jurisprudence appr&eacute;cie ainsi avec rigueur la proportionnalit&eacute; d'une &eacute;ventuelle interdiction au regard de la menace que repr&eacute;sente le rassemblement pour l'ordre public, refusant ainsi de reconna&icirc;tre &agrave; l'administration un pouvoir discr&eacute;tionnaire dans ce domaine. Le Conseil constitutionnel, dans sa <a href="https://qpc360.conseil-constitutionnel.fr/commentaire-decision-2019-780-dc" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 4 avril 2019</a>, censure ainsi une disposition pr&eacute;voyant une interdiction individuelle de manifester prononc&eacute;e par l'administration. Il rappelle alors que le droit de manifester ne peut subir que des atteintes n&eacute;cessaires, adapt&eacute;es et proportionn&eacute;es. Autrement dit, une interdiction absolue visant une personne est n&eacute;cessairement disproportionn&eacute;e. Le Conseil d'&Eacute;tat reprend ce principe en affirmant que la libert&eacute; de manifestation est une libert&eacute; fondamentale susceptible de donner lieu &agrave; un r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute;. Il en d&eacute;duit, dans une <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2022-02-12/461417" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 12 f&eacute;vrier 2022,</a> que l'interdiction ne peut intervenir qu'en dernier recours, lorsqu'aucune autre mesure de police ne peut &ecirc;tre utilis&eacute;e. Dans sa <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2023-12-04/487984" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 4 d&eacute;cembre 2023</a>, il pr&eacute;cise que l'administration est tenue d'envisager des mesures moins restrictives avant de prononcer l'interdiction, et elle doit pouvoir le d&eacute;montrer &agrave; l'audience.</p><p>Le d&eacute;faut de d&eacute;claration lui-m&ecirc;me ne saurait justifier l'interdiction. Ce principe a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement d&eacute;velopp&eacute; par la CEDH. Dans son arr&ecirc;t <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-78329" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Oya Ataman c. Turquie</i> du 5 d&eacute;cembre 2006</a>, elle constate une violation de l'article 11 de la Convention du fait de la dispersion tr&egrave;s rapide d'une manifestation non d&eacute;clar&eacute;e, mais totalement pacifique. Dans ce cas, dit-elle, les autorit&eacute;s doivent faire preuve d'une certaine tol&eacute;rance. D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, et l<a href="https://juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20070717-2569104" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'arr&ecirc;t <i>Bukta et a. c. Hongrie</i> le confirme le 7 juillet 2007</a>, le d&eacute;faut de d&eacute;claration ne peut, en tant que tel, justifier une interdiction. L'absence de d&eacute;claration n'entraine donc pas la disparition du droit de manifester, m&ecirc;me si les organisateurs peuvent &ecirc;tre poursuivis sur le fondement de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006418472" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 431-9 du code p&eacute;nal</a>. Les participants, eux, ne commettent aucune infraction.</p><p><br></p><h3><span>La "l&eacute;gitimit&eacute;" des organisateurs,&nbsp;</span></h3><h3><span>un crit&egrave;re &eacute;tranger au droit des manifestations</span></h3><p><br></p><p>Non satisfait d'avoir pr&eacute;sent&eacute; le r&eacute;gime d&eacute;claratoire comme un r&eacute;gime d'autorisation, le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique pers&eacute;v&egrave;re dans le contresens, en affirmant l'existence d'un crit&egrave;re de l&eacute;gitimit&eacute; des organisateurs. Il affirme en effet que seront &eacute;cart&eacute;es les "demandes" formul&eacute;es par des personnes "<i>n'ayant aucune l&eacute;gitimit&eacute; pour cela</i>". De la suite du discours, il semble que, &agrave; ses yeux, une organisation "l&eacute;gitime" est une organisation syndicale.&nbsp;</p><p>Il s'agit l&agrave; d'une pure invention, car on ne trouve aucune r&eacute;f&eacute;rence &agrave; ce type de crit&egrave;re dans le droit des manifestations. Aucune disposition ne r&eacute;serve le droit de manifester aux personnes ou organisations b&eacute;n&eacute;ficiant d'une reconnaissance particuli&egrave;re. Certes, il existe <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000019353505" target="_blank" rel="noopener noreferrer">une notion de repr&eacute;sentativit&eacute; syndicale en droit du travail</a>, mais son champ d'application se limite aux relations professionnelles. Elle n'a aucun effet dans le droit des manifestations.</p><p>En affirmant la l&eacute;gitimit&eacute; des seuls syndicats, le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique semble estimer qu'ils auraient une sorte du monopole du droit de manifester. C'est grossi&egrave;rement contraire &agrave; l'article 11 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme qui affirme clairement que la libert&eacute; de r&eacute;union pacifique appartient &agrave; "<i>toute personne</i>". Dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-62231" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Ezelin c. France </i>du 26 avril 1991</a>, la Cour affirme que le droit de manifester est une libert&eacute; individuelle exerc&eacute;e collectivement, et non une pr&eacute;rogative accord&eacute;e &agrave; des organisations.</p><p>Le pluralisme d&eacute;mocratique exige pr&eacute;cis&eacute;ment que cette libert&eacute; puisse &ecirc;tre exerc&eacute;e aussi par des mouvements minoritaires ou d&eacute;pourvus de toute reconnaissance institutionnelle. Un groupement de fait peut donc organiser une manifestation. Dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000045184698/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 12 f&eacute;vrier 2022</a>, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat examine ainsi l'interdiction du "convoi de la libert&eacute;", mouvement qui se proposait &agrave; la fois de faire baisser le prix de l'essence et supprimer le pass vaccinal durant l'&eacute;pid&eacute;mie de Covid. Cette mobilisation rassemblait diff&eacute;rents groupes, n&eacute;buleuse informelle et peu coordonn&eacute;e, cr&eacute;&eacute;e essentiellement sur les r&eacute;seaux sociaux. Or le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s ne valide pas l'interdiction en se fondant sur l'absence d'organisation des manifestants, mais en invoquant seulement le danger pour la circulation dans Paris, les manifestants se proposant de bloquer certains sites. Ce n'est pas la libert&eacute; de manifestation qui est atteinte, mais la libert&eacute; de manifester en voiture.&nbsp;</p><p>Le seul crit&egrave;re de l'interdiction est et demeure l'atteinte &agrave; l'ordre public. Tout r&eacute;cemment encore, le <a href="https://justice.pappers.fr/decision/8134b0ed8aaeceae99292bf75cf18e3d65fc3421" target="_blank" rel="noopener noreferrer">juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de N&icirc;mes, le 25 septembre 2026,</a> consid&egrave;re que le fait qu'un organisateur de manifestation ait &eacute;t&eacute; le fondateur et le porte-parole d'une organisation aujourd'hui dissoute ne suffit pas justifier l'interdiction d'une manifestation, car il ne permet pas de caract&eacute;riser l'atteinte &agrave; l'ordre public.</p><p>Surtout, avant d'envisager que le droit de manifester soit r&eacute;serv&eacute; aux syndicats, aurait sans doute d&ucirc; consulter l'arr&ecirc;t du <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2023/10/manifestations-pro-palestiniennes-un.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil d'&Eacute;tat <i>Comit&eacute; Action Palestine</i> du 27 octobre 2023</a>. Il &eacute;tait alors saisi d'un t&eacute;l&eacute;gramme du ministre de l'Int&eacute;rieur appelant les pr&eacute;fets &agrave; interdire toutes les manifestations pro-palestiniennes. Mais le Conseil d'&Eacute;tat &eacute;carte ce type d'interdiction par cat&eacute;gorie, qu'il s'agisse de cat&eacute;gorie de groupements ou de mots d'ordre. Certes, il n'annule pas le t&eacute;l&eacute;gramme qu'il requalifie en instruction, mais il en siphonne le contenu. il feint de croire que ce texte se bornait &agrave; ordonner au pr&eacute;fet de prendre des d&eacute;cisions concernant une seule manifestation, et au seul regard du trouble &agrave; l'ordre public qu'elle risquait d'engendrer. Autrement dit, le Conseil d'&Eacute;tat renvoyait le ministre au respect du droit positif.</p><p>Il est clair qu'une instruction ordonnant aux pr&eacute;fets d'interdire toutes les manifestations qui ne seraient pas organis&eacute;es par des syndicats serait tr&egrave;s probablement censur&eacute;e. Le <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-11-08/475734" target="_blank" rel="noopener noreferrer">pr&eacute;c&eacute;dent du 8 novembre 2024</a> est &eacute;clairant. Le Conseil d'Etat annule alors une circulaire de mai 2023 ordonnant aux pr&eacute;fets d'interdire toutes les manifestations de "l'ultra-droite". Qu'il s'agisse de priver certaines organisations du droit de manifester ou de limiter ce droit &agrave; certaines organisations, le probl&egrave;me juridique est le m&ecirc;me. Le droit de manifester appartient &agrave; "toute personne" et il ne supporte donc aucune rupture d'&eacute;galit&eacute;. L'interdiction ne peut &ecirc;tre prononc&eacute;e que si l'autorit&eacute; administrative est en mesure de prouver sa n&eacute;cessit&eacute;, au regard des exigences de l'ordre public.</p><p>Ces &eacute;l&eacute;ments ne sont, dans le fond, qu'un simple rappel de cours sur la libert&eacute; de manifester. Le plus surprenant est sans doute que le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique semble ignorer les &eacute;l&eacute;ments les plus fondamentaux de ce r&eacute;gime juridique. "<i>Partout o&ugrave; on le peut, on interdira</i>", dit-il. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, il ne peut pas. Ajoutons d'ailleurs qu'il n'aurait m&ecirc;me pas d&ucirc; intervenir sur cette question. En effet, l'interdiction d'une manifestation rel&egrave;ve du pouvoir r&eacute;glementaire, et donc de la comp&eacute;tence du Premier ministre. Le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique a-t-il seulement lu la Constitution ? En tout cas, il semble que le Premier ministre accepte volontiers d'&ecirc;tre dessaisi de ses comp&eacute;tences. C'est dommage, car il a peut-&ecirc;tre quelques lumi&egrave;res sur le droit des manifestations.</p><p><br></p><p></p><div><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>La libert&eacute; de manifestation </span></b><span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span face="-webkit-standard"><span><span> </span></span>: chapitre 12 section 1 &sect; 2 </span><span>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</span></span></div><div><br></div><div><br></div><p></p>]]></content>
	<updated>2026-10-22T17:32:01+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">L&#039;obligation de réserve de Richard Ferrand</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans une interview accord&eacute;e &agrave; Laurent Neumann au Club des Juristes le 9 octobre 2026, Richard Ferran...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj7vwWYn7bomqYkXNn1nl6y3OBfue4izzB7xH2B2aKYFWYbWL4syMkxiYO-31umk6TzAhB8ubXcxtRGRi3vKY43tG2oZuXyFCOiNgzNU6-MI6RBg13S75a3W1RImKAK1E-cMaBS43erqCcD9-URpMioeXqe4ktAKBuuQ0L-n1BK9bfR1XOvpGCp3_UypI8/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj7vwWYn7bomqYkXNn1nl6y3OBfue4izzB7xH2B2aKYFWYbWL4syMkxiYO-31umk6TzAhB8ubXcxtRGRi3vKY43tG2oZuXyFCOiNgzNU6-MI6RBg13S75a3W1RImKAK1E-cMaBS43erqCcD9-URpMioeXqe4ktAKBuuQ0L-n1BK9bfR1XOvpGCp3_UypI8/s1600/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Dans une<a href="https://www.youtube.com/watch?v=KYJHbWWSims" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> interview accord&eacute;e &agrave; <i>Laurent Neumann</i> au <i>Club des Jurist</i>es le 9 octobre 2026</a>, Richard Ferrand, pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, &eacute;carte avec vigueur la possibilit&eacute; de r&eacute;viser la Constitution en utilisant le r&eacute;f&eacute;rendum de l'article 11. Sous-titr&eacute; "<i>L'&Eacute;tat de droit menac&eacute;</i>", l'intervention vise &agrave; s'opposer aux propos de Marine Le Pen qui annonce son intention, si elle est &eacute;lue Pr&eacute;sidente de la R&eacute;publique, de recourir &agrave; l'article 11 pour organiser un r&eacute;f&eacute;rendum sur la pr&eacute;f&eacute;rence nationale et l'immigration. Sur le fond le pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel reprend l'analyse traditionnelle qui consid&egrave;re que l'article 89 est la seule voie de droit ouverte pour r&eacute;viser la Constitution. En effet, le titre XVI intitul&eacute; "De la r&eacute;vision" ne comporte que cet article unique.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Mais on le sait, le G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle a utilis&eacute; &agrave; deux reprises l'article 11 en 1962 et en 1969. Le r&eacute;f&eacute;rendum de 1962 a &eacute;t&eacute; un succ&egrave;s et l'&eacute;lection du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique au suffrage universel a &eacute;t&eacute; int&eacute;gr&eacute; dans la Constitution avec 62, 25 %. En revanche, celui de 1969 sur la r&eacute;forme du S&eacute;nat et la r&eacute;gionalisation a &eacute;t&eacute; un &eacute;chec. La r&eacute;vision a &eacute;t&eacute; rejet&eacute;e par 52, 41 % des &eacute;lecteurs, r&eacute;sultat qui a suscit&eacute; la d&eacute;mission du G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle. Depuis cette date, beaucoup ont consid&eacute;r&eacute; que l'article 11 constituait une alternative &agrave; l'article 89, alternative valid&eacute;e par le peuple souverain lors du r&eacute;f&eacute;rendum de 1962. C'est le cas de <a href="https://revue-pouvoirs.fr/wp-content/uploads/pdfs_articles/Pouvoirs45_p131-139_InterviewMitterrand.pdf?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Fran&ccedil;ois Mitterrand, Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, qui d&eacute;clarait lors d'une interview dans la Revue <i>Pouvoirs</i></a> : "<i>L'usage &eacute;tabli et approuv&eacute; par le peuple peut d&eacute;sormais &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme l'une des voies de la r&eacute;vision, concurremment avec l'article 89"</i>. Dans un <a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1991/12/05/la-reforme-des-institutions-vue-par-georges-vedel-et-olivier-duhamel-rendre-un-espace-au-parlement-retrouver-un-rythme-democratique_4027298_1819218.html?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">entretien au <i>Monde</i> le 5 d&eacute;cembre 1991,</a> Georges Vedel qualifiait le recours &agrave; l'article 11 comme une coutume constitutionnelle et d&eacute;clarait "<i>qu'il est aujourd'hu<a href="https://sup.sorbonne-universite.fr/catalogue/poche/les-essais-de-la-sorbonne/les-aventures-constitutionnelles-de-la-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer">i utilisable</a></i><a href="https://sup.sorbonne-universite.fr/catalogue/poche/les-essais-de-la-sorbonne/les-aventures-constitutionnelles-de-la-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer">". Plus proche de nous en 2020, </a>Serge Sur, dans "<i>Les aventures constitutionnelles de la France" ajoute "qu'il n'y a rien de choquant, du point de vue des institutions, comme de celui de la d&eacute;mocratie, &agrave; ce que l'on applique pour modifier la Constitution la m&ecirc;me proc&eacute;dure que celle qui a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e pour son adoption initiale (...) C'est le peuple qui est souverain, pas la Constitution</i>" (p. 382).</span></p><p><span>Richard Ferrand &eacute;carte ces arguments en affirmant que le second r&eacute;f&eacute;rendum, celui de 1969, a &eacute;t&eacute; &eacute;chec. C'est parfaitement exact, mais il confond la proc&eacute;dure et le r&eacute;sultat. Autrement dit, ce n'est pas parce que le r&eacute;f&eacute;rendum a &eacute;chou&eacute; que la proc&eacute;dure &eacute;tait irr&eacute;guli&egrave;re. Il ajoute enfin : "<i>N'est pas de Gaulle qui veut</i>", exclamation de nature purement politique, qui n'ajoute rien au d&eacute;bat juridique.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;bat sur l'article 11</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1962/6220DC.htm?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 6 novembre 1962,</a> le Conseil constitutionnel se d&eacute;clare incomp&eacute;tent pour appr&eacute;cier la conformit&eacute; &agrave; la Constitution d'une loi adopt&eacute;e par la voie r&eacute;f&eacute;rendaire qui "<i>constitue l'expression directe de la souverainet&eacute; nationale</i>". Certes, la d&eacute;cision ne valide pas, en tant que tel, le recours au r&eacute;f&eacute;rendum pour r&eacute;viser la Constitution, mais elle insiste sur le caract&egrave;re incontestable d'un texte adopt&eacute; par le peuple, c'est-&agrave;-dire le constituant. Plus tard, le <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2000/200021REF.htm?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">25 juillet 2000, dans la d&eacute;cision <i>Hauchemaille</i>,</a> le Conseil se reconna&icirc;t cette fois comp&eacute;tent pour contr&ocirc;ler les actes pr&eacute;paratoires au r&eacute;f&eacute;rendum. Mais rien ne dit que ce contr&ocirc;le du d&eacute;cret de convocation des &eacute;lecteurs pourrait conduire &agrave; une censure au motif que le r&eacute;f&eacute;rendum serait d&eacute;cid&eacute; sur le fondement d'une proc&eacute;dure jug&eacute;e irr&eacute;guli&egrave;re ? Aujourd'hui, rien ne permet de se prononcer et la certitude affect&eacute;e par Richard Ferrand surprend un peu. La doctrine se montre plus divis&eacute;e. <a href="https://www.leclubdesjuristes.com/droit/article-11-peut-on-vraiment-reviser-la-constitution-par-referendum-17913/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Anne Levade</i> d&eacute;fend le caract&egrave;re exclusif de l'article 89</a>, alors que <a href="https://www.actu-juridique.fr/constitutionnel/le-conseil-constitutionnel-est-il-competent-pour-juger-du-recours-au-referendum-de-larticle-11-pour-reviser-la-constitution/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Bertrand Mathieu</i> insiste sur le fait que la comp&eacute;tence du Conseil pour censurer les actes pr&eacute;paratoires n'implique pas n&eacute;cessairement celle de censurer le choix pr&eacute;sidentiel </a>de recourir &agrave; l'article 11.</span></p><p><span>A ce stade pourtant, le d&eacute;bat sur l'article 11 dispara&icirc;t derri&egrave;re un autre d&eacute;bat, celui qui porte sur l'obligation de r&eacute;serve du Pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel. Richard Ferrand pouvait-il prendre la parole publiquement sur un tel sujet ?</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjuDqS5x-G7VRYSpkhU6W9QnQ7W-1o17OoXsvUvxN0lqsbI7_X7QpNVQUl4bqA_gbdgF7IFzPQjf5HHaaPJ38vdVvrXKwW18gbJHdb4yvkGO-MZ8e8M6pS2F85UMYbH_w4ee7DqJXlIHWY7lKaTggr8DRi1u93T098Vll78d4bzG9Jn5D0sVaDvCPAQEUw/s4032/Conseil%20constitutionnel%20photo%20perso.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjuDqS5x-G7VRYSpkhU6W9QnQ7W-1o17OoXsvUvxN0lqsbI7_X7QpNVQUl4bqA_gbdgF7IFzPQjf5HHaaPJ38vdVvrXKwW18gbJHdb4yvkGO-MZ8e8M6pS2F85UMYbH_w4ee7DqJXlIHWY7lKaTggr8DRi1u93T098Vll78d4bzG9Jn5D0sVaDvCPAQEUw/w535-h402/Conseil%20constitutionnel%20photo%20perso.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>Collection particuli&egrave;re</span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'obligation de r&eacute;serve</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006529958?utm_source=chatgpt.com&amp;__cf_chl_rt_tk=FnG7S6aLZMEKs9qGw8807SkJ0Z_za.3fpLzaO7Lja3g-1792600514-1.0.1.1-MmEYr4V23valSuLPgmMzq1mXpBvTFgqWYk3reyg.i0c" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 3 de l'ordonnance du 7 novembre 1958</a> impose aux membres nomm&eacute;s du Conseil constitution de pr&ecirc;ter serment de remplir leurs fonctions avec impartialit&eacute; et de ne prendre aucune position publique sur les questions relevant de la comp&eacute;tence du Conseil. Le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000850747?utm_source=chatgpt.com&amp;__cf_chl_rt_tk=cu.SU0N25y_sNQZygsnCPwkWPDDv.9dRp5CFOXwAwBU-1792600836-1.0.1.1-1mQXB70RfGTlovHK9rVEhWCYU6CtseiVE2.XKLIrMgw" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 13 novembre 1959 </a>d&eacute;veloppe cette exigence est imposant aux membres de s'abstenir de tout comportement susceptible de compromettre l'ind&eacute;pendance et la dignit&eacute; de leurs fonctions. Son article 2, essentiel en l'esp&egrave;ce, leur interdit de prendre position sur des questions ayant fait ou &eacute;tant susceptibles de faire l'objet de d&eacute;cisions du Conseil. Ce texte a ainsi entendu emp&ecirc;cher des manifestations publiques qui pourraient &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;es comme une sorte de pr&eacute;-jugement, intervenant avant qu'une proc&eacute;dure soit engag&eacute;e.&nbsp;</span></p><p><span>Le pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, au regard de son statut, est un membre comme un autre, soumis aux m&ecirc;mes obligations et il ne b&eacute;n&eacute;ficie d'aucune d&eacute;rogation. Observons tout de m&ecirc;me que l'obligation de r&eacute;serve n'impose pas un silence absolu. Le pr&eacute;sident peut s'exprimer pour expliquer les d&eacute;cisions a posteriori, pr&eacute;senter des bilans d'activit&eacute;, voire formuler des propositions relatives au fonctionnement des institutions.</span></p><p><span>Dans le cas de Richard Ferrand, il pouvait sans nul doute expliquer la proc&eacute;dure de l'article 89 et la jurisprudence relative au r&eacute;f&eacute;rendum. En revanche, il franchit une limite lorsqu'il laisse entendre qu'une initiative fond&eacute;e sur l'article 11 serait censur&eacute;e par le Conseil, alors m&ecirc;me que la question n'a pas encore &eacute;t&eacute; jug&eacute;e. Dans l'interview qu'il a donn&eacute;e, r&eacute;pondant &agrave; une question sur le programme du RN, il &eacute;voque ainsi les moyens dont disposerait le Conseil constitutionnel pour y faire obstacle, sujet politique dans son essence m&ecirc;me. La formule "<i>N'est pas de Gaulle qui veut"</i> renforce &eacute;videmment le caract&egrave;re politique du propos.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les pr&eacute;c&eacute;dents</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On peut &eacute;videmment souligner que Richard Ferrand n'est pas le premier pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel &agrave; malmener son devoir de r&eacute;serve. Pierre Mazeaud, en janvier 2005, avait publiquement d&eacute;plor&eacute; la d&eacute;gradation de la qualit&eacute; de la loi lors de la pr&eacute;sentation des voeux au Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. En 2008, Jean-Louis Debr&eacute; avait d&eacute;clar&eacute; ne pas &ecirc;tre un admirateur de Nicolas Sarkozy. Plus tard, en 2014, il avait critiqu&eacute; les attaques de l'ancien pr&eacute;sident contre l'institution judiciaire. Sans doute, mais ces interventions traitaient des institutions, sans lien avec des proc&eacute;dures pass&eacute;es ou susceptibles d'intervenir devant le Conseil constitutionnel.</span></p><p><span>La question s'est pos&eacute;e avec davantage d'acuit&eacute; sous la pr&eacute;sidence de Laurent Fabius. Dans un <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/05/06/laurent-fabius-la-preference-nationale-appliquee-de-facon-systematique-est-contraire-a-la-constitution_6231839_823448.html?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">entretien au <i>Monde</i>, le 6 mai 2024,</a> il avait &eacute;t&eacute; interrog&eacute; sur le programme de pr&eacute;f&eacute;rence nationale du RN. Apr&egrave;s avoir dit qu'il ne lui appartenait pas de commenter le programme d'un parti, il a tout de m&ecirc;me affirm&eacute; que la pr&eacute;f&eacute;rence nationale, appliqu&eacute;e syst&eacute;matiquement, violait la Constitution. Les propos sont proches de ceux de Richard Ferrand. Mais on observe tout de m&ecirc;me que Laurent Fabius s'est plac&eacute; sur le terrain de la jurisprudence existante, alors que Richard Ferrand se r&eacute;f&egrave;re &agrave; la comp&eacute;tence du Conseil pour contr&ocirc;ler le d&eacute;cret de convocation, invoquant comme une sorte de menace, la possibilit&eacute; de le censurer sur le fondement du non respect de la proc&eacute;dure de r&eacute;vision.</span></p><p><span>Il reste tout de m&ecirc;me &agrave; se demander si la violation de son devoir de r&eacute;serve par Laurent Fabius peut servir &agrave; justifier celle commise par Richard Ferrand.</span></p><p><span>Aujourd'hui, la doctrine se divise largement sur ce point. Certains, comme <a href="https://questions-constitutionnelles.fr/richard-ferrand-a-t-il-manque-a-ses-obligations-deontologiques/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Philippe Blach&egrave;r sur le blog </a><i><a href="https://questions-constitutionnelles.fr/richard-ferrand-a-t-il-manque-a-ses-obligations-deontologiques/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Questions Constitutionnelles</a>,</i> estiment que l'interdiction de prendre publique position sur une question de droit ne saurait exister avant que la perspective d'une saisine du juge constitutionnel pr&eacute;sente un degr&eacute; suffisant de concr&eacute;tisation. L'argument permet sans doute d'exon&eacute;rer Richard Ferrand, mais il ajoute une condition que les textes ne pr&eacute;voient pas. Ni l'ordonnance de 1958, ni le d&eacute;cret de 1959 n'exigent qu'une proc&eacute;dure soit imminente ou que des actes pr&eacute;paratoires aient &eacute;t&eacute; pris. En revanche, l'auteur fait remarquer que Richard Ferrand n'a pas formellement annonc&eacute; une censure future, ce qui en effet relativise le manquement, sans le faire dispara&icirc;tre.</span></p><p><span>D'autres auteurs, comme <a href="https://www.actu-juridique.fr/constitutionnel/le-conseil-constitutionnel-est-il-competent-pour-juger-du-recours-au-referendum-de-larticle-11-pour-reviser-la-constitution/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Bertrand Mathieu</a>, insistent sur le fait que le Conseil pourrait &ecirc;tre appel&eacute; &agrave; statuer sur le d&eacute;cret de convocation. Il fait observer que l'avis d&eacute;favorable donn&eacute; &agrave; l'utilisation de l'article 11 n'&eacute;tait qu'un avis consultatif qui ne saurait faire jurisprudence. En pr&eacute;tendant &eacute;carter cette proc&eacute;dure, Richard Ferrand aurait donc pris position sur une position qui n'est pas encore tranch&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La question de la sanction</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Reste que, si l'on consid&egrave;re que le pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel a viol&eacute; son obligation de r&eacute;serve, il faut se poser la question de la sanction. Sur ce point, les responsables du RN se sont beaucoup agit&eacute;s pour rien. Ils ont en effet adress&eacute; une demande au "doyen" du Conseil constitutionnel demandant la d&eacute;mission d'office de Richard Ferrand.&nbsp;</span></p><p><span>Observons d'embl&eacute;e que le doyen du Conseil constitutionnel est simplement le plus &acirc;g&eacute; de ses membres, qui suppl&eacute;e le pr&eacute;sident en son absence. Mais il n'a pas d'autre fonction, et surtout pas celle d'engager une quelconque proc&eacute;dure disciplinaire.&nbsp;</span></p><p><span>Si un membre &agrave; manqu&eacute; &agrave; une de ses obligations, le Conseil peut certes constater sa d&eacute;mission d'office. A ce jour, il n'a jamais &eacute;t&eacute; n&eacute;cessaire de mener &agrave; terme cette proc&eacute;dure, la seule menace de l'engager suffisant &agrave; provoquer la d&eacute;mission de l'int&eacute;ress&eacute;. Roland Dumas, mis en examen dans l'affaire Elf, a ainsi d&eacute;missionn&eacute; en f&eacute;vrier 2000, menac&eacute; d'une d&eacute;mission d'office. Dans le cas de Michel Mercier, propos&eacute; au Conseil par le pr&eacute;sident du S&eacute;nat, au moment m&ecirc;me o&ugrave; la presse publiait des informations d&eacute;rangeantes sur l'emploi de membres de sa famille comme collaborateurs parlementaires, le Conseil s'est born&eacute; &agrave; publier un communiqu&eacute; tr&egrave;s concis sur l'existence de la d&eacute;mission d'office, provoquant le retrait imm&eacute;diat de l'int&eacute;ress&eacute;.</span></p><p><span>Cette comp&eacute;tence exclusive du Conseil a &eacute;t&eacute; rappel&eacute;e par une <a href="https://www.senat.fr/questions/base/2005/qSEQ050517612.html?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">r&eacute;ponse minist&eacute;rielle du 25 novembre 2006</a>, qui affirme que seuls ses membres peuvent appr&eacute;cier le respect de ses obligations d&eacute;ontologiques par l'un d'entre eux. De son c&ocirc;t&eacute;, le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000008180243?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil d'&Eacute;tat, dans une ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute; du 6 mai 2005</a>, se d&eacute;clare incomp&eacute;tent pour appr&eacute;cier la l&eacute;galit&eacute; de la d&eacute;cision de Simone Veil de se mettre en retrait du Conseil pour participer &agrave; la campagne du r&eacute;f&eacute;rendum sur le trait&eacute; &eacute;tablissant une constitution pour l'Europe. Le juge administratif affirmait, lui aussi, que le Conseil constitutionnel &eacute;tait seul juge du respect de leurs obligations par ses membres.</span></p><p><span>Le recours du RN est donc parfaitement inutile, du moins sur le plan juridique. Sans doute utilise-t-il cette proc&eacute;dure pour mobiliser un &eacute;lectorat d&eacute;j&agrave; largement hostile au Conseil plut&ocirc;t que pour obtenir une sanction contre Richard Ferrand.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La r&eacute;cusation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On peut se demander si, dans l'avenir, il ne devrait pas songer &agrave; utiliser la proc&eacute;dure de r&eacute;cusation lors d'une proc&eacute;dure ult&eacute;rieure. Pr&eacute;vue par le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/cons/id/CONSTEXT000045410366?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">r&egrave;glement int&eacute;rieur du 11 mars 2002, dans son article 15</a>, elle permet aux auteurs d'une saisine, ainsi qu'&agrave; certaines autorit&eacute;s de demander la r&eacute;cusation d'un membre du Conseil. Dans deux d&eacute;cisions du 14 ao&ucirc;t 2026, &agrave; propos de deux demandes de r&eacute;cusation de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054709039?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Laurence Vichnievsky</a> et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054709045?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Jacques M&eacute;zard</a>, qui ont d'ailleurs &eacute;t&eacute; rejet&eacute;es, le Conseil a pr&eacute;cis&eacute; les crit&egrave;res d'une &eacute;ventuelle r&eacute;cusation. Il distingue ainsi les opinions politiques exprim&eacute;es avant la nomination au Conseil qui ne sauraient justifier une r&eacute;cusation des appr&eacute;ciations faites pendant le mandat sur des dispositions susceptibles d'&ecirc;tre d&eacute;f&eacute;r&eacute;es au Conseil.&nbsp;</span></p><p><span>Cette d&eacute;cision est plut&ocirc;t embarrassante car pr&eacute;cis&eacute;ment Richard Ferrand a pris position, pendant son mandat, sur une proc&eacute;dure susceptible d'&ecirc;tre ensuite utilis&eacute;e par une Pr&eacute;sidente de la R&eacute;publique, et d&eacute;f&eacute;r&eacute;e au Conseil &agrave; travers le recours contre le d&eacute;cret de convocation des &eacute;lecteurs. Le pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel risquerait ainsi de devoir se d&eacute;porter dans une affaire sur laquelle il a eu la maladresse de se prononcer trop t&ocirc;t. Une situation in&eacute;dite.</span></p><p><br></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span><span>Le Conseil constitutionnel&nbsp;</span></span></b><span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span face="-webkit-standard"><span><span> </span></span>: chapitre 3 section 2</span></span></p>]]></content>
	<updated>2026-10-21T19:06:15+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Une cellule n&#039;est pas un domicile</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le domicile est g&eacute;n&eacute;ralement consid&eacute;r&eacute; comme l'abri de la vie priv&eacute;e, espace prot&eacute;g&eacute; des intrusions ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi08rGIFUws0-I13ZiO0EnDaeXmvtzQnRNKdL4wwvW0mWloedx_k4EGeAdDW15A0NZB3KG1Di47D0eCzQsOlWZ86Bp49XzNqwgiAVUJl-yKMSnLmeeChPqoRMQEU9c9oIQdsWKCXM8JzhJKlb1rBefwcQUqxH2moNuPvczIivM3e47YdqXi8IbpuD-NmXs/s407/prison.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi08rGIFUws0-I13ZiO0EnDaeXmvtzQnRNKdL4wwvW0mWloedx_k4EGeAdDW15A0NZB3KG1Di47D0eCzQsOlWZ86Bp49XzNqwgiAVUJl-yKMSnLmeeChPqoRMQEU9c9oIQdsWKCXM8JzhJKlb1rBefwcQUqxH2moNuPvczIivM3e47YdqXi8IbpuD-NmXs/w183-h134/prison.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le domicile est g&eacute;n&eacute;ralement consid&eacute;r&eacute; comme l'abri de la vie priv&eacute;e, espace prot&eacute;g&eacute; des intrusions des autorit&eacute;s publiques. Ce principe est &agrave; l'origine d'une l&eacute;gislation qui d&eacute;finit un cadre strict pour les perquisitions, l'intrusion dans le domicile priv&eacute; &eacute;tant alors, le plus souvent, limit&eacute;e &agrave; certaines heures.&nbsp;</div></span><p></p><p><span><span>L'<a href="https://www.courdecassation.fr/decision/6ac60641c27382d099f5573f?judilibre_juridiction=cc&amp;judilibre_chambre%5B%5D=cr&amp;previousdecisionpage=0&amp;previousdecisionindex=7&amp;nextdecisionpage=0&amp;nextdecisionindex=9" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t rendu par la chambre criminelle de la Cour de cassation le 7 octobre 2026</a> porte sur la fouille de la cellule d'une personne en d&eacute;tention provisoire, en ao&ucirc;t 2023. Elle a &eacute;t&eacute; demand&eacute;e par un juge d'instruction dans le cadre d'une information nouvelle pour assassinat en bande organis&eacute;e, l'int&eacute;ress&eacute; &eacute;tant soup&ccedil;onn&eacute; d'avoir commandit&eacute; cet assassinat&nbsp;depuis sa cellule.&nbsp;</span><span>Estimant que celle-ci est son domicile, il demande l'annulation de la proc&eacute;dure ainsi que de la saisie des supports informatiques &agrave; laquelle elle a donn&eacute; lieu.&nbsp;</span></span></p><p><span>La chambre criminelle &eacute;carte ce moyen et affirme que la cellule n'est pas un domicile, dans la mesure o&ugrave; la personne y "<i>est d&eacute;tenue sans son consentement</i>".</span></p><p><span>La solution semble simple et de bon sens. Mais en r&eacute;alit&eacute;, la jurisprudence op&egrave;re une distinction subtile. Si la cellule peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme espace d'intimit&eacute; elle ne saurait recevoir la qualification de domicile.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Espace d'intimit&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La notion de domicile d&eacute;passe largement la simple r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la r&eacute;sidence principale. Dans une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007060537/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 13 octobre 1982</a>, la chambre criminelle le d&eacute;finit comme le lieu o&ugrave; une personne a le droit de "se dire chez elle", quel que soit son titre d'occupation. Un appartement est ainsi le domicile du locataire qui l'habite et non du propri&eacute;taire qui le loue.</span></p><p><span>La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) ne raisonne pas autrement, estimant, dans l'arr&ecirc;t <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=002-8956" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Winterstein et a. c. France</i> du 17 octobre 2013</a>, que l'endroit o&ugrave; habite une personne prot&egrave;ge sa "<i>sph&egrave;re d'intimit&eacute;</i>", &agrave; condition que l'int&eacute;ress&eacute; ait avec lui des liens "<i>suffisants et continus</i>". Tel est le cas d'un terrain occup&eacute; de longue date par des gens du voyage, m&ecirc;me si cette occupation est illicite. Cette jurisprudence a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e par l'<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2022/12/levacuation-dun-camp-de-roms-devant-la.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Stefan Caldaras et Vasile Lupu c. France</i> du 10 d&eacute;cembre 2022</a>. Certes, la Cour d&eacute;clare irrecevable la requ&ecirc;te dirig&eacute;e contre l'&eacute;vacuation d'un camp Rom ill&eacute;gal, mais reconna&icirc;t que l'op&eacute;ration constitue une ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e et familiale. Celle-ci n'est pas excessive en l'esp&egrave;ce, car les autorit&eacute;s ont pr&eacute;vu le relogement des familles requ&eacute;rantes.</span></p><p><span>Sur le fondement de cette jurisprudence, il n'est pas surprenant que la CEDH ait consid&eacute;r&eacute;, dans un <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/le-monastere-domicile-de-la-religieuse.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">avis r&eacute;cent du 5 mais 2026 </a>que cellule d'une religieuse dans un monast&egrave;re &eacute;tait son domicile. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, la religieuse a choisi de demeurer dans un monast&egrave;re. Le prisonnier n'a pas choisi d'habiter en prison.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Choeur des prisonniers. Fidelio. Beethoven</span></div><p></p><p><span>Op&eacute;ra de Bergen. 2013</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La cellule n'est pas un domicile</span></h3><p><br></p><p><span>La chambre criminelle affirme donc que la cellule du d&eacute;tenu, y compris en d&eacute;tention provisoire, ne saurait &ecirc;tre qualifi&eacute;e de domicile. La solution n'est pas nouvelle, acquise d&egrave;s une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007539638/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision de la chambre criminelle&nbsp;du 18 octobre 1989,&nbsp;</a>faisant de l'absence de consentement un &eacute;l&eacute;ment d&eacute;cisif de ce refus.</span></p><p><span>La cons&eacute;quence est que la fouille de la cellule n'est pas une perquisition. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045480302/2023-12-01" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 225-4 du code p&eacute;nitentiaire</a> autorise ainsi les surveillants &agrave; fouiller les cellules pour y pr&eacute;server le bon ordre, assurer la s&eacute;curit&eacute; ou pr&eacute;venir les infractions. La chambre criminelle distingue clairement cette proc&eacute;dure de la perquisition, r&eacute;gie par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000022470065/2010-07-11" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 56 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a>. Dans un <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/69786dc5cdc6046d47d708e9" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 27 janvier 2026</a>, la Cour avait ainsi admis la fouille d'une cellule et la saisie purement administrative d'un t&eacute;l&eacute;phone, avant que celui-ci soit plac&eacute; sous scell&eacute;s par un officier de police judiciaire.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce toutefois, la fouille pr&eacute;sente la sp&eacute;cificit&eacute; d'avoir &eacute;t&eacute; demand&eacute;e par un juge d'instruction, dans le cadre d'une information pour assassinat en bande organis&eacute;e. Or qualifier une saisie d'administrative conduit &agrave; &eacute;carter certaines garanties pr&eacute;vues en mati&egrave;re de saisies judiciaires, notamment d'inventaire et de placement imm&eacute;diat sous scell&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>Certes, la saisie administrative est ensuite rattrap&eacute;e par la proc&eacute;dure judiciaire en faisant intervenir un officier de police judiciaire pour placer les saisies sous scell&eacute;s, mais cette pratique est-elle satisfaisante ? D'un c&ocirc;t&eacute;, on consid&egrave;re que la cellule n'est pas un domicile, et ne peut donner lieu &agrave; perquisition. De l'autre, on utilise une fouille administrative au coeur d'une proc&eacute;dure purement judiciaire.&nbsp;</span></p><p><span>Ne pourrait-on pas adapter &agrave; cette situation la jurisprudence relative &agrave; la fouille des v&eacute;hicules? On sait que, dans un <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/5ffc653f1a66d03ecfaa7cde" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 5 janvier 2021</a>, la chambre criminelle refuse de consid&eacute;rer le v&eacute;hicule comme un domicile. En revanche, dans une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000048990870?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 16 janvier 2024</a>, elle estime qu'une telle fouille doit &ecirc;tre assimil&eacute;e &agrave; une perquisition en raison de l'ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e qu'elle permet.&nbsp;</span></p><p><span>La d&eacute;cision du 7 octobre 2026 a sans doute permis de donner une solution satisfaisante pour la proc&eacute;dure en cours. Il &eacute;tait impensable que les actes du juge d'instruction soient consid&eacute;r&eacute;s comme entach&eacute;s de nullit&eacute; alors m&ecirc;me qu'il appliquait la jurisprudence de la chambre criminelle et qu'il n'avait pas d'autre solution pour proc&eacute;der &agrave; cette fouille. Mais il n'en demeure pas moins que faire de la fouille administrative un instrument de l'enqu&ecirc;te p&eacute;nale n'est pas une solution satisfaisante. Le l&eacute;gislateur pourrait peut-&ecirc;tre s'int&eacute;resser &agrave; cette question.</span></p><p><span><br></span></p><p><br></p><p></p><div><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span><span>La libert&eacute; du domicile et les perquisitions&nbsp;</span></span></b><span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span face="-webkit-standard"><span><span>&nbsp;</span></span>: chapitre 3 section 3 &sect; 2 B</span></span></div><span><div><br></div></span><p></p>]]></content>
	<updated>2026-10-17T18:04:41+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les Invités de LLC - Bruno Mathis :De l’EDI au « zéro papier », les chemins incertains de la dématérialisation judiciaire</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Bruno Mathis, chercheur associ&eacute; au laboratoire Chrome, Universit&eacute; de N&icirc;mes, a r&eacute;cemment soutenu une ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span>Bruno Mathis, chercheur associ&eacute; au laboratoire Chrome, Universit&eacute; de N&icirc;mes, a r&eacute;cemment soutenu une th&egrave;se intitul&eacute;e : "La laborieuse transformation num&eacute;rique de la Justice. L'informatique judiciaire en France, de 1967 &agrave; nos jours".</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><br></p><br><h2><span><span>Bruno Mathis</span></span></h2><h2><div><span>De l&rsquo;EDI au &laquo; z&eacute;ro papier &raquo;</span></div><span><span><br></span></span></h2><h2><span>Les chemins incertains de la d&eacute;mat&eacute;rialisation judiciaire</span></h2><p><span><br></span></p><p></p><p><span><br></span></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div><br></div><div>Le 23 juin dernier, le garde des sceaux, G&eacute;rald Darmanin, insiste, dans une interview sur France Info, sur la n&eacute;cessit&eacute; de combler le retard num&eacute;rique du minist&egrave;re. Il fixe un objectif de &laquo; <i>z&eacute;ro papier </i>&raquo; dans un d&eacute;lai de six mois, et explique : &laquo;<i> On va tout scanner </i>&raquo;.</div> <div><br></div><div>Puisque, &agrave; travers l&rsquo;&eacute;limination du papier, c&rsquo;est la d&eacute;mat&eacute;rialisation qui est l&rsquo;enjeu, reprenons le chemin que le minist&egrave;re a d&eacute;j&agrave; parcouru sur ce sujet.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, les auxiliaires de justice font pression sur le minist&egrave;re de la Justice afin qu&rsquo;il engage avec eux une modernisation des &eacute;changes. Le minist&egrave;re se saisit alors de l&rsquo;&Eacute;change de donn&eacute;es informatis&eacute; (EDI), un concept initialement pens&eacute; pour les &eacute;changes inter-entreprises, et y voit une opportunit&eacute; pour engager une politique de d&eacute;mat&eacute;rialisation. La Chancellerie suscite en 1993 la cr&eacute;ation d&rsquo;une communaut&eacute; informelle, EDIJUSTICE, pour f&eacute;d&eacute;rer les besoins d&rsquo;&eacute;changes avec les auxiliaires de justice. Un prototype est lanc&eacute; en 1996 entre un tribunal de grande instance et un barreau et un autre entre une cour d&rsquo;appel et une compagnie d&rsquo;avou&eacute;s.</div> <div><br></div><div>Les principes de l&rsquo;EDI (structuration des donn&eacute;es, vocabulaire commun et normalisation des messages) sont applicables, &agrave; plus forte raison, aux &eacute;changes entre applications d&rsquo;une m&ecirc;me organisation. L&rsquo;application de ces principes aux &eacute;changes entre logiciels du minist&egrave;re, ou entre ceux de l&rsquo;Int&eacute;rieur et de la Justice, n&rsquo;est cependant pas envisag&eacute;e.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>Un des partenaires du projet EDIJUSTICE, le repr&eacute;sentant des experts judiciaires, d&eacute;plore en 1995 que les diff&eacute;rents comit&eacute;s charg&eacute;s d&rsquo;organiser l&rsquo;EDI &laquo; <i>discutent de tout sauf de techniques</i> &raquo;. Aucun dictionnaire de messages ou de donn&eacute;es n&rsquo;est produit et l&rsquo;&eacute;chec d&rsquo;Edijustice est act&eacute; en 2000<a href="https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/024000145.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">. Un rapport en 2001 du Comit&eacute; central d&rsquo;enqu&ecirc;te sur le co&ucirc;t et le rendement des services publics</a> constate la quasi-inexistence de l&rsquo;EDI dans la Justice.</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div></span><p></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi5ZDJZpvw5C9Zs4gahQmbyJRsag95TZ4YeiFKvFRq4NDVJhUZILIEnrjGt8b7n_k54GetX1L6D5JJKY9MK9_vroEs-hnP_USkTfEyNZ3EA_GuK7L_xoqg2Nz2XmYC3_-auLtL6xKenPQOQoL98M5hrCq6euX-ie4f1mITdkEeWYfTvvUeFWMmmNGeH1h4/s1252/IA.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi5ZDJZpvw5C9Zs4gahQmbyJRsag95TZ4YeiFKvFRq4NDVJhUZILIEnrjGt8b7n_k54GetX1L6D5JJKY9MK9_vroEs-hnP_USkTfEyNZ3EA_GuK7L_xoqg2Nz2XmYC3_-auLtL6xKenPQOQoL98M5hrCq6euX-ie4f1mITdkEeWYfTvvUeFWMmmNGeH1h4/w475-h353/IA.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><span><div>Dessin de Colcanopa. Le Monde 21 janvier 2025</div></span><div><span><br></span></div><span><h3>De la donn&eacute;e au document</h3></span><p></p><div><span><br></span></div><span><div>Alors que le minist&egrave;re parle d&rsquo;EDI avec les avocats tout au long des ann&eacute;es 1990, cette expression n&rsquo;appara&icirc;t pas dans les textes qui organisent, &agrave; partir de 2005, la &laquo; <i>communication par voie &eacute;lectronique</i> &raquo; avec la profession, d&rsquo;abord en mati&egrave;re civile. Le passage de l&rsquo;EDI &agrave; la communication &eacute;lectronique marque un changement d&rsquo;objectif : il s&rsquo;agit moins de permettre aux applications de se comprendre que de substituer un canal &eacute;lectronique au courrier.</div> <div><br></div><div>Le terme de &laquo; d&eacute;mat&eacute;rialisation &raquo; devient plus familier &agrave; la Justice en 2006, &agrave; la faveur d&rsquo;une <a href="https://www.vie-publique.fr/rapport/28803-la-dematerialisation-de-la-chaine-penale" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&eacute;tude de la Mission d&rsquo;audit de modernisation centr&eacute;e sur la mati&egrave;re p&eacute;nale</a> et l&rsquo;interface entre la Police et la Gendarmerie, d&rsquo;une part, et les juridictions, d&rsquo;autre part. Cependant, Police et Gendarmerie ont d&rsquo;autres priorit&eacute;s en mati&egrave;re informatique : la fusion de leurs fichiers d&rsquo;ant&eacute;c&eacute;dents respectifs, STIC et JUDEX, d&eacute;cid&eacute;e un an plus t&ocirc;t, et l&rsquo;alimentation d&rsquo;une base de donn&eacute;es de statistiques en criminologie. Le minist&egrave;re de la Justice est quant &agrave; lui, accapar&eacute;, depuis 2001, par son projet de remplacement de trois logiciels de gestion du contentieux p&eacute;nal, par un seul, Cassiop&eacute;e. Aucune suite ne semble donn&eacute;e au rapport.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>En 2008, le minist&egrave;re d&eacute;ploie NPP (Num&eacute;risation de la proc&eacute;dure p&eacute;nale). C&rsquo;est un logiciel de gestion &eacute;lectronique de documents. Au contraire de Cassiop&eacute;e, qui est national, NPP est install&eacute; dans la juridiction. Le bureau d&rsquo;ordre p&eacute;nal scanne le document papier re&ccedil;u par la poste ou par fax. Comme les textes d&rsquo;application sur la signature &eacute;lectronique ne sont alors pas pr&ecirc;ts pour les actes juridictionnels, le papier continue &agrave; s&rsquo;accumuler dans les armoires.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>En 2017, le Plan de transformation num&eacute;rique de la Justice poursuit, entre autres objectifs, une &laquo;<i> d&eacute;mat&eacute;rialisation de bout en bout</i> &raquo; de la justice civile &agrave; l&rsquo;horizon 2022. En mati&egrave;re p&eacute;nale est institu&eacute; un programme de Proc&eacute;dure p&eacute;nale num&eacute;rique (PPN) copilot&eacute; par la Justice et l&rsquo;Int&eacute;rieur. La proc&eacute;dure num&eacute;rique s&rsquo;entend ainsi comme la substitution du support papier par un support num&eacute;rique de l&rsquo;acte de proc&eacute;dure. Il s&rsquo;agit de signer et transmettre &eacute;lectroniquement &agrave; la Justice un document nativement num&eacute;rique, produit par le logiciel de r&eacute;daction de proc&eacute;dure de la Police ou de la Gendarmerie.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>Les deux minist&egrave;res choisissent plus pr&eacute;cis&eacute;ment le format PDF/A-3, qui permet d'incorporer au document des donn&eacute;es structur&eacute;es au format XML, directement exploitables par le syst&egrave;me destinataire. Mais, faute d&rsquo;identifiants communs des personnes, des proc&eacute;dures et des affaires, le rapprochement automatique des donn&eacute;es re&ccedil;ues de l&rsquo;Int&eacute;rieur avec celles d&eacute;j&agrave; enregistr&eacute;es &agrave; la Justice ne peut &ecirc;tre garanti. La solution reste en retrait par rapport &agrave; l&rsquo;ambition de l&rsquo;EDI, encore affirm&eacute;e en 2001, et par rapport &agrave; une d&eacute;mat&eacute;rialisation entendue sur l&rsquo;ensemble de la cha&icirc;ne p&eacute;nale, en 2006.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>Les donn&eacute;es structur&eacute;es de l&rsquo;affaire p&eacute;nale (date, service &eacute;metteur, identifiant de dossier judiciaire&hellip;) sont g&eacute;r&eacute;es dans Cassiop&eacute;e tandis que les actes de proc&eacute;dure correspondants restent conserv&eacute;s localement dans NPP. En 2025, le minist&egrave;re annonce la migration &agrave; venir de NPP vers un autre syst&egrave;me, appel&eacute; Stockage p&eacute;nal s&eacute;curis&eacute; (SPS), dans lequel la conservation des actes sera &eacute;galement centralis&eacute;e au niveau national. En vertu de l&rsquo;article 31 de la loi Informatique et libert&eacute;s, tout traitement de donn&eacute;es personnelles en mati&egrave;re p&eacute;nale requiert un avis de la CNIL, mais aucun ne semble avoir &eacute;t&eacute; produit pour SPS.</div></span><p></p><p><br></p><span><h3><span>Le scan, r&eacute;v&eacute;lateur de lacunes fonctionnelles</span></h3></span><p></p><p><br></p><span><div>L&rsquo;objectif de &laquo; tout scanner &raquo; fait sourciller. La PPN est cens&eacute;e v&eacute;hiculer des documents nativement num&eacute;riques. Un outil de signature &eacute;lectronique, SIGNA, est aussi largement d&eacute;ploy&eacute;, et permet par exemple de signer un acte juridictionnel, tandis que les documents qui n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;&ecirc;tre sign&eacute;s peuvent &ecirc;tre transmis de juridiction &agrave; juridiction via la messagerie du RPVJ, voire, pour les dossiers volumineux, via PLINE. Le <a href="https://www.interieur.gouv.fr/sites/minint/files/medias/documents/2026-06/Pr%C3%A9-rapport_mission_conjointe_%20IGJ%20IGGN.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">pr&eacute;-rapport sur l&rsquo;affaire Lyhanna</a> apporte l&agrave; un &eacute;clairage utile. Le magistrat du parquet de Toulouse &eacute;crit &agrave; l&rsquo;intention de son homologue d&rsquo;Auch un soit-transmis &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un formulaire papier, sur lequel il coche la case &laquo; <i>Vous trouver comp&eacute;tent &agrave; raison du lieu d&rsquo;infraction</i> &raquo;. Le destinataire conna&icirc;t ainsi le motif du transfert d&rsquo;une affaire. Sans doute le soit-transmis pouvait-il &ecirc;tre scann&eacute; et &ecirc;tre envoy&eacute; &eacute;lectroniquement. Mais l&rsquo;anecdote r&eacute;v&egrave;le surtout l&rsquo;absence d&rsquo;une fonctionnalit&eacute; qui entrerait naturellement dans le p&eacute;rim&egrave;tre de Cassiop&eacute;e. L&rsquo;affaire et la proc&eacute;dure associ&eacute;e auraient pu &ecirc;tre cl&ocirc;tur&eacute;es au titre de la juridiction de d&eacute;part (Toulouse, dans l&rsquo;affaire Lyhanna) et recr&eacute;&eacute;es automatiquement au titre de la juridiction d&rsquo;arriv&eacute;e &agrave; partir des m&ecirc;mes donn&eacute;es, en cliquant sur un bouton. Le volume des quelque <a href="https://blog.insee.fr/les-petits-delits-nechapperont-plus-aux-poursuites-statistiques/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">200 000 transferts annuels de parquet &agrave; parquet</a>&nbsp;justifie qu&rsquo;on d&eacute;veloppe la fonctionnalit&eacute; ad&eacute;quate.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>Le lendemain du <a href="https://www.justice.gouv.fr/actualites/espace-presse/gerald-darmanin-lance-choc-numerique-juridictions-transformer-profondeur-fonctionnement" rel="noopener noreferrer" target="_blank">communiqu&eacute; du 10 septembre lan&ccedil;ant le &laquo; <i>choc num&eacute;rique</i> &raquo; dans les juridictions</a>, le garde des sceaux ajoute, sur X et LinkedIn, que la soci&eacute;t&eacute; Mistral AI interviendrait &laquo; <i>notamment </i>&raquo; dans la reconnaissance optique de caract&egrave;res, aussi appel&eacute;e oc&eacute;risation. Cette technique permet de convertir le contenu de documents scann&eacute;s en texte exploitable par les applications. &nbsp;</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>L&rsquo;oc&eacute;risation fait en effet partie des cas d&rsquo;usage les plus simples de l&rsquo;intelligence artificielle.  Mais il serait paradoxal de demander &agrave; l&rsquo;IA d&rsquo;extraire, dans les actes de proc&eacute;dure, les donn&eacute;es que les forces de s&eacute;curit&eacute; ont d&eacute;j&agrave; saisies dans leurs propres applications. La priorit&eacute; devrait &ecirc;tre de permettre &agrave; l&rsquo;Int&eacute;rieur de transmettre ces donn&eacute;es de mani&egrave;re fiable &agrave; la Justice.</div></span><span><div><br></div> <h3><span>L&rsquo;IA, &eacute;chappatoire &agrave; la mod&eacute;lisation des donn&eacute;es ?</span></h3></span><p></p><div><span><br></span></div><span><div>D&rsquo;autre part, le savoir-faire de Mistral AI ne se limite pas &agrave; l&rsquo;oc&eacute;risation et le garde des sceaux a sans doute en t&ecirc;te de lui confier aussi des traitements &agrave; plus forte valeur ajout&eacute;e.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>Mais s&rsquo;il s&rsquo;agit de lui faire extraire les donn&eacute;es &agrave; partir des pi&egrave;ces de la proc&eacute;dure pour les d&eacute;poser dans les logiciels de gestion concern&eacute;s, il faudra d&rsquo;abord demander son avis &agrave; la CNIL qui, dans une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/cnil/id/CNILTEXT000042042039" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;lib&eacute;ration de 2020</a>, expliquait que l&rsquo;absence de &laquo; <i>mise en relation automatique</i> &raquo; entre le &laquo;<i> dossier p&eacute;nal num&eacute;rique</i> &raquo; &ndash; c&rsquo;est-&agrave;-dire NPP &ndash; et Cassiop&eacute;e &eacute;tait une &laquo; <i>garantie</i> &raquo; pour la protection des donn&eacute;es personnelles. Il faudra ensuite s&rsquo;assurer qu&rsquo;un tel processus inclut un contr&ocirc;le de coh&eacute;rence par rapport &agrave; un mod&egrave;le conceptuel de donn&eacute;es. Sinon, distribuer les donn&eacute;es extraites dans les applicatifs concern&eacute;s selon une logique purement probabiliste pourrait s&rsquo;av&eacute;rer trop risqu&eacute;. Et cela m&ecirc;me si, selon une lecture litt&eacute;rale du <a href="https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj?locale=fr" rel="noopener noreferrer" target="_blank">r&egrave;glement sur l&rsquo;IA</a>, remplacer une saisie dans Cassiop&eacute;e par un import automatique pourrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme une &laquo; <i>t&acirc;che proc&eacute;durale &eacute;troite</i> &raquo; permettant d&rsquo;&eacute;chapper &agrave; la qualification de syst&egrave;me d&rsquo;IA &agrave; haut risque et aux obligations de gestion des risques qui en d&eacute;coulent.</div></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div>Pour d&eacute;mat&eacute;rialiser, &eacute;liminer le papier et introduire l&rsquo;IA ne suffisent pas. Il faut aussi des donn&eacute;es bien organis&eacute;es. L&rsquo;examen des <a href="https://www.data.gouv.fr/datasets/dictionnaire-semantique-des-procedures-penales-numeriques" rel="noopener noreferrer" target="_blank">sch&eacute;mas de donn&eacute;es XML qui gouvernent la PPN</a> permet d&rsquo;avoir des doutes.</div></span><p></p><br><p></p>]]></content>
	<updated>2026-10-14T14:30:08+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2026-10-10:/300732</id>
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	<title type="html">Le mouvement lycéen face aux juges administratifs</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Les pr&eacute;fets se montrent particuli&egrave;rement actifs dans la gestion du mouvement lyc&eacute;en qui se&nbsp;d&eacute;ve...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYMWia3PvWEmGLpkjyvvtMaqUUZlMnvIUPiX21CSbfX28GIOxyS0_QYNS5WwpHeO8Sizjjne8nhhlKeShAZaAMsXJLTukpfnCU2eFEBqVhIuGO__CgAOZJ0RuSx9_dgsRVON-56N_N0cXjbscj1S057VokoqOuY883dzTbVqR6gudziRId2aJsMRJXMdY/s200/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYMWia3PvWEmGLpkjyvvtMaqUUZlMnvIUPiX21CSbfX28GIOxyS0_QYNS5WwpHeO8Sizjjne8nhhlKeShAZaAMsXJLTukpfnCU2eFEBqVhIuGO__CgAOZJ0RuSx9_dgsRVON-56N_N0cXjbscj1S057VokoqOuY883dzTbVqR6gudziRId2aJsMRJXMdY/s1600/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Les pr&eacute;fets se montrent particuli&egrave;rement actifs dans la gestion du mouvement lyc&eacute;en qui se&nbsp;d&eacute;veloppe depuis une quinzaine de jours. Apr&egrave;s les admonestations visant les parents, une cascade d'arr&ecirc;t&eacute;s pr&eacute;fectoraux est intervenue, pronon&ccedil;ant diff&eacute;rents types d'interdictions.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Face &agrave; cette activit&eacute; pr&eacute;fectorale intense, l'impression est celle d'un &eacute;parpillement de textes sans coh&eacute;rence&nbsp;d'ensemble. L'&eacute;parpillement est d'abord g&eacute;ographique, de la Dr&ocirc;me &agrave; l'Is&egrave;re ou au Bas-Rhin, en passant par l'Essonne ou les Yvelines, les pr&eacute;fets ont pris des mesures visant &agrave; restreindre ou &agrave; contr&ocirc;ler&nbsp;la libert&eacute; de manifestation. Mais l'&eacute;parpillement appara&icirc;t aussi sur le fond. Certains arr&ecirc;t&eacute;s interdisent purement et simplement les rassemblements, d'autres autorisent l'usage des drones pour les surveiller, d'autres interdisent le port des masques chirurgicaux aux manifestants. Face &agrave; un mouvement inattendu, les pr&eacute;fets improvisent.</span></p><p><span>Ces arr&ecirc;t&eacute;s pr&eacute;fectoraux ont donn&eacute; lieu &agrave; des recours devant les juges des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s comp&eacute;tents, ce qui a conduit &agrave; une s&eacute;rie de d&eacute;cisions qui, elles aussi, semblent discordantes. C'est ainsi que certaines ordonnances de r&eacute;f&eacute;r&eacute; suspendent les interdictions, alors que d'autres refusent la suspension. Peut-on en d&eacute;duire que les juges appr&eacute;cient diff&eacute;remment les menaces &agrave; l'ordre public selon les tribunaux comp&eacute;tents ? En r&eacute;alit&eacute;, l'ensemble des d&eacute;cisions permet de d&eacute;gager quelques grandes lignes, principes simples qui guident les juges et qui devraient aussi guider l'usage par les pr&eacute;fets de leur pouvoir de police.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Rosa rosa rosam. Jacques Brel. 1962</span></div><p></p><h3><span>L'interdiction des rassemblements&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans sa <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2007-01-05/300311" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 5 janvier 2007, <i>Ministre de l'Int&eacute;rieur c. Association Solidarit&eacute;&nbsp;des Fran&ccedil;ais</i></a>, la libert&eacute; de manifester est consacr&eacute;e comme une "<i>libert&eacute; fondamentale</i>" au sens de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449327/2022-02-07" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 521-2 du code de la justice administrative</a>,&nbsp;c'est-&agrave;-dire une libert&eacute; dont la protection peut justifier l'usage du r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute;. Cette libert&eacute; doit toutefois, comme toutes les libert&eacute;s publiques, &ecirc;tre concili&eacute;e avec la sauvegarde de l'ordre public, principe affirm&eacute; par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat dans une <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2014-07-26/383091" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute; du 26 juillet 2014</a>. La libert&eacute; de manifester est donc appr&eacute;ci&eacute;e par les juges conform&eacute;ment &agrave; la c&eacute;l&egrave;bre<a href="https://www.conseil-etat.fr/decisions-de-justice/jurisprudence/les-grandes-decisions-depuis-1873/conseil-d-etat-19-mai-1933-benjamin" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> jurisprudence <i>Benjamin </i>de 1933</a>, qui pr&eacute;cise que l'exercice d'une libert&eacute; doit &ecirc;tre concili&eacute;e avec les exigences de l'ordre public, l'interdiction n'&eacute;tant tol&eacute;r&eacute;e qu'en dernier recours, lorsqu'il n'existe pas d'autre moyen de le garantir.</span></p><p><span>Face au mouvement des lyc&eacute;ens, les juges des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s ont &eacute;t&eacute; saisis d'arr&ecirc;t&eacute;s pr&eacute;fectoraux interdisant les rassemblements, et leurs d&eacute;cisions ont &eacute;t&eacute; largement diff&eacute;renci&eacute;es. Une coh&eacute;rence se d&eacute;gage n&eacute;anmoins.</span></p><p><span>Les ordonnances de suspension sanctionnent des arr&ecirc;t&eacute;s pr&eacute;fectoraux impr&eacute;cis tant au regard de la dur&eacute;e de l'interdiction de rassemblement qu'au regard de son p&eacute;rim&egrave;tre. Le <a href="https://nancy.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/l-execution-de-l-arrete-du-prefet-des-vosges-interdisant-les-rassemblements-autour-de-certains-lycees-d-epinal-est-suspendue" target="_blank" rel="noopener noreferrer">juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif (TA) de Nancy, le 6 octobre 2026,</a> suspend ainsi une interdiction prononc&eacute;e par le pr&eacute;fet des Vosges "<i>jusqu'&agrave; la reprise des cours</i>", ce qui signifie qu'elle n'est pas clairement limit&eacute;e dans le temps. La m&ecirc;me ordonnance n'&eacute;tait pas plus claire sur l'emprise g&eacute;ographique de l'interdiction, mentionnant seulement les "<i>abords des lyc&eacute;es</i>". Quant &agrave; la pr&eacute;f&egrave;te de la Dr&ocirc;me, elle se bornait &agrave; prononcer l'interdiction de tout rassemblement autour de six lyc&eacute;es du d&eacute;partement, sans pr&eacute;ciser ni le p&eacute;rim&egrave;tre ni la dur&eacute;e de la mesure. Dans <a href="https://grenoble.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/mouvement-lyceen-le-juge-des-referes-suspend-l-interdiction-des-rassemblements-dans-la-drome" target="_blank" rel="noopener noreferrer">deux ordonnances du 5 octobre 2026</a>, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s de Grenoble suspend ces arr&ecirc;t&eacute;s beaucoup trop impr&eacute;cis. Le <a href="https://justice.pappers.fr/decision/2d46cce5a1c59db165a1679aefc9010e0548a504" target="_blank" rel="noopener noreferrer">juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s d'Orl&eacute;ans, le 5 octobre 2026</a> estime m&ecirc;me que la communication par le pr&eacute;fet de cartes dessinant le p&eacute;rim&egrave;tre d'interdiction autour des lyc&eacute;es de Tours ne suffit pas &agrave; d&eacute;montrer sa n&eacute;cessit&eacute;.</span></p><p><span>A l'inverse, les juges des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s ont admis l'interdiction dans trois hypoth&egrave;ses. D'abord,<a href="https://justice.pappers.fr/decision/2d46cce5a1c59db165a1679aefc9010e0548a504" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s de Rouen, le 5 octobre 2026</a> refuse de suspendre une interdiction prononc&eacute;e par le pr&eacute;fet de Seine Maritime, fond&eacute;e sur la faiblesse des effectifs disponibles, surtout lorsque des d&eacute;gradations ont d&eacute;j&agrave; eu lieu dans les &eacute;tablissements. Ensuite, l'interdiction est une option lorsque des violences particuli&egrave;rement graves se sont d&eacute;roul&eacute;es. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s de Versailles refuse sur ce fondement la suspension des interdictions prononc&eacute;es aux abords imm&eacute;diats de trois lyc&eacute;es de l'Essonne dans <a href="https://versailles.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/interdiction-des-rassemblements-de-personnes-aux-abords-immediats-de-trois-lycees-de-l-essonne-le-juge-des-referes-du-tribunal-administratif-reje" target="_blank" rel="noopener noreferrer">une ordonnance du 8 octobre 2026</a>. &nbsp;Enfin, l<a href="https://versailles.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/interdiction-des-rassemblements-de-personnes-aux-abords-immediats-de-trois-lycees-de-l-essonne-le-juge-des-referes-du-tribunal-administratif-reje" target="_blank" rel="noopener noreferrer">e juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du TA de Marseille se montre un peu plus exp&eacute;ditif le 5 octobre 2026</a>. Il refuse de suspendre l'interdiction administrative de toute manifestation dans les communes de plus de 10 000 habitants. Il pr&eacute;cise alors que l'absence de d&eacute;claration de la manifestation complique la s&eacute;curisation de ces espaces. Cette derni&egrave;re justification semble beaucoup moins convaincante, si l'on consid&egrave;re que le mouvement lyc&eacute;en a d&eacute;marr&eacute; de fa&ccedil;on spontan&eacute;e, sans la moindre d&eacute;claration en pr&eacute;fecture. Cette d&eacute;cision ne semble cependant pas avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;f&eacute;r&eacute;e au Conseil d'&Eacute;tat.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'utilisation des drones</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sur ce point, les juges des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s peuvent s'appuyer sur la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045067923" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 24 janvier 2022 </a>et la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045067968" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du Conseil constitutionnel qui l'a pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e</a>. D&eacute;sormais, les<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025505331/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> articles L 242-4</a> et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054724568" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L242-5 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> (CSI) soumettent l'utilisation des cam&eacute;ras a&eacute;roport&eacute;es &agrave; une n&eacute;cessit&eacute; stricte, une finalit&eacute; clairement identifi&eacute;e et un p&eacute;rim&egrave;tre limit&eacute;. Quant au Conseil constitutionnel, il impose la d&eacute;monstration par l'administration de l'impossibilit&eacute; de recourir &agrave; des instruments&nbsp;de surveillance&nbsp;moins intrusifs.</span></p><p><span>Dans le cas de l'utilisation des drones pour contr&ocirc;ler le mouvement lyc&eacute;en, les ordonnances de r&eacute;f&eacute;r&eacute; sont le reflet du droit positif. Le pr&eacute;fet du Bas-Rhin, par une<a href="https://strasbourg.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/communique-de-presse-du-05-octobre-2026-la-juge-des-referes-suspend-l-arrete-interdisant-les-rassemblements-aux-abords-des-lycees-mais-autorise" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> ordonnance du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s de Strasbourg le 5 octobre 2026,</a> est donc fond&eacute; &agrave; utiliser des drones pour surveiller les rassemblements, leur usage &eacute;tant clairement encadr&eacute; dans l'espace et le temps, et justifi&eacute; par des. besoins op&eacute;rationnels li&eacute;s aux violences commises par les manifestants.</span></p><p><span>En revanche, le pr&eacute;fet d'Indre-et-Loire semble moins bien inform&eacute;. Il a autoris&eacute; l'usage des drones dans quatre communes de l'agglom&eacute;ration tourangelle, soit un p&eacute;rim&egrave;tre de 86 km2, sans se donner la peine de d&eacute;montrer qu'il n'avait pas d'autre dispositif &agrave; sa disposition pour surveiller les rassemblements. <a href="https://justice.pappers.fr/decision/264649c70095598673a2034dbf53d827b6031116" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s d'Orl&eacute;ans, le 3 octobre 2026 </a>suspend ces autorisations et ordonne m&ecirc;me la suppression des images d&eacute;j&agrave; capt&eacute;es.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le masque chirurgical, et autres &eacute;quipements</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Moins nombreux ont &eacute;t&eacute; les arr&ecirc;t&eacute;s pr&eacute;fectoraux interdisant aux manifestants le port de certains &eacute;quipements. Ils ont &eacute;t&eacute; suspendus lorsque la r&eacute;daction &eacute;tait floue, impr&eacute;cise, sans doute trop h&acirc;tive. Le <a href="https://amiens.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/le-juge-des-referes-suspend-l-interdiction-de-la-prefete-de-l-aisne-de-porter-et-transporter-des-equipements-de-protection-dans-les-communes-ou-se" target="_blank" rel="noopener noreferrer">8 octobre 2026, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du TA d'Amiens</a>&nbsp;suspend ainsi l'arr&ecirc;t&eacute; de la pr&eacute;f&egrave;te de l'Aisne interdisant &agrave; toute personne le port d'"<i>&eacute;quipements de protection destin&eacute;s &agrave; mettre en &eacute;chec tout ou partie des moyens utilis&eacute;s par les repr&eacute;sentants de la force publique</i>". L'impr&eacute;cision de la formule est sanctionn&eacute;e, et les juges ont observ&eacute; qu'elle pouvait viser &eacute;charpes et bonnets, m&ecirc;me port&eacute;s sans intention violente.&nbsp;</span></p><p><span>La m&ecirc;me interdiction formul&eacute;e dans les m&ecirc;mes termes par le pr&eacute;fet des Yvelines a &eacute;t&eacute; sanctionn&eacute;e par le <a href="https://versailles.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/le-tribunal-administratif-suspend-l-execution-de-l-arrete-du-prefet-des-yvelines-du-9-octobre-2026-interdisant-de-porter-des-equipements-de-protect" target="_blank" rel="noopener noreferrer">juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du TA de Versailles le 9 octobre 2026</a>. Il note que ces &eacute;quipements ne sont pas identifi&eacute;s et que leur possession par des personnes &eacute;trang&egrave;res au rassemblement, notamment pour des motifs professionnels, n'est pas envisag&eacute;e.&nbsp;Quant aux masques chirurgicaux, les juges rappellent que le port d'un masque sanitaire ne doit pas &ecirc;tre confondu avec la dissimulation du visage pr&eacute;vue par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038382669/2020-09-11" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 431-9-1 du code p&eacute;nal</a>. Ce texte pr&eacute;voit d'ailleurs l'interdiction de se masquer le visage dans une manifestation. Il n'est donc pas n&eacute;cessaire de prendre un arr&ecirc;t&eacute; pour exiger ce qui est d&eacute;j&agrave; dans la loi.</span></p><p><span>Cette question des &eacute;quipements interdits est la seule qui ait donn&eacute; lieu &agrave; l'intervention du Conseil d'&Eacute;tat, &agrave; propos d'un arr&ecirc;t&eacute; du pr&eacute;fet de police interdisant "<i>le port d'&eacute;quipements de protection destin&eacute;s &agrave; mettre en &eacute;chec tout ou partie des moyens utilis&eacute;s par les repr&eacute;sentants de la force publique pour le maintien de l'ordre public"</i>. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du TA de Paris, le 8 octobre 2026, avait valid&eacute; cette mesure, s'appuyant notamment sur le fait qu'elle &eacute;tait limit&eacute;e &agrave; un rayon de cent m&egrave;tres autour des &eacute;tablissements d'enseignement secondaire et sup&eacute;rieur.&nbsp;</span></p><p><span>Le probl&egrave;me est que ce <a href="https://versailles.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/le-tribunal-administratif-suspend-l-execution-de-l-arrete-du-prefet-des-yvelines-du-9-octobre-2026-interdisant-de-porter-des-equipements-de-protect" target="_blank" rel="noopener noreferrer">m&ecirc;me 8 octobre, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du TA de Versailles</a> rendait une ordonnance inverse &agrave; propos d'un arr&ecirc;t&eacute; du pr&eacute;fet de ce d&eacute;partement, reprenant les m&ecirc;mes termes. Certes, l'interdiction n'&eacute;tait pas circonscrite g&eacute;ographiquement mais elle l'&eacute;tait dans le temps, limit&eacute;e &agrave; deux jours de manifestations. Mais elle concernait l'ensemble des &eacute;tablissements des Yvelines alors que le nombre d'incidents &eacute;tait en baisse et que la plupart des lyc&eacute;es n'avaient pas connu la moindre violence.</span></p><p><span>L'intervention du Conseil d'&Eacute;tat &eacute;tait donc hautement souhaitable, face &agrave; ce qui ressemblait tout de m&ecirc;me &agrave; une vraie divergence entre les juges de l'urgence. <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-10-09/520384" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Intervenant lui-m&ecirc;me en r&eacute;f&eacute;r&eacute; le 9 octobre 2026</a>, sur appel contre l'arr&ecirc;t&eacute; du pr&eacute;fet de police, il a refus&eacute; la suspension au motif que l'interdiction du port d'&eacute;quipements de protection ne porte pas atteinte, en tant que telle, &agrave; la libert&eacute; de manifester. La d&eacute;cision semble tout de m&ecirc;me faiblement motiv&eacute;e, dans la mesure o&ugrave; elle ne r&eacute;pond pas vraiment &agrave; la question pos&eacute;e. On pr&eacute;f&egrave;rerait que le Conseil d'&Eacute;tat se prononce plus clairement sur l'interdiction, ou non du masque chirurgical, et sur l'&eacute;tendue de la comp&eacute;tence pr&eacute;fectorale dans ce domaine.</span></p><p><span>La multiplication des d&eacute;cisions des juges des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s depuis le d&eacute;but du mouvement lyc&eacute;en t&eacute;moigne d'une situation juridique relativement confuse. Mais ces ordonnances ne sont pas r&eacute;ellement en contradiction.</span></p><p><span>Il ne faut pas s'y tromper. La confusion trouve son origine dans une activit&eacute; pr&eacute;fectorale d&eacute;sordonn&eacute;e, voire improvis&eacute;e, sans recherche d'un fondement juridique s&eacute;rieux. On a le sentiment que les repr&eacute;sentants de l'&Eacute;tat n'ont pas re&ccedil;u de directives claires, voire pas de directives du tout. Face &agrave; cette situation, les juges s'efforcent d'appliquer une jurisprudence qui elle-m&ecirc;me repose sur une appr&eacute;ciation souvent d&eacute;licate entre les moyens employ&eacute;s par les pr&eacute;fets et leur caract&egrave;re proportionn&eacute; &agrave; la menace. Et le pire est que ce n'est sans doute pas termin&eacute;...&nbsp;</span></p><p><span>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>La libert&eacute; de manifestation&nbsp;</span></b><span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span face="-webkit-standard"><span><span> </span></span>: chapitre 12 section 1 &sect; 2 </span><span>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-10-10T19:08:57+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les taureaux de Palavas-les-Flots sauvés par le juge</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>&nbsp;L'association Alliance Anti-Corrida a demand&eacute; au maire de Palavas-les-Flots d'user de son pouv...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>&nbsp;</span></p><p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj7i4lWnXYBOr_SRev6AWg_gGDWXxX_l_FQqXjFchUqxR7M8I9ngNVmiVaXWHdac2Dr4zIE4xXCROjod3iEeJIIofW18F8uvAxD0z2fCXMeWEpBhuGot9SPt73i3E53GTLPpj1uHADWfC0ig9HjKjZZazy_dvGquGxeMXHjGmlO3oqFHQykUejvzXEXpfY/s568/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-10-06%20a%CC%80%2019.45.31.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj7i4lWnXYBOr_SRev6AWg_gGDWXxX_l_FQqXjFchUqxR7M8I9ngNVmiVaXWHdac2Dr4zIE4xXCROjod3iEeJIIofW18F8uvAxD0z2fCXMeWEpBhuGot9SPt73i3E53GTLPpj1uHADWfC0ig9HjKjZZazy_dvGquGxeMXHjGmlO3oqFHQykUejvzXEXpfY/w221-h199/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-10-06%20a%CC%80%2019.45.31.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'association <i>Alliance Anti-Corrid</i>a a demand&eacute; au maire de Palavas-les-Flots d'user de son pouvoir de police administrative pour emp&ecirc;cher la corrida avec mise &agrave; mort, pr&eacute;vue le 10 octobre 2026. &nbsp;Celui-ci a refus&eacute; et ce refus a suscit&eacute; un recours en r&eacute;f&eacute;r&eacute;-suspension devant le juge administratif de Montpellier.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Le 24 septembre 2026, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s donne satisfaction &agrave; l'association requ&eacute;rante. Il suspend la d&eacute;cision de l'&eacute;lu, et il va au-del&agrave;&nbsp;en lui enjoignant d'emp&ecirc;cher effectivement la corrida dans un d&eacute;lai de sept jours. Le juge prend ainsi toutes les pr&eacute;cautions utiles pour emp&ecirc;cher un spectacle cruel.</span></p><p><span>Sur le fond, la d&eacute;cision n'est pas tellement surprenante, car la ville de Palavas-les-Flots ne pouvait pas invoquer une "<i>tradition ininterrompue</i>" de mise &agrave; mort des malheureuses b&ecirc;tes. Mais l'int&eacute;r&ecirc;t de la d&eacute;cision r&eacute;side aussi dans une volont&eacute; de donner une efficacit&eacute; r&eacute;elle au r&eacute;f&eacute;r&eacute;-suspension de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449326/2022-09-21" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 521-1 du code de justice administrative.</a></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La tradition ininterrompue</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La corrida n'est pas r&eacute;ellement "autoris&eacute;e" en droit fran&ccedil;ais. Celui-ci repose au contraire sur <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044394119/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 521-1 du code p&eacute;nal</a>&nbsp;qui punit de trois ans d'emprisonnement et 45 000 &euro; d'amende les s&eacute;vices graves ou les actes de cruaut&eacute; envers les animaux, domestiques, apprivois&eacute;s ou tenus en captivit&eacute;. Les taureaux destin&eacute;s &agrave; la corrida sont &eacute;videmment dans ce dernier cas, &eacute;lev&eacute;s et tenus en captivit&eacute; dans le seul but d'&ecirc;tre un jour massacr&eacute;s au milieu d'une ar&egrave;ne.</span></p><p><span><span>Ce texte constitue le principe g&eacute;n&eacute;ral gouvernant la protection des animaux. Mais d&egrave;s la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000336230/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 24 avril 1951</a>, une exception a &eacute;t&eacute; pr&eacute;vue, lorsqu'une&nbsp;</span><span>"</span><i>tradition ininterrompue peut &ecirc;tre invoqu&eacute;e</i><span>". Le <a href="https://www.animallaw.info/sites/default/files/stfrdecreeno59_1051.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret <i>Michelet</i> du 7 septembre 1959</a> &eacute;voque ensuite une&nbsp;</span><span>"</span><i>tradition locale ininterrompue</i><span>", formule inchang&eacute;e jusqu'a&nbsp;</span><span>l</span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044387560" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article 27 de la loi du 30 novembre</a><span> visant pourtant "</span><i>&agrave; lutter contre la maltraitance animale</i><span>". Cette exception figure aujourd'hui dans l'article 521-1 du code p&eacute;nal.&nbsp;</span><span>&nbsp;Il s'agit donc d'une exception &agrave; l'incrimination p&eacute;nale, ce qui signifie qu'elle doit faire l'objet d'une interpr&eacute;tation stricte.</span></span></p><p><span>Dans sa <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/cons/id/CONSTEXT000027090332?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision QPC du 21 septembre 2012 <i>Association Comit&eacute; radicalement anti-corrida</i></a>, le Conseil constitutionnel &eacute;voquait, &agrave; propos de ces dispositions, une "<i>exon&eacute;ration restreinte de responsabilit&eacute; p&eacute;nale</i>". Par la suite, la jurisprudence s'est efforc&eacute;e de donner une d&eacute;finition de ce caract&egrave;re "local" de la tradition. Dans un premier temps, la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007054920?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">chambre criminelle de la Cour de cassation, le 27 mai 1972,</a> avait estim&eacute; que la tradition "locale" n'&eacute;tait pas n&eacute;cessairement communale mais s'appr&eacute;ciait dans un "<i>ensemble d&eacute;mographique</i>". Une corrida avec mise &agrave; mort pouvait avoir lieu &agrave; Tarascon, puisque cette pratique existait en Arles...&nbsp;</span></p><p><span>La jurisprudence a pourtant &eacute;volu&eacute;. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007046930?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">2&egrave; chambre civile de la Cour de cassation, le 10 juin 2004</a>, l'a, en quelque sorte invers&eacute;e, en exigeant que la preuve soit &eacute;tablie de l'organisation r&eacute;guli&egrave;re de corridas dans l'ensemble d&eacute;mographique concern&eacute;, en l'esp&egrave;ce autour de Rieumes (Haute-Garonne). Quant au juge administratif, appr&eacute;ciant pr&eacute;cis&eacute;ment l'usage du pouvoir de police du&nbsp;maire, il estime que toutes les traditions taurines ne sont pas identiques. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000052352731?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Cour administrative d'appel de Toulouse, le 2 octobre 2025</a>, juge que la persistance de courses camarguaises, sans mise &agrave; mort, ne suffit pas &agrave; justifier l'organisation d'une corrida, avec mise &agrave; mort.</span></p><p><span>Dans le cas de Palavas-les-Flots et de son "<i>ensemble d&eacute;mographique"</i>, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s constate une absence de tradition ininterrompue, et il suspend donc le refus du maire d'annuler la corrida.</span></p><p><span>Il aurait pu s'arr&ecirc;ter &agrave; cette &eacute;tape, mais sa d&eacute;cision visait &agrave; emp&ecirc;cher qu'une infraction soit commise, en violation de l'ordre public. Il a donc ajout&eacute; une injonction tr&egrave;s ferme contraignant le maire &agrave; user de son pouvoir de police dans le d&eacute;lai de sept jours.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><span></span></div><span><div><br></div><span><div>Ferdinand the Bull. Walt Disney. 1938</div></span></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'injonction</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le Conseil d'&Eacute;tat consid&egrave;re, notamment dans un <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2015-10-23/386649?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 23 octobre 2015</a>, qu'une suspension peut s'accompagner de mesures provisoires indispensables &agrave; son efficacit&eacute;. La question se pose, &agrave; l'&eacute;vidence, pour la suspension d'une d&eacute;cision de refus. En effet, le refus du maire d'annuler la corrida peut &ecirc;tre suspendu, mais rien ne dit qu'il agira de mani&egrave;re positive pour l'emp&ecirc;cher. Au contraire, il suffirait qu'il ne fasse rien pour que la corrida se d&eacute;roule, malgr&eacute; tout, et que l'infraction de s&eacute;vices envers des animaux soit commise.</span></p><p><span>Le juge &eacute;nonce donc que la suspension "<i>implique n&eacute;cessairement"</i> que le maire use de son pouvoir de police pour emp&ecirc;cher la corrida. On retrouve ici la c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007637340/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">jurisprudence <i>Doublet</i> de 1959</a>, qui affirme que l'autorit&eacute; de police peut &ecirc;tre contrainte d'agir quand la gravit&eacute; de la situation l'exige.</span></p><p><span>La solution para&icirc;t pleine de bon sens, mais elle ne manque pas d'audace. Car le r&eacute;f&eacute;r&eacute;-suspension prend alors un caract&egrave;re d&eacute;finitif qu'il n'est pas cens&eacute; avoir. Rappelons qu'il doit imp&eacute;rativement s'accompagner d'un recours au fond. Or, en exigeant du maire qu'il emp&ecirc;che la tenue de la corrida, le juge donne &agrave; sa d&eacute;cision un caract&egrave;re d&eacute;finitif : quand le recours au fond sera jug&eacute;, la date de la corrida sera pass&eacute;e depuis longtemps.</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s est conscient du probl&egrave;me et il prend soin de contenir cette situation en ne se pronon&ccedil;ant sur le caract&egrave;re ill&eacute;gal des corridas &agrave; Palavas. Le r&eacute;f&eacute;r&eacute; n'exige en effet qu'un doute s&eacute;rieux sur la l&eacute;galit&eacute; de la d&eacute;cision de refus. De m&ecirc;me, l'injonction n'est pas accompagn&eacute; d'une astreinte, pour montrer que l'injonction demeure juridiquement provisoire, m&ecirc;me si ses cons&eacute;quences sont, en l'esp&egrave;ce, irr&eacute;versibles.</span></p><p><span>La d&eacute;cision du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s de Montpellier marque ainsi une &eacute;volution qui, sans doute, devra &ecirc;tre confirm&eacute;e par le Conseil d'&Eacute;tat, mais qui demeure tr&egrave;s prometteuse dans ce type de contentieux. L'article 521-1 du code p&eacute;nal change, en quelque sorte, de fonction. Il n'a plus seulement pour objet de punir les auteurs de s&eacute;vices apr&egrave;s une corrida ill&eacute;gale. Il devient un instrument de pr&eacute;vention, le maire ayant l'obligation d'agir pour que le dommage ne devienne pas irr&eacute;versible.</span></p><p><span>Il ne reste qu'&agrave; esp&eacute;rer que les taureaux de Palavas-les-Flots pourront vivre une retraite heureuse. Ce n'est pas gagn&eacute; car le maire de B&eacute;ziers, qui a tendance &agrave; &eacute;carter le droit en vigueur quand il ne lui convient pas, a d&eacute;j&agrave; propos&eacute; de transf&eacute;rer dans sa ville la corrida de Palavas-les-Flots. Et B&eacute;ziers a une "<i>tradition ininterrompue</i>" de corrida...&nbsp;</span></p><p><span>Cette solution de repli semble assez &nbsp;peu probable mais elle montre n&eacute;anmoins les limites du droit actuel. Le cadre territorial d&eacute;fini va t il conduire &agrave; la cr&eacute;ation de paradis de corridas, sortes de sanctuaires sp&eacute;cifiquement affect&eacute;s &agrave; la maltraitance animale ? Les juges pourraient ils &ecirc;tre impuissants face &agrave; de telles pratiques ? La question est pos&eacute;e et le l&eacute;gislateur devra bien, un jour, &eacute;carter l'action des lobbies pour poser une interdiction g&eacute;n&eacute;rale et absolue de ces spectacles barbares.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>Le r&eacute;f&eacute;r&eacute;&nbsp;</span></b><span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span face="-webkit-standard"><span><span> </span></span>: chapitre 3 section 3 &sect; 2 B</span></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-10-06T17:47:55+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-10-06T17:47:55+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les lettres des préfets aux parents des lycéens gardés à vue</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Les manifestations lyc&eacute;ennes de ces derniers jours, accompagn&eacute;es de violences et de destructions, on...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnb7ALeWO99-v0fACWpXCpmqnEpQ-x-Ida-KWcF5l0ITObfRBpaJbEL-1wwtVCVabady_HdAqExgRllglHzodYFH7idJKXUayezvC3fXRhX9E2b2C2xWIaXuvGpliuUkb0FAvraZEg2-zb03tBkN0XUgwxi88sNMtOEruQ72YzgHuqKQ-j5zO23NWgVAM/s194/droit-penal@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnb7ALeWO99-v0fACWpXCpmqnEpQ-x-Ida-KWcF5l0ITObfRBpaJbEL-1wwtVCVabady_HdAqExgRllglHzodYFH7idJKXUayezvC3fXRhX9E2b2C2xWIaXuvGpliuUkb0FAvraZEg2-zb03tBkN0XUgwxi88sNMtOEruQ72YzgHuqKQ-j5zO23NWgVAM/s1600/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Les manifestations lyc&eacute;ennes de ces derniers jours, accompagn&eacute;es de violences et de destructions, ont suscit&eacute; l'&eacute;mergence d'un nouvel instrument administratif pour le moins inhabituel. Certains pr&eacute;fets ont envoy&eacute; une lettre personnelle aux parents de mineurs gard&eacute;s &agrave; vue pour leur rappeler leur responsabilit&eacute; du fait des dommages caus&eacute;s par leurs enfants, et leur demander d'emp&ecirc;cher leur enfant de commettre de nouvelles exactions.</div></span><p></p><p><span>Le proc&eacute;d&eacute; semble simple, voire marqu&eacute; par le bon sens. Il suscite toutefois des questions juridiques.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Des initiatives convergentes</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Au 3 octobre 2026, au moins deux pr&eacute;fets ont envoy&eacute; des lettres individualis&eacute;es, Fran&ccedil;ois-Xavier Lauch dans le Pas de Calais et Pierre Regnault de la Mothe dans les Pyr&eacute;n&eacute;es&nbsp;Orientales. La simultan&eacute;it&eacute; des initiatives et la proximit&eacute; des termes employ&eacute;s laisse penser &agrave; une coordination, voire &agrave; une instruction du ministre de l'Int&eacute;rieur. Mais en l'&eacute;tat des sources accessibles, aucune circulaire ne semble avoir &eacute;t&eacute; publi&eacute;e en ce sens. A ce stade, on peut donc seulement &eacute;voquer des initiatives pr&eacute;fectorales convergentes, sans exclure toutefois l'hypoth&egrave;se d'&eacute;changes ou de consignes non publi&eacute;es.</span></p><p><span><br></span></p><p><span>Se pose alors la question de savoir si un tel document est susceptible de recours.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Les Quatre Bacheliers. George Brassens</span></div><p></p><p><span>T&eacute;l&eacute;Dimanche, octobre 1966</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'absence de d&eacute;cision administrative</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La question de la nature juridique de ces lettres est facilement r&eacute;solue. Il s'agit en effet, pour reprendre la formulation ch&egrave;re &agrave; Ren&eacute; Chapus, d'actes non d&eacute;cisoires.</span></p><p><span>Dans sa d&eacute;finition m&ecirc;me, une d&eacute;cision administrative modifie la situation juridique de son destinataire. Elle accorde ou refuse une prestation ou l'exercice d'un droit, impose une obligation, autorise une activit&eacute; ou prononce une sanction. En l'esp&egrave;ce, les pr&eacute;fets se sont born&eacute;s &agrave; rappeler aux parents qu'ils sont civilement responsables des dommages caus&eacute;s par leurs enfants mineurs. La r&eacute;daction de l'a<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032041559/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rticle 1242 du code civil </a>a d'ailleurs &eacute;t&eacute; modifi&eacute; par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051782996" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 23 juin 2025.</a> Ce principe de responsabilit&eacute; n'est d&eacute;sormais plus li&eacute; &agrave; la cohabitation, mais &agrave; l'exercice de l'autorit&eacute; parentale elle-m&ecirc;me.</span></p><p><span>Quant &agrave; la jurisprudence qui admet la recevabilit&eacute; du recours pour exc&egrave;s de pouvoir contre le droit souple, issue des <a href="https://conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2016-03-21/368082?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;ts d'assembl&eacute;e du Conseil d'&Eacute;tat du 21 mars 2016 </a><i><a href="https://conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2016-03-21/368082?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Soci&eacute;t&eacute; Farivesta International GmbH </a>et a</i>, et <i><a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2016-03-21/390023?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Soci&eacute;t&eacute; Num&eacute;ricable</a></i>, elle n'est pas applicable en l'esp&egrave;ce. Elle ne concerne en effet que les mesures &agrave; port&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale, instruction ou circulaire. Dans le cas pr&eacute;sent, les lettres des pr&eacute;fets sont purement individuelles. On aurait peut &ecirc;tre pu contester une circulaire du ministre de l'Int&eacute;rieur demandant aux pr&eacute;fets d'&eacute;crire mais, pr&eacute;cis&eacute;ment, il n'y en a pas, du moins officiellement.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un rappel de la loi</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Tout cela ne nous renseigne pas sur la nature juridique de la lettre. On pourrait avoir la tentation de la qualifier de rappel &agrave; la loi, mais en r&eacute;alit&eacute; on peut seulement &eacute;voquer un rappel de la loi, c'est &agrave; dire un rappel de l'existence de la loi.</span></p><p><span>En effet, la r&eacute;f&eacute;rence au rappel &agrave; la loi est doublement erron&eacute;e. D'abord parce qu'il a disparu, remplac&eacute; depuis janvier 2023 par l<i>'avertissement p&eacute;nal probatoir</i>e. Ensuite, parce qu'il s'agissait d'une proc&eacute;dure p&eacute;nale, avertissement d&eacute;livr&eacute; par le procureur de la R&eacute;publique, post&eacute;rieur &agrave; la reconnaissance de culpabilit&eacute;. Il est &eacute;vident que le pr&eacute;fet ne dispose d'aucune comp&eacute;tence de nature p&eacute;nale, &agrave; l'exception de celle de saisir le juge, comme tout le monde.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Acc&egrave;s aux donn&eacute;es et d&eacute;tournement de finalit&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Cette absence de comp&eacute;tence p&eacute;nale conduit au probl&egrave;me juridique essentiel de ces missives pr&eacute;fectorales. Car, pour les envoyer, le pr&eacute;fet a obligatoirement eu communication des donn&eacute;es recueillies en garde &agrave; vue, mentionnant &agrave; la fois les faits reproch&eacute;s aux mineurs et l'adresse des titulaires de l'autorit&eacute; parentale.</span></p><p><span>L'article 91 de la<a href="https://vifa-recht.de/%20loi%20du%206%20janvier%201978" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 6 janvier 1978 </a>pose une r&egrave;gle bien connue. Les donn&eacute;es recueillies par les autorit&eacute;s comp&eacute;tentes en mati&egrave;re de pr&eacute;vention et de r&eacute;pression des infractions ne peuvent &ecirc;tre trait&eacute;es pour d'autres finalit&eacute;s, &agrave; moins qu'un tel traitement soit autoris&eacute; par la loi ou le r&egrave;glement, ou encore par le droit de l'Union europ&eacute;enne.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, il ne fait gu&egrave;re de doute que le passage d'une collecte r&eacute;alis&eacute;e pour les besoins d'une garde &agrave; vue &agrave; leur utilisation dans le but d'une admonestation administrative adress&eacute;e aux parents s'analyse comme un d&eacute;tournement de finalit&eacute;.</span></p><p><span>Certes, on ignore comment les pr&eacute;fets se sont procur&eacute; ces donn&eacute;es, mais cette situation ne retire rien au d&eacute;tournement de finalit&eacute;.</span></p><p><span>Le principe de s&eacute;paration des pouvoirs s'oppose d'ailleurs &agrave; ce qu'une autorit&eacute; administrative s'immisce dans une proc&eacute;dure p&eacute;nale, ne serait-ce qu'en acc&eacute;dant au dossier. En t&eacute;moignent les textes organisant l'acc&egrave;s au Traitement des ant&eacute;c&eacute;dents judiciaires (TAJ), c'est-&agrave;-dire les articles <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049363352?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">40-28 </a>et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000035364428/2021-07-27" target="_blank" rel="noopener noreferrer">40-29 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a>.</span></p><p><span>L'acc&egrave;s aux donn&eacute;es judiciaires ne repose pas sur un libre &eacute;change entre les autorit&eacute;s judiciaires et administratives. Au contraire, l'acc&egrave;s n'est autoris&eacute; que lorsqu'un texte le pr&eacute;voit, pour une finalit&eacute; d&eacute;termin&eacute;e et aux b&eacute;n&eacute;fices de personnes sp&eacute;cialement habilit&eacute;es. Cela signifie qu'elles font l'objet d'une proc&eacute;dure qui les identifie comme ayant le droit d'entrer dans le TAJ, d&eacute;termine pour quelle mission ils peuvent le faire, et limite leur acc&egrave;s selon leur besoin d'en conna&icirc;tre.&nbsp;</span></p><p><span>Ce dernier principe est essentiel, car un agent habilit&eacute; n'a pas pour autant le droit de consulter n'importe quelle fiche. La Chambre criminelle de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000046510241?init=true&amp;page=1&amp;query=77-1-1+code+de+procedure+penale&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=code&amp;utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Cour de cassation pr&eacute;cise ainsi, dans un arr&ecirc;t du 25 octobre 2022,</a> que, hors certaines r&eacute;quisitions judiciaires, la consultation du TAJ doit &ecirc;tre effectu&eacute;e par un "<i>agent d&eacute;sign&eacute; &agrave; cette fin et sp&eacute;cialement habilit&eacute;</i>".&nbsp;Concr&egrave;tement, sont concern&eacute;es, outre les magistrats, les forces de police et certains fonctionnaires charg&eacute;s du renseignement.&nbsp;</span></p><p><span>Dans le cas des lettres des pr&eacute;fets, il est clair qu'un agent de pr&eacute;fecture, m&ecirc;me s'il &eacute;tait habilit&eacute; au TAJ, ne pourrait pas consulter celui-ci afin que le pr&eacute;fet adresse un courrier aux parents des jeunes gard&eacute;s &agrave; vue. Une telle consultation n'a en effet rien &agrave; voir avec les finalit&eacute;s l&eacute;gales d&eacute;finies par le code de proc&eacute;dure p&eacute;nale.</span></p><p><span>L'ensemble de l'op&eacute;ration semble ainsi quelque peu improvis&eacute;. Les pr&eacute;fets ont voulu donner l'impression d'une initiative purement personnelle de leur part, mais les similitudes entre les lettres permettent d'en douter. Ils ont voulu donner un avertissement aux parents, mais ils se bornent &agrave; rappeler une responsabilit&eacute; civile qui figure d&eacute;j&agrave; dans la loi. Il serait sans doute plus utile de la mettre en oeuvre que de la rappeler dans des instruments d&eacute;pourvus de toute puissance contraignante et laissant soup&ccedil;onner une ing&eacute;rence dans des comp&eacute;tences r&eacute;serv&eacute;es &agrave; l'autorit&eacute; judiciaire.&nbsp;</span></p><p><span>Une fois que le pr&eacute;fet aura admonest&eacute; les parents des mineurs gard&eacute;s &agrave; vue, il faudra peut &ecirc;tre qu'une autorit&eacute; d&eacute;cide d'admonester le pr&eacute;fet.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>La s&eacute;paration des autorit&eacute;s&nbsp;</span></b><span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span face="-webkit-standard"><span><span> </span></span>: chapitre 3 section 3 &sect; 2&nbsp;</span></span></p><div><span><span face="-webkit-standard"><br></span></span></div><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-10-03T17:57:40+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">CEDH : Retour sur les sanctions automatiques</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>&nbsp;L'avis consultatif rendu le 29 septembre 2026 par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CE...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>&nbsp;</span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj_SdMBoLQkqCA1OoKIQNfUvm4frfnPU6ldh0W6np3_penRWZdyNkLC3jLHKhs2NNYakp_iIMg7E9XX22eOc8i1uon3oClHoXbch8h_mpuCmh__nFcFz8v2C81LqFyE6RXDHM4yAdEZKo-9urfn5YyGueAL6nFOnzZBEPoUgF1E0t4m8duGS-GH0O1AJvY/s400/cedh@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj_SdMBoLQkqCA1OoKIQNfUvm4frfnPU6ldh0W6np3_penRWZdyNkLC3jLHKhs2NNYakp_iIMg7E9XX22eOc8i1uon3oClHoXbch8h_mpuCmh__nFcFz8v2C81LqFyE6RXDHM4yAdEZKo-9urfn5YyGueAL6nFOnzZBEPoUgF1E0t4m8duGS-GH0O1AJvY/w224-h100/cedh@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=003-8648077-12325389" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L'avis consultatif rendu le 29 septembre 2026 par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) </a>d&eacute;passe largement le cadre des sanctions fiscales dont il traite&nbsp;directement. Il pr&eacute;cise en effet &nbsp;les conditions dans lesquelles une sanction automatique ou forfaitaire reste compatible avec la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme.</div></span><p></p><p><span>L'avis est rendu &agrave; la demande de la Cour Supr&ecirc;me ukrainienne, selon la proc&eacute;dure d&eacute;finie par le Protocole n 16 &agrave; la Convention.&nbsp;Celle-ci autorise les "<i>hautes juridictions nationales</i>" &agrave; demander &agrave; la CEDH un avis consultatif sur "<i>des questions de principes relatives &agrave; l'interpr&eacute;tation ou &agrave; l'application des droits et libert&eacute;s d&eacute;finis par la Convention pour ses protocoles</i>". Encore faut-il que la juridiction demanderesse intervienne "<i>dans le cadre d'une affaire pendante devant elle</i>". Si la Grande Chambre accepte de s'en saisir, elle rend un avis qui est motiv&eacute; mais qui n'est pas contraignant au regard de l'affaire en cours.&nbsp;</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce l'affaire concernait une entreprise ukrainienne commercialisant du carburant et de l'alcool. Elle avait commis un manquement mineur en utilisant une caisse &eacute;lectronique qui ne figurait pas dans les licences li&eacute;es &agrave; son activit&eacute;. Le manquement n'&eacute;tait pas contest&eacute;, il avait &eacute;t&eacute; r&eacute;gularis&eacute; et n'avait caus&eacute; aucun pr&eacute;judice ni aux personnes priv&eacute;es ni &agrave; l'&Eacute;tat. Pourtant la loi ukrainienne pr&eacute;voyait une amende &eacute;gale &agrave; 200 % de la valeur des marchandises vendues. Pour l'entreprise, cela repr&eacute;sentait &agrave; peu pr&egrave;s trois fois la valeur de ses actifs.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'individualisation n'implique la modulation de la sanction</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La Cour Supr&ecirc;me ukrainienne, jugeant du recours de l'entreprise, demande donc &agrave; la CEDH selon quels crit&egrave;res elle doit appr&eacute;cier la proportionnalit&eacute; de la sanction et, si elle peut, dans l'hypoth&egrave;se o&ugrave; elle la juge excessive, appliquer une sanction inf&eacute;rieure, donc non pr&eacute;vue par la loi.</span></p><p><span>L'avis de la CEDH est rendu au regard de l'article 1er du<a href="https://www.coe.int/fr/web/echr-toolkit/protocole-1" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> Protocole n&deg; 1 </a>qui prot&egrave;ge le respect des biens. Toute ing&eacute;rence dans le droit de propri&eacute;t&eacute; doit &ecirc;tre pr&eacute;vue par la loi, poursuivre un but d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral et reposer sur un "<i>juste &eacute;quilibre</i>". La CEDH laisse le droit interne d&eacute;finir ses propres crit&egrave;res de proportionnalit&eacute; de l'ing&eacute;rence. Elle se borne &agrave; exiger que le syst&egrave;me juridique, consid&eacute;r&eacute; dans sa globalit&eacute;, comporte des garanties de nature &agrave; emp&ecirc;cher qu'une sanction fasse peser sur la personne une charge disproportionn&eacute;e.</span></p><p><span>De ce principe, d'ailleurs bien connu, de proportionnalit&eacute;, on ne doit pas d&eacute;duire que la CEDH interdit les sanctions automatiques. Elles ne sont pas n&eacute;cessairement disproportionn&eacute;es et la loi interne peut ainsi interdire au juge de prononcer une amende d'un montant plus faible que celui fix&eacute; par la loi. Dans sa d&eacute;cision <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-111373" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Segame c. France</i> du 7 juin 2012</a>, la Cour europ&eacute;enne admet ainsi une p&eacute;nalit&eacute; fiscale dont le juge judiciaire ne peut moduler le montant.</span></p><p><span>Pour la CEDH, l'individualisation de la sanction n'implique pas n&eacute;cessairement sa modulation. Elle peut s'exprimer autrement, par exemple en permettant au juge de ne pas prononcer de sanction lorsqu'il l'estime disproportionn&eacute;e, voire en donnant au juge constitutionnel la possibilit&eacute; de contr&ocirc;ler le bar&egrave;mes des sanctions.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgFM56MB38iKX9AyM01Fjv3K5M-Tjir9PzamoqMJYiLtUMgbs5WAIcmwbClhvxlQ7oAEJbkHAi8sLGvDAEnu7voZ5Y9z2Rps1AW7XhZ3owEq3iU1UEmNx4Ddhc0J3xD82waNizV3TpOR-6jGD5yZvJismPFfTxM5HjiY6GhgM1XRRvQXIqSiEU2UzHXnCI/s1294/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-30%20a%CC%80%2019.31.24.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgFM56MB38iKX9AyM01Fjv3K5M-Tjir9PzamoqMJYiLtUMgbs5WAIcmwbClhvxlQ7oAEJbkHAi8sLGvDAEnu7voZ5Y9z2Rps1AW7XhZ3owEq3iU1UEmNx4Ddhc0J3xD82waNizV3TpOR-6jGD5yZvJismPFfTxM5HjiY6GhgM1XRRvQXIqSiEU2UzHXnCI/w545-h397/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-30%20a%CC%80%2019.31.24.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Voutch. Le monde d'apr&egrave;s, vol 2. 2020</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Sanction forfaitaire, sanction automatique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le droit fran&ccedil;ais quant &agrave; lui distingue clairement la sanction forfaitaire de la sanction automatique.</span></p><p><span>La sanction forfaitaire repose sur son mode de calcul, fix&eacute; par avance selon un bar&egrave;me d&eacute;termin&eacute;. Elle ne pose gu&egrave;re de probl&egrave;me au regard du principe d'individualisation, car, si le quantum est pr&eacute;d&eacute;termin&eacute;, la sanction n'est pas n&eacute;cessairement inflig&eacute;e de mani&egrave;re automatique.</span></p><p><span>La sanction automatique repose, quant &agrave; elle, sur le d&eacute;clenchement de la sanction. Celle-ci intervient d&egrave;s que certains faits sont &eacute;tablis, sans que l'autorit&eacute; qui sanctionne dispose d'un pouvoir d'appr&eacute;ciation ou de modulation. L'automaticit&eacute; porte donc sur le prononc&eacute; m&ecirc;me de la sanction.</span></p><p><span>En droit fran&ccedil;ais, le Conseil constitutionnel, s'il admet assez ais&eacute;ment les amendes forfaitaires, se montre tr&egrave;s r&eacute;serv&eacute; &agrave; l'&eacute;gard des sanctions automatiques.&nbsp; Dans sa <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/cons/id/CONSTEXT000017664405/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 27 juillet 2000 sur l'audiovisu</a>el, il censure l'obligation impos&eacute;e &agrave; l'autorit&eacute; de l'&eacute;poque, le Conseil sup&eacute;rieur de l'audiovisuel (CSA) d'ordonner automatiquement la diffusion d'un communiqu&eacute; sur l'entreprise de t&eacute;l&eacute;vision auteur du manquement. La seule impossibilit&eacute; de pouvoir exercer le contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; pouvait entrainer la disproportion de la sanction.</span></p><p><span>De la m&ecirc;me mani&egrave;re, le Conseil censure, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000029362880?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le 7 ao&ucirc;t 2014</a>, une disposition pr&eacute;voyant la majorit&eacute; automatique de 10 % de sanctions prononc&eacute;es par l'Autorit&eacute; de la Concurrence &nbsp;et l'Autorit&eacute; des March&eacute;s Financiers (AMF).</span></p><p><span>Comme la CEDH, le droit fran&ccedil;ais n'impose pas une modulation par le juge du quantum de la peine. Le Conseil constitutionnel, <a href="https://qpc360.conseil-constitutionnel.fr/2013-06-28/decision-2013-329-qpc-28-juin-2013?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le 28 juin 2013,</a> admet ainsi le caract&egrave;re obligatoire de la publication d'une sanction, d&egrave;s lors que le juge peut moduler la dur&eacute;e de cette publication ainsi que ses modalit&eacute;s. Comme la Cour europ&eacute;enne, le Conseil consid&egrave;re ainsi que l'individualisation peut intervenir par d'autres instruments que la modulation.</span></p><p><span>Quant au Conseil d'&Eacute;tat, il ne raisonne pas diff&eacute;remment, et son<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2022-04-12/449684?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> arr&ecirc;t <i>Soci&eacute;t&eacute; Majesty Pizza</i> du 12 avril 2022 </a>semble tr&egrave;s proche de l'avis de la Cour de septembre 2026. A propos d'une contribution forfaitaire &agrave; l'employeur d'un &eacute;tranger en situation irr&eacute;guli&egrave;re, le juge admet que le montant soit forfaitaire, et que le juge ne puisse le modifier. En revanche, le contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; existe, dans la mesure o&ugrave; le juge peut tout simplement dispenser de peine l'employeur fautif. La m&ecirc;me analyse a &eacute;t&eacute; mise en oeuvre plus r&eacute;cemment, &agrave; propos de certifications d'&eacute;conomies d'&eacute;nergie, dans un ar<a href="https://qpc360.conseil-constitutionnel.fr/2024-12-20/decision-20-decembre-2024-ndeg496114?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">r&ecirc;t <i>Soci&eacute;t&eacute; Hello Solutions</i> du 20 d&eacute;cembre 2024</a>.</span></p><p><span>L'avis rendu par la CEDH le 29 septembre 2026 ne bouleverse donc pas le droit fran&ccedil;ais, m&ecirc;me si celui-ci distingue plus clairement la sanction forfaitaire de la sanction automatique. L'id&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale est finalement assez simple. Quelle que soit la sanction, forfaitaire ou obligatoire, le syst&egrave;me juridique doit pr&eacute;voir une soupape de suret&eacute;, c'est-&agrave;-dire une possibilit&eacute;, &agrave; un moment ou &agrave; un autre, de tenir compte de la situation individuelle de l'int&eacute;ress&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>On peut certes saluer cet effort de conciliation entre la sanction automatique et le principe d'individualisation. Il n'emp&ecirc;che que le r&eacute;sultat peut, &agrave; l'issue, se r&eacute;v&eacute;ler plut&ocirc;t brutal. Le juge se trouve, dans ce cas, souvent plac&eacute; dans un choix difficile - appliquer une sanction qu'il trouve excessive, ou dispenser de peine l'int&eacute;ress&eacute;. Le droit ne fait pas dans la nuance.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>L'automaticit&eacute; de la peine&nbsp;</span></b><span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span face="-webkit-standard"><span> </span>: chapitre 4 section 1 &sect; 2&nbsp;</span></span></p><div><span><span face="-webkit-standard"><br></span></span></div>]]></content>
	<updated>2026-09-30T18:15:04+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/09/tabagisme-extension-du-domaine-de-la.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Tabagisme : extension du domaine de la santé publique</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La d&eacute;cision rendue le 21 septembre 2026 par le Conseil d'&Eacute;tat confirme la l&eacute;galit&eacute; du d&eacute;cret du 27 j...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEinsS-DMumY-Lvb0kdyEMkwyciZIzW4ksFUSbmZ1PJWI5A5aDc3ZWRjONordYNsE-TlOlvSzmPX87htSBC0RkJU7on1RIyUEL0xBecCV0fnKOVUNDSYnkukQhUM8a9ju1eWO-YeIjj3oxfe94m0MGiWgxzsiOxNuGi1-W47IBcuQEzwir3gQxXrijDLwvs/s200/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEinsS-DMumY-Lvb0kdyEMkwyciZIzW4ksFUSbmZ1PJWI5A5aDc3ZWRjONordYNsE-TlOlvSzmPX87htSBC0RkJU7on1RIyUEL0xBecCV0fnKOVUNDSYnkukQhUM8a9ju1eWO-YeIjj3oxfe94m0MGiWgxzsiOxNuGi1-W47IBcuQEzwir3gQxXrijDLwvs/s1600/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://vifa-recht.de/arianeweb" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue le 21 septembre 2026</a> par le Conseil d'&Eacute;tat confirme la l&eacute;galit&eacute; du <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051806161" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 27 juin 2025</a> qui &eacute;largit les espaces sans tabac, en particulier &agrave; proximit&eacute; des lieux fr&eacute;quent&eacute;s par des mineurs et limite, pour ces m&ecirc;mes mineurs, la vente des produits du tabac et du vapotage.</div></span><p></p><p><span>A priori, rien d'inattendu dans une telles d&eacute;cision qui, finalement, se ram&egrave;ne &agrave; un simple contr&ocirc;le de l&eacute;galit&eacute; d'une mesure de police administrative. L'association requ&eacute;rante, le <i>Cercle Droit et Libert&eacute;</i>, se rattache &agrave; un mouvement que l'on pourrait qualifier de libertarien. Elle est apparue durant l'&eacute;tat d'urgence li&eacute; au Covid pour contester syst&eacute;matiquement toutes les mesures li&eacute;es &agrave; l'obligation vaccinale.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le tabac, objet juridique</span></h3><p><br></p><p><span>Le r&eacute;gime juridique du tabac peut sembler surprenant. D'un c&ocirc;t&eacute;, sa vente est licite et organis&eacute;e &agrave; partir d'un monopole de l'&Eacute;tat par l'interm&eacute;diaire des d&eacute;bits de tabac. De l'autre c&ocirc;t&eacute;, l'encadrement de la vente du tabac est de plus en plus rigoureux.</span></p><p><span>Tout a commenc&eacute; avec la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068551" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Veil du 9 juillet 1976</a> qui r&eacute;glementait la publicit&eacute; et autorisait l'interdiction de fumer dans des lieux collectifs lorsque la tabagisme y pr&eacute;sentait un danger pour la sant&eacute;. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006077071/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 10 janvier 1991</a> inverse cette logique et pose un principe d'interdiction dans les lieux affect&eacute;s au public et les transports, sous r&eacute;serve d'emplacements sp&eacute;cifiques r&eacute;serv&eacute;s aux fumeurs. Depuis cette date, les interdictions n'ont fait que s'&eacute;tendre, avec le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000002472791" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 15 novembre 2006 </a>qui interdit le tabac dans tous les lieux couverts ou ferm&eacute;s ou constituant des lieux de travail. Enfin l'interdiction de la vente aux mineurs a &eacute;t&eacute; port&eacute;e de seize &agrave; dix-huit ans par la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFSCTA000020879478" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 21 juillet 2009</a>, De fait, le d&eacute;cret contest&eacute; du 27 juin 2025 marque une nouvelle &eacute;tape de cette &eacute;volution, en &eacute;largissant l'interdiction aux espaces proches des &eacute;tablissements d'enseignement pendant les heures de travail, aux jardins publics et aux plages.</span></p><p><span>Le corpus juridique est donc particuli&egrave;rement solide et c'est la raison pour laquelle l'association requ&eacute;rante ne pouvait gu&egrave;re plaider l'incomp&eacute;tence du pouvoir r&eacute;glementaire.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Du Gris. Berthe Sylva. 1931</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La comp&eacute;tence du Premier ministre</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Il est exact que l'article 34 de la Constitution r&eacute;serve &agrave; la loi la d&eacute;termination des "<i>garanties fondamentales accord&eacute;es aux citoyens pour l'exercice des libert&eacute;s publiques</i>". L'interdiction de consommer un produit licite dans l'espace public constitue, &agrave; l'&eacute;vidence, une restriction &agrave; la libert&eacute; individuelle. Mais le Conseil d'&Eacute;tat ferme imm&eacute;diatement cette voie contentieuse en affirmant que le Premier ministre tient des articles 21 et 37 de la Constitution le pouvoir de prendre des mesures de police pour garantir l'ordre public, et donc la sant&eacute; publique qui en est un &eacute;l&eacute;ment. La loi est d'ailleurs d&eacute;j&agrave; intervenue dans ce domaine, et l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032548839" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 3512-8 du code de la sant&eacute; publique</a> interdit de fumer dans les "<i>lieux affect&eacute;s &agrave; un usage collectif</i>". Le d&eacute;cret de 2025 peut donc &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme une mesure mettant en oeuvre ces dispositions.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit de fumer</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'association requ&eacute;rante ne pouvait davantage esp&eacute;rer obtenir la cons&eacute;cration de l'existence d'un droit de fumer. Elle invoque certes l'article 8 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme, qui garantit le droit au respect de la vie priv&eacute;e.</span></p><p><span>Certes, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) avait jug&eacute;, le <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=002-14532" target="_blank" rel="noopener noreferrer">4 novembre 2025, dans un arr&ecirc;t <i>Vainik et a. c. Estonie</i></a>, que le choix de fumer relevait de l'autonomie personnelle. Mais il s'agissait d'une affaire portant sur une interdiction absolue de fumer en prison. Surtout, la d&eacute;cision a connu une suite inattendue, comme si la Cour la regrettait quelque peu. Apr&egrave;s renvoi, la Grande Chambre a ray&eacute; l'affaire du r&ocirc;le le 30 juin 2026. De fait, aucun juge n'a jamais consacr&eacute; le droit de. fumer.</span></p><p><span></span></p><p><br></p><h3><span>De la pr&eacute;vention contre la fum&eacute;e, &agrave; la pr&eacute;vention de l'acte de fumer</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'int&eacute;r&ecirc;t de la d&eacute;cision tient finalement au contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; exerc&eacute; par le Conseil d'&Eacute;tat. L'association requ&eacute;rante faisait valoir que le danger du tabagisme n'&eacute;tait pas d&eacute;montr&eacute; avec la m&ecirc;me certitude dans les espaces ouverts ext&eacute;rieurs que dans les espaces clos. Le Conseil d'&Eacute;tat reconna&icirc;t des "<i>incertitude</i>s" sur ce point, mais il se situe r&eacute;solument sur un autre terrain.</span></p><p><span>Il note d'abord la gravit&eacute; des effets du tabagisme sur la sant&eacute;, avec 75 000 d&eacute;c&egrave;s annuels, dont 46 000 par cancer. Il cite les donn&eacute;es de l'OMS selon lesquelles il n'existe pas de seuil d'exposition sans danger. Enfin, et c'est l'essentiel de la d&eacute;cision, le Conseil d'&Eacute;tat affirme que les espaces sans tabac n'ont pas seulement pour effet de r&eacute;duire l'exposition des jeunes, mais permettent aussi de diminuer les occasions de fumer et donc l'entr&eacute;e dans la consommation chez les jeunes.</span></p><p><span>La mesure est donc justifi&eacute;e non pas par les dangers de l'exposition directe, mais par la n&eacute;cessit&eacute; de dissuader la consommation. Le domaine de la sant&eacute; publique s'&eacute;largit ainsi consid&eacute;rablement. La mesure de police n'a plus pour objet de prot&eacute;ger la sant&eacute; des tiers mais de les prot&eacute;ger contre le d&eacute;sir de tabac, le risque de devenir eux-m&ecirc;mes fumeurs.</span></p><p><span>La d&eacute;cision du 21 septembre 2026 marque ainsi une &eacute;tape importante dans l'histoire juridique du tabac. Le droit positif ne limite plus son ambition &agrave; prot&eacute;ger les victimes du tabagisme passif. Il vise plus largement &agrave; faire dispara&icirc;tre le tabac de l'environnement des mineurs pour rendre moins probable l'acte de fumer. Il s'agit donc de d&eacute;normaliser le tabac, de faire en sorte que le geste de fumer ne soit plus v&eacute;cu de mani&egrave;re positive, comme un rite de passage vers l'&acirc;ge adulte. La sant&eacute; publique int&egrave;gre la politique publique de sant&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>Le contr&ocirc;le des mesures de police administrative&nbsp;</span></b><span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span face="-webkit-standard"><span> </span>: chapitre 3 section 3 &sect; 2 B</span></span></p><p><span><br></span></p>]]></content>
	<updated>2026-09-26T21:09:41+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Philippe Brun :: Le juge des référés confond urgence et précipitation</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Philippe Brun, membre du Parti socialiste, est d&eacute;put&eacute; de l'Eure depuis 2022. Fin juin 2026, il annon...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgeN7vvEjIWzcgQivmHqjG5TV-CqhC6Ajf0NCd9BlItnS8Om4T4spv_uSoKfVGqMZNfGEkbD3b4tEsS7K_XyF2yfYM1dQCCjKpZBbAdEMfl5JPLTCkgjyhzRWHOKIQ8NQ3lJyGmoU2DoxRl78QYoCsBVUJtAVugKp-D2LbWRkN8P8o2uExuMFXdFax9AUE/s548/pe%CC%81nal%202.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgeN7vvEjIWzcgQivmHqjG5TV-CqhC6Ajf0NCd9BlItnS8Om4T4spv_uSoKfVGqMZNfGEkbD3b4tEsS7K_XyF2yfYM1dQCCjKpZBbAdEMfl5JPLTCkgjyhzRWHOKIQ8NQ3lJyGmoU2DoxRl78QYoCsBVUJtAVugKp-D2LbWRkN8P8o2uExuMFXdFax9AUE/w156-h162/pe%CC%81nal%202.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br>Philippe Brun, membre du Parti socialiste, est d&eacute;put&eacute; de l'Eure depuis 2022. Fin juin 2026, il annonce sa candidature &agrave; la Primaire socialiste, d&eacute;clarant porter "<i>une troisi&egrave;me voie</i>". Il obtient normalement les parrainages n&eacute;cessaires &agrave; cette candidature. Mais le 16 septembre, il est "<i>suspendu &agrave; titre conservatoire </i>"du parti, suite &agrave; des accusations de violences physiques, de harc&egrave;lement et d'emploi familial formul&eacute;es par l'une de ses anciennes collaboratrices. Celle-ci aurait t&eacute;l&eacute;phon&eacute; au Paris &agrave; 23 h 50 la veille, ce qui a conduit &agrave; la suspension imm&eacute;diate de Philippe Brun, en attendant que les autorit&eacute;s comp&eacute;tentes se prononcent.&nbsp;</span><p></p><p><span>Y a-t-il eu coup de t&eacute;l&eacute;phone, ou pas ? Certains affirment que les accusations visant l'int&eacute;ress&eacute; &eacute;taient connues depuis juillet 2026, ce qui aurait laiss&eacute; le temps d'une proc&eacute;dure contradictoire. <i>Le Canard Encha&icirc;n&eacute;</i> du 23 septembre affirme m&ecirc;me qu'il n'y aurait pas eu de communication de la plaignante, mais plut&ocirc;t une communication de la directrice de cabinet d'Olivier Faure.</span></p><p><span>Y a-t-il eu violences et harc&egrave;lement ? A ce stade, il est &eacute;videmment impossible de se prononcer, et l'int&eacute;ress&eacute; nie formellement ces faits.</span></p><p><span>Il a donc saisi le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal judiciaire pour obtenir, en quelque sorte, la suspension de sa suspension. Il vient, ce 23 septembre 2026, d'&ecirc;tre d&eacute;bout&eacute;. Il annonce faire appel, mais l'effet de sa suspension est d&eacute;j&agrave; consid&eacute;rable puisqu'il se trouver priv&eacute; de participer au premier d&eacute;bat de la primaire socialiste, et donc sans doute &agrave; la Primaire elle-m&ecirc;me</span></p><p><span>Sans entrer dans le d&eacute;bat de fond, car il appartiendra &agrave; la justice d'&eacute;tablir les faits, il faut tout de m&ecirc;me s'int&eacute;resser &agrave; cette &eacute;trange d&eacute;cision de r&eacute;f&eacute;r&eacute;. A ce stade, elle n'est pas int&eacute;gralement publi&eacute;e, mais le <a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/primaire-ps-la-justice-rejette-la-demande-de-reintegration-de-philippe-brun-qui-denonce-un-coup-monte-apres-des-revelations-du-canard-enchaine?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">site de <i>Public S&eacute;nat</i> </a>reprend l'essentiel des motifs. On peut donc d'ores et d&eacute;j&agrave; poser quelques questions</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le parti politique, un objet juridique particulier</span><span><br></span></h3><div><span><br></span></div><p><span>Les partis politiques sont certes g&eacute;n&eacute;ralement constitu&eacute;s sous la forme d'associations de la loi de 1901, ce qui signifie qu'ils sont des personnes priv&eacute;es. Mais ce ne sont pas des associations tout-&agrave;-fait comme les autres.</span></p><p><span>Ils occupent toutefois une place constitutionnelle qui n'est pas reconnue aux associations ordinaires. Aux termes de l'article 4 de la Constitution, ils "<i>concourent &agrave; l'expression du suffrage</i>", "<i>se forment et exercent leur activit&eacute; librement</i>", &agrave; la condition toutefois de respecter les principes de la souverainet&eacute; nationale et de la d&eacute;mocratie. Les partis sont donc constitutionnalis&eacute;s et le Conseil constitutionnel, dans sa <a href="https://qpc360.conseil-constitutionnel.fr/2019-10-25/decision-2019-811-qpc-25-octobre-2019" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 25 octobre 2019</a> affirme que "l<i>e principe de pluralisme des courants d'id&eacute;es et d'opinions est un fondement de la d&eacute;mocratie</i>".</span></p><p><span>Cette constitutionnalisation ne transforme pas les partis en personnes publiques. La Cour de cassation l'a affirm&eacute; dans son <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000033943696/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Jean-Marie Le Pen c. Front National</i> du 25 janvier 2017</a>, &agrave; propos de la suppression par ce parti de la pr&eacute;sidence d'honneur, &eacute;cartant de fait <i>Jean-Marie Le Pen </i>de ses instances dirigeantes. Sur le fondement de l'article 4 de la Constitution, la Cour estime que les partis sont absolument libres de ses former et d'exercer leur activit&eacute;. L'administration ne peut s'immiscer dans son fonctionnement et les conflits internes rel&egrave;vent du juge judiciaire.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh84YfF88n9NfwRWovYYHgF1lY1nnQe5Hm6YUF6lyogBhYAcAkJ9W4ZPjfugEIRH5CYuxV_LRzeHLA-H8R4gGi7v86eaUBTBGGALF2m2YnwvqZ5gnl3QKul0lXkt720_pPT1smn6fYyJA-ECrF7y03SR8rMrqRp9vvSdBAGdA_vGI7bRaguD70m7mTi5is/s1804/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-23%20a%CC%80%2020.27.11.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh84YfF88n9NfwRWovYYHgF1lY1nnQe5Hm6YUF6lyogBhYAcAkJ9W4ZPjfugEIRH5CYuxV_LRzeHLA-H8R4gGi7v86eaUBTBGGALF2m2YnwvqZ5gnl3QKul0lXkt720_pPT1smn6fYyJA-ECrF7y03SR8rMrqRp9vvSdBAGdA_vGI7bRaguD70m7mTi5is/w552-h235/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-23%20a%CC%80%2020.27.11.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Ast&eacute;rix et le chaudron. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1969</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les statuts, seulement les statuts</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s peut donc &ecirc;tre saisi, essentiellement en cas de violation des statuts. Dans l'affaire de 2017, la Cour de cassation valide l'intervention du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s pour suspendre la d&eacute;cision de suppression de la pr&eacute;sidence d'honneur du <i>Front National,</i> parce qu'une assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale extraordinaire avait &eacute;t&eacute; organis&eacute;e par correspondance, proc&eacute;dure non pr&eacute;vue par les statuts du parti. En soi, la m&eacute;connaissance des statuts est un trouble manifestement illicite et le juge peut sanctionner la violation d'une r&egrave;gle que le parti s'est lui-m&ecirc;me&nbsp;donn&eacute;e.</span></p><p><span>La d&eacute;cision du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du 23 septembre 2026 reprend cette jurisprudence, a contrario. Philippe Brun<i> </i>invoquait une violation des statuts, estimant que, ayant obtenu les parrainages n&eacute;cessaires, le Bureau national &eacute;tait tenu d'ent&eacute;riner sa candidature &agrave; la Primaire. Mais la direction du PS, <a href="https://parti-socialiste.fr/communiques-de-presse/bureau-national-du-16-septembre-2026/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">dans un communiqu&eacute;</a>, affirmait, quant &agrave; elle, avoir &eacute;t&eacute; inform&eacute;e la veille au soir de "<i>faits susceptibles de relever d'une qualification p&eacute;nal</i>e".</span></p><p><span>Il invoquait donc l'<a href="https://www.ps81.fr/_files/ugd/9182b4_4b47fd21ceda42b89d0badd50863da76.pdf?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 4. 3. 4 de ses statuts </a>qui permet au Bureau national "<i>en cas d'urgence ou de n&eacute;cessit&eacute;</i>" de suspendre un adh&eacute;rent &agrave; titre conservatoire, en attendant la d&eacute;cision de la commission disciplinaire.</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s se satisfait de ce fondement juridique. Il constate qu'"<i>aucune violation flagrante</i>" des statuts n'est &eacute;tablie. Il consid&egrave;re ainsi que l'urgence &eacute;tait &eacute;tablie par l'existence d'un signalement r&eacute;cent &agrave; propos de faits graves et par l'imminence de la validation des candidatures aux Primaires. Il ne reconnait donc aucun "<i>trouble illicite</i>" au sens de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042597284/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 835 du code de proc&eacute;dure civile</a>.</span></p><p><span>L'analyse est tout de m&ecirc;me un peu courte. En effet, l'urgence n'est pas si nettement &eacute;tablie. Certains font valoir que les faits dont Philippe Brun est accus&eacute; &eacute;taient connus d&egrave;s juillet 2026, et m&ecirc;me que le coup de fil de la veille n'a jamais exist&eacute;. Le juge ne se pose m&ecirc;me pas la question et admet sans discuter la version des faits d&eacute;velopp&eacute;e par le PS. &nbsp;</span></p><p><br></p><h3><span>L'absence de droits de la d&eacute;fense</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Philippe Brun soutient avoir &eacute;t&eacute; suspendu sans avoir eu communication des faits qui lui &eacute;taient reproch&eacute;s et sans avoir &eacute;t&eacute; entendu. Or, en droit des associations, les droits de la d&eacute;fense ne sont pas inconnus, loin de l&agrave;. Dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000038238618/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">un arr&ecirc;t du 6 mars 2019,</a> la Cour de cassation impose ainsi leur respect, lorsqu'une association prononce une sanction disciplinaire. L'int&eacute;ress&eacute; doit donc avoir eu connaissance des griefs formul&eacute;s contre lui et avoir pu pr&eacute;senter ses observations.</span></p><p><span>Dans l'affaire Philippe Brun, le juge se borne &agrave; tirer les cons&eacute;quences de la qualification de la d&eacute;cision. Il s'agit d'une mesure conservatoire et l'article 4. 3. 4 n'impose aucune proc&eacute;dure contradictoire. L'int&eacute;ress&eacute; pourra sans doute se d&eacute;fendre devant les instances disciplinaires, des mois plus tard, alors que les Primaires seront termin&eacute;es, et probablement l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle aussi. Mais, pour le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, il n'y a pas de violation manifeste des droits de l'int&eacute;ress&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une sanction d&eacute;guis&eacute;e</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sur le fond, il est impossible d'adh&eacute;rer aux motifs de la d&eacute;cision. En effet, une mesure conservatoire n'est pas cens&eacute;e changer la situation juridique de la personne. C'est ainsi qu'un personnel suspendu conserve ses fonctions sans les exercer r&eacute;ellement. Il n'est priv&eacute; d'aucun de ses autres droits.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, la suspension de <i>Philippe Brun</i> lui interdit de participer aux Primaires et d'&ecirc;tre candidat aux Pr&eacute;sidentielles. La d&eacute;cision modifie ainsi sa situation juridique, en quelque sorte par une perte de chance. Pire, avec la d&eacute;cision du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, la suspension de <i>Philippe Brun</i> devient irr&eacute;versible, ce qui d&eacute;passe largement le champ d'un r&eacute;f&eacute;r&eacute;. M&ecirc;me si ensuite aucune sanction disciplinaire n'est prononc&eacute;e, l'int&eacute;ress&eacute; se trouve d&eacute;finitivement priv&eacute; de toute possibilit&eacute; de participer aux &eacute;lections pr&eacute;sidentielles.</span></p><p><span>Ce caract&egrave;re irr&eacute;versible conduit &agrave; consid&eacute;rer que la mesure conservatoire prononc&eacute;e &agrave; l'encontre de Philippe Brun a toutes les apparences d'une sanction disciplinaire qui ne veut pas dire son nom. In fine, la d&eacute;cision du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s transforme une mesure provisoire en mesure d&eacute;finitive.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La pr&eacute;cipitation transform&eacute;e en urgence</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>De ces &eacute;l&eacute;ments, on peut d&eacute;duire que le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s a m&eacute;lang&eacute; l'urgence et la pr&eacute;cipitation. En fait, il renverse r&eacute;solument tous les arguments de <i>Philippe&nbsp;Brun</i> pour justifier sa d&eacute;cision.</span></p><p><span>On s'en doute, l'int&eacute;ress&eacute; d&eacute;non&ccedil;ait essentiellement la chronologie des &eacute;v&eacute;nement. Un signalement parvenu dans la nuit du 15 au 16 septembre, une r&eacute;union du Bureau national d&egrave;s le lendemain matin sans qu'il en soit inform&eacute;, suspension imm&eacute;diate et exclusion de la primaire au moment pr&eacute;cis o&ugrave; les candidatures &eacute;taient valid&eacute;es par le m&ecirc;me Bureau. Il conteste &eacute;videmment les conditions dans lesquelles le signalement est parvenu au PS, et les r&eacute;v&eacute;lations du <i>Canard Encha&icirc;n&eacute; </i>vont clairement dans ce sens. Enfin, il observe que le PS n'a produit aucun t&eacute;moignage des violences qui lui sont reproch&eacute;es.&nbsp;</span></p><p><span>Ces divergences sont normales, &agrave; ce stade o&ugrave; l'enqu&ecirc;te p&eacute;nale n'a pas commenc&eacute;, s'il y en a une. Les faits ne sont donc pas &eacute;tablis, mais le juge n'en a cure puisque le r&eacute;f&eacute;r&eacute; n'est pas une proc&eacute;dure destin&eacute;e &agrave; les appr&eacute;cier.</span></p><p><span>Il retourne au contraire l'argumentaire. A ses yeux, la proximit&eacute; temporelle entre le signalement et la validation des candidatures n'est pas la preuve d'une pr&eacute;cipitation fautive. C'est tout simplement la justification de l'urgence justifiant la mise en oeuvre de la suspension. Quant &agrave; l'impossibilit&eacute; de se pr&eacute;senter aux Primaires, elle est la simple cons&eacute;quence de cette suspension.&nbsp;</span></p><p><span>Certains vont peut-&ecirc;tre louer la retenue d'un juge tr&egrave;s respectueux de l'autonomie des partis politiques et soucieux de ne pas s'immiscer dans leur fonctionnement. Mais dans ce cas, la conciliation entre la libert&eacute; constitutionnelle et le contr&ocirc;le juridictionnel ne fait l'objet d'aucune appr&eacute;ciation de sa proportionnalit&eacute;. D&egrave;s lors que le parti, &nbsp;n'importe quel parti, peut invoquer un article de ses statuts pour '&eacute;carter un adh&eacute;rent qui d&eacute;range, celui-ci est immol&eacute; sur l'autel de l'autonomie du parti. Celui-ci devient tout puissant et ses actions demeurent &agrave; l'abri du contr&ocirc;le du juge.</span></p><p><span>Quant &agrave; Philippe Brun<i>,</i> il ne reste plus qu'&agrave; lui souhaiter de pouvoir se d&eacute;fendre contre les accusations formul&eacute;es &agrave; son encontre. Il annonce &agrave; la fois un appel et une plainte pour d&eacute;nonciation calomnieuse. En tout cas, l'affaire donne une image un peu f&acirc;cheuse de la Primaire socialiste. Car les autres candidats du PS n'ont pas protest&eacute; contre la brutalit&eacute; de l'&eacute;viction de leur comp&eacute;titeur. Ne sont-ils plus attach&eacute;s aux libert&eacute;s publiques et aux droits de la d&eacute;fense ?</span></p><p></p><div><span><br></span></div><span><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>La libert&eacute; d'association&nbsp;</span></b><span>&nbsp;dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span>&nbsp;: chapitre 12 section 2 &sect; 1</span></span></p><div><span><span><br></span></span></div><div><span><span><br></span></span></div></span><p></p>]]></content>
	<updated>2026-09-23T18:45:15+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">L&#039;aumônier parlait trop</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>&laquo; Je le dis parce qu&rsquo;on est en famille et que personne n&rsquo;enregistre &raquo;. H&eacute;las, l'aum&ocirc;nier &eacute;tait bien ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><p><span><br></span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh7k-uVyABYJ7JPVb9NrYh1RZTIoQdIi6RWC1Ao6g0o9KMK3YROer4n_iDdtvzBKDkE4m3uhcAEUzi7fNHxxgzDlmen9fvC6pye7FsmiQ4R4DaSfiOC6Ipsb3A0CDJOUEmZbblBSoIal8wsn03BuAEZyyGhJeyH277EIRFyr96tCAAjp2yn9OTYyae0ORw/s1270/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-20%20a%CC%80%2020.47.38.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"></a></p><span><div><br><p><span><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh7k-uVyABYJ7JPVb9NrYh1RZTIoQdIi6RWC1Ao6g0o9KMK3YROer4n_iDdtvzBKDkE4m3uhcAEUzi7fNHxxgzDlmen9fvC6pye7FsmiQ4R4DaSfiOC6Ipsb3A0CDJOUEmZbblBSoIal8wsn03BuAEZyyGhJeyH277EIRFyr96tCAAjp2yn9OTYyae0ORw/w199-h144/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-20%20a%CC%80%2020.47.38.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></span>&laquo; <i>Je le dis parce qu&rsquo;on est en famille et que personne n&rsquo;enregistre</i> &raquo;. H&eacute;las, l'aum&ocirc;nier &eacute;tait bien imprudent, car quelqu'un enregistrait. Ce 7 octobre 2025, on c&eacute;l&eacute;brait la Saint Michel, patron des parachutistes dans la cath&eacute;drale de Carcassonne. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=2jzqrAIZ1yI" rel="noopener noreferrer" target="_blank">En pronon&ccedil;ant son hom&eacute;lie devant les militaires des 3e et 8e RPIMa</a>, tous en uniforme, l'aum&ocirc;nier quittait rapidement le domaine spirituel. Il d&eacute;non&ccedil;ait, sans trop se pr&eacute;occuper de charit&eacute; chr&eacute;tienne, les "<i>incomp&eacute;tents</i>", les "<i>id&eacute;ologues</i>" et ajoutait cette exhortation : "<i>Calmez vous les gauchistes ! Chut, respirez par le nez</i>". L'assistance rit avec complaisance et applaudit avec vigueur, attitude un peu &eacute;trang&egrave;re au recueillement en usage dans les &eacute;glises. Quoi qu'il en soit, on ne sait pas qui a enregistr&eacute; cet &eacute;trange discours, mais il finit, presque un an plus tard, au <i>Canard Enchain&eacute;</i>, qui le rend public le 18 septembre 2026.</p><p><span><br></span>Bien entendu, l'&eacute;pisode ne refl&egrave;te pas, et heureusement, l'&eacute;tat d'esprit de l'ensemble des membres des forces arm&eacute;es. La plupart sont parfaitement respectueux de leur statut et des obligations de r&eacute;serve et de neutralit&eacute; qu'il leur impose. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006540242" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article L 4121-2 du code de la d&eacute;fense </a>&eacute;nonce ainsi la libert&eacute; d'opinion des militaires, y compris les convictions politiques et religieuses, mais ajoute qu'elles "<i>ne peuvent cependant &ecirc;tre exprim&eacute;es qu'en dehors du service et avec la r&eacute;serve exig&eacute;e par l'&eacute;tat militaire</i>".</p><p><span><br></span>Dans l'affaire de Carcassonne, la question qui se pose en priorit&eacute; est celle du statut des aum&ocirc;niers et de l'&eacute;tendue de l'obligation de r&eacute;serve &agrave; laquelle ils sont soumis.</p></div></span><p></p><p></p><p></p><p></p><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><h3><span>L'aum&ocirc;nerie, cons&eacute;quence de la libert&eacute; religieuse</span></h3></span><p></p><p></p><div><span><br></span></div><span><p>L' institution de l'aum&ocirc;nerie n'est pas une anomalie dans un &Eacute;tat la&iuml;que, m&ecirc;me s'il peut sembler surprenant que des ministres du culte soient recrut&eacute;s par l'&Eacute;tat pour exercer leur minist&egrave;re au sein des arm&eacute;es.</p><p><br>Au contraire, l'aum&ocirc;nerie est une modalit&eacute; d'application du principe de la&iuml;cit&eacute;, et l'on se souvient que l'article 1er la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006340313" rel="noopener noreferrer" target="_blank">loi du 9 d&eacute;cembre 1905 </a>&eacute;nonce que "<i>la R&eacute;publique garantit le libre exercice des cultes</i>". Lorsque des personnes sont plac&eacute;es dans une situation qui les emp&ecirc;che mat&eacute;riellement de pratiquer leur religion, la puissance publique organise cet acc&egrave;s au culte, par des aum&ocirc;neries. On en trouve ainsi dans les h&ocirc;pitaux, dans les prisons et m&ecirc;me dans les &eacute;tablissements scolaires.</p><p><br>L'aum&ocirc;nerie des arm&eacute;es, quant &agrave; elle, est une institution ancienne. Apr&egrave;s l'instauration de la conscription, la loi des 20 mai-3 juin 1874 &eacute;tablit une aum&ocirc;nerie militaire permanente. Supprim&eacute;e par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000521102/2021-12-28/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">loi du 8 juillet 1880</a>, les aum&ocirc;niers demeurent toutefois dans les postes isol&eacute;s et les h&ocirc;pitaux et p&eacute;nitenciers militaires, ainsi, en cas de mobilisation, qu'aupr&egrave;s des arm&eacute;es en campagne. La loi du 9 d&eacute;cembre 1905, qui constitue le socle du droit positif, r&eacute;introduit ensuite les services d'aum&ocirc;nerie.</p><p><br>L'aum&ocirc;nerie permet aux militaires d'exercer leur culte. D&egrave;s 1874, il est pr&eacute;vu des aum&ocirc;niers des diff&eacute;rents cultes, et des aum&ocirc;niers protestants sont pr&eacute;sents durant la guerre de Crim&eacute;e. Les aum&ocirc;niers isra&eacute;lites, quant &agrave; eux, sont introduits par la loi de 1880. En revanche, le culte musulman a eu davantage de difficult&eacute;s &agrave; s'implanter. Des aum&ocirc;niers ont certes &eacute;t&eacute; pr&eacute;sents aupr&egrave;s des soldats musulmans pendant la Premi&egrave;re guerre mondiale, mais ils ne b&eacute;n&eacute;ficient d'un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006051426/2005-03-18/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">statut &eacute;quivalent &agrave; ceux des autres ministres de culte que depuis un arr&ecirc;t&eacute; du 16 mars 2005</a>.<br>Si l'aum&ocirc;nier permet aux membres des forces arm&eacute;es d'exercer leur culte, il n'en demeure pas moins qu'il est aussi un militaire, situation quelque peu oubli&eacute;e par l'aum&ocirc;nier du RPIMa.</p> <div><br></div><div><br></div><div></div><br><div><br></div><p><span>Temp&ecirc;te dans un b&eacute;nitier. Georges Brassens</span></p><div><br></div><h3><span>Un ministre du culte, qui est aussi un militaire</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020018544/2026-07-16" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;cret du 30 d&eacute;cembre 2008</a> est parfaitement clair sur ce point : "<i>Les aum&ocirc;niers militaires sont des militaires servant en vertu d'un contrat</i>". Ils d&eacute;tiennent un grade sp&eacute;cifique et sont soumis aux dispositions applicables aux officiers, lorsqu'elles ne sont pas incompatibles avec leur statut. Ce texte leur conf&egrave;re la mission d'assurer "<i>le soutien religieux des personnels qui le souhaitent</i>".</div><div><br></div><div>Surtout, l'article 4 de ce m&ecirc;me d&eacute;cret pr&eacute;cise leur double casquette, si l'on ose employer cette formule. A la fois ministre de culte et militaire, l'aum&ocirc;nier est soumis &agrave; la double hi&eacute;rarchie de l'aum&ocirc;nier en chef de son culte pour les questions religieuses et de l'autorit&eacute; militaire pour les modalit&eacute;s d'exercice de sa mission.</div><div><br></div><div>Dans un<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000037113505/?utm_source=chatgpt.com" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> arr&ecirc;t du 27 juin 2018</a>, le Conseil d'Etat, saisi par l'<i>Union des associations dioc&eacute;saines de France</i>, affirme ainsi la l&eacute;galit&eacute; d'un texte obligeant les aum&ocirc;nier &agrave; suivre une formation civile et civique, faisant clairement la distinction entre le minist&egrave;re religieux et la qualit&eacute; d'agent public. Pour lui permettre d'assurer ses fonctions de membres des forces arm&eacute;es, l'autorit&eacute; militaire peut donc lui imposer une formation sp&eacute;cifique. L'aum&ocirc;nier des 3e et 8e RPIMa &eacute;tait peut-&ecirc;tre souffrant le jour de la formation.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Une libert&eacute; de pr&ecirc;cher, pas de militer</span></h3><div><br></div><div><br></div><p>C'est &agrave; ce niveau que l'affaire de Carcassonne prend tout son int&eacute;r&ecirc;t juridique. En effet, un aum&ocirc;nier b&eacute;n&eacute;ficie n&eacute;cessairement d'une obligation de neutralit&eacute; quelque peu all&eacute;g&eacute;e, car il n'est pas soumis &agrave; la neutralit&eacute; religieuse. Exiger qu'il dissimule ses convictions religieuses reviendrait &agrave; d&eacute;truire la fonction pour laquelle il est recrut&eacute;.</p><p><br>Certes, mais ce privil&egrave;ge s'arr&ecirc;te l&agrave;, car il demeure soumis &agrave; la neutralit&eacute; politique et &agrave; la r&eacute;serve militaire. L'article L 4121-2 du code de la d&eacute;fense &eacute;nonce en effet que les convictions des militaires ne peuvent &ecirc;tre exprim&eacute;es qu'en dehors du service et avec la r&eacute;serve exig&eacute;e par l'&eacute;tat militaire. Bien entendu, un aum&ocirc;nier peut exprimer sa foi pendant son service, c'est l'objet m&ecirc;me de sa fonction. En revanche, la r&eacute;serve exig&eacute;e par l'&eacute;tat militaire s'impose &agrave; lui, en tant que militaire. Son hom&eacute;lie, pas davantage que ses autres moyens d'expression, doit &nbsp;s'exprimer dans le respect de ce cadre juridique.</p><p><br>Les juges sont particuli&egrave;rement attentifs au respect de cette obligation qui p&egrave;se sur tous les militaires. Dans sa <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000022155435" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;cision Matelly du 9 avril 2010</a>, le Conseil d'&Eacute;tat admet la l&eacute;galit&eacute; d'une sanction, en l'esp&egrave;ce un bl&acirc;me, inflig&eacute;e &agrave; un officier qui avait publiquement critiqu&eacute; la politique gouvernementale pla&ccedil;ant la Gendarmerie sous l'autorit&eacute; du ministre de l'Int&eacute;rieur. Le juge exerce toutefois un contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; sur la sanction et annule, <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2011-01-12/338461" rel="noopener noreferrer" target="_blank">le 12 janvier 2011</a>, la radiation des cadres prononc&eacute; contre le m&ecirc;me officier, qui avait cette fois publi&eacute; des &eacute;crits particuli&egrave;rement critiques.</p><p><br>Certes, on ne trouve pas de jurisprudence sp&eacute;cifique sur des manquements &agrave; la r&eacute;serve commis par des aum&ocirc;niers. Sans doute sont ils globalement plus prudents que l'aum&ocirc;nier de Carcassonne, et ils savent qu'ils sont soumis au droit commun de la r&eacute;serve des militaires. Le rapporteur public concluant sur l'arr&ecirc;t du 27 juin 2018 affirme ainsi que l'arm&eacute;e, toute l'arm&eacute;e, doit pr&eacute;senter une "neutralit&eacute; politique absolue" et reconnait que la r&eacute;serve militaire est plus contraignante que celle des autres agents publics.</p><div><br></div><div><br></div><h3><span>La proc&eacute;dure disciplinaire</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Dans le cas de l'hom&eacute;lie de Carcassonne, la situation juridique est finalement simple. Ce n'est pas le contenu religieux du propos qui est en cause, mais son contenu tr&egrave;s explicitement politique. Il est pratiquement impossible de consid&eacute;rer comme "en dehors du service" une c&eacute;l&eacute;bration organis&eacute;e pour un r&eacute;giment, devant des militaires en uniforme. La d&eacute;signation pol&eacute;mique des "gauchistes" ach&egrave;ve d'ailleurs de d&eacute;tacher les propos de l'aum&ocirc;nier de son minist&egrave;re pastoral. De toute &eacute;vidence, il est entr&eacute; dans le d&eacute;bat partisan.</div><div><br></div><div>Selon le minist&egrave;re, il semble que, d&egrave;s 2025, l'aum&ocirc;nier ait re&ccedil;u un "rappel &agrave; l'ordre formel" du commandement du 3e RPIMa. Il aurait m&ecirc;me pr&eacute;sent&eacute; des excuses et &eacute;crit aux &eacute;lus qui avaient protest&eacute;. Certes, mais le "rappel &agrave; l'ordre" ne figure pas dans l'&eacute;chelle des sanctions disciplinaires figurant dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032442302" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article L 4137-2 du code de la d&eacute;fense</a>. D&eacute;pourvue de tout contenu juridique, cette proc&eacute;dure a eu plut&ocirc;t pour effet de prot&eacute;ger l'aum&ocirc;nier en le faisant &eacute;chapper &agrave; toute proc&eacute;dure disciplinaire. On peut y avoir une op&eacute;ration de d&eacute;minage, dans un sens non militaire du terme.</div><div><br></div><div>Avec la diffusion de la vid&eacute;o, les choses ont &eacute;videmment chang&eacute;, et c'est m&ecirc;me probablement l'objet de son envoi au Canard.  Le 18 septembre 2026, la ministre des Arm&eacute;es, enfin inform&eacute;e des &eacute;carts de langage de l'aum&ocirc;nier, les a d&eacute;clar&eacute;s "inappropri&eacute;s" et a demand&eacute; qu'une proc&eacute;dure disciplinaire soit engag&eacute;e. On rappellera que le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020018544/2026-03-30?utm_source=chatgpt.com" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;cret de 2008 </a>pr&eacute;voit quatre sanctions possibles pour les aum&ocirc;niers : l'avertissement, la r&eacute;primande, le bl&acirc;me et, degr&eacute; ultime, la r&eacute;siliation du contrat. Une proc&eacute;dure l&eacute;gale devrait sans doute rappeler que sous la soutane, un aum&ocirc;nier porte l'uniforme.</div></span><p></p> <br>]]></content>
	<updated>2026-09-20T19:02:54+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">L&#039;appel au boycott des produits israéliens, instrument du débat public</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>&nbsp;&nbsp;La&nbsp;d&eacute;cision rendue le 8 septembre 2026 par la chambre criminelle de la Cour de cass...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>&nbsp;</span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span></span></span></p><div><span><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgmxxhsvIP3T5QyrwbLxARF3KFNeo4Wslh7b2OmGRzOKJt79qO8NOtrfAOotxKx8rR-ILwfITnjegST1WsfUk5kS-TYeJU3bJSPBxH_x3dn1UwmTLZ9HBp1pb-rI1cnJS_6_3yzGvvlz7DFZUTJ_EKJCWmX6H8gCo03ym_cr39rIl0vG1pO46e5Xl6reFk/s300/courcassation-300x200@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgmxxhsvIP3T5QyrwbLxARF3KFNeo4Wslh7b2OmGRzOKJt79qO8NOtrfAOotxKx8rR-ILwfITnjegST1WsfUk5kS-TYeJU3bJSPBxH_x3dn1UwmTLZ9HBp1pb-rI1cnJS_6_3yzGvvlz7DFZUTJ_EKJCWmX6H8gCo03ym_cr39rIl0vG1pO46e5Xl6reFk/w214-h143/courcassation-300x200@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></span></div><span><span><br><div>La&nbsp;<a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>d&eacute;cision rendue le 8 septembre 2026 par la chambre criminelle de la Cour de cassation</span></a>&nbsp;confirme l'ordonnance de non-lieu concernant la plainte d&eacute;pos&eacute;e &agrave; l'encontre d'<i>Olivia Z&eacute;mor</i>, pr&eacute;sidente d'<i>EuroPalestine</i>, pour le d&eacute;lit pr&eacute;vu par l'<a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>article 225-2 du code p&eacute;nal</span></a>, la "<i>provocation &agrave; la discrimination, &agrave; la haine ou &agrave; la violence en raison de l'origine, l'ethnie (...) par l'entrave &agrave; l'exercice normal d'une activit&eacute; &eacute;conomique</i>". En l'esp&egrave;ce, elle &eacute;tait poursuivie pour avoir initi&eacute; une campagne appelant au boycott des m&eacute;dicaments g&eacute;n&eacute;riques commercialis&eacute;s par une entreprise pharmaceutique isra&eacute;lienne.&nbsp;</div><p></p></span></span><p></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Le non- lieu a &eacute;t&eacute; confirm&eacute; par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris le 12 f&eacute;vrier 2025.&nbsp;Un pourvoi a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; par l'association&nbsp;<i>Avocats sans fronti&egrave;res</i>, fond&eacute;e en 1983 par l'avocat&nbsp;<i>Gilles-William Goldnadel</i>&nbsp;et de droit isra&eacute;lien depuis 2000. Elle ne doit pas &ecirc;tre confondue avec l'<a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>association Avocats Sans Fronti&egrave;res France&nbsp;</span></a>qui oeuvre en faveur des droits de l'homme et du droit &agrave; proc&egrave;s &eacute;quitable dans le monde, et qui n'a aucun lien avec la pr&eacute;c&eacute;dente.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>En rejetant le pourvoi, la Cour consolide la protection de l&rsquo;appel politique au boycott, d&eacute;j&agrave; engag&eacute;e dans la jurisprudence ant&eacute;rieure.<p></p></span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><div><span><span></span></span></div><span><span><br></span></span><p></p><p><span>Sc&egrave;ne du boycott</span></p><p><span>La Belle Verte. Coline Serreau 1996</span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><h3><span><span>La jurisprudence&nbsp;<i>Baldassi</i></span></span></h3><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Ce rejet n'a rien d'inattendu. Il trouve directement son origine dans l&rsquo;a<a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>rr&ecirc;t rendu Baldassi et autres c. France rendu le 11 juin 2020 par l</span></a><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>a Cour europ&eacute;enne europ&eacute;enne des droits de l'homme</span></a>&nbsp;(CEDH). Elle affirme que &laquo;&nbsp;<i>le boycott est avant tout une modalit&eacute; d&rsquo;expression d&rsquo;opinions protestataires&nbsp;</i>&raquo;. L&rsquo;appel au boycott b&eacute;n&eacute;ficie donc de la protection de l&rsquo;article 10 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme, &agrave; la condition toutefois qu'il participe &agrave; un d&eacute;bat d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Il demeure donc possible de sanctionner l'appel au boycott, si, en l'absence d'un tel d&eacute;bat, il s'analyse comme un appel &agrave; l&rsquo;intol&eacute;rance, &agrave; la haine ou &agrave; la violence. Mais dans l&rsquo;affaire&nbsp;<i>Baldassi</i>, l'appel au boycott concernait les produits import&eacute;s d'Isra&euml;l. Il &eacute;tait formul&eacute; dans des tracts distribu&eacute;s devant les supermarch&eacute;s, qui laissaient &eacute;videmment les consommateurs libres de le suivre ou non. Apr&egrave;s une relaxe prononc&eacute;e par le tribunal correctionnel de Colmar, la cour d'appel de Colmar, puis la&nbsp;<a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>Cour de cassation le 20 octobre 2015&nbsp;</span></a>avaient condamn&eacute; les membres du collectif&nbsp;<i>Boycott, D&eacute;sinvestissement et Sanctions</i>&nbsp;pour provocation &agrave; la discrimination.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Mais les juges fran&ccedil;ais n&rsquo;avaient pas caract&eacute;ris&eacute; un contexte de haine ou de violence. Ils n'avaient m&ecirc;me pas cherch&eacute; &agrave; expliquer pourquoi une telle sanction &eacute;tait n&eacute;cessaire pour prot&eacute;ger les droits des entreprises isra&eacute;liennes. La France avait donc viol&eacute; l&rsquo;article 10, et l'arr&ecirc;t<i>&nbsp;Baldass</i>i met fin &agrave; une conception consid&eacute;rant le boycott comme discriminatoire dans son essence m&ecirc;me.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Depuis l'affaire&nbsp;<i>Baldassi</i>, les juges du fond fran&ccedil;ais se sont ralli&eacute;s &agrave; la jurisprudence europ&eacute;enne.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>A propos de la m&ecirc;me campagne de boycott portant sur l'entreprise de m&eacute;dicaments g&eacute;n&eacute;riques,<a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&nbsp;la chambre criminelle, le 17 octobre 2023</span></a>, avait d&eacute;j&agrave; tir&eacute; les cons&eacute;quences de la jurisprudence europ&eacute;enne. Les appels au boycott&nbsp;&eacute;taient analys&eacute;s comme une action militante en faveur de la cause palestinienne. Ils ne visaient pas l'entreprise "<i>en raison de sa seule appartenance &agrave; la nation isra&eacute;lienne, mais &laquo; en raison de son soutien financier suppos&eacute; aux choix politiques des dirigeants de ce pays &agrave; l&rsquo;encontre des Palestiniens</i>&nbsp;&raquo;. La Cour avait n&eacute;anmoins r&eacute;it&eacute;r&eacute; le principe selon lequel l&rsquo;appel au boycott peut d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer en appel &agrave; la discrimination ou &agrave; l&rsquo;intol&eacute;rance, s'il ne s'inscrit pas dans un contexte de d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Cet alignement des plan&egrave;tes jurisprudentielles a-t-il eu pour effet de figer le droit positif en mati&egrave;re d'appel au boycott ?<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><h3><span><span>Elargir le contenu du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral</span></span></h3><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>La d&eacute;cision du 8 septembre 2026 ne se borne pas &agrave; reproduire celle du 17 octobre 2023. Elle &eacute;largit le contenu du d&eacute;bat d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral auquel participe le boycott.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Dans&nbsp;<i>Baldassi</i>, celui-ci concernait principalement le respect du droit international et les droits de l&rsquo;homme dans les territoires occup&eacute;s. En 2023, il &eacute;tait &eacute;tendu aux liens financiers entre une entreprise et la politique de l&rsquo;&Eacute;tat isra&eacute;lien. En 2026, il englobe plus nettement l&rsquo;information du consommateur sur ces liens et l&rsquo;usage politique qu'il peut faire de son pouvoir d&rsquo;achat. Les cons&eacute;quences politiques des choix de consommation deviennent clairement un objet l&eacute;gitime du d&eacute;bat public. Le boycott n'est plus seulement un &eacute;l&eacute;ment de la libert&eacute; d'expression mais aussi un instrument d'action politique des consommateurs.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Il convient sans doute de s'interroger sur la formule employ&eacute;e par la chambre criminelle qui, en l'esp&egrave;ce,&nbsp;d&eacute;finit le d&eacute;bat d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral comme portant sur &laquo;&nbsp;<i>le respect du droit international public par l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Isra&euml;l&nbsp;</i>&raquo; et sur &laquo;&nbsp;<i>la situation des droits de l&rsquo;homme dans les territoires palestiniens occup&eacute;s</i>&nbsp;&raquo;. La formule est exactement celle employ&eacute;e par la CEDH dans l'affaire&nbsp;<i>Baldassi.&nbsp;</i>L'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral ne se r&eacute;duit donc pas aux pratiques commerciales de l'entreprise. Il demeure essentiellement politique et juridique, portant sur le comportement de l'Etat d'Isra&euml;l et sur le sort de la population palestinienne.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>La Cour de cassation pr&eacute;f&egrave;re invoquer le droit international public et la situation des droits de l'homme, plut&ocirc;t que le droit humanitaire pourtant largement en cause, d&egrave;s que le traitement des Palestiniens concernait le droit de l'occupation et de la protection des populations civiles, toutes questions relevant de la IVe Convention de Gen&egrave;ve.&nbsp;<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Qu'il ne soit pas mentionn&eacute; ne permet pas d&eacute;duire l'absence juridique du droit humanitaire qui s'analyse comme une branche du droit international public auquel il est fait r&eacute;f&eacute;rence. Cette d&eacute;finition plus englobante &eacute;vite de transformer le proc&egrave;s p&eacute;nal d'<i>Olivia</i>&nbsp;<i>Z&eacute;mor</i>&nbsp;en jugement sur la responsabilit&eacute; internationale d'Isra&euml;l, voire sur la responsabilit&eacute; p&eacute;nale de ses&nbsp;dirigeants. Sur le plan strictement contentieux, le juge n'a pas &agrave; &eacute;tablir que les violations d&eacute;nonc&eacute;es par l'appel au boycott sont juridiquement av&eacute;r&eacute;es. Pour d&eacute;montrer l'existence d'un d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, il lui suffit de constater qu'elles font l'objet d'une controverse politique s&eacute;rieuse.&nbsp;On retrouve ici l'&eacute;conomie de moyens d'un juge p&eacute;nal, habitu&eacute; &agrave; interpr&eacute;ter la r&egrave;gle de mani&egrave;re &eacute;troite.&nbsp;<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Il n'en demeure pas moins que la d&eacute;cision du 8 septembre 2026 consacre une conception tr&egrave;s large de la libert&eacute; d&rsquo;expression. Celle-ci ne prot&egrave;ge pas seulement le droit de commenter la politique d&rsquo;un &Eacute;tat. Elle couvre &eacute;galement les formes d&rsquo;action pacifique par lesquelles une opinion se manifeste. Le boycott n&rsquo;est plus seulement tol&eacute;r&eacute; comme une cons&eacute;quence du d&eacute;bat public. Il est reconnu comme l&rsquo;un de ses instruments. On devrait sans doute remercier l'association requ&eacute;rante d'avoir fait progresser la libert&eacute; d'expression, m&ecirc;me si ce n'est g&eacute;n&eacute;ralement pas sa pr&eacute;occupation essentielle.<p></p></span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>L'appel au boycott&nbsp;</span></b><span><span>&nbsp;</span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span><span>&nbsp;</span>: chapitre 9 section 2 introduction</span></span></p><div><span><span><br></span></span></div><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>&nbsp;</span></span></p>]]></content>
	<updated>2026-09-17T18:26:59+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La journée de la jupe dans la police italienne</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La Cour de Justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE) se pr&eacute;pare &agrave; juger une affaire Lertimene particuli&egrave;r...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgWIFu9zmtAvi7vIHMLIlbM81TBxNsCFIXnBOsAt31aWxvYz4gGo65SrftHeVxjScmYc5hKql5ml-zLRPWZYyb79Ow_rLSYb9Hj9xNZbeHc6CHDfrtd90uHZntSAzgKB4v1b7db8kFhn-DHxmYzolLH0Ek77_5FuXJqp54uW_38doVDSXwSkWSH8rmCc4I/s143/femmes@0.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgWIFu9zmtAvi7vIHMLIlbM81TBxNsCFIXnBOsAt31aWxvYz4gGo65SrftHeVxjScmYc5hKql5ml-zLRPWZYyb79Ow_rLSYb9Hj9xNZbeHc6CHDfrtd90uHZntSAzgKB4v1b7db8kFhn-DHxmYzolLH0Ek77_5FuXJqp54uW_38doVDSXwSkWSH8rmCc4I/s1600/femmes@0.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br></span><p><span><span><br></span></span></p><p><br></p><p></p><p><span><span>La Cour de Justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE) se pr&eacute;pare &agrave; juger une affaire</span><span> </span><i>Lertimene</i><span> particuli&egrave;rement &eacute;clairante sur la notion de discrimination directe ou indirecte. Nous disposons d&eacute;j&agrave; des <a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/jurisprudence?publishedId=C-320%2F25&amp;searchTerm=%2522C%252D320%252F25%2522&amp;sort=DOC_DATE-DESC&amp;utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">conclusions de l'avocate g&eacute;n&eacute;rale Tamara Capeta publi&eacute;es le 3 septembre 2026</a>. Leur clart&eacute; m&ecirc;me leur conf&egrave;re un int&eacute;r&ecirc;t particulier, en mettant en lumi&egrave;re de solides archa&iuml;smes juridiques. Si ces conclusions ne sont pas encore un arr&ecirc;t de la Cour, il est &eacute;vident qu'elles seront difficiles &agrave; &eacute;carter.</span></span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce,&nbsp;ces archa&iuml;smes apparaissent &agrave; propos d'une affaire que l'on pourrait qualifier de minuscule. Minuscule, comme la petite fleur tatou&eacute;e sur le mollet gauche d'une candidate d&eacute;sireuse d'int&eacute;grer la police italienne. Ce tatouage conduit l'avocate g&eacute;n&eacute;rale &agrave; s'interroger sur un attribut un peu plus encombrant, la jupe r&eacute;glementaire des polici&egrave;res.</span></p><p><span>La candidate a &eacute;t&eacute; &eacute;limin&eacute;e du concours, au motif que la r&eacute;glementation italienne interdit les tatouages visibles avec l'uniforme. Jusque-l&agrave;, on peut consid&eacute;rer que cette r&egrave;gle n'a rien de discriminatoire, car elle s'impose &agrave; tous les policiers, hommes et femmes. Certes, mais les hommes portent toujours un pantalon, commun &agrave; l'uniforme de tous les jours et &agrave; celui de c&eacute;r&eacute;monie, alors que les femmes portent en c&eacute;r&eacute;monie une jupe et des escarpins. En c&eacute;r&eacute;monie, et seulement en c&eacute;r&eacute;monie car le reste du temps le port du pantalon est permis, la petite fleur tatou&eacute;e sur le mollet devient visible chez la femme et invisible chez l'homme - celui qui aurait l'id&eacute;e de se faire tatouer au m&ecirc;me endroit. L'affaire serait comique si elle n'avait pas des cons&eacute;quences tr&egrave;s lourdes, car l'homme peut devenir policier, et la femme est &eacute;limin&eacute;e avant d'avoir pu concourir. Il faut alors &ecirc;tre tr&egrave;s clair. Ce n'est pas le tatouage qui explique la diff&eacute;rence de traitement, mais le v&ecirc;tement impos&eacute; par l'administration en raison du sexe.&nbsp;</span></p><p><br></p><h3><span>Une discrimination directe</span></h3><p><br></p><p><span>La distinction entre discrimination indirecte et discrimination directe n'est pas toujours simple. Dans l'<a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/jurisprudence?sort=DOC_DATE-DESC&amp;searchTerm=%2522C%252D409%252F16%2522&amp;publishedId=C-409%2F16" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Kalliri</i> du 18 octobre 2017</a>, la question est celle de la taille minimale identique impos&eacute;e &agrave; tous les candidats aux &eacute;coles de police grecques. Evidemment, cette r&egrave;gle d&eacute;savantageait les femmes, statistiquement plus petites. Dans ce cas, une r&egrave;gle en apparence neutre et identique pour tout le monde produit en pratique une discrimination, que l'on qualifie donc d'indirecte.</span></p><p><span>L'<a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/jurisprudence?sort=DOC_DATE-DESC&amp;searchTerm=%2522C%252D409%252F16%2522&amp;publishedId=C-409%2F16" target="_blank" rel="noopener noreferrer">affaire <i>Dekker </i>du 8 novembre 1990</a> constate, &agrave; l'inverse, une discrimination directe. En l'esp&egrave;ce, la CJUE sanctionne un refus d'embauche fond&eacute; sur la grossesse. Pour la Cour, il s'agit alors d'une discrimination directe fond&eacute;e sur le sexe, au sens de la d<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000694601" target="_blank" rel="noopener noreferrer">irective 76/207 du 9 f&eacute;vrier 1976</a>. Le raisonnement est simple : seule les femmes peuvent &ecirc;tre enceintes, et il n'est donc pas n&eacute;cessaire de rechercher la situation juridique d'un homme plac&eacute; dans une situation comparable.</span></p><p><span>Aux yeux de l'avocate g&eacute;n&eacute;rale, la discrimination subie par la requ&eacute;rante est directe. Comme la grossesse, la jupe impos&eacute;e est indissociablement li&eacute;e au sexe, m&ecirc;me si c'est par la r&egrave;gle qui l'impose. Seules les femmes peuvent donc &ecirc;tre exclues du concours d'int&eacute;gration dans la police pour un tatouage sur leur mollet, puisque seules les femmes sont contraintes de montrer leurs mollets, les jours de c&eacute;r&eacute;monie.</span></p><p><br></p><div></div><br><p><span>Sous les jupes des filles. Alain Souchon. 1993</span></p><p><br></p><h3><span>Une caract&eacute;ristique biologique&nbsp;</span></h3><p><br></p><p><span>Ce point sera sans doute d&eacute;battu &agrave; l'audience. Le gouvernement italien ne manquera pas de mentionner que, contrairement &agrave; la grossesse, la jupe n'est pas une caract&eacute;ristique biologique f&eacute;minine. Des militaires &eacute;cossais portent le kilt et les evzones grecs la fustanelle. Sans doute, mais en l'esp&egrave;ce le moyen n'est gu&egrave;re pertinent. La jupe de la polici&egrave;re italienne demeure en effet une caract&eacute;ristique exclusivement f&eacute;minine, m&ecirc;me non biologique. Et elle ne l'est que parce que le droit italien en a d&eacute;cid&eacute; ainsi. C'est donc l'&Eacute;tat qui a cr&eacute;&eacute; une diff&eacute;rence, et qui ensuite en tire les cons&eacute;quences.&nbsp;</span></p><p><span>La fragilit&eacute; de cette construction est encore accentu&eacute;e par le fait que les polici&egrave;res italiennes portent le pantalon tous les jours, en service actif. M&ecirc;me lors des c&eacute;r&eacute;monies, elles peuvent &ecirc;tre autoris&eacute;es &agrave; le porter, mais il s'agit alors d'une d&eacute;cision de leur sup&eacute;rieur hi&eacute;rarchique. Ce n'est donc pas un droit.</span></p><p><br></p><h3><span>Tradition ou exigence professionnelle</span></h3><p><br></p><p><span></span></p><div><span><br></span></div><div><span>Cette situation met &agrave; mal le second moyen d&eacute;velopp&eacute; par les autorit&eacute;s italiennes qui invoquent p&ecirc;le-m&ecirc;le la tradition, la repr&eacute;sentation de l'institution et l'uniformit&eacute; du corps. Sur le plan strictement juridique, elles s'appuient sur l'article 14 &sect; 2 de la <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32006L0054" rel="noopener noreferrer" target="_blank">directive du 5 juillet 2006</a> qui autorise une diff&eacute;rence de traitement entre hommes et femme, lorsque "<i>en raison de la nature des activit&eacute;s professionnelles particuli&egrave;res concern&eacute;es ou du cadre dans lequel elles se d&eacute;roulent, (elle) constitue une exigence professionnelle v&eacute;ritable et d&eacute;terminante, pour autant que son objectif soit l&eacute;gitime et que l'exigence soit proportionn&eacute;e</i>". Sur ce point, la jurisprudence europ&eacute;enne se montre tr&egrave;s nuanc&eacute;e.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Dans un <a href="https://juricaf.org/arret/CJUE-COURDEJUSTICEDELUNIONEUROPEENNE-19860515-22284" rel="noopener noreferrer" target="_blank">arr&ecirc;t Johnston du 15 mai 1986, la CJUE</a> admet l'exclusion des femmes de la police auxiliaire d'Irlande du Nord, d&egrave;s lors que les autorit&eacute;s viennent de d&eacute;cider de doter d'armes &agrave; feu les agents de cette police. Autrement dit, le fait de porter une arme peut justifier l'exclusion des femmes. La d&eacute;cision est pour le moins surprenante, mais elle est ancienne. Elle a toutefois &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e pour les unit&eacute;s combattantes des Royal Marines par la <a href="https://justice.pappers.fr/decision/0deca2855e4e35b7f8acb6dc562bb9a08ee25c9c" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;cision Angela Maria Sirdar du 26 octobre 1999</a>. L'argument des autorit&eacute;s britanniques n'&eacute;tait pas diff&eacute;rent. Tous les membres des Royal Marines doivent pouvoir servir en premi&egrave;re ligne, et ce n'est pas le cas des femmes. Pour la Cour, une femme ne porte pas d'arme et ne sert pas en premi&egrave;re ligne. La seule exception r&eacute;side dans l'<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:61998CJ0285" rel="noopener noreferrer" target="_blank">arr&ecirc;t Tanja Kreil du 11 janvier 2000</a> qui limitait l'acc&egrave;s des femmes &agrave; la Bundeswehr allemande, sauf dans le service de sant&eacute; et... la musique militaire.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>La ti&eacute;deur de cette jurisprudence n'emp&ecirc;che tout de m&ecirc;me pas de d&eacute;gager un crit&egrave;re essentiel de l'application de l'article 14 &sect; 2. La diff&eacute;rence de traitement ne doit pas reposer sur une quelconque tradition, mais sur "une exigence professionnelle v&eacute;ritable". Or le port de la jupe ne saurait &ecirc;tre analys&eacute; comme telle. Il ne permet pas d'interpeller un suspect ou de maintenir l'ordre. Il ne permet m&ecirc;me pas de reconna&icirc;tre une polici&egrave;re puisqu'elle exerce sa mission quotidienne en pantalon.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Observons que la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme adopte sur ce point une jurisprudence nettement moins timor&eacute;e. Il est vrai que la d&eacute;cision essentielle <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:61998CJ0285" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Konstantin Markin c. Russie du 22 mars 2012</a> concerne un homme. La Cour consid&egrave;re alors comme discriminatoire une l&eacute;gislation qui interdit aux hommes servant dans les forces arm&eacute;es de b&eacute;n&eacute;ficier d'un cong&eacute; paternit&eacute;, contrairement &eacute;videmment aux femmes militaires. Mais la jurisprudence a &eacute;t&eacute; r&eacute;it&eacute;r&eacute;e &agrave; propos d'une femme. Dans l'arr&ecirc;t <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-148271" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Emel Boyraz c. Turquie du 2 d&eacute;cembre 2014</a>, la CEDH sanctionne cette fois l'&eacute;viction d'une femme d'un emploi public de s&eacute;curit&eacute; r&eacute;serv&eacute; aux hommes. Pour la Cour, la r&eacute;f&eacute;rence aux "traditions" est &eacute;minemment suspecte lorsqu'elle n'a pas d'autre but que de perp&eacute;tuer une repr&eacute;sentation sexu&eacute;e de la fonction exerc&eacute;e.</span></div><div><br></div><p></p><h3><span>Le droit fran&ccedil;ais</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le droit fran&ccedil;ais, quant &agrave; lui, ouvre largement l'acc&egrave;s des femmes aux forces arm&eacute;es, &agrave; la seule exception notable de la <i>L&eacute;gion &eacute;trang&egrave;re</i> qui ne les accueille que dans des fonctions de sant&eacute;, de ressources humaines ou de gestion.</span></p><p><span>On ne peut manquer toutefois de remarquer une certaine proximit&eacute; de l'affaire <i>Lertimene</i> avec l'arr&ecirc;t rendu par la c<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000046651978?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">hambre sociale de la Cour de cassation le 23 novembre 2022</a>. Un steward d'Air France s'&eacute;tait vu interdire de porter des tresses nou&eacute;es en chinon, coiffure permise aux h&ocirc;tesses. La Cour a constat&eacute; une discrimination directe fond&eacute;e sur l'apparence physique en lien avec le sexe. Elle refuse surtout que l'apparence des hommes ou des femmes puisse &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme une "<i>exigence professionnelle v&eacute;ritable et d&eacute;terminante</i>". Si on remplace les tresses par un tatouage et le chignon par une jupe, le raisonnement n'est pas diff&eacute;rent. Une convention sociale sexu&eacute;e ne saurait devenir une n&eacute;cessit&eacute; juridique parce qu'elle est ancienne.</span></p><p><span>Les tatouages sont r&eacute;glement&eacute;s dans la fonction publique. Il n'existe toutefois pas une r&eacute;glementation mais des normes diff&eacute;rentes selon les fonctions. Dans la police nationale, l'<a href="https://bodata.steinertriples.ch/INTC1801913J.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">instruction du 12 janvier 2018</a> interdit les tatouages qui constituent des signes manifestent d'appartenance &agrave; une organisation politique, syndicale, confessionnelle ou associative, ou encore s'ils portent atteintes aux valeurs fondamentales de la Nation. S'ils n'entrent dans aucune de ces cat&eacute;gories, ils ne doivent pas compromettre la relation avec les usagers et seront, autant que possibles, masqu&eacute;s sous la tenue. La Marine nationale adopte, de son c&ocirc;t&eacute;, une r&egrave;gle tr&egrave;s proche de celle impos&eacute;e &agrave; la requ&eacute;rante de la CJUE. Le tatouage doit dispara&icirc;tre sous l'uniforme, sa visibilit&eacute; &eacute;tant consid&eacute;r&eacute;e comme un manquement &agrave; la neutralit&eacute; et &agrave; la r&eacute;serve. La r&egrave;gle est peut-&ecirc;tre s&eacute;v&egrave;re mais elle s'applique aussi bien aux hommes qu'aux femmes, sans discrimination.</span></p><p><span>Les conclusions de <i>Tamara Capeta </i>montrent que dans l'affaire <i>Latimene,</i> le probl&egrave;me n'est pas le tatouage de la requ&eacute;rante, mais la jupe qui le rend visible, alors m&ecirc;me que les hommes peuvent librement cacher un tatouage plac&eacute; &agrave; la m&ecirc;me place. Tout serait finalement si simple avec un peu de sens commun, si les hommes et les femmes portaient le m&ecirc;me uniforme. Le pantalon offre une solution d'une simplicit&eacute; confondante, d'autant qu'il est d&eacute;j&agrave; port&eacute; par les polici&egrave;res. De fait, m&ecirc;me si l'avocate g&eacute;n&eacute;rale ne le dit pas clairement, le fait de ne pas choisir la solution la plus simple r&eacute;v&egrave;le une volont&eacute; de maintenir une discrimination aussi discr&egrave;te qu'efficace.</span></p><p><br></p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-09-13T17:57:16+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Polygamie et regroupement familial</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t A. A. c. Pays-Bas rendu par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme le 8 septembre 2026, &eacute;t...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBUfGHs2lxf8ZsW5CcpmnRv0R0j6MnQi8EKlJYFQ24ZVtVdvpwz7aY3_UG7St9MuTPHKMZrFcpRMOEBvZjDj42Pc-8WBo4OqAUU7p2e33HqhmUCD22RUCe7JmUXfGLDihz00HPyV6vYMf28sYYj4Vl7d9cYor-NbM8MKP208DFuJUXlCO0sHUHirlcRdA/s400/mariage.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBUfGHs2lxf8ZsW5CcpmnRv0R0j6MnQi8EKlJYFQ24ZVtVdvpwz7aY3_UG7St9MuTPHKMZrFcpRMOEBvZjDj42Pc-8WBo4OqAUU7p2e33HqhmUCD22RUCe7JmUXfGLDihz00HPyV6vYMf28sYYj4Vl7d9cYor-NbM8MKP208DFuJUXlCO0sHUHirlcRdA/w181-h181/mariage.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'arr&ecirc;t <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-252192" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>A. A. c. Pays-Ba</i>s rendu par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme le 8 septembre 2026,</a> &eacute;tait tr&egrave;s attendu. Une partie de la presse avait soigneusement entretenu le suspense. Dans le <a href="https://www.lejdd.fr/International/la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-va-t-elle-autoriser-la-polygamie-163662" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>J.D.D.</i> du 3 novembre 2025,</a> <i>Gr&eacute;gor Puppinck</i> se demandait si la CEDH allait "<i>autoriser la polygamie"</i> et&nbsp;invoquait une "<i>admission insidieu</i>se" par le regroupement familial. Il relayait les propos du d&eacute;put&eacute;s <i>Charles Rodwell </i>qui s'inqui&eacute;tait d'une &eacute;ventuelle "<i>l&eacute;galisation</i>" de la polygamie.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>En r&eacute;alit&eacute; ce discours repose sur un contresens juridique. Il n'a jamais &eacute;t&eacute; question d'obliger les &Eacute;tats parties &agrave; la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme &agrave; l&eacute;galiser la polygamie.&nbsp;</span></p><p><span>Non seulement, la CEDH ne le fait pas, mais elle &eacute;carte m&ecirc;me le regroupement familial des enfants issus des deuxi&egrave;me et troisi&egrave;me mariages d'un ressortissant y&eacute;m&eacute;nite. Les autorit&eacute;s n&eacute;erlandaises avaient d&eacute;j&agrave; admis sur leur territoire la premi&egrave;re &eacute;pouse et les huit enfants du premier mariage. Les deux autres femmes et leurs cinq enfants ne sont donc pas autoris&eacute;s &agrave; invoquer le regroupement familial. Devant les juges internes, puis devant la CEDH, le requ&eacute;rant invoque la violation de l'article 8 de la Convention qui garantit le droit &agrave; la vie priv&eacute;e, et donc le droit de mener une vie familiale normale.</span></p><p><br></p><h3><span>Le consensus europ&eacute;en</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans un arr&ecirc;t du <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-101578" target="_blank" rel="noopener noreferrer">2 novembre 2010, <i>Serife Yigit c. Turquie</i>,</a> la CEDH admet certes que l'enfant s'int&egrave;gre dans une unit&eacute; familiale constitu&eacute;e par ses parents, m&ecirc;me en l'absence de mariage. Toutefois, elle pr&eacute;cise que l'article 8 de la Convention ne saurait contraindre un &Eacute;tat &agrave; qualifier de mariage une union que son droit ignore.</span></p><p><span>A propos pr&eacute;cis&eacute;ment de la polygamie, la <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-1347" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Commission avait estim&eacute;, le 29 juin 1992 dans la d&eacute;cision <i>Bibi c. Royaume-Uni</i></a>, que le refus d'admettre une &eacute;pouse suppl&eacute;mentaire n'&eacute;tait pas incompatible avec l'article 8. En l'esp&egrave;ce, la requ&eacute;rante est l'enfant d'un p&egrave;re bangladais polygame. La Commission admet que le refus d'entr&eacute;e emporte une ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e de la requ&eacute;rante, mais que la l&eacute;gislation britannique peut n&eacute;anmoins &eacute;carter la polygamie. La d&eacute;cision <i>A. A. c. Pays-Bas</i> reprend ce principe. L'article 8 prot&egrave;ge la relation parents-enfants mais n'oblige pas l'&Eacute;tat d'accueil &agrave; accepter les cons&eacute;quences migratoires d'un syst&egrave;me de polygamie.</span></p><p><span>Dans cette m&ecirc;me d&eacute;cision <i>Bibi c. Royaume-Uni</i>, la Commission pr&eacute;cise que la polygamie est interdite "<i>sans exception</i>", dans tous les &Eacute;tats du Conseil de l'Europe. De ce "<i>fort consensus</i>" europ&eacute;en, elle d&eacute;duit une large autonomie de l'&Eacute;tat pour d&eacute;cider, ou non, du regroupement familial.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>J'aime les filles. Jacques Dutronc</span></div><p></p><p><span>16 novembre 1967. Archives INA</span></p><p><span><br></span></p><h2><span>Le contr&ocirc;le&nbsp;au regard de l'int&eacute;r&ecirc;t de l'enfant</span></h2><p><span><br></span></p><p><span>La large autonomie de l'&Eacute;tat n'autorise pas toutefois une exclusion totalement automatique du droit au regroupement familial. Dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-147178" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Jeunesse c. Pays-Bas</i> du 3 octobre 2014</a>, la Grande Chambre exige un juste &eacute;quilibre entre le respect de la vie familiale et la politique de l'immigration. L'int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l'enfant n'est sans doute un &eacute;l&eacute;ment imposant le regroupement, mais il peut parfois peser dans le contr&ocirc;le de la Cour.</span></p><p><span>Dans l'affaire <i>A. A. c. Pays-Bas</i>, la CEDH se livre ainsi &agrave; une appr&eacute;ciation concr&egrave;te de la situation des cinq enfants &eacute;cart&eacute;s du regroupement familial. Ils vivent en Turquie avec leurs m&egrave;res, y sont normalement scolaris&eacute;s, et sont financi&egrave;rement soutenus par leur p&egrave;re. Il aurait peut-&ecirc;tre pu en &ecirc;tre autrement si les enfants avaient &eacute;t&eacute; priv&eacute;s de toute autre solution familiale. Il n'en demeure pas moins que l'interdiction de la polygamie demeure un motif &agrave; la fois l&eacute;gitime et puissant pour &eacute;carter le regroupement.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit fran&ccedil;ais</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sur ce point, le droit fran&ccedil;ais est aujourd'hui extr&ecirc;mement ferme. Au plan interne, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006421995?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 147 du code civil</a> interdit le second mariage avant la dissolution du premier, et l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006418588/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 433-20 du code p&eacute;nal</a> r&eacute;prime la bigamie. En mati&egrave;re de regroupement familial, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042776322" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 434-9 du code de l'entr&eacute;e et du s&eacute;jour des &eacute;trangers et du droit d'asile</a> refuse clairement le regroupement &agrave; un conjoint lorsque l'&eacute;tranger polygame r&eacute;side d&eacute;j&agrave; en France avec un premier conjoint.</span></p><p><span>La l&eacute;gislation fran&ccedil;aise est issue de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000530357" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 24 ao&ucirc;t 1993,</a> et de la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1993/93325DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du Conseil constitutionnel rendue le 13 ao&ucirc;t</a> pr&eacute;c&eacute;dent. Celui-ci d&eacute;clare alors que les conditions d'une vie&nbsp;familiale normale sont celles du pays d'accueil et "<i>excluent la polygamie</i>". Il valide donc les restrictions au regroupement et les sanctions correspondantes.&nbsp;</span></p><p><span>Comme le droit europ&eacute;en, le droit fran&ccedil;ais admet quelques att&eacute;nuations &agrave; cette rigueur. Dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000008086841?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 23 d&eacute;cembre 2001</a>, le Conseil d'&Eacute;tat affirme ainsi que "<i>rien ne s'oppose</i>" au regroupement familial d'une &eacute;pouse et de ses enfants, &agrave; la condition que les autres &eacute;pouses et les autres enfants ne r&eacute;sident pas en France. La solution est logique car l'ordre public fran&ccedil;ais interdit la polygamie sur le territoire national, et ne peut donc reconna&icirc;tre qu'un seul mariage.</span></p><p><span>De la m&ecirc;me mani&egrave;re, le <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/614c18209b7cbebe948da267?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">23 septembre 2021, la Cour de cassation</a> a admis qu'une seconde &eacute;pouse marocaine peut demande une pension de r&eacute;version apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de son mari, sous condition de la dissolution du premier mariage.</span></p><p><span>Le principe de l'interdiction de la polygamie demeure donc solidement ancr&eacute; dans le droit fran&ccedil;ais.</span></p><p><span>Sur le plan du droit europ&eacute;en, on peut se demander si l'int&eacute;r&ecirc;t de la d&eacute;cision n'est pas ailleurs, dans l'utilisation du consensus. Habituellement en effet, l'existence d'un consensus tend plut&ocirc;t &agrave; r&eacute;duire la marge d'appr&eacute;ciation des &Eacute;tats. Par exemple, le consensus autour de la cr&eacute;ation d'un lien juridique, mariage ou contrat, pour les couples de m&ecirc;me sexe, a conduit &agrave; la Cour &agrave; sanctionner, dans <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2015/08/mariage-des-couples-de-meme-sexe-les.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'arr&ecirc;t <i>Oliari</i> du 21 juillet 2015</a>, &nbsp;le droit italien &nbsp;qui refusait l'un et l'autre. Or, dans le cas de la polygamie, le consensus &eacute;largit la marge d'appr&eacute;ciation des &Eacute;tats en les laissant &eacute;valuer eux-m&ecirc;mes les cons&eacute;quences migratoires de la polygamie.</span></p><p><span>L'arr&ecirc;t&nbsp;<i>A.A. c. Pays-Bas,</i>&nbsp;contrairement &agrave; ce que redoutaient certains m&eacute;dias, ne cr&eacute;e donc aucun "<i>droit &agrave; la polygamie</i>" et conforte au contraire le consensus europ&eacute;en en faveur de son interdiction. &nbsp;Bien entendu, le JDD ne manquera pas, dans ses colonnes, de faire savoir &agrave; ses lecteurs que ses craintes n'&eacute;taient pas fond&eacute;es.</span></p><p><br></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>Le droit au mariage</span></b><span><span> </span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span><span> </span>: chapitre 8 section 2 &sect; 1</span></span></p><div><span><span><br></span></span></div><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-09-09T17:32:44+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La photo de Gaza à Deauville : Regardez travailler les bâtisseurs de ruines</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'ordonnance rendue le 3 septembre 2026 par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Caen su...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhx2ZydSQja3R1OCTy84La04LL6MlePgO08qSVR-HlItyjQABIL34tiOCAwUSpWGBsFypM8lytRctq7n0pCkCmiAt2I18Y0ooN-ixPpwe8qIe7xDYB0SHU1ksttualdRYGlmRU8sVj6qcnUz-NBQeTl-hS6U66ymjDFp-k7Ij11F5dCvDiYke2gbjBvmJw/s376/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-05%20a%CC%80%2019.56.05.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhx2ZydSQja3R1OCTy84La04LL6MlePgO08qSVR-HlItyjQABIL34tiOCAwUSpWGBsFypM8lytRctq7n0pCkCmiAt2I18Y0ooN-ixPpwe8qIe7xDYB0SHU1ksttualdRYGlmRU8sVj6qcnUz-NBQeTl-hS6U66ymjDFp-k7Ij11F5dCvDiYke2gbjBvmJw/w132-h120/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-05%20a%CC%80%2019.56.05.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'<a href="https://justice.pappers.fr/decision/73c2fb933df316a7de2c39a6d49d3aee3759a155?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance rendue le 3 septembre 2026 par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Caen</a> suspend la d&eacute;cision du maire de Deauville de retirer d'une exposition une photo repr&eacute;sentant un match de football au milieu des ruines de Gaza.</div></span><p></p><p><span>Le clich&eacute; a &eacute;t&eacute; expos&eacute; pendant plus de deux mois dans le cadre du <i>Deauville Sport Images Festival </i>ouvert le 6 juin<i>,&nbsp;</i>sans aucun incident, jusqu'&agrave; ce qu'un internaute s'indigne le 11 ao&ucirc;t de sa l&eacute;gende. Celle-ci mentionne simplement que les b&acirc;timents ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truit "<i>lors des op&eacute;rations terrestres et a&eacute;riennes isra&eacute;liennes</i>". Les motifs de cette indignation sont relativement obscurs, car il est tout de m&ecirc;me difficile de soutenir que ce paysage en ruines a une autre cause.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, le maire de Deauville n'exige pas davantage de pr&eacute;cisions et retire la photo le 20 ao&ucirc;t. Il invoque "<i>un souci d'apaisement"</i> et la n&eacute;cessit&eacute; de "<i>faire taire une pol&eacute;mique devenue disproportionn&eacute;e</i>". &Eacute;trange motivation tout de m&ecirc;me, car de pol&eacute;mique, il n'y en avait point. Les seuls &agrave; s'agiter &eacute;taient quelques rares internautes sur les r&eacute;seaux sociaux.</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, saisi par l'<i>Observatoire de la libert&eacute; de cr&eacute;ation</i>, s'est montr&eacute; peu r&eacute;ceptif &agrave; cette id&eacute;e d'une nouvelle composante de l'ordre public qui serait, en quelque sorte, le confort des autorit&eacute;s locales. Il suspend donc la d&eacute;cision, et d&eacute;clare, plut&ocirc;t s&egrave;chement, que la d&eacute;cision de l'&eacute;lu porte une atteinte grave et manifestement ill&eacute;gale &agrave; la libert&eacute; d'expression, dont fait partie la libert&eacute; de cr&eacute;ation artistique.</span></p><p><span>Certes la d&eacute;cision semblait pr&eacute;visible, et l'affaire pourrait sembler anecdotique. Elle ne l'est pas. Elle pose en effet une question importante &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; les lobbies exercent leur puissance sans se cacher. Une personne publique peut-elle retirer une oeuvre qu'elle a choisi d'exposer, lorsque celle-ci devient politiquement embarrassante ?</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La libert&eacute; de programmation n'est pas un droit &agrave; la d&eacute;programmation&nbsp;</span></h3><p><br></p><p><span>Le moyen essentiel de la commune semblait, a priori, aussi simple que s&eacute;duisant. Puisque l'organisateur d'une exposition dispose d'une libert&eacute; de programmation, cette libert&eacute; aurait pour cons&eacute;quence n&eacute;cessaire celle de retirer une oeuvre. Autrement dit, celui qui peut programmer peut aussi d&eacute;programmer.</span></p><p><span>Mais ce raisonnement est pr&eacute;cis&eacute;ment trop simple. Il est m&ecirc;me totalement faux. La<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000032854341" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 7 juillet 2016</a> consacre la libert&eacute; de cr&eacute;ation artistique dans son article 1er. Cette libert&eacute; de cr&eacute;ation a pour cons&eacute;quence une libert&eacute; de diffusion (article 2), et les collectivit&eacute;s publiques ont pour mission de es prot&eacute;ger, y compris en "<i>veillant au respect de la libert&eacute; de programmation artistique</i>" (article 3).</span></p><p><span>Bien entendu, la commune et ses conseils ont mis la poussi&egrave;re sous le tapis, en omettant de faire allusion &agrave; ce texte, mais une libert&eacute; garantie par la voie l&eacute;gislative demeure une libert&eacute; digne de protection. En l'esp&egrave;ce, elle prot&egrave;ge la programmation contre les ing&eacute;rences arbitraires. Et pour qu'une d&eacute;programmation ne soit pas arbitraire, elle doit reposer sur un solide motif d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral.</span></p><p><span>La jurisprudence ant&eacute;rieure allait d&eacute;j&agrave; dans ce sens. Dans ses <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000043014768?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnances du 23 d&eacute;cembre 2020</a> sur la fermeture des lieux de spectacles, th&eacute;&acirc;tres et cin&eacute;mas, durant le Covid, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s avait affirm&eacute; que la libert&eacute; de cr&eacute;ation artistique &eacute;tait une "<i>libert&eacute; fondamentale</i>" de nature &agrave; justifier un r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute;. Une <a href="https://conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2021-04-14/451085" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 14 avril 2021 </a>&eacute;tend ensuite cette protection aux galeries d'art.</span></p><p><span>Plus concr&egrave;tement, le retrait d'un tableau a &eacute;t&eacute; d&eacute;battu &agrave; propos de <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/le-tableau-fuck-abstraction-expose-au-palais-de-tokyo-degrade-4745736" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Fuck Abstraction </i>de Miriam Cahn</a> expos&eacute; au Palais de Tokyo. La toile, pr&eacute;sent&eacute;e comme p&eacute;dopornographique par des associations catholiques, a fait l'objet d'une demande de retrait, imm&eacute;diatement rejet&eacute;e par les responsables du Mus&eacute;e d'Art Moderne. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s refuse de suspendre ce refus et d'ordonner le retrait du tableau dans une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000047477689" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 14 avril 2023</a>. L'ordonnance du 3 septembre 2026 s'inscrit dans cette jurisprudence, lorsqu'il affirme que le retrait d'une oeuvre d'art "<i>porte une atteinte grave</i>" &agrave; la libert&eacute; d'expression, &agrave; la libert&eacute; de cr&eacute;ation artistique, et &agrave; la libert&eacute; d'acc&egrave;s aux oeuvres culturelles.</span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgM3dzvr8OsD0YY9ZaaqzQgQJV7xnuqmg9Ale5MzcJbnr5QrZ5jRZyUfSAVBLVTKHExvZt2hPX5fJNhia3h9x9x4U0vE8SliIqywj_-snW3Kdf0gUvMLF8ZCWeVd6-weMqggfJM6vBhh8j0vcOOUmPRkbpvdF9H_3BsoEs687UI1im-HUKud1tTvwfW0dQ/s1196/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-02%20a%CC%80%2017.50.41.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgM3dzvr8OsD0YY9ZaaqzQgQJV7xnuqmg9Ale5MzcJbnr5QrZ5jRZyUfSAVBLVTKHExvZt2hPX5fJNhia3h9x9x4U0vE8SliIqywj_-snW3Kdf0gUvMLF8ZCWeVd6-weMqggfJM6vBhh8j0vcOOUmPRkbpvdF9H_3BsoEs687UI1im-HUKud1tTvwfW0dQ/w386-h217/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-02%20a%CC%80%2017.50.41.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>Des joueurs palestinients du Gaza Sport Club participent &agrave; un match de football sur un terrain r&eacute;cemment am&eacute;nag&eacute;, entour&eacute; de b&acirc;timents d&eacute;truits lors des op&eacute;rations terrestres et a&eacute;riennes isra&eacute;liennes &agrave; Gaza, le 14 f&eacute;vrier 2026</span><p></p><p><span>Photo de Jehad Alshrafi, photographe palestinien travaillant pour l'AFP</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>De Marseille &agrave; Deauville&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Cette derni&egrave;re affaire montre que le moyen tir&eacute; de la sensibilit&eacute; religieuses ou politique de tel ou tel groupe de personnes n'est pas pertinent pour contester la programmation ou la d&eacute;programmation d'une oeuvre d'art.</span></p><p><span>Le <a href="https://vifa-recht.de/Marseille,%20ord.,%2025%20octobre%202025,%20n%C2%B0%202513174" target="_blank" rel="noopener noreferrer">25 octobre 2025, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Marseille</a> suspend la d&eacute;cision du maire de Marseille qui avait annul&eacute; au dernier moment la projection du film <i>Sacr&eacute; Coeur</i> dans un cin&eacute;ma&nbsp;municipal. Il consid&eacute;rait que son contenu religieux &eacute;tait contraire &agrave; la neutralit&eacute; du service public. Le juge &eacute;carte cet argument, et affirme que la programmation d'une oeuvre n'implique aucunement le fait d'endosser son message. Un film catholique ne transforme pas une &eacute;quipe municipale en propagandiste religieux.&nbsp;</span></p><p><span>A Deauville, la photo des ruines de Gaza ne transforme pas la ville en soutien du Hamas. La commune doit simplement &ecirc;tre neutre.</span></p><p><span>Bien entendu, la situation est tr&egrave;s diff&eacute;rente lorsque des lieux institutionnels sont utilis&eacute;s &agrave; des fins de propagande. Le Conseil d'&Eacute;tat, dans un <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2025-07-21/506299" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 21 juillet 2025, </a><i><a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2025-07-21/506299" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Commune de&nbsp;La Courneuve</a> </i>sanctionne ainsi, pour manquement &agrave; la neutralit&eacute;, l'apposition d'une banderole sur le fronton de la mairie, portant l'inscription "<i>Gaza, Stop au g&eacute;nocide</i>".</span></p><p><span>Mais une banderole expos&eacute;e sur la mairie n'a rien &agrave; voir avec une photo expos&eacute;e dans un festival. Dans le premier cas, c'est la collectivit&eacute; qui parle, et qui affirme sa conviction, sans souci de la neutralit&eacute;. Dans le second, la collectivit&eacute; se borne &agrave; donner &agrave; voir une oeuvre. La situation est diff&eacute;rente car exiger la neutralit&eacute; pour chaque oeuvre pr&eacute;sent&eacute;e dans une mus&eacute;e ou une expositions imposerait &eacute;videmment une programmation aseptis&eacute;e, sans conflits, sans religion, mais aussi sans int&eacute;r&ecirc;t.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Quelques r&eacute;actions ne font pas un trouble &agrave; l'ordre public</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Ne restait donc &agrave; la commune de Deauville que le moyen traditionnel tir&eacute; du trouble &agrave; l'ordre public, issu de la c&eacute;l&egrave;bre jurisprudence <i>Benjamin</i> de 1933. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, selon cette jurisprudence, une interdiction de l'exercice d'une libert&eacute; ne peut &ecirc;tre prononc&eacute;e parce que des protestations sont possibles. L'autorit&eacute; de police doit d&eacute;montrer qu'elle n'avait pas d'autre moyen que l'interdiction, en l'esp&egrave;ce le retrait de la photo, pour assurer l'ordre public &agrave; Deauville.</span></p><p><span>Or la commune n'apporte pas cette preuve, loin de l&agrave;. Ses &eacute;l&eacute;ments pour d&eacute;montrer l'atteinte &agrave; l'ordre public manquent un peu de s&eacute;rieux. Le "souci d'apaisement", invoqu&eacute; en premier lieu, n'est gu&egrave;re recevable puisque, justement, l'ordre public n'est pas le moins du monde troubl&eacute;. Il n'y a donc pas lieu de l'apaiser. Le juge note que l'affaire a &eacute;t&eacute; d&eacute;clench&eacute;e par le message d'un internaute sur les r&eacute;seaux sociaux, qui a suscit&eacute; moins de 130 r&eacute;ponses. L'ordre public, en l'esp&egrave;ce purement virtuel, semblait donc modestement menac&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>En second lieu, la commune invoquait le fait qu'un individu avait &eacute;t&eacute; appr&eacute;hend&eacute; &agrave; Deauville le 25 mai 2026 alors qu'il prof&eacute;rait des injures antis&eacute;mites. Or, l'exposition n'a commenc&eacute; que le 6 juin, ce qui d&eacute;montre qu'il n'existe aucun lien entre les deux. A cela s'ajoute qu'entre le 6 juin et le 20 ao&ucirc;t, date du retrait, il ne s'est rien pass&eacute;. L'ordre public &agrave; Deauville n'a pas &eacute;t&eacute; troubl&eacute; le moins de monde.&nbsp;</span></p><p><span>Sur ce point, le seul plaidable en l'&eacute;tat de la jurisprudence, le dossier de la commune &eacute;tait maigre, pour ne pas dire squelettique. La d&eacute;cision du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s n'est donc pas une surprise. Mais il est bon de rappeler quelquefois que la libert&eacute; d'expression, et surtout la libert&eacute; d'expression artistique, ne saurait &ecirc;tre limit&eacute;e dans le seul but de satisfaire des &eacute;lecteurs ou un lobby.&nbsp;</span></p><p><span>La photo expos&eacute;e donnait &agrave; voir un math de football au milieu des ruines .. "Regardez travailler les b&acirc;tisseurs de ruines", a &eacute;crit Paul &Eacute;luard.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>La libert&eacute; d'expression</span></b><span><span> </span>dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span><span> </span>: chapitre 9&nbsp;</span></span></p><div><span><span><br></span></span></div><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-09-05T18:09:12+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les Gilets Jaunes devant la Grille du coq, et devant la CEDH</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans un arr&ecirc;t Le Syndicat Gilets Jaunes c. France du 3 septembre 2026, la Cour europ&eacute;enne des droits...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><p><span><span></span></span></p><div><span><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhY_aE0g9jLmLFlxpDapMssEh3J6ZVAKHUL2cfEaxZggxIbxuz-GMCE6tZ7-zOfcDMXwFol8LxU2Sd9O1ZZLxEokUJ3F_T0dHC1HiZh6mzXom6NqIhciOqSHxvzEtaYUGnxqGVCtfBeDx3LDeH9FCd57tLOwGlQmpPVUPBvOHWBOjyPWLL6KQrJQAN8hSk/s400/cedh@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhY_aE0g9jLmLFlxpDapMssEh3J6ZVAKHUL2cfEaxZggxIbxuz-GMCE6tZ7-zOfcDMXwFol8LxU2Sd9O1ZZLxEokUJ3F_T0dHC1HiZh6mzXom6NqIhciOqSHxvzEtaYUGnxqGVCtfBeDx3LDeH9FCd57tLOwGlQmpPVUPBvOHWBOjyPWLL6KQrJQAN8hSk/w201-h90/cedh@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></span></div><span><span><br><p>Dans un <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-252037" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Le Syndicat Gilets Jaunes c. France </i>du 3 septembre 2026</a>, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) affirme, &agrave; l'unanimit&eacute;, que les autorit&eacute;s fran&ccedil;aises ont pu interdire une manifestation r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;clar&eacute;e. Cette ing&eacute;rence dans la libert&eacute; de manifester est toutefois soumise &agrave; certaines conditions.&nbsp;</p></span></span><p></p><p><span><span>L'affaire concerne l'interdiction, par le pr&eacute;fet de police de Paris, d'un rassemblement projet&eacute; les 30 juin, 1er et 2 juillet 2022, de 16 h 30 &agrave; 22 heures, par les <i>Gilets Jaunes </i>dans les Jardins des Champs Elys&eacute;es, &agrave; deux pas de la Grille du Coq de l'Elys&eacute;e.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>La manifestation &eacute;tait r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;clar&eacute;e. On sait que ce r&eacute;gime d&eacute;claratoire a &eacute;t&eacute; mis en place par le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000294755/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret-loi du 23 octobre 1935</a>, aujourd'hui codifi&eacute; par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025505133/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 211-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a>. Les organisateurs du rassemblement doivent ainsi faire connaitre aux autorit&eacute;s de police leur nom, l'objet de la manifestation, son itin&eacute;raire et les mesures pr&eacute;vues pour garantir l'ordre public.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Ce r&eacute;gime d&eacute;claratoire s'accompagne souvent d'une v&eacute;ritable n&eacute;gociation. En l'esp&egrave;ce, le pr&eacute;fet de police avait propos&eacute; que le rassemblement se d&eacute;roule les m&ecirc;mes jours, mais d'autres&nbsp;horaires de 14 h &agrave; 18 heures, et &agrave; un autre lieu, Place de la R&eacute;publique. Les Gilets Jaunes ont refus&eacute; cette offre, et le pr&eacute;fet a donc interdit le rassemblement. Les juges des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, d'abord le tribunal administratif de Paris, puis le Conseil d'&Eacute;tat ont refus&eacute; de suspendre cette interdiction. Devant la CEDH, les Gilets Jaunes invoquent dont une ing&eacute;rence excessive dans la libert&eacute; de manifestation garantie par l'article 11 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'</span>homme.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit de manifester, ailleurs</span></h3><span><br><p><span>Depuis la <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-115138" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Saska c. Hongrie </i>du 27 novembre 2012</a>, la CEDH affirme que l'article 11 prot&egrave;ge &agrave; la fois la libert&eacute; de se r&eacute;unir, le choix du moment et du lieu de la manifestation. Plus tard, dans les d&eacute;cisions <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-170857" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Lashmankin et autres c. Russie</i> du 7 f&eacute;vrier 2017 </a>et <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-219484" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Mustafa Hajili et autres c. Azerba&iuml;djan</i> du 6 octobre 2022</a>, la Cour pr&eacute;cise que le fait de modifier le lieu d'une manifestation constitue une ing&eacute;rence dans cette libert&eacute;, en particulier lorsque ce lieu rev&ecirc;t une importance symbolique. Dans l'affaire <i>Lashmankin</i>, le rassemblement devait se d&eacute;rouler devant un M&eacute;morial des victimes de la r&eacute;pression politique, et dans <i>Mustafa Hajili</i>, il s'agissait de manifester devant un tribunal qui avait accept&eacute; de limiter la libert&eacute; de manifester.</span></p><p><span>D&egrave;s lors qu'il y a ing&eacute;rence dans la libert&eacute; de manifester, la CEDH exerce son contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;. Rappel&eacute; dans l'<a href="https://juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20151015-001158232" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Kudrevicius et a c. Lituanie </i>du 15 octobre 2015</a>, le principe est que l'ing&eacute;rence doit r&eacute;pondre &agrave; un "<i>besoin social imp&eacute;rieux</i>". Dans le cas des Gilets Jaunes, la Cour prend acte des arguments d&eacute;velopp&eacute;s par le pr&eacute;fet de police. Il ne s'&eacute;tait pas born&eacute; &agrave; invoquer la menace terroriste ou la proximit&eacute; de l'Elys&eacute;e.&nbsp;</span></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiiXiVpUBXWLR_6uCwNQFIgAlpCuwvyNVXUMlJrmW3SRr3bQ4e7v2umMGGMk4zk-8eLnF_bSDO_7h5dSfAejYb-eJZSjUPU6WYkWYHiFCchnBkfCmLV-8OncbwfDEne9ZLv_MEcu9Ekq3ZmFa0kUvfKJgom_FOey4tNTAPZY6XLv2vWMZXjyomZ8EE8-Nc/s1162/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-03%20a%CC%80%2019.51.11.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiiXiVpUBXWLR_6uCwNQFIgAlpCuwvyNVXUMlJrmW3SRr3bQ4e7v2umMGGMk4zk-8eLnF_bSDO_7h5dSfAejYb-eJZSjUPU6WYkWYHiFCchnBkfCmLV-8OncbwfDEne9ZLv_MEcu9Ekq3ZmFa0kUvfKJgom_FOey4tNTAPZY6XLv2vWMZXjyomZ8EE8-Nc/w505-h281/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-09-03%20a%CC%80%2019.51.11.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>Exposition Lego &Eacute;pinal, mai 2019</span></p><p><span>Les juridictions fran&ccedil;aises ont repris d'autres &eacute;l&eacute;ments comme l'&eacute;troitesse des trottoirs, la pr&eacute;sence de barri&egrave;res, la diffusion d'un appel &agrave; manifester sur les r&eacute;seaux sociaux &agrave; 30 000 abonn&eacute;s alors que les organisateurs annon&ccedil;aient une cinquantaine de participants. Enfin le pr&eacute;fet, et les juges, font &eacute;tat de rassemblements ant&eacute;rieurs ayant donn&eacute; lieu &agrave; des violences. De plus, la Cour observe que les Gilets Jaunes n'ont pas expliqu&eacute; pourquoi ils devaient absolument manifester pr&egrave;s de l'Elys&eacute;e, et elle d&eacute;duit finalement que la Place de la R&eacute;publique est un lieu appropri&eacute; aux rassemblements des <i>Gilets Jaunes, </i>d'autant qu'elle est &eacute;quip&eacute;e pour accueillir des manifestations.</span></p><p><span>L'arr&ecirc;t <i>Le Syndicat des Gilets Jaunes</i> affirme ainsi que le choix d&rsquo;un lieu symbolique ne b&eacute;n&eacute;ficie pas, en tant que tel, d&rsquo;une protection renforc&eacute;e. Il appartient aux organisateurs d&rsquo;&eacute;tablir le lien pr&eacute;cis entre ce lieu et le message qu&rsquo;ils entendent porter, ce qui n'a pas &eacute;t&eacute; fait en l'esp&egrave;ce.</span></p><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><h3><span>De la d&eacute;claration &agrave; l'autorisation</span></h3><div><span><br></span></div></span><div><span><br></span></div><div><div><p><span>Le second moyen d&eacute;velopp&eacute; par les requ&eacute;rants a une port&eacute;e plus large. Le syndicat soutient en effet que les interdictions oppos&eacute;es &agrave; ses d&eacute;clarations successives avaient transform&eacute; de facto le r&eacute;gime de d&eacute;claration pr&eacute;alable en r&eacute;gime d'autorisation. Or, ce r&eacute;gime d'autorisation serait d&eacute;pourvu de fondement juridique, d&egrave;s lors que la loi fran&ccedil;aise pr&eacute;voit, pr&eacute;cis&eacute;ment, un syst&egrave;me d&eacute;claratoire. Selon la proc&eacute;dure bien connue, la d&eacute;claration est d&eacute;pos&eacute;e aupr&egrave;s du pr&eacute;fet qui d&eacute;livre imm&eacute;diatement un r&eacute;c&eacute;piss&eacute;, ce qui signifie qu'il a comp&eacute;tence li&eacute;e. C'est seulement ensuite que va se d&eacute;velopper la n&eacute;gociation sur le parcours, sous la menace d'une &eacute;ventuelle interdiction.</span></p><p><span><br></span><span>La CEDH refuse d'entrer dans une analyse th&eacute;orique sur la distinction entre le r&eacute;gime d&eacute;claratoire avec menace d'interdiction et le r&eacute;gime d'autorisation. Elle adopte une m&eacute;thode d'analyse tr&egrave;s pragmatique et recherch&eacute;e si l'organisateur demeure ou non libre de manifester.&nbsp;</span></p><p><span><br></span><span>Or, il n'est pas contest&eacute; que les <i>Gilets Jaunes </i>ont largement pu manifester, y compris d'ailleurs lorsqu'ils n'&eacute;taient pas encore organis&eacute;s en syndicat et s'abstenaient de d&eacute;clarer une manifestation. La CEDH observe que 19 manifestations d&eacute;clar&eacute;es par <i>Le Syndicat Gilets Jaunes</i> ont pu avoir lieu normalement. Elle ajoute qu'en cas d'interdiction, le recours est ouvert devant le juge administratif qui exerce le contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span><br></span><span>Dans une <a href="https://justice.pappers.fr/decision/bcf07736f31c6683f28ea9b97bab6db2aa9ebba5" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 24 novembre 2025, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Paris</a> suspend ainsi un arr&ecirc;t&eacute; du pr&eacute;fet de police interdisant au <i>Syndicat Gilets Jaunes </i>de manifester pendant un mois entier dans tout le quartier des Champs Elys&eacute;es et des rues abritant des "<i>institutions de la R&eacute;publique</i>". Le juge sanctionne alors l'impr&eacute;cision de ce p&eacute;rim&egrave;tre g&eacute;ographique et la dur&eacute;e excessive de l'interdiction qui s'&eacute;tend &agrave; d'&eacute;ventuels rassemblements pas encore d&eacute;clar&eacute;s. Dans ce cas, le r&eacute;gime d&eacute;claratoire se transforme effectivement &nbsp;en r&eacute;gime d'autorisation, mais cette pratique emporte une ing&eacute;rence excessive dans la libert&eacute; de manifester.</span></p><p><span><br></span><span>Pour la CEDH, le raisonnement n'est pas enti&egrave;rement nouveau. Dans l'<a href="https://justice.pappers.fr/decision/a73a82e2b352a5dab42ca6053a6937835de1505f" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Gafgaz Mammadov c. Azerba&iuml;djan</i> du 15 octobre 2015</a>, elle sanctionnait d&eacute;j&agrave; un r&eacute;gime juridiquement pr&eacute;sent&eacute; comme d&eacute;claratoire, mais qui fonctionnait comme un r&eacute;gime d'autorisation. Les autorit&eacute;s pouvaient modifier le lieu, ou interdire les manifestations pacifiques, toujours &eacute;loign&eacute;es du centre de Bakou.</span></p><p><span><br></span><span>L'arr&ecirc;t <i>Le Syndicat Gilets Jaunes</i> pr&eacute;sente finalement l'int&eacute;r&ecirc;t de rappeler une distinction qui figurait d&eacute;j&agrave; dans la th&egrave;se de Georges Morange, soutenue en 1940.&nbsp;</span><span>Dans un r&eacute;gime d&eacute;claratoire, la libert&eacute; est la r&egrave;gle : la manifestation peut se tenir si l&rsquo;administration ne l&rsquo;interdit pas. Dans un r&eacute;gime d&rsquo;autorisation, l&rsquo;interdiction est la situation initiale : la manifestation ne peut avoir lieu tant que l&rsquo;administration n&rsquo;a pas donn&eacute; son accord.&nbsp;</span></p><p><span><br></span><span>A cette distinction formelle, la Cour ajoute une approche plus fonctionnelle. M&ecirc;me lorsque la loi proclame un r&eacute;gime d&eacute;claratoire, une pratique d'interdictions syst&eacute;matique peut le transformer en r&eacute;gime d'autorisation d&eacute;guis&eacute;. Mais dans ce cas, nous dit la CEDH, le requ&eacute;rant doit en apporter la preuve. Avec leurs 19 manifestations pr&eacute;c&eacute;dentes, les <i>Gilets Jaunes</i> n'&eacute;taient pas en mesure de le faire. L'arr&ecirc;t sonne tout de m&ecirc;me comme un avertissement &agrave; des pouvoirs publics qui, un jour ou l'autre, seraient tent&eacute;s par des interdictions syst&eacute;matiques.</span></p></div><div><div><span><br></span></div><div><span><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b><span>La libert&eacute; de manifestation</span></b><span> dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</span></a><span> : chapitre 12 section 1 &sect; 2</span></span></p><p><br></p></span></div><br><p></p><p></p></div></div>]]></content>
	<updated>2026-09-03T18:21:28+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Couvre-feu des mineurs : la popularité ne fait pas la légalité</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Parmi les marronniers de l'&eacute;t&eacute;, figure en bonne place le couvre-feu des mineurs. Chaque ann&eacute;e, des &eacute;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span><br></span></span></p><p><span><span></span></span></p><div><span><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLXZjbRul1JAF-7-WPRYJZ39ULT4qvesD7nZ16OP1Jx43_iEYabDvojpcKfIIZ-wAVRQ2lgjfGY47GapVNaIhVPFAsDDqYx6SL0YiisgNgKJX-kiihgklcGuB7TmH4SL2aUtb90FM6lnhGFu9FBSSxYqlhSdEoMOLVcCVY1RMr_lbTY4MBNBAvewMVTkk/s200/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLXZjbRul1JAF-7-WPRYJZ39ULT4qvesD7nZ16OP1Jx43_iEYabDvojpcKfIIZ-wAVRQ2lgjfGY47GapVNaIhVPFAsDDqYx6SL0YiisgNgKJX-kiihgklcGuB7TmH4SL2aUtb90FM6lnhGFu9FBSSxYqlhSdEoMOLVcCVY1RMr_lbTY4MBNBAvewMVTkk/s1600/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></span></div><span><span><br><div>Parmi les marronniers de l'&eacute;t&eacute;, figure en bonne place le couvre-feu des mineurs. Chaque ann&eacute;e, des &eacute;lus interdisent la circulation des mineurs sur le territoire, ou une partie du territoire, de la commune pendant la nuit, durant la p&eacute;riode estivale. Chaque ann&eacute;e, des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s sont d&eacute;pos&eacute;s, dans le but d'obtenir la suspension de ces mesures. Chaque ann&eacute;e, bon nombre d'arr&ecirc;t&eacute;s sont suspendus, car les &eacute;lus ne parviennent pas souvent &agrave; d&eacute;montrer la r&eacute;alit&eacute; de la menace pour l'ordre public qu'ils invoquent.</div><div><span><br></span></div><div><span>Tel est le cas de l'</span><a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-08-26/518980" rel="noopener noreferrer" target="_blank">ordonnance rendue par le Conseil d'&Eacute;tat le 26 ao&ucirc;t 2026, &agrave; la demande de l'association </a><a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-08-26/518980" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Vigie Libert&eacute;</a><span>. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s suspend l'arr&ecirc;t&eacute; du maire d'Oradour-sur-Glane interdisant, du 17 au 31 ao&ucirc;t, la circulation de tous les mineurs non accompagn&eacute;s, de 23 h &agrave; 6 h, sur l'ensemble de la commune.</span></div></span></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les fondements juridiques</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Il existe d'abord une comp&eacute;tence pr&eacute;fectorale dans ce domaine. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025505021" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 132-8 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> (csi) autorise le pr&eacute;fet &agrave; restreindre la circulation des mineurs non accompagn&eacute;s de moins de treize ans, entre 23 heures et 6 heures, lorsque cette situation les expose &agrave; un risque pour leur sant&eacute;, leur s&eacute;curit&eacute;, leur &eacute;ducation ou leur moralit&eacute;. Cette disposition trouve son origine dans la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000023707439" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loppsi 2 du 14 mars 2011</a>.</span></p><p><span>Cette comp&eacute;tence pr&eacute;fectorale n'emp&ecirc;che pas l'exercice, par le maire, de son pouvoir de police g&eacute;n&eacute;rale qu'il tire de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006390149/2021-10-08" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 2212-1 du code des collectivit&eacute;s territoriales</a>. Cette comp&eacute;tence a donc &eacute;t&eacute; exerc&eacute;e par le maire d'Oradour-sur-Glane. Toute une s&eacute;rie de d&eacute;cisions intervenues en 2001 ont valid&eacute; cette comp&eacute;tence, &agrave; la condition qu'elle ait pour objet de prot&eacute;ger les mineurs contre les dangers auxquels ils sont expos&eacute;s ou de pr&eacute;venir les troubles &agrave; l'ordre public dont ils seraient les auteurs. Le pouvoir de police du maire a ainsi un champ plus large que celui du pr&eacute;fet, dans la mesure o&ugrave; le couvre-feu peut concerner des mineurs de plus de treize ans.</span></p><p><span>A propos d'arr&ecirc;t&eacute;s de couvre-feu &agrave; <a href="https://www.lexbase.fr/jurisprudence/1000081-ce-refere-09072001-n-235638" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Orl&eacute;ans</a>, <a href="https://justice.pappers.fr/decision/d45ef697ea870da9397d849e4c11e07459b169c1" target="_blank" rel="noopener noreferrer">&Eacute;tamp</a>es et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000008070555?init=true&amp;page=1&amp;query=237047&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Yerres</a>,le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s a d&eacute;fini trois exigences cumulatives. D'une part, des risques sp&eacute;cifiques pour l'ordre public doivent &ecirc;tre av&eacute;r&eacute;s dans les secteurs concern&eacute;s, d'autre part la mesure doit &ecirc;tre adapt&eacute;e &agrave; ces risques, enfin elle doit aussi &ecirc;tre proportionn&eacute;e dans son p&eacute;rim&egrave;tre, dans la limite d'&acirc;ge des mineurs concern&eacute;s, et dans ses horaires comme dans sa dur&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Trois nuits par semaine. Indochine. 1986</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les &eacute;l&eacute;ments de preuve</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La jurisprudence post&eacute;rieure pr&eacute;cise la charge de la preuve qui incombe &agrave; la commune. Il ne lui suffit pas d'invoquer des troubles &agrave; l'ordre public, il faut les d&eacute;montrer, statistiques &agrave; l'appui.&nbsp;</span></p><p><span>Dans l'<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2018-06-06/410774" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t commune de B&eacute;ziers du 6 juin 2018,</a> le maire invoquait sa strat&eacute;gie de pr&eacute;vention de la d&eacute;linquance, et produisait un rapport de police mentionnant certes l'existence d'une d&eacute;linquance juv&eacute;nile, mais dont les chiffres n'&eacute;taient pas plus &eacute;lev&eacute;s qu'ailleurs. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat pr&eacute;cise alors que le couvre-feu des mineurs doit &ecirc;tre justifi&eacute; par des "<i>&eacute;l&eacute;ments pr&eacute;cis et circonstanci&eacute;s</i>".</span></p><p><span>Le couvre-feu doit donc &ecirc;tre justifi&eacute; et calibr&eacute;. A partir de cette jurisprudence, les &eacute;lus produisent des statistiques &eacute;tablissant &agrave; la fois une d&eacute;linquance plus &eacute;lev&eacute;e que la moyenne, dans laquelle les mineurs sont particuli&egrave;rement impliqu&eacute;s. En 2024, par deux ordonnances du 26 juillet 2024 concernant <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-07-26/494462?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">B&eacute;ziers</a> et <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-07-26/494688?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Nice,</a> le Conseil d'&Eacute;tat valide ainsi des couvre-feux limit&eacute;s aux moins de treize et montrant des statistiques de d&eacute;linquance juv&eacute;nile sup&eacute;rieure &agrave; la moyenne.</span></p><p><span>La d&eacute;cision qui illustre le mieux la jurisprudence r&eacute;cente est sans doute celle rendue &agrave; propos du couvre-feu des Saint Ouen sur Seine, du <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2025-10-09/507078?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">9 octobre 2025, <i>Ligue des droits de l'homm</i>e.</a>&nbsp;Le Conseil rel&egrave;ve un taux d'infractions violentes dans la commune de 19/1000 habitants en 2024 contre 6/1000 au niveau national, ainsi que le fait que 40 % des interpellations de mineurs ont eu lieu la nuit. Le couvre-feu &eacute;tait par ailleurs limit&eacute; aux moins de seize ans, dans certains secteurs de la ville.</span></p><p><span>L'ordonnance du 26 ao&ucirc;t 2026 s'inscrit dans cette jurisprudence. A Oradour-sur-Glane, le dossier de la commune &eacute;tait faible. L'interdiction de circulation concernait tous les mineurs sur toute la commune, sans donn&eacute;es chiffr&eacute;es &eacute;tablissant leur implication.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><span>L'adh&eacute;sion des administr&eacute;s, un &eacute;l&eacute;ment sans influence</span><span><br></span></span></h3><div><span><span><br></span></span></div><p><span>L'int&eacute;r&ecirc;t de la d&eacute;cision est sans doute ailleurs. L'&eacute;lu invoquait en effet "<i>le soutien de la population</i>" &agrave; cette mesure, sans d'ailleurs pr&eacute;ciser comment &eacute;tait mesur&eacute; ce soutien. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s ne se prononce pas sur le caract&egrave;re effectif ou non de cette adh&eacute;sion populaire. Il se borne &agrave; affirmer qu'en mati&egrave;re de police administrative, cette adh&eacute;sion ne saurait remplacer la preuve du trouble &agrave; l'ordre public et le contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; qui en r&eacute;sulte. En clair, le juge ne contr&ocirc;le pas les sondages, ne lit pas le journal local. Il exige des faits, des chiffres, des lieux, des horaires, et la d&eacute;monstration d'un lien avec les mineurs auxquels on retire l'exercice d'une libert&eacute;.</span></p><p><span>En affirmant clairement l'irrecevabilit&eacute; d'un tel argument, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s sanctionne indirectement une posture d&eacute;sormais tr&egrave;s fr&eacute;quente des &eacute;lus, ou de certains d'entre eux. Pour satisfaire leur &eacute;lectorat, ils prennent une mesure s&eacute;curitaire sans trop se pr&eacute;occuper de sa l&eacute;galit&eacute;. La d&eacute;cision est ensuite suspendue par le juge, ou plut&ocirc;t les juges en l'esp&egrave;ce puisque l'affaire se termine devant le Conseil d'&Eacute;tat. Ensuite, l'&eacute;lu peut s'adresser &agrave; ce m&ecirc;me &eacute;lectorat en affirmant qu'il est victime des m&eacute;chants juges id&eacute;ologues. Le tour est jou&eacute; et le couvre-feu des mineurs devient une posture politique qui soigne la popularit&eacute; sans rien co&ucirc;ter.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>Le couvre-feu des mineurs</b>&nbsp;dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</a> : chapitre 5 section 1 &sect; 5 C</span></p><p><br></p><p></p>]]></content>
	<updated>2026-08-30T16:47:56+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">RIPOST : L&#039;État de droit face au &quot;choc d&#039;autorité&quot;</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La loi du 18 ao&ucirc;t 2026 visant &agrave; offrir des r&eacute;ponses imm&eacute;diates aux ph&eacute;nom&egrave;nes troublant l'ordre publ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj3GDigAwZHHS6DsLvmmAl6gZE6MiglKbaM1_5ofZ41k6DHgZP4tnoAWA5cDMHwpj9TcUnJB7g_n4BaafyiRm1Gq4bUd4r0FfdMAQG68ciDjpLZMlOcFS0Y52bhfXlq8FMEhQUN35PyRqx4M5ZCSjYFbC2O_Etf5KhQQMMNMDkmmW0fjg-p6YXp_VfWuUQ/s208/JO@0.jpeg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj3GDigAwZHHS6DsLvmmAl6gZE6MiglKbaM1_5ofZ41k6DHgZP4tnoAWA5cDMHwpj9TcUnJB7g_n4BaafyiRm1Gq4bUd4r0FfdMAQG68ciDjpLZMlOcFS0Y52bhfXlq8FMEhQUN35PyRqx4M5ZCSjYFbC2O_Etf5KhQQMMNMDkmmW0fjg-p6YXp_VfWuUQ/s1600/JO@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054707332" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 18 ao&ucirc;t 2026 <i>visant &agrave; offrir des r&eacute;ponses imm&eacute;diates aux ph&eacute;nom&egrave;nes troublant l'ordre public, la s&eacute;curit&eacute; et la tranquillit&eacute; de nos concitoyens RIPOST&nbsp;</i></a>t&eacute;moigne d'abord du talent du l&eacute;gislateur dans la recherche d'acronymes sophistiqu&eacute;s. Mais elle r&eacute;v&egrave;le aussi un&nbsp; mouvement plus profond. Laurent Nunez, ministre de l'Int&eacute;rieur n'a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; &eacute;voquer un "<i>choc d'autorit&eacute;</i>" &agrave; propos d'un texte qui s'affirme r&eacute;solument s&eacute;curitaire. Le Conseil constitutionnel, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/2026915DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026</a>, ne s'oppose pas cette d&eacute;marche en tant que telle, car il appartient au l&eacute;gislateur de d&eacute;finir la place du curseur, entre la libert&eacute; et la s&eacute;curit&eacute;. Bon nombre des dispositions de la loi sont d&eacute;clar&eacute;es conformes &agrave; la Constitution. En revanche, le Conseil sanctionne les libert&eacute;s parfois prises avec des principes cardinaux de l'&Eacute;tat de droit</div></span><p></p><p><span>Beaucoup de dispositions sont d&eacute;clar&eacute;es conformes &agrave; la Constitution. Les &eacute;num&eacute;rer revient &agrave; constater le caract&egrave;re disparate du texte, plus proche d'un <i>Inventaire</i> &agrave; la Pr&eacute;vert&nbsp;que d'une r&eacute;forme d'envergure. Il encadre la vente et la possession de produits pyrotechniques, durcit le contr&ocirc;le des rave-parties non d&eacute;clar&eacute;es en pr&eacute;voyant la sanction des participants, fait passer &agrave; 500 &euro; l'amende forfaire d&eacute;lictuelle (AFD) pour consommation de stup&eacute;fiants, punit plus lourdement les rod&eacute;os urbains et les violences lors des manifestations sportives, facilite l'&eacute;vacuation par d&eacute;cision pr&eacute;fectorale des immeubles squatt&eacute;s, &eacute;largit la possibilit&eacute; de contr&ocirc;les d'identit&eacute;s dans la zone o&ugrave; s&eacute;vit la criminalit&eacute; organis&eacute;e, autorise la vid&eacute;osurveillance algorithmiques des b&acirc;timents expos&eacute;s &agrave; la menace terroriste. Ces dispositions ont donn&eacute; lieu &agrave; quelques r&eacute;serves d'interpr&eacute;tation formul&eacute;es par le Conseil constitutionnel, mais elles demeurent modestes, limit&eacute;es &agrave; des rappels du droit positif. Ainsi admet-il la vid&eacute;osurveillance algorithmique, &agrave; condition qu'elle ne s'accompagne pas de reconnaissance faciale ni d'interconnexions, et qu'elle soit autoris&eacute;e par le pr&eacute;fet.</span></p><p><span>Si le Conseil ne met pas en cause l'orientation s&eacute;curitaire de la loi, il censure des dispositions qui vont &agrave; l'encontre de principes fondamentaux de l'&Eacute;tat de droit.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'incomp&eacute;tence n&eacute;gative</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La premi&egrave;re censure est un cas d'incomp&eacute;tence n&eacute;gative. La loi pr&eacute;voyait un d&eacute;lit punissant d'un an d'emprisonnement et de 15 000 &euro; d'amende les jeunes conducteurs qui, pendant la p&eacute;riode probatoire apr&egrave;s l'obtention du permis, conduisent un "<i>v&eacute;hicule dont la puissance du moteur d&eacute;passe un seuil d&eacute;termin&eacute; par voie r&eacute;glementaire</i>". Or l'article 34 de la Constitution attribue au pouvoir l&eacute;gislatif la d&eacute;termination des crimes et des d&eacute;lits, tandis que l'article 8 de la D&eacute;claration de 1789 impose une d&eacute;finition claire et pr&eacute;cise de leurs &eacute;l&eacute;ments constitutifs.&nbsp;</span></p><p><span>Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1981/80127DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision des 19 et 20 janvier 1981</a>, le Conseil constitutionnel affirme que la loi p&eacute;nale doit exclure l'arbitraire. Il applique ensuite ce principe dans sa&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2011/2011163QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 16 septembre 2011</a>&nbsp;qui punissait l'inceste sans le d&eacute;finir puis dans celle du <a href="https://vifa-recht.de/4%20mai%202012" target="_blank" rel="noopener noreferrer">4 mai 2012</a>&nbsp;qui d&eacute;finissait le harc&egrave;lement sexuel de mani&egrave;re tautologique comme "<i>le fait de harceler autrui dans le but d'obtenir des faveurs sexuelles</i>". Dans les deux cas, le Conseil sanctionne l'incomp&eacute;tence n&eacute;gative. L'analyse est identique dans la d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026. Le seuil de puissance du v&eacute;hicule n'est pas d&eacute;fini par la loi. Or, il n'est pas une simple modalit&eacute; technique d'application de la loi, car il d&eacute;termine l'existence m&ecirc;me du d&eacute;lit. Ce seuil ne saurait donc &ecirc;tre laiss&eacute; &agrave; la comp&eacute;tence du pouvoir r&eacute;glementaire, et le Parlement ne pouvait renoncer &agrave; exercer sa propre comp&eacute;tence. La seule hypoth&egrave;se dans laquelle une telle ing&eacute;rence du pouvoir r&eacute;glementaire aurait &eacute;t&eacute; possible est celle d'une r&eacute;forme adopt&eacute;e par les ordonnances de l'article 38 de la Constitution. Mais ce choix n'a pas &eacute;t&eacute; fait.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><span>Inventaire. Les Fr&egrave;res Jacques</span><p></p><p><span>Jacques Pr&eacute;vert et Joseph Kosma</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit de propri&eacute;t&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel sanctionne de la m&ecirc;me mani&egrave;re l'atteinte au droit de propri&eacute;t&eacute;. La loi RIPOST pr&eacute;voyait en effet la destruction d&egrave;s l'entr&eacute;e en fourri&egrave;re des v&eacute;hicules ayant servi &agrave; un rod&eacute;o motoris&eacute;, non immatricul&eacute;s ou non identifi&eacute;s. Pour le l&eacute;gislateur, ils &eacute;taient alors pr&eacute;sum&eacute;s abandonn&eacute;s, ce qui interdisait au propri&eacute;taire de revendiquer son bien avant qu'il soit d&eacute;truit.&nbsp;</span></p><p><span>L&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045072423/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L. 325-7 du code de la route</a> se montrait d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;re sur ce point. Un v&eacute;hicule non immatricul&eacute; ou non identifi&eacute; &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sum&eacute; abandonn&eacute; &agrave; l'entr&eacute;e en fourri&egrave;re, mais le propri&eacute;taire pouvait faire une r&eacute;clamation, &agrave; la condition de pouvoir d&eacute;montrer son droit de propri&eacute;t&eacute;. Le Conseil constitutionnel ne censure pas, en tant que telle, la possible destruction du bien, mais sanctionne l'absence de garanties du propri&eacute;taire qui n'est pas n&eacute;cessairement l'auteur de l'infraction. Sur ce point, le Conseil applique une jurisprudence issue de sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2011/2011203QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 2 d&eacute;cembre 2011</a>. La destruction d'un bien saisi ne peut pr&eacute;c&eacute;der la d&eacute;cision judiciaire sans proc&eacute;dure permettant au propri&eacute;taire de faire valoir ses droits.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La s&eacute;paration des pouvoirs</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Plus grave encore est l'atteinte &agrave; la s&eacute;paration des pouvoirs. La loi interdisait en effet toute permission de sortir pour les condamn&eacute;s plac&eacute;s dans un quartier de lutte contre la criminalit&eacute; organis&eacute;e.&nbsp; Or ce placement est d&eacute;cid&eacute;e par le ministre de la justice, l'ex&eacute;cution de la peine &eacute;chappant totalement &agrave; l'autorit&eacute; judiciaire. Le Conseil constitutionnel censure donc ce dispositif sur le fondement de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527558/2022-04-20" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 66 de la Constitution</a> et du principe de s&eacute;paration des pouvoirs figurant dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527443/2023-11-27" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16 de la D&eacute;claration de 1789</a>. Est &eacute;galement en cause le principe d'individualisation de la peine figurant dans son <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527467/2022-01-22" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 8</a>.&nbsp;</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel a rappel&eacute; &agrave; plusieurs reprises, en particulier dans ses <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2005/2005520DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cisions du 22 juillet 2005</a> et du <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2007/2007554DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">9 ao&ucirc;t 2007,</a> qu'aucune peine ne peut produire des effets automatiques, sans appr&eacute;ciation de la situation individuelle de l'int&eacute;ress&eacute;. Si l'administration peut placer un d&eacute;tenu dans un quartier de lutte contre le criminalit&eacute; organis&eacute;e, elle ne peut pas, par le simple effet de cette d&eacute;cision, neutraliser totalement l'office du juge. En tout &eacute;tat de cause, si l'on souhaite une r&eacute;forme de l'ex&eacute;cution des peines pour ces d&eacute;tenus consid&eacute;r&eacute;s comme particuli&egrave;rement dangereux, la comp&eacute;tence pour &eacute;tablir un r&eacute;gime d&eacute;rogatoire appartient au l&eacute;gislateur.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le principe du contradictoire</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La loi RIPOST pr&eacute;voyait la pseudonymisation des enqu&ecirc;teurs, lorsque la r&eacute;v&eacute;lation de leur identit&eacute; &eacute;tait "<i>susceptible de faire peser une menace sur sa vie ou son int&eacute;grit&eacute; physique ou sur celle de ses proches</i>". La formule est suffisamment large pour permettre une pseudonymisation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e, l'enqu&ecirc;teur &eacute;tant d&eacute;sign&eacute;e par un num&eacute;ro d'identification, seul mentionn&eacute; dans tous les actes de proc&eacute;dure.</span></p><p><span>Or cette r&egrave;gle pouvait s'appliquer sans autorisation hi&eacute;rarchique pr&eacute;alable, finalement sur le seul choix de l'int&eacute;ress&eacute;. Le refus de r&eacute;v&eacute;ler l'identit&eacute; pouvait ainsi conduire &agrave; condamner une personne sans qu'aient pu &ecirc;tre discut&eacute;es les conditions du recueil de certains &eacute;l&eacute;ments de preuve. Or, le Conseil, notamment dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019778DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 21 mars 2019</a>, exige que l'accus&eacute; puisse contester effectivement les preuves produites contre lui. L&agrave; encore, ce n'est pas tant le principe de la pseudonymisation qui est contest&eacute;, car il peut sans doute se r&eacute;v&eacute;ler indispensable dans certaines enqu&ecirc;tes.&nbsp;</span></p><p><span>La sanction repose sur l'absence d'autorisation hi&eacute;rarchique pr&eacute;alable et sur l'impossibilit&eacute; totale de r&eacute;v&eacute;ler l'identit&eacute; de l'agent, m&ecirc;me lorsque cette information est n&eacute;cessaire &agrave; l'exercice des droits de la d&eacute;fense. Le risque est donc d'une g&eacute;n&eacute;ralisation qui aurait conduit &agrave; une tr&egrave;s large opacit&eacute; de l'enqu&ecirc;te p&eacute;nale et &agrave; l'&eacute;rosion des droits de la d&eacute;fense. Comme pour d'autres dispositions, il aurait suffi que le l&eacute;gislateur organise cette pseudonymisation avec un peu de rigueur pour qu'elle soit admise par le Conseil constitutionnel.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La d&eacute;l&eacute;gation du pouvoir de police &agrave; des personnes priv&eacute;es</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527438/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 12 de la D&eacute;claration de 1789</a> &eacute;nonce que "<i>la garantie des droits de l'homme n&eacute;cessit&eacute; une force publique. Cette force est donc institu&eacute;e pour l'avantage de tous et non pour l'utilit&eacute; particuli&egrave;re de ceux auxquels elle est confi&eacute;e</i>". De ces dispositions, le Conseil constitutionnel d&eacute;duit, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2021/2021817DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 20 mai 2021 sur la loi S&eacute;curit&eacute; globale</a>, qu'il n'est pas possible de d&eacute;l&eacute;guer &agrave; des personnes priv&eacute;es des comp&eacute;tences de police g&eacute;n&eacute;rale inh&eacute;rentes &agrave; l'exercice de la force publique. Or, la loi RIPOST pr&eacute;voyait de confier &agrave; des gestionnaires routiers, notamment les soci&eacute;t&eacute;s concessionnaires d'autoroutes comme Vinci ou Sanef le pouvoir d'enregistrer leurs interventions au moyen de cam&eacute;ras individuelles sur l'ensemble du domaine public routier, notamment afin de constater les infractions.</span></p><p><span>En soi, il n'est pas interdit &agrave; ces entreprises de filmer l'autoroute. En revanche, il n'est pas possible de leur confier une mission g&eacute;n&eacute;rale de surveillance de la voie publique et de collecte de preuves d'infractions. Le Conseil rappelle toutefois deux att&eacute;nuations &agrave; ce principe. D'une part, une personne priv&eacute;e peut exercer une pr&eacute;rogative de surveillance limit&eacute;e dans des lieux plac&eacute;s sous sa garde, si elle est strictement n&eacute;cessaire &agrave; sa mission. Des images peuvent donc &ecirc;tre recueillies dans le cadre d'une mission de s&eacute;curit&eacute; de la chauss&eacute;e, et, le cas &eacute;ch&eacute;ant, utilis&eacute;e ensuite par les agents de la force publique pour rechercher des preuves. Sont donc valides les cam&eacute;ras embarqu&eacute;es dans les v&eacute;hicules d'intervention, limit&eacute;es &agrave; la pr&eacute;vention et &agrave; l'analyse des accidents de la route. D'autre part, des images peuvent &ecirc;tre recueillies dans le cadre d'une op&eacute;ration sur la voie publique, &agrave; la condition que l'op&eacute;ration demeure sous le contr&ocirc;le effectif d'agents de la force publique. L&agrave; encore, et comme toujours, il aurait suffit au l&eacute;gislateur de pr&eacute;voir un syst&egrave;me d'autorisation et de contr&ocirc;le, mais il ne l'a pas fait.</span></p><p><span>A ces censures que l'on pourrait qualifier de principales, s'ajoutent des censures de moindre importance, comme des fermetures administratives de commerces insuffisamment encadr&eacute;es, des incriminations concurrentes en mati&egrave;re de meubl&eacute;s touristiques, sans oublier une demi-douzaine de cavaliers l&eacute;gislatifs. Certes, le Conseil constitutionnel ne d&eacute;sarme pas r&eacute;ellement la loi RIPOST et laisse subsister l'essentiel de ses dispositions. Mais finalement, le seul fil conducteur de la loi r&eacute;side dans la recherche de l'efficacit&eacute; p&eacute;nale au moyen essentiellement d'un alourdissement des peines.&nbsp;</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, cette recherche d'efficacit&eacute; ne dispense pas le l&eacute;gislateur du respect des r&egrave;gles de l'&Eacute;tat de droit. C'est ainsi que le l&eacute;gislateur doit d&eacute;finir lui-m&ecirc;me les infractions, que l'administration doit respecter l'office du juge et que l'&Eacute;tat doit r&eacute;server l'exercice de la force publique &agrave; ceux auxquels la Constitution la confie. Encore faudrait-il que la loi soit vot&eacute;e dans le respect de l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, et non pas dans le but de satisfaire un &eacute;lectorat susceptible d'&eacute;chapper &agrave; la majorit&eacute; en place. Sur ce point, la loi RIPOST r&eacute;v&egrave;le surtout une certaine f&eacute;brilit&eacute; qui est loin de servir l'efficacit&eacute; qu'elle poursuit.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>Le principe d'individualisation de la peine</b>&nbsp;dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</a> : chapitre 4 section 1 &sect; 1 A</span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-08-27T22:22:38+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">L&#039;édition 2026 du manuel de Libertés publiques : La table des matières</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>&nbsp;Le manuel de "Libert&eacute;s publiques"&nbsp;publi&eacute; sur Amazon&nbsp;pr&eacute;sente l'originalit&eacute; d'&ecirc;tre ac...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>&nbsp;</span></p><span><span></span></span><div></div><span><span></span></span><div></div><div><span><span>Le manuel de "Libert&eacute;s publiques"</span><span>&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer">publi&eacute; sur Amazon</a><span>&nbsp;</span><span>pr&eacute;sente l'originalit&eacute; d'&ecirc;tre accessible sur papier, mais aussi par t&eacute;l&eacute;chargement&nbsp; pour la somme de 6 euros. Il peut &ecirc;tre lu sur un ordinateur ou une liseuse.</span><span>&nbsp;</span></span></div><div><span><br></span></div><div><span>Ce choix d'&eacute;largir le support d'un ouvrage universitaire s'explique par la volont&eacute; d'offrir aux &eacute;tudiants un manuel adapt&eacute; &agrave; leur budget mais aussi &agrave; leurs m&eacute;thodes de travail. Ils trouvent aujourd'hui l'essentiel de leur documentation sur internet, mais ils ne sont pas toujours en mesure d'en appr&eacute;cier la pertinence. Bien souvent, ils piochent un peu au hasard, entre des informations anciennes ou fantaisistes.<br><br>Le manuel de "Libert&eacute;s publiques" propos&eacute; sur Amazon r&eacute;pond aux exigences acad&eacute;miques et il est actualis&eacute; 6 ao&ucirc;t 2026, ce qui signifie qu'il int&egrave;gre la loi sur la fin de vie, la notion de victimisation secondaire, le droit &agrave; un environnement sain etc. Il fait l'objet d'une actualisation en temps r&eacute;el, gr&acirc;ce &agrave; la nouvelle rubrique "Au fil de l'eau" du site "Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries" et aux articles figurant sur le blog. Le manuel et le site sont donc con&ccedil;us comme compl&eacute;mentaires.</span></div><div><span>&nbsp;</span></div><span><span></span></span><div></div><span><span></span></span><div></div><span><span></span></span><div><span>Nombre d'&eacute;crits sur les libert&eacute;s et les droits de l'homme rel&egrave;vent aujourd'hui de la rh&eacute;torique et du militantisme, au risque de d&eacute;former la r&eacute;alit&eacute; juridique.&nbsp; Cette publication propose une approche juridique, qui ne s'adresse pas seulement au public universitaire,&nbsp; &eacute;tudiants et enseignants, mais aussi &agrave; tous ceux qui ont &agrave; pratiquer ces libert&eacute;s. Une connaissance pr&eacute;cise du droit positif est n&eacute;cessaire, aussi bien pour les &eacute;tudiants que pour les citoyens. C'est donc un panorama tr&egrave;s large des libert&eacute;s et de la mani&egrave;re dont le droit positif les garantit qui est ici d&eacute;velopp&eacute;.&nbsp;</span></div><div><span><br></span></div><div><span>En t&eacute;moigne, le plan de l'ouvrage que LLC met &agrave; disposition de ses lecteurs.</span></div><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjXthc-2NgGslb-hG0XNMwwdBF3-JZg7Nqjk-Ehos0rPCxu23sYbzm1Y6zw2spdG25HkxUltMjq1aH4mDDWG_BCmZAdZPyMt7J9HMGBU14ahfrqBGbF8FiNCcDOo4SWpdU2k98CzM1AleJ8X3_G-DHtyBfFe8VDHrhLtU6JesUAzg31drCwl2YkpgrZfyY/s1898/Couverture.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjXthc-2NgGslb-hG0XNMwwdBF3-JZg7Nqjk-Ehos0rPCxu23sYbzm1Y6zw2spdG25HkxUltMjq1aH4mDDWG_BCmZAdZPyMt7J9HMGBU14ahfrqBGbF8FiNCcDOo4SWpdU2k98CzM1AleJ8X3_G-DHtyBfFe8VDHrhLtU6JesUAzg31drCwl2YkpgrZfyY/s320/Couverture.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span><p></p><h2><span>TABLE DES MATI&Egrave;RES&nbsp;</span></h2><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">I &ndash; LES LIBERT&Eacute;S PUBLIQUES COMME OBJET JURIDIQUE&nbsp;</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Diversit&eacute; des terminologies</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Caract&egrave;re &eacute;volutif</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Une &eacute;volution d&eacute;tach&eacute;e de l&rsquo;id&eacute;e de progr&egrave;s</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Une adaptation aux &eacute;volutions de la soci&eacute;t&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; Contenu des libert&eacute;s publiques</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>II &ndash; LA MISE EN &OElig;UVRE</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>DES LIBERT&Eacute;S PUBLIQUES</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; L&rsquo;autorit&eacute; de la r&egrave;gle</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le respect des proc&eacute;dures</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">C &ndash; L&rsquo;id&eacute;e de justice ou d&rsquo;&eacute;quit&eacute;</a></span><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">PREMI&Egrave;RE PARTIE</a>&nbsp;</span></span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LE DROIT</a>&nbsp;</span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">DES LIBERT&Eacute;S PUBLIQUES</a></span></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 1</a>&nbsp;</span></span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LA CONSTRUCTION</a>&nbsp;</span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">DES LIBERT&Eacute;S PUBLIQUES</a></span></span></span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>SECTION 1&nbsp;: &Eacute;VOLUTION HISTORIQUE</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Les doctrines individualistes et la pr&eacute;dominance du droit de propri&eacute;t&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; La D&eacute;claration des droits de l&rsquo;homme et du citoyen de 1789</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Le retour &agrave; l&rsquo;ordre par l&rsquo;affirmation du droit de propri&eacute;t&eacute;</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les doctrines des droits sociaux</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Les textes pr&eacute;curseurs</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; La conciliation entre l&rsquo;&Eacute;tat lib&eacute;ral et les droits sociaux</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; Le Pr&eacute;ambule de la constitution de 1946</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2&nbsp;<span>&nbsp;&nbsp;</span>L&rsquo;INTERNATIONALISATION</a>&nbsp;&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>DES DROITS DE L&rsquo;HOMME</span></span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Les limites de l&rsquo;approche universelle</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; La supr&eacute;matie du d&eacute;claratoire</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Des garanties peu efficaces</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Le succ&egrave;s de l&rsquo;approche europ&eacute;enne</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Les droits garantis&nbsp;: le parti-pris lib&eacute;ral</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Le recours devant la Cour europ&eacute;enne des droits de l&rsquo;homme</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; L&rsquo;Union europ&eacute;enne et les droits de l&rsquo;homme</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>CHAPITRE 2</span></a><span>.&nbsp;</span></span></span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">L&rsquo;AM&Eacute;NAGEMENT</a>.&nbsp;</span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">DES LIBERTES PUBLIQUES</a></span></span></span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>SECTION 1&nbsp;: LE DROIT COMMUN</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; Le r&eacute;gime r&eacute;pressif</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 2 &ndash; Le r&eacute;gime pr&eacute;ventif</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 3 &ndash; Le r&eacute;gime de d&eacute;claration pr&eacute;alable</a></span><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2</a>.&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LE DROIT DES P&Eacute;RIODES D&rsquo;EXCEPTION</span></a></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; Les r&eacute;gimes constitutionnels</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les r&eacute;gimes l&eacute;gislatifs&nbsp;: l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;urgence et l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;urgence sanitaire</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 3</a>&nbsp;&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LES GARANTIES JURIDIQUES</a>&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C</span></a></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">ONTRE LES ATTEINTES</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>AUX LIBERT&Eacute;S</span></span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1</a>.&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LES TRAIT&Eacute;S INTERNATIONAUX</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; La primaut&eacute; de la Constitution sur les trait&eacute;s non ratifi&eacute;s</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La primaut&eacute; de la Constitution sur les trait&eacute;s ratifi&eacute;s</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>SECTION 2 : LES LOIS</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Le Conseil constitutionnel ou la conqu&ecirc;te du statut juridictionnel</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; L&rsquo;ind&eacute;pendance et l&rsquo;impartialit&eacute; du Conseil constitutionnel</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le caract&egrave;re contradictoire de la proc&eacute;dure</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">C &ndash; L&rsquo;autorit&eacute; de chose jug&eacute;e</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; &Eacute;largissement du contr&ocirc;le de constitutionnalit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Le contr&ocirc;le avant promulgation</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le contr&ocirc;le de la loi promulgu&eacute;e&nbsp;: la QPC</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 3</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LES ACTES DE L&rsquo;ADMINISTRATION</span></a></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; Les autorit&eacute;s administratives ind&eacute;pendantes</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La protection juridictionnelle</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Le juge judiciaire</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le juge administratif</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CONCLUSION DE LA 1ERE PARTIE</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LA CLASSIFICATION</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>DES LIBERTES PUBLIQUES</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Les classifications fond&eacute;es sur le r&ocirc;le de l&rsquo;&Eacute;tat</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les classifications fond&eacute;es sur le contenu des libert&eacute;s.</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">DEUXI&Egrave;ME PARTIE</a>.&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LES LIBERTES</a>.&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>DE LA VIE INDIVIDUELLE</span></a></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 4</a>&nbsp;&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>LA S&Ucirc;RET&Eacute;</span></span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LE DROIT COMMUN DE LA S&Ucirc;RET&Eacute;</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Les principes g&eacute;n&eacute;raux du droit p&eacute;nal</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La l&eacute;galit&eacute; des d&eacute;lits et des peines</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - D&eacute;finition et interpr&eacute;tation de la loi p&eacute;nale</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Contenu de la loi p&eacute;nale&nbsp;: n&eacute;cessit&eacute; de la peine</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - Accessibilit&eacute; et intelligibilit&eacute; de la loi p&eacute;nale</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le principe de non-r&eacute;troactivit&eacute; de la loi p&eacute;nale</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; La pr&eacute;somption d&rsquo;innocence</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - C&rsquo;est &agrave; l&rsquo;accusation de convaincre de la culpabilit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Le doute profite &agrave; l&rsquo;accus&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - La personne est juridiquement innocente tant que sa culpabilit&eacute; n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; constat&eacute;e par un juge</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>D &ndash; L&rsquo;ind&eacute;pendance et l&rsquo;impartialit&eacute; des juges</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - L&rsquo;ind&eacute;pendance</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - L&rsquo;impartialit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Principes g&eacute;n&eacute;raux de la proc&eacute;dure p&eacute;nale</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Le droit au juge</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Le droit de saisir le juge</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - La c&eacute;l&eacute;rit&eacute; de la justice</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - La gratuit&eacute; de la justice</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>4&deg; - Les droits des victimes et la victimisation secondaire</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le d&eacute;bat contradictoire</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - L&rsquo;acc&egrave;s au dossier</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - L&rsquo;assistance d&rsquo;un avocat</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2</a>&nbsp;</span></span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LES GARANTIES PARTICULI&Egrave;RES</a>&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>DE LA S&Ucirc;RET&Eacute;</span></a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Les atteintes &agrave; la s&ucirc;ret&eacute; ant&eacute;rieures au jugement</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Le contr&ocirc;le et la v&eacute;rification d&rsquo;identit&eacute;</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; La garde &agrave; vue</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">C &ndash; La d&eacute;tention provisoire</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les atteintes &agrave; la s&ucirc;ret&eacute; sans jugement</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La r&eacute;tention des &eacute;trangers</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Entr&eacute;e sur le territoire et zone d&rsquo;attente</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Sortie du territoire et centre de r&eacute;tention administrative</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; L&rsquo;hospitalisation des malades mentaux sans leur consentement</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">C &ndash; La r&eacute;tention de s&ucirc;ret&eacute;</a></span><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 5</a>.&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LA LIBERT&Eacute; D&rsquo;ALLER ET VENIR</span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1</a>.&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>LA LIBRE CIRCULATION DES NATIONAUX</span></span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Le droit de circuler sur le territoire</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Les arr&ecirc;t&eacute;s &laquo;&nbsp;anti-mendicit&eacute;&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; La circulation des &laquo;&nbsp;hooligans&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">C &ndash; Les mesures de &laquo;&nbsp;couvre-feu&nbsp;&raquo;</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>D &ndash; La circulation des gens du voyage</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Le droit de quitter le territoire</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2&nbsp;<span>&nbsp;&nbsp;</span>LES RESTRICTIONS</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A LA CIRCULATION DES &Eacute;TRANGERS</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; L&rsquo;entr&eacute;e sur le territoire</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Les titulaires d&rsquo;un droit d&rsquo;entr&eacute;e en France</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Les ressortissants de l&rsquo;Union europ&eacute;enne</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Les titulaires de la qualit&eacute; de r&eacute;fugi&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Les &eacute;trangers soumis au r&eacute;gime pr&eacute;ventif</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Les conditions d&rsquo;entr&eacute;e sur le territoire</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - La r&eacute;gularisation des &eacute;trangers</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - La r&eacute;serve d&rsquo;ordre public</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La sortie du territoire</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; L&rsquo;&eacute;tranger en situation irr&eacute;guli&egrave;re</a>&nbsp;</span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; L&rsquo;&eacute;tranger, menace pour l&rsquo;ordre public&nbsp;: l&rsquo;expulsion</a></span></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">C &ndash; L&rsquo;&eacute;tranger condamn&eacute;&nbsp;:</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>L&rsquo;interdiction du territoire fran&ccedil;ais</span></span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>D &ndash; L&rsquo;&eacute;tranger demand&eacute; par un autre &Eacute;tat</span></a><p></p></span></p><p></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - L&rsquo;extradition.</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Le mandat d&rsquo;arr&ecirc;t europ&eacute;en</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 6</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LE DROIT DE PROPRI&Eacute;T&Eacute;</span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1</a>&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CONS&Eacute;CRATION</a>&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>DU DROIT DE PROPRI&Eacute;T&Eacute;</span></a></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; Le droit de propri&eacute;t&eacute; et les valeurs lib&eacute;rales</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La dilution du droit de propri&eacute;t&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LES ATTEINTES AU DROIT DE PROPRI&Eacute;T&Eacute;</span></a></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; La privation de propri&eacute;t&eacute;</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les restrictions &agrave; l&rsquo;exercice du droit de propri&eacute;t&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 7 LE DROIT</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A L&rsquo;INT&Eacute;GRIT&Eacute; de la PERSONNE</span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1&nbsp;LE DROIT HUMANITAIRE</a></span><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; La torture</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les &laquo;&nbsp;peines ou traitements&nbsp;cruels, inhumains ou d&eacute;gradants&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; D&eacute;finition</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Champ d&rsquo;application</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Les personnes priv&eacute;es de libert&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Les traitements inflig&eacute;s par des personnes priv&eacute;es</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - Les traitements inhumains et d&eacute;gradants potentiels</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 3 &ndash; Crimes contre l&rsquo;humanit&eacute;, g&eacute;nocides et crimes de guerre</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; D&eacute;finitions</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Le crime contre l&rsquo;humanit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Le g&eacute;nocide</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - Le crime de guerre</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; La r&eacute;pression</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Les juridictions cr&eacute;&eacute;es a posteriori</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - La Cour p&eacute;nale internationale (CPI)</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2</a>.&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LE RESPECT DU CORPS HUMAIN</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 - Le droit &agrave; la vie</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La protection de la vie humaine</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Les personnes sous la garde de l&rsquo;&Eacute;tat</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Les victimes de l&rsquo;inertie des autorit&eacute;s</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - Les victimes du changement climatique</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; La peine de mort</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; La mort, cons&eacute;quence d&rsquo;un recours &agrave; la force</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; L&rsquo;inviolabilit&eacute; du corps humain</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Une agression commise par autrui</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Le suicide&nbsp;: le devoir de pr&eacute;vention de l&rsquo;&Eacute;tat</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">2&deg; - Le droit de mourir dans la dignit&eacute;</a><span>&nbsp;et l'aide &agrave; mourir</span></span><span><p></p></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; L&rsquo;inviolabilit&eacute; de l&rsquo;esp&egrave;ce humaine</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - L&rsquo;identit&eacute; g&eacute;n&eacute;tique</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2 &deg; - Les manipulations g&eacute;n&eacute;tiques</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3 &deg; - Le clonage</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; Les atteintes licites &agrave; l&rsquo;inviolabilit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - La sauvegarde de la personne</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2 &deg; - L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la recherche&nbsp;: l&rsquo;exp&eacute;rimentation</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 3 &ndash; Indisponibilit&eacute; du corps humain</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; L&rsquo;esclavage</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Gestation pour autrui et int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;enfant</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; Les organes et produits du corps humain</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>S</span>ECTION 3&nbsp;&nbsp;&nbsp;LES DROITS</a><span>&nbsp;ATTACH&Eacute;S</span></span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>&nbsp;&Agrave; LA PROCR&Eacute;ATION</span></span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Le droit de ne pas avoir d&rsquo;enfant</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Le contr&ocirc;le des naissances&nbsp;: La contraception</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Le refus de procr&eacute;er : L&rsquo;interruption volontaire de grossesse</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; L&rsquo;assistance m&eacute;dicale &agrave; la procr&eacute;ation (AMP)</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Un &laquo;&nbsp;projet parental&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; L&rsquo;interdiction de la conception&nbsp;<i>post&#8209;mortem</i></span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 8</a>.&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>LES LIBERT&Eacute;S DE LA VIE PRIV&Eacute;E</span></span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>LA SANT&Eacute; ET L&rsquo;ORIENTATION SEXUELLE</span></span></a></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; Sant&eacute; et droit &agrave; un environnement sain</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; L&rsquo;orientation sexuelle</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; L&rsquo;identit&eacute; homosexuelle</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>SECTION 2&nbsp;<span>&nbsp;&nbsp;</span>LA FAMILLE</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; La libert&eacute; du mariage</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A - L&rsquo;ouverture du mariage aux couples de m&ecirc;me sexe</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B - Mariage et ordre public</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Les &laquo;&nbsp;mariages blancs&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Les mariages forc&eacute;s</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Le secret des origines</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 3&nbsp;LE DOMICILE</a></span><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Le &laquo;&nbsp;droit &agrave; l&rsquo;incognito&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Perquisitions et surveillance du domicile</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>SECTION 4&nbsp;<span>&nbsp;&nbsp;</span>LE DROIT A L&rsquo;IMAGE</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Principes fondateurs du droit &agrave; l&rsquo;image</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Lieu de la captation</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Le consentement de l&rsquo;int&eacute;ress&eacute;</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; Le d&eacute;bat d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La surveillance par vid&eacute;o</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La vid&eacute;oprotection</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Drones et &laquo;&nbsp;cam&eacute;ras augment&eacute;es&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 5&nbsp;LA PROTECTION DES DONN&Eacute;ES</a></span><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; L&rsquo;&laquo;&nbsp;Habeas Data&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A - Les devoirs des gestionnaires de fichiers</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Les droits des personnes fich&eacute;es</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Le droit d&rsquo;acc&egrave;s et de rectification</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Le droit &agrave; l&rsquo;identit&eacute; num&eacute;rique</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - Le droit &agrave; l&rsquo;oubli num&eacute;rique</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La cr&eacute;ation des fichiers</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 3 &ndash; Le contr&ocirc;le des fichiers</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Les fichiers de police</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Les fichiers de renseignement</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 3 &ndash;&nbsp;<i>Big Data</i>&nbsp;et intelligence artificielle</span></a><p></p></span></p><p></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">TROISIEME PARTIE</a>&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LES LIBERT&Eacute;S</a>&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>DE LA VIE COLLECTIVE</span></a></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 9</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LA LIBERT&Eacute; D&rsquo;EXPRESSION</span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1&nbsp;: L&rsquo;EXPRESSION POLITIQUE</a></span><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Le droit de suffrage</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Les titulaires du droit de suffrage</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Les restrictions au droit de suffrage</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; La campagne &eacute;lectorale et les &laquo;&nbsp;<i>Fake News</i>&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les droits de participation et de d&eacute;nonciation</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Les droits de participation</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Les droits de d&eacute;nonciation</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Les lanceurs d&rsquo;alerte</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Les journalistes et le secret des sources</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LE CHAMP DE LA LIBERT&Eacute; D&rsquo;EXPRESSION</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Une libert&eacute; de l&rsquo;esprit</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Les atteintes aux droits des personnes</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - L&rsquo;injure</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - La diffamation</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - La cyberd&eacute;linquance et les droits des personnes</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Les atteintes &agrave; la &laquo;&nbsp;chose publique&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - L&rsquo;ordre public et la s&eacute;curit&eacute; publique</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Les symboles de l&rsquo;&Eacute;tat</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Une libert&eacute; &eacute;conomique</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Une histoire diff&eacute;rente</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - La presse</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - La communication audiovisuelle</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Les difficult&eacute;s du pluralisme</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Le pluralisme externe</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Le pluralisme interne dans la communication</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 3&nbsp;LES RESTRICTIONS</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><span>&Agrave; LA LIBERT&Eacute; D&rsquo;EXPRESSION</span></span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; La mise en cause du r&eacute;gime r&eacute;pressif</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La protection de la jeunesse</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Le r&eacute;gime de d&eacute;claration&nbsp;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Le r&eacute;gime d&rsquo;interdiction&nbsp;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - La protection de la jeunesse sur internet</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Contr&ocirc;le et protection d&rsquo;une industrie&nbsp;: le cin&eacute;ma</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La protection de certaines valeurs</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La lutte contre les discriminations</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le n&eacute;gationnisme et l&rsquo;apologie de crime contre l&rsquo;humanit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C &ndash; Les lois m&eacute;morielles</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 10</a>.&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LA&Iuml;CIT&Eacute; ET LIBERT&Eacute; DES CULTES</span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1</a>&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LA LA&Iuml;CIT&Eacute;,</a>&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>PRINCIPE D&rsquo;ORGANISATION DE L&rsquo;&Eacute;TAT</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Le principe de la&iuml;cit&eacute; dans l&rsquo;ordre juridique</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La la&iuml;cit&eacute;, associ&eacute;e au principe r&eacute;publicain</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Valeur constitutionnelle du principe de la&iuml;cit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Le principe de neutralit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Des agents publics aux employ&eacute;s du secteur priv&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Du service public &agrave; l&rsquo;espace public</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2&nbsp;<span>&nbsp;&nbsp;</span>L&rsquo;exercice du culte</a></span><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; L&rsquo;organisation des cultes</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La police des cultes</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La fermeture des lieux de culte</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Le terrorisme et l&rsquo;ordre public</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - L&rsquo;urgence sanitaire</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Les &laquo;&nbsp;c&eacute;r&eacute;monies traditionnelles&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 3</a>.&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LES D&Eacute;RIVES SECTAIRES</a>&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>ET LA PROTECTION DES PERSONNES</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Une d&eacute;finition fonctionnelle</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; L&rsquo;approche europ&eacute;enne&nbsp;: &laquo;&nbsp;une religion qui a r&eacute;ussi&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le droit fran&ccedil;ais : la &laquo;&nbsp;d&eacute;rive sectaire&nbsp;&raquo;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La protection des personnes</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Le droit p&eacute;nal</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Les structures d&rsquo;information et de pr&eacute;vention</a></span><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 11</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LA LIBERT&Eacute; DE L&rsquo;ENSEIGNEMENT</span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1&nbsp;L&rsquo;ENSEIGNEMENT PUBLIC</a></span><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; La gratuit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La la&iuml;cit&eacute;</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2</a>&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">L&rsquo;ENSEIGNEMENT PRIV&Eacute;&nbsp;:</a>&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>AIDE ET CONTR&Ocirc;LE DE L&rsquo;&Eacute;TAT</span></a></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">&sect; 1 &ndash; L&rsquo;aide de l&rsquo;&Eacute;tat</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Le contr&ocirc;le de l&rsquo;&Eacute;tat</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 12</a>&nbsp;&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LE DROIT</a>.&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>DE PARTICIPER A DES GROUPEMENTS</span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LES GROUPEMENTS OCCASIONNELS</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; La libert&eacute; de r&eacute;union</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; La place de la libert&eacute; de r&eacute;union dans la hi&eacute;rarchie des normes</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Un r&eacute;gime juridique lib&eacute;ral</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La libert&eacute; de manifestation</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Une libert&eacute; hybride, entre la libert&eacute; de r&eacute;union et la libert&eacute; d&rsquo;expression</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Le r&eacute;gime de d&eacute;claration pr&eacute;alable</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>C - La pr&eacute;gnance de l&rsquo;approche p&eacute;nale</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2</a>&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LES GROUPEMENTS INSTITUTIONNELS</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Les associations</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; La cons&eacute;cration de la libert&eacute; d&rsquo;association</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le r&eacute;gime juridique des associations</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>1&deg; - Le droit de constituer une association</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>2&deg; - Le droit d&rsquo;adh&eacute;rer ou de ne pas adh&eacute;rer &agrave; une association</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>3&deg; - La dissolution des associations</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les syndicats</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; La libert&eacute; syndicale, libert&eacute; de la personne</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; La libert&eacute; de l&rsquo;organisation syndicale</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">CHAPITRE 13</a>.&nbsp;</span></span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">LES LIBERT&Eacute;S</a>.&nbsp;</span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">DE LA VIE &Eacute;CONOMIQUE</a>&nbsp;</span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>ET DU TRAVAIL</span></a></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 1</a>.&nbsp;</span></span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>LES LIBERT&Eacute;S DE L&rsquo;ENTREPRENEUR</span></a></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; La libert&eacute; du commerce et de l&rsquo;industrie</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; Un principe g&eacute;n&eacute;ral du droit</a></span></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">B &ndash; Un contenu d&eacute;fini par les restrictions apport&eacute;es &agrave; la libert&eacute;</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; La libert&eacute; d&rsquo;entreprendre</span></a><p></p></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">A &ndash; L&rsquo;int&eacute;gration dans le bloc de constitutionnalit&eacute;</a></span></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le contenu de la libert&eacute; d&rsquo;entreprendre</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><span><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">SECTION 2&nbsp;<span>&nbsp;&nbsp;</span>LES LIBERT&Eacute;S DU SALARI&Eacute;</a></span><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 1 &ndash; Le droit au travail</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; La libert&eacute; du travail</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le droit &agrave; l&rsquo;emploi</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>&sect; 2 &ndash; Les droits dans le travail</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>A &ndash; Le droit &agrave; la n&eacute;gociation collective</span></a><p></p></span></p><p><span><a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span>B &ndash; Le droit de gr&egrave;ve</span></a><p></p></span></p><p><span><br></span></p><p><p><span>&nbsp;</span></p></p><p><span></span></p><p><p><span>&nbsp;</span></p></p>]]></content>
	<updated>2026-08-24T12:56:17+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2026-08-21:/296310</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/08/reseaux-sociaux-et-mineurs-il-est.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Réseaux sociaux et mineurs : Il est interdit d&#039;interdire</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans sa d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026, le Conseil constitutionnel censure l'article 1er de la loi visant ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPsva8-51pc04Uuv6PqDGsuF7gZM72lw8igOC0aiiycdP1TA3dpPqyXn2zM7qQvCDzmxruBNdB_3FE6wuLcgBXVXBd40QE6mI2y49THW97WgbkaQIvtGQNwZu4xI_e91xDV8XmwXuU3LrULB3aUfMln__D5pafcVCcR7oGwnKvcxncdv-hYlTNG6Rk_GY/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPsva8-51pc04Uuv6PqDGsuF7gZM72lw8igOC0aiiycdP1TA3dpPqyXn2zM7qQvCDzmxruBNdB_3FE6wuLcgBXVXBd40QE6mI2y49THW97WgbkaQIvtGQNwZu4xI_e91xDV8XmwXuU3LrULB3aUfMln__D5pafcVCcR7oGwnKvcxncdv-hYlTNG6Rk_GY/w234-h171/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2026-911-dc-du-14-aout-2026-communique-de-presse" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026,</a> le Conseil constitutionnel censure l'article 1er de la loi visant &agrave; prot&eacute;ger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des r&eacute;seaux sociaux. Il s'agit de la disposition la plus controvers&eacute;e du texte, portant sur l'interdiction de l'acc&egrave;s &agrave; ces r&eacute;seaux pour les moins de quinze ans.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Observons que le texte peut &ecirc;tre promulgu&eacute; amput&eacute; des dispositions annul&eacute;es. Quelques dispositions subsistent en effet, notamment celles sur l'interdiction de l'usage du t&eacute;l&eacute;phone dans les lyc&eacute;es.</span></p><p><span>&nbsp;Contrairement aux autres textes ayant suscit&eacute; les d&eacute;cisions du 14 ao&ucirc;t 2026, en particulier celui sur l'aide &agrave; mourir, le texte sur la protection des mineurs n'a pas &eacute;t&eacute; promulgu&eacute; et n'est donc pas publi&eacute; au Journal Officiel. Le sera-t-il ? Ce n'est pas tout-&agrave;-fait certain, dans la mesure o&ugrave; le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique semble s'orienter vers une autre strat&eacute;gie. Il a en effet demand&eacute; au gouvernement <a href="https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/apres-la-censure-de-la-loi-les-pistes-de-lexecutif-pour-aboutir-a-une-interdiction-des-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans-2247306" target="_blank" rel="noopener noreferrer">de pr&eacute;parer "<i>dans les meilleurs d&eacute;lais</i>" un nouveau texte "<i>juridiquement plus robuste</i>"</a>.</span></p><p><span>En effet, le texte censur&eacute; par le Conseil manquait de robustesse.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La proc&eacute;dure l&eacute;gislative</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans la proc&eacute;dure l&eacute;gislative d'abord, il s'agit d'une fausse proposition de loi &eacute;manant, en r&eacute;alit&eacute;, de l'Ex&eacute;cutif. Port&eacute;e par Laure Miller (Ensemble pour la R&eacute;publique, Marne), elle est sign&eacute;e par des d&eacute;put&eacute;s issus du socle pr&eacute;sidentiel et le gouvernement se l'est largement appropri&eacute;. En t&eacute;moigne le <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2025-2026/premiere-seance-du-lundi-26-janvier-2026" target="_blank" rel="noopener noreferrer">compte-rendu des d&eacute;bats &agrave; l'Assembl&eacute;e du 26 janvier 2026</a>, dans laquelle Anne Le H&eacute;nanff, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute;e charg&eacute;e de l'intelligence artificielle et du num&eacute;rique, d&eacute;clare, sans trop se pr&eacute;occuper de la proc&eacute;dure l&eacute;gislative : "<i>La r&eacute;daction que Laure Miller et moi-m&ecirc;me vous proposons (...)</i>".</span></p><p><span>Pourquoi ce choix plut&ocirc;t qu'un projet de loi &eacute;manant directement du Premier ministre ? La r&eacute;ponse &agrave; cette question est fort simple. Il s'agissait d'&eacute;viter des proc&eacute;dures pr&eacute;alables &eacute;ventuellement g&ecirc;nantes, l'&eacute;tude d'impact et l'avis du Conseil d'&Eacute;tat. Le succ&egrave;s de la d&eacute;marche n'a pas &eacute;t&eacute; total. Certes, le texte a &eacute;t&eacute; dispens&eacute; d'&eacute;tude d'impact, comme toute proposition de loi. En revanche, l'avis du Conseil d'&Eacute;tat a &eacute;t&eacute; "rattrap&eacute;" comme pr&eacute;rogative de la pr&eacute;sidente de l'Assembl&eacute;e nationale. Sur le fondement de<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000019241026" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> l'article 39 de la Constitution</a>, le pr&eacute;sident d'une assembl&eacute;e peut en effet soumettre au Conseil d'&Eacute;tat une proposition d&eacute;pos&eacute;e par l'un de ses membres, sauf opposition de son auteur.&nbsp;</span></p><p><span>L'a<a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-proteger-les-mineurs-des-risques-auxquels-les-expose-l-utilisation-des-reseaux-sociaux?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">vis du Conseil d'&Eacute;tat a donc &eacute;t&eacute; rendu le 8 janvier 2026</a>, et il pr&eacute;sente un grand int&eacute;r&ecirc;t.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiysCeBk75a5p7ePSB9M7f_LQ-fRKJFeoat7Uyu__vNaIlIPzRy-oOKvVyIG32oETz0NAeJDGg_XMB2u6FBiAcpWWa1ePrLdJTBMMu5ZtGA-lhLutqN31gAqF-lkwThWIKmyOR18B_bWrj1KaTUZThAqQ-_WrfzQPJBD0pznJb7RtfsNXTfix8FmFPuB4w/s1182/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-08-21%20a%CC%80%2000.51.59.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiysCeBk75a5p7ePSB9M7f_LQ-fRKJFeoat7Uyu__vNaIlIPzRy-oOKvVyIG32oETz0NAeJDGg_XMB2u6FBiAcpWWa1ePrLdJTBMMu5ZtGA-lhLutqN31gAqF-lkwThWIKmyOR18B_bWrj1KaTUZThAqQ-_WrfzQPJBD0pznJb7RtfsNXTfix8FmFPuB4w/w428-h436/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-08-21%20a%CC%80%2000.51.59.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Agrippine et l'anc&ecirc;tre. Claire Br&eacute;t&eacute;cher. 1998</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un texte en d&eacute;bat avec la Commission europ&eacute;enne</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On pourrait penser qu'il est inutile de revenir sur l'incompatibilit&eacute; du texte avec le droit de l'Union europ&eacute;enne, puisque le Conseil constitutionnel n'en est pas juge. Certes, mais cette incompatibilit&eacute; avait tout de m&ecirc;me pour cons&eacute;quence de rendre l'interdiction des r&eacute;seaux aux mineurs de moins de quinze ans parfaitement inapplicable au 1er septembre 2026, contrairement &agrave; ce qui &eacute;tait annonc&eacute;.</span></p><p><span>La question s'&eacute;tait d&eacute;j&agrave; pos&eacute;e avec la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047799533" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi Marcangelli du 7 juillet 2023</a> instituant une "majorit&eacute; num&eacute;rique" &agrave; quinze ans. Les r&eacute;seaux sociaux &eacute;taient alors contraints de refuser l'inscription aux plus jeunes, sauf autorisation parentale. Ce texte est bien pr&eacute;sent dans notre corpus juridique, mais comme norme dormante, ce qui signifie qu'il n'a jamais re&ccedil;u le moindre commencement d'application. La Commission europ&eacute;enne a en effet estim&eacute; qu'il empi&eacute;tait sur le domaine harmonis&eacute; par le <i><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32022R2065" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Digital Service Act</a></i> (DSA). Pour r&eacute;pondre &agrave; cette objection, la proposition de 2026 faisait peser l'interdiction sur le mineur lui-m&ecirc;me et non plus sur le r&eacute;seau social.</span></p><p><span>M&ecirc;me avec cette pr&eacute;caution la compatibilit&eacute; du texte avec le DSA restait hypoth&eacute;tique. Certes le texte europ&eacute;en n'interdit pas &agrave; un &Eacute;tat de fixer un &acirc;ge l&eacute;gal, mais il ne peut accro&icirc;tre unilat&eacute;ralement les contraintes pesant sur les plateformes ni modifier la r&eacute;partition des comp&eacute;tences qu'il pr&eacute;voit. Saisie dans le cadre de la proc&eacute;dure de notification des r&egrave;gles techniques, <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/07/07/interdiction-des-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans-la-france-doit-retravailler-son-texte-pour-se-conformer-au-droit-europeen_6721542_4408996.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la Commission a rendu, le 7 juillet 2026 un avis</a> circonstanci&eacute; &eacute;mettant un certain nombre de r&eacute;serves sur la proposition fran&ccedil;aise, en particulier sur la comp&eacute;tence de contr&ocirc;le de l'Arcom. La France &eacute;tait donc invit&eacute;e &agrave; retravailler son texte dans le cadre d'une proc&eacute;dure qui &eacute;tait loin d'&ecirc;tre achev&eacute;e. La mise en oeuvre de la loi au 1er septembre relevait ainsi d'une posture politique, et tout le monde savait, sauf l'&eacute;lecteur de base, que cette date ne serait pas respect&eacute;e.</span></p><p><span>On peut &eacute;videmment &eacute;carter cette analyse de la compatibilit&eacute; avec le droit de l'Union dans laquelle le Conseil constitutionnel s'interdit de p&eacute;n&eacute;trer. Mais si l'on se concentre sur la conformit&eacute; de la loi &agrave; la Constitution, on doit alors lire l'avis du Conseil d'&Eacute;tat qui dresse une liste des cas d'inconstitutionnalit&eacute;, liste qui est finalement celle figurant dans la d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les restrictions &agrave; l'article 11&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Cette d&eacute;cision repose sur l'article 11 de la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Depuis la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2009/2009580DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision Hadopi du 10 juin 2009</a>, la libert&eacute; de communication comporte celle d'acc&eacute;der aux services de communication en ligne et de s'y exprimer. La d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026 affirme que les mineurs sont aussi titulaires de cette libert&eacute;, dans le cadre des lois qui la r&eacute;glementent. C'est d'ailleurs ce qu'affirme la convention sur les droits de l'enfant, dans ses articles 13 et 17. Si le Conseil ne se r&eacute;f&egrave;re &eacute;videmment pas directement &agrave; ces dispositions dans sa jurisprudence, il n'h&eacute;site pas &agrave; s'appuyer sur l'int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l'enfant qu'elle consacre.</span></p><p><span>Toute restriction aux libert&eacute;s consacr&eacute;es dans l'article 11 doit donc &ecirc;tre n&eacute;cessaire, adapt&eacute;e et proportionn&eacute;e au but poursuivi. Or, en l'esp&egrave;ce, le Conseil constitutionnel observe que l'interdiction concerne tous les r&eacute;seaux sociaux, y compris les services collaboratifs, associatifs, &eacute;ducatifs, d'entraide ou de loisirs. Autrement dit, elle frappe indistinctement les services nocifs pour la sant&eacute; de l'enfant et ceux qui, au contraire, ne pr&eacute;sentent aucun risque.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'absence d'individualisation de la situation du mineur</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le texte soumis au Conseil ne tient aucun compte de l'&acirc;ge exact de l'enfant, de sa maturit&eacute;, bref de sa situation personnelle. Un enfant de 14 ans et 11 mois est trait&eacute; de la m&ecirc;me mani&egrave;re qu'un enfant de huit ans, quel que soit le service consult&eacute;. L&agrave; encore, c'est le caract&egrave;re indiscrimin&eacute; qui est sanctionn&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'&eacute;viction de l'autorit&eacute; parentale</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le Conseil d'&Eacute;tat, dans son avis, reprochait d&eacute;j&agrave; au texte d'exclure "<i>toute responsabilit&eacute; des titulaires de l'autorit&eacute; parentale</i>".&nbsp; On leur refusait ainsi toute possibilit&eacute; de guider l'enfant dans l'exercice de ses droits.&nbsp;</span></p><p><span>Le droit &agrave; l'autorit&eacute; parentale n'est certes pas un principe constitutionnel autonome. Il a valeur l&eacute;gislative et figure dans les <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006426462/2024-01-16" target="_blank" rel="noopener noreferrer">articles 371 et suivants du code civi</a>l et dans la Convention sur les droits de l'enfant. Cette &eacute;viction des parents est toutefois consid&eacute;r&eacute;e comme un &eacute;l&eacute;ment de d&eacute;s&eacute;quilibre entre l'int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l'enfant et ses libert&eacute;s fondamentales.&nbsp;</span></p><p><span>Sur un plan plus g&eacute;n&eacute;ral, et moins juridique, on peut d'ailleurs s'interroger sur un mesure qui conduit &agrave; &eacute;carter les parents de d&eacute;cisions importantes relatives &agrave; l'&eacute;ducation de leur enfant. Heureusement, une disposition pr&eacute;voyant un d&eacute;lit de "<i>n&eacute;gligence num&eacute;rique</i>" des parents a finalement &eacute;t&eacute; &eacute;cart&eacute; du texte adopt&eacute; au parlement, ce qui a sans doute &eacute;vit&eacute; un d&eacute;bat quelque peu ridicule.</span></p><p><span>Le Conseil d'&Eacute;tat proposait, plus raisonnablement, un dispositif &agrave; deux temps. D'abord une interdiction absolue d'acc&egrave;s aux r&eacute;seaux qui pr&eacute;sentent un danger av&eacute;r&eacute; pour les enfants. Une liste &eacute;tait pr&eacute;vue, publi&eacute;e par d&eacute;cret en Conseil d'&Eacute;tat. Ensuite pour les autres services ne figurant pas dans la liste, l'acc&egrave;s &eacute;tait possible avant quinze sur autorisation expresse du titulaire de l'autorit&eacute; parentale. Cette solution a &eacute;t&eacute; reprise en commission &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale, avant d'&ecirc;tre supprim&eacute;e en s&eacute;ance pl&eacute;ni&egrave;re, reprise ensuite par le S&eacute;nat, avant que la commission mixte paritaire ne revienne &agrave; l'interdiction g&eacute;n&eacute;rale.</span></p><p><span>La lecture des journaux montre que la d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026 fait l'objet d'un intense tir de barrage. On fait feu de tout bois pour accabler le Conseil constitutionnel. Alors que sa d&eacute;cision sur l'aide &agrave; mourir est lou&eacute;e parce qu'il a invent&eacute;, sans aucune fondement juridique, une clause de conscience applicable aux &eacute;tablissements priv&eacute;s, sa d&eacute;cision sur les r&eacute;seaux sociaux est critiqu&eacute;e parce qu'il annule des dispositions, en tout &eacute;tat de cause inapplicables. On pourrait en sourire. Mais dans l'affaire, le fautif est d'abord le l&eacute;gislateur qui a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de diff&eacute;rents avis et a refus&eacute; d'en tenir compte... et sans doute l'Ex&eacute;cutif qui s'est accroch&eacute; &agrave; son texte au m&eacute;pris de toute analyse juridique.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer">&nbsp;<b>La protection des donn&eacute;es</b> dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</a> : chapitre 7 section 5</span></p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-08-21T13:25:16+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Aide à mourir : Le Conseil constitutionnel invente une clause d&#039;établissement</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La d&eacute;cision rendue par le Conseil constitutionnel le 14 ao&ucirc;t 2026 valide l&rsquo;essentiel de la loi relat...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjNU0LDf9GcPrXHEx-riGyUm9Sv24XferV394sOZdpvEGCenkSyV5Xi8t446G5nXUruIiBUn-0hbmpiPqS223wWOhsVcgIg312TOGGLY9CEF8x0z3nytP767G0oxN41IkL49pngbd2ssOur0EXiXywAgW-r6ClknXfgCPUB1CdDyZ1IIrjkFgdWLt10rKg/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjNU0LDf9GcPrXHEx-riGyUm9Sv24XferV394sOZdpvEGCenkSyV5Xi8t446G5nXUruIiBUn-0hbmpiPqS223wWOhsVcgIg312TOGGLY9CEF8x0z3nytP767G0oxN41IkL49pngbd2ssOur0EXiXywAgW-r6ClknXfgCPUB1CdDyZ1IIrjkFgdWLt10rKg/s1600/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/2026910DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue par le Conseil constitutionnel le 14 ao&ucirc;t 2026</a> valide l&rsquo;essentiel de la loi relative au droit &agrave; l&rsquo;aide &agrave; mourir. Ceux qui ont voulu ce texte peuvent &ecirc;tre satisfaits car aucun &eacute;l&eacute;ment central n'est censur&eacute;. Le principe de l'aide &agrave; mourir est acquis, la proc&eacute;dure et le contr&ocirc;le juridictionnel ne sont pas mis en cause.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Comme toujours pour ces questions de soci&eacute;t&eacute;,&nbsp;le Conseil rappelle qu&rsquo;il ne dispose pas d&rsquo;un pouvoir g&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;appr&eacute;ciation identique &agrave; celui du Parlement. Dans sa <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2017/06/la-fin-de-vie-devant-le-conseil.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue sur question prioritaire de constitutionnalit&eacute; (QPC) le 2 juin 2017 </a>&agrave; propos de l'arr&ecirc;t des traitements, le Conseil avait reconnu au l&eacute;gislateur une large marge pour organiser la fin de vie, sous r&eacute;serve de garanties suffisantes. La <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2022/11/directives-anticipees-le-conseil.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 10 novembre 2022</a> a ensuite confirm&eacute; cette jurisprudence &agrave; propos des directives anticip&eacute;es mises en place par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000446240/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi L&eacute;onetti-Cleyss du 22 avril 2005</a> <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000031971132/2016-02-04/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">modifi&eacute;e en 2016</a>. Sur le fond, la d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026 d&eacute;clare conformes &agrave; la constitution toutes les dispositions de la loi sur l'aide &agrave; mourir. L'essentiel des griefs reposant sur la dignit&eacute; de la personne, la libert&eacute; individuelle, la protection de la sant&eacute;, voire la lisibilit&eacute; de la loi, griefs pourtant largement &eacute;tal&eacute;s dans la presse avant la d&eacute;cision, sont &eacute;cart&eacute;s.</span></p><p><span>Il n'en demeure pas moins que le Conseil formule trois r&eacute;serves d'interpr&eacute;tation. Deux reposent sur une jurisprudence connue, une appara&icirc;t plus singuli&egrave;re, au point qu'elle semble reposer sur un socle juridique incertain.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les majeurs prot&eacute;g&eacute;s</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>La premi&egrave;re r&eacute;serve concerne les majeurs plac&eacute;s sous tutelle ou curatelle. La loi affirme que la demande d'aide &agrave; mourir est une d&eacute;cision strictement personnelle, ce qui signifie que&nbsp;</span><span>ni le tuteur ni le curateur ne peut se substituer &agrave; l&rsquo;int&eacute;ress&eacute;. En revanche, la loi pr&eacute;voit une proc&eacute;dure de consultation du protecteur. La r&eacute;serve formul&eacute;e par le Conseil &eacute;nonce que le m&eacute;decin&nbsp;</span><span>doit&nbsp;</span><span>&laquo; <i>prendre en compte</i> &raquo; ses observations. Clairement, la formule montre qu'il ne s'agit ni d'un consentement, ni d'un droit de veto du protecteur, mais d'une simple consultation.</span></span></p><p><span>Le Conseil ne pouvait gu&egrave;re aller plus loin dans ce domaine. On sait que l'article 11 de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000038261740" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la loi du 23 mars 2019</a>, vot&eacute;e par ceux-l&agrave; m&ecirc;mes qui aujourd'hui contestent le droit &agrave; mourir, affirme que le placement sous tutelle ne peut entrainer la privation du droit de vote. Autrement dit, le droit de vote est strictement personnel et ne saurait s'accommoder d'une assistance du protecteur. Le Conseil constitutionnel a pris acte de cette r&eacute;forme et de ses cons&eacute;quences pour l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle dans sa d<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038261795" target="_blank" rel="noopener noreferrer">&eacute;cision du 21 mars 2019</a>.</span></p><p><span>Si un majeur sous tutelle, y compris en raison de son alt&eacute;ration mentale, a le droit de vote, il est &eacute;vident qu'il doit aussi pouvoir choisir de mettre fin &agrave; ses souffrances. Comme en 2019, le Conseil affirme que ce choix appartient au l&eacute;gislateur.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEimR6O6zjzHRAHFRKYpckrfeNZWdh8Qx5i0SGWLmMbYvyMTTK922nsBjkoGbYI8XzdO8suFMPSCV0bP5IOE4NZh22dJVPoCgq2j93UNYTTjvYJp3Dh5hYHbq5orS_ElgsHT8wA3lqZFn2L9Ua-HHVwl45jH8EJfd96KzkqrMhIqyCI2oJ47vElSO8L88BE/s2126/S.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEimR6O6zjzHRAHFRKYpckrfeNZWdh8Qx5i0SGWLmMbYvyMTTK922nsBjkoGbYI8XzdO8suFMPSCV0bP5IOE4NZh22dJVPoCgq2j93UNYTTjvYJp3Dh5hYHbq5orS_ElgsHT8wA3lqZFn2L9Ua-HHVwl45jH8EJfd96KzkqrMhIqyCI2oJ47vElSO8L88BE/w436-h578/S.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>On n'est pas bien l&agrave; ?</span></div><p></p><p><span>S&eacute;pulture de Bertrand Blier. Cimeti&egrave;re de Montmartre</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La clause de conscience des pharmaciens</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La deuxi&egrave;me r&eacute;serve concerne les pharmaciens qui pr&eacute;parent la substance, soit dans une pharmacie hospitali&egrave;re, soit en officine.</span></p><p><span>L'article 14 de la loi n'est pas d'une clart&eacute; excessive. Il mentionne que les professionnels de sant&eacute; mentionn&eacute;s aux articles 1111-12-3 et 1111-12-4 du code de la sant&eacute; publique "<i>ne sont pas tenus de participer aux proc&eacute;dures</i> (...)". La lecture de ces dispositions conduit &agrave; dresser une liste de ceux qui interviennent aux diff&eacute;rentes &eacute;tapes de ces proc&eacute;dures, c'est-&agrave;-dire le m&eacute;decin auquel la demande est pr&eacute;sent&eacute;e, le m&eacute;decin sp&eacute;cialiste, l'auxiliaire m&eacute;dical ou les autres professionnels de sant&eacute; invit&eacute;s &agrave; participer au coll&egrave;ge pluriprofessionnel qui se prononce sur la demande.</span></p><p><span>Certes, la loi n'est pas &eacute;crite avec suffisamment de rigueur pour que soit mentionn&eacute; le caract&egrave;re exhaustif ou non de cette liste. Il n'emp&ecirc;che qu'elle est tout de m&ecirc;me d&eacute;duite des dispositions du code de la sant&eacute;, et que les pharmaciens n'y figurent pas. Ils sont donc ajout&eacute;s par le Conseil constitutionnel.</span></p><p><span>La libert&eacute; de conscience, reconnue d&egrave;s la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1977/7787DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 23 novembre 1977</a>, est aujourd'hui rattach&eacute;e &agrave; l&rsquo;article 10 de la D&eacute;claration de 1789 et au cinqui&egrave;me alin&eacute;a du Pr&eacute;ambule de 1946. Surtout, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2001/2001446DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 27 juin 2001</a> sur l&rsquo;IVG, le Conseil a d&eacute;j&agrave; consid&eacute;r&eacute; la clause de conscience du personnel m&eacute;dical comme une pr&eacute;rogative li&eacute;e &agrave; la libert&eacute; de conscience. Un membre de ce personnel pouvait donc librement refuser de pratiquer une IVG. Cette disposition, toujours en vigueur, n'entrave pas r&eacute;ellement le droit &agrave; l'IVG, car la clause de conscience est consid&eacute;r&eacute;e comme un choix purement personnel.</span></p><p><span><span>Le Conseil a consid&eacute;r&eacute; qu'un pharmacien pr&eacute;pare et d&eacute;livre personnellement le produit.&nbsp;</span><span>Il consid&egrave;re donc qu'il participe &agrave; la proc&eacute;dure, m&ecirc;me si la d&eacute;cision a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; prise. Certes, on peut s'&eacute;tonner de cette r&eacute;serve au regard de la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2013/2013353QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 18 octobre 2013</a>&nbsp;</span><span>refusant une clause de conscience aux maires hostiles au mariage entre personnes de m&ecirc;me sexe. Mais les maires, comme officiers d'&eacute;tat civil, &eacute;taient tenus d'ex&eacute;cuter une mission l&eacute;gale. Les pharmaciens sont des personnes priv&eacute;es et la loi ne leur conf&egrave;re express&eacute;ment aucune mission l&eacute;gale dans le domaine de l'aide &agrave; mourir.&nbsp;</span></span></p><p><span>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment sur ce caract&egrave;re personnel de la clause de conscience que la troisi&egrave;me et derni&egrave;re r&eacute;serve formul&eacute;e par le Conseil pose probl&egrave;me.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La clause&nbsp;d'&eacute;tablissement</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le Conseil admet, dans sa d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2026, qu&rsquo;un &eacute;tablissement priv&eacute; pourra refuser que l&rsquo;aide &agrave; mourir soit pratiqu&eacute;e dans ses locaux. Ce refus est toutefois soumis &agrave; deux conditions cumulatives. Il faut d'abord que l'aide &agrave; mourir soit "<i>manifestement contraires &agrave; ses missions statutaires ou &agrave; son projet"</i>, formule qui conduit &agrave; constater que cette condition ne s'appliquera en pratique qu'aux &eacute;tablissements religieux. Il faut ensuite que d'autres &eacute;tablissements puissent r&eacute;pondre aux besoins locaux en mati&egrave;re d'aide &agrave; mourir.</span></p><p><span>Cette r&eacute;serve heurte directement la jurisprudence du Conseil constitutionnel, notamment la d&eacute;cision du 27 juin 2001 sur l'IVG. A l'&eacute;poque, il avait express&eacute;ment refus&eacute;&nbsp;qu&rsquo;un chef de service puisse opposer une quelconque clause de conscience &agrave; la pratique d&rsquo;IVG dans son service. Il pouvait ne pas pratiquer l'IVG &agrave; titre personnel, mais ne pouvait l'interdire &agrave; l'ensemble des soignants. La solution &eacute;tait logique, car la clause de conscience repose sur la libert&eacute; de conscience, purement individuelle. Au demeurant, l'&eacute;galit&eacute; des usagers aurait &eacute;t&eacute; singuli&egrave;rement malmen&eacute;e si les chefs de service avaient &eacute;t&eacute; nombreux &agrave; interdire l'IVG.</span></p><p><span><span>Pour ne pas mettre en &eacute;vidence&nbsp;</span><span>cette &eacute;norme contradiction avec sa propre jurisprudence, le Conseil use d'un biais. Il n'&eacute;voque nulle part une improbable conscience&nbsp;</span><span>de l'&eacute;tablissement. Il d&eacute;place le raisonnement et se fonde sur la libert&eacute; d'association et la libert&eacute; d'entreprendre. Certes, depuis la c&eacute;l&egrave;bre d&eacute;cision du 16 juillet 1971, il est admis que la libert&eacute; d'association a valeur constitutionnelle et prot&egrave;ge non seulement la cr&eacute;ation des associations mais aussi les conditions dans lesquelles elles exercent leurs activit&eacute;s. Il en est de m&ecirc;me de la libert&eacute; d'entreprendre qui prot&egrave;ge &agrave; la fois la cr&eacute;ation d'une activit&eacute; &eacute;conomique mais aussi les conditions de son exercice. Dans sa <a href="https://vifa-recht.de/d%C3%A9cision%20du%2021%20janvier%202016," target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 21 janvier 2016, </a>le Conseil constitutionnel avait d'ailleurs&nbsp;d&eacute;j&agrave; examin&eacute; les les obligations impos&eacute;es aux &eacute;tablissements priv&eacute;s de sant&eacute; aux libert&eacute;s d'association et d'entreprendre. Ce pr&eacute;c&eacute;dent n'est toutefois gu&egrave;re convaincant en l'esp&egrave;ce, car ces libert&eacute;s n'&eacute;taient invoqu&eacute;es qu'&agrave; propos des contr&ocirc;les de la Cour des comptes et des Chambres r&eacute;gionales des comptes sur ces &eacute;tablissements. Il ne s'agissait alors que de renvoyer au pouvoir r&eacute;glementaire l'organisation &nbsp;de ces&nbsp;contr&ocirc;les.&nbsp;</span></span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel se fonde ainsi sur une jurisprudence qui n'a qu'un rapport bien t&eacute;nu avec la question de l'aide &agrave; mourir.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le "caract&egrave;re propre" inapplicable</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Certains appuieront sans doute cette r&eacute;f&eacute;rence aux libert&eacute;s d'association et d'entreprendre sur la notion de "caract&egrave;re propre de l'&eacute;tablissement". L&agrave; encore, pourtant, ce fondement juridique ne peut s&eacute;rieusement &ecirc;tre invoqu&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>D'une part, le "caract&egrave;re propre de l'&eacute;tablissement" trouve son origine dans la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000693420" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Debr&eacute; du 31 d&eacute;cembre 1959 </a>qui concerne uniquement l'enseignement priv&eacute;. Le Conseil constitutionnel lui a certes conf&eacute;r&eacute; une valeur constitutionnelle, mais il l'a fait dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1977/7787DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 23 novembre 1977 sur la loi relative &agrave; la libert&eacute; de l'enseignement.</a>&nbsp;Utiliser la notion de "caract&egrave;re propre de l'&eacute;tablissement" dans un autre domaine que l'enseignement s'analyserait comme une erreur de droit.</span></p><p><span>D'autre part, dans sa d&eacute;cision du 18 janvier 1985, toujours &agrave; propos de l'enseignement, le Conseil d&eacute;clare que le&nbsp;"caract&egrave;re propre de l'&eacute;tablissement" doit certes &ecirc;tre garanti, mais qu'il ne saurait porter atteinte &agrave; la libert&eacute; de conscience des personnes. Pr&eacute;cis&eacute;ment, le droit d'acc&egrave;s &agrave; l'aide &agrave; mourir et le droit de participer &agrave; son exercice rel&egrave;vent, dans leur essence m&ecirc;me, de la libert&eacute; de conscience individuelle des individus.</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel refuse donc, logiquement, de mentionner une libert&eacute; de conscience collective ou institutionnelle. Mais sa r&eacute;f&eacute;rence aux libert&eacute;s d'association et d'entreprendre reste d&eacute;pourvue de tout fondement juridique s&eacute;rieux. Pour quel motif une association ou une entreprise pourrait-elle interdire &agrave; son personnel de participer &agrave; un acte qui rel&egrave;ve de sa libert&eacute; de conscience ? Envisage-t-on que les associations et les &eacute;tablissements religieux imposent un directeur de conscience &agrave; chacun de leurs employ&eacute;s, et &agrave; chacun de leurs patients ?</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><span>L'office du juge constitutionnel<br></span><span>&nbsp;</span></span></h3><p><span>Surtout, le plus grave se trouve dans l'office du juge constitutionnel. Le parlement avait express&eacute;ment pr&eacute;vu, dans l'article 14 de la loi, que&nbsp;</span><span>le responsable de l&rsquo;&eacute;tablissement &eacute;tait tenu de</span><span>&nbsp;permettre l&rsquo;intervention des professionnels volontaires, venus pour assister les personnes demandant l'aide &agrave; mourir.&nbsp;</span></p><p><span>Sur ce point, la r&eacute;serve du Conseil n'est plus une r&eacute;serve, mais une r&eacute;&eacute;criture. Il n'&eacute;claire pas une disposition ambigu&euml;, ne choisit pas entre diff&eacute;rentes interpr&eacute;tation, fonction qui justifie habituellement les "r&eacute;serve d'interpr&eacute;tation". Il introduit une exception que la loi ne formulait pas. Il retranche de l'obligation l&eacute;gale une cat&eacute;gorie d'&eacute;tablissements que le l&eacute;gislateur avait entendu y soumettre.</span></p><p><span>Certes, les auteurs des saisines n'obtiennent que cette satisfaction qui demeurera sans doute purement symbolique. Rien n'interdit en effet &agrave; la personne qui demande l'aide &agrave; mourir de solliciter un m&eacute;decin ext&eacute;rieur &agrave; l'&eacute;tablissement.&nbsp;</span></p><p><span>Il n'emp&ecirc;che que cette satisfaction symbolique, car un mot n'est pas prononc&eacute;, celui de la&iuml;cit&eacute;. Or, si l'on examine les 592 pages des contributions ext&eacute;rieures, on s'aper&ccedil;oit que les deux r&eacute;serves principales, sur la clause de conscience des pharmaciens et sur la clause d'&eacute;tablissement, sont essentiellement demand&eacute;es par des mouvements catholiques, notamment la Fondation Lejeune qui a envoy&eacute; sa "porte &eacute;troite" d&egrave;s le 21 juillet.&nbsp;</span></p><p><span>Certes, on ne saurait affirmer que le Conseil a "suivi" ces contributions, car une contribution n'est pas une saisine. Mais ces m&ecirc;mes &eacute;l&eacute;ments, d'ailleurs peu &eacute;tay&eacute;s, figuraient aussi dans les saisines du pr&eacute;sident du S&eacute;nat et du Premier ministre. La convergence est donc certaine.&nbsp;</span></p><p><span>Peut-on alors penser que le Conseil constitutionnel a voulu donner une satisfaction symbolique au lobby catholique ? Dans une certaine mesure, la r&eacute;ponse est positive. Sans reconnaitre une "conscience catholique" des &eacute;tablissements, il leur offre un droit de retrait. Bien entendu, celui-ci n'aura aucun effet puisque l'acc&egrave;s effectif &agrave; l'aide &agrave; mourir sera possible ailleurs. Aux lecteurs de la d&eacute;cision de se faire une opinion, mais les r&eacute;serves formul&eacute;es par le Conseil donnent du grain &agrave; moudre &agrave; ceux qui l'accusent d'empi&eacute;ter dangereusement sur la fonction l&eacute;gislative, au nom de principes que, parfois, il invente.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0HF8WZZY9" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>L'aide &agrave; mourir</b> dans le manuel de Libert&eacute;s publiques</a> : chapitre 7 section 2 &sect; 2 A</span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-08-17T17:45:58+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les citations de LLC - Honoré de Balzac - Les employés</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Honor&eacute; de BalzacLes Employ&eacute;s ou la femme sup&eacute;rieure1838illustration de l'&eacute;dition originale chez l'&eacute;d...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><div align="center"><span>Honor&eacute; de Balzac</span></div><h3><br></h3><p><span face="Calibri, sans-serif"></span></p><h3><span>Les Employ&eacute;s ou la femme sup&eacute;rieure</span></h3><div><span>1838</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh1dpG-g4a2G9Cqw-bpW5_VpvbkoPBDj6n8iA0Y4F0jfdWCos-cKylb0HnCyMkms2qUJQYs2gCfje2Ju7RACdlXKPjker6MkzjhUCziwVOMLLmyaSJRuL1SQtbUYuRKAwXs-9ZeNSqyPCPRDG0P__QmT4qZj-_P3Xd1ogZ_jVAmLlw9VCP0X3XhJPYaxNk/s1836/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-08-14%20a%CC%80%2015.07.04.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh1dpG-g4a2G9Cqw-bpW5_VpvbkoPBDj6n8iA0Y4F0jfdWCos-cKylb0HnCyMkms2qUJQYs2gCfje2Ju7RACdlXKPjker6MkzjhUCziwVOMLLmyaSJRuL1SQtbUYuRKAwXs-9ZeNSqyPCPRDG0P__QmT4qZj-_P3Xd1ogZ_jVAmLlw9VCP0X3XhJPYaxNk/w315-h444/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-08-14%20a%CC%80%2015.07.04.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>illustration de l'&eacute;dition originale chez l'&eacute;diteur Werdet</span></div></div><div><span>Alcide Th&eacute;ophile Robaudi</span></div><div><span><br></span></div><p><span></span></p><h3><br></h3><p><span><span>Depuis 1789, l'&Eacute;tat, la patrie si l'on veut, a remplac&eacute; le Prince. Au lieu de relever directement d'un premier magistrat politique, les commis sont devenus, malgr&eacute; nos belles id&eacute;es sur la patrie, des employ&eacute;s du gouvernement ; leurs chefs flottent &agrave; tous les vents d'un pouvoir qui ne sait pas la veille s'il existera le lendemain et qui s'appelle le Minist&egrave;re. Le courant des affaires devant toujours s'exp&eacute;dier, il surnage une certaine quantit&eacute; de commis qui se sait indispensable quoique cong&eacute;able &agrave; merci et qui veut rester en place.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>La bureaucratie, pouvoir gigantesque mis en mouvement par des nains, est n&eacute;e ainsi &raquo;</span></span></p>]]></content>
	<updated>2026-08-14T13:09:47+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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	<title type="html">Un nouvel état d&#039;exception qui ne dit pas son nom</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La p&eacute;riode estivale est tr&egrave;s souvent mise &agrave; profit pour promulguer des lois et des r&egrave;glements qui fe...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhSks5DT0zuGRjIkRIQNZnqCD1QWVyarabTFm7pxyWT3APuTjFh43dU7zptSd1UYhPOAGtbT2VTWCqd-ajU4uLnO43xtglnU7FsNIPaIud83qSROZikbmx4bqjz7XA-rHJcqXEyJepEw4VXJZqwQjyo-n9gKBOmD9XYqlzkrcKcCfqLRf4KvQUVL4Whrbk/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhSks5DT0zuGRjIkRIQNZnqCD1QWVyarabTFm7pxyWT3APuTjFh43dU7zptSd1UYhPOAGtbT2VTWCqd-ajU4uLnO43xtglnU7FsNIPaIud83qSROZikbmx4bqjz7XA-rHJcqXEyJepEw4VXJZqwQjyo-n9gKBOmD9XYqlzkrcKcCfqLRf4KvQUVL4Whrbk/w222-h163/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La p&eacute;riode estivale est tr&egrave;s souvent mise &agrave; profit pour promulguer des lois et des r&egrave;glements qui feraient l'objet de vives critiques en dehors des vacances. Tel est bien le cas de la loi portant actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) qui cr&eacute;e un <i>&eacute;tat d'alerte de s&eacute;curit&eacute; nationale</i>, &eacute;tat d'exception d'un nouveau genre qui a &eacute;t&eacute; adopt&eacute; dans une certaine forme d'indiff&eacute;rence de l'opinion. Le Conseil constitutionnel a d&eacute;clar&eacute; ce nouveau r&eacute;gime d'urgence conforme &agrave; la Constitution dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/2026907DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 6 ao&ucirc;t 2026</a>, et l'on peut penser que la loi sera bient&ocirc;t promulgu&eacute;e, peut-&ecirc;tre le week-end du 15 ao&ucirc;t ?&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Rappelons que la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047914986" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> LPM &eacute;tait tout aussi estivale, dat&eacute;e du 1er ao&ucirc;t 2023.</a> Le texte actuel est une <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/PJL_actualisation_loi_programmation_militaire_annees_2024_2030_diverses_dispositions_defense" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi d'actualisation d&eacute;pos&eacute; le 8 avril 2026 </a>et d&eacute;finitivement adopt&eacute; le 1er juillet.&nbsp; Si le gouvernement avait d&eacute;clar&eacute; l'urgence pour le vote du texte, qui n'a donn&eacute; lieu qu'&agrave; une seule lecture dans chaque assembl&eacute;e, le Conseil constitutionnel, lui, a pris tout son temps. Saisi le 1er juillet, il s'est prononc&eacute; le 6 ao&ucirc;t.</span></p><p><span>Sur son contenu, la loi d'actualisation est sans surprise. Il s'agit en fait d'augmenter consid&eacute;rablement le budget de la D&eacute;fense, ce qui se traduira par une hausse des effectifs, des investissements dans des mat&eacute;riels nouveaux, sans oublier des fonds pour travailler sur la r&eacute;silience de la population, sorte de marronnier qui figure dans toutes les LPM depuis une quinzaine d'ann&eacute;es, sans jamais aboutir &agrave; quoi que ce soit de concret.&nbsp;</span></p><p><span>Parmi tous ces moyens nouveaux en figure un qui est d'une nature exclusivement administrative, l'&eacute;tat d'alerte de s&eacute;curit&eacute; nationale. Pr&eacute;vu &agrave; l'article 35 du texte, il devrait &ecirc;tre codifi&eacute; dans le code de la d&eacute;fense.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><p><br></p><span><div>La Grande Duchesse de Gerolstein. Jacques Offenbach. 1867</div></span><p></p><p><span>Air du G&eacute;n&eacute;ral Boum Boum&nbsp;</span></p><p><span>Fran&ccedil;ois Le Roux - Direction Marc Minkowski</span></p><p><br></p><h3><span>Un &eacute;tat d'exception, en amont des autres &eacute;tats d'exception</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sa principale caract&eacute;ristique est d'&ecirc;tre pr&eacute;vu pour intervenir avant que les seuils permettant de d&eacute;cider de l'un des &eacute;tats d'exception existants soit atteints. Il repose sur une autre logique.</span></p><p><span>L'&eacute;tat d'urgence, dont le fondement se trouve dans une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000695350" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 3 avril 1955</a>, a &eacute;t&eacute; appliqu&eacute; lors des attentats de 2015 et adapt&eacute; ensuite &agrave; la lutte contre l'&eacute;pid&eacute;mie de Covid. R&eacute;pondant &agrave; une menace imminente, il a pour objet d'accro&icirc;tre les pouvoirs de l'autorit&eacute; administrative pendant une crise. D&eacute;cid&eacute; par l'Ex&eacute;cutif, sa prorogation au-del&agrave; de douze jours rel&egrave;ve du parlement.</span></p><p><span><span>L'&eacute;tat de si&egrave;ge, pr&eacute;vu par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527507/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 36 de la Constitution,</a> suppose un p&eacute;ril imminent r&eacute;sultant d'une guerre &eacute;trang&egrave;re. S</span><span>a prorogation au-del&agrave; de douze jours rel&egrave;ve &eacute;galement du parlement.</span><span>&nbsp;Il est beaucoup plus radical que l'&eacute;tat d'urgence, car il transf&egrave;re le pouvoir civil &agrave; l'autorit&eacute; militaire. Cette radicalit&eacute; explique qu'il n'ait &eacute;t&eacute; utilis&eacute; qu'&agrave; deux reprises, en 1914 et en 1939.</span></span></p><p><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000019241008" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16 de la Constitution</a> enfin, se situe &agrave; un autre degr&eacute;. Il ne peut s'appliquer que si deux conditions sont r&eacute;unies. D'une part, une menace grave contre les institutions de la R&eacute;publique, l'ind&eacute;pendance nationale, l'int&eacute;grit&eacute; du territoire ou l'ex&eacute;cution des engagements internationaux. D'autre part, une interruption du fonctionnement r&eacute;gulier des pouvoirs publics constitutionnels. L'article 16 attribue au Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique le pouvoir de prendre des <i>d&eacute;cisions</i> "<i>exig&eacute;es par les circonstances</i>". Il n'est que peu contr&ocirc;l&eacute;. A l'issue du d&eacute;lai d'un mois d'application, il appartient au Conseil constitutionnel de rendre des avis sur le maintien des conditions de sa mise en oeuvre.</span></p><p><span>L'&eacute;tat d'alerte est con&ccedil;u pour intervenir bien avant ces situations catastrophiques, alors que l'ordre public n'est pas directement menac&eacute;, que les institutions fonctionnent normalement et qu'aucune invasion &eacute;trang&egrave;re ou insurrection ne justifie l'&eacute;tat de si&egrave;ge. En bref, l'&eacute;tat d'alerte est un &eacute;tat d'exception sans situation d'exception.</span></p><p><span>Il est cens&eacute; constituer un droit de la pr&eacute;-crise militaire, alors que la catastrophe n'est pas encore survenue. Le S&eacute;nat l'a d'ailleurs pr&eacute;sent&eacute; comme un "<i>dispositif interm&eacute;diaire entre le droit commun et les diff&eacute;rents r&eacute;gimes d'exception</i>".</span></p><p><span>Concr&egrave;tement, il a pour finalit&eacute; d'autoriser des d&eacute;rogations au droit commun de l'environnement, de l'urbanisme, des transports, de la construction etc dans le seul but de r&eacute;pondre aux besoins des forces arm&eacute;es fran&ccedil;aise ou des forces arm&eacute;es alli&eacute;es, notamment pour assurer leur approvisionnement en mat&eacute;riels de guerre. Bien entendu, tous ces projets de construction, installations et am&eacute;nagements auxquels s'applique l'&eacute;tat d'alerte seront dispens&eacute;s de toute forme de participation du public. Saisi de ces dispositions, le Conseil constitutionnel a jug&eacute; qu'elles ne portaient pas atteinte aux libert&eacute;s constitutionnellement prot&eacute;g&eacute;es. En effet, les dispositions prises peuvent &ecirc;tre contest&eacute;es devant le juge administratif. Et le Conseil d'&Eacute;tat n'est-il pas protecteur-des-libert&eacute;s-publiques ?</span></p><p><span><span>Est &eacute;galement pr&eacute;vue la transmission au ministre charg&eacute; des communications par les op&eacute;rateurs et exploitants de t&eacute;l&eacute;communications mobiles des "<i>donn&eacute;es interop&eacute;rables relatives aux r&eacute;seaux qu'ils exploitent"</i>.&nbsp;</span><span>Saisi de la constitutionnalit&eacute; de ces dispositions, le Conseil constitutionnel a jug&eacute; qu'elles ne concernaient que les donn&eacute;es relatives &agrave; la couverture du territoire par les r&eacute;seaux mobiles et, en tant que telles, ne portaient pas atteinte au droit &agrave; la vie priv&eacute;e. Ce qui sera fait ensuite de ces donn&eacute;es ne l'int&eacute;resse pas.</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le contr&ocirc;le exclusif du Conseil d'&Eacute;tat</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans sa d&eacute;cision du 6 ao&ucirc;t 2026, le Conseil constitutionnel balaie donc les moyens d'inconstitutionnalit&eacute;. A ses yeux, le r&eacute;gime juridique de l'&eacute;tat d'alerte est suffisamment encadr&eacute; pour que la conciliation ne soit pas "<i>manifestement d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;</i>e" entre les droits et libert&eacute;s invoqu&eacute;s et les "<i>exigences constitutionnelles inh&eacute;rentes &agrave; la sauvegarde des int&eacute;r&ecirc;ts fondamentaux de la Nation</i>".</span></p><p><span>L'analyse semble &eacute;trange si l'on consid&egrave;re l'impr&eacute;cision des circonstances autorisant la mise en oeuvre de l'&eacute;tat d'alerte. Il est seulement pr&eacute;cis&eacute; que la menace de conflit arm&eacute; doit &ecirc;tre "<i>grave et actuelle</i>" et que les mesures prises doivent prendre fin avec elle et &ecirc;tre li&eacute;es &agrave; cette menace, conditions &eacute;videmment cumulatives. Autrement dit, elles sont soumises &agrave; une exigence de n&eacute;cessit&eacute; et de proportionnalit&eacute; dont le contr&ocirc;le est renvoy&eacute; au Conseil d'&Eacute;tat. Or nul n'ignore que le Conseil d'&Eacute;tat fait un peu ce qu'il veut avec le contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;.</span></p><p><span>Ce m&ecirc;me contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; pourra &ecirc;tre exerc&eacute; lors du recours contre un d&eacute;cret mettant en oeuvre l'&eacute;tat d'alerte. Imagine-t-on le Conseil d'&Eacute;tat d&eacute;clarant ill&eacute;gale ce type de d&eacute;cision, au milieu des bruits de bottes, des communiqu&eacute;s alarmistes, et des commentaires pessimistes des g&eacute;n&eacute;raux chroniqueurs sur les cha&icirc;nes d'information continue ?</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>O&ugrave; est pass&eacute; le parlement ?</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Reste le parlement et l'on peut se demander o&ugrave; il est pass&eacute;. Il ne d&eacute;cide pas de l'entr&eacute;e en vigueur de l'&eacute;tat d'alerte mais en est inform&eacute; "sans d&eacute;lai" ainsi que des mesures prises sur son fondement.&nbsp;</span></p><p><span>Certes, mais, alors qu'il doit voter la prorogation de l'&eacute;tat de si&egrave;ge et de l'&eacute;tat d'urgence douze jours apr&egrave;s leur mise en application, il n'est sollicite pour autoriser la prorogation de l'&eacute;tat d'alerte que deux mois apr&egrave;s sa mise en oeuvre. Les travaux et contrats d&eacute;velopp&eacute;s au profit des forces arm&eacute;es auront eu largement le temps de devenir irr&eacute;m&eacute;diables, ou inutiles si la guerre est commenc&eacute;e. Quoi qu'il en soit, on doit d&eacute;duire que le parlement a vot&eacute; son propre dessaisissement sans trop discuter. C'est peut-&ecirc;tre le plus inqui&eacute;tant, sachant qu'il est cens&eacute; repr&eacute;senter le peuple en corps et incarner le principe d&eacute;mocratique.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><span><br></span></div><span><div><br></div></span><p></p><p><span><br></span></p><p><br></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-08-10T16:55:37+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La voix clonée de Denis Podalydès : une nouvelle enquête du commissaire Maigret ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Denis Podalyd&egrave;s n&rsquo;a pas enregistr&eacute; de lectures sur Socrate, Nietzsche ou Spinoza pour alimenter une ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><span><br></span></div><span><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh1I6HW1e_ZbeHvhJ0UwKzkycPAksRPMTpDNT9DVl7V6C4dSW8QnDhTfeuy20K9OJqo2TGqDh4h1F7dOeH5BPGFgMDt4hJtuZwidEa74URYvDQZLs3tlflj33b1U_knLq0c-opnyI0oWxZ45yeWRkdZrPsC21hkiysbLlIZk0B_rvLbdwLYxSkLxllr0h4/s185/te%CC%81le%CC%81vision.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh1I6HW1e_ZbeHvhJ0UwKzkycPAksRPMTpDNT9DVl7V6C4dSW8QnDhTfeuy20K9OJqo2TGqDh4h1F7dOeH5BPGFgMDt4hJtuZwidEa74URYvDQZLs3tlflj33b1U_knLq0c-opnyI0oWxZ45yeWRkdZrPsC21hkiysbLlIZk0B_rvLbdwLYxSkLxllr0h4/w135-h122/te%CC%81le%CC%81vision.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><i>Denis Podalyd&egrave;s</i> n&rsquo;a pas enregistr&eacute; de lectures sur Socrate, Nietzsche ou Spinoza pour alimenter une cha&icirc;ne <i>You Tube, Voix philosophiques</i>. Pourtant, des milliers d&rsquo;internautes ont pu entendre une voix qui ressemblait &agrave; la sienne r&eacute;citer ces textes, comme si le com&eacute;dien avait accept&eacute; de pr&ecirc;ter son talent, son timbre et sa notori&eacute;t&eacute; &agrave; l&rsquo;entreprise. Il n&rsquo;avait &eacute;videmment rien autoris&eacute;. Sa voix avait &eacute;t&eacute; tout simplement &eacute;t&eacute; clon&eacute;e par intelligence artificielle.</div></div><div><br></div><div>Apr&egrave;s avoir port&eacute; plainte contre X, le com&eacute;dien a obtenu du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal judiciaire de Paris une injonction visant <i>Google Ireland,</i> propri&eacute;taire de <i>You Tube.</i> de communiquer les donn&eacute;es permettant d'identifier le responsable de la cha&icirc;ne. Cette d&eacute;cision n'avait alors pas pour objet de r&eacute;gler le contentieux. Rendue sur le fondement de l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006410268/2022-04-08?init=true&amp;page=1&amp;query=cpc+article+145&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" rel="noopener noreferrer" target="_blank">'article 145 du code de proc&eacute;dure civile</a>, elle visait seulement &agrave; rechercher les &eacute;l&eacute;ments utiles en vue d'un &eacute;ventuel proc&egrave;s.</div><div><br></div><div>Aujourd'hui, l'affaire p&eacute;nale pourrait devenir le premier contentieux fran&ccedil;ais relatif &agrave; un hypertrucage (<i>Deep Fake</i>), en l'esp&egrave;ce le clonage d'une voix par intelligence artificielle.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Le droit &agrave; la voix</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>On pourrait presque affirmer que la plainte de <i>Denis Podalyd&egrave;s</i> arrive &agrave; point nomm&eacute;, &agrave; peine quelques semaines apr&egrave;s l'<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/le-droit-la-voix-trouve-son-tempo.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">arr&ecirc;t du 24 juin, rendu par la premi&egrave;re chambre civile de la Cour de cassation</a>. Il d&eacute;clare que la voix est &laquo; l&rsquo;un des attributs principaux de la personnalit&eacute; &raquo;. Elle doit donc &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;e de la m&ecirc;me mani&egrave;re que l'image, la voix constituant ainsi l'image sonore de la personne, un &eacute;l&eacute;ment important de son identification. Pour la Cour, ce droit &agrave; la voix se rattache &agrave; la fois &agrave; l'article 9 du code civil et &agrave; l'article 8 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme, deux dispositions qui prot&egrave;gent le droit au respect de la vie priv&eacute;e.</div><div><br></div><div>La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH), dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng-press?i=003-419654-419935" rel="noopener noreferrer" target="_blank">arr&ecirc;t P. G. et J. H. c. Royaume-Uni du 25 septembre 2001</a> ne raisonne pas diff&eacute;remment, se r&eacute;f&eacute;rant &eacute;videmment &agrave; l'article 8 de la Convention. Elle juge que l'enregistrement clandestin de voix dans les locaux de la police s'analyse comme une ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e. Elle ne saurait donc &ecirc;tre admise que dans un cadre l&eacute;gal pr&eacute;cis&eacute;ment d&eacute;fini. On peut ainsi consid&eacute;rer que la voix est juridiquement per&ccedil;ue comme un &eacute;l&eacute;ment de la personnalit&eacute;, en quelque sorte h&eacute;berg&eacute;e dans le droit de la vie priv&eacute;e.&nbsp;</div><div><br></div><div>Mais la question pos&eacute;e par <i>Denis Podalyd&egrave;s</i> est beaucoup plus compliqu&eacute;e, car il ne s'agit plus de capter une voix r&eacute;elle, mais d'en produire une copie artificielle, r&eacute;utilisable &agrave; volont&eacute;.</div><div><br></div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjskrrTQqOIj8CeQJnelXRE2Vj4iFD5sDoC5C0D64CbH-yk2GC6VSGQGmzYqGAWxw9F2D3X2WXtihABKprXBQZu1_xxQWkUx1djbEcD-sM7RAS9G7gMcfCIrqdjtKkKlYz6-EDh5-U_XzxlSTFiur4wUmNpbN-mhO6p-1HlY0R2ISvSpLQTthZ06_FfknA/s1164/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-08-06%20a%CC%80%2018.56.21.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjskrrTQqOIj8CeQJnelXRE2Vj4iFD5sDoC5C0D64CbH-yk2GC6VSGQGmzYqGAWxw9F2D3X2WXtihABKprXBQZu1_xxQWkUx1djbEcD-sM7RAS9G7gMcfCIrqdjtKkKlYz6-EDh5-U_XzxlSTFiur4wUmNpbN-mhO6p-1HlY0R2ISvSpLQTthZ06_FfknA/s320/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-08-06%20a%CC%80%2018.56.21.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>Maigret et le mort amoureux<br>Denis Podalyd&egrave;s<br>Film de Pascal Bonitzer, 2026</span></p><div><span><br></span></div><h3><span>Les maladresses de la loi SREN</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Le l&eacute;gislateur n&rsquo;est certes pas demeur&eacute; inactif face &agrave; ces Hypertrucages . <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049563368" rel="noopener noreferrer" target="_blank">La loi du 21 mai 2024 visant &agrave; s&eacute;curiser et &agrave; r&eacute;guler l&rsquo;espace num&eacute;rique </a>a modifi&eacute; l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417938/2022-03-25" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 226-8 du code p&eacute;nal</a>. Celui-ci r&eacute;prime d&eacute;sormais la diffusion, sans consentement, d&rsquo;un contenu visuel ou sonore g&eacute;n&eacute;r&eacute; par un traitement algorithmique et repr&eacute;sentant l&rsquo;image ou les paroles d&rsquo;une personne, lorsqu&rsquo;il n&rsquo;est pas &eacute;vident ou express&eacute;ment indiqu&eacute; que le contenu est artificiel. Lorsque la diffusion est r&eacute;alis&eacute;e en ligne, la peine peut atteindre deux ans d&rsquo;emprisonnement et 45 000 euros d&rsquo;amende.&nbsp;</div><div><br></div><div>La loi existe donc. Encore faudrait-il qu&rsquo;elle soit clairement r&eacute;dig&eacute;e, et ce n'est pas le cas. Le texte vise &laquo; l&rsquo;image ou les paroles &raquo; d&rsquo;une personne, mais ne mentionne pas sa voix. Or un clone vocal peut faire prononcer &agrave; quelqu&rsquo;un des propos qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais tenus. Il ne concerne donc pas ses "paroles" stricto sensu, mais plut&ocirc;t sa mani&egrave;re de parler, c'est-&agrave;-dire son identit&eacute; sonore.</div><div><br></div><div>Cette incertitude est loin d'&ecirc;tre anodine, car nul n'ignore le principe d'interpr&eacute;tation stricte qui, en droit p&eacute;nal, interdit au juge d'interpr&eacute;ter trop librement les termes de la loi. Autrement dit, il ne peut pas ais&eacute;ment r&eacute;parer ses erreurs de r&eacute;daction. Certes, l&rsquo;intention du l&eacute;gislateur &eacute;tait sans doute de sanctionner les hypertrucages sonores. Mais une intention mal traduite dans la loi permettrat-t-elle de fonder une condamnation.</div><div><br></div><div>La question reste pos&eacute;e, d'autant qu'une autre faiblesse du texte r&eacute;side dans l'affirmation selon laquelle l&rsquo;infraction dispara&icirc;t si le caract&egrave;re artificiel du contenu est &laquo; &eacute;vident &raquo; ou express&eacute;ment indiqu&eacute;. La simple mention "voix g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par IA" suffira-t-elle &agrave; justifier l'utilisation du timbre d'un acteur contre sa volont&eacute; ? C'est possible sur le plan p&eacute;nal, toujours en raison de la r&egrave;gle de l'interpr&eacute;tation &eacute;troite de la loi p&eacute;nale. En revanche, au plan civil, il est difficile d'envisager que la simple information du public transforme une usurpation en usage consenti. L'information du public ne restitue pas &agrave; la victime la ma&icirc;trise de sa voix.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Les questions qui se poseront</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>En plus des maladresses de r&eacute;daction de la loi, le proc&egrave;s<i> Podalyd&egrave;s</i>, s'il a lieu, devrait susciter d'autres questions.</div><div><br></div><div>La premi&egrave;re d'entre elle, particuli&egrave;rement &eacute;vidente, se trouve dans le degr&eacute; de ressemblance exig&eacute; entre la voix de l'int&eacute;ress&eacute; et l'imitation par IA. Faut-il que tous les auditeurs soient tromp&eacute;s, ou seulement une partie d'entre eux ? Une expertise acoustique sera-t-elle n&eacute;cessaire ou la reconnaissance imm&eacute;diate par une oreille humaine sera-t-ele suffisante ?&nbsp;</div><div><br></div><div>Les rares contentieux connus portent sur des voix tr&egrave;s identifiables. Le tribunal de Paris, le 3 d&eacute;cembre 1975, observait les "particularit&eacute;s verbales" du com&eacute;dien <i>Claude Pi&eacute;plu,</i> particularit&eacute;s bien connues des spectateurs des <i>Shadocks</i>. Le juge ordonnait en cons&eacute;quence le retrait d'une publicit&eacute; qui l'imitait. De m&ecirc;me, ce m&ecirc;me tribunal de Paris, le 19 mai 1982 avait estim&eacute; que la voix de <i>Maria Callas</i> &eacute;tait ais&eacute;ment identifiable, interdisant &agrave; la demande de ses h&eacute;ritiers de diffuser &agrave; la radio des enregistrements de travail r&eacute;alis&eacute;s &agrave; la fin de sa vie, et donc elle n'&eacute;tait pas satisfaite. La voix de <i>Denis Podalyd&egrave;s</i> est-elle identifiable avec la m&ecirc;me certitude que celles de <i>Claude Pi&eacute;plu</i> et de <i>Maria Calla</i>s ?&nbsp;</div><div><br></div><div>La deuxi&egrave;me question porte sur le contenu du pr&eacute;judice. En portant plainte au p&eacute;nal <i>Denis Podalyd&egrave;s</i> invoque un pr&eacute;judice essentiellement moral, une atteinte &agrave; sa personnalit&eacute;. C'est vrai mais il pourra aussi invoquer un pr&eacute;judice patrimonial, d&egrave;s lors que sa voix est aussi son outil de travail. Sa copie par IA entre en concurrence avec la voix originale, sans r&eacute;mun&eacute;ration.</div><div><br></div><div>Troisi&egrave;me et derni&egrave;re question enfin, celle de la date des faits. Il semble que certaines vid&eacute;os aient &eacute;t&eacute; diffus&eacute;es sur <i>You Tube</i> avant l'entr&eacute;e en vigueur de la loi SREN, le 23 mai 2024. Le principe de non-r&eacute;troactivit&eacute; interdit de sanctionner p&eacute;nalement les actes ant&eacute;rieurs. En revanche, civilement, le droit moral se prescrit en cinq ans, ce qui permet au com&eacute;dien d'obtenir r&eacute;paration sur les diffusions ant&eacute;rieures.</div><div><br></div><div>L'affaire <i>Denis Podalyd&egrave;</i>s d&eacute;passe largement la simple question d'une cha&icirc;ne <i>You Tube</i>. Elle t&eacute;moigne d'un changement de nature dans l'usurpation. Jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, on reproduisait une photographie ou un enregistrement  existant. D&eacute;sormais on fabrique &agrave; volont&eacute; de nouveaux produits, &agrave; partir de l'identit&eacute; d'autrui. La personne n'est plus seulement copi&eacute;e mais devient un mod&egrave;le exploitable, une mati&egrave;re premi&egrave;re.</div><div><br></div><div>La protection de la voix humaine ne saurait se limiter au seul cas dans lequel le public a &eacute;t&eacute; tromp&eacute;. Elle doit s'&eacute;tendre &agrave; la reconnaissance du droit &agrave; la ma&icirc;trise de chacun sur son identit&eacute; vocale, ind&eacute;pendamment de toute confusion et m&ecirc;me lorsque le recours &agrave; l'IA est signal&eacute;. Dans le cas contraire, il suffirait d'apposer la mention "contenu g&eacute;n&eacute;r&eacute; par IA" pour disposer librement des &eacute;l&eacute;ments de la personnalit&eacute; d'autrui.</div><div><br></div><div>L'affaire Denis Podalyd&egrave;s ouvre donc un nouveau chantier juridique, et n&eacute;cessitera peut-&ecirc;tre une nouvelle enqu&ecirc;te du commissaire <i>Maigret</i>...</div><div><br></div><div><br></div><div><h3><span><b>Les Hypertrucages</b><span>: </span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier, </a><span>chapitre &nbsp;8 section 5 &sect; 3</span></span></h3><div><span><span><br></span></span></div></div></span><p></p><br>]]></content>
	<updated>2026-08-06T17:39:53+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Loi Darmanin : La Justice ne peut enquêter hors la loi</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le Conseil constitutionnel a rendu le 23 juillet 2026 sa d&eacute;cision sur la loi&nbsp;relative &agrave; la just...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi2MGnUx8aeBGfbNcxR3CuTG_SGgFM3kZZKEB4KtzEP7uZW_tyOm6usS2aNggsc5s-_npvfLrMxBj7ZvoGTs4mF30oP6QBS4feJ68CMQraEjalQSV0LSyJ4cuMhu9DDkSVmbnPIerknTLFOUQZOfFQMLoxjbaV1W_gonpZfqvVx8a-MF2yGVhmMPBc1IjM/s262/CC@0.jpeg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi2MGnUx8aeBGfbNcxR3CuTG_SGgFM3kZZKEB4KtzEP7uZW_tyOm6usS2aNggsc5s-_npvfLrMxBj7ZvoGTs4mF30oP6QBS4feJ68CMQraEjalQSV0LSyJ4cuMhu9DDkSVmbnPIerknTLFOUQZOfFQMLoxjbaV1W_gonpZfqvVx8a-MF2yGVhmMPBc1IjM/w207-h152/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><p><span>Le Conseil constitutionnel a rendu <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2026-909-dc-du-23-juillet-2026-communique-de-presse" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le 23 juillet 2026 sa d&eacute;cision sur la loi&nbsp;</a></span><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2026-909-dc-du-23-juillet-2026-communique-de-presse" target="_blank" rel="noopener noreferrer">relative &agrave; la justice criminelle et au respect des victimes</a>. Elle n'a pas r&eacute;ellement &eacute;t&eacute; comment&eacute;e. Le discours dominant pourrait &ecirc;tre r&eacute;sum&eacute; par la formule employ&eacute;e sur<a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/loi-darmanin-le-conseil-constitutionnel-censure-le-recours-judiciaire-a-la-genealogie-genetique" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> <i>Public S&eacute;nat</i>,</a> selon laquelle le Conseil a censur&eacute; plusieurs dispositions "<i>tout en validant l'essentiel de la r&eacute;forme</i>", formulation suivie de la r&eacute;action satisfaite du ministre. La formulation se retrouve &agrave; l'identique dans &agrave; peu pr&egrave;s tous les commentaires.</p></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span><span>Les &eacute;l&eacute;ments valid&eacute;s</span></span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Il est exact que beaucoup de points de la r&eacute;forme Darmanin sont valid&eacute;s, &agrave; commencer par l'&eacute;largissement des comp&eacute;tences des Cours criminelles d&eacute;partementales (CCD) qui peuvent d&eacute;sormais juger des crimes punis de 15 &agrave; 20 ans d'emprisonnement, lorsqu'ils sont commis en &eacute;tat de r&eacute;cidive. Les CCD seront donc en mesure de prononcer des peines de r&eacute;clusion &agrave; perp&eacute;tuit&eacute;. Leur composition est revue, en p&eacute;rennisant notamment le recours &agrave; des avocats honoraires en qualit&eacute; d'assesseurs.</span></p><p><span>D'autres &eacute;l&eacute;ments de proc&eacute;dure ont &eacute;t&eacute; valid&eacute;s, qui sont destin&eacute;s &agrave; emp&ecirc;cher des catastrophes proc&eacute;durales. Il en est ainsi de l'examen d'urgence d'une prolongation de la d&eacute;tention provisoire pour emp&ecirc;cher qu'une personne soit lib&eacute;r&eacute;e parce que le juge n'a pas pu statuer dans les d&eacute;lais sur une demande de mise en libert&eacute;. De m&ecirc;me un amendement de derni&egrave;re minute a permis d'emp&ecirc;cher la remise en libert&eacute; de mineurs de 16 ans accus&eacute;s de crime.</span></p><p><span>Ces validations par le Conseil ont entra&icirc;n&eacute; une large autosatisfaction qui a donn&eacute; le ton et s'est finalement impos&eacute;e &agrave; la presse. Mais ceux qui ont r&eacute;ellement lu la d&eacute;cision voient que deux dispositions sont censur&eacute;es. Elles ont pour point commun de r&eacute;v&eacute;ler deux m&eacute;thodes l&eacute;gislatives inqui&eacute;tantes.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Le juge Fayard, dit le Sh&eacute;riff. Yves Boisset. 1977</span></div><p></p><p><span>Patrick Dewaere et Jean Bouise</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le profilage g&eacute;n&eacute;tique, sans garanties</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La premi&egrave;re consiste &agrave; autoriser les techniques d'enqu&ecirc;te par ADN, sans en fixer les garanties.&nbsp;</span></p><p><span>On observe d'embl&eacute;e que les donn&eacute;es g&eacute;n&eacute;tiques ne sont pas des donn&eacute;es personnelles ordinaires. Elles sont &agrave; la fois permanentes&nbsp; et surtout familiales. Ainsi l'ADN&nbsp;<span>d&rsquo;une personne renseigne sur ses parents, ses enfants ou ses collat&eacute;raux, qui n&rsquo;ont pas consenti &agrave; sa mise en ligne. La CNIL qualifie ainsi ces donn&eacute;es de "<i>pluripersonnelles</i>" dans son a<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/cnil/id/CNILTEXT000053702370" target="_blank" rel="noopener noreferrer">vis du 5 mars 2026 sur le pr&eacute;sent projet de loi</a>.</span></span></p><p><span>Le droit actuel repose sur l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044568328" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article&nbsp;</a><span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044568328" target="_blank" rel="noopener noreferrer">706-54 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a> (cpp). Il impose que les empreintes enregistr&eacute;es au FNAEG soient r&eacute;alis&eacute;es &agrave; partir de segments non codants, &agrave; l&rsquo;exception du marqueur du sexe. Cela signifie concr&egrave;tement que l'empreinte g&eacute;n&eacute;tique r&eacute;pond &agrave; la question suivante : "Cette trace provient-elle de cette personne ?".&nbsp; Elle ne recherche pas &agrave; quoi elle ressemble et quelles sont ses caract&eacute;ristiques biologiques. Ce principe a &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute; comme essentiel par le <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2010/201025QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil constitutionnel dans sa QPC <i>M. Jean-Victor C.</i> du 16 septembre 2010</a>.&nbsp;</span><span>Depuis 2016, il a &eacute;t&eacute; admis qu'une recherche en parent&egrave;le pouvait &ecirc;tre effectu&eacute;e dans les enqu&ecirc;tes criminelles, mais elle demeure fond&eacute;e sur les profils enregistr&eacute;s au FNAEG et sur des segments non codants.&nbsp;</span><span>La loi Darmanin proc&eacute;dait, sur ce point, &agrave; un double &eacute;largissement</span></span></p><p><span><span>D'une part, elle&nbsp;</span><span>autorisait l&rsquo;analyse d&rsquo;une trace biologique inconnue afin d&rsquo;en d&eacute;duire les caract&eacute;ristiques morphologiques apparentes de son auteur, et non plus seulement dans le but de l'identifier directement. Sans s'opposer directement &agrave; cet &eacute;largissement, le Conseil observe l'absence d'encadrement juridique de cette technique. En l'absence de pr&eacute;cision, elle &eacute;tait ouverte pour tout crime, sans exigence de gravit&eacute; ou complexit&eacute; particuli&egrave;re, sans &eacute;chec pr&eacute;alable d'autres moyens et sans pr&eacute;cision sur le r&eacute;gime juridique de la conservation des donn&eacute;es.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>D'autre part, la loi&nbsp;</span><span>permettait, pour certaines infractions graves, s&eacute;rielles ou anciennes, de comparer un profil g&eacute;n&eacute;tique avec des bases &eacute;trang&egrave;res, notamment celles d&rsquo;entreprises priv&eacute;es de g&eacute;n&eacute;alogie g&eacute;n&eacute;tique, ce qui est appel&eacute;e commun&eacute;ment "l'ADN r&eacute;cr&eacute;atif". L&agrave; encore, aucune garantie n'&eacute;tait donn&eacute;e sur l'origine, la qualit&eacute; et surtout la fiabilit&eacute; de ces donn&eacute;es. En effet, les entreprises qui vendent des profils g&eacute;n&eacute;tiques ne pr&eacute;sentent pas toujours les garanties de s&eacute;rieux que l'on est en droit d'attendre dans un domaine sensible. Par ailleurs, l'autorisation donn&eacute;e par le client d'une entreprise commerciale ne saurait suffire &agrave; l&eacute;gitimer l'exploitation polici&egrave;re et judiciaire d'informations concernant toute une parent&egrave;le. Des proc&eacute;dures et des garanties doivent &ecirc;tre pr&eacute;vue par la loi.</span></span></p><p><span><span>Dans les deux hypoth&egrave;ses, on observe que le Conseil ne montre aucune opposition de principe &agrave; l'&eacute;gard de ces techniques. Il estime cependant que le l&eacute;gislateur n'a pas assur&eacute;&nbsp;</span><span>une conciliation &eacute;quilibr&eacute;e entre la recherche des auteurs d&rsquo;infractions et le respect de la vie priv&eacute;e. En r&eacute;alit&eacute;, le l&eacute;gislateur s'est tout simplement abstenu de poser des r&egrave;gles dans ce domaine, renvoyant la question au pouvoir r&eacute;glementaire. Le Conseil sanctionne donc finalement un cas d'incomp&eacute;tence n&eacute;gative.</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span><span>La jurisprudence</span></span></h3><p><br></p><p><span>Certes, mais rien n'est simple, car le l&eacute;gislateur est censur&eacute; pour n'avoir pas suffisamment encadr&eacute; une technique que la jurisprudence avait d&eacute;j&agrave; autoris&eacute;e en l'absence de loi.&nbsp;Par un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000029152345?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 25 juin 2014, la chambre criminelle de la Cour de cassation </a>avait admis qu&rsquo;un juge d&rsquo;instruction puisse, sur le fondement de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038369344" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l&rsquo;article 81 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a>,&nbsp;ordonner l&rsquo;analyse d&rsquo;une trace afin de faire appara&icirc;tre les caract&eacute;ristiques morphologiques d'un auteur inconnu. Elle avait estim&eacute; que les dispositions protectrices des caract&eacute;ristiques g&eacute;n&eacute;tiques de la personne contenues dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043895858/2021-08-04" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16-10 du code civil</a>,&nbsp; n&rsquo;&eacute;taient pas applicables &agrave; une trace d&eacute;tach&eacute;e du corps.</span></p><p><span>Bien entendu, l'analyse est fragile. D'abord, parce que l'article 81 cpp ne conf&egrave;re au juge d'instruction qu'une habilitation tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rale pour prendre les actes utiles &agrave; la manifestation de la v&eacute;rit&eacute;. Ensuite, parce qu'une trace biologique ne cesse pas de contenir des informations relatives &agrave; une personne et &agrave; sa famille parce qu'elle a &eacute;t&eacute; abandonn&eacute;e sur les lieux d'une infraction. L&agrave; encore, la fragilit&eacute; du cadre juridique n'appelle pas l'abandon de telles investigations, mais plut&ocirc;t un renforcement l&eacute;gislatif des garanties, permettant ainsi de donner au juge d'instruction la l&eacute;gitimit&eacute; n&eacute;cessaire &agrave; ses investigations. La d&eacute;cision rendue par le Conseil le 23 juillet devrait donc inciter le l&eacute;gislateur &agrave; se saisir de cette question.</span></p><p><span>Il y sera incit&eacute; par la jurisprudence europ&eacute;enne qui rejoint la position du Conseil constitutionnel. <a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/jurisprudence?sort=DOC_DATE-DESC&amp;searchTerm=%2522C%252D205%252F21%2522&amp;publishedId=C-205%2F21" target="_blank" rel="noopener noreferrer">La Cour de Justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE), dans une d&eacute;cision du 26 janvier 2023</a>, exige du traitement policier des donn&eacute;es g&eacute;n&eacute;tiques une "n&eacute;cessit&eacute; absolue" appr&eacute;ci&eacute;e tr&egrave;s concr&egrave;tement, ainsi que la d&eacute;monstration que d'autres mesures moins intrusives ne suffisent pas &agrave; &eacute;clairer l'enqu&ecirc;te. La CEDH exerce &eacute;galement un contr&ocirc;le strict. Dans une <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-202345" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 14 ao&ucirc;t 2020&nbsp;</a></span><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-202345" target="_blank" rel="noopener noreferrer">&nbsp;</a><span><i><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-202345" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Dragan Petrovi&#263; c. Serbie</a>, </i>elle&nbsp;</span><span> rappelle que le pr&eacute;l&egrave;vement d&rsquo;ADN doit reposer sur une base l&eacute;gale et s'accompagner de garanties contre l&rsquo;arbitraire. Pour la CEDH, plus la donn&eacute;e est r&eacute;v&eacute;latrice de la personnalit&eacute;, plus la loi doit &ecirc;tre pr&eacute;cise.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les psychologues et le dossier invisible&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le second cas d'inconstitutionnalit&eacute;, dans la d&eacute;cision du 23 juillet 2026, est plus &eacute;vident, et il est m&ecirc;me surprenant que les auteurs de la loi ne l'aient pas vu ou n'y aient pas attach&eacute; d'importance.</span></p><p><span>Le Conseil annule l'article 8 de la loi Darmanin qui cr&eacute;ait&nbsp;un statut de &laquo; <i>psychologue de police judiciaire </i>&raquo;. A dire vrai, la fonction existe d&eacute;j&agrave; et la police emploie, depuis 2009, six psychologues cliniciens form&eacute;s &agrave; la criminologie. Leur travail ressemble &agrave; celui d'un "profiler" &agrave; la fran&ccedil;aise.&nbsp;</span></p><p><span>Mais l'article 8 contenait une &eacute;normit&eacute; juridique. Il pr&eacute;voyait que les rapports de ces experts, &eacute;tablis &agrave;&nbsp;</span><span>la demande du juge d'instruction ou d&rsquo;un officier de police judiciaire afin d&rsquo;orienter l&rsquo;enqu&ecirc;te, "<i>pouvaient</i>" &ecirc;tre vers&eacute;s au dossier, ce qui signifie qu'ils ne devaient pas n&eacute;cessairement l'&ecirc;tre. La loi ne pr&eacute;cisait ni les crit&egrave;res de ce versement ni l&rsquo;autorit&eacute; comp&eacute;tente pour en d&eacute;cider. Le Conseil censure l&rsquo;ensemble du dispositif. Une condamnation aurait en effet pu reposer, directement ou indirectement, sur des analyses transmises &agrave; la police et au juge d'instruction mais qui n&rsquo;auraient jamais &eacute;t&eacute; vers&eacute;es au dossier et donc jamais soumises &agrave; la contradiction.&nbsp;&nbsp;</span></p><p><span>Il convient sans doute de le r&eacute;p&eacute;ter. Le Conseil constitutionnel ne condamne&nbsp; ni la science g&eacute;n&eacute;tique ni l&rsquo;expertise psychologique. Il rappelle simplement qu&rsquo;une technique d&rsquo;enqu&ecirc;te ne devient pas juridiquement acceptable parce qu&rsquo;elle est efficace. Plus elle est puissante, plus son emploi doit &ecirc;tre juridiquement encadr&eacute; et ses r&eacute;sultats soumis au principe du contradictoire.&nbsp;</span></p><p><span>La loi Darmanin a finalement pour objet de cr&eacute;er une justice criminelle d'urgence, qui exp&eacute;die rapidement les dossiers et les faits juger tout aussi rapidement par des cours criminelles. Rappelons &agrave; ce propos que l'urgence a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute;e par le Premier ministre pour la saisine du Conseil constitutionnel qui a eu huit jours pour se prononcer. Pourquoi tant d'urgence ? Le Conseil aurait peut &ecirc;tre valid&eacute; l'ensemble de la loi si un petit peu de temps avait &eacute;t&eacute; consacr&eacute; &agrave; se poser quelques bonnes questions.</span></p><p><span>Exp&eacute;dier les dossiers, c'est d&eacute;j&agrave; probablement une erreur et les statistiques montrent d&eacute;j&agrave; que les cours criminelles ne sont pas parvenues &agrave; r&eacute;sorber l'encombrement des affaires criminelles. Mais exp&eacute;dier les dossiers ne signifie pas rendre une justice exp&eacute;ditive, et la d&eacute;cision du Conseil constitutionnel invite ainsi le l&eacute;gislateur &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir davantage avant de d&eacute;finir le cadre juridique du profilage g&eacute;n&eacute;tique et la proc&eacute;dure d'int&eacute;gration au dossier des rapports des psychologues.&nbsp;</span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-08-02T18:45:27+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Gang Bang et principe de dignité</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Par un arr&ecirc;t du 15 juillet 2026 Soci&eacute;t&eacute; Z Machine, le Conseil d'&Eacute;tat confirme la l&eacute;galit&eacute; de la ferm...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEii6k_Fz0IcpN83gtKepV1FCmpwfo3c6vuDRwQHmCzjeL1z1U1FA2U1MQmmvrp6NArn1E043bHxa1ome69OHceWfqvxtdtp6kUxLGdW8aMhbiHHDgGwbgEQmnK_4g-pMaHvvd7kRdCFu0VYOvgG7W4LqSHX783Si3gn1wbKH_3fwli-abO5znKV7ERK1L4/s200/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEii6k_Fz0IcpN83gtKepV1FCmpwfo3c6vuDRwQHmCzjeL1z1U1FA2U1MQmmvrp6NArn1E043bHxa1ome69OHceWfqvxtdtp6kUxLGdW8aMhbiHHDgGwbgEQmnK_4g-pMaHvvd7kRdCFu0VYOvgG7W4LqSHX783Si3gn1wbKH_3fwli-abO5znKV7ERK1L4/s1600/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Par un <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-07-15/513080" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 15 juillet 2026 </a><i><a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-07-15/513080" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Soci&eacute;t&eacute; Z Machine</a>,</i> le Conseil d'&Eacute;tat confirme la l&eacute;galit&eacute; de la fermeture administrative d'un &eacute;tablissement&nbsp;parisien organisant des soir&eacute;es de type <i>Gang Bang</i>. Il s'agit d'une pratique sexuelle dans laquelle une personne, presque toujours une femme, a des relations sexuelles successives ou simultan&eacute;es avec plusieurs partenaires. Cette pratique s'accompagne g&eacute;n&eacute;ralement de violences et d'humiliations inflig&eacute;es &agrave; la femme qui y est soumise.</div></span><p></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, le pr&eacute;fet de police de Paris a ordonn&eacute;, par un arr&ecirc;t&eacute; du 21 janvier 2026, la fermeture d'un club, <i>La Factory,</i> pratiquant ce type d'activit&eacute;. Saisi <a href="https://paris.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/suspension-de-la-fermeture-prefectorale-definitive-d-un-etablissement-organisant-des-evenements-dits-gang-bangs" target="_blank" rel="noopener noreferrer">en r&eacute;f&eacute;r&eacute;, le tribunal administratif suspend cet arr&ecirc;t&eacute; le 9 f&eacute;vrier 2026,</a> en se fondant principalement sur le fait que les femmes qui participent au <i>Gang Bang</i> y ont consenti. Il insiste ainsi sur "<i>une organisation particuli&egrave;re permettant aux femmes de d&eacute;terminer la nature et les conditions de d&eacute;roulement de l'&eacute;v&eacute;nement, dont elles peuvent demander l'arr&ecirc;t &agrave; tout moment</i>".</span></p><p><span>Un pourvoi en cassation est d&eacute;pos&eacute; devant le Conseil d'&Eacute;tat et trois associations f&eacute;ministes interviennent au soutien de la fermeture, comme la Ville de Paris. En m&ecirc;me temps, le pr&eacute;fet signale au procureur des faits pr&eacute;sum&eacute;s de viol et d'abus de faiblesse commis sur une femme dans l'&eacute;tablissement. Finalement, le Conseil d'&Eacute;tat accueille le pourvoi et &eacute;carte la demande de suspension. <i>La Factor</i>y est donc ferm&eacute;e. Et la d&eacute;cision repose exclusivement sur le principe de dignit&eacute; de la personne.</span></p><p><br></p><h3><span>La dignit&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La notion de dignit&eacute; n'est pas apparue tout de suite une norme juridique mais a plut&ocirc;t constitu&eacute; le fondement de normes juridiques.</span></p><p><span>On la trouve d'abord en droit international dans le Pr&eacute;ambule de la Charte des Nations Unis : "<i>Nous, peuples des Nations Unies, r&eacute;solus (...) &agrave; proclamer &agrave; nouveau notre fois dans les droits fondamentaux de l'homme, et dans la valeur de la dignit&eacute; de la personne humaine"</i>. Elle figure &eacute;galement dans la D&eacute;claration universelle des droits de l'homme, les Pactes de 1966, la Convention contre la torture de 1984 et dans de multiples trait&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>En droit interne, le Conseil constitutionnel se r&eacute;f&egrave;re pour la premi&egrave;re au principe de dignit&eacute;&nbsp;</span><span><span>dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1994/94343_344DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision sur la loi de bio&eacute;thique du 29 juillet 1994. </a>Celle-ci introduit&nbsp;</span><span>dans le code civil un article 16 qui &eacute;nonce&nbsp;: &laquo;</span><span><span>&nbsp;</span><i>La loi assure la primaut&eacute; de la personne, interdit toute atteinte &agrave; la dignit&eacute; de celle-ci et garantit le respect de l&rsquo;&ecirc;tre humain d&egrave;s le commencement de la vie</i><span>&nbsp;&raquo;.</span></span><span>&nbsp;Le Conseil constitutionnel valide ce texte, sans trop s'appesantir sur le principe de dignit&eacute;, mais c'est le Conseil d'&Eacute;tat qui va lui donner un contenu r&eacute;el.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjFpi5qD7hjThfcQ2BFqRlrj0ML2T-S_C8d8NIkgVIVK0-ACanTUASGzjiP_ZxV8jPHnsIde8XvfIne-X1VaeCU7luxVto8j3KyC72gHLal53YY1xu788kZwVSNhFU90dpoJ5-T5cSNi1rX_SRe23BR38vUuf7ip8nHMNAk8HVC5NxWFiOHUv__IlA033k/s1770/S.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjFpi5qD7hjThfcQ2BFqRlrj0ML2T-S_C8d8NIkgVIVK0-ACanTUASGzjiP_ZxV8jPHnsIde8XvfIne-X1VaeCU7luxVto8j3KyC72gHLal53YY1xu788kZwVSNhFU90dpoJ5-T5cSNi1rX_SRe23BR38vUuf7ip8nHMNAk8HVC5NxWFiOHUv__IlA033k/w473-h545/S.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><div><span>Voutch. 2020</span></div><span><br></span></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Du lancer de nain au Gang Bang</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision trouve son origine dans la tr&egrave;s c&eacute;l&egrave;bre jurisprudence <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007877723?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Ville de Morsang-sur-Orge</i> du 27 octobre 1995</a>, par laquelle le Conseil d'&Eacute;tat fait du principe de dignit&eacute; une composante autonome de l'ordre public. Le juge avait alors admis qu'un maire puisse interdire un spectacle de "lancer de nain", alors m&ecirc;me qu'aucun trouble mat&eacute;riel &agrave; l'ordre public n'&eacute;tait av&eacute;r&eacute;, et que la personne concern&eacute;e avait consenti au spectacle, et &eacute;tait d'ailleurs r&eacute;mun&eacute;r&eacute;e pour y participer. Des atteintes &agrave; la dignit&eacute; peuvent donc &ecirc;tre interdites, nonobstant le consentement des int&eacute;ress&eacute;s. Tel est le cas dans l'affaire de <i>La Factory,</i>&nbsp;car il n'est pas contest&eacute; que les femmes concern&eacute;es sont venues participer &agrave; ces soir&eacute;es de leur plein gr&eacute;, du moins en principe.</span></p><p><span><span>La d&eacute;cision <i>Soci&eacute;t&eacute; Z Machine</i> &eacute;tend tout de m&ecirc;me sensiblement la jurisprudence <i>Morsang-sur-Orge</i>, car la vuln&eacute;rabilit&eacute; physique ne suffit plus &agrave; caract&eacute;riser l'atteinte &agrave; la dignit&eacute;. Dans le cas pr&eacute;sent, le Conseil d'&Eacute;tat &eacute;carte cet &eacute;l&eacute;ment en traitant la question du consentement. Il consid&egrave;re que certaines pratiques de violences sexuelles et d'humiliations d&eacute;passent ce que le consentement individuel peut l&eacute;gitimer. L'arr&ecirc;t mentionne que "<i>les hommes &eacute;taient explicitement invit&eacute;s &agrave; se montrer injurieux et virulents &agrave; l'encontre des femmes, ainsi r&eacute;duites &agrave; un r&ocirc;le exclusif d'objet sexuel</i>".&nbsp;</span><span>Le principe de dignit&eacute; est ainsi pr&eacute;sent&eacute; comme un principe objectif, prot&eacute;geant l'humanit&eacute; de la personne, ind&eacute;pendamment de sa volont&eacute;.</span></span></p><p><span>A cela s'ajoute, mais les deux &eacute;l&eacute;ments sont &eacute;troitement li&eacute;s, que les risques d'infraction p&eacute;nale sont tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s. Le Conseil d'&Eacute;tat rel&egrave;ve que l'organisation concr&egrave;te des soir&eacute;es ne permettait pas de garantir un consentement maintenu. Or, le droit p&eacute;nal actuel, en mati&egrave;re de viol notamment, repose pr&eacute;cis&eacute;ment sur l'exigence d'un consentement libre, &eacute;clair&eacute; et r&eacute;vocable &agrave; tout moment. Par cons&eacute;quent, les femmes qui participaient &agrave; ces soir&eacute;es, qui ignoraient souvent &agrave; quoi elles avaient consenti, &eacute;taient soumises "<i>&agrave; des risques graves d'atteintes &agrave; leur int&eacute;grit&eacute; physique et morale et d'agression sexuelle</i>". Ce risque p&eacute;nal a certainement beaucoup compt&eacute; dans la d&eacute;cision, surtout si l'on se souvient que des faits de ce type avaient d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; signal&eacute;s &agrave; la justice.</span></p><p><span>Il reste tout de m&ecirc;me &agrave; se demander pourquoi le Conseil d'Etat n'invoque pas l'article 3 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme qui prohibe les traitements inhumains ou d&eacute;gradants.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'hypoth&egrave;se du traitement inhumain ou d&eacute;gradant</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'article 3 est surtout utilis&eacute; par les juges pour sanctionner une carence de l'&Eacute;tat, lorsqu'il n'a pas su prot&eacute;ger une personne plac&eacute;e sous sa garde contre des actes imputables aux services publics, voire contre des violences priv&eacute;es. Dans le premier cas, on trouve notamment les personnes incarc&eacute;r&eacute;es, et la Cour de cassation n'a pas h&eacute;sit&eacute;,&nbsp;<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2020/07/conditions-de-detention-la-cour-de.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le 8 juillet 2020</a>, &agrave; valider une d&eacute;cision des juges du fond qui avaient ordonn&eacute; la mise en libert&eacute; d'une personne en d&eacute;tention provisoire, au motif que ses conditions de d&eacute;tention &eacute;taient indignes. Dans le second cas se trouve la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000008289040/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">jurisprudence tr&egrave;s constructive du juge administratif</a> qui consid&egrave;re l'excision comme un traitement inhumain et d&eacute;gradant susceptible de justifier l'annulation d'une d&eacute;cision d'&eacute;loignement vers la Guin&eacute;e d'une femme accompagn&eacute;e de deux fillettes. Il est vrai que cette annulation concerne aujourd'hui le choix du pays de renvoi et non plus l'&eacute;loignement stricto sensu.</span></p><p><span>Dans l'affaire <i>La Factory</i>, il est &eacute;vident qu'aucune n&eacute;gligence n'&eacute;tait imputable &agrave; l'&Eacute;tat. Au contraire, la fermeture administrative apparait comme l'instrument de protection des femmes victimes de traitements portant atteinte, non pas seulement &agrave; leur dignit&eacute;, mais encore au principe de dignit&eacute; consid&eacute;r&eacute; comme un &eacute;l&eacute;ment de l'ordre public immat&eacute;riel.</span></p><p><span>L'apport essentiel de la d&eacute;cision r&eacute;side peut-&ecirc;tre dans l'analyse du consentement et de son caract&egrave;re r&eacute;el et &eacute;clair&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>On se souvient que, le 4 septembre 2025 dans un arr&ecirc;t <i>E. A et association europ&eacute;enne contre les violences faites aux femmes</i>, la CEDH a sanctionn&eacute; les juges fran&ccedil;ais qui avaient consid&eacute;r&eacute; que le consentement &eacute;tait effectif, dans le cas d'une pr&eacute;paratrice en pharmacie qui avait sign&eacute; un "<i>contrat ma&icirc;tre-chien</i>" avec son chef de service. Celui-ci lui avait ensuite fait subir des pratiques sadomasochistes et des harc&egrave;lements de toutes natures, conduisant finalement l'int&eacute;ress&eacute;e &agrave; une hospitalisation psychiatrique . Or, l'argument des juges &eacute;tait pr&eacute;cis&eacute;ment que cette femme avait manifest&eacute; son consentement en signant un tel contrat.&nbsp;</span></p><p><span>Le consentement peut ainsi &ecirc;tre une pure fiction, masquant une relation de puissance sur quelqu'un qui n'est pas en mesure de s'y soustraire. C'&eacute;tait sans doute le cas des femmes de <i>La Factory</i>, et le Conseil d'&Eacute;tat exige ainsi des juges du fond l'examen de la r&eacute;alit&eacute; du consentement. Au moment o&ugrave;, pr&eacute;cis&eacute;ment, il constitue d&eacute;sormais un &eacute;l&eacute;ment de d&eacute;finition du viol, il &eacute;tait utile de le pr&eacute;ciser.</span></p><p><br></p><h3><span><b>Le principe de dignit&eacute;</b><span>: </span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier, </a><span>chapitre&nbsp; 7 introduction</span></span></h3><p><span></span></p><p><span><br></span></p><p></p><p><span></span></p><p><br></p><p><br></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-29T17:10:13+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les mineurs de moins de 15 ans interdits de réseaux sociaux</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La proposition de loi visant &agrave; prot&eacute;ger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation de...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGICdifZkNmtSJQ33mpR1uKVK0B9A7eFE4o8oihX6b1ODKNADstoxjqOtj6svWVLUkZclWnnU7se_45lkGCJnRSSUhR5isUHRycqA3MBKauajvxGS4UHpcJ7I3kUbrZEtFokdd1yImDqJU_0DQ9WZFd6tsECID8opG_w556Spani0Xa-jlHiE6FR21Ot0/s200/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGICdifZkNmtSJQ33mpR1uKVK0B9A7eFE4o8oihX6b1ODKNADstoxjqOtj6svWVLUkZclWnnU7se_45lkGCJnRSSUhR5isUHRycqA3MBKauajvxGS4UHpcJ7I3kUbrZEtFokdd1yImDqJU_0DQ9WZFd6tsECID8opG_w556Spani0Xa-jlHiE6FR21Ot0/w172-h188/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2107_proposition-loi" target="_blank" rel="noopener noreferrer">proposition de loi <i>visant &agrave; prot&eacute;ger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des r&eacute;seaux sociaux </i></a>a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e en seconde lecture le 21 juillet 2026, apr&egrave;s un accord trouv&eacute; en commission mixte paritaire. Ce texte initi&eacute; par <i>Laure Miller</i>, du groupe <i>Ensemble pour la R&eacute;publique</i> n'est toutefois pas encore promulgu&eacute;, car il a &eacute;t&eacute; d&eacute;f&eacute;r&eacute; au Conseil constitutionnel par deux groupes de d&eacute;put&eacute;s, <i>LFI</i>, et <i>socialistes</i>.</div></span><p></p><p><span>Nul ne conteste la n&eacute;cessit&eacute; de prot&eacute;ger les mineurs. Les r&eacute;seaux sociaux sont accus&eacute;s en effet de favoriser le harc&egrave;lement scolaire, de diffuser des contenus violents ou pornographiques, voire d'encourager des pratiques addictives et d'alt&eacute;rer la sant&eacute; mentale des plus jeunes utilisateurs. Les &eacute;tudes se multiplient sur ces questions et traduisent une inqui&eacute;tude r&eacute;elle. Le l&eacute;gislateur a donc choisi une solution simple, l'interdiction pure et simple.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Interdire le t&eacute;l&eacute;phone au lyc&eacute;e</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Observons d'abord que la proposition &eacute;largit l'interdiction d'utiliser les t&eacute;l&eacute;phones portables durant le temps scolaire. Elle modifie l'article <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037286581" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L511-5 du code de l'&eacute;ducation</a> pour &eacute;tendre aux lyc&eacute;ens la "<i>pause num&eacute;rique</i>", d&eacute;j&agrave; exig&eacute;e des &eacute;l&egrave;ves de l'enseignement primaire et du coll&egrave;ge, La seule d&eacute;rogation possible sera en faveur des &eacute;l&egrave;ves de l'enseignement sup&eacute;rieur accueillis au lyc&eacute;e, BTS et classes pr&eacute;paratoires. Cette pause num&eacute;rique est loin d'&ecirc;tre inutile. On ne voit cependant pas comment elle peut mettre les mineurs &agrave; l'abri des risques attach&eacute;s &agrave; l'utilisation des r&eacute;seaux sociaux. Rien n'interdit aux lyc&eacute;ens d'y passer leur soir&eacute;e, apr&egrave;s les cours.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj_s9ji1tOOOzijfricZBb8MLGXMikF9TOR7xj0mguNF0MaHOepwvteIvNgO3SYv7LNJ0Ym41Wy_Xl82_6tRs9GfHGUyq-4y04kHEgJW4zjE07kFZeKrB_OCd0ydmX9VhL270TxnOKckpt7HsMZF0ShqcyPZ074VI6JhnTf-iwPAUDPhtgvwCSTBh1VKxY/s1922/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-26%20a%CC%80%2018.31.47.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj_s9ji1tOOOzijfricZBb8MLGXMikF9TOR7xj0mguNF0MaHOepwvteIvNgO3SYv7LNJ0Ym41Wy_Xl82_6tRs9GfHGUyq-4y04kHEgJW4zjE07kFZeKrB_OCd0ydmX9VhL270TxnOKckpt7HsMZF0ShqcyPZ074VI6JhnTf-iwPAUDPhtgvwCSTBh1VKxY/w494-h560/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-26%20a%CC%80%2018.31.47.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Thomas Bauzou</span></div><p></p><p><span>&nbsp;Tintin M&ecirc;mes et Parodies, janvier 2026</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le choix d'imposer une obligation de r&eacute;sultat aux plateformes</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La disposition la plus importante et la plus m&eacute;diatis&eacute;e de la proposition de loi r&eacute;side toutefois dans l'interdiction de l'acc&egrave;s aux r&eacute;seaux sociaux des mineurs de moins de quinze ans. La norme a le m&eacute;rite d'&ecirc;tre claire. Les plateformes proposant un r&eacute;seau social ne pourront plus autoriser ces enfants &agrave; ouvrir un compte. Par voie de cons&eacute;quence, elles devront mettre en oeuvre un m&eacute;canisme fiable de v&eacute;rification de l'&acirc;ge des utilisateurs.</span></p><p><span>Observons d'embl&eacute;e que l'on aurait pu envisager une autre voie, consistant &agrave; responsabiliser les familles. Elles disposent aujourd'hui en effet de moyens techniques leur permettant de suivre l'activit&eacute; de leurs enfants sur les r&eacute;seaux sociaux. Mais on a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; faire peser sur les plateformes une obligation de r&eacute;sultat. Il leur appartient d'emp&ecirc;cher les enfants de moins de 15 ans d'acc&eacute;der &agrave; leurs services.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les pr&eacute;c&eacute;dents europ&eacute;ens</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Cette d&eacute;marche s'inscrit dans un courant d&eacute;j&agrave; engag&eacute; par le droit de l'Union europ&eacute;enne.&nbsp;Le </span><i><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32022R2065" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Digital Services Act</a></i><span> du 19 octobre 2022 impose d&eacute;j&agrave; aux tr&egrave;s grandes plateformes des obligations particuli&egrave;res pour prot&eacute;ger les mineurs. Mais il cherche davantage &agrave; adapter les plateformes aux mineurs qu'&agrave; &eacute;carter les mineurs des plateformes. Aucun contr&ocirc;le d'identit&eacute; n'est impos&eacute;, mais des mesures doivent &ecirc;tre prises pour assurer un niveau &eacute;lev&eacute; de protection de leur vie priv&eacute;e et de leur s&eacute;curit&eacute;. En d'autres termes, la plateforme doit cibler les mineurs et adapter les contenus, notamment en emp&ecirc;chant leur profilage &agrave; des fins publicitaires.</span></p><p><span>De son cot&eacute;, le <i><a href="https://www.cnil.fr/fr/reglement-europeen-protection-donnees" target="_blank" rel="noopener noreferrer">R&egrave;glement g&eacute;n&eacute;ral de protection des donn&eacute;es </a></i>(RGPD) fixe &agrave; 15 ans l'&acirc;ge &agrave; partir duquel un mineur peut consentir au traitement de ses donn&eacute;es personnelles. L'actuelle proposition franchit, sur ce point, une &eacute;tape suppl&eacute;mentaire. Elle ne veut pas seulement encadrer le traitement des donn&eacute;es, mais impose une condition d'&acirc;ge pour l'acc&egrave;s au service.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La constitutionnalit&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Il est &eacute;videmment tr&egrave;s d&eacute;licat d'anticiper une d&eacute;cision du Conseil constitutionnel, mais la proposition de loi n'est pas d&eacute;pourvue d'arguments en faveur de sa constitutionnalit&eacute;.</span></p><p><span>Certes, le Conseil n'a jamais formellement consacr&eacute; la protection de l'enfance comme un principe ou un objectif de valeur constitutionnelle. En revanche, dans sa<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2011/2011625DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> d&eacute;cision du 10 mars 2011, sur la Loppsi 2</a>, il juge que le l&eacute;gislateur peut imposer un dispositif permettant &agrave; l'administration de bloquer des sites diffusants des images p&eacute;dopornographiques. Une telle ing&eacute;rence dans la libert&eacute; de communication est proportionn&eacute;e lorsqu'il s'agit de prot&eacute;ger les mineurs.</span></p><p><span>On sait que, depuis la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2009/2009580DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Hadopi </i>du 10 juin 2009,</a> la libert&eacute; de communication garantie par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527437?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 11 de la D&eacute;claration de 1789</a> impose l'acc&egrave;s aux services de communication en ligne. Mais en l'esp&egrave;ce, la communication en ligne ne concerne que les r&eacute;seaux sociaux, et l'interdiction ne concerne que les mineurs de moins de quinze ans. Or, depuis bien longtemps, la jurisprudence consid&egrave;re qu'il n'y a pas atteinte &agrave; l'&eacute;galit&eacute; lorsque des personnes en situation diff&eacute;rente sont trait&eacute;es de mani&egrave;re diff&eacute;renci&eacute;e. Il est &eacute;vident que les mineurs de moins de quinze ans constituent une cat&eacute;gorie de population justifiant une protection sp&eacute;cifique.</span></p><p><span>On ne saurait pourtant limiter le d&eacute;bat constitutionnel &agrave; ces &eacute;l&eacute;ments. Il pourrait en effet se d&eacute;placer vers la question de la mise en oeuvre de la loi, sujet qui n'est pas s&eacute;rieusement &eacute;voqu&eacute; par le l&eacute;gislateur, comme s'il n'y avait tout simplement pas pens&eacute;.</span></p><p><span>Comment une plateforme peut-elle s'assurer qu'un utilisateur a&nbsp;quatorze ou seize ans? &nbsp;Jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, une simple d&eacute;claration suffisait, mais la loi exige d&eacute;sormais un contr&ocirc;le plus fiable.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les difficult&eacute;s d'application</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sur ce point, aucune des solutions possibles n'est satisfaisante. On peut envisager de demander &agrave; un prestataire tiers de certifier l'&acirc;ge de l'internaute, mais qui serait ce tiers et quelle serait la fiabilit&eacute; de la certification ? On peut aussi imaginer que l'intelligence artificielle retrouve l'&acirc;ge de l'utilisateur en &eacute;tablissant son profil, mais la m&eacute;thode ne garantit par l'obligation de r&eacute;sultat.</span></p><p><span>Demander une pi&egrave;ce d'identit&eacute; se heurte &agrave; une &eacute;norme difficult&eacute; li&eacute;e &agrave; la protection des donn&eacute;es personnelles.&nbsp;Pour emp&ecirc;cher quelques millions de mineurs de moins de quinze ans d'acc&eacute;der aux r&eacute;seaux sociaux, faudra-t-il que des dizaines de millions d'utilisateurs transmettent une copie de leur carte d'identit&eacute; ? Le rem&egrave;de serait alors plus grave que le mal. Les plateformes se verraient confier des donn&eacute;es personnelles pr&eacute;sentant un fort risque d'utilisation commerciale ou de piratage. Le l&eacute;gislateur fran&ccedil;ais offrirait &agrave; <i>Elon Musk</i> ce dont il a toujours r&ecirc;v&eacute;, des donn&eacute;es identifiantes gratuites et exploitables. La question de constitutionnalit&eacute; de d&eacute;place ainsi vers le contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;. Une v&eacute;rification syst&eacute;matique de l'identit&eacute; de tous les utilisateurs fran&ccedil;ais des r&eacute;seaux pourrait apparaitre comme disproportionn&eacute;e au regard de l'objectif poursuivi.</span></p><p><span>Une autre difficult&eacute; de taille r&eacute;side dans le caract&egrave;re mondial des r&eacute;seaux sociaux. Les principales plateformes, g&eacute;n&eacute;ralement &eacute;tablies hors de France, accepteront-elles de d&eacute;velopper un syst&egrave;me sp&eacute;cifique de contr&ocirc;le pour les seuls utilisateurs fran&ccedil;ais ? On imagine mal Tik-Tok acceptant de bonne gr&acirc;ce de se plier &agrave; ces exigences. Il est probable qu'elles utiliseront tous les moyens contentieux pour se soustraire &agrave; ces obligations. Si finalement, elles y sont contraintes, elles rechercheront des solutions techniques minimales.</span></p><p><span>Surtout, la derni&egrave;re difficult&eacute; se trouve dans une sorte de na&iuml;vet&eacute; de l&eacute;gislateur. &nbsp;Pense-t-il s&eacute;rieusement qu'un jeune de moins de quinze ans ne sait pas utiliser un VPN, technique simple qui permet de contourner la l&eacute;gislation fran&ccedil;aise en faisant tourner son adresse IP entre diff&eacute;rents pays. De m&ecirc;me, un adolescent saura sans doute cr&eacute;er un compte avec une fausse date de naissance, voire utiliser celle de son grand fr&egrave;re ou d'un parent. En tout &eacute;tat de cause, ce qui est transgressif est attirant quand on a moins de quinze ans.</span></p><p><span>Finalement, il n'existe aucune solution fiable.&nbsp;Plus les contr&ocirc;les seront rigoureux, plus ils imposeront une collecte importante de donn&eacute;es personnelles. Plus ils seront l&eacute;gers, plus ils seront faciles &agrave; contourner.&nbsp;</span></p><p><span>Telle qu'elle a &eacute;t&eacute; vot&eacute;e, la loi ressemble &agrave; un village Potemkine. On voit une belle construction, pleine de bons sentiments, mais aucun &eacute;l&eacute;ment ne permet de la faire tenir debout. Le succ&egrave;s de la r&eacute;forme ne d&eacute;pend pas de la proclamation de l'interdiction, mais bien davantage de sa mise en oeuvre concr&egrave;te. Si celle-ci n'est pas organis&eacute;e, la loi demeurera un texte de plus destin&eacute; &agrave; satisfaire un &eacute;lectorat qui pr&eacute;f&egrave;re confier &agrave; la loi l'&eacute;ducation de ses enfants.</span></p><p><span>Reste &eacute;videmment, mais c'est un autre sujet, &agrave; s'interroger sur l'&eacute;volution actuelle du droit du num&eacute;rique. Apr&egrave;s avoir longtemps consid&eacute;r&eacute; les plateformes comme de simples interm&eacute;diaires techniques, le l&eacute;gislateur entend leur imposer des missions qui sont pratiquement des missions de police : v&eacute;rifier l'&acirc;ge, d&eacute;tecter les contenus illicites, supprimer des publications ou suspendre des comptes. S'agit-il de d&eacute;l&eacute;guer des fonctions r&eacute;galiennes &agrave; X, Instagram ou Tik Tok ? La question m&eacute;riterait un d&eacute;bat.&nbsp;</span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-29T16:47:28+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les Invités de LLC - Serge Sur - Les États-Unis, pas une démocratie politique, une république fédérale</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Serge SurProfesseur &eacute;m&eacute;rite de l'Universit&eacute; Panth&eacute;on-AssasMembre de l'Institut(Acad&eacute;mie des sciences...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<div align="center"><span><br></span></div><div align="center"><span>Serge Sur</span></div><h3><br></h3><p><span face="Calibri, sans-serif"></span></p><h3><span>Professeur &eacute;m&eacute;rite de l'Universit&eacute; Panth&eacute;on-Assas</span></h3><h3><span><b>Membre de l'Institut</b></span></h3><h3><span><b>(Acad&eacute;mie des sciences morales et politiques)</b></span></h3><div><span><b><br></b></span></div><div><span><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2HXrPICzz8Jld0c8yEX0_uzUF-OqyDaDXOosT8MnCHs78olXH3_3kY-cAE2_1EsWCODGqrlmxxgoBQBD_jkCyVebptanRjHrW2kyRhp2y8r5kvYWQ22Kl7QsSxRVHYfpuPwVHaigPwC2Mko04GJxsUoBdqNuKxRiIuTMSht0P2yvlcAP9vGu6q885CzE/s1378/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2018.17.32.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2HXrPICzz8Jld0c8yEX0_uzUF-OqyDaDXOosT8MnCHs78olXH3_3kY-cAE2_1EsWCODGqrlmxxgoBQBD_jkCyVebptanRjHrW2kyRhp2y8r5kvYWQ22Kl7QsSxRVHYfpuPwVHaigPwC2Mko04GJxsUoBdqNuKxRiIuTMSht0P2yvlcAP9vGu6q885CzE/w535-h366/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2018.17.32.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><b><br></b></span></div><p><span face="Calibri, sans-serif"><br></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><br></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><br></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">Les Etats-Unis se pr&eacute;sentent volontiers comme le parangon de la d&eacute;mocratie. Leurs pratiques sont bien &eacute;loign&eacute;es de ce mod&egrave;le. On peut soutenir qu&rsquo;ils ne sont pas une d&eacute;mocratie politique, mais une r&eacute;publique f&eacute;d&eacute;rale. Ainsi, le pr&eacute;sident n&rsquo;est pas &eacute;lu au suffrage universel direct et peut recueillir moins de voix que son adversaire. Le S&eacute;nat, chambre principale, est tout sauf d&eacute;mocratique&nbsp;: 2 s&eacute;nateurs par Etat f&eacute;d&eacute;r&eacute;, malgr&eacute; d&rsquo;&eacute;normes diff&eacute;rences de population&hellip; M&ecirc;me l&rsquo;Union europ&eacute;enne fait mieux&nbsp;! La Cour supr&ecirc;me ma&icirc;trise la constitution, de fa&ccedil;on sans doute excessive.&nbsp;<p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">Le v&eacute;ritable souverain aux Etats-Unis n&rsquo;est pas le peuple &ndash; qui n&rsquo;existe pas juridiquement, puisqu&rsquo;il n&rsquo;est que la juxtaposition des peuples des Etats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s &ndash; mais la Constitution. Sans elle, pas d&rsquo;Etats-Unis. Une grande diff&eacute;rence avec un pays comme la France&nbsp;: les constitutions n&rsquo;y sont que des ampoules, une logique d&rsquo;&eacute;clairagiste, la lampe est l&rsquo;Etat, seul permanent, et de temps en temps on change l&rsquo;ampoule. Aux Etats-Unis, la constitution est l&rsquo;architecte, en France c&rsquo;est l&rsquo;Etat, qui en toute hypoth&egrave;se survit.&nbsp;<p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">Les P&egrave;res fondateurs refusaient au demeurant la d&eacute;mocratie au nom de la libert&eacute; individuelle, par m&eacute;fiance &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des emballements populaires. A partir de l&agrave;, on peut d&eacute;cliner quelques questions, autour de trois points&nbsp;: le suffrage&nbsp;; le gouvernement&nbsp;; la soci&eacute;t&eacute; civile.&nbsp;<p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span><!--[if !supportLists]--><span face='"Calibri",sans-serif'><span>1.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span><!--[endif]--><b><i><span face="Calibri, sans-serif">Le suffrage</span></i></b><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;: Les d&eacute;coupages &eacute;lectoraux sont souvent biais&eacute;s pour les &eacute;lections &agrave; la chambre des repr&eacute;sentants. Les r&egrave;gles d&rsquo;inscription sur les listes &eacute;lectorales sont propres &agrave; chaque Etat, et parfois discriminatoires. Les modalit&eacute;s du vote, notamment pour la d&eacute;signation des d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle, sont &eacute;galement diff&eacute;rentes suivant les Etats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s. Ceux-ci disposent d&rsquo;un grand pouvoir sur eux-m&ecirc;mes. Electoralement, il n&rsquo;existe pas de peuple am&eacute;ricain, contrairement &agrave; l&rsquo;affirmation rh&eacute;torique de la Constitution &ndash; &laquo;&nbsp;We, the People&hellip;&nbsp;&raquo;<p></p></span></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span><!--[if !supportLists]--><span face='"Calibri",sans-serif'><span>2.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span><!--[endif]--><b><i><span face="Calibri, sans-serif">Le gouvernement</span></i></b><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;: non &eacute;lu au suffrage universel direct,&nbsp;<i>le Pr&eacute;sident</i>&nbsp;a eu tendance &agrave; accaparer de plus en plus de pouvoirs f&eacute;d&eacute;raux, utilisant notamment sa qualit&eacute; de &laquo;&nbsp;Commander in chief&nbsp;&raquo; - ce qui est tr&egrave;s diff&eacute;rent de &laquo;&nbsp;chef des arm&eacute;es&nbsp;&raquo; en France. Au nom de la s&eacute;curit&eacute; nationale, ou du droit de n&rsquo;appliquer les lois qu&rsquo;en fonction de l&rsquo;interpr&eacute;tation retenue par la pr&eacute;sidence, la tendance r&eacute;cente a &eacute;t&eacute; de d&eacute;velopper une pr&eacute;sidence imp&eacute;riale, que le pr&eacute;sident Trump pousse jusqu&rsquo;&agrave; la caricature, mais qui est plus ancienne.<p></p></span></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span><i><span face="Calibri, sans-serif">Le Congr&egrave;s</span></i><span face="Calibri, sans-serif">, on l&rsquo;a dit, est domin&eacute; par le S&eacute;nat, dont la repr&eacute;sentation populaire est tr&egrave;s d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;e. En outre, et cela vaut pour toutes les &eacute;lections, l&rsquo;absence de plafond pour les d&eacute;penses &eacute;lectorales et pour les financements individuels ou priv&eacute;s donne une place pr&eacute;pond&eacute;rante aux lobbies &eacute;conomiques qui financent les campagnes &eacute;lectorales. Les in&eacute;galit&eacute;s entre candidats sont criantes. A cet &eacute;gard les Etats-Unis sont une ploutocratie.<p></p></span></span></p><p><i><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></i></p><p><span><i><span face="Calibri, sans-serif">La Cour supr&ecirc;me</span></i><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;dispose d&rsquo;un pouvoir illimit&eacute; sur le contr&ocirc;le constitutionnel et appara&icirc;t comme un coll&egrave;ge d&rsquo;ayatollahs, ma&icirc;trisant et modifiant &agrave; son gr&eacute; l&rsquo;id&eacute;ologie juridique. Sa composition est en outre &eacute;minemment politique, quelle que soit la comp&eacute;tence professionnelle de ses membres.&nbsp;<p></p></span></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">C&rsquo;est l&agrave; un probl&egrave;me plus g&eacute;n&eacute;ral des d&eacute;mocraties occidentales, pour lesquelles la Cour supr&ecirc;me est un peu un mod&egrave;le cach&eacute;&nbsp;: au nom de l&rsquo;&laquo;&nbsp;Etat de droit&nbsp;&raquo;, on ligote et on oriente la d&eacute;mocratie. Le gouvernement d&eacute;mocratique est plut&ocirc;t l&rsquo;Etat l&eacute;gal, dans lequel le dernier mot revient au l&eacute;gislateur, et non l&rsquo;Etat de droit qui, qu&rsquo;on le veuille ou nom, donne le pouvoir &agrave; des juges irresponsables.<p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span><!--[if !supportLists]--><span face='"Calibri",sans-serif'><span>3.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span><!--[endif]--><b><i><span face="Calibri, sans-serif">La soci&eacute;t&eacute; civile&nbsp;:</span></i></b><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;Elle reste marqu&eacute;e par l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; ethnique et culturelles des populations, le communautarisme et les discriminations&nbsp;; les in&eacute;galit&eacute;s sociales, entre riches et pauvres, sont consid&eacute;rables&nbsp;; le syst&egrave;me de protection sociale est d&eacute;ficient&nbsp;; la fiscalit&eacute; n&rsquo;a pas d&rsquo;influence correctrice sur les in&eacute;galit&eacute;s&nbsp;; la violence politique est r&eacute;currente, l&rsquo;ombre de la guerre civile plane toujours, comme l&rsquo;illustre le cin&eacute;ma am&eacute;ricain.&nbsp;<p></p></span></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">A un moindre degr&eacute;, une autre hantise est celle du coup d&rsquo;Etat militaire, pseudo-rem&egrave;de patriotique au d&eacute;sordre et &agrave; l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;, nationale ou internationale, mais qui n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; une menace en r&eacute;alit&eacute;. M&ecirc;me lors de la crise de Cuba (1962), le pr&eacute;sident Kennedy n&rsquo;a pas c&eacute;d&eacute; aux injonctions des militaires qui voulaient intervenir et le consid&eacute;raient comme un amateur et un&nbsp;<i>tender foot</i>.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span><p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif">Sur ces diff&eacute;rents points, peut-on envisager une &eacute;volution plus d&eacute;mocratique des institutions et de la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine&nbsp;? Les Etats-Unis apparaissent comme un empire &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;eux-m&ecirc;mes, et comme une puissance h&eacute;g&eacute;monique &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, une domination &agrave; leur profit. Est-ce une donn&eacute;e structurelle, y a-t-il aux Etats-Unis des forces qui peuvent r&eacute;duire ces alt&eacute;rations de la d&eacute;mocratie, comme cela a &eacute;t&eacute; historiquement le cas &agrave; partir d&rsquo;une constitution et d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; patriciennes, ou l&rsquo;involution actuelle est-elle condamn&eacute;e &agrave; durer&nbsp;?<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span><p></p></span></p><p><span face="Calibri, sans-serif"><p>&nbsp;</p></span></p><p></p><p><b><i><span face="Calibri, sans-serif">&nbsp;</span></i></b></p>]]></content>
	<updated>2026-07-22T15:48:49+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2026-07-20:/293984</id>
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	<title type="html">Les Invités de LLC - Condorcet - Ce que les citoyens ont le droit d&#039;attendre de leurs représentants</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui </span></span><span>ceux qui ont construit son socle&nbsp; philosophique et litt&eacute;raire. Le choix </span></span><span>des textes ou citations est purement subjectif, d&eacute;tach&eacute; de toute approche chronologique et destin&eacute; &agrave; susciter la r&eacute;flexion ou simplement le plaisir de la lecture.</span></p><p><span><span><br></span><span>Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.<br></span><span>&nbsp;<br></span></span></p><p></p><p></p><p></p><div><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs le texte de Condorcet : "Ce que les citoyens ont droit d'attendre de leurs repr&eacute;sentants". Dat&eacute;e du 10 avril 1793, cette brochure se pr&eacute;sente comme une v&eacute;ritable d&eacute;finition du mandat repr&eacute;sentatif.</span></div><div><br></div><div><h2><span><span>Condorcet&nbsp;</span></span></h2><div><span><b>Ce que les citoyens ont droit d'attendre&nbsp;</b></span></div><div><span><b>de leurs repr&eacute;sentants</b></span></div><div><br></div><h3><br></h3><h3><span>1793</span></h3><div><span><br></span></div></div><br><br><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2xMC7flmSVuKi81f-aEWn9TRV2k4vfeJVIEAKxide4xrDFqQE-IPUZ2ZmeD2JVnX-g5GdndHJVgwpPsVreNFnacL8BGLMmNAcJc6TLH6GjSeS1GyZdIvwzNaJ3DpLCFEqfyEs4nuImgYpNsXQamdsdOxbDRZPMyk17xqt9pZuM1LArxJfS23IRNa87tQ/s1596/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2016.59.17.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2xMC7flmSVuKi81f-aEWn9TRV2k4vfeJVIEAKxide4xrDFqQE-IPUZ2ZmeD2JVnX-g5GdndHJVgwpPsVreNFnacL8BGLMmNAcJc6TLH6GjSeS1GyZdIvwzNaJ3DpLCFEqfyEs4nuImgYpNsXQamdsdOxbDRZPMyk17xqt9pZuM1LArxJfS23IRNa87tQ/w325-h510/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-10%20a%CC%80%2016.59.17.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><br></div><p><span><br></span></p><p></p><div><span>(...)</span></div><span><div><br></div><div>III. Quelques hommes voudraient que la Convention, uniquement occup&eacute;e de ce qu&rsquo;exige la d&eacute;fense de l&rsquo;&Eacute;tat, renvoy&acirc;t &agrave; un temps plus paisible ces travaux n&eacute;cessaires, pour que les lois civiles, criminelles, administratives, pour que les &eacute;tablissements de secours ou d&rsquo;instruction, concourussent &agrave; l&rsquo;affermissement de nos principes politiques, la libert&eacute;, l&rsquo;&eacute;galit&eacute;, l&rsquo;unit&eacute; de la R&eacute;publique. Ce serait une grande erreur : c&rsquo;est par des lois sages que la Convention peut seulement obtenir la confiance dont elle a besoin, pour le succ&egrave;s de ses mesures militaires ou politiques. En montrant des lumi&egrave;res et du z&egrave;le pour le bien public dans ces travaux l&eacute;gislatifs, que les citoyens appr&eacute;cient sans passion, elle m&eacute;ritera de voir la m&ecirc;me estime la suivre et la soutenir dans ces r&eacute;solutions rigoureuses que la n&eacute;cessit&eacute; peut exiger d&rsquo;elle.</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div>IV. Les repr&eacute;sentants d&rsquo;une nation libre doivent se conformer &agrave; son esprit g&eacute;n&eacute;ral ; mais ils doivent aussi conserver la force de le maintenir, de le diriger, de le perfectionner, sans quoi ils s&rsquo;exposent &agrave; devenir bient&ocirc;t les instruments passifs, non de la volont&eacute; du peuple, mais de la fantaisie de quelques-unes de ses portions.</div><div><br></div><div>L&rsquo;esprit actuel de la nation fran&ccedil;aise est l&rsquo;amour de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; et de l&rsquo;ind&eacute;pendance personnelle, la haine de toute autorit&eacute; qui pr&eacute;sente la moindre apparence d&rsquo;arbitraire ou de perp&eacute;tuit&eacute;, le d&eacute;sir de voir toutes les institutions nouvelles favoriser les classes les plus pauvres et les plus nombreuses, et celui de fraterniser avec les hommes de tous les pays qui aiment la libert&eacute;, ou qui veulent la recouvrer. Tel doit &ecirc;tre un peuple &eacute;clair&eacute; sur ses droits, jaloux de les maintenir ; et ceux qui s&rsquo;int&eacute;ressent &agrave; sa prosp&eacute;rit&eacute; n&rsquo;auraient rien &agrave; d&eacute;sirer, si le respect pour la justice, si la soumission &agrave; la loi, si le z&egrave;le pour l&rsquo;ordre public, faisaient &eacute;galement partie de cet esprit g&eacute;n&eacute;ral. Mais le sentiment de la justice, quoique naturel &agrave; l&rsquo;homme, s&rsquo;affaiblit et se d&eacute;prave dans ceux qui ont g&eacute;mi sous le despotisme. Mais les Fran&ccedil;ais, longtemps accoutum&eacute;s &agrave; n&rsquo;ob&eacute;ir qu&rsquo;&agrave; des hommes, n&rsquo;ont pu prendre en si peu de temps l&rsquo;heureuse habitude de ne voir que la loi dans celui qui commande en son nom. Mais le z&egrave;le pour l&rsquo;ordre public est faible dans ceux qui n&rsquo;ont pas encore joui des bienfaits de l&rsquo;union, de l&rsquo;ordre et de la libert&eacute;, qui n&rsquo;ont jamais vu r&eacute;gner la paix qu&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;esclavage.</div><div>L&rsquo;exemple de la Convention fortifierait &agrave; cet &eacute;gard l&rsquo;esprit g&eacute;n&eacute;ral, sans risquer d&rsquo;affaiblir les &eacute;lans du patriotisme.</div><div><br></div><div>Que, dans ses discussions, elle &eacute;coute avec patience m&ecirc;me les fausses subtilit&eacute;s qui se couvrent du nom sacr&eacute; de la justice. Qu&rsquo;elle ne croie plus qu&rsquo;il y ait &agrave; les m&eacute;priser, de l&rsquo;&eacute;l&eacute;vation d&rsquo;esprit ou de l&rsquo;habilet&eacute; politique. Qu&rsquo;elle n&rsquo;avilisse plus le mot r&eacute;volutionnaire, en paraissant le faire servir de voile &agrave; ce que l&rsquo;exacte &eacute;quit&eacute; aurait d&eacute;savou&eacute;.</div><div>Que, s&eacute;v&egrave;re &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des fonctionnaires publics, elle montre &agrave; ceux m&ecirc;me qui leur auront r&eacute;sist&eacute; avec de bonnes intentions et avec justice, le point o&ugrave; ils se sont &eacute;cart&eacute;s de la soumission due &agrave; la loi. Que jamais elle ne se laisse soup&ccedil;onner de pouvoir partager cette opinion absurde, qu&rsquo;il existe entre l&rsquo;ordre et la libert&eacute; une incompatibilit&eacute; r&eacute;elle ; qu&rsquo;elle cherche, au contraire, &agrave; d&eacute;truire ce pr&eacute;jug&eacute; si funeste &agrave; la libert&eacute;, lorsqu&rsquo;apr&egrave;s de longues agitations, le retour de l&rsquo;ordre devient un besoin imp&eacute;rieux pour la g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; du peuple.</div><div><br></div><div>Une assembl&eacute;e o&ugrave; il n&rsquo;existe point une majorit&eacute; &agrave; peu pr&egrave;s certaine dans un m&ecirc;me sens, est expos&eacute;e &agrave; un inconv&eacute;nient tr&egrave;s grave, celui de prendre des mesures incompl&egrave;tes et mal combin&eacute;es. On se h&acirc;te de faire passer une r&eacute;solution, parce qu&rsquo;on craint de s&rsquo;exposer &agrave; voir passer le lendemain la r&eacute;solution contraire. On oublie combien il est utile au succ&egrave;s de la d&eacute;cision la plus sage, d&rsquo;avoir entendu les objections qui peuvent s&rsquo;&eacute;lever contre elle ; car c&rsquo;est le moyen le plus s&ucirc;r d&rsquo;en conna&icirc;tre ou d&rsquo;en corriger les d&eacute;fauts.</div><div><br></div><div>Par exemple, si les citoyens se sont plaints souvent de la lenteur avec laquelle on poursuivait les hommes frapp&eacute;s de d&eacute;crets d&rsquo;accusation, c&rsquo;est, en grande partie, parce que ces d&eacute;crets n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; rendus d&rsquo;apr&egrave;s un rapport o&ugrave; les pi&egrave;ces auraient &eacute;t&eacute; indiqu&eacute;es et analys&eacute;es. Alors ? il n&rsquo;aurait plus fallu de temps pour les rassembler, il n&rsquo;y aurait plus eu d&rsquo;incertitude sur celles qu&rsquo;il fallait envoyer au tribunal.</div><div><br></div><div>(...)</div><div>Toute assembl&eacute;e repr&eacute;sentative, dont les membres ne pourraient conserver l&rsquo;ind&eacute;pendance enti&egrave;re de leurs opinions, o&ugrave; ils seraient oblig&eacute;s de garder le silence quand ils ne veulent &ecirc;tre les instruments d&rsquo;aucun parti, et qu&rsquo;ils ne peuvent en &ecirc;tre la dupe, une telle assembl&eacute;e n&rsquo;a plus cette libert&eacute; qu&rsquo;exigent la nature de ses fonctions et le succ&egrave;s de ses travaux. Or, le plus l&eacute;ger doute sur la libert&eacute; d&rsquo;une assembl&eacute;e d&eacute;lib&eacute;rante, &ocirc;te &agrave; ses d&eacute;cisions cette autorit&eacute; de confiance, non moins n&eacute;cessaire que l&rsquo;autorit&eacute; qui vient de la loi, et celle-ci m&ecirc;me ne pourrait alors subsister longtemps.</div><div><br></div><div>Ainsi, ne point souffrir, et surtout ne point m&eacute;riter qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve le moindre doute sur la libert&eacute; de ses d&eacute;lib&eacute;rations, est un des premiers devoirs d&rsquo;une assembl&eacute;e charg&eacute;e des destin&eacute;es d&rsquo;un grand peuple. ns o&ugrave; le z&egrave;le de la libert&eacute; peut aussi entra&icirc;ner quelques hommes, et de calomnier ce z&egrave;le au lieu de chercher &agrave; le r&eacute;gler en l&rsquo;&eacute;clairant.</div><div><br></div><div>(...)</div><div>L&rsquo;intol&eacute;rance des opinions, la fureur de faire dominer les siennes, si elles pouvaient se trouver r&eacute;unies &agrave; un esprit juste, &eacute;clair&eacute;, capable de combinaisons &eacute;tendues, l&rsquo;&eacute;gareraient bient&ocirc;t, et le conduiraient &agrave; des exc&egrave;s que, rendu &agrave; lui-m&ecirc;me, il d&eacute;savouerait en rougissant.</div><div><br></div><div>Telles sont les r&eacute;flexions que je soumets &agrave; mes coll&egrave;gues ; &eacute;cart&eacute; de la tribune par l&rsquo;impossibilit&eacute; de parler, sinon dans une discussion tranquille, j&rsquo;ai cru devoir employer un autre moyen de leur dire des v&eacute;rit&eacute;s que je crois pouvoir &ecirc;tre utiles.</div><div><br></div><div>Je pourrais peut-&ecirc;tre aussi les occuper un moment de mes calomniateurs ; mais j&rsquo;aime mieux parler aux citoyens de leurs int&eacute;r&ecirc;ts que des miens.</div><div><br></div><div>Je servirai la cause de la libert&eacute; comme un homme fortement convaincu que le sort du genre humain, pendant plusieurs g&eacute;n&eacute;rations, d&eacute;pend du succ&egrave;s de la r&eacute;volution actuelle. Je d&eacute;fendrai l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des droits : elle seule, par des moyens paisibles et s&ucirc;rs, peut conduire &agrave; cette &eacute;galit&eacute; dans les moyens de bonheur, qui est le v&oelig;u de la nature, et qu&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; bien ordonn&eacute;e &eacute;tend et perfectionne.</div><div><br></div><div>&Eacute;tranger &agrave; tout parti, m&rsquo;occupant &agrave; juger les choses et les hommes avec ma raison et non avec mes passions, je continuerai de chercher la v&eacute;rit&eacute; et de la dire.</div><div><br></div><div>J&rsquo;ai toujours pens&eacute; qu&rsquo;une constitution  r&eacute;publicaine, ayant l&rsquo;&eacute;galit&eacute; pour base, &eacute;tait la seule qui f&ucirc;t conforme &agrave; la nature, &agrave; la raison et &agrave; la justice ; la seule qui p&ucirc;t conserver la libert&eacute; des citoyens et la dignit&eacute; de l&rsquo;esp&egrave;ce humaine. Au moment o&ugrave; la premi&egrave;re fuite de Louis XVI a fait tomber le bandeau dont les yeux d&rsquo;une grande partie de la nation &eacute;taient encore couverts, j&rsquo;ai cru que le moment &eacute;tait venu d&rsquo;&eacute;tablir une constitution r&eacute;publicaine, et je l&rsquo;ai demand&eacute;e hautement, en d&eacute;masquant aux yeux du peuple tous les sophismes sur lesquels on voulait &eacute;tayer la pr&eacute;tendue n&eacute;cessit&eacute; de conserver la monarchie. Les &eacute;v&eacute;nements m&rsquo;ont prouv&eacute;, depuis que la seule constitution sous laquelle l&rsquo;homme jouisse d&rsquo;une v&eacute;ritable libert&eacute;, est aussi la seule qui puisse assurer la paix int&eacute;rieure et l&rsquo;ind&eacute;pendance de la nation fran&ccedil;aise ; que toute autre, quelque bonheur qu&rsquo;elle puisse procurer aux nations qui l&rsquo;ont adopt&eacute;e, serait pour nous une source &eacute;ternelle de troubles et de mis&egrave;res ; qu&rsquo;elle conduirait au despotisme par l&rsquo;anarchie et la guerre civile. L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la s&ucirc;ret&eacute; s&rsquo;unit donc, en ce moment, &agrave; celui de la libert&eacute;, pour attacher tous les Fran&ccedil;ais &agrave; la r&eacute;publique. Ce qui pouvait n&rsquo;&ecirc;tre, il y a quelques ann&eacute;es, qu&rsquo;une opinion fausse, serait aujourd&rsquo;hui une v&eacute;ritable trahison, non seulement parce que la volont&eacute; nationale a prononc&eacute;, mais parce qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait pu prononcer autrement sans perdre la patrie.</div><div><br></div><div>Que ceux des Fran&ccedil;ais qui ont cru autrefois le tr&ocirc;ne compatible avec la libert&eacute;, r&eacute;fl&eacute;chissent sur la conduite actuelle du gouvernement anglais, et qu&rsquo;ils voient si ce syst&egrave;me de corruption au dedans et de trahison au dehors, de m&eacute;pris pour les droits de l&rsquo;homme et de protection pour des brigands, peut convenir &agrave; des hommes qui portent le sentiment de la libert&eacute; dans le c&oelig;ur, et qui ont connu les douceurs de l&rsquo;&eacute;galit&eacute;.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-20T09:08:17+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-07-20T09:08:17+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le droit de tirer, présumé légitime ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La proposition de loi visant &agrave; reconna&icirc;tre une pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense pour les forces de l&rsquo;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><br></p><p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjGb8-Kpe_rTW-l3duVwq218bnZo7bgDdeBwqtIN0XOm4DrcyhduFd_vyB0BUw8m4kFHjCTeweueHcx_fmgCEEvKF-pu8CjT_pM118aqJD31sT9Xb1IoMYJQl6adLj7xRA-wiBKEvpuCUDk18dRaBGewsEqD2EmmBGpPNIL6UOSJN-c3GHt9aQEyJXH9uA/s430/facade-palais-bourbon@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjGb8-Kpe_rTW-l3duVwq218bnZo7bgDdeBwqtIN0XOm4DrcyhduFd_vyB0BUw8m4kFHjCTeweueHcx_fmgCEEvKF-pu8CjT_pM118aqJD31sT9Xb1IoMYJQl6adLj7xRA-wiBKEvpuCUDk18dRaBGewsEqD2EmmBGpPNIL6UOSJN-c3GHt9aQEyJXH9uA/w216-h175/facade-palais-bourbon@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0691_proposition-loi" target="_blank" rel="noopener noreferrer">proposition de loi <i>visant &agrave; reconna&icirc;tre une pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense pour les forces de l&rsquo;ordre</i></a> a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale le 7 juillet 2026 et transmise au S&eacute;nat, Elle avait &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e en d&eacute;cembre 2024 par <i>Eric Pauget, Laurent Wauquiez </i>et plusieurs d&eacute;put&eacute;s LR. Sur le fond, elle reprend une revendication ancienne du Rassemblement National et d'une partie de la droite.</div></span><p></p><p><span><span>Le texte initial&nbsp;</span><span>voulait inscrire dans le code p&eacute;nal une pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense au b&eacute;n&eacute;fice des policiers, des gendarmes et des policiers municipaux. Mais, au fil des d&eacute;bats, il a &eacute;t&eacute; &eacute;dulcor&eacute; par le gouvernement.&nbsp;</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Exclusion des policiers municipaux</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>D'une part, les policiers municipaux, plus exactement ceux concern&eacute;s car habilit&eacute;s &agrave; porter une arme, ont &eacute;t&eacute; exclus du dispositif. La raison officielle est qu'ils &nbsp;"<i>n'ont pas les m&ecirc;mes cas d'usage des armes.</i>" Il est exact que l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034107970/2020-10-01" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article L 435-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> (CSI) conf&egrave;re aux policiers nationaux et gendarmes la possibilit&eacute; de faire usage de leur arme dans cinq hypoth&egrave;ses : d&eacute;fense contre une atteinte &agrave; la vie, d&eacute;fense de lieux ou de personnes apr&egrave;s sommations, arrestation d'un fugitif susceptible de commettre des atteintes &agrave; la vie et n&eacute;cessit&eacute; d'emp&ecirc;cher la r&eacute;it&eacute;ration d'un meurtre ou d'une tentative de meurtre. Pour les policiers municipaux, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034108043" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 511-5-1 du CSI</a> renvoie aux conditions g&eacute;n&eacute;rales d'absolue n&eacute;cessit&eacute; et de proportionnalit&eacute;. Il ajoute une r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'alin&eacute;a 1er de l'article L 435-1, ce qui autorise les policiers municipaux &agrave; tirer lorsqu'ils sont confront&eacute;s &agrave; une atteinte &agrave; la vie.</span></span></p><p><span><span>Certes, mais rien n'interdisait au gouvernement d'ajouter &agrave; l'article 511-5-1 du CSI une formulation identique, disant que lorsqu'un policier municipal fait usage de son arme dans les conditions qu'il d&eacute;finit, "<i>il est pr&eacute;sum&eacute; avoir respect&eacute; les conditions d'absolue n&eacute;cessit&eacute; et de stricte proportionnalit&eacute;</i>".&nbsp;</span></span></p><p><span><span>L'exclusion des policiers municipaux s'explique sans doute par la volont&eacute; du gouvernement de laisser le b&eacute;n&eacute;fice des dispositions nouvelles &agrave; des membres des forces de l'ordre dont il contr&ocirc;le le recrutement, la formation et les r&egrave;gles d'emploi des armes. Tel n'est pas le cas de policiers plac&eacute;s sous l'autorit&eacute; du maire.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div><span></span></div><span><br><div><span>Monsieur l'agent. Bobby Lapointe. 1969</span></div></span><p></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense, ou pas</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>D'autre part, la proposition de loi a &eacute;t&eacute; &eacute;dulcor&eacute;e sur le fond. Elle ne cr&eacute;e pas r&eacute;ellement une pr&eacute;somption de l&eacute;gitime d&eacute;fense, mais une pr&eacute;somption selon laquelle le policier ou le gendarme a agi conform&eacute;ment &agrave; l'une des conditions pos&eacute;es par l'article 435-1. Elle ne modifie pas le droit de tirer mais seulement la mani&egrave;re dont l'exercice de ce droit sera ensuite appr&eacute;ci&eacute; par les juges. Ajoutons &agrave; ce propos que la pr&eacute;somption ainsi cr&eacute;&eacute;e n'a rien d'irr&eacute;fragable et que le d&eacute;bat se d&eacute;roulera devant le juge sur les conditions de l'usage de la force l&eacute;tale.</span></span></p><p><span><span><span>Observons que le droit en vigueur est loin de "d&eacute;sarmer" les forces de l'ordre, contrairement &agrave; ce qui est parfois affirm&eacute; par les partisans de la r&eacute;forme. </span></span><span>Comme tout citoyen, policiers et gendarmes b&eacute;n&eacute;ficient de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417218/2022-01-24" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 122-5 du code p&eacute;nal </a>qui pose le principe g&eacute;n&eacute;ral de l&eacute;gitime d&eacute;fense en cas de menace&nbsp;</span><span>injustifi&eacute;e, actuelle ou imminente sur sa vie ou celle d'autrui. Par ailleurs, la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034103927/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 28 f&eacute;vrier 2017</a> leur ouvre le dispositif sp&eacute;cifique de l'article L 435-1 CSI.&nbsp;</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le refus d'obtemp&eacute;rer</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Reste le sujet sensible, celui dont on ne parle pas dans la proposition de la loi, mais qui en constitue le moteur immobile. L'a<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045071445" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rticle L 233-1 du code de la route</a> le d&eacute;finit comme "<i>le fait pour un conducteur, d'omettre d'obtemp&eacute;rer &agrave; une sommation &eacute;manant d'un fonctionnaire ou d'un agent charg&eacute; de constater les infractions et muni des insignes ext&eacute;rieurs et apparents de sa qualit&eacute;"</i>. Le d&eacute;lit est donc constitu&eacute; avant une poursuite, s'il y en a une.</span></p><p><span><span>Le droit positif actuel consid&egrave;re qu'un&nbsp;</span><span>refus d&rsquo;obtemp&eacute;rer ne suffit jamais, &agrave; lui seul, &agrave; justifier un tir. Il faut que la fuite fasse peser un danger concret sur la vie ou l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; physique des personnes.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>L<a href="https://www.coe.int/fr/web/compass/the-european-convention-on-human-rights-and-its-protocols" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article 2 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme </a>n'admet&nbsp;</span>l&rsquo;usage d&rsquo;une force potentiellement l&eacute;tale que lorsqu&rsquo;elle est absolument n&eacute;cessaire. Elle tient compte de la perception de l&rsquo;agent, mais refuse qu&rsquo;un tir soit justifi&eacute; par la seule volont&eacute; d&rsquo;arr&ecirc;ter un fugitif ne pr&eacute;sentant plus de danger imm&eacute;diat pour la vie humaine. Ce principe a &eacute;t&eacute; rappel&eacute;, &agrave; propos du refus d'obtemp&eacute;rer dans&nbsp;un <a href="https://vifa-recht.de/un%20arr%C3%AAt%20Juozaitiene%20et%20Bikulcius%20c.%20Lituanie%20du%2024%20avril%202008," target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Juozaitiene et Bikulcius c. Lituanie</i> du 24 avril 2008</a>, </span></p><p><span>Dans l&rsquo;<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2018/06/le-droit-la-vie-et-lusage-proportionne.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Toubache c. France</i> du 18 juin 2018</a>, elle a condamn&eacute; la France apr&egrave;s la mort d&rsquo;un passager d&rsquo;un v&eacute;hicule en fuite, les derniers tirs n&rsquo;&eacute;tant plus command&eacute;s par une menace actuelle. Cette d&eacute;cision a &eacute;t&eacute; vivement critiqu&eacute;e car, s'il est exact que les auteurs du refus d'obtemp&eacute;rer &eacute;taient des petits d&eacute;linquants, ils ont contraint un gendarme &agrave; faire un pas de c&ocirc;t&eacute; pour ne pas &ecirc;tre &eacute;cras&eacute; par le v&eacute;hicule des fuyards.&nbsp;</span></p><p><span>Certes, mais les juges internes n'invoquent pas la jurisprudence <i>Toubache </i>de mani&egrave;re irr&eacute;sponsable. Dans trois <a href="https://justice.pappers.fr/decision/56b74422d5f3100950ea572f91dc328c069d7718" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cisions du 19 octobre 2021</a>, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000049418323?__cf_chl_f_tk=.U1xoqASM3zZBVej.ksWHZs2cJMTrd84aqo_nHZ_EZ0-1783873227-1.0.1.1-h813ZGVgeBtWEcvtJ6ymuBfSRU0lL_lZHR.nw.bJa9M" target="_blank" rel="noopener noreferrer">du 4 avril 2025</a> et du <a href="https://vifa-recht.de/crim.,%2018%20mars%202026,%20no%2025-81.462" target="_blank" rel="noopener noreferrer">18 mars 202</a>6, la chambre criminelle de la Cour de cassation confirme trois non-lieux prononc&eacute;s au b&eacute;n&eacute;fice de membres des forces de l'ordre. Sans entrer dans le d&eacute;tail de chacune de ces d&eacute;cisions, on peut affirmer que l'analyse des juges repose sur deux principes essentiels. D'abord, ils appr&eacute;cient la l&eacute;gitime d&eacute;fense au moment pr&eacute;cis du tir, ni avant, ni apr&egrave;s, et il doit &ecirc;tre le seul moyen de faire cesser un p&eacute;ril particuli&egrave;rement grave. Ensuite, la Cour de cassation analyse l'utilisation de leur v&eacute;hicule par les fuyards. S'ils l'utilisent comme une arme, par exemple pour essayer d'&eacute;craser un gendarme ou un policier, la l&eacute;gitime d&eacute;fense est acquise, puisque ce dernier &eacute;tait directement menac&eacute; dans sa vie.</span></p><p><span>Dans tous les cas, on observe que, contrairement &agrave; ce qui est affirm&eacute; par certains m&eacute;dias, voire par les syndicats de police, les d&eacute;cisions de justice ne sont pas n&eacute;cessairement d&eacute;favorables aux forces de l'ordre, loin de l&agrave;. M&ecirc;me l'affaire <i>Nahel</i>&nbsp;est renvoy&eacute;e &agrave; une cour d'appel qui devrait pr&eacute;cis&eacute;ment &nbsp;statuer sur le caract&egrave;re grave et imminent du danger mena&ccedil;ant le policier.</span></p><h3><span>Que changera la r&eacute;forme ?</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On peut s'interroger sur l'impact r&eacute;el de la r&eacute;forme. Le doute b&eacute;n&eacute;ficiera &agrave; l'agent dans les affaires relativement obscures, sans preuves par la vid&eacute;o, avec des t&eacute;moignages contradictoires. L'enqu&ecirc;te sur les faits ne partira plus d'une situation &agrave; &eacute;lucider, mais d'un usage de l'arme pr&eacute;sum&eacute; l&eacute;gal.</span></p><p><span><span>Mais c'est aussi l&agrave; que r&eacute;side la faiblesse th&eacute;orique du dispositif. </span><span>Pr&eacute;sumer que l&rsquo;agent se trouvait dans l&rsquo;un des cas autoris&eacute;s et que son tir &eacute;tait absolument n&eacute;cessaire et strictement proportionn&eacute; revient &agrave; pr&eacute;sumer pr&eacute;cis&eacute;ment ... ce que l&rsquo;enqu&ecirc;te doit &eacute;tablir. Certes, les faits seront d&eacute;battus puisque la pr&eacute;somption n'est pas irr&eacute;fragable, mais la r&eacute;forme ne devrait pas att&eacute;nuer la m&eacute;fiance envers les forces de police.&nbsp;</span><span><span>C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai qu'elle consiste en une modification du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure, pas du code p&eacute;nal</span></span></span></p><p><span><span>Bien entendu, il faut attendre la suite de la proc&eacute;dure l&eacute;gislative. La proposition a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e avec une confortable majorit&eacute; &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale et le S&eacute;nat, domin&eacute; par la droite et le centre, devrait &eacute;galement la voter sans difficult&eacute; particuli&egrave;re. Certes, des modifications restent possibles et une saisi</span><span>ne du Conseil constitutionnel est probable. Mais la prudence du texte semble limiter les cas d'inconstitutionnalit&eacute;.</span></span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-18T16:49:45+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-07-18T16:49:45+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">14 Juillet : la fête nationale sur autorisation</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le Conseil d'&Eacute;tat, statuant en r&eacute;f&eacute;r&eacute; dans la nuit du 13 au 14 juillet 2026 a rendu une ordonnance q...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1fZTqG5Zg_q2f2omyde2KW7eqwzxRe3P04keSUJOqAd1FD4OCU3-FFxPLhsMyYaJvay-y1cUgLUjjaoJTbnnZ2bPitnHY32HHTeaBsSbuEept9QunDdjD-OoHHpNdU-gaQ0VXdxmZAqPQedlfl2nz2FEMnpJ9RbVZPKDzEhPMJuaWXEDkSWmUn9EtM0Y/s200/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1fZTqG5Zg_q2f2omyde2KW7eqwzxRe3P04keSUJOqAd1FD4OCU3-FFxPLhsMyYaJvay-y1cUgLUjjaoJTbnnZ2bPitnHY32HHTeaBsSbuEept9QunDdjD-OoHHpNdU-gaQ0VXdxmZAqPQedlfl2nz2FEMnpJ9RbVZPKDzEhPMJuaWXEDkSWmUn9EtM0Y/s1600/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le Conseil d'&Eacute;tat, <a href="https://drive.google.com/file/d/19-KKlzTSsELQSngHCRLwcdjui-64JkVx/view?pli=1" target="_blank" rel="noopener noreferrer">statuant en r&eacute;f&eacute;r&eacute; dans la nuit du 13 au 14 juillet 2026 a rendu une ordonnance</a> qui devrait faire date dans son histoire. L'association <i>Vigie Libert&eacute;</i> demandait au juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s de suspendre l'arr&ecirc;t&eacute; du pr&eacute;fet de police du 10 juillet imposant un r&eacute;gime d'autorisation pour p&eacute;n&eacute;trer dans le p&eacute;rim&egrave;tre du d&eacute;fil&eacute; autour des Champs-Elys&eacute;es. Dans un premier temps, le tribunal administratif de Paris lui avait donn&eacute; satisfaction le 13 juillet et avait enjoint au pr&eacute;fet de mettre fin au dispositif. Mais, sur appel du ministre de l'Int&eacute;rieur, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat r&eacute;tablit le r&eacute;gime d'autorisation, au prix de la neutralisation de son propre contr&ocirc;le.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un r&eacute;gime d'autorisation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>De mani&egrave;re tout-&agrave;-fait exceptionnelle, la libert&eacute; de circulation, s'exer&ccedil;ant en l'esp&egrave;ce pour aller voir d&eacute;filer les forces arm&eacute;es, est soumise &agrave; un r&eacute;gime d'autorisation. C'est la premi&egrave;re fois qu'une telle restriction est d&eacute;cid&eacute;e, alors que, les ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dentes, les forces de l'ordre &eacute;taient mobilis&eacute;es pour fluidifier les foules. Les spectateurs pouvaient venir librement, m&ecirc;me s'ils devaient souvent faire la queue et se soumettre &agrave; un contr&ocirc;le d'identit&eacute;.</span></p><p><span>Cette fois le contr&ocirc;le &eacute;tait en amont. Pour acc&eacute;der au p&eacute;rim&egrave;tre du d&eacute;fil&eacute;, le spectateur potentiel devait s'enregistrer sur un site. Il fournissait son identit&eacute;, et recevait un accus&eacute;-r&eacute;ception. Apr&egrave;s examen de sa demande, il recevait un laissez-passer num&eacute;rique, le QR code. Sur place, il devait le pr&eacute;senter ainsi qu'une pi&egrave;ce d'identit&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>Derri&egrave;re le vocable de "<i>pr&eacute;-inscription</i>", qui n'a pas de sens juridique, se cache donc un r&eacute;gime d'autorisation qui, &eacute;videmment, ne veut pas dire son nom. Celui qui s'enregistre n'est pas certain de recevoir un QRcode et il est donc soumis au pouvoir discr&eacute;tionnaire des autorit&eacute;s comp&eacute;tentes, ou plut&ocirc;t incomp&eacute;tentes en l'esp&egrave;ce. Sa demande est donc examin&eacute;e avant d'&ecirc;tre accept&eacute;e ou rejet&eacute;e. Mais par qui est-elle &eacute;tudi&eacute;e et selon quels crit&egrave;res&nbsp; ? Aucune r&eacute;ponse n'est donn&eacute;e par les autorit&eacute;s et l'on ignore s'il s'agit simplement de limiter le nombre d'acc&eacute;dants ou si des informations sur le demandeur sont consult&eacute;es. On ignore &eacute;galement si la proc&eacute;dure donne lieu &agrave; la cr&eacute;ation d'un fichier informatis&eacute; et, si c'est le cas, ce qui para&icirc;t tr&egrave;s probable, quelles sont les donn&eacute;es conserv&eacute;es.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, sans d&eacute;livrance du QR code, point d'acc&egrave;s. La libert&eacute; de circulation sur la voie publique dispara&icirc;t purement et simplement. L'acc&egrave;s au d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet n'est plus libre, sous r&eacute;serve des contr&ocirc;les de police. Il est interdit, sauf autorisation accord&eacute;e en amont.`</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><p><span>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</span><span>Hymne &agrave; la R&eacute;publique</span></p><p></p><p><span>Les Mari&eacute;s de l'an II. Jean-Paul Rappeneau. 1971</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;faut de fondement juridique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le fondement juridique d'une telle restriction aux libert&eacute;s reste d'une totale obscurit&eacute;. L'ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute; n'est pas absolument claire et le juge laisse entrevoir une ill&eacute;galit&eacute; manifeste.</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat mentionne, en reprenant la formulation de celui du tribunal administratif, "<i>la pr&eacute;sentation d'un QR code nominatif ou tout autre laissez-pass&eacute; d&eacute;livr&eacute; par les services de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique ou ses prestataires &eacute;ventuels"</i>. On en d&eacute;duit que l'acc&egrave;s au d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet est laiss&eacute; &agrave; la discr&eacute;tion du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. C'est lui qui invite, et il est m&ecirc;me possible qu'il sous-traite la gestion de la f&ecirc;te &agrave; une entreprise priv&eacute;e, les "<i>prestataires &eacute;ventuels</i>". Sur le plan politique, on peut s'&eacute;tonner que le d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet soit devenu la f&ecirc;te du chef des arm&eacute;es et non plus la f&ecirc;te de la nation autour de son arm&eacute;e. Sur le plan juridique, on ne voit aucune disposition, dans les comp&eacute;tences du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, qui l'autorise &agrave; exercer un pouvoir de police administrative. De toute &eacute;vidence, le Pr&eacute;sident agit comme s'il n'&eacute;tait pas soumis &agrave; la constitution et &agrave; la loi. Cette conception monarchique des f&ecirc;tes r&eacute;publicaines surprend beaucoup.</span></p><p><span>Certes, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s se r&eacute;f&egrave;re aussi &agrave; l'a<a href="https://cdn.paris.fr/paris/2026/07/12/2026_00895_10072026-FTD7.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral du 10 juillet 2026</a>, pris sur le fondement de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043887276/2023-10-22/?__cf_chl_f_tk=nMTyTsylbAzjjWsNNojW8_msQaWZw0U8yAt7XANIUwQ-1784040288-1.0.1.1-sWy9Qi5uCyJzqRbXOzukIZ8ajHsZvrcrKaO98UiyUh4" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 226-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a>. Il convient de noter la date de l'arr&ecirc;t&eacute;, car il peut sembler d&eacute;licat de reprocher &agrave; l'association requ&eacute;rante un r&eacute;f&eacute;r&eacute; un peu tardif, alors que l'arr&ecirc;t&eacute; intervient moins de quatre jours avant le d&eacute;fil&eacute;.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, ces dispositions issues de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000043880694/2021-07-31" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi de pr&eacute;vention du terrorisme du 30 juillet 202</a>1 autorisent le pr&eacute;fet de police &agrave; cr&eacute;er un p&eacute;rim&egrave;tre de protection pour "<i>assurer la s&eacute;curit&eacute; d"un lieu ou d'un &eacute;v&egrave;nement expos&eacute; &agrave; un risque d'actes de terrorisme</i>". Sur ce point, on ne peut nier que le d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet 2026, auquel ont &eacute;t&eacute; invit&eacute;s des chefs d'&Eacute;tat et de gouvernement &eacute;trangers peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme impliquant une menace terroriste &eacute;lev&eacute;e.</span></p><p><span>Certes, mais la loi permet au pr&eacute;fet de choisir les v&eacute;rifications applicables parmi celles qu&rsquo;il &eacute;num&egrave;re, &laquo; <i>&agrave; l&rsquo;exclusion de toute autre</i> &raquo;.&nbsp; Sont mentionn&eacute;s dans l'article L 226-1 les contr&ocirc;les classiques, palpations, inspection ou fouille des bagages, visite des v&eacute;hicules. Mais point d'identification syst&eacute;matique des visiteurs, et pas davantage de QR Code d&eacute;livr&eacute; par l'Elys&eacute;e. L'arr&ecirc;t&eacute; du 10 juillet 2026 ajoute ainsi &agrave; la loi une modalit&eacute; de contr&ocirc;le qu'elle ne pr&eacute;voit pas, d'autant qu'elle pr&eacute;cise que la liste des modalit&eacute;s pr&eacute;vues est exhaustive. Le Conseil constitutionnel, dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2018/2017695QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 29 mars 2018 <i>Rochdi B</i>.,</a> rendue &agrave; propos des mesures de protection contre le terroriste &eacute;tablies par la loi SILT du 20 octobre 2016 pr&eacute;cise d'ailleurs que les mesures de v&eacute;rification et de contr&ocirc;le portant atteinte &agrave; la libert&eacute; de circulation doivent &ecirc;tre "<i>limitativement d&eacute;finies"</i> par le texte l&eacute;gislatif.</span></p><p><span>Certains &eacute;voqueront peut-&ecirc;tre, pour tenter de justifier la d&eacute;cision du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, le pr&eacute;c&eacute;dent des Jeux olympiques. Mais le <i>Pass Jeux</i> reposait sur une architecture sp&eacute;cifique. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047561974" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 19 mai 2023 relative aux Jeux olympiques</a> a introduit dans le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037826065" target="_blank" rel="noopener noreferrer">code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure un article L 211-11-1</a>. Il permet, pour un &eacute;v&eacute;nement d&eacute;sign&eacute; par d&eacute;cret comme expos&eacute; &agrave; un risque exceptionnel, de soumettre l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; une autorisation pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e d&rsquo;une enqu&ecirc;te administrative. Pour la c&eacute;r&eacute;monie sur la Seine, le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat avait admis, dans un <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-07-01/495037?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 1er juillet 2024</a>, que certaines voies publiques soient assimil&eacute;es aux installations accueillant l'&eacute;v&eacute;nement, tout en jugeant que le laissez-passer devait &ecirc;tre d&eacute;livr&eacute; de plein droit aux habitants et aux personnes travaillant dans la zone. M&ecirc;me durant les Jeux, l&rsquo;autorisation pr&eacute;alable proc&eacute;dait donc d&rsquo;une habilitation l&eacute;gislative expresse et encadr&eacute;e. En tout &eacute;tat de cause, le ministre de l'Int&eacute;rieur a affirm&eacute;, devant le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, que le d&eacute;fil&eacute; du 14 juillet n'entrait pas dans la cat&eacute;gorie des grands &eacute;v&egrave;nements de l'article L 211-11-1. Ce fondement juridique ne peut donc qu'&ecirc;tre &eacute;cart&eacute;.</span></p><p><span>Apr&egrave;s avoir recherch&eacute; tous les fondements juridiques possibles &agrave; ce contr&ocirc;le a priori des spectateurs du d&eacute;fil&eacute;, on est oblig&eacute; de conclure qu'il n'y a en aucun. Aussi bien le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique que le pr&eacute;fet de police ont agi dans la plus compl&egrave;te ill&eacute;galit&eacute;.</span></p><p><span>C'est &agrave; stade qu'il convient de mesurer l'habilit&eacute; du Conseil d'&Eacute;tat. Pour ne pas sanctionner cette ill&eacute;galit&eacute;, il neutralise son propre contr&ocirc;le.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'urgence, ou comment le juge neutralise son propre contr&ocirc;le</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision du Conseil d&rsquo;&Eacute;tat est remarquable par ce qu&rsquo;elle ne dit pas. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s ne se prononce ni sur la libert&eacute; fondamentale, ni sur la base l&eacute;gale, ni sur la proportionnalit&eacute; du dispositif. Il annule pour d&eacute;faut d&rsquo;urgence.</span></p><p><span>Il invoque en effet le niveau &laquo; urgence attentat &raquo; du plan <i>Vigipirate</i>, la pr&eacute;sence de militaires ukrainiens, de cinq cents militaires issus de trente-cinq &Eacute;tats, d&rsquo;une trentaine de chefs d&rsquo;&Eacute;tat et l&rsquo;affluence attendue de cinquante mille personnes. Compte tenu de l&rsquo;imminence de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement et de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public attach&eacute; &agrave; sa s&eacute;curit&eacute;, l&rsquo;urgence du r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute; ne serait pas satisfaite.</span></p><p><span>La formule semble classique, car l&rsquo;urgence s&rsquo;appr&eacute;cie en confrontant les int&eacute;r&ecirc;ts du requ&eacute;rant &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public attach&eacute; &agrave; l&rsquo;ex&eacute;cution de la mesure. Nul ne conteste la menace terroriste qui p&egrave;se sur le d&eacute;fil&eacute; et la n&eacute;cessit&eacute; de la s&eacute;curiser. Mais le Conseil d'&Eacute;tat m&eacute;lange volontairement l'int&eacute;r&ecirc;t public qui s'attache &agrave; la s&eacute;curit&eacute; et les moyens de la garantir. La question pos&eacute;e &eacute;tait celle de savoir si le QR &eacute;tait l'unique instrument susceptible de garantir la s&eacute;curit&eacute; des participants et des spectateurs, alors que l'Ex&eacute;cutif pouvait utiliser tous les instruments pr&eacute;vus par l'article L 226-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure.</span></p><p><span>La question dispara&icirc;t dans un tour de passe-passe juridique. En effet, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s se borne &agrave; constater le d&eacute;faut d'urgence, ce qui interrompt tout contr&ocirc;le de fond. Pour ne pas r&eacute;pondre &agrave; une question, il suffit de ne pas la poser.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, l'appr&eacute;ciation de l'urgence a quelque chose de surr&eacute;aliste. Pour le juge, l'imminence de l'&eacute;v&egrave;nement, qui justifiait le recours en r&eacute;f&eacute;r&eacute; et justifiait son intervention, devient la raison m&ecirc;me de son abstention. Plus le fait accompli est proche, moins il est urgent de l'emp&ecirc;cher.</span></p><p><span>Le raisonnement est pour le moins d&eacute;concertant. On se souvient que l'arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral date du 10 juillet et que l'association requ&eacute;rante pouvait difficilement engager un r&eacute;f&eacute;r&eacute; avant d'avoir un texte dont elle demandait la suspension. Mais peu importe, la proc&eacute;dure m&ecirc;me de r&eacute;f&eacute;r&eacute; est vid&eacute;e de son contenu et l'imminence de l'&eacute;v&egrave;nement. Outre que le raisonnement rel&egrave;ve de l'absurdit&eacute; juridique, il peut susciter des d&eacute;rives particuli&egrave;rement dangereuses. Il suffit en effet &agrave; l'Ex&eacute;cutif de publier tr&egrave;s tardivement un texte d&eacute;finissant les modalit&eacute;s de contr&ocirc;le d'un &eacute;v&egrave;nement pour qu'elles deviennent incontestables. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat donne ainsi une carte blanche &agrave; l'Ex&eacute;cutif en lui permettant de porter atteinte &agrave; la libert&eacute; de circulation, voire &agrave; d'autres libert&eacute;s, en &eacute;tant certain de ne pas &ecirc;tre d&eacute;rang&eacute; par des g&ecirc;neurs encore attach&eacute;s aux libert&eacute;s.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le pr&eacute;c&eacute;dent de Dieudonn&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Depuis l'arr&ecirc;t <i>Benjamin</i> de 1933, l'interdiction ou la restriction de l'exercice d'une libert&eacute; doit &ecirc;tre n&eacute;cessaire, adapt&eacute;e et proportionn&eacute;e, et l&rsquo;interdiction pr&eacute;alable doit demeurer un ultime recours, lorsqu'il est mat&eacute;riellement impossible de garantir l'ordre public. On se souvient de l'affaire <i>Dieudonn&eacute;</i> et de l<a href="" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'ordonnance du 9 janvier 2014,</a> par laquelle le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s avait refus&eacute; de suspendre l'interdiction pr&eacute;alable d'un spectacle. Il s'appuyait&nbsp; alors sur l'hypoth&eacute;tique atteinte &agrave; la dignit&eacute; qui pouvait intervenir lors d'un spectacle qui n'avait pas encore eu lieu. A l'&eacute;poque, une bonne partie de la doctrine juridique avait contest&eacute; cette remise en cause frontale de la jurisprudence <i>Benjamin</i>, les forces de police ayant parfaitement les moyens de garantir l'ordre public. Finalement, le Conseil d'&Eacute;tat &eacute;tait discr&egrave;tement revenu &agrave; une position plus conforme &agrave; la jurisprudence classique dans une <a href="" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision de r&eacute;f&eacute;r&eacute; intervenir un an plus tard, le 6 f&eacute;vrier 201</a>5.</span></p><p><span>A l'&eacute;poque de l'affaire Dieudonn&eacute;, la solution &eacute;tait contestable, mais le juge avait&nbsp; au moins assum&eacute; son contr&ocirc;le de fait. Dans le r&eacute;f&eacute;r&eacute; du 14 juillet 2026, il ne cr&eacute;e pas ouvertement une nouvelle exception &agrave; <em>Benjamin, </em><span>en allant tortiller le principe de dignit&eacute;. I</span>l &eacute;vite tout simplement d&rsquo;examiner si l&rsquo;autorisation pr&eacute;alable est n&eacute;cessaire. La libert&eacute; ne c&egrave;de pas au terme du contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;, elle n'entre pas en ligne de compte. Elle n'existe pas.</span></p><p><span>Nul ne conteste la n&eacute;cessit&eacute; de contr&ocirc;ler s&eacute;rieusement les Champs-Elys&eacute;es et leurs abords le 14 juillet. Mais le d&eacute;fil&eacute; n'est pas un spectacle sur invitation. Faire d&eacute;pendre l&rsquo;acc&egrave;s du public d&rsquo;une autorisation nominative modifie l'&eacute;galit&eacute; des citoyens devant la loi, porte une atteinte injustifi&eacute;e &agrave; leur libert&eacute; de circuler et d'applaudir le d&eacute;fil&eacute;. Le 14 juillet 2026 est donc un jour triste pour les libert&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>Rappelons que le 14 juillet ne comm&eacute;more pas directement la prise de la Bastille, mais la F&ecirc;te de la F&eacute;d&eacute;ration du 14 juillet 1790. Une f&ecirc;te civique de r&eacute;conciliation et d'unit&eacute;, durant laquelle Louis XVI a pr&ecirc;t&eacute; serment &agrave; la Nation, dans une atmosph&egrave;re de liesse g&eacute;n&eacute;rale, un sentiment que s'ouvrait une nouvelle &egrave;re marqu&eacute;e par l'abolition des privil&egrave;ges et l'&eacute;galit&eacute; devant la loi. Cet esprit semble bien loin, alors que l'on ne c&eacute;l&egrave;bre plus que l'Arm&eacute;e et non plus la Nation, et qu'il faut d&eacute;sormais une autorisation pour&nbsp; assister au d&eacute;fil&eacute;, autorisation du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique agissant comme un monarque. Heureusement, &agrave; la fin du d&eacute;fil&eacute;, les choeurs de l'Arm&eacute;e fran&ccedil;aise ont chant&eacute; avec talent : "<i>Libert&eacute; Libert&eacute; Ch&eacute;rie, combats avec tes d&eacute;fenseurs</i>".&nbsp;</span></p><div><span><br></span></div><h3><span><b>La libert&eacute; d'aller et venir&nbsp;</b><span>: </span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier, </a><span>chapitre &nbsp;5</span></span></h3>]]></content>
	<updated>2026-07-14T16:57:29+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-07-14T16:57:29+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Mineurs libérés : chaos au ministère de la Justice</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'affaire illustre parfaitement le caract&egrave;re chaotique de la politique gouvernementale &agrave; l'&eacute;gard des...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><br><br></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsX-zb3wVLM6H2P_pnu-zUC2PHVJq1fOuH_3U30okHdrl5A8Ctir1mRb5TDtYfUcmTl4ipiSTUr5IlvnOKAMYQBQipLx8DtM69HwZeFP9MHAJ2yJ9aez4fCV_mVuQHTd3NlLkWo-_Igo_mv_4F-IaWd2zIGaUtmisr4rRkhHHs7md9HUQbeOBVHLOTcog/s194/droit-penal@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsX-zb3wVLM6H2P_pnu-zUC2PHVJq1fOuH_3U30okHdrl5A8Ctir1mRb5TDtYfUcmTl4ipiSTUr5IlvnOKAMYQBQipLx8DtM69HwZeFP9MHAJ2yJ9aez4fCV_mVuQHTd3NlLkWo-_Igo_mv_4F-IaWd2zIGaUtmisr4rRkhHHs7md9HUQbeOBVHLOTcog/s1600/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><div><span>L'affaire illustre parfaitement le caract&egrave;re chaotique de la politique gouvernementale &agrave; l'&eacute;gard des mineurs d&eacute;linquants. Au moment pr&eacute;cis o&ugrave; le gouvernement affiche une volont&eacute; de renforcer la r&eacute;pression &agrave; l'&eacute;gard des mineurs d&eacute;linquants, une carence l&eacute;gislative provoque une situation dans laquelle, depuis le 1er juillet 2026, les mineurs accus&eacute;s de crime ne peuvent plus &ecirc;tre maintenus en d&eacute;tention provisoire dans l'attente de leur proc&egrave;s. Certes, on doit rappeler que ces mineurs sont pr&eacute;sum&eacute;s innocents et que la d&eacute;tention provisoire ne saurait s'analyser comme une peine anticip&eacute;e. Il n'emp&ecirc;che que la "r&eacute;ponse p&eacute;nale" devient r&eacute;ellement illisible.</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La QPC du 27 juin 2025</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'origine de l'histoire se trouve dans la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/20251143QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision QPC du 27 juin 2025</a>, par laquelle le Conseil constitutionnel a d&eacute;clar&eacute; contraire &agrave; la constitution, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039088341/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 434-9 du code de la justice p&eacute;nale des mineurs</a>. Il pr&eacute;voyait que, lorsqu&rsquo;un mineur &acirc;g&eacute; d&rsquo;au moins seize ans &eacute;tait mis en accusation devant la cour d&rsquo;assises des mineurs, il tombait sous le coups des r&egrave;gles applicables aux majeurs. Le mineur pouvait rester d&eacute;tenu pendant un an, avec deux prolongations exceptionnelles de six mois, soit pendant une dur&eacute;e maximale de deux ans avant son jugement.</span></p><p><span>La censure reposait sur deux motifs. D&rsquo;une part, le maintien en d&eacute;tention r&eacute;sultait du seul effet de la loi. Il ne proc&eacute;dait pas d&rsquo;une nouvelle d&eacute;cision d&rsquo;un magistrat sp&eacute;cialis&eacute; appr&eacute;ciant concr&egrave;tement, au moment de la mise en accusation, si la d&eacute;tention demeurait indispensable ou si le contr&ocirc;le judiciaire ou l&rsquo;assignation &agrave; r&eacute;sidence sous surveillance &eacute;lectronique auraient pu &ecirc;tre suffisants.&nbsp;</span></p><p><span>D&rsquo;autre part, la dur&eacute;e maximale de deux ans &eacute;tait exactement celle applicable aux majeurs, sans aucune adaptation particuli&egrave;re &agrave; la minorit&eacute; de l&rsquo;accus&eacute;. Or, depuis la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/les-decisions/decision-n-2002-461-dc-du-29-aout-2002-saisine-par-60-deputes" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 29 ao&ucirc;t 2002</a>,&nbsp; le Conseil constitutionnel a d&eacute;gag&eacute; un principe fondamental reconnu par les lois de la R&eacute;publique (PFLR) de sp&eacute;cificit&eacute; de la justice p&eacute;nale des mineurs. Il comporte deux volets, d'abord l'att&eacute;nuation de la responsabilit&eacute; p&eacute;nale des mineurs en fonction de leur &acirc;ge, ensuite la recherche, non seulement de la sanction, mais aussi du "<i>rel&egrave;vement &eacute;ducatif et moral"</i>, au moyen de mesures adapt&eacute;es &agrave; leur &acirc;ge, prononc&eacute;es par une juridiction sp&eacute;cialis&eacute;e, selon des proc&eacute;dures sp&eacute;cifiques. Ce PFLR trouve son fondement dans trois "<i>lois de la R&eacute;publique</i>", celle du <a href="https://criminocorpus.org/en/landmarks/textes-juridiques-lois-decre/textes-relatifs-aux-p/de-la-monarchie-de-juillet-a-1/loi-du-12-avril-1906-sur-la-ma/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">12 avril 1906</a> sur la majorit&eacute; p&eacute;nale des mineurs, celle <a href="https://criminocorpus.org/fr/outils/archives-judiciaires/documents-commentes-histoire-contemporaine/documents-commentes/09-la-loi-du-22-juillet-1912/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">du 22 juillet 1912 sur les tribunaux pour enfants</a>, et enfin l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006069158/2021-01-03/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 2 f&eacute;vrier 1945 sur les tribunaux pour enfants.</a>&nbsp;</span></p><p><span>Dans sa d&eacute;cision du 27 juin 2025, le Conseil applique cette jurisprudence. Il ne condamne ni la d&eacute;tention provisoire des mineurs, ni m&ecirc;me son &eacute;ventuelle prolongation. Il condamne en revanche son caract&egrave;re automatique, surtout pour une incarc&eacute;ration potentiellement tr&egrave;s longue d'une personne juridiquement innocente. Or cette incarc&eacute;ration est organis&eacute;e par un simple renvoi au droit commun des majeurs.</span></p><p><span>Le Conseil rappelle ainsi que la sp&eacute;cificit&eacute; de la justice des mineurs ne commande pas n&eacute;cessairement la cl&eacute;mence, mais elle impose une individualisation et des garanties proc&eacute;durales renforc&eacute;es. Une infraction peut &ecirc;tre extr&ecirc;mement grave, mais cela ne suffit pas &agrave; traiter son auteur pr&eacute;sum&eacute; comme un majeur avant m&ecirc;me son proc&egrave;s.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration. Renaud. 1983</span></div><p></p><p><span>Concert du Z&eacute;nith. 1986</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le report de l'abrogation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On sait que les questions prioritaires de constitutionnalit&eacute; pr&eacute;sentent un risque pour la s&eacute;curit&eacute; juridique. Une disposition l&eacute;gislative est en effet d&eacute;clar&eacute;e inconstitutionnelle alors qu'elle est en vigueur et produit des effets. C'est la raison pour laquelle la QPC conduit, &eacute;ventuellement &agrave; l'abrogation de la disposition inconstitutionnelle, ce qui signifie qu'elle dispara&icirc;t de l'ordre juridique pour l'avenir. Les effets qu'elle a produits dans le pass&eacute; ne sont pas annul&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>Mais l'abrogation imm&eacute;diate peut se r&eacute;v&eacute;ler catastrophique. Dans le cas de la d&eacute;cision du 27 juin 2025, elle aurait supprim&eacute; toute possibilit&eacute; de maintenir en d&eacute;tention un mineur mis en d&eacute;tention provisoire pour des faits criminels. Le Conseil, comme l'y autorise l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGISCTA000006095827?__cf_chl_f_tk=WR9bLF76AIKTRna2J3rnvJMXWXESVsIRD3uR4W7r8tA-1783615418-1.0.1.1-uWb1oJtpDn9slWpuOYyFp.4aD6HCSx9IE_q92vEmDTo" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 62 alin&eacute;a 2 de la Constitution</a>, a donc report&eacute; l&rsquo;abrogation au 1er juillet 2026, laissant exactement un an au l&eacute;gislateur pour adopter un nouveau r&eacute;gime. Il devait donc soit d&eacute;poser un projet de loi, soit modifier le droit existant par un amendement &agrave; une loi en d&eacute;bat.</span></p><p><span>Dans sa d&eacute;cision de 2025, le Conseil avait m&ecirc;me pris la pr&eacute;caution d'organiser la p&eacute;riode transitoire en neutralisant l'automaticit&eacute; du dispositif. Le maintien en d&eacute;tention &eacute;tait d&eacute;cid&eacute; par la juridiction d'instruction, apr&egrave;s contr&ocirc;le de sa n&eacute;cessit&eacute; et de sa proportionnalit&eacute; au regard des exigences sp&eacute;cifiques de la justice des mineurs. Enfin, le Conseil a m&ecirc;me pr&eacute;cis&eacute; que les mesures prises pendant la p&eacute;riode transitoire ne pourraient &ecirc;tre contest&eacute;es sur le seul fondement de l'inconstitutionnalit&eacute; constat&eacute;e.</span></p><p><span>Le probl&egrave;me est que, durant cette p&eacute;riode transitoire, il ne s'est rien pass&eacute;. Le vide juridique constat&eacute; depuis le 1er juillet ne r&eacute;sulte pas de la d&eacute;cision du Conseil mais de l'absence de disposition l&eacute;gislative nouvelle &agrave; l'issue du d&eacute;lai fix&eacute;.</span></p><p><span>Le gouvernement avait pourtant la possibilit&eacute; d'agir dans le d&eacute;lai. N'a-t-il pas d&eacute;pos&eacute; au S&eacute;nat, le 18 mars 2026, un <a href="https://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl25-456.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes.</a> Ce texte, pr&eacute;sent&eacute; par le garde des sceaux et soumis &agrave; la proc&eacute;dure acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, aurait parfaitement pu comporter un article sur la d&eacute;tention provisoire des mineurs. Sa version initiale ne comportait pourtant aucune disposition corrigeant l&rsquo;article L. 434-9 du code de la justice p&eacute;nale des mineurs. Il faut se rendre &agrave; l'&eacute;vidence. Le minist&egrave;re de la Justice a tout simplement oubli&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; de faire voter un texte sur ce sujet avant le 1er juillet.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, ce n&rsquo;est que le 29 juin 2026, deux jours avant l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur de l&rsquo;abrogation, qu&rsquo;une d&eacute;p&ecirc;che conjointe de la direction des affaires criminelles et des gr&acirc;ces et de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse a &eacute;t&eacute; adress&eacute;e aux juridictions, annon&ccedil;ant le d&eacute;p&ocirc;t rapide d'un amendement. Elle ajoutait que les d&eacute;cisions de mise en d&eacute;tention ant&eacute;rieure au 1er juillet conservaient leur validit&eacute;, affirmation qui devrait susciter un certain nombre de recours. Les avocats ne manqueront pas, en effet, de contester des d&eacute;tentions provisoires reposant sur une "d&eacute;p&ecirc;che", c'est-&agrave;-dire juridiquement une simple circulaire.</span></p><p><span>Un <a href="https://politique.pappers.fr/amendement/n000408-projet-loi-justice-criminelle-respect-victimes-AMANR5L17PO838901B2681P0D1N000408" target="_blank" rel="noopener noreferrer">amendement n&deg; 408 au projet sur la justice criminelle a finalement &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, le 30 juin</a>. Il pr&eacute;voit que l&rsquo;ordonnance de mise en accusation met, par principe, fin &agrave; la d&eacute;tention provisoire, mais permet au juge d&rsquo;instruction de maintenir le mineur en d&eacute;tention par une ordonnance distincte et sp&eacute;cialement motiv&eacute;e. Le proc&egrave;s doit commencer dans les six mois ; la chambre de l&rsquo;instruction peut prolonger deux fois ce d&eacute;lai de six mois, dans des conditions exceptionnelles et par d&eacute;cision motiv&eacute;e. La dur&eacute;e totale maximale est ainsi ramen&eacute;e de deux ans &agrave; dix-huit mois.</span></p><p><span>Cet amendement a &eacute;t&eacute; adopt&eacute; le 9 juillet 2026 et figure d&eacute;sormais dans le texte issu de la commission mixte paritaire (CMP. Il n'entrera cependant en vigueur qu'apr&egrave;s promulgation et publication, sachant qu'il y aura probablement une saisine du Conseil constitutionnel sur l'ensemble de la loi.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les justifications du ministre</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Pour s'exon&eacute;rer de toute responsabilit&eacute; dans l'affaire, le ministre de la Justice s'efforce de trouver un coupable. Mis en cause &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale lors des questions au gouvernement, il affirme que l'amendement &laquo; <i>aurait d&ucirc; &ecirc;tre d&eacute;pos&eacute; au S&eacute;nat &raquo;, mais qu&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; &laquo; jug&eacute; non conforme par les rapporteurs du texte </i>&raquo;. La formulation est tout de m&ecirc;me r&eacute;v&eacute;latrice, car si l'amendement "aurait d&ucirc;" &ecirc;tre d&eacute;pos&eacute;, c'est bien qu'il ne l'a pas &eacute;t&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>La pr&eacute;sidente de la commission des lois du S&eacute;nat, <i>Muriel Jourda</i>, a d&rsquo;ailleurs r&eacute;pondu qu&rsquo;aucun amendement ni aucun texte gouvernemental concernant cette question n&rsquo;avait jamais &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; devant le S&eacute;nat. Les listes officielles des amendements examin&eacute;s en commission et en s&eacute;ance ne font effectivement appara&icirc;tre aucun amendement gouvernemental dans ce sens.</span></p><p><span>Certes, il est possible que des &eacute;changes informels aient eu lieu, et que des s&eacute;nateurs aient exprim&eacute; des doutes sur la constitutionnalit&eacute; d'un amendement qui pourrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un cavalier l&eacute;gislatif. En effet, la loi porte sur la justice en g&eacute;n&eacute;ral, mais pas sur celle des mineurs. Avouons que l'objection n'est pas totalement convaincante. Surtout, le ministre aurait pu proc&eacute;der autrement, &eacute;largir le p&eacute;rim&egrave;tre du texte pour inclure la justice des mineurs, d&eacute;poser un court projet de loi autonome et demande son examen en urgence. Cette r&eacute;ticence du S&eacute;nat n'est d'ailleurs gu&egrave;re convaincante si l'on consid&egrave;re qu'il a vot&eacute; le texte issu de la CMP, comportant pr&eacute;cis&eacute;ment le correctif.</span></p><p><span>La r&eacute;sistance du S&eacute;nat n'est donc pas &eacute;tablie. Et m&ecirc;me si elle a exist&eacute;, elle ne saurait expliquer onze mois d&rsquo;inaction ant&eacute;rieure.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Qui est responsable ?</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Il appartient certes au l&eacute;gislateur de tirer les cons&eacute;quences d&rsquo;une d&eacute;claration d&rsquo;inconstitutionnalit&eacute;. Le Parlement dans son ensemble dispose de l&rsquo;initiative parlementaire et aurait pu adopter une proposition de loi. On peut donc soutenir qu&rsquo;une responsabilit&eacute; institutionnelle g&eacute;n&eacute;rale p&egrave;se sur le pouvoir l&eacute;gislatif.</span></p><p><span>Mais la responsabilit&eacute; politique principale incombe au Gouvernement, et plus particuli&egrave;rement au minist&egrave;re de la Justice. La Chancellerie est charg&eacute;e de suivre le droit p&eacute;nal et la proc&eacute;dure p&eacute;nale. Elle connaissait la d&eacute;cision depuis le 27 juin 2025. Elle disposait de ses propres directions juridiques, d&rsquo;un d&eacute;lai d&rsquo;un an et, &agrave; partir de mars 2026, d&rsquo;un projet de loi gouvernemental consacr&eacute; &agrave; la justice criminelle. Or il semble qu'elle ait tout simplement oubli&eacute; ce probl&egrave;me, et l'on raconte que c'est l'<i>Union syndicale des magistrats </i>(USM) qui l'a alert&eacute;e sur l'imminence du vide juridique.</span></p><p><span>Quant au S&eacute;nat, il ne peut &ecirc;tre tenu pour responsable d&rsquo;avoir rejet&eacute; un amendement qui ne lui a jamais &eacute;t&eacute; officiellement soumis. Le Garde des Sceaux est donc bien le principal responsable de ce chaos juridique. Averti un an &agrave; l'avance, il a fait d&eacute;poser l'amendement la veille de la date butoir. Sur un plan strictement politique, l'image est catastrophique, car personne n'a oubli&eacute; les propos de fermet&eacute; qu'il a tenus apr&egrave;s la mort de <i>Lyhanna</i>. La communication ne remplace pas la vigilance juridique.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><b>La d&eacute;tention provisoire</b><span>: </span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier, </a><span>chapitre&nbsp; 4 section 2 &sect; 1 C</span></span></h3><p><span></span></p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-10T15:28:23+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">GPA : condamner le procédé, mais accepter ses effets.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Les deux arr&ecirc;ts rendus par l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de la Cour de cassation le 3 juillet 2026 marquent u...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-MDVme-fjgqy4g9YE8TE81NTzVdyl-Iq-8JZaiDI46Tv9vfUik2HYcXJeOZWDiu7dgOhEyYqj_Z8OMMqfjLkYOY1VsyaHv2PzxX2RcpWW07O2o1qFeMmRfX0y9ERhhXyk3p59N95OSIdNB_tH86csQHvIEnb1OUGItRQITQtFz_1H_SunSxO6nqMmGek/s400/enfant@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-MDVme-fjgqy4g9YE8TE81NTzVdyl-Iq-8JZaiDI46Tv9vfUik2HYcXJeOZWDiu7dgOhEyYqj_Z8OMMqfjLkYOY1VsyaHv2PzxX2RcpWW07O2o1qFeMmRfX0y9ERhhXyk3p59N95OSIdNB_tH86csQHvIEnb1OUGItRQITQtFz_1H_SunSxO6nqMmGek/w160-h124/enfant@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></span></a></div><div><span>Les <a href="https://www.courdecassation.fr/toutes-les-actualites/2026/07/03/communication-gpa-letranger-et-effets-en-france-dun-jugement" target="_blank" rel="noopener noreferrer">deux arr&ecirc;ts rendus par l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de la Cour de cassation le 3 juillet 2026 </a>marquent une &eacute;tape d&eacute;cisive dans la reconnaissance des droits des enfants n&eacute;s &agrave; l'&eacute;tranger par gestation pour autrui (GPA). Les deux affaires sont identiques et concernent les m&ecirc;mes requ&eacute;rants, un couple d'hommes r&eacute;sidant au Canada. Ils ont eu recours, dans ce pays, &agrave; deux GPA, dont sont n&eacute;s trois enfants. La GPA &eacute;tant parfaitement licite dans ce pays, un jugement rendu par les tribunaux de l'Ontario les a d&eacute;clar&eacute;s p&egrave;res l&eacute;gaux de ces enfants. Ils ont ensuite demand&eacute; aux juges fran&ccedil;ais l'exequatur de ces d&eacute;cisions, c'est-&agrave;-dire leur reconnaissance et leur ex&eacute;cution. La cour d'appel avait accueilli cette demande, mais en pr&eacute;cisant que les jugements canadiens auraient en France l'effet d'une adoption. Le parquet s'est pourvu en cassation.&nbsp;</span></div><p></p><p><span>La Cour casse la d&eacute;cision de la cour d'appel qui n'a pas respect&eacute; les r&egrave;gles gouvernant les effets des jugements d'exequatur. En revanche, elle fait valoir l'int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l'enfant et justifie ainsi une filiation qui ne renvoie plus le parent d'intention &agrave; l'adoption.</span></p><div><span><br></span></div><h3><span>Les effets de l'exequatur</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006410785/2019-08-17?__cf_chl_f_tk=ug5y2NCCG3dTGdWkerr4DnJA05QF0ekOrF5xQj.cc0o-1783185841-1.0.1.1-tCUI.56yZ.vYTY44Gy.3FJQd.qFsu4P94IQKYzklqWE" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 509 du code de proc&eacute;dure civile</a> dispose que les jugements &eacute;trangers sont ex&eacute;cutoires en France &laquo; <i>de la mani&egrave;re et dans les cas pr&eacute;vus par la loi</i> &raquo;. Il ne donne pas au juge fran&ccedil;ais un pouvoir de requalification substantielle du jugement &eacute;tranger. Dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006963473/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t fondateur du 7 janvier 1964</a>, la 1ere chambre civile &eacute;nonce ainsi que les jugements &eacute;trangers sont ex&eacute;cutoires en France, mais sans pour autant donner au juge fran&ccedil;ais la possibilit&eacute; de r&eacute;viser au fond le jugement &eacute;tranger.&nbsp;</span></p><p><span>En mati&egrave;re de filiation, la 1ere chambre civile de la Cour de cassation, dans deux <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000050316413?init=true&amp;page=1&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=juri" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;ts du 2 octobre 2024</a> et du <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/68f871740274fc2d1f4a13ad" target="_blank" rel="noopener noreferrer">22 octobre 2025</a> a d&eacute;j&agrave; affirm&eacute; que lorsqu'un jugement &eacute;tranger &eacute;tablit une filiation, sans prononcer une adoption, l'exequatur fait reconna&icirc;tre cette filiation "<i>en tant que telle</i>". De fait, le juge fran&ccedil;ais ne peut pas d&eacute;cider qu'elle produira les effets d'une adoption pl&eacute;ni&egrave;re. Sur ce point, la cassation &eacute;tait donc parfaitement pr&eacute;visible.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEik9GcYdSIJDR-bo3qcVwP5OxxQ0EpgXX_knr203d-p8KIXdysOUISew7qeLvxtlFtT70n_luCZ-fWHNPJcCfSzM66yonyLdChbVghqIRrpjjvYbNA-UuDHFi9K_hrna8prQ4MgPez3ZPLqy6zS5jEykQk-tEsH-M2ckRM9Gve9DdEZoY-kAcw6yBTqUpw/s1792/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-05%20a%CC%80%2018.46.56.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEik9GcYdSIJDR-bo3qcVwP5OxxQ0EpgXX_knr203d-p8KIXdysOUISew7qeLvxtlFtT70n_luCZ-fWHNPJcCfSzM66yonyLdChbVghqIRrpjjvYbNA-UuDHFi9K_hrna8prQ4MgPez3ZPLqy6zS5jEykQk-tEsH-M2ckRM9Gve9DdEZoY-kAcw6yBTqUpw/w383-h517/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-05%20a%CC%80%2018.46.56.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Affiche. 1896</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La GPA, non conforme &agrave; l'ordre public fran&ccedil;ais</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sur le fond, c'est-&agrave;-dire sur l'admission des effets d'un jugement d'exequatur en mati&egrave;re de GPA, la Cour commence par rappeler l'interdiction en France de la GPA. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419302/2024-02-15" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16-7 du code civil </a>d&eacute;clare nulle &laquo; <i>toute convention portant sur la procr&eacute;ation ou la gestation pour le compte d&rsquo;autrui</i>", dispositions qui ont un caract&egrave;re d'ordre public, en vertu de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419304/2026-07-03" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16-9 de ce m&ecirc;me code</a>.&nbsp;</span></p><p><span>Cette prohibition repose sur le principe d'indisponibilit&eacute; du corps humain, et pendant tr&egrave;s longtemps la jurisprudence s'est montr&eacute;e inflexible. Appliquant le principe <i>Fraus Omni Corrumpit,</i> les juges estimaient que la nullit&eacute; de la convention de GPA entrainait celle de tous les actes ult&eacute;rieurs li&eacute;s &agrave; la naissance de l'enfant. Le lien de filiation du parent d'intention ne pouvait donc &ecirc;tre reconnu en droit fran&ccedil;ais, pas davantage que la reconnaissance de la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise.</span></p><p><span>Cette intransigeance n'a pas dissuad&eacute; les couples et le nombre d'enfants n&eacute;s &agrave; l'&eacute;tranger d'une GPA n'a cess&eacute; de cro&icirc;tre. On estime aujourd'hui que le nombre de naissances annuel est situ&eacute; entre 200 et 400, soit entre 0, 03 et 0, 06 %. De fait, il devenait de plus en plus difficile de refuser &agrave; ces enfants un &eacute;tat-civil et une nationalit&eacute; t&eacute;moignant de leur int&eacute;gration dans la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l'enfant</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La rigueur de la jurisprudence fran&ccedil;aise a d'abord &eacute;t&eacute; bris&eacute;e en mati&egrave;re de nationalit&eacute;. La circulaire <i>Taubira</i> du 25 janvier 2013 autorise la d&eacute;livrance d'un certificat de nationalit&eacute; fran&ccedil;aise aux enfants n&eacute;s par GPA, d&egrave;s lors qu'ils ont un lien de filiation fran&ccedil;ais avec un ressortissant fran&ccedil;ais. Le <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2014/12/circulaire-taubira-le-recours-du-peche.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">12 d&eacute;cembre 2014,</a> le Conseil d'&Eacute;tat &eacute;carte le recours de l'<i>Association des juristes catholiques pour l'enfance</i>, et confirme qu'un enfant n&eacute; par GPA a le droit d'avoir la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise si un de ses parents est fran&ccedil;ais.</span></p><p><span>En mati&egrave;re de filiation, c'est la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) qui bris&eacute; l'intransigeance du droit fran&ccedil;ais, dans d<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2014/06/trois-jours-de-fievre-pour-les-libertes.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">eux arr&ecirc;ts<i> Mennesson et Labassee c. France</i> du 26 juin 2014.</a> Elle s'appuie directement sur l'article 3 de la Convention internationale sur les droits de l'enfant qui affirme que toute d&eacute;cision le concernant doit &ecirc;tre prise au regard de son "<i>int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur</i>". En l'esp&egrave;ce, la CEDH estime que l'int&eacute;r&ecirc;t de l'enfant n&eacute; par GPA est d'avoir un &eacute;tat-civil fran&ccedil;ais, "<i>&eacute;l&eacute;ment de son identit&eacute;"</i>. La Cour de cassation, en <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000030841896/?__cf_chl_f_tk=pbmH3nnopgCuePRUHpWiGo56r58spjwjQDTWULSXSRU-1783261587-1.0.1.1-9SCFVqlhdhQNMMI1BPzd0WUSecmYfsvQQhjcruOqjT8" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re, s'est ralli&eacute;e &agrave; cette jurisprudence le 3 juillet 2015.</a></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La situation du parent d'intention</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La transcription de la filiation de l'autre parent d'intention, celui qui, par hypoth&egrave;se, n'a pas de lien biologique avec l'enfant, s'est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e plus laborieuse, et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce point que les d&eacute;cisions du 3 juillet 2024 viennent &eacute;clairer.</span></p><p><span>&nbsp;La Cour de cassation n'autorisait alors que l'adoption simple, principe clairement affirm&eacute; dans sa <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2017/07/gpa-la-cour-de-cassation-ou-le.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 5 juillet 2017</a>. Quant &agrave; la <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2019/04/laffaire-mennesson-inaugure-la.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">CEDH, sollicit&eacute;e pour avis le 10 avril 2019</a>, elle reconnaissait le droit de l'enfant &agrave; avoir une filiation avec le parent d'intention, mais laissait aux &Eacute;tats le soin de choisir entre la transcription directe dans l'&eacute;tat civil ou l'adoption. Dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000039692121/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">trois arr&ecirc;ts du 18 d&eacute;cembre 2019</a>, la Cour de cassation admettait la transcription directe, &agrave; la condition que la GPA soit licite dans l'&Eacute;tat o&ugrave; elle a &eacute;t&eacute; pratiqu&eacute;e.</span></p><p><span>Mais c'&eacute;tait sans compter la r&eacute;sistance du l&eacute;gislateur. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043884445?__cf_chl_f_tk=KiKQ2Hozc8rgylSnjtbJvaHFqxaqc9BhjaMSl1hHdzA-1783270676-1.0.1.1-bM3IlsHs09k9cCwz3hIl9myQnvf6eDQluE7AuYb_eIs" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 2 ao&ucirc;t 2021</a> met un frein &agrave; ce lib&eacute;ralisme jurisprudentiel en pr&eacute;cisant que la reconnaissance de la filiation doit &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e "<i>au regard de la loi fran&ccedil;aise</i>". Concr&egrave;tement, le texte rendait plus difficile la transcription int&eacute;grale des actes &eacute;trangers, d'autant que le parent d'intention, dans une GPA h&eacute;t&eacute;rosexuelle, est le plus souvent la m&egrave;re qu'un probl&egrave;me purement m&eacute;dical emp&ecirc;che de porter un enfant. Or, selon la "<i>loi fran&ccedil;aise</i>", la m&egrave;re est celle qui accouche. La loi de 2021 entrainait alors un blocage, la m&egrave;re d'intention ne pouvant finalement que choisir l'adoption simple, dont on sait qu'elle ne coupe pas le lien de filiation avec la m&egrave;re-porteuse.&nbsp;</span></p><p><span>Mais le l&eacute;gislateur de 2021, dans sa h&acirc;te de bloquer le processus d'acquisition de l'&eacute;tat civil, n'avait pas envisag&eacute; que le contentieux se d&eacute;placerait vert l'exequatur des jugements &eacute;trangers. Titulaires d'un jugement rendu dans l'&Eacute;tat de GPA, reconnaissant leur lien de filiation directe, les couples se sont tourn&eacute;s vers les tribunaux fran&ccedil;ais pour faire ex&eacute;cuter ces d&eacute;cisions de justice.</span></p><p><span>Les deux arr&ecirc;ts rendus par l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re le 3 juillet 2026 affirment que l'ordre public fran&ccedil;ais, qui interdit la GPA en France, doit se concilier avec les droits fondamentaux de l'enfant. Le refus de l'exequatur au seul motif de l'interdiction aurait des cons&eacute;quences trop lourdes sur l'&eacute;tablissement de la filiation de l'enfant. En revanche, la Cour affirme que le juge de l'exequatur doit s'assurer que la d&eacute;cision &eacute;trang&egrave;re pr&eacute;sente des garanties suffisantes, notamment au regard du consentement de la m&egrave;re porteuse aux effets de la GPA sur ses droits.</span></p><p><span>Ces d&eacute;cisions auront, &agrave; l'&eacute;vidence, un impact consid&eacute;rable sur le droit de la filiation par GPA. Auparavant, le parent d'intention &eacute;tait purement et simplement renvoy&eacute; vers l'adoption simple. D&eacute;sormais, lorsqu&rsquo;il existe un jugement &eacute;tranger r&eacute;gulier, la filiation qu&rsquo;il consacre peut produire directement ses effets en France. L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l&rsquo;enfant n&rsquo;efface pas l&rsquo;interdit de la GPA, mais il neutralise son effet punitif sur l&rsquo;enfant. Celui-ci a d&eacute;sormais le droit de vivre sans avoir une filiation amput&eacute;e. Une situation int&eacute;ressante pour les juristes, car les r&egrave;gles du droit international priv&eacute; offrent ainsi aux juges la possibilit&eacute; de garantir la s&eacute;curit&eacute; juridique des enfants alors que le l&eacute;gislateur s'est toujours efforc&eacute;, en vain, de d&eacute;courager la pratique de la GPA. Les esprits chagrins pourrait penser qu'il est plus indulgent pour les fraudeurs qui fr&eacute;quentent les paradis fiscaux que pour les couples en mal d'enfant qui vont &agrave; l'&eacute;tranger pratiquer une GPA.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><b>La GPA</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;7 section 2 &sect; 3 B 2</span></span></h3><p><br></p><p></p>]]></content>
	<updated>2026-07-07T16:04:09+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Viol sur mineur : Connexité, prescription glissante, ou imprescriptibilité ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La question de l'imprescriptibilit&eacute; des crimes sexuels commis sur un mineur est pos&eacute;e. En t&eacute;moigne l...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgE_RD1G-G04C7_fC8tQ8lki7KWjHnoJcREAIE3mjVNSm9y60GKrLYiEa0XS4IqMjATCGLKp7C2U4JzONxCDyITZcPULvLRPrPYLKMjvnVNLHYUM2kQttfTO39Hr7f-RMdaaTbh_AUqfxJuzgf7qjhHY9QSEfHzsB9eYlWtNRZyJqdLLAJW15YgXjecL0k/s194/droit-penal@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgE_RD1G-G04C7_fC8tQ8lki7KWjHnoJcREAIE3mjVNSm9y60GKrLYiEa0XS4IqMjATCGLKp7C2U4JzONxCDyITZcPULvLRPrPYLKMjvnVNLHYUM2kQttfTO39Hr7f-RMdaaTbh_AUqfxJuzgf7qjhHY9QSEfHzsB9eYlWtNRZyJqdLLAJW15YgXjecL0k/s1600/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La question de l'imprescriptibilit&eacute; des crimes sexuels commis sur un mineur est pos&eacute;e. En t&eacute;moigne la multiplication des propositions de loi en ce sens, <a href="https://vifa-recht.de/Assembl%C3%A9e%20nationale,%20proposition%20de%20loi%20n%C2%B0%202110,%20d%C3%A9pos%C3%A9e%20le%2018%20novembre%202025,%20visant%20%C3%A0%20supprimer%20la%20prescription%20pour%20les%20viols%20et%20agressions%20sexuelles%20sur%20mineurs." rel="noopener noreferrer" target="_blank">du 18 novembre 2025</a> et <a href="https://vifa-recht.de/Assembl%C3%A9e%20nationale,%20proposition%20de%20loi%20n%C2%B0%202677,%20enregistr%C3%A9e%20le%2014%20avril%202026,%20visant%20%C3%A0%20rendre%20imprescriptibles%20les%20crimes%20sur%20les%20mineurs." rel="noopener noreferrer" target="_blank">du 14 avril 2026</a> devant l'Assembl&eacute;e nationale, <a href="https://www.senat.fr/leg/ppl25-127.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">du 14 novembre 2025 devant le S&eacute;nat</a>. Leurs auteurs se trouvent g&eacute;n&eacute;ralement au centre et &agrave; gauche de l'&eacute;chiquier politique, ce qui ne signifie pas que des parlementaires d'autres tendances ne se rallieront pas &agrave; l'un ou l'autre de ces textes.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Quelques principes simples</span></h3><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p></p><div><span>La prescription de l'action publique consiste &agrave; interdire la poursuite d'une personne dont les actes sont susceptibles de recevoir une qualification p&eacute;nale au-del&agrave; d'un certain d&eacute;lai. La prescription est donc l'une des causes de l'extinction de l'action publique. La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) la d&eacute;finit comme "<i>l</i>e<i> droit accord&eacute; par la loi &agrave; l'auteur d'une infraction de ne plus &ecirc;tre poursuivi ni jug&eacute; apr&egrave;s l'&eacute;coulement d'un certain d&eacute;lai". </i>Cette formulation est issue de l'a<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-63450" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t <i>Co&euml;me c. Belgique</i> du 22 juin 2000</a>.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Le principe m&ecirc;me de la prescription trouve son origine dans une volont&eacute; de garantir la s&eacute;curit&eacute; juridique en fixant un terme aux actions et en emp&ecirc;chant ainsi les tribunaux de se prononcer sur le fondement d'&eacute;l&eacute;ments de preuve qui seraient incomplets en raison du temps &eacute;coul&eacute;. L'id&eacute;e est simple : plus le temps passe, plus l'infraction devient difficile &agrave; prouver, et plus les victimes risquent d'&ecirc;tre frustr&eacute;es et d&eacute;&ccedil;ues par une proc&eacute;dure que la justice ne parvient pas &agrave; mener &agrave; son terme.&nbsp;</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Dans l'&eacute;tat actuel du droit, la prescription de l'action publique a &eacute;t&eacute; &eacute;tablie par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034096721/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Tourret du 27 f&eacute;vrier 2017</a>. Elle est de six ann&eacute;es en mati&egrave;re correctionnelle et de vingt ann&eacute;es en mati&egrave;re criminelle. Le seul cas d'imprescriptibilit&eacute; p&eacute;nale de principe concerne les crimes contre l'humanit&eacute;, "<i>constat&eacute;s</i>" comme imprescriptibles par la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000684761/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 26 d&eacute;cembre 1064</a>.</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZP-uAm30w3zwkDX6kAx26BQOB1hXkzswyX8g0vGwbgmxteH6Mb6YNF25SMFRQ6VAk8cL4eDlfD-43-pb8juaXvVpAMC9Kp6GZg8sPS34gN5t4fZp5KfkwEkUdx6Azl2w5EbDWYqgnol4tkHulNT9Rva-_xA4MFOJ0YFdm6Yb3CfRISKzWBeODFsxr2DM/s2484/PP.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZP-uAm30w3zwkDX6kAx26BQOB1hXkzswyX8g0vGwbgmxteH6Mb6YNF25SMFRQ6VAk8cL4eDlfD-43-pb8juaXvVpAMC9Kp6GZg8sPS34gN5t4fZp5KfkwEkUdx6Azl2w5EbDWYqgnol4tkHulNT9Rva-_xA4MFOJ0YFdm6Yb3CfRISKzWBeODFsxr2DM/w409-h312/PP.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>L'avenir a une excellente m&eacute;moire</span></div><div><span>Miss Tic, circa 2000</span></div><div><span><br></span></div><h3><span><span>Les crimes commis sur mineur :&nbsp;<br></span><span>une prescription allong&eacute;e mais non abolie</span></span></h3><div><span><br></span></div><div><span>La simplicit&eacute; du droit de la prescription n'est qu'apparente. Le droit fran&ccedil;ais consid&egrave;re d&eacute;j&agrave;, en effet, que les crimes sexuels commis sur des mineurs justifient un allongement du d&eacute;lai de prescription. D&eacute;rogeant au d&eacute;lai de vingt ans, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043409371/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 706-47 du code p&eacute;nal</a> pr&eacute;voit, dans leur cas, un d&eacute;lai de trente ans courant &agrave; partir de la majorit&eacute; de la victime. Cette disposition, issue de la loi du 3 ao&ucirc;t 2018, donne ainsi aux victimes mineures au moment des faits le droit d'agir en justice jusqu'&agrave; leur 48&egrave; anniversaire.&nbsp;</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><h3><span>Le "violeur de la Sambre" : la connexit&eacute;</span></h3><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span>Mais l'affaire dite du "<i>violeur de la Sambre</i>" a rendu visible une difficult&eacute;, li&eacute;e &agrave; la criminalit&eacute; sexuelle s&eacute;rielle. Dino Scala a &eacute;t&eacute; jug&eacute; par la Cour d'assises du Nord &agrave; Douai, pour une s&eacute;rie de viols et d'agressions sexuelles commis en 1988 et 2018. En juillet 2022, il a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; pour 54 faits. La d&eacute;fense soutenait toutefois que 10 viols et 15 agressions &eacute;taient prescrites car, au moment des faits, ant&eacute;rieurs &agrave; la loi Tourret, la prescription en mati&egrave;re criminelle &eacute;tait de dix ann&eacute;es.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>La Cour d'assises a habilement &eacute;cart&eacute; la prescription, en raisonnant &agrave; partir de la connexit&eacute; entre les infractions commises, m&ecirc;me zone g&eacute;ographique, m&ecirc;me mobile sexuel, m&ecirc;me mode op&eacute;ratoire. De ces &eacute;l&eacute;ments, la Cour d&eacute;duit un lien de connexit&eacute; entre les infractions. Lorsqu'une infraction non prescrite est connexe &agrave; une infraction plus ancienne, les actes interruption de prescription accomplis dans la proc&eacute;dure relative &agrave; la premi&egrave;re infraction peuvent produire effet dans la seconde. La Cour d&eacute;cide alors qu'elle se trouve dans la situation de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043409311" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 9-2 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a> qui pr&eacute;voit express&eacute;ment que les actes interruption de prescription sont &eacute;galement valides pour les infractions connexes.</span></div><div><span><br></span></div><h3><span>La prescription glissante</span></h3><div><span><br></span></div><p></p><p><span><span><span>La<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000043403212" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 21 avril 2021</a> a introduit un m&eacute;canisme destin&eacute; aux auteurs s&eacute;riels. Pour les crimes sexuels sur mineurs, si la m&ecirc;me personne commet, avant l&rsquo;expiration du d&eacute;lai de prescription du premier crime, un nouveau viol, ou une atteinte sexuelle sur un autre mineur, le d&eacute;lai du premier crime est prolong&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; la date de prescription de la nouvelle infraction.&nbsp;</span></span><span>Tr&egrave;s concr&egrave;tement, la loi refuse qu&rsquo;un auteur s&eacute;riel b&eacute;n&eacute;ficie de l'inaction impos&eacute;e &agrave; ses premi&egrave;res victimes pendant qu&rsquo;il continue &agrave; commettre des crimes sur d&rsquo;autres enfants.&nbsp;</span></span></p><div><p><span>Mais il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une imprescriptibilit&eacute;. La prescription glissante suppose ainsi plusieurs conditions qui r&eacute;duisent son champ d'application : une m&ecirc;me personne mise en cause, des victimes mineures distinctes, une nouvelle infraction commise avant l&rsquo;expiration du premier d&eacute;lai, et des faits non encore prescrits. Elle ne peut donc ressusciter donc tous les dossiers &eacute;teints.</span></p><p><span>Cette constatation est certainement &agrave; l'origine de la demande actuelle en faveur de l'imprescriptibilit&eacute;. Observons d'embl&eacute;e qu'aucun obstacle constitutionnel ne s'appose &agrave; une telle r&eacute;forme. Le Conseil constitutionnel a refus&eacute;, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019785QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC <i>M. Mario S</i>. du 24 mai 2019,</a> de consacrer la prescription de l'action publique comme un principe fondamental reconnu par les lois de la R&eacute;publique. Le l&eacute;gislateur dispose donc d'une large marge d'appr&eacute;ciation dans ce domaine. La seule limite, mentionn&eacute;e dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417182/2022-01-03" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 112-2 du code p&eacute;nal,</a> r&eacute;side dans le fait qu'une loi nouvelle sur la prescription, d'application imm&eacute;diate, ne peut faire revivre des faits d&eacute;j&agrave; prescrits.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;bat sur l'imprescriptibilit&eacute;&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Tous ces &eacute;l&eacute;ments sont cit&eacute;s &agrave; l'appui des propositions en faveur de l'imprescriptibilit&eacute;. D'une mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, il s'agit aussi de reconnaitre la singularit&eacute; du traumatisme inflig&eacute; &agrave; un enfant, une victime qui souvent s'exprime tardivement. On peut aussi d&eacute;celer dans cette proposition une fonction d&eacute;claratoire, affirmant la volont&eacute; d'assurer efficacement la protection de l'enfance.&nbsp;</span></p><p><span>On ne peut nier, toutefois, que l'imprescriptibilit&eacute; suscite des objections qui ne doivent pas &ecirc;tre n&eacute;glig&eacute;es. Plus le temps passe, plus la preuve devient fragile. Souvenirs alt&eacute;r&eacute;s, t&eacute;moins d&eacute;c&eacute;d&eacute;s, impossibilit&eacute; de contre-expertise, voire disparition des archives, tous ces &eacute;l&eacute;ments risquent de conduire un proc&egrave;s &agrave; l'&eacute;chec. Les victimes se trouveraient alors expos&eacute;es &agrave; des non-lieux ou &agrave; des acquittements tr&egrave;s douloureux pour elles. On ne doit pas oublier que le proc&egrave;s p&eacute;nal n'a pas seulement pour but de reconnaitre la souffrance d'une victime. Il a aussi pour objet de condamner une personne. A cet &eacute;gard, il ne peut se d&eacute;rouler convenablement que si les &eacute;l&eacute;ments de preuve sont pr&eacute;cis et &eacute;tay&eacute;s. L'imprescriptibilit&eacute; suppose alors un renforcement des moyens d'enqu&ecirc;te, une meilleure conservation des preuves, un meilleur accompagnement des victimes sur le temps long. Si ces conditions ne sont pas remplies, la cons&eacute;cration du principe d'imprescriptibilit&eacute; risque de se r&eacute;v&eacute;ler un symbole creux, et une d&eacute;ception pour les victimes.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p></div><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-01T21:06:49+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2026-06-30:/292186</id>
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	<title type="html">Les Invités de LLC - Déclaration de Seneca Falls - 1848</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui&nbsp;</span><span>ceux qui ont construit son socle&nbsp; philosophique et litt&eacute;raire. Le choix&nbsp;</span></span><span>des textes ou citations est purement subjectif, d&eacute;tach&eacute; de toute approche chronologique et destin&eacute; &agrave; susciter la r&eacute;flexion ou simplement le plaisir de la lecture.</span></span></p><p><span><span><br></span><span>Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.<br></span><span>&nbsp;<br></span></span></p><div><span><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs la D&eacute;claration de Seneca Fall. La Convention de Seneca Falls, tenue les 19 et 20 juillet 1848 &agrave; New York, fut la premi&egrave;re convention pour les droits des femmes &agrave; se d&eacute;rouler sur le sol des &Eacute;tats-Unis..Elle r&eacute;unit environ plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles des figures marquantes du mouvement f&eacute;ministe am&eacute;ricain, et plusieurs repr&eacute;sentants du mouvement abolitionniste tel l'orateur Frederick Douglass. Il y avait en tout trente-deux hommes pr&eacute;sents. Elle s'acheva par la signature de la &laquo; D&eacute;claration de sentiments &raquo; (que l'on peut aussi traduire par &laquo; D&eacute;claration d'opinions &raquo; ou &laquo; de points de vue &raquo;), consid&eacute;r&eacute;e comme l'acte fondateur du mouvement f&eacute;ministe am&eacute;ricain.</span></span></div><p></p><p><span><span><br></span></span></p><h2><span><span>Declaration de Seneca Falls</span><span><br></span></span></h2><h3><span>"D&eacute;claration de Sentiments"</span></h3><h3><br></h3><h3><span>20 juillet 1848</span></h3><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgFr9MWzji9hC6WDy2yvmdH2weRVFcdifZCbqZirAxrDw6u6Cfb2VJ5HQK96Xyb6w1SY-7JH5D_HX-DKgn42lH4K6zZl35-9aVfvGCM1q8ZZ7uPlUfKQ_rOVn04RFAwKR5FP9tGk0zaP0PWJH_vkcXNG639simmiTjTZymhoY6tYdag1Z4DllCV-GM7edQ/s924/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-30%20a%CC%80%2019.21.50.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgFr9MWzji9hC6WDy2yvmdH2weRVFcdifZCbqZirAxrDw6u6Cfb2VJ5HQK96Xyb6w1SY-7JH5D_HX-DKgn42lH4K6zZl35-9aVfvGCM1q8ZZ7uPlUfKQ_rOVn04RFAwKR5FP9tGk0zaP0PWJH_vkcXNG639simmiTjTZymhoY6tYdag1Z4DllCV-GM7edQ/w314-h428/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-30%20a%CC%80%2019.21.50.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p></p><p><br></p><p><span>Lorsque, dans le cours des &eacute;v&eacute;nements humains, il devient n&eacute;cessaire qu&rsquo;une partie de la famille humaine occupe parmi les peuples de la terre une position diff&eacute;rente de celle qu&rsquo;elle a tenue jusqu&rsquo;alors, mais &agrave; laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect d&ucirc; &agrave; l&rsquo;opinion de l&rsquo;humanit&eacute; exige qu&rsquo;elle expose les causes qui la poussent &agrave; agir ainsi.</span></p><p><span>Nous tenons pour &eacute;videntes par elles-m&ecirc;mes les v&eacute;rit&eacute;s suivantes : tous les hommes et toutes les femmes sont cr&eacute;&eacute;s &eacute;gaux ; ils sont dot&eacute;s par leur Cr&eacute;ateur de certains droits inali&eacute;nables ; parmi ces droits figurent la vie, la libert&eacute; et la recherche du bonheur ; pour garantir ces droits, des gouvernements sont institu&eacute;s, qui tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvern&eacute;s.</span></p><p><span>Chaque fois qu&rsquo;une forme de gouvernement devient destructrice de ces fins, ceux qui en souffrent ont le droit de lui refuser ob&eacute;issance et d&rsquo;insister pour qu&rsquo;un nouveau gouvernement soit &eacute;tabli, fond&eacute; sur les principes et organis&eacute; selon les formes qui leur para&icirc;tront les plus propres &agrave; assurer leur s&eacute;curit&eacute; et leur bonheur.</span></p><p><span>La prudence veut certes que des gouvernements &eacute;tablis de longue date ne soient pas chang&eacute;s pour des causes l&eacute;g&egrave;res et passag&egrave;res ; et l&rsquo;exp&eacute;rience a toujours montr&eacute; que l&rsquo;humanit&eacute; est plus dispos&eacute;e &agrave; souffrir, tant que les maux restent supportables, qu&rsquo;&agrave; se faire justice en abolissant les formes auxquelles elle est accoutum&eacute;e.</span></p><p><span>Mais lorsqu&rsquo;une longue suite d&rsquo;abus et d&rsquo;usurpations, poursuivant invariablement le m&ecirc;me but, r&eacute;v&egrave;le le dessein de r&eacute;duire un peuple &agrave; un despotisme absolu, il est de son devoir de renverser un tel gouvernement et de pourvoir &agrave; de nouvelles garanties pour sa s&eacute;curit&eacute; future. Telle a &eacute;t&eacute; la patiente souffrance des femmes sous ce gouvernement ; telle est aujourd&rsquo;hui la n&eacute;cessit&eacute; qui les contraint &agrave; r&eacute;clamer la condition d&rsquo;&eacute;galit&eacute; &agrave; laquelle elles ont droit.</span></p><p><span>L&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute; est l&rsquo;histoire de torts et d&rsquo;usurpations r&eacute;p&eacute;t&eacute;s de la part de l&rsquo;homme envers la femme, ayant directement pour objet l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;une tyrannie absolue sur elle. Pour le prouver, soumettons les faits &agrave; un monde impartial.</span></p><p><span>Il ne lui a jamais permis d&rsquo;exercer son droit inali&eacute;nable au suffrage.</span></p><p><span>Il l&rsquo;a contrainte &agrave; se soumettre &agrave; des lois &agrave; l&rsquo;&eacute;laboration desquelles elle n&rsquo;a eu aucune voix.</span></p><p><span>Il lui a refus&eacute; des droits accord&eacute;s aux hommes les plus ignorants et les plus d&eacute;grad&eacute;s, qu&rsquo;ils soient n&eacute;s dans le pays ou &eacute;trangers.</span></p><p><span>L&rsquo;ayant priv&eacute;e de ce premier droit du citoyen, le suffrage, et l&rsquo;ayant ainsi laiss&eacute;e sans repr&eacute;sentation dans les assembl&eacute;es l&eacute;gislatives, il l&rsquo;a opprim&eacute;e de toutes parts.</span></p><p><span>Il a fait d&rsquo;elle, lorsqu&rsquo;elle est mari&eacute;e, une personne civilement morte aux yeux de la loi.</span></p><p><span>Il lui a retir&eacute; tout droit de propri&eacute;t&eacute;, m&ecirc;me sur le salaire qu&rsquo;elle gagne.</span></p><p><span>Il a fait d&rsquo;elle, moralement, un &ecirc;tre irresponsable, puisqu&rsquo;elle peut commettre de nombreux crimes en toute impunit&eacute;, pourvu qu&rsquo;ils soient accomplis en pr&eacute;sence de son mari. Dans l&rsquo;alliance du mariage, elle est contrainte de promettre ob&eacute;issance &agrave; son &eacute;poux ; celui-ci devient, &agrave; tous &eacute;gards, son ma&icirc;tre, la loi lui donnant le pouvoir de la priver de sa libert&eacute; et de lui infliger des ch&acirc;timents.</span></p><p><span>Il a organis&eacute; les lois du divorce, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des causes l&eacute;gitimes de s&eacute;paration ou de l&rsquo;attribution de la garde des enfants, d&rsquo;une mani&egrave;re totalement indiff&eacute;rente au bonheur des femmes ; la loi repose, dans tous les cas, sur la fausse supposition de la supr&eacute;matie de l&rsquo;homme et remet tout pouvoir entre ses mains.</span></p><p><span>Apr&egrave;s l&rsquo;avoir priv&eacute;e de tous ses droits comme femme mari&eacute;e, il l&rsquo;a impos&eacute;e, lorsqu&rsquo;elle est c&eacute;libataire et propri&eacute;taire, pour soutenir un gouvernement qui ne la reconna&icirc;t que lorsque ses biens peuvent lui &ecirc;tre profitables.</span></p><p><span>Il a monopolis&eacute; presque tous les emplois r&eacute;mun&eacute;rateurs ; et, dans ceux qu&rsquo;elle est autoris&eacute;e &agrave; exercer, elle ne re&ccedil;oit qu&rsquo;une maigre r&eacute;tribution.</span></p><p><span>Il lui ferme toutes les voies conduisant &agrave; la richesse et &agrave; la distinction, qu&rsquo;il estime les plus honorables pour lui-m&ecirc;me. Comme professeur de th&eacute;ologie, de m&eacute;decine ou de droit, elle n&rsquo;existe pas.</span></p><p><span>Il lui a refus&eacute; les moyens d&rsquo;obtenir une instruction compl&egrave;te, tous les coll&egrave;ges lui &eacute;tant ferm&eacute;s.</span></p><p><span>Il ne lui accorde, dans l&rsquo;&Eacute;glise comme dans l&rsquo;&Eacute;tat, qu&rsquo;une position subordonn&eacute;e, invoquant l&rsquo;autorit&eacute; apostolique pour l&rsquo;exclure du minist&egrave;re religieux et, &agrave; quelques exceptions pr&egrave;s, de toute participation publique aux affaires de l&rsquo;&Eacute;glise.</span></p><p><span>Il a cr&eacute;&eacute; une fausse opinion publique en donnant au monde deux codes moraux diff&eacute;rents, l&rsquo;un pour les hommes, l&rsquo;autre pour les femmes : les fautes morales qui excluent les femmes de la soci&eacute;t&eacute; sont non seulement tol&eacute;r&eacute;es chez l&rsquo;homme, mais tenues pour peu de chose.</span></p><p><span>Il a usurp&eacute; la pr&eacute;rogative de J&eacute;hovah lui-m&ecirc;me, en pr&eacute;tendant avoir le droit de lui assigner une sph&egrave;re d&rsquo;action, alors que celle-ci rel&egrave;ve de sa conscience et de son Dieu.</span></p><p><span>Il s&rsquo;est efforc&eacute;, par tous les moyens en son pouvoir, de d&eacute;truire sa confiance en ses propres capacit&eacute;s, d&rsquo;amoindrir son respect d&rsquo;elle-m&ecirc;me et de la rendre dispos&eacute;e &agrave; mener une vie d&eacute;pendante et avilie.</span></p><p><span>En cons&eacute;quence, consid&eacute;rant cette privation enti&egrave;re des droits civiques d&rsquo;une moiti&eacute; du peuple de ce pays, sa d&eacute;gradation sociale et religieuse, les lois injustes ci-dessus mentionn&eacute;es, et parce que les femmes se sentent l&eacute;s&eacute;es, opprim&eacute;es et frauduleusement priv&eacute;es de leurs droits les plus sacr&eacute;s, nous exigeons qu&rsquo;elles soient imm&eacute;diatement admises &agrave; tous les droits et privil&egrave;ges qui leur appartiennent comme citoyennes des &Eacute;tats-Unis.</span></p><p><span>En entreprenant la grande &oelig;uvre qui est devant nous, nous pr&eacute;voyons bien des incompr&eacute;hensions, des d&eacute;formations et des railleries ; mais nous emploierons tous les moyens en notre pouvoir pour atteindre notre but. Nous enverrons des agents, diffuserons des brochures, adresserons des p&eacute;titions aux l&eacute;gislatures des &Eacute;tats et &agrave; la l&eacute;gislature nationale, et nous nous efforcerons de rallier &agrave; notre cause la chaire et la presse. Nous esp&eacute;rons que cette Convention sera suivie d&rsquo;une s&eacute;rie de conventions embrassant toutes les r&eacute;gions du pays.</span></p><p><span>Fermement confiants dans le triomphe final du Droit et du Vrai, nous apposons aujourd&rsquo;hui nos signatures &agrave; cette d&eacute;claration.</span></p>]]></content>
	<updated>2026-06-30T17:26:38+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-06-30T17:26:38+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le droit à la voix trouve son tempo.</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La 1ere chambre civile de la Cour de cassation a rendu, le 24 juin 2026, une d&eacute;cision qui &eacute;largit le...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGzWbGfF1E_lrlp3l4RRPA631OV0UWPS263NanFDw69o8908YAcDoLftMQXkQKkHO9MGVrhiB558ORKdOfqSvkS4BOs1mjydK7DF1Mqlo0j3BJ97QwkS5qhuydjsgnMsQ7H3R08GCz85roCeiaOWykl-gKQgLw7TFXm2uRRCiSvgM91ZCe3LhbinO5aX4/s1150/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-27%20a%CC%80%2019.57.57.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGzWbGfF1E_lrlp3l4RRPA631OV0UWPS263NanFDw69o8908YAcDoLftMQXkQKkHO9MGVrhiB558ORKdOfqSvkS4BOs1mjydK7DF1Mqlo0j3BJ97QwkS5qhuydjsgnMsQ7H3R08GCz85roCeiaOWykl-gKQgLw7TFXm2uRRCiSvgM91ZCe3LhbinO5aX4/w212-h152/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-27%20a%CC%80%2019.57.57.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/6a3cc07ccdc6046d479d9ffc" target="_blank" rel="noopener noreferrer">1ere chambre civile de la Cour de cassation a rendu, le 24 juin 2026, une d&eacute;cision </a>qui &eacute;largit le champ des libert&eacute;s publiques. Elle &eacute;nonce en effet que le droit au respect de la vie priv&eacute;e inclut le droit au respect de la voix, dans des conditions identiques &agrave; celles qui gouvernent le droit &agrave; l'image. La voix est donc un attribut de la personnalit&eacute; et elle doit &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;e. Comme bien souvent cependant, cette &eacute;volution jurisprudentielle figure dans une d&eacute;cision de rejet. En l'esp&egrave;ce, la Cour fait en effet pr&eacute;valoir le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral sur le droit au respect de la voix.</div></span><p></p><p><span>L&rsquo;affaire est celle de la chanson&nbsp;<i>Des gens beaux,</i> &eacute;crite et chant&eacute;e par <i>Grand Corps Malade</i> en r&eacute;action &agrave; des propos publics d&rsquo;un journaliste musical sur l&rsquo;apparence physique de certains artistes, notamment<i> Hoshi</i>. La chanson reprenait&nbsp;33 secondes&nbsp;de l&rsquo;entretien, sur une dur&eacute;e totale de 2 minutes 41, en ins&eacute;rant la voix du journaliste au d&eacute;but, au milieu et &agrave; la fin du titre. Le journaliste affirmait en effet : "<i>Quand vous regardez&nbsp;Hoshi, par exemple, qui a un talent incroyable, indiscutable. Mais enfin, vous mettriez un poste de&nbsp;Hoshi&nbsp;dans votre chambre, vous ? Elle est effrayante</i> ".</span></p><p><span>Le journaliste avait saisi le juge en invoquant le droit au respect de la vie priv&eacute;e, qui int&egrave;gre le droit au respect de la voix. Mais le tribunal judiciaire de Paris avait &eacute;cart&eacute; le recours, jugeant que les propos tenus &eacute;taient publics et que leur reprise s'int&eacute;grait dans un d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. La cour d'appel, en revanche, avait assimil&eacute; l'existence d'un droit de la personne sur sa voix, semblable au droit &agrave; l'image.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit &agrave; la voix</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>C'est sans doute la premi&egrave;re fois que la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation affirme clairement que la voix b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;une protection analogue &agrave; celle de l&rsquo;image, Elle se place sur le double fondement de l&rsquo;article 9 du code civil et de l&rsquo;article 8 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme qui prot&egrave;gent le droit au respect de la vie priv&eacute;e.&nbsp;</span></p><p><span>Le droit &agrave; la voix n'&eacute;tait pas tout-&agrave;-fait inconnu, surtout en mati&egrave;re civile. Le 3 d&eacute;cembre 1975, le tribunal de Paris avait jug&eacute; que l'imitation des "<i>particularit&eacute;s verbales</i>" du com&eacute;dien <i>Claude Pi&eacute;plu </i>portait atteinte &agrave; son droit sur sa voix et ordonn&eacute; le retrait de la publicit&eacute; dans laquelle il &eacute;tait imit&eacute;. Surtout, la d&eacute;cision rendue par le TGI de Paris le 19 mai 1982 avait affirm&eacute; que la voix &eacute;tait un "<i>attribut de la personnalit&eacute;, une sorte d'image sonore"</i> permettant d'identifier la personne. C'&eacute;tait particuli&egrave;rement vrai dans l'affaire soumise au juge, puisque la voix en question &eacute;tait celle de <i>Maria Callas,</i>&nbsp;sp&eacute;cialement identifiable. Ses h&eacute;ritiers ont alors obtenu du juge l'interdiction de diffuser &agrave; la radio des enregistrements de travail r&eacute;alis&eacute;s &agrave; la fin de sa vie, et dont elle n'&eacute;tait pas satisfaite, pr&eacute;cis&eacute;ment parce que sa voix n'&eacute;tait plus celle que ses admirateurs avaient connue.De fait, la jurisprudence consid&eacute;rait que la voix &eacute;tait un attribut de la personnalit&eacute;, digne d'&ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;e comme telle. Les seules exceptions r&eacute;sidaient dans les imitations parodiques en dehors d'un usage publicitaire, et la reproduction de la voix des personnalit&eacute;s politiques s'exprimant dans des circonstances publiques.</span></p><p><span>En mati&egrave;re p&eacute;nale, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049312755?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 226-1 du code p&eacute;nal </a>sanctionne le fait de capter, enregistre ou transmettre, sans le consentement de l'int&eacute;ress&eacute;, des paroles prononc&eacute;es &agrave; titre priv&eacute;. Certes, ce texte ne cr&eacute;e pas un droit &agrave; la voix r&eacute;prim&eacute; p&eacute;nalement, mais il montre que la voix comme les paroles prononc&eacute;es peuvent &ecirc;tre des vecteurs d'atteinte &agrave; la vie priv&eacute;e.</span></p><p><span><span>Quant &agrave; la CEDH, elle n'a certes pas consacr&eacute; un droit &agrave; la voix autonome aussi clairement que le fait aujourd'hui la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation. En revanche, dans son </span><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng-press?i=003-419654-419935" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>P. G. et J. H. c. Royaume-Uni </i>du 25 septembre 2001&nbsp;e</a><span>lle juge que l'enregistrement clandestin de voix dans les locaux de la police s'analyse comme une ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e. Elle ne saurait donc &ecirc;tre admise que dans un cadre l&eacute;gal pr&eacute;cis&eacute;ment d&eacute;fini.</span></span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><span>&nbsp;<span>Casta Diva. Bellini. Acte 1</span></span><p></p><p><span>Maria Callas</span></p><p><span>Concert du 19 d&eacute;cembre 1958. Op&eacute;ra de Paris</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La voix, une image sonore</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision transpose purement et simplement la&nbsp;<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-158855" target="_blank" rel="noopener noreferrer">jurisprudence de la CEDH relative au droit &agrave; l'image <i>Courderc et hachette Filipacchi c. France</i> du 10 novembre 2015</a>. La 1ere chambre civile, dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000043618126?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 2 juin 2021,</a> juge &eacute;galement que la seule atteinte au droit &agrave; l'image ouvre un droit &agrave; r&eacute;paration. La voix est ainsi pr&eacute;sent&eacute;e comme l'image sonore de la personne, qu'elle permet d'identifier, un attribut de sa personnalit&eacute;.</span></p><p><span>Mais la d&eacute;cision du 24 janvier 2026 apporte aussit&ocirc;t une limite &agrave; cette avanc&eacute;e jurisprudentielle. Le droit &agrave; la voix n'est pas absolu. Comme le droit &agrave; l'image, il doit &ecirc;tre concili&eacute; avec la libert&eacute; d'expression, y compris la libert&eacute; d'expression artistique prot&eacute;g&eacute;e par l'article 10 de la Convention europ&eacute;enne, et qui b&eacute;n&eacute;ficie d'un niveau &eacute;lev&eacute; de protection.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral et la libert&eacute; artistique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Pr&eacute;cis&eacute;ment, la d&eacute;cision du 24 juin 2026 casse l'arr&ecirc;t de la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;d'appel de Paris qui avait jug&eacute; illicite l'utilisation de la voix du journaliste dans la chanson. Il lui reproche une conception trop &eacute;troite du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, tel qu'il est pr&eacute;sent&eacute; dans la chanson de <i>Grand Corps Malade</i>. Les propos&nbsp; qui &eacute;taient repris portaient en effet sur le r&ocirc;le de l'apparence physique dans la carri&egrave;re artistique. Ils avaient suscit&eacute; controverse et d&eacute;bats, au point d'&ecirc;tre repris dans une chanson.</span></p><p><span>Or ce d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral est le coeur de la d&eacute;cision. La c</span><span>our</span><span>&nbsp;d'appel avait consid&eacute;r&eacute; que l'apparence physique des artistes ne m&eacute;ritait pas la qualification de d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, au m&ecirc;me titre par exemple que les violences faites aux femmes. Pour elle, il s'agissait plut&ocirc;t d'une opinion, certes assez peu &eacute;clair&eacute;e, mais d'une opinion tout de m&ecirc;me sur le lien entre beaut&eacute; physique et succ&egrave;s musical. Pour la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation, au contraire, les propos du journaliste ont suscit&eacute; une forte controverse, ce qui montre l'importance du d&eacute;bat. Elle consid&egrave;re donc que le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral est bien pr&eacute;sent, et qu'il justifie les trois citations tr&egrave;s br&egrave;ves faites dans la chanson.</span></p><p><span>La&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation sanctionne ainsi une attitude des juges du fond qui ont trop rapidement ferm&eacute; la porte de l'article 10 de la Convention. En l'esp&egrave;ce, l'utilisation de la voix d'autrui n'est pas une discrimination, car la voix n'est que le support sonore de propos discriminatoires tenus bien ant&eacute;rieurement par le journaliste. L'utilisation de la voix d'autrui est une ing&eacute;rence dans la personnalit&eacute; d'autrui, ing&eacute;rence qui peut, comme c'est le cas en l'esp&egrave;ce, &ecirc;tre justifi&eacute;e par le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral.</span></p><p><span>On peut &eacute;videmment s'interroger sur cette d&eacute;cision et sur ses suites. L'inconv&eacute;nient r&eacute;side sans doute dans une conception tr&egrave;s inclusive du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, au d&eacute;triment des droits de la personnalit&eacute;. La Cour en vient &agrave; consid&eacute;rer qu'une forte controverse suffit &agrave; caract&eacute;riser ce d&eacute;bat. En l'esp&egrave;ce, on serait tent&eacute; de penser que le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral a &eacute;t&eacute; largement cr&eacute;&eacute; par <i>Grand Corps Malade</i> qui a donn&eacute; un v&eacute;ritable retentissement &agrave; un &eacute;change qui n'avait pas d&eacute;pass&eacute; les r&eacute;seaux sociaux. En bref, il suffit que quelqu'un donne de l'audience &agrave; un d&eacute;bat pour qu'il devienne d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Cette critique avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; formul&eacute;e &agrave; propos de la jurisprudence de la CEDH qui consid&eacute;rait comme relevant du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral les photos du <i>fils cach&eacute; </i>du prince de Monaco. Il existe ainsi des d&eacute;bats d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral qui n'int&eacute;ressent personne, ou pas grand monde.</span></p><p><span>L'arr&ecirc;t du 24 juin 2026 est aussi, porteur de promesses. La protection de la voix, comme attribue de la personnalit&eacute; pourrait s'appliquer dans de multiples domaines, et c'est sans doute &agrave; cela que pensait la&nbsp;</span><span>Cour</span><span>&nbsp;de cassation. Internet rend aujourd'hui accessibles non seulement des chansons, mais aussi des podcasts et des archives sonores par millions. Surtout l'intelligence artificielle permet aussi de cloner les voix, et de r&eacute;aliser des hypertrucages (<i>Deep Fakes</i>) reproduisant la voix des personnes sans leur consentement. Certes, l'arr&ecirc;t n'emp&ecirc;che rien de tout cela, mais il donne &agrave; la justice quelques moyens pour sanctionner ces pratiques et r&eacute;parer les pr&eacute;judices qu'elles causent.</span></p><h3><span><b>Le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;8 section 4 &sect; C</span></span></h3><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-07-07T14:36:44+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le Conseil constitutionnel applique l&#039;aide à mourir à la proposition Szpiner</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le Conseil constitutionnel a rendu, le 17 juin 2020, une d&eacute;cision d&eacute;clarant que la proposition de lo...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirrg-tlGwz-RgqNt2yChq1BZZdi0WXhGlG0ZynExlQ4ABVbZApfLtvhAeOa8BItSwWCo35214mOkJxDMde2heX3nsSQ6IbTb3HB8DYT_JHpY8JxYxcClIaOXsskrVbn3OctwcDzpuuSePQggzae2WWSexengpHcQzYrxF-99IeAj3Z2rqYmBc-Bvi8fM8/s400/De%CC%81ce%CC%80s.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirrg-tlGwz-RgqNt2yChq1BZZdi0WXhGlG0ZynExlQ4ABVbZApfLtvhAeOa8BItSwWCo35214mOkJxDMde2heX3nsSQ6IbTb3HB8DYT_JHpY8JxYxcClIaOXsskrVbn3OctwcDzpuuSePQggzae2WWSexengpHcQzYrxF-99IeAj3Z2rqYmBc-Bvi8fM8/w114-h114/De%CC%81ce%CC%80s.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le Conseil constitutionnel a rendu, le<a href="https://www.dalloz-actualite.fr/sites/dalloz-actualite.fr/files/resources/2026/06/20267rip.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> 17 juin 2020, une d&eacute;cision d&eacute;clarant que la proposition de loi r&eacute;f&eacute;rendaire port&eacute; par le s&eacute;nateur <i>Szpiner (R&eacute;publicain)&nbsp;</i>n'entrait pas dans le champ d'application de l'article 11 </a>de la Constitution. Cette d&eacute;cision est pass&eacute;e relativement inaper&ccedil;ue, La lev&eacute;e de l'immunit&eacute; parlementaire de son auteur par le bureau du S&eacute;nat n'y est sans doute pas &eacute;trang&egrave;re. Surtout, la d&eacute;cision du Conseil, contrairement &agrave; ce qui a &eacute;t&eacute; affirm&eacute; par certains m&eacute;dias, ne porte pas vraiment sur l'aide &agrave; mourir, mais bien davantage sur le champ du r&eacute;f&eacute;rendum, sur la notion de r&eacute;f&eacute;rendum, et peut-&ecirc;tre aussi sur la place de la d&eacute;mocratie directe dans notre syst&egrave;me constitutionnel.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une proposition de loi oblique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>En effet, la proposition de loi ne dit pas express&eacute;ment : "L'aide &agrave; mourir est interdite". Elle ne cr&eacute;e pas non plus de sanction p&eacute;nale pour punir le suicide&nbsp;assist&eacute;. Elle proposait seulement d'ajouter &agrave; l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006685748/2012-08-08" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 1110-5 du code de la sant&eacute; publique</a> (cap), un nouvel alin&eacute;a ainsi r&eacute;dig&eacute; : "<i>La provocation active de la mort d'un patient ne peut &ecirc;tre qualifi&eacute;e ni de traitement, ni de th&eacute;rapeutique, ni de soin"</i>.</span></p><p><span>On peut d'abord voir dans cette r&eacute;daction un souvenir de la c&eacute;l&egrave;bre affaire <i>Lambert.</i> La parti politique auquel appartient M. <i>Szpiner</i> &eacute;tait alors le soutien le plus actif de la m&egrave;re de ce jeune homme en &eacute;tat v&eacute;g&eacute;tatif depuis plusieurs ann&eacute;es. Alors qu'elle souhaitait prolonger. &agrave; tout prix la vie de son fils, la plus grande partie de sa famille souhaitait qu'il puisse s'&eacute;teindre dans la dignit&eacute;. L''&eacute;quipe m&eacute;dicale avait donc d&eacute;cid&eacute; d'interrompre les traitements, conform&eacute;ment &agrave; la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000031970295" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi <i>L&eacute;onetti-Cleyss </i>du 2 f&eacute;vrier 2016</a>. En l'esp&egrave;ce il s'agissait d'interrompre la nutrition et l'hydratation artificielles, et de placer le patient en s&eacute;dation profonde, jusqu'&agrave; son d&eacute;c&egrave;s. <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2019/04/vincent-lambert-la-troisieme-procedure.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le 24 avril 2019, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat, </a>saisi par la m&egrave;re de Vincent Lambert, valide la d&eacute;cision &nbsp;"<i>d'arr&ecirc;ter les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles</i>". Autrement&nbsp;dit, les juges admettaient d&eacute;j&agrave; que l'interruption de la nutrition et d&eacute;cision et la s&eacute;dation profonde constituaient des <i>"traitements</i>" au sens m&eacute;dical du terme. De toute &eacute;vidence, la proposition <i>Szpiner</i> s'inspirait de ce pr&eacute;c&eacute;dent, mais en inversant l'analyse. Une conception tr&egrave;s &eacute;troite des "soins" &eacute;tait d&eacute;velopp&eacute;e, notion limit&eacute;e &agrave; ce qui permet d'obtenir une gu&eacute;rison ou, au moins, une am&eacute;lioration de l'&eacute;tat du patient.</span></p><p><span>Cette r&eacute;f&eacute;rence a la notion de "soins" ne rel&egrave;ve pas seulement des convictions &eacute;thiques ou religieuses des auteurs de la proposition de loi. Sur un plan plus juridique, elle vise &agrave; contourner les contraintes de l'<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 11 de la Constitution. </a>Puisque l'aide &agrave; mourir suppose la prescription ou l'intervention d'un m&eacute;decin, elle pourrait &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute;e comme relevant de la politique sociale et des services publics qui y concourent, notion figurant express&eacute;ment dans l'article 11. La r&eacute;f&eacute;rence au code de la sant&eacute; publique est brandie comme une sorte d'&eacute;tendard affichant la conformit&eacute; de la proposition &agrave; l'article 11.</span></p><p><span>Ce choix r&eacute;dactionnel n'est pourtant pas aussi clair que ses promoteurs le souhaitent.&nbsp;</span></p><p><span>Que signifie la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la "<i>provocation active de la mort</i>" ? S'agit-il de l'administration d'une substance l&eacute;tale par un m&eacute;decin ? par le patient lui-m&ecirc;me et l'on parle alors de suicide assist&eacute; ? S'agit-il de toute aide active &agrave; mourir et l'on pourrait m&ecirc;me consid&eacute;rer, y compris la s&eacute;dation profonde qui conduit &agrave; un d&eacute;c&egrave;s &agrave; court terme ? La proposition <i>Szpiner</i> veut-elle aller jusqu'&agrave; la remise en cause du droit de mourir dans la dignit&eacute; qui figure d&eacute;j&agrave; dans le droit positif ? Toutes les interpr&eacute;tations sont possibles si l'on consid&egrave;re l'incertitude la formulation.</span></p><p><span>Par ailleurs, la proposition de loi ne dit finalement pas ce qui est interdit. Dire qu'un acte ne peut &ecirc;tre qualifi&eacute; de soin ne signifie pas qu'il soit n&eacute;cessairement prohib&eacute;. L'acc&egrave;s au suicide assist&eacute; pourrait &ecirc;tre qualifi&eacute; de droit &agrave; l'autonomie du patient, d'acte d'accompagnement, voire simplement de proc&eacute;dure de fin de vie.&nbsp;</span></p><p><span>Enfin, la proposition est ambigu&euml; au regard du d&eacute;bat parlementaire en cours. En effet, elle ne peut demander l'abrogation d'une loi qui n'est pas encore vot&eacute;e. Tout au plus cherche-t-elle &agrave; prendre de vitesse le l&eacute;gislateur ordinaire, sachant que le S&eacute;nat a toujours vot&eacute; contre ce texte, mais qu'il n'a pas le dernier mot. Le RIP devient alors une sorte d'instrument de d&eacute;rivation du d&eacute;bat parlementaire. Il s'agit d'emp&ecirc;cher qu'une majorit&eacute; parlementaire adopte un texte auxquels les signataires sont oppos&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>J'ai plus la force. Loranger. 2017</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le RIP, ou le r&eacute;f&eacute;rendum inutilisable</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Rappelons que le RIP n'a rien d'un r&eacute;f&eacute;rendum "populaire". Il s'agit d'une initiative partag&eacute;e, c&eacute;r&eacute;monial chinois d'un nouveau type, organis&eacute; de telle mani&egrave;re qu'il est pratiquement impossible de mener la proc&eacute;dure &agrave; son terme.</span></p><p><span>L'initiative appartient &agrave; un cinqui&egrave;me des parlementaires, et pr&eacute;cis&eacute;ment la proposition <i>Szpiner </i>est parvenue &agrave; franchir ce seuil. Mais la suite est beaucoup plus al&eacute;atoire. Il faut en effet obtenir le soutien d'un dixi&egrave;me des &eacute;lecteurs inscrits, soit plus de 4 700 000 signatures. Si par hasard ce seuil est atteint, il faut encore que le parlement n'examine pas la proposition dans un d&eacute;lai d&eacute;termin&eacute; pour que le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique soit tenu de la soumettre au r&eacute;f&eacute;rendum. Une telle proc&eacute;dure traduit une m&eacute;fiance originelle, une volont&eacute; d'afficher un projet d&eacute;mocratique, tout en confisquant le pouvoir de d&eacute;cision au profit du parlement.</span></p><p><span>Le contr&ocirc;le&nbsp;du Conseil constitutionnel s'effectue en trois temps. Il commence par v&eacute;rifier que la proposition a bien r&eacute;uni 20 % des parlementaires, ce qui est le cas en l'esp&egrave;ce.</span></p><p><span>Les choses se compliquent ensuite, car le Conseil doit s'assurer que l'objet du r&eacute;f&eacute;rendum rel&egrave;ve de l'article 11, et enfin que le contenu de la proposition est conforme &agrave; la Constitution. Dans les deux cas, il se prononce en faveur de l'inconstitutionnalit&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Verrouiller l'article 11</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Ce point est essentiel, et c'est lui qui suscite le plus de d&eacute;bats. On sait que l'article 11 proc&egrave;de par &eacute;num&eacute;ration, en dressant la liste des sujets susceptibles de donner lieu &agrave; r&eacute;f&eacute;rendum. Parmi ceux-ci l'organisation des pouvoirs publics ou la politique &eacute;conomique, sociale et environnementale de la nation et des&nbsp;services publics qui y concourent.</span></p><p><span>Lors des <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/les-revisions-constitutionnelles/loi-constitutionnelle-n-95-880-du-4-aout-1995" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;bats qui ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute; la r&eacute;vision de 1995</a> &eacute;largissant le champ de l'article 11 , il a &eacute;t&eacute; pr&eacute;cis&eacute; que cette liste &eacute;tait limitative. En revanche, rien n'est dit sur l'interpr&eacute;tation qui peut &ecirc;tre faite par le Conseil. &nbsp;</span></p><p><span>Il aurait pu de donner une interpr&eacute;tation extensive, consid&eacute;rant que toute r&eacute;forme touchant la sant&eacute; publique rel&egrave;ve de la politique sociale de la nation. Celle-ci ne se r&eacute;duirait pas aux prestations sociales ou au droit du travail mais pourrait inclure des questions d'acc&egrave;s aux soins, de fin de vie, de d&eacute;pendance etc. Or une proposition sur l'aide &agrave; mourir modifie le code de la sant&eacute; publique et concerne les services de sant&eacute;. Cette option large pouvait s'appuyer sur la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043914679" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision RIP du 6 ao&ucirc;t 2021</a>, dans laquelle le Conseil estime que la qualit&eacute; du service public hospitalier peut relever de l'article 11, ce qui ne l'emp&ecirc;che d'ailleurs pas de d&eacute;clarer la proposition inconstitutionnelle sur un autre fondement. La fin de vie pourrait donc aussi &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme relevant de la politique sociale de la nation.</span></p><p><span>Le Conseil a pourtant choisi une interpr&eacute;tation &eacute;troite de l'article 11. Elle insiste sur son caract&egrave;re limitatif en s'appuyant sur la volont&eacute; du constituant affirm&eacute;e lors des travaux pr&eacute;paratoires de la r&eacute;vision de 1995. Les sujets &eacute;thiques et sociaux sont ainsi&nbsp;exclus du champ du r&eacute;f&eacute;rendum. De fait, le Conseil ne cherche pas &agrave; savoir si la fin de vie pourrait &ecirc;tre rattach&eacute;e &agrave; la politique sociale. Il se borne &agrave; affirmer qu'il s'agit d'une question &eacute;thique qui ne peut &ecirc;tre soumise &agrave; r&eacute;f&eacute;rendum.</span></p><p><span>On sait que la volont&eacute; de l'auteur du texte, en l'esp&egrave;ce le constituant, est un &eacute;l&eacute;ment d'interpr&eacute;tation de la norme qu'il contient. Il n'emp&ecirc;che que le Conseil aurait pu consid&eacute;rer qu'une question directe sur l'assistance au suicide rel&egrave;ve bien d'une question &eacute;thique, alors que l'organisation des soins, quels qu'ils soient, entre dans la politique sociale. Cette solution m&eacute;diane n'est toutefois gu&egrave;re plus satisfaisante &ccedil;ar elle incite les auteurs de propositions &agrave; les fonder sur des questions de proc&eacute;dure, alors que le peuple souverain aspire &agrave; &ecirc;tre consult&eacute; sur des probl&egrave;mes de soci&eacute;t&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le pi&egrave;ge du droit constant</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, le Conseil aurait pu admettre que le sujet entrait dans le champ de l'article 11, d'autant plus qu'il a mis en &eacute;vidence un autre cas d'inconstitutionnalit&eacute;. Il rel&egrave;ve qu'&agrave; la date de sa saisine, aucune disposition l&eacute;gislative n'autorise l'aide active &agrave; mourir, sous quelque forme que ce soit. Il en d&eacute;duit qu'exclure la "<i>provocation active &agrave; ma mort</i>" de la notion de traitement ou de soin n'emporte aucun changement sur l'&eacute;tat du droit. Or, l'article 11 mentionne que le r&eacute;f&eacute;rendum doit porter sur "<i>des r&eacute;formes</i>" du droit positif dans les domaines qu'il mentionne.</span></p><p><span>Cette analyse s'inscrit dans sa jurisprudence r&eacute;cente. Dans sa<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/20234RIP.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> d&eacute;cision du 14 avril 2023,</a> il avait d&eacute;j&agrave; &eacute;cart&eacute; une proposition qui, &agrave; la date de sa saisine, affirmait que le d&eacute;part &agrave; la retraite ne pouvait &ecirc;tre fix&eacute; au-del&agrave; de 62 ans. Or, &agrave; ce moment pr&eacute;cis&eacute;, la loi sur les retraites n'&eacute;tait pas vot&eacute;e et le droit positif fixait encore l'&acirc;ge de d&eacute;part &agrave; 62 ans.&nbsp;</span></p><p><span>La d&eacute;cision du 17 juin 2026 reprend exactement cette analyse : la proposition <i>Szpiner</i> ne change rien au droit positif, car, au moment de la saisine du Conseil, le droit positif ne reconnait pas l'aide &agrave; mourir. Le Conseil se place dont &agrave; la date de sa saisine et refuse, finalement assez logiquement, un texte futur donc hypoth&eacute;tique. Si le texte ne modifie pas le droit existant, il n'emporte aucune "r&eacute;forme" au sens de l'article 11.</span></p><p><span>Sur la plan juridique, la d&eacute;cision appara&icirc;t rigoureuse, m&ecirc;me si rappelons-le, la proposition de loi visait &agrave; emp&ecirc;cher l'adoption d'un texte qui a le soutien d'une large partie de l'opinion. Selon un <a href="https://www.admd.org/articles/sondages/sondage-ifop-les-francais-et-la-proposition-de-loi-sur-la-fin-de-vie.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sondage IFOP r&eacute;alis&eacute; les 28 et 29 janvier 2026, </a>87 % des Fran&ccedil;ais souhaitent pouvoir choisir, en fin de vie, entre les soins palliatifs et l'aide active &agrave; mourir et 84 % approuvent la proposition de loi pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale et rejet&eacute;e au S&eacute;nat. On a donc le sentiment que la proposition <i>Szpiner</i> n'avait pas pour objet de permettre au peuple d'exprimer sa volont&eacute;, mais plut&ocirc;t de tout tenter pour &eacute;carter une loi qui r&eacute;pond &agrave; une forte demande sociale. Mais si le Conseil avait admis la constitutionnalit&eacute;, il est plus que probable que le texte n'aurait pas recueilli un grand nombre de signatures. Alors pourquoi ne pas le laisser continuer son chemin, et tomber dans l'oubli ?</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, la d&eacute;cision du 17 juin 2026 se situe dans la droite ligne de ce qu'est le RIP, c'est-&agrave;-dire une proc&eacute;dure visant essentiellement &agrave; &eacute;carter les propositions de r&eacute;f&eacute;rendum. Si l'on voulait laisser le peuple souverain s'exprimer, on pourrait attendre davantage de souplesse. La distinction entre question sociale et question de soci&eacute;t&eacute; peut-elle r&eacute;ellement &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e de mani&egrave;re aussi cat&eacute;gorique ? On peut en douter, et le Conseil donne ici des armes &agrave; ceux qui estiment que le RIP est une proc&eacute;dure destin&eacute;e &agrave; emp&ecirc;cher la d&eacute;mocratie directe, et &agrave; ceux, de plus en plus nombreux, qui critiquent le r&ocirc;le de Conseil constitutionnel, au point parfois de remettre en cause le principe m&ecirc;me du contr&ocirc;le de constitutionnalit&eacute;.</span></p><div><span><br></span></div><div><h3><span><b>L'aide &agrave; mourir&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;7 section 2 &sect; 2 A&nbsp;</span></span></h3><div><span><span><br></span></span></div><p><span></span></p></div>]]></content>
	<updated>2026-06-24T21:26:51+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">En avant la musique !</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Une ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute;&nbsp;du tribunal administratif de Paris dat&eacute; du 19 juin 2026, suspend la d&eacute;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEikyoSy9McBAWX1a3sZxEB3viAYXD4Kbcdiqr3MhDQGerXqLxyY1JD_o0FJE6cVKHaXCnsks1-SZLwJ35hMaldSdgqW2GY1RZ5xBo9h7L-6sjo8eYKmJwa9Yu18zAf4zcn1T30fUMEqxrKAcs2l9ybh8abfmy8tBolD7KgdHUQ89vtdTw-y2rotaCBioMs/s492/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-21%20a%CC%80%2018.49.42.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEikyoSy9McBAWX1a3sZxEB3viAYXD4Kbcdiqr3MhDQGerXqLxyY1JD_o0FJE6cVKHaXCnsks1-SZLwJ35hMaldSdgqW2GY1RZ5xBo9h7L-6sjo8eYKmJwa9Yu18zAf4zcn1T30fUMEqxrKAcs2l9ybh8abfmy8tBolD7KgdHUQ89vtdTw-y2rotaCBioMs/w175-h137/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-21%20a%CC%80%2018.49.42.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Une ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute;&nbsp;<a href="https://paris.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/le-juge-des-referes-suspend-l-interdiction-par-arrete-prefectoral-du-concert-organise-par-la-france-insoumise-a-paris-pour-la-fete-de-la-musique" target="_blank" rel="noopener noreferrer">du tribunal administratif de Paris dat&eacute; du 19 juin 2026,</a> suspend la d&eacute;cision du pr&eacute;fet de police de Paris qui interdisait un concert organis&eacute; par <i>La France Insoumise</i> pour la F&ecirc;te de la musique.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Sur le fond, la d&eacute;cision se pr&eacute;sente comme une application tr&egrave;s orthodoxe de la c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/1933-05-19/17413" target="_blank" rel="noopener noreferrer">jurisprudence Benjamin de 1933</a>. Le juge appr&eacute;cie tr&egrave;s concr&egrave;tement la proportionnalit&eacute; d'une mesure d'interdiction au regard de la menace pour l'ordre public. En l'esp&egrave;ce, il juge que la menace n'est pas &eacute;tablie parce qu'elle ne ressort pas clairement du dossier produit par le pr&eacute;fet.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La faiblesse du dossier</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La lecture de la d&eacute;cision suscite en effet la perplexit&eacute;. Il est clair que les juges de r&eacute;f&eacute;r&eacute;s, car il s'agit cette fois d'une formation coll&eacute;giale, ont surtout sanctionn&eacute; la faiblesse du dossier pr&eacute;sent&eacute; par le pr&eacute;fet. L'a<a href="https://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/sites/default/files/Documents/arrete_ndeg2026-00750_portant_interdiction_d_un_concert_prevu_le_21_juin_2026_a_paris.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t&eacute; d'interdiction du 17 juin 2026</a> &nbsp;comportait pourtant quatre pages de motivation. Parmi les motifs, certains sont presque classiques comme le fait que les forces de police sont tr&egrave;s sollicit&eacute;es le jour de la F&ecirc;te de la musique, et qu'il leur est difficile de s&eacute;curiser un rassemblement de cette importance, surtout dans le contexte de la Coupe du monde de football et du Plan Vigipirate renforc&eacute;.</span></p><p><span>D'autres motifs &eacute;taient plus sp&eacute;cifiques, tourn&eacute;s vers le rassemblement lui-m&ecirc;me. Etaient notamment invoqu&eacute;s la pr&eacute;sence de Mme <i>Assa Traor&eacute;</i>, fondatrice du <i>Comit&eacute; Adama</i>, ainsi que celle des rappeurs <i>M&eacute;dine&nbsp;</i>et<i> Soso Maness</i><i>. </i>Le pr&eacute;fet affirme que les uns ont tenu des propos antis&eacute;mites et/ou apport&eacute; un soutien sans faille &agrave; <i>Dieudonn&eacute;,</i> les autres ont pris des positions tr&egrave;s agressives &agrave; l'&eacute;gard de la police. Enfin, il note que des rassemblements du <i>Comit&eacute; Adama </i>se sont souvent termin&eacute;s dans la violence.</span></p><p><span>Devant le juge, le pr&eacute;fet de police ne parvient cependant pas &agrave; apporter la preuve de ce qu'il avance, en particulier sur ces motifs sp&eacute;cifiques. Le tribunal rel&egrave;ve simplement que les documents dont il dispose ne lui permettent pas de voir que <i>Assa Traor&eacute;</i>, <i>M&eacute;dine et Soso Maness </i>sont pr&eacute;vus dans la programmation du concert. Cela ne signifie pas qu'ils ne seront pas pr&eacute;sents, mais que le pr&eacute;fet n'est pas parvenu &agrave; apporter la preuve de leur participation. C'est ainsi qu'aucune prise de parole n'est annonc&eacute;e durant le concert. De m&ecirc;me, le tribunal n'a re&ccedil;u aucune mention d'&eacute;ventuelles contre-manifestations. Aucun indice, dans le dossier, ne montre que les organisateurs inciteraient &agrave; des violences entre groupes antagonistes. Enfin, le pr&eacute;fet ne d&eacute;montre nulle part que les forces de l'ordre seraient incapables d'assurer le maintien de l'ordre par de mesures moins radicales.&nbsp;</span></p><p><span>C'est donc la faiblesse du dossier communiqu&eacute; par le pr&eacute;fet de police qui est &agrave; l'origine de la d&eacute;cision de r&eacute;f&eacute;r&eacute;. L'interdiction est suspendue parce que le pr&eacute;fet &eacute;choue &agrave; apporter la preuve de la menace pour l'ordre public.</span></p><p></p><div></div><br><div><span>L'assassin habite au 21. Henri-Georges Clouzot. 1942</span></div><p></p><p><span><br></span></p><p><span>Concert et manifestation</span></p><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision est juridiquement fond&eacute;e, mais elle laisse tout de m&ecirc;me apparaitre l'ambigu&iuml;t&eacute; de la situation. Ambigu&iuml;t&eacute; de la communication de LFI tout d'abord. Elle communique sur une participation &agrave; la f&ecirc;te de la musique et ses militants se r&eacute;pandent dans les m&eacute;dias pour affirmer qu'il s'agit seulement d'un concert, d'un moment de musique partag&eacute;e. Il n'emp&ecirc;che que la d&eacute;marche militante demeure, et que l'on parle aussi d'une "f&ecirc;te de la musique antiraciste" de "campagne sur le front culturel" etc. Le rassemblement est donc &agrave; la fois festif, culturel et politique, ce qui d'ailleurs n'est pas interdit. Mais pourquoi le pr&eacute;senter comme uniquement musical ?</span></p><p><span>La question ne se pose pas seulement en termes politiques mais aussi en termes juridiques. Car LFI, pour organiser son concert, ne s'est pas appuy&eacute;e sur la libert&eacute; de r&eacute;union. Elle a tout simplement d&eacute;pos&eacute; une d&eacute;claration de manifestation sur la voie publique, sur le fondement de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025505133" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article L 211-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> (cri). Ce choix est licite, car ces dispositions peuvent s'appliquer, de mani&egrave;re ind&eacute;termin&eacute;e, aux "<i>cort&egrave;ges, d&eacute;fil&eacute;s et rassemblements de personnes, et, d'une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, toutes manifestations sur la voie publique"</i>. Un concert statique Place de la R&eacute;publique entre, &agrave; l'&eacute;vidence, dans ce cadre.</span></p><p><span>Il n'emp&ecirc;che que, pour la cour de cassation, depuis un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000032050154/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 9 f&eacute;vrier 2016,</a> la manifestation se d&eacute;finit comme "<i>tout rassemblement, statique ou mobile, sur la voie publique d'un groupe organis&eacute; de personnes aux fins d'exprimer collectivement et publiquement une opinion ou une volont&eacute; commune</i>". Le caract&egrave;re revendicatif apparait ainsi comme un crit&egrave;re de d&eacute;finition de la manifestation.&nbsp;</span></p><p><span>LFI a donc pu l&eacute;galement utiliser la proc&eacute;dure de d&eacute;claration pr&eacute;alable pr&eacute;vue par le r&eacute;gime des manifestations. Avouons tout de m&ecirc;me qu'il est peu d&eacute;licat de revendiquer, dans le m&ecirc;me mouvement, les garanties attach&eacute;es &agrave; la libert&eacute; de manifestation et et de nier toute dimension politique du concert. Mais il s'agit l&agrave; davantage d'un probl&egrave;me de communication que d'un probl&egrave;me de droit.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le juge et la libert&eacute; de r&eacute;union</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'ordonnance du 19 juin 2026 suspend l'interdiction au motif que l'arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral "<i>porte une atteinte&nbsp;grave et manifestement ill&eacute;gale &agrave; la libert&eacute; de r&eacute;union". </i>Il substitue donc la libert&eacute; de r&eacute;union &agrave; celle de manifestation.</span></p><p><span>Il ne s'agit pas d'une substitution de motifs, au sens contentieux du terme, telle qu'elle a &eacute;t&eacute; pr&eacute;cis&eacute;e par l'<a href="https://www.revuegeneraledudroit.eu/blog/decisions/conseil-detat-sec-6-fevrier-2004-hallal-requete-numero-240560/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du Conseil d'&Eacute;tat du 6 f&eacute;vrier 2004 <i>Hallal</i></a>. La substitution n'est en effet pas une initiative du juge mais de l'administration qui demande au juge de sauver un acte en rempla&ccedil;ant le motif initial par un autre motif de droit ou de fait. Dans le cas de l'ordonnance du 19 juin 2026, rien ne vient sauver l'arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral qui est suspendu. La seule action sur les motifs &agrave; laquelle se livre le juge est la neutralisation des motifs accessoires, notamment l'incertitude sur le respect du d&eacute;lai de d&eacute;claration de la&nbsp;manifestation et l'absence d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. Le juge se borne en effet &agrave; affirmer qu'il ne r&eacute;sulte pas de l'instruction que le pr&eacute;fet aurait pris la m&ecirc;me d&eacute;cision d'interdiction sur ces seuls&nbsp;motifs.</span></p><p><span>En r&eacute;alit&eacute;, la lecture de la d&eacute;cision montre que le tribunal administratif refuse de trancher entre libert&eacute; de r&eacute;union et libert&eacute; de manifestation. Ce n'est tout simplement pas son probl&egrave;me, d'autant que, pour lui, les deux r&eacute;gimes juridiques se ram&egrave;nent &agrave; l'application de la jurisprudence <i>Benjamin</i>. Si les r&eacute;unions sont libres, elles demeurent soumises au contr&ocirc;le maximum du juge. Si les manifestations sont soumises &agrave; d&eacute;claration, elles sont aussi soumises au contr&ocirc;le maximum. Aux yeux du juge, l'&eacute;v&eacute;nement a &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute;, puis interdit par une mesure de police, et cette interdiction porte atteinte &agrave; une libert&eacute; fondamentale.</span></p><p><span>Pourquoi a-t-il choisi de se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; la libert&eacute; de r&eacute;union ? Il en avait parfaitement le droit. On peut penser toutefois qu'il a voulu distinguer le concert d'une manifestation ordinaire. Mais, prudent, il ne se prononce finalement pas sur le caract&egrave;re musical ou politique du rassemblement.</span></p><p><span>Il ne reste plus qu'&agrave; esp&eacute;rer que ce concert se d&eacute;roulera sans incident. Dans le cas contraire, il faudra s'attendre &agrave; une nouvelle campagne diligent&eacute;e contre les vilains-juges-complices-des-d&eacute;sordres, alors que le dossier communiqu&eacute; par le pr&eacute;fet &eacute;tait mal construit, mal r&eacute;dig&eacute;, mal motiv&eacute;...&nbsp;</span></p><h3><span><b>La libert&eacute; de manifestation&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;12&nbsp; section 1 &sect; 2&nbsp;</span></span></h3><p><span></span></p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-21T17:52:21+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La Marseillaise dans les stades : siffler n&#039;est pas jouer</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, vient r&eacute;cemment de d&eacute;clarer : "Siffler la Marseillaise quan...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhqSieb0-gffNTe-Vb9z6AjqbEk4brAPk172GriaBxnjHCQggv3sGAHB_Zc2UYIpXq8Kh3Hch9UPfCUF5fG8zYzfq_eUkmUgr7WN5ITG1Auz7vemMkOnL8DSUTl6nEbNjww8NUojbAbwNYmHFSz4tCmOwImZVgS1BkPwt1Rr4n2RBrfCw1ABVlXH7QyU40/s402/Football%201.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhqSieb0-gffNTe-Vb9z6AjqbEk4brAPk172GriaBxnjHCQggv3sGAHB_Zc2UYIpXq8Kh3Hch9UPfCUF5fG8zYzfq_eUkmUgr7WN5ITG1Auz7vemMkOnL8DSUTl6nEbNjww8NUojbAbwNYmHFSz4tCmOwImZVgS1BkPwt1Rr4n2RBrfCw1ABVlXH7QyU40/w162-h140/Football%201.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>Le maire de Saint-Denis, <i>Bally Bagayoko,</i> vient r&eacute;cemment de d&eacute;clarer : "<i>Siffler la Marseillaise quand la France se d&eacute;shonore par ses actes &agrave; l'international, c'est un droit &agrave; la r&eacute;plique populaire. Parce que les enfants de celles et de ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d'ici mais aussi de l&agrave;-bas</i>". La formulation est plus ambig&uuml;e que sa pr&eacute;sentation dans les m&eacute;dias. L'&eacute;lu invoque non pas exactement un droit de siffler <i>la Marseillaise</i>, mais un "<i>droit &agrave; la r&eacute;plique populaire"</i>, droit qu'il a sans doute cr&eacute;&eacute; <i>ex nihilo </i>et dont on ne trouve aucune trace dans l'ordre juridique<i>.&nbsp;</i>De m&ecirc;me semble-t-il envisager que tout le monde ne soit pas titulaire de ce droit, r&eacute;serv&eacute; aux citoyens qui sont "<i>citoyens d'ici mais aussi de l&agrave;-bas</i>".&nbsp; Les titulaires d'une double nationalit&eacute; auraient-ils donc des droits diff&eacute;rents, plus &eacute;tendus, que ceux dont b&eacute;n&eacute;ficie le citoyen lambda ? Sur le plan juridique, tout cela n'est pas tr&egrave;s s&eacute;rieux et l'on peut se d&eacute;soler de voir qu'un &eacute;lu envisage des droits &agrave; deux vitesses selon les cat&eacute;gories de citoyens.&nbsp;</span></p><p></p><p><span>La prise de parole de <i>M. Bagayoko </i>rel&egrave;ve ainsi exclusivement du discours militant, destin&eacute; &agrave; donner satisfaction &agrave; son &eacute;lectorat. Il n'est &eacute;videmment pas le seul &agrave; cultiver ses &eacute;lecteurs, activit&eacute; qui concerne tous les partis, et cela ne m&eacute;rite qu'un int&eacute;r&ecirc;t modeste.</span></p><p><span>Tout de m&ecirc;me, cette intervention donne l'occasion de s'int&eacute;resser &agrave; la protection des symboles de l'&Eacute;tat, et notamment de l'hymne national, domaine que le droit n'encadre que modestement.</span></p><p><br></p><h3><span>L'interpr&eacute;tation stricte de la loi p&eacute;nale</span></h3><p><br></p><p><span>Le droit positif ne consacre aucun droit de siffler la Marseillaise, mais cela ne signifie pas une interdiction g&eacute;n&eacute;rale de toute action irr&eacute;v&eacute;rencieuse envers l'hymne national.</span></p><p><span>L'article 2 de la Constitution se borne &agrave; affirme que "<i>l'embl&egrave;me national est le drapeau tricolore</i>" et que "<i>l'hymne national est la Marseillaise"</i>. En m&ecirc;me temps, l'article 11 de la D&eacute;claration de 1789 prot&egrave;ge la libert&eacute; de communication des pens&eacute;es et des opinions. Toute la difficult&eacute; juridique tient dans cette question : Comment prot&eacute;ger les symboles de l'&Eacute;tat sans instituer un d&eacute;lit d'irr&eacute;v&eacute;rence r&eacute;publicaine ?</span></p><p><span>A cette question, le l&eacute;gislateur r&eacute;pond par la sanction p&eacute;nale, mais une sanction dont le champ d'application est r&eacute;duit. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006418556/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 433-5-1 du code p&eacute;nal </a>issu de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000412199" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 18 mars 200</a>3 sanctionne "<i>le fait, au cours d'une manifestation organis&eacute;e ou r&eacute;glement&eacute;e par les autorit&eacute;s publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau</i>". L'outrage est puni de 7500 &euro; d'amende, et une peine de six mois d'emprisonnement peut, en outre, &ecirc;tre prononc&eacute;e lorsqu'il est commis en r&eacute;union. On se souvient que ce texte avait &eacute;t&eacute; adopt&eacute; &agrave; la suite des sifflets de supporters alg&eacute;riens lors d'un match de football France-Alg&eacute;rie. Le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, alors Jacques Chirac, avait quitt&eacute; le stade pour manifester sa d&eacute;sapprobation &agrave; l'&eacute;gard d'un tel comportement.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, le texte n'interdit pas toute critique ou toute parodie de <i>la Marseillaise.</i>&nbsp;Il exige par ailleurs que l'outrage intervienne lors d'une manifestation organis&eacute;e ou r&eacute;glement&eacute;e par les autorit&eacute;s publiques. Sans doute un grand match de football dans un stade entre-t-il dans cette d&eacute;finition. En revanche, des propos tenus, par exemple dans un entretien avec la presse, n'y entrent pas. Rappelons &agrave; ce propos que la loi p&eacute;nale fait l'objet d'une interpr&eacute;tation stricte.&nbsp;</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel a rappel&eacute; ce principe dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2003/2003467DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 13 mars 2003.</a>&nbsp;Aux parlementaires qui voyaient dans le d&eacute;lit d'outrage une atteinte disproportionn&eacute;e &agrave; la libert&eacute; d'expression, le Conseil a r&eacute;pondu, en observant que "<i>sont exclus du champ d'application de l'article critiqu&eacute; les oeuvres de l'esprit, les propos tenus dans un cercle priv&eacute;, ainsi que les actes accomplis lors de manifestations non organis&eacute;es par les autorit&eacute;s publiques ou non r&eacute;glement&eacute;es par elles</i>". Dans le cas des propos tenus par M. <i>Bagayoko,</i> il faisait clairement r&eacute;f&eacute;rence aux matchs de football organis&eacute;s dans les comp&eacute;titions internationales, qui sont clairement r&eacute;glement&eacute;es par l'&Eacute;tat ou sous son contr&ocirc;le direct. Les sifflets peuvent donc parfaitement &ecirc;tre poursuivis sur le fondement de l'article 433-5- du code p&eacute;nal.</span></p><p><br></p><div></div><br><p><span>Siffler la Marseillaise</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><span>Une jurisprudence peu abondantes</span></span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Cette interpr&eacute;tation &eacute;troite est aussi celle du Conseil d'&Eacute;tat, &eacute;labor&eacute;e il est vrai &agrave; propos de l'outrage au drapeau national. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000022510542" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article R 645-15 du code p&eacute;nal r</a>&eacute;prime le fait de le d&eacute;truire, le d&eacute;t&eacute;riorer ou l'utiliser de mani&egrave;re d&eacute;gradante dans un lieu public ou ouvert au public, ou encore de diffuser de tels actes. Mais l&agrave; encore deux conditions doivent &ecirc;tre r&eacute;unies, d'une part un trouble possible &agrave; l'ordre public, d'autre part une volont&eacute; clairement &eacute;tablie d'outrager le drapeau. Le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000024390173/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil d'&Eacute;tat, dans un arr&ecirc;t du 19 juillet 2011,</a> confirme la l&eacute;galit&eacute; de ce texte. Il pr&eacute;cise clairement qu'il n'a pas pour objet de r&eacute;primer des actes qui reposeraient sur une volont&eacute; de communiquer, par des actes symboliques, des id&eacute;es politiques ou philosophiques ou encore des oeuvres de cr&eacute;ation artistique.</span></span></p><p><span><span>Si la jurisprudence relative au drapeau est tr&egrave;s maigre, elle l'est encore davantage en ce qui concerne l'hymne national. La seule information disponible r&eacute;side dans une <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/13/questions/QANR5L13QE74401?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">r&eacute;ponse minist&eacute;rielle, publi&eacute;e au Journal officiel du 1er juin 2010, en r&eacute;ponse &agrave; une question &eacute;crite du s&eacute;nateur </a><i><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/13/questions/QANR5L13QE74401?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Guy Teissier</a>.</i> Elle fait &eacute;tat de une &agrave; deux condamnations par an de 2003 &agrave; 2007, puis plus aucune en 2008. Depuis lors, aucune statistique s&eacute;rieuse n'a &eacute;t&eacute; produite, et le ministre de la Justice r&eacute;pond en g&eacute;n&eacute;ral que ces faits sont souvent poursuivis en m&ecirc;me temps que l'outrage &agrave; agent. Sans doute, mais on peut surtout se demander s'ils sont r&eacute;ellement poursuivis.</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le <i>Symbolic Speech</i></span></h3><p><br></p><p><span>Les propos du maire de Saint-Denis s'appuient indirectement sur cette incertitude du droit positif. De toute &eacute;vidence, il subit l'influence du droit am&eacute;ricain. Aux &Eacute;tats-Unis, le <i>Symbolic Speech</i> prot&egrave;ge sur le fondement du Premier Amendement, des comportements visant &agrave; affirmer une position militante. Dans un <a href="https://supreme.justia.com/cases/federal/us/491/397/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Texas c. Johnson</i> de 1989, la Cour Supr&ecirc;me</a> juge ainsi que br&ucirc;ler le drapeau am&eacute;ricain rel&egrave;ve de ce <i>Symbolic Speech</i> lorsqu'il s'agit de formuler une protestation politique. De m&ecirc;me, le code f&eacute;d&eacute;ral am&eacute;ricain invite les personnes pr&eacute;sentes &agrave; se tenir debout pendant l'hymne national, mais cette invitation forte (<i>should</i>) ne s'accompagne d'aucune sanction. Dans de telles conditions, il est possible de s'asseoir pendant l'hymne, de mettre un genou &agrave; terre, mais aussi de le siffler. Des r&egrave;gles internes peuvent toutefois &ecirc;tre adopt&eacute;es dans les services publics, les &eacute;coles, et m&ecirc;me les employeurs priv&eacute;s.</span></p><p><span>Quant &agrave; la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH), elle semble h&eacute;siter entre le <i>Symbolic Speech</i> &agrave; l'am&eacute;ricaine et la libert&eacute; d'expression &agrave; la fran&ccedil;aise. L'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-225042" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 8 juin 2023, <i>Fragoso Dacosta c. Espagne</i></a> ne concerne pas seulement l'hymne, mais aussi&nbsp; le drapeau espagnol qui avaient &eacute;t&eacute; conspu&eacute;s lors d'une c&eacute;r&eacute;monie militaire de lever des couleurs, dans un contexte de mouvement social. En l'esp&egrave;ce, la CEDH a conclu que la condamnation p&eacute;nale des auteurs constituait une violation de l'article 10. Certes, mais l'arr&ecirc;t traite davantage de la libert&eacute; d'expression lors d'un conflit du travail que de la protection des symboles de l'&Eacute;tat. En l'&eacute;tat actuel du droit, l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-114145" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 2 octobre 2012 <i>Rujak c. Croatie </i></a>semble plus propre &agrave; rendre compte de la position de la CEDH. Elle pr&eacute;cise alors que des propos peuvent ne pas &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;s par l'article 10 lorsqu'ils n'ont pas d'autre objet que l'insulte. Mais, en l'esp&egrave;ce, il s'agissait d'injures dirig&eacute;es contre des sup&eacute;rieurs militaires, pas contre le drapeau ou l'hymne. L&agrave; encore, il faut bien reconna&icirc;tre que la jurisprudence est &agrave; la fois pauvre et indirecte.</span></p><p><span>Dans quelques jours,&nbsp; esp&eacute;rons-le, tout le monde aura oubli&eacute; les propos de<i> M. Bagayoko</i>. La seule question qui reste est celle d'une &eacute;ventuelle intervention du l&eacute;gislateur pour mieux prot&eacute;ger les symboles de l'&Eacute;tat, demande formul&eacute;e par certains mouvements politiques. Observons tout de m&ecirc;me qu'il existe d&eacute;j&agrave; une police sp&eacute;ciale des hooligans qui permet la dissolution d'associations de supporters, l'interdiction de stade, voire la cr&eacute;ation de p&eacute;rim&egrave;tres de s&eacute;curit&eacute;. H&eacute;las, ces dispositions n'emp&ecirc;chent pas les d&eacute;bordements parfois tr&egrave;s violents. Il en est de m&ecirc;me de l'infraction d'outrage au drapeau ou &agrave; l'hymne national. Elle a le m&eacute;rite d'exister mais on s'aper&ccedil;oit qu'elle ne donne pratiquement jamais lieu &agrave; des poursuites. Et c'est ainsi que le maire d'une grande ville comme Saint-Denis finit ainsi par consid&eacute;rer qu'une infraction non r&eacute;prim&eacute;e devient un droit.&nbsp;</span></p><p><br></p><p><br></p><p><br></p><p><i><br></i></p><p><i><br></i></p>]]></content>
	<updated>2026-06-17T21:34:36+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Minuit, l&#039;heure du Prime...</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 10 juin 2026, l'Autorit&eacute; de r&eacute;gulation de la communication audiovisuelle et num&eacute;rique (Arcom) a m...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><span><a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/decisions/decision-du-10-juin-2026-mettant-en-demeure-la-societe-nationale-de-programme-radio-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhjq0ccaIn_Ufi_yMKvLSr12R-tXwtV3Hzd8-TT9uPR5Py_dQEg6rMXNhoiUePPhdtJAAE1ZMGamDQsF87H4EphJ4EGPY5Yg-Cj6xRy3zIr_Z2rgTYgnjft-N3lRl85aQNUFFGFgSEQ8CtlXjW4Y9Ko8IAJGmTMHEaB3Kl4xuZlhNP45Jp84ACwPS0Y3Pw/w165-h149/te%CC%81le%CC%81vision.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/decisions/decision-du-10-juin-2026-mettant-en-demeure-la-societe-nationale-de-programme-radio-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><br></a><p><span><a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/decisions/decision-du-10-juin-2026-mettant-en-demeure-la-societe-nationale-de-programme-radio-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le 10 juin 2026, l'Autorit&eacute; de r&eacute;gulation de la communication audiovisuelle et num&eacute;rique (Arcom) a mis en demeure</a>&nbsp;Radio France pour non-respect du pluralisme politique. L'autorit&eacute; ind&eacute;pendante constate en effet que, entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, les interventions des repr&eacute;sentants du Rassemblement National (RN) ont &eacute;t&eacute; majoritairement programm&eacute;es entre minuit et 5 h 59 : pr&egrave;s de 60 % de leur temps de parole sur&nbsp;<i>France Inter</i>, plus de 70 % sur&nbsp;<i>France Info.</i>&nbsp;En journ&eacute;e, en revanche, elles ne repr&eacute;sentants que 9 % des interventions politiques sur&nbsp;<i>France Inter</i>&nbsp;et 9, 5 % sur&nbsp;<i>France Info</i>.&nbsp;</span></p><p></p><p><br></p><h3><span>La mise en demeure</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Rappelons que la mise en demeure est une proc&eacute;dure issue de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000044259467" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 42 de la loi du 30 septembre 1986.</a>&nbsp;Elle a pour but d'imposer aux acteurs du secteur le respect de leurs obligations. Il ne s'agit pas d'une sanction mais d'une d&eacute;cision administrative qui impose &agrave; l'entreprise destinataire une obligation de comportement. Dans un&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000008127771/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 30 d&eacute;cembre 2002&nbsp;<i>Soci&eacute;t&eacute; Vortex</i>,</a>&nbsp;le Conseil d'&Eacute;tat juge en cons&eacute;quence qu'une mise en demeure n'est pas soumise au respect du principe contradictoire. En revanche, si la mise en demeure n'est pas respect&eacute;e, l'entreprise risque une v&eacute;ritable sanction, qui, elle, sera soumise au principe du contradictoire, qu'il s'agisse d'une sanction p&eacute;cuniaire, ou, dans les cas extr&ecirc;mes, d'une r&eacute;siliation de l'autorisation d'exploitation.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, la mise en demeure de l'Arcom montre que le pluralisme ne s'appr&eacute;cie pas &agrave; l'aune du volume global de parole accord&eacute; &agrave; un parti mais &agrave; celle de ses conditions concr&egrave;tes d'exposition. L'Arcom estime en effet que le pluralisme a, de facto, &eacute;t&eacute; neutralis&eacute; par les horaires tardifs de diffusion.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><span>Les d&eacute;mons de minuit. Images. 1986</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les trois cercles du pluralisme</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Or, le pluralisme politique est un principe indissociable de la libert&eacute; de communication. Depuis la&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1986/86217DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du Conseil constitutionnel du 18 septembre 1986,</a>&nbsp;le pluralisme des courants d&rsquo;expression socioculturels est un objectif de valeur constitutionnelle, car la libert&eacute; de communication ne serait pas effective si le public ne pouvait acc&eacute;der &agrave; des programmes refl&eacute;tant des tendances diff&eacute;rentes. La loi du 30 septembre 1986 admet donc que la libert&eacute; de communication ne soit pas totale, mais qu'elle soit limit&eacute;e pour assurer le caract&egrave;re pluraliste des programmes, sp&eacute;cialement dans l'information politique.&nbsp;</span></p><p><span>Le respect du principe de pluralisme est assur&eacute; par trois types de garanties. D'abord, les textes l&eacute;gislatifs et les normes qui en sont issues, &agrave;&nbsp; travers notamment le cahier des charges des cha&icirc;nes du service public et les conventions pass&eacute;es avec les cha&icirc;nes priv&eacute;es. Dans les deux cas, l'expression pluraliste des courants de pens&eacute;es est une obligation, que l'on trouve notamment dans l'<a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/textes-juridiques/decret-portant-approbation-du-cahier-des-missions-et-des-charges-de-radio-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 4 du cahier des charges de Radio France</a>.&nbsp;</span></p><p><span>Un deuxi&egrave;me niveau de garanties se trouve dans la r&eacute;gulation, et donc dans les d&eacute;lib&eacute;rations de l'Arcom et du CSA, l'autorit&eacute; qui a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; l'Arcom.&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000036115146/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Celle du 22 novembre 2017 i</a>mpose ainsi que le temps de parole du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, de ses collaborateurs et du gouvernement corresponde environ &agrave; un tiers-temps, le reste &eacute;tant partag&eacute; entre les partis selon un principe d'&eacute;quit&eacute;, au regard de la repr&eacute;sentativit&eacute; et de leur contribution au d&eacute;bat national. Cette formulation quelque peu obscure cache en r&eacute;alit&eacute; une influence des sondages d'opinion. Les partis qui ont les meilleurs sondages b&eacute;n&eacute;ficient ainsi de la meilleure exposition m&eacute;diatique, formule tr&egrave;s discutable qui favorise les plus puissants et entrave l'&eacute;mergence des formations nouvelles.&nbsp;</span></p><p><span>Enfin, le dernier niveau de garantie est celle offerte par les juges. Le Conseil d'&Eacute;tat contr&ocirc;le ainsi les d&eacute;lib&eacute;rations de l'Arcom, m&ecirc;me s'il lui reconna&icirc;t un large pouvoir d'appr&eacute;ciation. La d&eacute;lib&eacute;ration de l'Arcom du 10 juin 2026 s'appuie ainsi tr&egrave;s directement sur&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000046999480" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'arr&ecirc;t du Conseil d'&Eacute;tat du 13 janvier 2023</a>. Dans cette affaire, le CSA avait mis en demeure&nbsp;<i>CNews&nbsp;</i>parce que 82 % des interventions de l&rsquo;Ex&eacute;cutif et 53 % de celles de&nbsp;<i>La France Insoumise</i>&nbsp;avaient &eacute;t&eacute; diffus&eacute;es entre minuit et 5 h 59, avec une sous-repr&eacute;sentation en journ&eacute;e. Le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat affirme la l&eacute;galit&eacute; de cette analyse. Des temps de paroles concentr&eacute;s au milieu de la nuit ne sauraient concourir efficacement &agrave; la formation de l'opinion. Il y a donc atteinte au principe de pluralisme.</span></p><p><span>La comparaison est &eacute;clairante. En 2021, <i>CNews</i>, cha&icirc;ne priv&eacute;e class&eacute;e &agrave; droite, est rappel&eacute;e &agrave; l&rsquo;ordre pour avoir rel&eacute;gu&eacute;&nbsp;<i>La France insoumise,</i>&nbsp;parti class&eacute; &agrave; gauche<i>,&nbsp;</i>&agrave; des horaires de tr&egrave;s faible audience. En 2026,&nbsp;<i>Radio France,</i>&nbsp;service public parfois accus&eacute; de trop pencher &agrave; gauche, est mise en demeure pour avoir rel&eacute;gu&eacute; le&nbsp;<i>RN</i>&nbsp;dans la m&ecirc;me tranche nocturne. Le pluralisme politique s'impose &agrave; tout le monde et une formation politique repr&eacute;sentative doit pouvoir atteindre le public aux heures o&ugrave; il &eacute;coute ou regarde effectivement, et pas pendant qu'il dort.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une jurisprudence solide</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'&eacute;tude de la pratique de l'Arcom t&eacute;moigne de multiples rappels sur le pluralisme politique. Apr&egrave;s la mise en demeure de <i>CNews </i>en 2012, l'examen du dernier trimestre 2021 a conduit l'Arcom &agrave; relever la surexposition de <i>Reconqu&ecirc;te</i> sur <i>C8</i>, la sous-exposition du <i>RN</i> sur <i>CNews</i>, et &agrave; mettre en garde <i>France Culture, LCI </i>et <i>Sud Radio</i> pour des d&eacute;s&eacute;quilibres vari&eacute;s, Ex&eacute;cutif, <i>LFI, RN, PS</i> ou <i>EELV.</i> Contrairement &agrave; ce qu'affirment certains, ce ne sont pas toujours les m&ecirc;mes qui sont vis&eacute;s, et l'effet est plut&ocirc;t de la dispersion des mises en garde.</span></p><p><span>D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, la jurisprudence du Conseil d'&Eacute;tat s'est affin&eacute;e au fil du temps. L&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000020541181/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t&nbsp;<i>Hollande et Mathus&nbsp;</i>du 8 avril 2009</a>&nbsp;avait d&eacute;j&agrave; impos&eacute; de prendre en compte certaines interventions du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique lorsqu&rsquo;elles rel&egrave;vent du d&eacute;bat politique national. Puis, le&nbsp;<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-02-13/463162" target="_blank" rel="noopener noreferrer">13 f&eacute;vrier 2024, &agrave; propos de&nbsp; <i>CNews,</i></a>&nbsp;le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat a jug&eacute; que le pluralisme de l&rsquo;information ne se limite pas au chronom&eacute;trage des personnalit&eacute;s politiques. L'Arcom doit donc aussi tenir compte des intervention des chroniqueurs, animateurs et invit&eacute;s. L&agrave; encore, le Conseil d'&Eacute;tat se prononce en faveur d'une appr&eacute;ciation globale de la programmation, et c'est aussi ce que fait l'Arcom dans sa mise en demeure du 10 juin. Il confirme d'ailleurs cette analyse dans une <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2025/07/quelques-precisions-sur-le-controle-du.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 4 juillet 2025.</a> Le Conseil d'&Eacute;tat &eacute;tait alors saisi par le <i>Cercle Droit et Libert&eacute;</i>, association tr&egrave;s sensible aux int&eacute;r&ecirc;ts de <i>CNews</i>, qui exigeait de l'Arcom de mettre en demeure 9 cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision qu'elle consid&eacute;raient comme ne r&eacute;pondant pas &agrave; l'exigence de pluralisme. Le juge &eacute;carte la requ&ecirc;te, car l'association ne produisait aucun &eacute;l&eacute;ment de preuve montrant que ces cha&icirc;nes souffraient d'un "<i>d&eacute;s&eacute;quilibre manifeste et durable"</i> en mati&egrave;re de pluralisme.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le pluralisme est identique, dans le public et dans le priv&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La mise en demeure du 10 juin 2026 appara&icirc;t ainsi comme l'application d'une r&egrave;gle d&eacute;j&agrave; &eacute;prouv&eacute;e &agrave; l'encontre de <i>CNews</i>. Certains objecteront &eacute;videmment que le respect du pluralisme devrait s'imposer avec davantage de force aux cha&icirc;nes du service public. L'Arcom ne le nie pas, et &eacute;voque "<i>l'exigence d'exemplarit&eacute; et d'impartialit&eacute; du service public</i>". En revanche, il faut bien reconna&icirc;tre que le droit positif ne fait pas de diff&eacute;rence entre les deux syst&egrave;mes, publics et priv&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>Le respect de pluralisme s'impose exactement de la m&ecirc;me mani&egrave;re au service public par le cahier des charges et aux cha&icirc;nes priv&eacute;es par la convention pass&eacute;e avec l'Arcom, convention qui constitue un pr&eacute;alable indispensable &agrave; l'autorisation d'&eacute;mettre. De fait, la mesure du pluralisme par l'Arcom est &eacute;galement identique. Certes, cette &eacute;galit&eacute; de traitement pourrait &ecirc;tre remise en cause, notamment en reconnaissant l'existence d'une cat&eacute;gorie juridique nouvelle, celle des cha&icirc;nes d'opinion. Assum&eacute;es pleinement comme militantes, elles pourraient &ecirc;tre soustraites &agrave; la contrainte du pluralisme. Mais il se trouve que le principe de pluralisme est un objectif &agrave; valeur constitutionnelle, et que la cr&eacute;ation de cha&icirc;nes d'opinion s'analyserait sans doute comme une violation de ce principe.</span></p><p><span>En attendant, l'Arcom s'efforce de montrer la neutralit&eacute; du principe de pluralisme. Y est-elle parvenue ? On peut en douter, car la couverture m&eacute;diatique de la mise en demeure de <i>France T&eacute;l&eacute;vision </i>est tr&egrave;s largement inf&eacute;rieure &agrave; celle qui avait &eacute;t&eacute; dirig&eacute;e contre <i>CNews</i>. De toute &eacute;vidence, les chaines publiques n'ont pas pass&eacute; des journ&eacute;es enti&egrave;res &agrave; se pr&eacute;senter comme victimes de l'Arcom, institution qu'il est un peu difficile de pr&eacute;senter comme &eacute;tant au service de la droite. Quant &agrave; <i>CNews</i>, elle n'a pas cri&eacute; victoire, pr&eacute;f&eacute;rant continuer &agrave; se pr&eacute;senter comme la seule victime d'un syst&egrave;me oppressif.</span></p><p><br></p><h3><span><b>Le principe de pluralisme&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;9&nbsp; section 2 &sect; 2 B</span></span></h3><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-13T21:40:59+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La tapisserie de Bayeux et la diplomatie présidentielle</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La d&eacute;cision rendue par le Conseil d'&Eacute;tat le 5 juin 2026 est d'une concision remarquable. Elle rejett...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjztFjmHMOi1c-pWaAUouqqfx47QF4RyaNq0tuzZUY0pORKcEOjsb7bdIqkuydYjydjyH3LeifLgLYne3tKSBGJrMboEiVFfFNfJyx_cVcq5qwLhnwsDM-hAYBKoBjEYeG_3gsTO_fF45jkvJdigdMxhtMVplyZO91vEwb46rm47YVquTtoe6-otCcsLcs/s1224/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-10%20a%CC%80%2019.18.13.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjztFjmHMOi1c-pWaAUouqqfx47QF4RyaNq0tuzZUY0pORKcEOjsb7bdIqkuydYjydjyH3LeifLgLYne3tKSBGJrMboEiVFfFNfJyx_cVcq5qwLhnwsDM-hAYBKoBjEYeG_3gsTO_fF45jkvJdigdMxhtMVplyZO91vEwb46rm47YVquTtoe6-otCcsLcs/w173-h140/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-10%20a%CC%80%2019.18.13.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/pret-de-la-tapisserie-de-bayeux-rejet-de-la-requete-dirigee-contre-la-decision-du-president-de-la-republique-qui-est-liee-aux-relations-interna" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue par le Conseil d'&Eacute;tat le 5 juin 2026 </a>est d'une concision remarquable. Elle rejette, pour incomp&eacute;tence de la juridiction administrative, le recours form&eacute; par l'association Sites et Monuments contre la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique de pr&ecirc;ter la tapisserie de Bayeux, pour une exposition au <i>British Museum</i>.</div></span><p></p><p><span>L'association invoquait des motifs de forme, notamment l'absence de contreseing du Premier ministre et du ministre de la Culture au regard de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000571356/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 19 de la constitution.</a> Sur le fond, elle voyait une erreur manifeste d'appr&eacute;ciation dans la d&eacute;cision de pr&ecirc;ter une oeuvre exceptionnelle, alors qu'un voyage comportait des risques pour sa conservation. On ne conna&icirc;tra jamais les r&eacute;ponses &agrave; ces questions, car le Conseil d'&Eacute;tat d&eacute;clare la requ&ecirc;te irrecevable en consid&eacute;rant la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique comme un acte de gouvernement. Le d&eacute;bat de fond s'arr&ecirc;te au seuil du pr&eacute;toire, car l'acte de gouvernement n'est pas un acte sur lequel le juge exerce un contr&ocirc;le restreint. C'est un acte qu'il ne contr&ocirc;le pas du tout. Dans le cas du pr&ecirc;t de la tapisserie de Bayeux, le juge ne dit pas que la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident est l&eacute;gale. Il dit qu'il ne peut pas le dire.</span></p><p><br></p><h3><span>Acte de gouvernement et conduite des relations internationales&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>On sait que la th&eacute;orie des actes de gouvernement est issue de l'<a href="https://www.conseil-etat.fr/decisions-de-justice/jurisprudence/les-grandes-decisions-depuis-1873/conseil-d-etat-19-fevrier-1875-prince-napoleon" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t<i> Prince Napol&eacute;on</i> rendu par le Conseil d'&Eacute;tat en 1875.</a> A l'&eacute;poque, il s'&eacute;tait reconnu comp&eacute;tent pour requalifier en acte administratif une d&eacute;cision que l'administration pr&eacute;sentait comme purement politique, et donc insusceptible de recours. Aujourd'hui, ces actes de gouvernement concernent exclusivement les rapports entre les pouvoirs publics institutionnels et les relations internationales.</span></p><p><span>Dans ce second domaine, la jurisprudence distingue traditionnellement&nbsp;</span><span><span>les actes non d&eacute;tachables de la conduite diplomatique de la France et les actes administratifs qui, bien qu&rsquo;inscrits dans un contexte international, peuvent &ecirc;tre isol&eacute;s et contr&ocirc;l&eacute;s.</span></span></p><p><span><span>Parmi les non d&eacute;tachables, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007904949/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t d'assembl&eacute;e <i>Greenpeace France </i>du 29 septembre 1995</a> int&egrave;gre la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique de reprendre une s&eacute;rie d'essais nucl&eacute;aires. Son objet, son contexte, et son importance diplomatique font qu'il constitue un acte non d&eacute;tachable des relations diplomatiques. Il en est de m&ecirc;me, dans un<a href="https://juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20030410-255905" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> arr&ecirc;t du 10 avril 2023</a>, de la d&eacute;cision du ministre de la D&eacute;fense d'autoriser les avions militaires am&eacute;ricains et britanniques de survoler le territoire fran&ccedil;ais pour se rendre en Irak. Dans ce cas pr&eacute;cis, il ne s'agit pas d'un acte formel du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, mais d'une d&eacute;cision minist&eacute;rielle qui s'inscrit tr&egrave;s directement dans la politique ext&eacute;rieure de la France.</span></span></p><p><span><span>En revanche, tout acte ayant un lien avec l'&eacute;tranger n'est pas un acte de gouvernement. L'exemple classique en est le d&eacute;cret d'extradition, que le juge administratif accepte de contr&ocirc;ler depuis l'<a href="https://www.revuegeneraledudroit.eu/blog/decisions/conseil-detat-assemblee-30-mai-1952-dame-kirkwood-rec-p-291/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>dame Kirkwood</i> de 1952</a>.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>De cet ensemble jurisprudentiel, on peut d&eacute;duire que le crit&egrave;re de la d&eacute;tachabilit&eacute; de l'acte n'est pas l'existence d'un aspect international mais bien davantage le degr&eacute; d'imbrication de l'acte dans la conduite de la diplomatie de l'&Eacute;tat.&nbsp;</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div></div><br><div><span>Robin des Bois, prince des voleurs. Kevin Reynolds. 1991</span></div><p></p><p><span><span>G&eacute;n&eacute;rique</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span>Une d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L&rsquo;arr&ecirc;t du 5 juin 2026 concerne une d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Cet &eacute;l&eacute;ment est important, mais on a l'impression que le Conseil d'&Eacute;tat a tendance &agrave; le surestimer. Car tous les actes du Pr&eacute;sident ne sont pas des actes de gouvernement. Certaines de ses d&eacute;cisions sont parfaitement susceptibles de recours devant le juge administratif.</span></p><p>D<span>ans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007834093/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t&nbsp;<i>Meye</i>t du 10 septembre 1992</a>, le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat rappelle que les d&eacute;crets pris en conseil des ministres doivent &ecirc;tre sign&eacute;s par le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Mais ils demeurent n&eacute;anmoins des actes r&eacute;glementaires. La signature pr&eacute;sidentielle n&rsquo;est donc pas une baguette magique permettant de transformer un acte administratif en acte de gouvernement.</span></p><p><span>Seuls sont des actes de gouvernement les d&eacute;cisions du Pr&eacute;sident qui concernent tr&egrave;s directement les rapports entre les pouvoirs publics. Il en est ainsi, dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007636269/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Rubin de Servens </i>de 1962 </a>de la mise en oeuvre de l'article 16 de la constitution, dans la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007993077/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 9 avril 1999&nbsp;<i>Madame Ba </i></a>de la d&eacute;signation d'un membre du Conseil constitutionnel, ou encore dans l'<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/sites/default/files/as/root/bank_mm/dossiers_thematiques/referendum_2005/279259_ce_110505.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">affaire <i>Hoffer </i>du 13 mai 2005,</a> de la d&eacute;cision de soumettre un projet de r&eacute;vision constitutionnelle au Congr&egrave;s.&nbsp;</span></p><p><span>Le principe est donc clair. Ce n'est pas parce que le Pr&eacute;sident prend une d&eacute;cision qu'il faut en d&eacute;duire l'existence d'un acte de gouvernement. Encore faut-il que l'acte se rattache, par son nature et son objet, soit aux rapports entre les pouvoirs constitutionnels, soit &agrave; la conduite des relations internationales. Dans l'affaire de la tapisserie de Bayeux, on a pourtant l'impression que le Conseil d'&Eacute;tat estime que, puisque le Pr&eacute;sident est intervenu, c'est sans doute que sa d&eacute;cision relevait des relations internationales et qu'elle devait ainsi &ecirc;tre qualifi&eacute;e d'acte de gouvernement. Le raisonnement est invers&eacute;. Ce n'est plus le contenu de l'acte qui fait l'acte de gouvernement, mais essentiellement son auteur.</span></p><p><span>A l'appui de cette analyse, le Conseil &eacute;num&egrave;re pourtant un certain nombre d'&eacute;l&eacute;ments susceptibles de justifier cette qualification. Le contexte diplomatique d'abord, car le pr&ecirc;t de la tapisserie est annonc&eacute; lors d'une visite d'&Eacute;tat du Pr&eacute;sident Macron au Royaume-Uni, plus pr&eacute;cis&eacute;ment lors d'un d&icirc;ner &agrave; Windsor. En outre, il est pr&eacute;cis&eacute; que ce pr&ecirc;t s'inscrit dans des relations bilat&eacute;rales, d&egrave;s lors que des oeuvres britanniques, m&ecirc;me si on ignore lesquelles sont concern&eacute;es, devraient en m&ecirc;me temps &ecirc;tre pr&ecirc;t&eacute;es &agrave; des mus&eacute;es fran&ccedil;ais. Enfin, la port&eacute;e du symbolique du pr&ecirc;t n'est pas oubli&eacute;e, car la tapisserie relate des &eacute;v&egrave;nements qui sont, en quelque sorte, le fondement historique des relations franco-britanniques. La conqu&ecirc;te de l'Angleterre par Guillaume le Conqu&eacute;rant, la bataille d'Hastings, semblent ainsi relever des relations internationales, m&ecirc;me un peu anciennes.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le ministre de la Culture, exclu de la proc&eacute;dure</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Sans doute, mais l'analyse se rapproche tout de m&ecirc;me un peu trop d'une &eacute;mission historique con&ccedil;ue par <i>St&eacute;phane Bern</i>. Tout y est. Les d&eacute;cisions se prennent entre les autorit&eacute;s royales naturellement bienveillantes lors d'un d&icirc;ner de Cour, o&ugrave; l'on rappelle l'histoire mill&eacute;naire qui unit nos deux pays....</span></p><p><span>H&eacute;las, il ne faut pas confondre <i>Gala</i> et l'<i>Actualit&eacute; Juridique Droit administratif</i>. On devrait plut&ocirc;t se demander si le ministre de la Culture n'&eacute;tait pas comp&eacute;tent pour d&eacute;cider du pr&ecirc;t de la tapisserie. En droit positif, le pr&ecirc;t d'une oeuvre appartenant &agrave; une collection publique pour des expositions temporaires &agrave; l'&eacute;tranger rel&egrave;ve de proc&eacute;dures&nbsp; administratives sp&eacute;cifiques, dans le but de r&eacute;pondre aux exigences li&eacute;es &agrave; leur conservation et &agrave; leur s&eacute;curit&eacute;. Le ministre de la Culture dispose en principe de larges pr&eacute;rogatives pour encadrer, autoriser ou refuser de tels d&eacute;placements d'oeuvres patrimoniales. En l'esp&egrave;ce, il a &eacute;t&eacute; totalement court-circuit&eacute;.</span></p><p><span>Supposons un instant, rien qu'un instant, que le ministre de la Culture ait pris la d&eacute;cision de pr&ecirc;ter la tapisserie au British Museum comme ses comp&eacute;tences l'y autorisaient. Dans ce cas, cette d&eacute;cision &eacute;tait susceptible de recours, et le moyen fond&eacute; sur l'erreur manifeste d'une telle d&eacute;cision au regard de l'&eacute;tat de conservation d'une telle oeuvre aurait &eacute;t&eacute; examin&eacute;.</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, la d&eacute;cision est remont&eacute;e jusqu'au Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique qui en a, &eacute;videmment, fait un &eacute;l&eacute;ment de sa communication personnelle. Le r&eacute;sultat est que le ministre de la Culture n'&eacute;tait plus comp&eacute;tent que pour ex&eacute;cuter un acte du gouvernement qui &eacute;chappait &agrave; son appr&eacute;ciation comme au contr&ocirc;le du juge. Les prescriptions du code du patrimoine destin&eacute;es &agrave; assurer la bonne conservation des oeuvres n'&eacute;taient plus pertinentes dans l'affaire.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'acte de gouvernement, instrument d'un pouvoir d'&eacute;vocation</span></h3><p><br></p><p><span>La d&eacute;cision du 5 juin 2026 conduit ainsi &agrave; consid&eacute;rer l'acte de gouvernement comme un instrument du pouvoir d'&eacute;vocation du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Comme Louis XIV avant lui, Emmanuel Macron fait remonter les affaires qui l'int&eacute;ressent au niveau diplomatique. Une promesse faite au ch&acirc;teau de Windsor devient un acte de gouvernement qui pr&eacute;cis&eacute;ment contourne la comp&eacute;tence gouvernementale et interdit toute contestation.&nbsp;</span></p><p><span>On assiste ainsi au d&eacute;veloppement d'une diplomatie pr&eacute;sidentielle dans laquelle le Pr&eacute;sident d&eacute;finit lui-m&ecirc;me l'&eacute;tendue de ses comp&eacute;tences. Il pr&eacute;sidentialise les actes administratifs pour les soustraire au contr&ocirc;le du juge et le Conseil d'&Eacute;tat valide cette pratique sans se poser trop de questions. La comp&eacute;tence de l'auteur de l'acte, moyen d'ordre public par excellence, n'est pas &eacute;voqu&eacute;e, pas plus que l'absence de contreseing pourtant impos&eacute; par l'article 19 de la Constitution. Il valide ainsi un pouvoir pr&eacute;sidentielle plus personnel qu'institutionnel. Quant &agrave; l'&eacute;tat de la tapisserie, il n'a pas besoin d'&ecirc;tre examin&eacute; puisque le contr&ocirc;le de fond n'a pas lieu. Le tr&eacute;sor que constitue cette oeuvre ne m&eacute;ritait sans doute pas d'&ecirc;tre trait&eacute;e avec cette l&eacute;g&egrave;ret&eacute; juridique. Il ne reste plus qu'&agrave; esp&eacute;rer qu'elle reviendra saine et sauve dans sa Normandie pour d&eacute;rouler son histoire, certes non d&eacute;tachable des relations internationales, celles de 1066.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><b>Les actes de gouvernement&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;3 section 3 &sect; 2 B</span></span></h3><p><span>&nbsp;</span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-10T17:28:28+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le Pacte européen sur la migration et l&#039;asile, ou la crise silencieuse de la loi</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le Pacte europ&eacute;en sur la migration et l&rsquo;asile n'est pas une r&eacute;forme ponctuelle mais une v&eacute;ritable re...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj-KOQcq_NLnzFFkMVbXCUxXcYCyyaj7QdNSPB1Sny0f_HkPqQiGsHWYtgWpxwSbz4_st8zLZlQlcZRqrv-tapoh0GFT0_sgVviOvdA6PVIM9vJhGbt-6Wkj2ObHME4h5tJW4tlQKpIIDlAAcF7BIlXw38TbJeRIxEkZl2anO9e06BcDH_JqYtutQp_XEE/s536/journee%20europe@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj-KOQcq_NLnzFFkMVbXCUxXcYCyyaj7QdNSPB1Sny0f_HkPqQiGsHWYtgWpxwSbz4_st8zLZlQlcZRqrv-tapoh0GFT0_sgVviOvdA6PVIM9vJhGbt-6Wkj2ObHME4h5tJW4tlQKpIIDlAAcF7BIlXw38TbJeRIxEkZl2anO9e06BcDH_JqYtutQp_XEE/w189-h151/journee%20europe@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span></div><span><div>Le <a href="https://eur-lex.europa.eu/oj/daily-view/L-series/default.html?&amp;ojDate=22052024" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Pacte europ&eacute;en sur la migration et l&rsquo;asile </a>n'est pas une r&eacute;forme ponctuelle mais une v&eacute;ritable refonte du droit europ&eacute;en de l&rsquo;asile. Adopt&eacute; le 14 mai 2024, &agrave; l'issue de n&eacute;gociations longues et politiquement difficiles, il repose sur une architecture complexe. Il comporte en effet neuf r&egrave;glements, d&rsquo;application directe, et une directive Accueil, qui impose une transposition nationale. Cette pr&eacute;&eacute;minence du r&egrave;glement s'explique sans doute une volont&eacute; de r&eacute;duire les oppositions des &Eacute;tats sur le r&eacute;gime d'asile europ&eacute;en, sujet politiquement sensible. Mais ce choix a aussi des effets pervers, car les parlements nationaux se sentent dessaisis. C'est particuli&egrave;rement vrai en France, car le gouvernement a d&eacute;cid&eacute; de transposer la directive par trois ordonnances, cantonnant le parlement dans une fonction de ratification.&nbsp;</div><div><br></div><div>En tout &eacute;tat de cause, l'entr&eacute;e en vigueur du Pacte &eacute;tait pr&eacute;vue pour le 12 juin prochain, mais il est clair que ce d&eacute;lai ne sera pas respect&eacute;. La mise en oeuvre est d'une effroyable complexit&eacute;, car les r&egrave;glements europ&eacute;ens seront directement applicables le 12 juin, mais cela ne signifie pas qu'il ne soit pas n&eacute;cessaire de supprimer les dispositions redondantes du droit interne, d'harmoniser les notions utilis&eacute;es et, bien entendu, de transposer la directive. A ce stade, le Pacte europ&eacute;en se pr&eacute;sente comme un  vaste chantier.</div><div><br></div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiwHpcSYyh-NA-Cj5KWhX9oP6ZzkB2ehh4sT3-SmOUZ2Nd4kg7pYVkMlmIlJKT1gx51YCsr1-CTrHRZ1fIuMra5MciJz2_-mjmXqlAc_gv-F8UyhbtmstMY0VwuJgODGUmaQNL4_6VY7_AMp2vzMQLf1EBLMcODDr7bE9KACO16H9e3vsze0MQnkOyP4gM/s1301/G.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiwHpcSYyh-NA-Cj5KWhX9oP6ZzkB2ehh4sT3-SmOUZ2Nd4kg7pYVkMlmIlJKT1gx51YCsr1-CTrHRZ1fIuMra5MciJz2_-mjmXqlAc_gv-F8UyhbtmstMY0VwuJgODGUmaQNL4_6VY7_AMp2vzMQLf1EBLMcODDr7bE9KACO16H9e3vsze0MQnkOyP4gM/w407-h305/G.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Gustave Ehrlich, dit Gus, 1970</span></div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Difficult&eacute;s juridiques</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Dans son a<a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/au-gouvernement/avis-relatif-a-la-preparation-de-l-entree-en-vigueur-du-pacte-europeen-sur-la-migration-et-l-asile" rel="noopener noreferrer" target="_blank">vis rendu public le 7 mai 2026, le Conseil d'&Eacute;tat</a> insiste sur ces difficult&eacute;s. Il rappelle qu'un r&egrave;glement europ&eacute;en est directement applicable dans tout &Eacute;tat membre. Les r&egrave;gles nationales incompatibles ne peuvent donc plus servir de base l&eacute;gale. Et il ajoute que le gouvernement peut certes envisager une circulaire, mais qu'elle ne saurait tenir de transposition de la directive. Le r&ocirc;le d'une circulaire est seulement d'expliciter le droit applicable. Elle ne peut rien lui ajouter, ni remplacer une loi manquante. En bref, le gouvernement ne peut &eacute;carter l'intervention du parlement dans ce domaine.</div><div><br></div><div>C'est d'autant plus vrai que le Pacte europ&eacute;en suscite de nombreuses difficult&eacute;s juridiques. La premi&egrave;re d'entre elles tient aux changements de terminologie. Pour ne prendre qu'un exemple, le Code de l'entr&eacute;e et du s&eacute;jour des &eacute;trangers et du droit d'asile (Ceseda) mentionne un "droit au maintien sur le territoire" des demandeurs d'asile pendant l'instruction de leur demande. Le r&egrave;glement europ&eacute;en, quant &agrave; lui, &eacute;voque le "droit de rester" sur le territoire. Les deux formules sont-elles synonymes ? Permettent-elles notamment d'engager une proc&eacute;dure d'extradition dans les m&ecirc;mes conditions ? Les recours pr&eacute;vus ne sont pas tout-&agrave;-fait identiques, pas plus que les d&eacute;lais qui les accompagnent. Le Conseil d'&Eacute;tat affirme que ces points devront &ecirc;tre &eacute;claircis avant la mise en oeuvre du Pacte.</div><div><br></div><div>Une seconde difficult&eacute; juridique concerne la notion de "pays d'origine s&ucirc;r" dont la liste devrait d&eacute;sormais &ecirc;tre &eacute;tablie par l'Union europ&eacute;enne. Le Conseil d'&Eacute;tat en d&eacute;duit que la liste nationale d&eacute;finie par le conseil d'administration de l'Ofpra devra &ecirc;tre &eacute;cart&eacute;e lorsqu'elle divergera de celle du r&egrave;glement. En revanche, la loi fran&ccedil;aise pourra maintenir une liste nationale pour les pays ne figurant pas dans la liste europ&eacute;enne. Le pouvoir de l'Ofpra se trouve ainsi encadr&eacute; par une hi&eacute;rarchie nouvelle entre la liste europ&eacute;enne et la liste nationale. On peut penser toutefois que la liste nationale finira par disparaitre, car rien n'interdit &agrave; l'Union de dresser une liste exhaustive. Une <a href="https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2026/02/23/council-gives-final-greenlight-to-measures-to-make-the-eu-s-asylum-system-more-efficient-and-robust/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">premi&egrave;re liste commune a &eacute;t&eacute; diffus&eacute;e en f&eacute;vrier 2026,</a> applicable le 12 juin 2026. On y trouve le Bangladesh, la Colombie, l'&Eacute;gypte, l'Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie.&nbsp;</div><div><br></div><div>D'autres difficult&eacute;s peuvent &ecirc;tre constat&eacute;es, notamment sur les conditions mat&eacute;rielles d'accueil qui ne sont pas identiques dans la directive europ&eacute;enne et dans le Ceseda. Il en est de m&ecirc;me des proc&eacute;dures &agrave; la fronti&egrave;re. Le Pacte impose un filtrage des ressortissants de pays tiers franchissant irr&eacute;guli&egrave;rement les fronti&egrave;res ext&eacute;rieures, et peut conduire &agrave; une proc&eacute;dure &agrave; la fronti&egrave;re, notamment lorsque le demandeur vient d&rsquo;un pays dont le taux moyen de reconnaissance est inf&eacute;rieur &agrave; 20 %, lorsqu&rsquo;il a induit les autorit&eacute;s en erreur ou lorsqu&rsquo;il repr&eacute;sente un danger pour l&rsquo;ordre public ou la s&eacute;curit&eacute; nationale. Cette proc&eacute;dure peut durer jusqu&rsquo;&agrave; douze semaines, auxquelles peut s&rsquo;ajouter la dur&eacute;e du filtrage. La question devient alors celle du lieu o&ugrave; la personne est maintenue et de la nature juridique de ce maintien. A ce stade, aucune pr&eacute;cision ne figure dans le droit fran&ccedil;ais, en particulier sur les mesures de r&eacute;tention susceptibles d'&ecirc;tre prises et sur les recours susceptibles d'intervenir.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Difficult&eacute;s politiques</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Derri&egrave;re ces probl&egrave;mes juridiques, que le Conseil d'&Eacute;tat diss&egrave;que dans une analyse extr&ecirc;mement pr&eacute;cise, se cachent d'autres probl&egrave;mes de nature politique. L'objet du Pacte est de mettre fin aux divergences nationales qui ont affect&eacute; le r&eacute;gime d'asile europ&eacute;en. Il s'agit concr&egrave;tement de renforcer les contr&ocirc;les aux fronti&egrave;res ext&eacute;rieures et d'acc&eacute;l&eacute;rer les proc&eacute;dures, tout en organisant une solidarit&eacute; entre les &Eacute;tats membres. Ceux qui ont une fronti&egrave;re ext&eacute;rieure esp&egrave;rent profiter de la solidarit&eacute;, ceux du Nord et de l'Ouest esp&egrave;rent profiter du renforcement des m&eacute;canismes de filtrage. Quant aux d&eacute;fenseurs des droits des &eacute;trangers, ils s'inqui&egrave;tent d'une proc&eacute;dure &agrave; la fronti&egrave;re qui repose sur la privation de libert&eacute;. Le syst&egrave;me repose ainsi sur un compromis politique, compromis fragile que le Conseil d'&Eacute;tat ne mentionne pas.</div><div><br></div><div>Dans de telles conditions, on peut s'interroger sur le choix du gouvernement fran&ccedil;ais de recourir aux ordonnances. Le <a href="https://www.vie-publique.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000053776686" target="_blank" rel="noopener noreferrer">projet de loi fran&ccedil;ais d&rsquo;habilitation </a>a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; tr&egrave;s tardivement, le 8 avril 2026, soit &agrave; peine plus de deux mois avant l&rsquo;entr&eacute;e en application du Pacte. Il a &eacute;t&eacute; <a href="https://www.senat.fr/petite-loi-ameli/2025-2026/618.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">adopt&eacute; en premi&egrave;re lecture par le S&eacute;nat le 20 mai 2026</a>. Le ministre de l'Int&eacute;rieur explique ce recours aux ordonnances par cette &eacute;ch&eacute;ance du 12 juin qui impose une proc&eacute;dure tr&egrave;s rapide, m&ecirc;me s'il est clair que ce d&eacute;lai ne sera pas respect&eacute;.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Le d&eacute;ficit d&eacute;mocratique</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Cette justification n'est gu&egrave;re convaincante. Les gouvernements successifs se sont abstenus d'engager la proc&eacute;dure d'int&eacute;gration du Pacte dans le droit positif, tout simplement parce que c'est un sujet qui f&acirc;che. Le Pacte traduit en effet un renforcement de la contrainte europ&eacute;enne dans le traitement du droit d'asile, alors que le d&eacute;bat politique repose souvent sur le desserrement de cette m&ecirc;me contrainte.&nbsp;</div><div>Or ce d&eacute;bat n'a pas eu lieu, et n'aura pas lieu au parlement, contourn&eacute; par le recours aux ordonnances. Le gouvernement se d&eacute;clare ainsi attach&eacute; au d&eacute;bat, mais emploie toutes les armes &agrave; sa disposition pour l'&eacute;carter. Sans doute une bonne affaire pour ceux qui fulminent contre les "europ&eacute;istes" et qui auront l'occasion de d&eacute;noncer la confiscation du d&eacute;bat politique.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div><h3><span><b>Le droit d'asile&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;5 section 2 &sect; 1 A</span></span></h3><p><span></span></p></div><div><br></div></span><p></p>]]></content>
	<updated>2026-06-06T22:28:31+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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	<title type="html">Human Rights Locally</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>By Tamar Ezer An important part of the U.S. human rights story takes place at city level. In these troubling times, we continue to see innovative local initiatives. I&rsquo;m excited to share Local Futures: Human Rights Cities, an essay series...</p>]]></content>
	<updated>2025-08-27T14:22:47+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>From November 16th through 21st, 2025, the University of Miami School of Law, in collaboration with the Inter-American Commission on Human Rights (IACHR), will host the Human Rights in the Americas Symposium: An Examination of Past, Present, and Future. This...</p>]]></content>
	<updated>2025-08-20T17:34:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">New Article: Towards the Abolition of the Immigration Detention of Children in the United States</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>Lauren E. Bartlett, Towards the Abolition of the Immigration Detention of Children in the United States, 59 U.S.F. L. Rev. 393 (2025). Excerpt below (citations removed). "If the United States is serious about forging a path towards the abolition of...</p>]]></content>
	<updated>2025-08-13T17:33:46+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">August–September 2025 Deadlines: Calls for Inputs by Human Rights Mechanisms</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>The following calls for inputs have been issued by UN Human Rights Mechanisms with deadlines in August&ndash;September 2025, listed in chronological order. These calls are relevant to U.S.-based law professors, practitioners, and scholars whose work focuses on human rights issues...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-28T15:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>Martha F. Davis, Alejandro Jaramillo Jimenez, Kimberly D. Lucas and Annabel Shu, Human Rights and the Smarter City, Open Global Rights (July 1, 2025) This article argues for a better approach to ensuring human rights in &ldquo;smart cities&rdquo; across the...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-15T16:27:44+00:00</updated>
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	<title type="html">New Book: The Engagement of Domestic Courts with International Law: Comparative Perspectives</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>Published last May of 2024 by Oxford University Press, The Engagement of Domestic Courts with International Law: Comparative Perspectives is a compilation edited by Andr&eacute; Nollkaemper, Yuval Shany, Antonios Tzanakopoulos, and Eleni Methymaki. This book advances and develops a paradigm...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-07T19:40:25+00:00</updated>
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	<title type="html">New Federal Land Bill Tests Boundaries of Indigenous Rights</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>By Tommy Hoffman, 2L at Saint Louis University School of Law Senate Republicans on the Energy and Natural Resources Committee are proposing legislation within the so-called &ldquo;One Big Beautiful Bill Act&rdquo; that would allow for the sale of up to...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-01T18:39:27+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">5 Jahre LADG Berlin – eine Zwischenbilanz</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Das Berliner Landesantidiskriminierungsgesetz (LADG) feierte im Juni seinen f&uuml;nften Geburtstag. Aus...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Das <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.berlin.de/sen/lads/recht/ladg/" target="_blank">Berliner Landesantidiskriminierungsgesetz (LADG)</a> feierte im Juni seinen f&uuml;nften Geburtstag. Aus diesem Anlass fragen wir: Welche Besonderheiten hat das LADG, welche Erfolge wurden in der Praxis gefeiert und welche Herausforderungen und Misserfolge gab und gibt es? Dazu haben wir auch Einsch&auml;tzungen von Dr. Doris Liebscher, Leiterin der LADG-Ombudsstelle, eingeholt.&nbsp; </p>



<span></span>



<p><strong>Diese Neuheiten und Besonderheiten brachte das LADG</strong></p>



<p>Das Gesetz gilt f&uuml;r &ouml;ffentliche Stellen, die in &sect; 3 Abs. 1 LADG aufgez&auml;hlt sind. Damit sch&uuml;tzt es Menschen im Verh&auml;ltnis zum Staat, w&auml;hrend das Allgemeine Gleichbehandlungsgesetz (AGG) zwischen Privaten Schutz bietet. Die Diskriminierungsmerkmale werden in &sect; 2 LADG aufgez&auml;hlt. Dort werden neben den Merkmalen aus Art. 3 Abs. 3 GG auch chronische Erkrankungen, das Lebensalter, die sexuelle Identit&auml;t und der soziale Status genannt. Dadurch werden Schutzl&uuml;cken geschlossen und manchmal verkannte Diskriminierungsmerkmale verrechtlicht. &sect; 6 LADG verbietet Ma&szlig;regelungen, wenn LADG-Rechte in Anspruch genommen werden oder das Ausf&uuml;hren LADG-widriger Anweisungen verweigert wird. Gleiches gilt gegen&uuml;ber Dritten, die Betroffene unterst&uuml;tzen oder als Zeug*innen aussagen.</p>



<p>Gem&auml;&szlig; &sect; 7 gen&uuml;gt es, Tatsachen glaubhaft zu machen, die das Vorliegen einer Diskriminierung oder Ma&szlig;regelung &uuml;berwiegend wahrscheinlich machen. Dann obliegt es der &ouml;ffentlichen Stelle, das Gegenteil zu beweisen. So sollen Anspr&uuml;che effektiver durchgesetzt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>&sect; 8 LADG regelt eine Schadensersatzpflicht. Demnach k&ouml;nnen auch Nichtverm&ouml;genssch&auml;den durch Geldzahlungen entsch&auml;digt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>Nicht nur Privatpersonen k&ouml;nnen Rechte aus dem LADG vor Gericht geltend machen, sondern auch Antidiskriminierungsverb&auml;nde im Sinne von &sect; 10. Mit der Verbandsklage nach &sect; 9 k&ouml;nnen systematische rechtswidrige Praxen besser angegriffen werden.</p>



<p>Eine <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.berlin.de/sen/lads/recht/ladg/ombudsstelle/artikel.1525630.php" target="_blank">Ombudsstelle</a> unterst&uuml;tzt Betroffene und vermittelt zwischen ihnen und den &ouml;ffentlichen Stellen. Sie wurde im September 2020 eingerichtet. Seitdem erreichten sie rund 4.000 Beratungsanfragen, davon 1.785 LADG-Beschwerden, teilte die Ombudsstelle mit. Demnach geht es bei den meisten Beschwerden um rassistische Diskriminierung und Diskriminierung aufgrund von Behinderungen und chronischen Erkrankungen. Danach folgten Diskriminierungen wegen des Geschlechts, der Geschlechtsidentit&auml;t und der sexuellen Identit&auml;t. Zunehmend w&uuml;rden Diskriminierungen wegen des sozialen Status gemeldet.</p>



<p>Diskriminierungsbeschwerden gehen auch bei der Berliner Verwaltung direkt ein. Laut einem <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.parlament-berlin.de/adosservice/19/Haupt/vorgang/h19-0189.D-v.pdf" target="_blank">j&uuml;ngsten Bericht</a> des Senats richteten sich diese 2024 prim&auml;r gegen Bezirks&auml;mter, gefolgt von Schulen und Kitas. An dritter Stelle stand die Polizei. Im Vergleich zu den Vorjahren wurden mehr F&auml;lle gemeldet.</p>



<p> <strong>F&uuml;nf Jahre LADG &ndash; eine Auswahl der Erfolge</strong></p>



<p>Vor Gericht wurde bereits erfolgreich nach dem LADG geklagt. So hat etwa ein Fahrradfahrer <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.lto.de/recht/hintergruende/h/ag-berlin-mitte-21c25223-ladg-rassismus-rolizei-diskriminierung" target="_blank">erfolgreich vom AG Mitte feststellen lassen</a>, dass er von der Polizei rassistisch diskriminiert wurde. Nachdem die Beamten bei der Verkehrskontrolle nach Wohn- und Geburtsort fragten, antwortete der Mann ihnen &bdquo;Bochum&rdquo;. Einer der Polizisten fragte weiter, woher er wirklich komme. Die Situation beschrieb der Kl&auml;ger unter anderem als &ldquo;aggressiv&ldquo; und &ldquo;herabw&uuml;rdigend&rdquo;. Das Gericht stellte richtigerweise fest, dass dies keine einfache Frage, sondern eine rassistische Unterstellung war. Der Kl&auml;ger erhielt 750 Euro Schadensersatz.</p>



<p>Ein zweites Beispiel: Der &bdquo;Plansche&rdquo;-Fall. Eine Mutter sonnte sich oberk&ouml;rperfrei auf dem Wasserspielplatz &ldquo;Plansche&rdquo; und wurde vom Sicherheitsdienst deshalb rausgeschmissen. Dass ihr Freund oberk&ouml;rperfrei ebenfalls dort lag, st&ouml;rte die Security nicht. Nachdem das LG Berlin noch auf das <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleichbehandlung/ladg-plansche" target="_blank">&bdquo;geschlechtliche Schamgef&uuml;hl&rdquo;</a> abstellte, legte das Kammergericht dem Land Berlin nahe, den Anspruch der Kl&auml;gerin anzuerkennen, <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/uploads/documents/Gleiche-Rechte/Plansche/2024-01-25-Schlussurteil_9_U_94_22_anonymisiert.pdf" target="_blank">was auch geschah</a>.</p>



<p>In einem anderen Fall wandten sich <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleiche-rechte-und-soziale-teilhabe/tin" target="_blank">trans, inter und nicht-bin&auml;re Studierende gegen die Humboldt Universit&auml;t</a>, weil sie auf dem Studierendenausweis nur den sogenannten Deadname, also nicht den selbstgew&auml;hlten Namen, f&uuml;hren konnten. &sect; 2 LADG sch&uuml;tzt auch die geschlechtliche Identit&auml;t. Die Uni lenkte vor einer Gerichtsentscheidung ein, sodass das Ziel ohne Urteil erreicht wurde.</p>



<p>An gerichtlichen Verfahren wirkt die Ombudsstelle regelm&auml;&szlig;ig mit amicus-curiae-Stellungnahmen mit.&nbsp;Das sind Stellungnahmen, die von Gerichten freiwillig ber&uuml;cksichtigt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>Die Ombudsstelle betont gleichzeitig die Relevanz von au&szlig;ergerichtlicher Schlichtung:</p>



<p>&ldquo;Meistens geht es den beschwerdef&uuml;hrenden Personen um Sichtbarkeit und Anerkennung des erlebten Unrechts, eine Entschuldigung und auch darum, dass Strukturen nachhaltig ver&auml;ndert werden. Das ist im au&szlig;ergerichtlichen Schlichtungsverfahren der Ombudsstelle in der Regel besser zu erreichen.&rdquo;, so Dr. Doris Liebscher, Leiterin der LADG-Ombudsstelle, gegen&uuml;ber dem Grund- und Menschenrechtsblog.</p>



<p> <strong>In diesen Verfahren h&auml;tte es besser laufen sollen</strong></p>



<p>Im oben genannten Plansche-Fall wurde der Kl&auml;gerin eine dreistellige Summe zugesprochen und sie musste die Prozesskosten tragen. Das Kammergericht argumentierte hinsichtlich der H&ouml;he der Entsch&auml;digungssumme, &ldquo;dass die Kl&auml;gerin ein gesellschaftspolitisches Anliegen verfolgt haben mag&rdquo;. Sie sei &bdquo;bewusst und gewollt in eine Konfrontation getreten&ldquo;. Damit sei die Situation anders, als wenn ein*e B&uuml;rger*in einer staatlichen &Uuml;bermacht unvorhergesehen und unentrinnbar gegen&uuml;berstehe. Das Gericht verkennt damit Ursache und Wirkung, <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleichbehandlung/ladg-plansche" target="_blank">wie die Gesellschaft f&uuml;r Freiheitsrechte argumentiert</a>, die die Kl&auml;gerin unterst&uuml;tzt hatte. Das Urteil hat einen negativen Beigeschmack &ndash; es klingt nach: Wer Rechte geltend macht, sollte nicht zu k&auml;mpferisch wirken oder gesamtgesellschaftliche Ziele verfolgen. Diskriminierungen bewegen sich aber in aller Regel in einem gesamtgesellschaftlichen Kontext. Die Rechtsdurchsetzung und das Engagement rund um eine Diskriminierung &ndash; oft gerade aufgrund einer Diskriminierungserfahrung &ndash; d&uuml;rfen nicht missbilligt oder erschwert werden.</p>



<p>Ein anderer Fall: Bei einer Fahrscheinkontrolle wurde ein Schwarzer Mann rassistisch vom Personal angegriffen und beleidigt. Die Berliner Verkehrsbetriebe (BVG) wurden wegen Diskriminierung des Fahrgastes zu 1.000 Euro Schadensersatz nach &sect; 823 BGB verurteilt. Das Amtsgericht Mitte lehnte dabei jedoch die Anwendung des LADG mit der Argumentation ab, dass daf&uuml;r ma&szlig;geblich sei, ob eine Verwaltungsaufgabe ausge&uuml;bt werde. Nach Ansicht des Gerichts handelte es sich bei der Fahrscheinkontrolle um rein privatrechtliches Handeln im Rahmen eines Bef&ouml;rderungsvertrags und nicht um die Wahrnehmung hoheitlicher Aufgaben. <a rel="noopener noreferrer" href="https://verfassungsblog.de/weil-wir-dich-furchten/" target="_blank">Dies wird mitunter kritisiert.</a></p>



<p>Eine solche Auslegung der Gerichte, die diese Konstellationen vom Anwendungsbereich des LADG ausnimmt, f&uuml;hrt zu einer Schutzl&uuml;cke. Die sachnahen Regelungen des LADG finden dann keine Anwendung.</p>



<p><strong>LADG, Ombu</strong><strong>dsstelle und Praxi</strong><strong>s: So </strong><strong>gehts besser</strong><strong></strong>&nbsp;</p>



<p>Die Leiterin der Ombudsstelle, Dr. Doris Liebscher schreibt uns: Das LADG sei im Gro&szlig;en und Ganzen gut, so wie es ist. Sie sieht trotzdem Verbesserungsbedarf.&nbsp;</p>



<p>Die Erfahrung&nbsp;der letzten f&uuml;nf Jahre habe gezeigt, dass eine Erweiterung der Diskriminierungsmerkmale um Staatsangeh&ouml;rigkeit, Aufenthaltsstatus, Familienstand und F&uuml;rsorge&uuml;bernahme sinnvoll w&auml;re, so Liebscher.&nbsp;</p>



<p>Auch wird oft nicht gut mit Beschwerden umgegangen. Liebscher berichtet aus der Praxis: &ldquo;Verwaltung ist oft sehr hierarchisch und nicht besonders fehler- und ver&auml;nderungsfreudig, das merken wir in der Beschwerdebearbeitung.&rdquo; &nbsp;</p>



<p>Auch nach Antidiskriminierungssenatorin Cansel Kiziltepe (SPD) <a href="https://www.rbb24.de/politik/beitrag/2025/06/berlin-fuenf-jahre-antidiskriminierungsgesetz-bilanz.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">braucht es eine Verbesserung der Fehlerkultur</a>. Es gebe in der Berliner Verwaltung einen st&auml;rkeren Widerwillen, Fehler einzugestehen und daraus positiv zu lernen, als in der Wirtschaft. Dr. Doris Liebscher pl&auml;diert f&uuml;r eine Berichtspflicht gegen&uuml;ber der Ombudsstelle und ein Recht dieser zu kontrollieren, inwiefern ihre Handlungsempfehlungen umgesetzt werden&nbsp;</p>



<p>Die Fortbildungsverpflichtungen aus &sect; 11 Abs. 4 LADG w&uuml;rden laut Liebscher  noch viel zu wenig umgesetzt werden. &nbsp;</p>



<p>&ldquo;Auch die Verpflichtung aus &sect; 3 Abs. 2 LADG, dass das Land Berlin bei Mehrheitsbeteiligungen auf die Umsetzung des LADG achtet, ist noch nicht richtig umgesetzt. Ein Hinweis auf das LADG fehlt beispielsweise immer noch in der Mustersatzung f&uuml;r Beteiligungsunternehmen, die f&uuml;r die st&auml;dtischen Wohnungsbauunternehmen gilt&rdquo;, so Dr. Liebscher. &nbsp;</p>



<p>F&uuml;r marginalisierte Gruppen und mehrfachdiskriminierte Menschen bedeutet Diskriminierung durch staatliche Stellen eine zus&auml;tzliche Belastung. Fehlende finanzielle, sprachliche oder psychische Ressourcen, erschweren ein individuelles Klageverfahren oder die eigenst&auml;ndige Durchsetzung des LADG. Die Ombudsstelle wird auf individuelle Beschwerde hin t&auml;tig. Auch hier zeigt sich Spielraum f&uuml;r eine von der Ombudsstelle gew&uuml;nschten rechtlichen Weiterentwicklung des LADG: Die Arbeit w&uuml;rde durch ein gesetzliches, einzelfallunabh&auml;ngiges Interventionsrecht erleichtert werden, so Dr. Liebscher&nbsp;</p>



<p>Die wachsende Zahl der Beschwerden und die Erfahrungen der Ombudsstelle unterstreichen auch nach f&uuml;nf Jahren die Relevanz des Landesantisdiskriminierungsgesetzes.&nbsp;</p>]]></content>
	<updated>2025-06-29T13:50:04+00:00</updated>
	<author><name>Yasmin Akan und Shayan Mirmoayedi</name></author>
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		<updated>2025-06-29T13:50:04+00:00</updated>
		<title>Grund- und Menschenrechtsblog</title></source>

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	<title type="html">Celebrating 80 Years of the United Nations Charter: Reaffirming Faith in Human Rights Globally</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On June 29, 2025, an event commemorating the 80th anniversary of the United Nations Charter will tak...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 29, 2025, an event commemorating the 80th anniversary of the United Nations Charter will take place. Hosted at 2425 College Avenue, Berkeley, CA, and accessible virtually via Zoom, this hybrid gathering will take place from 3:00 PM to...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-26T19:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">New Article: Remembering history is an act of love</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Co-editor Shirley Lin recommends a column by Slay Latham, Brooklyn Law School '23, Remembering histo...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Co-editor Shirley Lin recommends a column by Slay Latham, Brooklyn Law School '23, Remembering history is an act of love, The Bay Area Reporter (June 2, 2025) "To be raised in San Francisco as a queer person continues to be...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-26T15:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">Event 6/24: 13th Annual Strategic Litigation Roundtable – A Global Call to Action for Refugee Rights</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On June 24, 2025, the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) is hosting a hybrid (vir...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 24, 2025, the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) is hosting a hybrid (virtual/in-person) forum for legal experts and advocates from around the world to discuss and collaborate in support of refugee rights. This forum is organized...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-21T17:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">Responding to Skrmetti</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On June 18, the ACLU &amp; Lambda Legal issued a joint statement responding to the Supreme Court's U.S. ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 18, the ACLU &amp; Lambda Legal issued a joint statement responding to the Supreme Court's U.S. v. Skrmetti decision. In this case three adolescents, their families, and a provider challenged SB1, Tennessee's ban on gender-affirming hormone therapies for...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-20T18:28:06+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">New Article: “Do I Really Have the Right to Breathe Clean Air?”</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>Since his first day in office, President Trump has issued a series of executive orders renouncing federal environmental justice and climate change initiatives. However, some states with environmental rights amendments in their constitutions have the opportunity to fill this gap...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-16T21:14:21+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">UN Expert Warns of Interference in Legal and Judicial System in the United States</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>The Special Rapporteur on Independence of Judges and Lawyers Margaret Satterthwaite, on June 4, 2025...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>The Special Rapporteur on Independence of Judges and Lawyers Margaret Satterthwaite, on June 4, 2025, expressed alarm at the targeting of judges, lawyers and law firms in an apparent organized effort to interfere in the independence of the U.S. legal...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-09T19:41:05+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">Abschiebehaft – Wen schützt das Recht auf Freiheit?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Mitten
in der Nacht wirst du durch ein Klingeln aus dem Schlaf gerissen. Die Polizei
steht vor der ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Mitten
in der Nacht wirst du durch ein Klingeln aus dem Schlaf gerissen. Die Polizei
steht vor der T&uuml;r. Bevor du verstehst, was passiert, musst du deine Sachen packen,
deine Kinder beruhigen. Ein paar Stunden sp&auml;ter sitzt ihr in Haft. Und du
fragst dich, was du falsch gemacht hast.</p>



<p>Was
f&uuml;r Deutsche unvorstellbar klingt, kann f&uuml;r Personen ohne sicheren
Aufenthaltsstatus grausame Realit&auml;t werden &ndash; und das mitten in Deutschland.
Regelm&auml;&szlig;ig landen ausreisepflichtige Menschen in Deutschland in Abschiebehaft,
unter ihnen auch Familien mit Kindern. Dabei verst&ouml;&szlig;t sowohl die derzeitige
gesetzliche Ausgestaltung der Abschiebehaft in den &sect;&sect;&nbsp;62 ff. AufenthG als
auch die &uuml;berwiegende Praxis der Amtsgerichte gegen die durch Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2
S.&nbsp;2 GG gesch&uuml;tzte Freiheit der Person. Nun hat sich diese Situation durch
das im Februar in Kraft getretene sog. <a href="https://www.recht.bund.de/bgbl/1/2024/54/VO.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">R&uuml;ckf&uuml;hrungsverbesserungsgesetz</a> noch
weiter versch&auml;rft.</p>



<span></span>



<p><strong>Rechtliche Einordnung</strong></p>



<p>Doch
was genau ist eigentlich unter der Abschiebehaft zu verstehen? Sie bezeichnet
eine Reihe freiheitsentziehender Ma&szlig;nahmen, darunter unter anderem die
Vorbereitungshaft, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;2 AufenthG, die Sicherungshaft, &sect;&nbsp;62
Abs.&nbsp;3 AufenthG und der Ausreisegewahrsam, &sect;&nbsp;62b AufenthG. Ihr Zweck
ist die Sicherung von Abschiebungen, d.h. die Fortbringung von
ausreisepflichtigen Personen aus dem Bundesgebiet unter Anwendung staatlichen
Zwangs (&sect;&nbsp;58 AufenthG). Angeordnet wird eine Abschiebehaft dann, wenn anderenfalls
von einer Vereitelung der Abschiebung auszugehen ist. Ankn&uuml;pfungspunkt f&uuml;r
diesen Verdacht ist etwa bei der Sicherungshaft das Vorliegen einer
Fluchtgefahr, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;3 S.&nbsp;1 Nr.&nbsp;1 AufenthG. Die
Haftdauer der verschiedenen Instrumente variiert und kann im Fall der
Sicherungshaft bis zu 18 Monate andauern, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;4 AufenthG.</p>



<p><strong>Verfassungswidrige Gesetzeslage</strong></p>



<p>Die
Abschiebehaft erweist sich bereits auf Ebene des Gesetzes als ein h&ouml;chst
problematisches und zum Teil unverh&auml;ltnism&auml;&szlig;iges Instrument, das weder den
hohen verfassungsrechtlichen Anforderungen an Freiheitsentziehungen noch ihrem
eigentlichen Ziel einer Effizienzsteigerung von Abschiebungen gerecht wird.</p>



<p>Als
Ma&szlig;nahme der Freiheitsentziehung stellt die Abschiebehaft den intensivsten
Eingriff in das Grundrecht der Freiheit der Person nach Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2
S.&nbsp;2 GG dar. Dieses hat einen besonders hohen verfassungsrechtlichen
Stellenwert und gilt f&uuml;r alle Menschen gleich. Es genie&szlig;t zus&auml;tzlich
internationalen Schutz &uuml;ber Art.&nbsp;5 EMRK. Daher erfordert eine
Freiheitsentziehung das Vorliegen <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2006/11/rs20061108_2bvr057802.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">besonders gewichtiger Gr&uuml;nde und eine strikte Verh&auml;ltnism&auml;&szlig;igkeitspr&uuml;fung</a>.
Belange von ausreichendem Gewicht sind insbesondere das Bed&uuml;rfnis nach einer <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2004/02/rs20040205_2bvr202901.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">wirksamen Strafverfolgung, der Schutz der Allgemeinheit</a>
oder <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2012/10/rk20121004_2bvr044212.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">des*der Betroffenen</a>. Bei der Abschiebehaft geht es aber gerade nicht
um eine Gefahrenabwehr, es wird auch kein S&uuml;hne- oder Strafzweck verfolgt.
Zweck ist vielmehr die <a href="https://www.migrationsrecht.net/kommentar-aufenthaltsgesetz-aufenthg-gesetz-aufenthalt-erwerbstaetigkeit-aufenthaltserlaubnis-niederlassungserlaubnis-aufenthg/kommentierung-haftarten-des-s-62-abs-2-3-aufenthg.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Sicherung effizienten Verwaltungshandelns</a>, etwa durch
die Erleichterung von Abschiebungen, die einen hohen organisatorischen Aufwand
erfordern. Angesichts dieses verh&auml;ltnism&auml;&szlig;ig geringen Gewichts des Zwecks
m&uuml;ssen die betroffenen Rechtsg&uuml;ter besonders sorgf&auml;ltig gegeneinander abgewogen
werden.</p>



<p>Eine
besondere Schieflage besteht im Fall des 2015 eingef&uuml;hrten Ausreisegewahrsams,
&sect;&nbsp;62b AufenthG, da dieser keine evidenten Gr&uuml;nde f&uuml;r eine
Freiheitsentziehung voraussetzt. Anders als bei der Sicherungshaft geh&ouml;rt eine
Fluchtgefahr nicht zu den Voraussetzungen. Es reicht vielmehr der Ablauf der
Ausreisefrist in Verbindung mit dem Vorliegen weiterer Umst&auml;nde, wie etwa der
Verletzung von Mitwirkungspflichten oder der &Uuml;berschreitung der Ausreisefrist
um &uuml;ber 30 Tage. Inwiefern das allein eindeutig auf eine Erschwerung der
Abschiebung hinweist, ist nicht nachvollziehbar. Das Instrument des
Ausreisegewahrsams beruht damit auf der Logik eines Generalverdachts gegen&uuml;ber ausreisepflichtigen
Personen hinsichtlich eines zuk&uuml;nftigen, den Verwaltungsablauf st&ouml;renden
Verhaltens.</p>



<p>Dies
wird auch nicht dadurch aufgefangen, dass ein Gegenbeweis zum Vorliegen der
tatbestandlichen Voraussetzungen m&ouml;glich ist, vgl. &sect;&nbsp;62b Abs.&nbsp;1
AufenthG. Denn dieser muss regelm&auml;&szlig;ig von dem*der Betroffenen selbst gef&uuml;hrt
werden. Dabei muss nicht nur das Nichtvorliegen der Voraussetzungen des
Ausreisegewahrsams, sondern dar&uuml;ber hinaus bewiesen werden, dass sich die
Person nicht der Abschiebung entziehen will. Der Gegenbeweis ist angesichts
dieser hohen Anforderungen kaum zu leisten. Zugleich deutet die Regelung auf
eine Fehlvorstellung &uuml;ber die beim Ausreisegewahrsam vorliegende Rechtslage
hin. Denn der Ausreisegewahrsam stellt einen massiven Grundrechtseingriff dar,
der erhebliche Begr&uuml;ndungslasten aufseiten des Staates und nicht des*der
Grundrechtsadressats*in ausl&ouml;st.</p>



<p>Aber auch an anderer Stelle in den &sect;&sect;&nbsp;62 ff. AufenthG wird das bei Grundrechtseingriffen einzuhaltende Verh&auml;ltnism&auml;&szlig;igkeitsprinzip nicht hinreichend ber&uuml;cksichtigt. Unter anderem bildet die gesetzliche Ausgestaltung der Vorbereitungs- und Sicherungshaft nicht eindeutig ab, dass die Haft ultima ratio bleiben muss. Zwar erw&auml;hnt &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 AufenthG, dass die Abschiebungshaft unzul&auml;ssig ist, wenn der Zweck der Haft durch ein milderes Mittel erreicht werden kann. Der Wortlaut des &sect;&nbsp;62 Abs. &nbsp;2 und 3 AufenthG (&bdquo;Ein Ausl&auml;nder ist [&hellip;] in Haft zu nehmen, wenn&rdquo;) suggeriert jedoch, dass bei Vorliegen der dort genannten Voraussetzungen das zust&auml;ndige Gericht verpflichtet ist, Haft anzuordnen. Das kann dazu f&uuml;hren, dass Gerichte nicht ber&uuml;cksichtigen, dass im Regelfall viele weniger grundrechtsintensive Mittel zur Absicherung einer Abschiebung zur Verf&uuml;gung stehen, die oft sogar erfolgversprechender sind. Dazu geh&ouml;ren etwa <a href="https://www.bamf.de/SharedDocs/Anlagen/DE/EMN/Studien/wp59-emn-abschiebungshaft.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Meldeauflagen, die Abgabe von Reisedokumenten, die Verh&auml;ngung einer Kaution,</a> eine <a href="https://odysseus-network.eu/wp-content/uploads/2015/02/FINAL-REPORT-Alternatives-to-detention-in-the-EU.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Beaufsichtigung im Rahmen eines Patensystems oder eine Ausreiseberatung</a>. Die Abschiebehaft kann vielmehr sogar der <a href="https://idcoalition.org/publications/there-are-alternatives-a-handbook-for-preventing-immigration-detention/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Effektivit&auml;t der Abschiebung entgegenstehen</a>. Denn die Praxis zeigt, dass eine hohe Zahl an Abschiebeh&auml;ftlingen keineswegs mit einer h&ouml;heren Abschiebequote einhergeht &ndash; <a href="https://mediendienst-integration.de/artikel/im-grossen-stil-abschieben.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">im Gegenteil</a>. Das liegt vor allem daran, dass die <a href="https://mediendienst-integration.de/artikel/experten-kritisieren-die-abschiebehaft.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">meisten Abschiebungen nicht daran scheitern</a>, dass die ausreisepflichtigen Personen untertauchen. Zudem <a href="https://picum.org/wp-content/uploads/2020/11/Children-Immigration-Detention-DE-1.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">verringert sich die Bereitschaft zur Kooperation</a> eher durch die Erfahrungen in der Haft. Im Regelfall m&uuml;ssten also selbst bei Vorliegen von Ausreisepflicht und Haftgrund andere Mittel vorrangig zur Anwendung kommen.</p>



<p><strong>Mindestens 50 % rechtswidrig in Haft</strong></p>



<p>Hinzu
kommt, dass die rechtlichen Vorschriften in der Praxis der nach &sect;&nbsp;23a Abs.&nbsp;1
Nr.&nbsp;2, Abs.&nbsp;2 Nr.&nbsp;6 GVG zust&auml;ndigen Amtsgerichte h&auml;ufig nicht
beachtet oder fehlerhaft angewandt werden. Das zeigt sich an der hohen
Aufhebungsrate der Entscheidungen der Amtsgerichte durch h&ouml;here Gerichte. Die
genaue Zahl der rechtswidrig Inhaftierten l&auml;sst sich mangels hinreichender
offizieller Statistiken nicht bestimmen. Einsch&auml;tzungen ergeben Zahlen zwischen
52,2&nbsp;% (<a href="https://www.lsfw.de/statistik.php" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Statistik</a> von dem Rechtsanwalt Peter Fahlbusch) bis zu 85
&ndash; 90&nbsp;% (Sch&auml;tzung der BGH-Richterin aD Schmidt-R&auml;ntsch in: NVwZ 2014,
110). Obwohl dieser Vorwurf inzwischen schon l&auml;nger besteht, hat die Politik
bisher keinerlei Interesse an der Aufkl&auml;rung der Sachlage gezeigt bzw. scheint
sich vor einer solchen zu versperren (vgl. die <a href="https://dserver.bundestag.de/btd/19/316/1931669.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Antwort</a> auf eine Anfrage Abgeordneter der Fraktion DIE
LINKE 2021).</p>



<p>Dabei
scheitern die Amtsgerichte nicht etwa an komplexen rechtlichen Fragestellungen,
sondern missachten nicht selten grundlegende Prinzipien. Der Rechtsanwalt Peter
Fahlbusch <a href="https://www.proasyl.de/hintergrund/rechtswidrige-abschiebungshaft-es-geht-um-uns-darum-wie-wir-unsere-verfassung-leben/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">berichtet </a>unter anderem davon, dass nicht
ausreisepflichtige Personen eingesperrt werden, dass kein Haftantrag
ausgeh&auml;ndigt wird oder dass sogar Schwerkranke, die gar nicht haftf&auml;hig sind,
inhaftiert werden.</p>



<p>Das
erstaunt angesichts der engmaschigen verfassungsrechtlichen Vorgaben an das
Verfahren bei einer Freiheitsentziehung. Diese sind vor allem in Art.&nbsp;104
GG geregelt, welcher Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2 S.&nbsp;2 GG durch Verfahrensgarantien
erg&auml;nzt. Dazu geh&ouml;rt, dass nach Art.&nbsp;104 Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 GG die
Einhaltung der im Eingriffsgesetz vorgesehenen Formvorschriften Verfassungsrang
erh&auml;lt. Das bedeutet, dass die Nichtbeachtung der gesetzlichen Zust&auml;ndigkeits-,
Verfahrens- oder Formregelungen nicht nur gegen das einfache Gesetz, sondern
zugleich gegen die Verfassung verst&ouml;&szlig;t.</p>



<p>Es
ist also davon auszugehen, dass mindestens die H&auml;lfte der in Abschiebehaft
sitzenden Personen zu Unrecht inhaftiert sind. In der Praxis der Amtsgerichte
wird die Freiheit der Person von ausreisepflichtigen Menschen nach Art.&nbsp;2
Abs.&nbsp;2 S.&nbsp;2 GG demnach regelm&auml;&szlig;ig und in hohem Ma&szlig;e verletzt.&nbsp;</p>



<p>Eine solche Erfahrung bleibt nicht folgenlos, sondern<a href="https://iris.who.int/bitstream/handle/10665/353569/9789289057929-eng.pdf?sequence=2&amp;isAllowed=y" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> beeintr&auml;chtigt die Gesundheit der Inhaftierten</a> oft schwer und langanhaltend. Die Rechtswidrigkeit der Haft wird jedoch oft erst im Nachhinein festgestellt. Zudem kann l&auml;ngst nicht jede Person in Abschiebehaft Klage erheben. Das wurde lange Zeit dadurch verst&auml;rkt, dass es keine*n Pflichtanw&auml;lt*in f&uuml;r die Inhaftierten gab. Es bleibt abzuwarten, ob sich die Praxis der Amtsgerichte mit der Einf&uuml;hrung des &sect;&nbsp;62d AufenthG im Februar, der eine anwaltliche Vertretung verpflichtend anordnet, &auml;ndert. <a href="https://taz.de/Nach-Reform-bei-Abschiebungen/!6006808/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Dringend notwendig</a> w&auml;ren hierf&uuml;r ausreichend Anw&auml;lt*innen mit Expertise in Abschiebehaftverfahren.</p>



<p><strong>Wo bleibt der Aufschrei?</strong></p>



<p>Angesichts
dieser erschreckenden Umst&auml;nde w&auml;re eine grundlegende Reform des Systems der
Abschiebehaft zu erwarten. Stattdessen wurden im sog. <a href="https://www.recht.bund.de/bgbl/1/2024/54/VO.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">R&uuml;ckf&uuml;hrungsverbesserungsgesetz</a>
zahlreiche Versch&auml;rfungen der Regelungen zur Abschiebehaft durchgesetzt. Unter
anderem wurde die H&ouml;chstdauer des Ausreisegewahrsams von 10 auf 28 Tage verl&auml;ngert,
&sect;&nbsp;62b Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 AufenthG. Des Weiteren kann die Abschiebehaft
k&uuml;nftig auch f&uuml;r Asylsuchende angeordnet werden, wenn im Zeitpunkt der
Asylantragstellung die Voraussetzungen f&uuml;r die Abschiebehaft vorliegen, &sect;&nbsp;14
Abs.&nbsp;3 AsylG. Damit k&ouml;nnen Personen nun auch nach Asylantragstellung und
vor der Pr&uuml;fung des Asylantrags inhaftiert werden. Zudem wurden die Haftgr&uuml;nde erweitert,
&sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;3 S.&nbsp;1 Nr.&nbsp;2, 4 AufenthG.</p>



<p>Angesichts
der oben festgestellten erheblichen Bedenken an Verfassungsm&auml;&szlig;igkeit und
Effektivit&auml;t der Abschiebehaft schockiert diese Reaktion der Politik zutiefst
(f&uuml;r eine Einordnung siehe <a href="https://verfassungsblog.de/zwischen-symbolpolitik-und-verscharfung/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">hier</a>). Einen kleinen Erfolg stellt zwar die
Einf&uuml;hrung einer Pflichtbeiordnung von Anw&auml;lt*innen dar. Das kann jedoch eine
grundlegende Reform des Systems der Abschiebehaft nicht ersetzen. Um diese geht
es der Bundesregierung aber auch nicht &ndash; das zeigt die Vielzahl an
Versch&auml;rfungen. Mindestens genauso bedenklich ist aber das Ausbleiben eines
gesellschaftlichen Aufschreis. Das Grundgesetz sch&uuml;tzt eigentlich die Freiheit
der Person f&uuml;r alle Menschen. In der Praxis wird aber ihre Missachtung bei ausreisepflichtigen
Personen offensichtlich in Kauf genommen.</p>]]></content>
	<updated>2024-07-08T10:13:05+00:00</updated>
	<author><name>Teresa Otten Dionísio und Eva Vogel</name></author>
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		<id>http://grundundmenschenrechtsblog.de</id>
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		<updated>2024-07-08T10:13:05+00:00</updated>
		<title>Grund- und Menschenrechtsblog</title></source>

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	<category term="ausreisegewahrsam"/>

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	<category term="rechtspolitik"/>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2024-07-04:/224630</id>
	<link href="https://law.stanford.edu/2016/08/19/an-explanation-of-the-dojs-decision-to-end-private-prisons-and-its-relevance-for-latin-america/" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">An explanation of the DOJ’s decision to end private prisons and its  relevance for Latin America</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On August 18, 2016, Sally Quinn, Deputy Attorney General of the Department of Justice (DOJ), announc...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On August 18, 2016, Sally Quinn, Deputy Attorney General of the Department of Justice (DOJ), <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">announced</a> that the Department would end its use of private prisons. This is an important development, but it does not ban private prisons entirely. What does it mean and what is its relevance to Latin America, where countries like Mexico are just starting to privatize their prison systems?</p>
<p><strong>The DOJ&rsquo;s findings </strong><br>
The DOJ&rsquo;s <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">instruction</a> is based on a <a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">study</a> performed by the Department&rsquo;s Office of the Inspector General, comparing 14 private with 14 public federal prisons in the U.S. That review, published in August of 2016, concluded that private prisons are not cheaper, nor do they provide better services&mdash;the arguments typically used to justify prison privatization. It moreover indicated that the Bureau of Prisons&rsquo; monitoring and supervision of private contract prisons had fallen short and it found worrying violations in private prisons, such as the use of isolation cells (euphemistically called &ldquo;Special Housing Units&rdquo;) to house prisoners when the general area of the prison was full.</p>
<p>In addition to this, the study found that although there were less drugs and less incidents of sexual misconduct, there were considerably more security incidents in private prisons: 9 times more (partial or full) lockdowns, 28% more inmate-oninmate assaults, and more than half more inmate-on-staff assaults. Moreover, 8 times more cellphones were confiscated&mdash;with which inmates could potentially continue their criminal activities from prison.</p>
<p><strong>Limited scope, but still important </strong><br>
As a consequence of these findings, the DOJ instructed its employees to either decline the renewal of contracts with private prison corporations, &ldquo;or substantially reduce [their] scope.&rdquo; Nevertheless, this decision does not necessarily mean the end for private prisons in the United States. In fact, the DOJ&rsquo;s decision only affects the <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">13</a> private <a href="https://www.oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank">prisons contracted by the Bureau of Prisons </a>(BOP). Why is that?</p>
<p>In the first place, because the DOJ&rsquo;s memo only binds its own institution. Private prisons contracted by the BOP house only <a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank">8% of the total U.S. prison population</a>. The memo does not oblige state or local authorities to stop using private prisons, and DOJ&rsquo;s decision does not impact another major user of private prisons: the Department of Homeland Security (DHS), which is in charge of detention centers for undocumented migrants. <a href="http://grassrootsleadership.org/reports/payoff-how-congress-ensures-private-prison-profit-immigrant-detention-quota#1-keyfindings" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Some 62% of those beds are managed by private prison corporations</a>, and DHS not seem to want to stop this practice: it recently signed a <a href="https://www.washingtonpost.com/business/economy/inside-the-administrations-1-billion-deal-to-detain-central-american-asylum-seekers/2016/08/14/e47f1960-5819-11e6-9aee-8075993d73a2_story.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">(questioned and questionable) one billion dollar, four-year contract</a> with a prison corporation to detain Central American asylum seekers.</p>
<p>Secondly, private corporations will remain active in other areas in the criminal justice system. In the operation of halfway houses (that were <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">explicitly exempted from the DOJ memo</a>) and in <a href="https://utep.influuent.utsystem.edu/en/publications/standards-in-the-privatization-of-probation-services-a-statutory-" rel="noopener noreferrer" target="_blank">probation services</a>, for example.</p>
<p>Nevertheless, the DOJ&rsquo;s decision to end its use of private prisons is important, both for its moral value and for the reasoning it used to arrive at its decision. That is, if the Department of Justice concluded after a thorough review that private prisons<a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> &ldquo;simply do not provide the same level of correctional services, programs, and resources; they do not save substantially on costs; and (&hellip;) do not maintain the same level of safety and security&rdquo; </a>as public prisons, then how do the Department of Homeland Security and state and local government defend the continued use of private prisons?</p>
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<h6>Related Links</h6>
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<li><a href="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2016/08/Una-explicacio%CC%81n-de-la-decisio%CC%81n-del-Departamento-de-Justicia-de-EEUU-de-terminar-su-uso-de-ca%CC%81rceles-privadas-nocontact.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Para leer en espa&ntilde;ol, clic: &ldquo;Una explicaci&oacute;n de la decisi&oacute;n del Departamento de Justicia de EEUU de terminar su uso de c&aacute;rceles privadas&rdquo;</a></li>
</ul>
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<p><!-- .related-anchors --></p>
<p><strong>Lessons for Latin American authorities </strong><br>
On top of this, the<a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> DOJ report</a> identified a number of specific weaknesses and lessons learned. It would be highly advisable that Latin American authorities take heed.</p>
<p>First of all, the report identified numerous rights violations and security risks. Perhaps the report&acute;s most important lesson is that it is essential that prisons are actively supervised and monitored&mdash;both public and private ones. In this regard, it is relevant to note that <a href="https://www.prisonlegalnews.org/news/2014/oct/10/how-courts-view-aca-accreditation/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">U.S. courts do not accept the ACA (American Corrections Association) certification as evidence that prisons comply with constitutional norms. </a>This underscores the importance of active monitoring.</p>
<p>Secondly, transparency is of fundamental importance. One needs to be able to consult the contents of contracts signed with private corporations to verify whether the obligations undertaken are effectively met, as well as to supervise how funds are spent. These principles also apply to State-run prisons.</p>
<p>Lastly, there are a number of questions that Latin-American authorities who call for the privatization of prisons should answer. If after more than two decades of experience with privatized prisons in the United States, authorities have concluded that it is better to end this practice, is it wise to move forward with this elsewhere? Would public funds not be put to better use if they would be used to strengthen the State and its prison system, instead of financing corporate profits?</p>]]></content>
	<updated>2016-08-19T15:42:00+00:00</updated>
	<author><name>Mirte Postema</name></author>
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		<updated>2016-08-19T15:42:00+00:00</updated>
		<title>Human Rights Center - Stanford Law School</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2024-07-04:/224631</id>
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	<title type="html">The Refugee Crisis in Europe and Beyond: What the Law and Ethics Demand</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>According to the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), more than 440,000 refugees h...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>According to the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), more than 440,000 refugees have entered Europe by sea this year. Nearly 3,000 of those have died or gone missing while trying to cross the Mediterranean. It is expected that these numbers will rise considerably in the coming months, and that close to one million refugees will try to enter Europe.</p>
<p>The current crisis seems to have taken the world by surprise, despite clear indications that it has been pending&mdash;if not full-blown&mdash;for years. Flight caused by wars, conflict, generalized violence, persecution, and human rights violations prompted an increase in the number of forcibly displaced to 59.5 million people, up from 51.2 million in 2013. Exacerbating this has been the intensification of the crises in Syria and Iraq. The civil war in Syria has been raging several years now, and the latest conflict in Iraq began with the U.S. invasion in 2003, ebbing at times, but never ceasing entirely. While most of those affected by the resulting violence have sought refuge in neighboring countries, increasing numbers of people are now fleeing through Turkey and into the European Union.</p>
<p>The largest numbers of refugees are arriving in Italy and Greece, both sizeable countries with long Mediterranean borders, that serve as entry points for travel to states with more robust economic conditions and flexible asylum policies, such as Germany. Many of those fleeing to Europe travel through Hungary, a Schengen country, from which there should be free movement to the other 25 Member States. However, Hungary has deployed its armed forces to control the borders, authorizing the use of rubber bullets, tear gas, and net guns. And Germany, despite announcing it would provide refugee to at least 800,000 people, has temporarily suspended its Schengen membership to re-introduce border checks. In the meantime, other Western countries such as the United States, Canada, and Australia, have provided a muted response at best, announcing plans to accept some 10,000 to 30,000 refugees each.</p>
<p>Are these responses in accordance with these countries&rsquo; international obligations? To answer that question, we turn to the relevant international legal standards. While international law creates clear state duties with respect to refugees and those fleeing situations of danger, it requires less with regard to those affected by economic hardship or crisis. Those in this condition may be termed migrants, although the term is often used as a catch-all to refer to any person who travels from one area to another, usually across borders. According to the 1951 United Nations Refugee Convention&mdash;to which the United States acceded in 1968 by ratifying its 1967 Protocol&mdash;a refugee is a person who is outside of his or her country of origin and is unable to return because of &ldquo;a well-founded fear of being persecuted for reasons of race, religion, nationality, membership of a particular social group or political opinion&rdquo;. The protections afforded to refugees under international law are, understandably, stronger than those provided to migrants (established, among other sources, by the 1990 International Convention on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Their Families).</p>
<p>In the current context of crisis, the most relevant duty that states owe those fleeing danger is that of non-<em>refoulement,</em> or non-return. Refugees (as defined by the Refugee Convention), but also others who might not fit that definition, benefit from the prohibition on <em>refoulement</em>. This means that they may not be returned to countries or areas in which their lives or freedom could be in danger. Today, some 84% of those reaching Europe come from the ten countries that produce the most refugees: Syria, Afghanistan, Somalia, Sudan, South Sudan, the Democratic Republic of the Congo, Myanmar, Central African Republic, Iraq, and Eritrea. In these countries, large areas are affected by war and severe civil strife. All this suggests&mdash;at least&mdash;that the protection against <em>refoulement</em> applies to a great percentage of those fleeing to Europe. Deportation without review of one&rsquo;s particular circumstances to assess the threat faced on return is inconsistent with international law.</p>
<p>In addition to protection from <em>refoulement</em>, the Refugee Convention requires that States provide refugees &ldquo;the most favorable treatment awarded to nationals of a foreign country in the same circumstances.&rdquo; This means that refugees should be allowed to engage in remunerated labor and be given access to housing, education, and public assistance (&lsquo;welfare&rsquo;). They should also be given equal access to the courts and cannot be subject to duties, taxes or levies that do not apply to nationals in similar situations.</p>
<p>These principles constitute minimums required by international law. At the very least, refugees should be provided shelter&mdash;especially relevant now that winter is approaching&mdash;and be afforded the possibility to work and educate themselves. Beyond that, it could also be argued that western nations have both a legal and moral responsibility to provide for those who are fleeing countries that their actions (and omissions) have destabilized, such as Syria, Iraq and Afghanistan. According to that reasoning, apart from receiving more refugees from those countries, western nations could, for example, be more active in creating the conditions for people to prosper in their home States by pushing for a cessation to hostilities.</p>
<p>At the moment, we are observing wholesale failure to comply with the minimum requirements imposed by international law and ethical decency: mass arrests, prosecutions of asylum seekers, border closings and a steady stream of preventable deaths are the most obvious signs of this failure. But these are symptoms of a larger, structural problem, or, better stated, a larger confluence of structural problems. For States in Europe to meet their obligations, they must respond to the current crisis with a coordinated humanitarian response. The elements of this response may be beginning to take shape&mdash;a European Union agreement to distribute the burden of refugees among European States is a start. Increasing levels of refugee resettlement by states in other parts of the world will also help.</p>
<p>As things stand, though, the collective response across Europe and beyond has largely failed to respect existing legal norms. It has been even more distant from standards of human decency and compassion. While Europe, and other states must follow the law on this issue, we would all be well-served instead the guidelines were driven by ethical standards. In reflecting on the immigration and refugee crises on both sides of the Atlantic, the Pope, in a historic speech to a joint session of Congress on Thursday, urged authorities to respond &ldquo;in a way which is humane, just and fraternal.&rdquo; If we can follow that standard here and in Europe, legal compliance will no doubt follow.</p>
<p><em>A slightly modified version of this article was featured in the Daily Journal on September 28, 2015.</em></p>]]></content>
	<updated>2015-10-08T22:57:36+00:00</updated>
	<author><name>James Cavallaro</name></author>
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		<updated>2015-10-08T22:57:36+00:00</updated>
		<title>Human Rights Center - Stanford Law School</title></source>

	<category term="european union"/>

	<category term="refoulement"/>

	<category term="refugee crisis"/>

	<category term="syria"/>

	<category term="united nations"/>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2024-07-04:/224632</id>
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	<title type="html">Human Rights and the Environment – An Interdisciplinary and Transnational Conference</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Human Rights and the Environment: An Interdisciplinary Conference
Photo Credits: &ldquo;Cameron High...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<h2>Human Rights and the Environment: An Interdisciplinary Conference</h2>
<figure aria-describedby="caption-attachment-114157"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="http://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2.jpg" alt="HUMAN RIGHTS AND THE ENVIRONMENT &ndash; AN INTERDISCIPLINARY AND TRANSNATIONAL CONFERENCE" srcset="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2.jpg 574w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-177x80.jpg 177w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-250x113.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-550x248.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-399x180.jpg 399w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2.jpg 574w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-177x80.jpg 177w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-250x113.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-550x248.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-2-399x180.jpg 399w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"><figcaption>Photo Credits: &ldquo;Cameron Highlands 2&rdquo; by Myloismylife &ndash; Loke Seng Hon, own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons</figcaption></figure>
<h3>Sponsored by the Ford Foundation and co-organized by the Stanford Human Rights Center and&nbsp;Dejusticia, this conference explores issues of impact assessment, interdisciplinary collaboration, and the cultural and ethical underpinnings of environmental and human rights claims. Panelists are scholars and practitioners in the fields of environmental law, human rights, public policy, geography, public health, political science, anthropology, among other fields.</h3>
<h3>CONFERENCE PANELS AND PARTICIPANTS</h3>
<figure aria-describedby="caption-attachment-114136"><img decoding="async" src="http://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345.jpg" alt='Photo Credits: "Riau palm oil 2007" by Hayden - Oil Palm Concession. Licensed under CC BY 2.0 via Wikimedia Commons' srcset="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345.jpg 768w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-178x80.jpg 178w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-250x112.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-550x247.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-401x180.jpg 401w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-668x300.jpg 668w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345.jpg 768w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-178x80.jpg 178w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-250x112.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-550x247.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-401x180.jpg 401w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/Riau_palm_oil_2007-768x345-668x300.jpg 668w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"><figcaption>Photo Credits: &ldquo;Riau palm oil 2007&rdquo; by Hayden &ndash; Oil Palm Concession. Licensed under CC BY 2.0 via Wikimedia Commons</figcaption></figure>
<h4>PANEL 1: TRANSLATIONS</h4>
<p>This panel addresses the challenges and best practices in interdisciplinary collaborations between social scientists, advocates and scientists. We explore challenges that are rooted in &ldquo;cultural&rdquo; differences between disciplines, the task of harmonizing aims and pairing advocacy aims with and the task of translating multiple forms of knowing into coherent advocacy campaigns or policy recommendations</p>
<p><strong>PANELISTS</strong>: Michael Wara, Professor of Law, Stanford Law School; Federico Botero, Director, Ecoral.co, an organization for the conservation of ecosystems (Colombia); Luis Jorge Hern&aacute;ndez, Professor of Public Health, UniAndes Medical School (Colombia). Moderator: Tatiana Andia, Senior Researcher, Dejusticia</p>
<h4></h4>
<figure aria-describedby="caption-attachment-114173"><img decoding="async" src="http://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3.jpg" alt="Human Rights and the Environment &ndash; An Interdisciplinary and Transnational Conference 1" srcset="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3.jpg 768w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-178x80.jpg 178w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-250x112.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-550x247.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-401x180.jpg 401w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-668x300.jpg 668w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3.jpg 768w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-178x80.jpg 178w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-250x112.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-550x247.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-401x180.jpg 401w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-3-668x300.jpg 668w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"><figcaption>Photo Credits: &ldquo;Medicine Lake at dawn&rdquo; by Florian Fuchs. Licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons</figcaption></figure>
<p><strong>PANEL 2: PRACTICAL EXPERIENCES AND ENGAGEMENT</strong></p>
<p>Human rights and environmental advocates address some of the following questions: what are the practical challenges in producing and disseminating knowledge about environmental and/or human rights impact in a way that is accessible to the public and to decision-makers&mdash;whether policymakers or courts? How do we negotiate distinct modes of knowing and different types of expertise required to fully apprehend environmental impact, resource needs and other environmental justice issues? What are the roadblocks and the opportunities to create change? How can we add issues of exclusion, culture, poverty and human rights to questions of environmental impact and advocacy?</p>
<p><strong>PANELISTS</strong>: Laurel Firestone, Co-Executive Director, Co-Founder, Community Water Project; Deborah Sivas, Professor of Law, Stanford Law School, Director of the Environmental Law Clinic; Roxanna Altholz, Assistant Clinical Professor of Law, Associate Director, Int&rsquo;l Human Rights Law Clinic, UC Berkeley Law School. Discussant: Michelle Wilde Anderson, Professor of Law, Stanford Law School</p>
<figure aria-describedby="caption-attachment-114177"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4.jpg" alt="Human Rights and the Environment &ndash; An Interdisciplinary and Transnational Conference 2" srcset="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4.jpg 768w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-178x80.jpg 178w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-250x112.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-550x247.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-401x180.jpg 401w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-668x300.jpg 668w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4.jpg 768w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-178x80.jpg 178w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-250x112.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-550x247.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-401x180.jpg 401w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-4-668x300.jpg 668w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" referrerpolicy="no-referrer"><figcaption>Photo Credits: &ldquo;Nuorgam renar 6663&rdquo; by Bo-G&ouml;ran Lillandt &ndash; Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons</figcaption></figure>
<h4>PANEL 3: ASSESSING IMPACT: SCIENTISTS&rsquo; PERSPECTIVES ON INTERDISCIPLINARITY</h4>
<p>This panel seeks to learn from the experiences of interdisciplinary work by scientists, particularly work that has engaged with social science questions such as human agency, and with direct advocacy or impact assessments in the context of extractive industries and energy development projects. How do we frame questions of impact assessment in ways that allow greater knowledge production and fuller information? How is the right to know of potentially affected communities factored into these assessments? Are we asking the right questions? What are the existing mainstream methodologies and what improvements or additions can be made? Is it possible to define a universe of questions that would provide a full picture of the social, environmental and other impacts of extractive industries and climate change?</p>
<p><strong>PANELISTS</strong>: Bruce Forbes, Research Professor, Arctic Centre, University of Lapland, Finland; Edgardo Latrubesse, Professor, Department of Geography and the Environment, UT Austin; Juan Dar&iacute;o Restrepo, Professor of Geological Sciences, Dept. of Geology, EAFIT University (Colombia). Moderator: C&eacute;sar Rodr&iacute;guez Garavito, International Director, Dejusticia, Professor of Law, Universidad de Los Andes</p>
<figure aria-describedby="caption-attachment-114180"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5.jpg" alt="Human Rights and the Environment &ndash; An Interdisciplinary and Transnational Conference 3" srcset="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5.jpg 768w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-178x80.jpg 178w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-250x112.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-550x247.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-401x180.jpg 401w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-668x300.jpg 668w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5.jpg 768w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-300x135.jpg 300w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-178x80.jpg 178w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-220x99.jpg 220w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-250x112.jpg 250w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-550x247.jpg 550w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-401x180.jpg 401w,https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2015/07/human-rights-and-the-environment-an-interdisciplinary-and-transnational-conference-5-668x300.jpg 668w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" referrerpolicy="no-referrer"><figcaption>&ldquo;Timber floating&rdquo; by Petritap &ndash; Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons</figcaption></figure>
<h4>PANEL 4: DISCOURSES OF SCIENCE, ETHICS, AND POWER</h4>
<p>How do we harmonize multiple forms of knowing and valuing the world in order to make constructive policy changes? How do we evaluate the multiple social impacts that accompany environmental impacts? How do we formulate a holistic analysis of these effects and translate those into practical and practicable policy recommendations or advocacy campaigns?</p>
<p>Underpinning at least some of those questions are questions about how and what different groups of people value, and how those differences in what is valued affect people&rsquo;s views and understandings of nature, development, democracy, well-being, and other politically potent constructs</p>
<p><strong>PANELISTS</strong>: Bret Gustafson, Associate Professor, Washington University in St. Louis, Dept. of Anthropology; Jedediah Purdy, Professor of Law, Duke Law School; Brenna Powell, IPRE Group Principal | Associate Director, Stanford Center on International Conflict and Negotiation. Moderator: Claret Vargas, Executive Director, Stanford Human Rights Center, Stanford Law School</p>]]></content>
	<updated>2015-05-15T21:35:44+00:00</updated>
	<author><name>Claret Vargas</name></author>
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		<id>https://law.stanford.edu/blog/human-rights-center/</id>
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		<updated>2015-05-15T21:35:44+00:00</updated>
		<title>Human Rights Center - Stanford Law School</title></source>


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