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<title>FID Recht - Menschenrechte</title>
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	<title type="html">Le Pacte européen sur la migration et l&#039;asile, ou la crise silencieuse de la loi</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le Pacte europ&eacute;en sur la migration et l&rsquo;asile n'est pas une r&eacute;forme ponctuelle mais une v&eacute;ritable re...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj-KOQcq_NLnzFFkMVbXCUxXcYCyyaj7QdNSPB1Sny0f_HkPqQiGsHWYtgWpxwSbz4_st8zLZlQlcZRqrv-tapoh0GFT0_sgVviOvdA6PVIM9vJhGbt-6Wkj2ObHME4h5tJW4tlQKpIIDlAAcF7BIlXw38TbJeRIxEkZl2anO9e06BcDH_JqYtutQp_XEE/s536/journee%20europe@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj-KOQcq_NLnzFFkMVbXCUxXcYCyyaj7QdNSPB1Sny0f_HkPqQiGsHWYtgWpxwSbz4_st8zLZlQlcZRqrv-tapoh0GFT0_sgVviOvdA6PVIM9vJhGbt-6Wkj2ObHME4h5tJW4tlQKpIIDlAAcF7BIlXw38TbJeRIxEkZl2anO9e06BcDH_JqYtutQp_XEE/w189-h151/journee%20europe@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span></div><span><div>Le <a href="https://eur-lex.europa.eu/oj/daily-view/L-series/default.html?&amp;ojDate=22052024" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Pacte europ&eacute;en sur la migration et l&rsquo;asile </a>n'est pas une r&eacute;forme ponctuelle mais une v&eacute;ritable refonte du droit europ&eacute;en de l&rsquo;asile. Adopt&eacute; le 14 mai 2024, &agrave; l'issue de n&eacute;gociations longues et politiquement difficiles, il repose sur une architecture complexe. Il comporte en effet neuf r&egrave;glements, d&rsquo;application directe, et une directive Accueil, qui impose une transposition nationale. Cette pr&eacute;&eacute;minence du r&egrave;glement s'explique sans doute une volont&eacute; de r&eacute;duire les oppositions des &Eacute;tats sur le r&eacute;gime d'asile europ&eacute;en, sujet politiquement sensible. Mais ce choix a aussi des effets pervers, car les parlements nationaux se sentent dessaisis. C'est particuli&egrave;rement vrai en France, car le gouvernement a d&eacute;cid&eacute; de transposer la directive par trois ordonnances, cantonnant le parlement dans une fonction de ratification.&nbsp;</div><div><br></div><div>En tout &eacute;tat de cause, l'entr&eacute;e en vigueur du Pacte &eacute;tait pr&eacute;vue pour le 12 juin prochain, mais il est clair que ce d&eacute;lai ne sera pas respect&eacute;. La mise en oeuvre est d'une effroyable complexit&eacute;, car les r&egrave;glements europ&eacute;ens seront directement applicables le 12 juin, mais cela ne signifie pas qu'il ne soit pas n&eacute;cessaire de supprimer les dispositions redondantes du droit interne, d'harmoniser les notions utilis&eacute;es et, bien entendu, de transposer la directive. A ce stade, le Pacte europ&eacute;en se pr&eacute;sente comme un  vaste chantier.</div><div><br></div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiwHpcSYyh-NA-Cj5KWhX9oP6ZzkB2ehh4sT3-SmOUZ2Nd4kg7pYVkMlmIlJKT1gx51YCsr1-CTrHRZ1fIuMra5MciJz2_-mjmXqlAc_gv-F8UyhbtmstMY0VwuJgODGUmaQNL4_6VY7_AMp2vzMQLf1EBLMcODDr7bE9KACO16H9e3vsze0MQnkOyP4gM/s1301/G.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiwHpcSYyh-NA-Cj5KWhX9oP6ZzkB2ehh4sT3-SmOUZ2Nd4kg7pYVkMlmIlJKT1gx51YCsr1-CTrHRZ1fIuMra5MciJz2_-mjmXqlAc_gv-F8UyhbtmstMY0VwuJgODGUmaQNL4_6VY7_AMp2vzMQLf1EBLMcODDr7bE9KACO16H9e3vsze0MQnkOyP4gM/w407-h305/G.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Gustave Ehrlich, dit Gus, 1970</span></div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Difficult&eacute;s juridiques</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Dans son a<a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/au-gouvernement/avis-relatif-a-la-preparation-de-l-entree-en-vigueur-du-pacte-europeen-sur-la-migration-et-l-asile" rel="noopener noreferrer" target="_blank">vis rendu public le 7 mai 2026, le Conseil d'&Eacute;tat</a> insiste sur ces difficult&eacute;s. Il rappelle qu'un r&egrave;glement europ&eacute;en est directement applicable dans tout &Eacute;tat membre. Les r&egrave;gles nationales incompatibles ne peuvent donc plus servir de base l&eacute;gale. Et il ajoute que le gouvernement peut certes envisager une circulaire, mais qu'elle ne saurait tenir de transposition de la directive. Le r&ocirc;le d'une circulaire est seulement d'expliciter le droit applicable. Elle ne peut rien lui ajouter, ni remplacer une loi manquante. En bref, le gouvernement ne peut &eacute;carter l'intervention du parlement dans ce domaine.</div><div><br></div><div>C'est d'autant plus vrai que le Pacte europ&eacute;en suscite de nombreuses difficult&eacute;s juridiques. La premi&egrave;re d'entre elles tient aux changements de terminologie. Pour ne prendre qu'un exemple, le Code de l'entr&eacute;e et du s&eacute;jour des &eacute;trangers et du droit d'asile (Ceseda) mentionne un "droit au maintien sur le territoire" des demandeurs d'asile pendant l'instruction de leur demande. Le r&egrave;glement europ&eacute;en, quant &agrave; lui, &eacute;voque le "droit de rester" sur le territoire. Les deux formules sont-elles synonymes ? Permettent-elles notamment d'engager une proc&eacute;dure d'extradition dans les m&ecirc;mes conditions ? Les recours pr&eacute;vus ne sont pas tout-&agrave;-fait identiques, pas plus que les d&eacute;lais qui les accompagnent. Le Conseil d'&Eacute;tat affirme que ces points devront &ecirc;tre &eacute;claircis avant la mise en oeuvre du Pacte.</div><div><br></div><div>Une seconde difficult&eacute; juridique concerne la notion de "pays d'origine s&ucirc;r" dont la liste devrait d&eacute;sormais &ecirc;tre &eacute;tablie par l'Union europ&eacute;enne. Le Conseil d'&Eacute;tat en d&eacute;duit que la liste nationale d&eacute;finie par le conseil d'administration de l'Ofpra devra &ecirc;tre &eacute;cart&eacute;e lorsqu'elle divergera de celle du r&egrave;glement. En revanche, la loi fran&ccedil;aise pourra maintenir une liste nationale pour les pays ne figurant pas dans la liste europ&eacute;enne. Le pouvoir de l'Ofpra se trouve ainsi encadr&eacute; par une hi&eacute;rarchie nouvelle entre la liste europ&eacute;enne et la liste nationale. On peut penser toutefois que la liste nationale finira par disparaitre, car rien n'interdit &agrave; l'Union de dresser une liste exhaustive. Une <a href="https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2026/02/23/council-gives-final-greenlight-to-measures-to-make-the-eu-s-asylum-system-more-efficient-and-robust/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">premi&egrave;re liste commune a &eacute;t&eacute; diffus&eacute;e en f&eacute;vrier 2026,</a> applicable le 12 juin 2026. On y trouve le Bangladesh, la Colombie, l'&Eacute;gypte, l'Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie.&nbsp;</div><div><br></div><div>D'autres difficult&eacute;s peuvent &ecirc;tre constat&eacute;es, notamment sur les conditions mat&eacute;rielles d'accueil qui ne sont pas identiques dans la directive europ&eacute;enne et dans le Ceseda. Il en est de m&ecirc;me des proc&eacute;dures &agrave; la fronti&egrave;re. Le Pacte impose un filtrage des ressortissants de pays tiers franchissant irr&eacute;guli&egrave;rement les fronti&egrave;res ext&eacute;rieures, et peut conduire &agrave; une proc&eacute;dure &agrave; la fronti&egrave;re, notamment lorsque le demandeur vient d&rsquo;un pays dont le taux moyen de reconnaissance est inf&eacute;rieur &agrave; 20 %, lorsqu&rsquo;il a induit les autorit&eacute;s en erreur ou lorsqu&rsquo;il repr&eacute;sente un danger pour l&rsquo;ordre public ou la s&eacute;curit&eacute; nationale. Cette proc&eacute;dure peut durer jusqu&rsquo;&agrave; douze semaines, auxquelles peut s&rsquo;ajouter la dur&eacute;e du filtrage. La question devient alors celle du lieu o&ugrave; la personne est maintenue et de la nature juridique de ce maintien. A ce stade, aucune pr&eacute;cision ne figure dans le droit fran&ccedil;ais, en particulier sur les mesures de r&eacute;tention susceptibles d'&ecirc;tre prises et sur les recours susceptibles d'intervenir.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Difficult&eacute;s politiques</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Derri&egrave;re ces probl&egrave;mes juridiques, que le Conseil d'&Eacute;tat diss&egrave;que dans une analyse extr&ecirc;mement pr&eacute;cise, se cachent d'autres probl&egrave;mes de nature politique. L'objet du Pacte est de mettre fin aux divergences nationales qui ont affect&eacute; le r&eacute;gime d'asile europ&eacute;en. Il s'agit concr&egrave;tement de renforcer les contr&ocirc;les aux fronti&egrave;res ext&eacute;rieures et d'acc&eacute;l&eacute;rer les proc&eacute;dures, tout en organisant une solidarit&eacute; entre les &Eacute;tats membres. Ceux qui ont une fronti&egrave;re ext&eacute;rieure esp&egrave;rent profiter de la solidarit&eacute;, ceux du Nord et de l'Ouest esp&egrave;rent profiter du renforcement des m&eacute;canismes de filtrage. Quant aux d&eacute;fenseurs des droits des &eacute;trangers, ils s'inqui&egrave;tent d'une proc&eacute;dure &agrave; la fronti&egrave;re qui repose sur la privation de libert&eacute;. Le syst&egrave;me repose ainsi sur un compromis politique, compromis fragile que le Conseil d'&Eacute;tat ne mentionne pas.</div><div><br></div><div>Dans de telles conditions, on peut s'interroger sur le choix du gouvernement fran&ccedil;ais de recourir aux ordonnances. Le <a href="https://www.vie-publique.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000053776686" target="_blank" rel="noopener noreferrer">projet de loi fran&ccedil;ais d&rsquo;habilitation </a>a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; tr&egrave;s tardivement, le 8 avril 2026, soit &agrave; peine plus de deux mois avant l&rsquo;entr&eacute;e en application du Pacte. Il a &eacute;t&eacute; <a href="https://www.senat.fr/petite-loi-ameli/2025-2026/618.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">adopt&eacute; en premi&egrave;re lecture par le S&eacute;nat le 20 mai 2026</a>. Le ministre de l'Int&eacute;rieur explique ce recours aux ordonnances par cette &eacute;ch&eacute;ance du 12 juin qui impose une proc&eacute;dure tr&egrave;s rapide, m&ecirc;me s'il est clair que ce d&eacute;lai ne sera pas respect&eacute;.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Le d&eacute;ficit d&eacute;mocratique</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Cette justification n'est gu&egrave;re convaincante. Les gouvernements successifs se sont abstenus d'engager la proc&eacute;dure d'int&eacute;gration du Pacte dans le droit positif, tout simplement parce que c'est un sujet qui f&acirc;che. Le Pacte traduit en effet un renforcement de la contrainte europ&eacute;enne dans le traitement du droit d'asile, alors que le d&eacute;bat politique repose souvent sur le desserrement de cette m&ecirc;me contrainte.&nbsp;</div><div>Or ce d&eacute;bat n'a pas eu lieu, et n'aura pas lieu au parlement, contourn&eacute; par le recours aux ordonnances. Le gouvernement se d&eacute;clare ainsi attach&eacute; au d&eacute;bat, mais emploie toutes les armes &agrave; sa disposition pour l'&eacute;carter. Sans doute une bonne affaire pour ceux qui fulminent contre les "europ&eacute;istes" et qui auront l'occasion de d&eacute;noncer la confiscation du d&eacute;bat politique.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div><h3><span><b>Le droit d'asile&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;5 section 2 &sect; 1 A</span></span></h3><p><span></span></p></div><div><br></div></span><p></p>]]></content>
	<updated>2026-06-06T22:28:31+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le harcèlement d&#039;ambiance devant le juge</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Par un arr&ecirc;t du 28 mai 2026, la chambre sociale de la Cour de cassation consid&egrave;re qu'une salari&eacute;e ou...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnEQx0pxyggTlf32bq4zXiGruHZ-Qa9IhHhSNwR2rx7KWPzVXMswbsZF5UmELLmg-POvhJhwOPu2bEl5jZpYehZXC52w-QgNVf5g4vlKTbJx-zJnbdd5RBOMzBMI-pOrKq5R0kxX0phmCrQ2P3PX8267Pg2CYWvXtHTflTS7rCMhDszh-b_nyQZ-Y_5kk/s300/courcassation-300x200@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnEQx0pxyggTlf32bq4zXiGruHZ-Qa9IhHhSNwR2rx7KWPzVXMswbsZF5UmELLmg-POvhJhwOPu2bEl5jZpYehZXC52w-QgNVf5g4vlKTbJx-zJnbdd5RBOMzBMI-pOrKq5R0kxX0phmCrQ2P3PX8267Pg2CYWvXtHTflTS7rCMhDszh-b_nyQZ-Y_5kk/w205-h136/courcassation-300x200@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Par un <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/6a17df34cdc6046d4732ae1f" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 28 mai 2026, la chambre sociale de la Cour de cassation </a>consid&egrave;re qu'une salari&eacute;e ou un salari&eacute; peut &ecirc;tre victime d'un harc&egrave;lement d'ambiance. Des propos ou comportements r&eacute;p&eacute;t&eacute;s, adress&eacute;s ou adopt&eacute;es devant plusieurs employ&eacute;s, peuvent &ecirc;tre subis par chacun d'entre eux, lorsqu'ils se voient contraints de travailler dans un environnement humiliant et d&eacute;gradant.</div></span><p></p><p><span>L'affaire concernait une salari&eacute;e, &eacute;quipi&egrave;re dans un restaurant <i>McDonald's </i>depuis 2017. En 2018, elle a d&eacute;nonc&eacute; &agrave; sa hi&eacute;rarchie des agissements de harc&egrave;lement sexuel commis &agrave; son encontre par son sup&eacute;rieur hi&eacute;rarchique. Apr&egrave;s une intervention de la direction, il s'est abstenu de tout contact avec elle. Mais il a poursuivi ses agissements envers d'autres salari&eacute;es, ce qui a provoqu&eacute; sa mise &agrave; pied disciplinaire en novembre 2019 et l'ouverture d'une enqu&ecirc;te interne en 2020. Certes, l'entreprise a mis en place les proc&eacute;dures habituelles pour g&eacute;rer la situation, mais malheur &agrave; celle par laquelle le scandale arrive. La requ&eacute;rante a en effet &eacute;t&eacute; licenci&eacute;e en 2020, pour faute lourde.&nbsp;</span></p><p><span>Elle conteste donc son licenciement en invoquant le harc&egrave;lement dont elle estime avoir &eacute;t&eacute; victime apr&egrave;s 2019. Le conseil des Prud'hommes, puis la Cour d'appel de Rouen, ont successivement &eacute;cart&eacute; son recours, au motif que les preuves qu'elle apportait concernaient d'autres salari&eacute;es et qu'elle n'&eacute;tait pas vis&eacute;e personnellement par ces agissements.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le harc&egrave;lement, &eacute;l&eacute;ment d'un environnement toxique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000026268379/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 1153-1 du code du travail</a> n'exige pas que la victime soit personnellement destinataire de chaque propos sexiste tenu dans son environnement. Le harc&egrave;lement sexuel y est d&eacute;fini comme&nbsp;</span>"des propos ou comportements &agrave; connotation sexuelle ou sexiste r&eacute;p&eacute;t&eacute;s qui soit portent atteinte &agrave; sa dignit&eacute; en raison de leur caract&egrave;re d&eacute;gradant ou humiliant, soit cr&eacute;ent &agrave; son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante". Il y a donc deux &eacute;l&eacute;ments de d&eacute;finition, d'une part des propos ou comportements r&eacute;p&eacute;t&eacute;s &agrave; connotation sexuelle, d'autre part une situation d&eacute;gradante cr&eacute;&eacute;e &agrave; l'encontre de la victime par ces propos.</span></p><p><span>Jusqu'&agrave; la d&eacute;cision du 28 mai 2026, les juges du fond consid&eacute;raient qu'il n'&eacute;tait pas indispensable que la requ&eacute;rante soit l'unique destinataire des propos ou comportements sexistes. Mais si elle n'&eacute;tait pas l'unique victime, elle devait n&eacute;anmoins &ecirc;tre l'une des personnes vis&eacute;es. La <a href="https://www.doctrine.fr/d/CA/Amiens/2017/C5F3DC8A9FC074DBBA749?q=Amiens%2C+19+sept.+2017%2C+RG+no+15%2F01017&amp;type=arret&amp;sort=relevance&amp;chrono=false&amp;sort_nbr_commentaire=false&amp;chrono_inverted=false&amp;sort_alphanumeric=false&amp;from=0&amp;size=5&amp;only_top_results=true&amp;exclude_moyens=false&amp;selected_keywords=%5B%5D&amp;restrict_to_law_article_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_initial_law_article_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_initial_public_commentary_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_initial_legislative_text_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_legislative_folder_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_decision_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_international_tax_agreement_text_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_international_tax_agreement_text_version_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_collective_agreement_text_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_collective_agreement_legal_resource_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_international_tax_agreement_legal_resource_ids=%5B%5D&amp;restrict_to_quoted_amendment_ids=%5B%5D&amp;only_regulated_information=false&amp;content_country=fra&amp;originalQueryKey=f00d031e25d022eb38ea71b15238bce5&amp;position=1&amp;sourcePage=Search&amp;source=excerpt_results" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Cour d'appel d'Amiens, le 19 septembre 2017</a>, fait application de ce principe au cas d'un salari&eacute; qui d&eacute;signait les femmes de son entourage professionnel avec un vocabulaire diversifi&eacute;, "p&eacute;tasses, blondasses,  bombasses, femelles, tra&icirc;n&eacute;es, boudins", ainsi que "d'autres expressions d'un vulgarit&eacute; peu commune". La requ&eacute;rante &eacute;tait une p&eacute;tasse parmi d'autres, mais elle &eacute;tait destinataire du propos.</span></p><p><span>La jurisprudence se montrait toutefois r&eacute;ticente &agrave; aller plus loin et exigeait, comme la <a href="https://www.doctrine.fr/d/CA/Orleans/2017/C8D6D23B7EDBA10E4FDC3" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Cour d'appel d'Orl&eacute;ans le 7 f&eacute;vrier 2017</a>, la d&eacute;monstration que les propos vulgaires ou &agrave; connotation sexuelle soient personnellement adress&eacute;s &agrave; la personne. La <a href="" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Cour d'appel d'Amiens a ainsi consid&eacute;r&eacute; le 20 d&eacute;cembre 2018 </a> admet qu'un courriel &agrave; connotation sexuelle a &eacute;t&eacute; personnellement adress&eacute; &agrave; la requ&eacute;rante alors qu'il avait &eacute;t&eacute; aussi envoy&eacute; &agrave; d'autres destinataires, la plupart masculins. La requ&eacute;rante n'&eacute;tait pas la cible du comportement, mais elle en &eacute;tait certainement l'une des victimes.</span></p><span><div>La d&eacute;cision du 28 mai 2026 d&eacute;passe cette jurisprudence en admettant que le harc&egrave;lement ne rel&egrave;ve plus d'une relation bilat&eacute;rale mais peut constituer un fonctionnement collectif insuffisamment r&eacute;prim&eacute; par l'employeur et donc particuli&egrave;rement toxique.</div></span><br><p></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKhgyyDI_MUHyrDL30U73xEjapvEgqaaDtavQmc6Kkgp01oOX1suPJA5kbZKP8Gw0GJzB_Tf_yJtCuuSiBVQuAVqLxfe-qQay5pEVhsHhtip-um4lwECrkBnT4x0ypuZQDCf4sfpKOuRR9E0Mrk5qub8rIPIWT-wt82PM2f9N8Fhd5cPJF-R-SZ1gOrqo/s810/C.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKhgyyDI_MUHyrDL30U73xEjapvEgqaaDtavQmc6Kkgp01oOX1suPJA5kbZKP8Gw0GJzB_Tf_yJtCuuSiBVQuAVqLxfe-qQay5pEVhsHhtip-um4lwECrkBnT4x0ypuZQDCf4sfpKOuRR9E0Mrk5qub8rIPIWT-wt82PM2f9N8Fhd5cPJF-R-SZ1gOrqo/w455-h546/C.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><div><br></div><div><br></div><div><span>Calvin &amp; Hobbes. Jim Watterson</span></div><p><span><br></span></p><h3><span>Le Conseil d'&Eacute;tat, une &eacute;volution en demi-teinte</span></h3><p></p><span><br><div>La question est &eacute;videmment pos&eacute;e de l'adaptation du harc&egrave;lement d'ambiance au cas des fonctionnaires. La notion n'est pas, ou pas encore, apparue clairement dans la jurisprudence du Conseil d'&Eacute;tat. Une &eacute;volution dans ce sens se fait toutefois sentir, avec<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053446836?init=true&amp;page=1&amp;query=507692&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> l'arr&ecirc;t du 5 f&eacute;vrier 2026 </a>qui admet la l&eacute;galit&eacute; d'une sanction inflig&eacute;e &agrave; un cadre du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res qui avait fait subir agissements et propos sexistes &agrave; des jeunes femmes plac&eacute;es sous son autorit&eacute;. Ces comportements, &eacute;tal&eacute;s sur une dizaine d'ann&eacute;es sont sanctionn&eacute;s, notamment au regard de "leur ampleur et de leur r&eacute;currence". Le fonctionnaire est sanctionn&eacute; disciplinairement &agrave; la fois pour son comportement sexiste mais aussi pour l'ambiance toxique qu'il a install&eacute;e. Comme bien souvent, le Conseil d'&Eacute;tat est en retrait de la Cour de cassation sur ces questions, mais une &eacute;volution semble en cours.</div><div><br></div><div><br></div></span><h3><span><span>Le harc&egrave;lement d'ambiance en droit p&eacute;nal</span></span></h3><span><br><br><div>Bien entendu, la question du harc&egrave;lement d'ambiance en droit p&eacute;nal se heurte au principe d'interpr&eacute;tation stricte de la loi p&eacute;nale. Le d&eacute;lit de harc&egrave;lement peut toutefois &ecirc;tre caract&eacute;ris&eacute; si des propos tenus dans un groupe sont impos&eacute;s &agrave; chacun de ses membres, m&ecirc;me si aucun n'est directement vis&eacute;. La chambre criminelle en a d&eacute;cid&eacute; ainsi dans <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/67d13139a74c455c1adcabcd?utm_source=chatgpt.com" rel="noopener noreferrer" target="_blank">un arr&ecirc;t du 12 mars 2025 </a>qui confirme la condamnation d'un ma&icirc;tre de conf&eacute;rences poursuivi pour harc&egrave;lement sexuel, en raison de propos tenus pendant ses travaux dirig&eacute;s. Le droit p&eacute;nal admet ainsi une certaine forme de harc&egrave;lement d'ambiance, sans toutefois dissoudre l'infraction dans l'atmosph&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale. Il doit donc identifier les propos, leur caract&egrave;re sexuel ou sexiste, et l'exposition personnelle de chaque victime.</div><br></span><h3><span>La CEDH, porteuse de perspectives d'&eacute;volution</span></h3><span><br><div>La jurisprudence la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) apporte des &eacute;l&eacute;ments qui autorisent cette &eacute;volution. La CEDH n'emploie pas la notion de harc&egrave;lement d'ambiance, mais elle insiste sur les obligations positives des &Eacute;tats dans ce domaine. Dans l<a href="https://juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20240118-001230297" rel="noopener noreferrer" target="_blank">'arr&ecirc;t All&eacute;e c. France du 18 janvier 2024</a>, elle sanctionne ainsi une proc&eacute;dure-b&acirc;illon, action en diffamation contre une femme qui avait d&eacute;nonc&eacute; publiquement des actes de harc&egrave;lement commis par le vice-pr&eacute;sident de l'association d'enseignement confessionnel qui l'employait. Contrairement aux juges internes, la CEDH avait admis que l'absence de plainte ne suffisait pas &agrave; &eacute;carter la bonne foi.</div><div><br></div><div>Surtout, la notion de victimisation secondaire est porteuse de consid&eacute;rables perspectives d'&eacute;volution. Cette notion est pr&eacute;cis&eacute;ment apparue dans la <a href="https://www.coe.int/fr/web/gender-matters/council-of-europe-convention-on-preventing-and-combating-violence-against-women-and-domestic-violence" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Convention d'Istanbul sur la pr&eacute;vention et la lutte contre la violence &agrave; l'&eacute;gard des femmes et la violence domestique</a> &eacute;labor&eacute;e au sein du Conseil de l'Europe. Dans son a<a href="https://vifa-recht.de/C'est%20le%20cas%20lorsqu'une%20femme%20qui%20a%20%C3%A9t%C3%A9%20viol%C3%A9e%20se%20voit%20expos%C3%A9e%20%C3%A0%20des%20propos%20culpabilisants%20ou%20moralisants%20de%20nature%20%C3%A0%20d%C3%A9courager%20sa%20confiance%20dans%20la%20justice." rel="noopener noreferrer" target="_blank">rr&ecirc;t Y c. Slov&eacute;nie du 28 octobre 2025,</a> la CEDH consid&egrave;re comme victimisation secondaire le fait de reproduite des st&eacute;r&eacute;otypes sexistes dans la proc&eacute;dure p&eacute;nale. C'est le cas, par exemple, lorsqu'une femme qui a &eacute;t&eacute; viol&eacute;e se voit exposer devant la police ou les juges &agrave; des propos culpabilisants de nature &agrave; d&eacute;courager sa confiance dans la justice. Rien n'emp&ecirc;cherait, a priori, de transposer cette victimisation secondaire &agrave; l'entreprise, au cas des femmes qui subissent, en quelque sorte par ricochet, des comportements de harc&egrave;lement qui ne les visent pas directement mais qui les font vivre dans un environnement de travail toxique.</div></span><p><span>L&rsquo;arr&ecirc;t rendu par la chambre sociale de la Cour de cassation la 28 mai 2026 marque ainsi une &eacute;volution significative, mais non une rupture. Il consacre la dimension environnementale du harc&egrave;lement sexuel . Il envoie ainsi aux employeurs un message clair. Il ne doit plus se borner &agrave; rechercher si une salari&eacute;e a &eacute;t&eacute; personnellement cibl&eacute;e, mais quel environnement de travail elle a &eacute;t&eacute; contrainte de subir. La lutte contre le harc&egrave;lement p&eacute;n&egrave;tre ainsi au coeur des imp&eacute;ratifs de gestion du personnel. C'est une bonne nouvelle pour les victimes qui, de fait, sont moins isol&eacute;es dans leurs d&eacute;marches&nbsp;</span></p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-06-03T17:51:34+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Affaire Polanski : la fausse évidence de la diffamation</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t rendu par la chambre criminelle de la Cour de cassation le 27 mai 2026 rappelle qu'un pr&eacute;ven...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8tJR-2uVyTp4N6UnaLWn9RuSlnJmbUxJ5ztexhcmZhuanvqpcNdZYFzHBBtP9dl16vP2rJp1h-0nN8tZFcRHRpxMN3wpKgpeIe3tHcn1KO2cDaU-A36QM3H7Y0BX5PcoHv3YEAABjEz3UYbI1fYTZ0azo4HnjLUGPK0m_iKLQ5sBIaUAU1hE2wX9IKCY/s300/courcassation-300x200@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8tJR-2uVyTp4N6UnaLWn9RuSlnJmbUxJ5ztexhcmZhuanvqpcNdZYFzHBBtP9dl16vP2rJp1h-0nN8tZFcRHRpxMN3wpKgpeIe3tHcn1KO2cDaU-A36QM3H7Y0BX5PcoHv3YEAABjEz3UYbI1fYTZ0azo4HnjLUGPK0m_iKLQ5sBIaUAU1hE2wX9IKCY/w213-h142/courcassation-300x200@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><p>L'arr&ecirc;t rendu par la <a href="https://media.licdn.com/dms/document/media/v2/D4E1FAQECenB8WlmZKQ/feedshare-document-url-metadata-scrapper-pdf/B4EZ5pseCUGUA4-/0/1779889726859?e=1780754400&amp;v=beta&amp;t=gQ2wUPMfO41f08Fettdr8CJGfhaSZo4S0C8ewY9oL8Y" target="_blank" rel="noopener noreferrer">chambre criminelle de la Cour de cassation le 27 mai 2026</a> rappelle qu'un pr&eacute;venu peut contester dans les m&eacute;dias les accusations dont il est objet. De tels&nbsp;propos ne constituent pas, en tant que tels, une diffamation publique, d&eacute;finie par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006419790" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881</a>.</p></span><p></p><p><span>La Cour met fin ainsi &agrave; l'affaire <i>Polanski,</i> plus exactement au contentieux qui opposait le cin&eacute;aste &agrave; <i>Charlotte Lewis</i>, ancienne actrice britannique, qui avait d&eacute;clar&eacute; avoir &eacute;t&eacute; viol&eacute;e lors d'un casting &agrave; Paris, alors qu'elle &eacute;tait &acirc;g&eacute;e de seize ans. Le volet p&eacute;nal des poursuites pour violences sexuelles s'est achev&eacute; par une relaxe prononc&eacute;e par le tribunal correctionnel le 14 mai 2024. Le parquet n'ayant pas fait appel, cette relaxe est donc devenue d&eacute;finitive.</span></p><p><span><span>La plaignante a alors engag&eacute; une autre instance portant cette fois sur des propos tenus par <i>Roman Polanski</i> dans <i>Paris Match </i>en d&eacute;cembre 2019. Interrog&eacute; sur les accusations de violences sexuelles dont il &eacute;tait l'objet, il &nbsp;avait alors d&eacute;clar&eacute; : </span><span>&laquo; <i>La premi&egrave;re qualit&eacute; d&rsquo;un bon menteur, c&rsquo;est une excellente m&eacute;moire. On mentionne toujours Charlotte Lewis dans la liste de mes accusatrices sans jamais relever ses contradictions &raquo; </i>Il avait ajout&eacute; que ces accusations &eacute;taient "<i>d'odieux mensonges</i>"<i>. Charlotte Lewis</i> avait alors engag&eacute; une action en diffamation.</span></span></p><p><span>On peut comprendre que l'int&eacute;ress&eacute;e ait &eacute;t&eacute; bless&eacute;e par les paroles du cin&eacute;aste, mais l'action en diffamation n'&eacute;tait pas vraiment un bon choix.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La qualification de diffamation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La qualification de diffamation publique constitue le coeur de la d&eacute;cision.&nbsp;<span>Elle est d&eacute;finie par la loi de 1881 comme &laquo;&nbsp;</span><i>toute all&eacute;gation ou imputation d&rsquo;un fait qui porte atteinte &agrave; l&rsquo;honneur ou &agrave; la consid&eacute;ration de la personne ou du corps auquel le fait est imput&eacute;&nbsp;</i><span>&raquo;. Ces dispositions permettent de distinguer quatre &eacute;l&eacute;ments de d&eacute;finition.&nbsp;</span></span></p><p><span>Trois sont rassembl&eacute;s dans l'affaire soumise &agrave; la Cour de cassation. Le caract&egrave;re public ne fait &eacute;videmment aucun doute, puisque <i>Roman Polanski </i>s'est exprim&eacute; dans <i>Paris Match</i>. Le caract&egrave;re identifiable de la personne est &eacute;galement une &eacute;vidence, puisque le nom de <i>Charlotte Lewis </i>est cit&eacute;. Quant au troisi&egrave;me &eacute;l&eacute;ment, l'atteinte &agrave; l'honneur et &agrave; la consid&eacute;ration, il n'est pas &eacute;voqu&eacute; par la Cour de cassation, mais &ecirc;tre qualifi&eacute;e de "<i>bon menteur</i>", peut ais&eacute;ment entrer dans cette d&eacute;finition.&nbsp;</span></p><p><span><span>Reste le dernier &eacute;l&eacute;ment de d&eacute;finition, et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment celui qui fait d&eacute;faut. La diffamation suppose l'all&eacute;gation ou l'imputation d'un "<i>fait</i>", contrairement &agrave; l'injure qui vise l'expression outrageante ne renfermant aucune imputation d'un fait pr&eacute;cis.&nbsp;</span><span>Il ne suffit donc pas qu&rsquo;un propos soit blessant, humiliant, brutal ou m&ecirc;me moralement violent. Encore faut-il qu&rsquo;il impute &agrave; la personne vis&eacute;e un comportement suffisamment pr&eacute;cis pour &ecirc;tre susceptible de preuve et de d&eacute;bat contradictoire.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEigc94Tnl8AyZHDHDpHBiBAFbxrw8sDWWUEUlL-xgt4Q2ndNCz3-sa28C4HqkiROQOXzQb6ojKIn8eqGQFEFmFQMoGD_Om4FTfBe6J_HrVtx7PlndD1B_nw6Hcw2U9nxmiCYddHNmq6SgX_SQwTEwFbFFxH4n8yy6WDgF0VC9M39J8V9fVJwwFx7MaJYhw/s1762/V.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEigc94Tnl8AyZHDHDpHBiBAFbxrw8sDWWUEUlL-xgt4Q2ndNCz3-sa28C4HqkiROQOXzQb6ojKIn8eqGQFEFmFQMoGD_Om4FTfBe6J_HrVtx7PlndD1B_nw6Hcw2U9nxmiCYddHNmq6SgX_SQwTEwFbFFxH4n8yy6WDgF0VC9M39J8V9fVJwwFx7MaJYhw/w564-h424/V.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>Voutch</span><p></p><h3><span>L'imputation d'un fait</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>La diffamation, pour &ecirc;tre reconnue comme telle, doit ainsi se pr&eacute;senter comme une articulation de faits dont l'exactitude peut &ecirc;tre discut&eacute;e devant le juge. En t&eacute;moigne l'exception de v&eacute;rit&eacute; qui permet &agrave; la personne mise en cause pour diffamation de prouver la r&eacute;alit&eacute; des faits all&eacute;gu&eacute;s. Dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000051744147" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 3 juin 2025</a>, la Cour de cassation confirme ainsi la relaxe du directeur du <i>Canard Encha&icirc;n&eacute;, </i>attaqu&eacute; pour diffamation par une avocate que le Journal avait d&eacute;nonc&eacute;e comme n'ayant pas pay&eacute; ses cotisations &agrave; l'Ordre depuis six ans. H&eacute;las, les faits &eacute;taient av&eacute;r&eacute;s, et l'exception de v&eacute;rit&eacute; a donc jou&eacute; pleinement son r&ocirc;le exon&eacute;ratoire.</span></span></p><p><span><span>Cette analyse n'est gu&egrave;re diff&eacute;rente dans le contentieux de la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme, qui se place sur le fondement de l'article 10 de la Convention europ&eacute;enne (CEDH). Sa jurisprudence distingue tr&egrave;s clairement les faits, susceptibles de preuve, et les jugements de valeur dont la v&eacute;rit&eacute; ne peut &ecirc;tre d&eacute;montr&eacute;e. Dans l<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-57523" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'arr&ecirc;t <i>Lingens c. Autriche</i> du 8 juillet 1986,</a> elle affirme que ces derniers ne se pr&ecirc;tent pas &agrave; la preuve.</span></span></p><p><span><span>En l'esp&egrave;ce, la Cour de cassation applique cette jurisprudence. Peu importe l'appr&eacute;ciation que l'on porte sur les propos de <i>Roman Polanski.</i> Ils sont peut-&ecirc;tre injurieux dans le langage commun, rudes ou d&eacute;testables, mais ils rel&egrave;vent d'une appr&eacute;ciation subjective, pas d'une imputation probatoire reposant sur des faits.</span></span></p><p><span><span>Certains objecteront sans doute que l'accusation port&eacute;e &agrave; l'encontre de Charlotte Lewis lui impute le fait d'avoir menti. Mais la Cour retient toujours une approche contextuelle de l'&eacute;change. <i>Roman Polanski</i> est dans la situation d'un homme accus&eacute; de viol, contestant la v&eacute;racit&eacute; de cette accusation et la coh&eacute;rence du r&eacute;cit de son accusatrice. Il exprime sa subjectivit&eacute;, et ne cherche plus &agrave; prouver son caract&egrave;re mensonger, cette d&eacute;marche ayant &eacute;t&eacute; men&eacute;e &agrave; son terme lors du proc&egrave;s p&eacute;nal.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Le pi&egrave;ge de la diffamation</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span>La d&eacute;cision rendue par la Cour de cassation le 27 mai 2026 &eacute;tait donc parfaitement pr&eacute;visible, dans la droite ligne d'une jurisprudence solidement &eacute;tablie.</span></p><p><span>Mais alors pourquoi <i>Charlotte Lewis </i>a-t-elle utilis&eacute; le fondement de la diffamation pour contester les propos du cin&eacute;aste ? Comme souvent, la diffamation a fonctionn&eacute; comme un pi&egrave;ge qui se referme doucement sur celui ou celle qui l'utilise. Elle est attractive, car elle donne le sentiment de prot&eacute;ger son honneur et de faire juger publiquement la fausset&eacute; d'une accusation. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, le pi&egrave;ge r&eacute;side dans l'existence d'un fait.</span></p><p><span>Lorsqu&rsquo;un propos consiste &agrave; traiter quelqu&rsquo;un de menteur, sans imputer un &eacute;pisode mensonger d&eacute;termin&eacute;, l&rsquo;injure publique peut appara&icirc;tre plus adapt&eacute;e et on peut penser que<i> Charlotte Lewis</i> aurait eu int&eacute;r&ecirc;t &agrave; se placer sur ce fondement. Mais l'injure sanctionne une expression excessive, elle ne r&eacute;pare pas le pr&eacute;judice li&eacute; &agrave; l'honneur de la personne. Elle a donc pr&eacute;f&eacute;r&eacute; la voie de droit la plus difficile, qui ne pouvait finalement pas la conduire au succ&egrave;s. C'est d'autant plus vrai que le droit de la presse est particuli&egrave;rement formaliste. La qualification retenue dans l'acte de poursuite enferme en effet le d&eacute;bat de mani&egrave;re d&eacute;finitive, et le juge ne peut op&eacute;rer de requalification de diffamation en injure.</span></p><p><span>On peut d&egrave;s lors s'interroger sur ce choix d'utiliser la diffamation dans les conflits n&eacute;s des prises de parole publiques sur des violences sexuelles all&eacute;gu&eacute;es. Les poursuites en diffamation ne sont sans doute pas le bon vecteur pour s'affirmer comme victime car il est &eacute;vident que celui qui est mis en cause a, lui aussi, le droit de s'exprimer dans les m&eacute;dias pour affirmer qu'il est accus&eacute; &agrave; tort. Utilis&eacute;e dans ce type de d&eacute;bat, la diffamation risque fort de se retourner contre celui ou celle qui l'utilise.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><section dir="auto"><div><div><div><div dir="auto"><div></div></div></div></div></div></section><p></p><div><p><span><span><b>La diffamation</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 9 section 2 &sect; 1 A 2</span></span></p></div>]]></content>
	<updated>2026-05-31T14:06:56+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-27:/288876</id>
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	<title type="html">De l&#039;heure des soins palliatifs au leurre législatif</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La loi du 26 mai 2026 visant &agrave; garantir l'&eacute;gal de tous &agrave; l'accompagnement et aux soins palliatifs d&eacute;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPFzTnKaCsvUxP5ecjqklIFTnl-vBm1lcAxhxStBP1-LG1H-uxTmWyxEKcS-Y-UzJkyS1Pp0TKRYUzz69JiPcgtVhhyphenhyphenr-TCYJPxHzcSpzdhhNGzReLThqXqsyvchwWygpEYxnDGAc4x1NtR5c_YSy8SqlFfd0b3svCuXdG4CGn1vm5qP0UcrR98eLqMSs/s208/JO@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPFzTnKaCsvUxP5ecjqklIFTnl-vBm1lcAxhxStBP1-LG1H-uxTmWyxEKcS-Y-UzJkyS1Pp0TKRYUzz69JiPcgtVhhyphenhyphenr-TCYJPxHzcSpzdhhNGzReLThqXqsyvchwWygpEYxnDGAc4x1NtR5c_YSy8SqlFfd0b3svCuXdG4CGn1vm5qP0UcrR98eLqMSs/s1600/JO@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054131776" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 26 mai 2026 visant &agrave; garantir l'&eacute;gal de tous &agrave; l'accompagnement et aux soins palliatifs </a>d&eacute;courage le commentaire juridique. &nbsp;D'un c&ocirc;t&eacute;, elle semble affirmer une ambition forte, et elle a ainsi fait l'objet d'une communication qui la pr&eacute;sente comme un grand texte, un progr&egrave;s consid&eacute;rable dans le domaine du droit de mourir dans la dignit&eacute;. De l'autre cot&eacute;, sa lecture montre que l'essentiel de son contenu existait d&eacute;j&agrave; dans le droit positif.</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit de b&eacute;n&eacute;ficier des soins palliatifs</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Toute personne malade, dont l'&eacute;tat le requiert, a le droit d'acc&eacute;der aux soins palliatifs et &agrave; un accompagnement. Ce principe figurait d&eacute;j&agrave; dans la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000212121/?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 9 juin 1999 visant &agrave; garantir le droit d'acc&egrave;s aux soins palliatifs</a>, codifi&eacute; dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006685752" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 1110-9 du code de la sant&eacute; publique.</a>&nbsp;D</span><span><span>epuis la </span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000031970295" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi <i>Claeys-Leonetti </i>du 2 f&eacute;vrier 2016</a><span>, toute personne a droit &agrave; une fin de vie dans la dignit&eacute;. Elle doit &ecirc;tre accompagn&eacute;e et ses souffrances autant que possible apais&eacute;es, tandis que l&rsquo;obstination d&eacute;raisonnable est prohib&eacute;e. Le droit positif conna&icirc;t donc d&eacute;j&agrave; le triptyque que la loi de 2026 ne remet pas en cause : refus de l&rsquo;acharnement th&eacute;rapeutique, soins palliatifs, s&eacute;dation profonde et continue dans certaines hypoth&egrave;ses. Le droit de b&eacute;n&eacute;ficier de soins palliatifs n'est donc pas une innovation.&nbsp;</span></span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div><span></span></div><span><br><div><span>Le fossoyeur. Georges Brassens</span></div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La d&eacute;finition des soins palliatifs</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le progr&egrave;s affirm&eacute; par les auteurs du texte r&eacute;siderait-il dans la d&eacute;finition des soins palliatifs ? En effet, leur d&eacute;finition connait une &eacute;volution.&nbsp;</span></p><p><span>Dans son ancienne r&eacute;daction </span><span>issue de&nbsp;</span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000006697393/2002-03-05" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><span>la loi du 4 mars 2022 relative aux droits des malades,</span></a><span>&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006685753" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article L 1110-10 de ce m&ecirc;me code de la sant&eacute; publiqu</a>e d&eacute;finissait les soins palliatifs en ces termes :&nbsp;</span><span>&laquo; <span><i>Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqu&eacute;s par une &eacute;quipe interdisciplinaire en institution ou &agrave; domicile. Ils visent &agrave; soulager la douleur, &agrave; apaiser la souffrance psychique, &agrave; sauvegarder la dignit&eacute; de la personne malade et &agrave; soutenir son entourage</i>".</span></span><span><span>&nbsp;Ils &eacute;taient donc d&eacute;finis comme des soins m&eacute;dicaux mis en oeuvre aupr&egrave;s des patients en fin de vie.</span></span></p><p><span><span>La nouvelle d&eacute;finition repose sur un vocabulaire modernis&eacute;. On parle d&eacute;sormais d'"<i>accompagnement</i>" et il ne s'agit plus seulement de traitement la douleur ou les sympt&ocirc;mes qui affectent le patient. Il s'agit aussi d'int&eacute;grer la dimension humaine dans toutes ses facettes, psychologiques, familiales, sociales etc.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>De m&ecirc;me, les soins palliatifs sont clairement "<i>rattach&eacute;s au droit fondamental &agrave; la protection de la sant&eacute;". </i>Ce n'est donc pas une prestation hospitali&egrave;re comme une autre, mais l'exercice d'un droit dont le patient est titulaire. Celui-ci n'est d'ailleurs plus seulement la personne en fin de vie, mais celui ou celle, <i>"de tout &acirc;ge</i>", qui "<i>souffre d'une ou plusieurs maladies graves, en particulier celles approchant de la fin de leur vie</i>".</span></span></p><p><span><span>Tout cela est fort bien, et sans doute &eacute;tait-il utile de l'&eacute;crire, mais les soins palliatifs, tels qu'ils sont pratiqu&eacute;s aujourd'hui dans les services sp&eacute;cifiquement cr&eacute;&eacute;s &agrave; cette fin, ont int&eacute;gr&eacute; depuis longtemps cette d&eacute;finition. L'accompagnement est leur r&eacute;alit&eacute; quotidienne, et leur seul probl&egrave;me ne r&eacute;side pas dans la d&eacute;finition des soins palliatifs mais bien davantage dans leur organisation.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Une loi d'organisation</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>Contrairement &agrave; ce qui est affirm&eacute; par ses promoteurs, la loi du 26 mai 2026 ne cr&eacute;e aucun droit nouveau. Elle organise, elle programme, elle d&eacute;finit les conditions de prise en charge des patients, y compris &agrave; leur domicile. Elle d&eacute;finit une organisation territoriale pilot&eacute;e par les Agences r&eacute;gionales de sant&eacute; (ARS) charg&eacute;es de coordonner les diff&eacute;rents intervenants.&nbsp;</span></span></p><p><span>Cette organisation pr&eacute;sente aussi une finalit&eacute; sp&eacute;cifique qui consiste &agrave; d&eacute;velopper les soins palliatifs sans pour autant cr&eacute;er des nouveaux services correspondant aux besoins. La patient n'est donc pas n&eacute;cessairement pris en charge par une unit&eacute; hospitali&egrave;re sp&eacute;cifique. Il peut &ecirc;tre en soins palliatifs &agrave; son domicile, et la loi pr&eacute;voit la formation des &eacute;tudiants en m&eacute;decine, et m&ecirc;me celle de b&eacute;n&eacute;voles. Il s'agit donc de cr&eacute;er des soins palliatifs sans budget...</span></p><p><span>Toute la partie organisationnelle du texte, c'est-&agrave;-dire presque sa totalit&eacute; si l'on excepte le rappel des droits des patients d&eacute;j&agrave; consacr&eacute;s, aurait pu &ecirc;tre adopt&eacute;e par voie r&eacute;glementaire. La question qui est pose alors est la suivante : pourquoi avoir donn&eacute; tant de visibilit&eacute; &agrave; un texte de pilotage administratif ?</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La proposition relative au droit &agrave; l'aide &agrave; mourir</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La r&eacute;ponse &agrave; cette question r&eacute;side dans l'articulation de ce texte avec <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1100_proposition-loi" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la proposition de loi relative au droit &agrave; l'aide &agrave; mourir.</a> Ce droit serait ouvert aux malades majeurs condamn&eacute;s par une affection grave et qui en ont exprim&eacute; la demande. Cette r&eacute;forme est engag&eacute;e depuis trois ans et ne parvient pas &agrave; son terme, en raison notamment d'un blocage total du S&eacute;nat. Le 12 mai 2026, ce dernier a rejet&eacute; le texte dans son ensemble en seconde lecture. Une commission mixte paritaire a certes &eacute;t&eacute; convoqu&eacute;e pour le 19 mai 2026, mais il semble que sa premi&egrave;re r&eacute;union ait &eacute;t&eacute; repouss&eacute;e au 2 juin. De toute &eacute;vidence, on veut &eacute;viter les sujets qui f&acirc;chent, et le projet sur l'aide &agrave; mourir fait l'objet d'une course de lenteur.&nbsp;</span></p><p><span>La loi du 26 mai 2026 apparait ainsi comme un instrument d'affirmation d'une politique de soins palliatifs, destin&eacute;e finalement &agrave; cacher le refus de la loi sur l'aide &agrave; mourir. Les soins palliatifs sont consid&eacute;r&eacute;s comme suffisants pour satisfaire la demande sociale. Un <a href="https://www.ifop.com/article/les-francais-et-la-proposition-de-loi-sur-la-fin-de-vie/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sondage IFOP publi&eacute; en f&eacute;vrier 2026</a> indique en effet que 84 % des personnes interrog&eacute;es se d&eacute;clarent favorables &agrave; la proposition de loi sur l'aide &agrave; mourir. Ils estiment &agrave; 87 % que le patient doit avoir le choix entre l'aide et mourir et les soins palliatifs.&nbsp;</span></p><p><span>Les soins palliatifs sont donc devenus un argument contre l'aide &agrave; mourir. Cette communication rappelle &eacute;trangement la position du S&eacute;nat sur le mariage pour tous. A l'&eacute;poque, il affirmait que le Pacs &eacute;tait plus que suffisant pour garanti les droits des couples de m&ecirc;me sexe, oubliant qu'il s'&eacute;tait vivement oppos&eacute; au Pacs &agrave; l'&eacute;poque de son adoption.</span></p><p><span>On doit d&eacute;plorer cette forme d'instrumentalisation de la r&eacute;forme des soins palliatifs. Ils m&eacute;ritaient mieux, car l'in&eacute;galit&eacute;, notamment territoriale et sociale, &agrave; leur &eacute;gard est patente. A cet &eacute;gard, la loi du 26 mai ne va certainement pas r&eacute;soudre ce probl&egrave;me rapidement. Au lieu de leur attribuer une fonction de contre-feu, il aurait &eacute;t&eacute; bien pr&eacute;f&eacute;rable de leur attribuer un vrai budget.</span></p><p><br></p><p><span><b>Le droit de mourir dans la dignit&eacute;</b><span>&nbsp;:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a><span>&nbsp;chapitre 7 section 2 &sect;</span></span><span> 2 A</span></p>]]></content>
	<updated>2026-05-27T21:18:14+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Anti-Slapp : un pas de plus pour protéger les victimes des procédures bâillons</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La lutte pour assurer une protection plus efficace des lanceurs d'alerte progresse lentement. La con...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span></span></span></p><div><span><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjv48CdIUWmjXj_KmRtAzvorbZ2zRL2TsCRiwnVRS1Z1evo0ZHWdN6cah88-hj42dM0fznFnuxkJhXSS2Q2ubrsey3-XpdefACZnXZ4se5zw1V3Qqa5Pcrp14HOwnNSZarqdOH7qFmX3nyyrSGNzMFBLcRx3USdSm2SDsXvEUadfG3j68BpjJS5Ddt7hyphenhyphenA/s208/JO@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjv48CdIUWmjXj_KmRtAzvorbZ2zRL2TsCRiwnVRS1Z1evo0ZHWdN6cah88-hj42dM0fznFnuxkJhXSS2Q2ubrsey3-XpdefACZnXZ4se5zw1V3Qqa5Pcrp14HOwnNSZarqdOH7qFmX3nyyrSGNzMFBLcRx3USdSm2SDsXvEUadfG3j68BpjJS5Ddt7hyphenhyphenA/s1600/JO@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></span></div><span><span><br><div><span>La lutte pour assurer une protection plus efficace des lanceurs d'alerte progresse lentement. La construction d'une l&eacute;gislation <i>Anti-Slapp </i>est en cours, destin&eacute;e &agrave; lutter contre les&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons</span><span>, les "<i>Strategic lawsuits agains public participation</i>" (Slapp), en particulier une <a href="https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2024/1069/oj?locale=fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer">directive europ&eacute;enne du 11 avril 2024 </a>et un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054026906" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 30 avril 2026</a> qui en r&eacute;alise la transposition en droit fran&ccedil;ais.</span></div></span></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Quelques d&eacute;finitions</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le <i>Lawfare</i> d&eacute;signe l'usage du droit comme instrument d'un combat, qu'il soit politique, diplomatique, militaire ou &eacute;conomique. Il ne s'agit pas seulement d'utiliser le droit, mais de le mobiliser dans un but d'affaiblissement de l'adversaire. La proc&eacute;dure-ba&icirc;llon en est une des modalit&eacute;s, destin&eacute;e moins &agrave; gagner un proc&egrave;s qu'&agrave; &eacute;puiser l'adversaire m&eacute;diatiquement en le discr&eacute;ditant, ou financi&egrave;rement en le ruinant par la multiplication des frais d'avocat. &nbsp;</span></p><p><span><span>Les premi&egrave;res victimes de ces pratiques sont &eacute;videmment les lanceurs d'alerte.&nbsp;</span><span>Depuis la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033558528" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Sapin 2 du 9 d&eacute;cembre 2016</a>, profond&eacute;ment modifi&eacute;e par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000045388752" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Waserman du 21 mars 2022</a>, le lanceur d&rsquo;alerte est d&eacute;fini comme une personne physique signalant ou divulguant, sans contrepartie financi&egrave;re directe et de bonne foi, des informations relatives notamment &agrave; un crime, un d&eacute;lit, une menace ou un pr&eacute;judice pour l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, ou encore une violation du droit.&nbsp;</span></span></p><p><span>Ce droit des lanceurs d'alerte se limitait toutefois &agrave; pr&eacute;voir certaines d&eacute;rogations pour mettre &agrave; l'abri des poursuites les journalistes ou, comme le fait <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037262111" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la loi du 30 juillet 2018</a>, les lanceurs d'alerte poursuivis pour violation du secret des affaires. De m&ecirc;me est &eacute;tablie une proc&eacute;dure de signalement de l'alerte, d'ailleurs tout-&agrave;-fait &eacute;trange car elle repose essentiellement sur un signalement aupr&egrave;s du sup&eacute;rieur hi&eacute;rarchique. Autant envoyer directement le lanceur d'alerte dans le pi&egrave;ge qui conduira &agrave; son licenciement...</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjOtZrnfixnrTR5GtY-BCbCnhHUoA5oIxYEUa3Oj3pVkPbjJVjNMTZsbmJQeKlyiBLV9ninJbI1aV7Qgiux08kJKSAnR-22xLasY4fM0FhR_ZtMcWYeZ3sn95GnrTrA9n1vXZ70aIEEKVL7F3tM3XFc0s6AgavgIT_liKQGXDI6bauYUgJmW0AioOmoxc4/s1448/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-23%20a%CC%80%2020.13.26.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjOtZrnfixnrTR5GtY-BCbCnhHUoA5oIxYEUa3Oj3pVkPbjJVjNMTZsbmJQeKlyiBLV9ninJbI1aV7Qgiux08kJKSAnR-22xLasY4fM0FhR_ZtMcWYeZ3sn95GnrTrA9n1vXZ70aIEEKVL7F3tM3XFc0s6AgavgIT_liKQGXDI6bauYUgJmW0AioOmoxc4/w505-h321/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-23%20a%CC%80%2020.13.26.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><span>Exemple de proc&eacute;dure-b&acirc;illon</span><p></p><p><span>Le Devin. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1972</span><br><span><br></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les limites du droit positif</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Quoi qu'il en soit, ce droit positif ne prot&eacute;geait pas du tout contre les&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons.</span><span>&nbsp;</span></span></p><p><span><span>D'abord, il ne s'appliquait qu'aux personnes reconnues comme lanceurs d'alerte &agrave; l'issue d'un parcours juridique sp&eacute;cifique. Or les&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons</span><span>&nbsp;peuvent frapper n'importe quelle personne participant au d&eacute;bat public, journaliste, membre d'une ONG, auteur d'un blog, universitaire etc</span></span></p><p><span>Ensuite, les juges &eacute;taient largement impuissants face aux proc&eacute;dures baillons, qu'il s'agisse du juge p&eacute;nal saisi d'une plainte pour diffamation, ou du juge civil saisi d'une demande indemnitaire consid&eacute;rable, surtout destin&eacute;e &agrave; intimider le d&eacute;fendeur. L&agrave; encore, le juge ne disposait de quelques moyens que lorsque ce dernier avait la qualit&eacute; de lanceur d'alerte. L'article 10-1 de la loi Sapin lui permet ainsi d'accorder une provision pour frais d'instance lorsque la proc&eacute;dure semble destin&eacute;e &agrave; entraver une divulgation publique, voire d'infliger une amende jusqu'&agrave; 60 000 &euro; au plaignant. Mais, l&agrave; encore, ces pr&eacute;rogatives ne peuvent viser que les lanceurs d'alerte d&eacute;j&agrave; qualifi&eacute;s comme tels.</span></p><p><span>Pour venir en aides aux autres victimes de proc&eacute;dures b&acirc;illon, il ne restait donc que l'amende pour recours abusif. Or&nbsp;celle-ci est bien peu utilis&eacute;e, parce qu'elle repose sur un triple pouvoir discr&eacute;tionnaire du juge. D'une part, le juge d&eacute;finit lui-m&ecirc;me ce qu'il estime "abusif". D'autre part, m&ecirc;me en cas de recours qu'il reconnait comme abusif, il demeure libre de condamner, ou pas. Enfin, sa pr&eacute;rogative est exclusive, car une demande en recours abusif est irrecevable.&nbsp;</span></p><p><span>L'amende pour recours abusif, dont le montant ne peut exc&eacute;der 10 000 &euro;, n'est gu&egrave;re dissuasive dans ces conditions, d'autant qu'elle n'est prononc&eacute;e que rarement, dans des cas de recours loufoques, bien &eacute;loign&eacute;s des proc&eacute;dures b&acirc;illons. L'une des occurrences les plus r&eacute;centes se trouve ainsi dans un <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2024/05/le-sourire-de-la-joconde-lenigme-est.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 14 mai 2023</a>, par lequel le Conseil d'&Eacute;tat condamne &agrave; 3000 &euro; d'amende une association qui exigeait la restitution de <i>La Joconde</i> aux h&eacute;ritiers de <i>Leonardo</i>.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La directive anti Slapp :&nbsp;</span></h3><h3><span>d&eacute;mocratie et participation au d&eacute;bat public</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Les normes issues de la directive europ&eacute;enne de 2024 et du d&eacute;cret de transposition du 30 avril 2026 pr&eacute;sentent un int&eacute;r&ecirc;t tout particulier. En effet, elles n'ont plus comme objet exclusif de prot&eacute;ger le lanceur&nbsp;d'alerte comme personne vuln&eacute;rable. Elles visent &agrave; prot&eacute;ger une activit&eacute; d&eacute;mocratique, c'est-&agrave;-dire la participation au d&eacute;bat public.</span></p><p><span>Le champ d'application de la directive s'&eacute;tend aux proc&eacute;dures civiles ou commerciales dirig&eacute;es contre des personnes physiques ou morales en raison de leur participation au d&eacute;bat public. Il couvre tous les domaines d'int&eacute;r&ecirc;t public, la sant&eacute;, l'environnement, le climat, la corruption, la fraude, les activit&eacute;s des personnalit&eacute;s politiques ou la protection des processus d&eacute;mocratiques. On est assez proche ici du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, tel qu'il est utilis&eacute; par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH).</span></p><p><span>La directive contient trois instruments essentiels. Le premier est le&nbsp;<span>rejet pr&eacute;coce</span>&nbsp;des demandes manifestement infond&eacute;es, afin d&rsquo;&eacute;viter que le proc&egrave;s lui-m&ecirc;me ne devienne la sanction. Le deuxi&egrave;me est la&nbsp;<span>protection financi&egrave;re du d&eacute;fendeur</span>, avec la possibilit&eacute; d&rsquo;exiger du demandeur une s&ucirc;ret&eacute; ou de mettre &agrave; sa charge les co&ucirc;ts de la proc&eacute;dure. Le troisi&egrave;me enfin est la&nbsp;<span>dissuasion du demandeur abusif</span>, par le remboursement int&eacute;gral des frais, des sanctions effectives et donc dissuasives, voire des mesures comme la publication de la d&eacute;cision ou l&rsquo;indemnisation du dommage.&nbsp;</span></p><p><span>Ce dispositif serait parfait, s'il ne souffrait d'un handicap structurel. En raison de son fondement juridique europ&eacute;en, il ne couvre en effet que les litiges civils et commerciaux pr&eacute;sentant une dimension transfronti&egrave;re. Ne sont pas concern&eacute;s les contentieux devant le juge p&eacute;nal et les litiges purement internes. Le champ d'application se r&eacute;v&egrave;le finalement extr&ecirc;mement &eacute;troit.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le d&eacute;cret du 30 avril 2026</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La Commission nationale consultative des droits de l'homme <a href="https://www.cncdh.fr/actualite/lutter-contre-les-procedures-baillons-un-imperatif-pour-preserver-le-debat-public" target="_blank" rel="noopener noreferrer">(CNCDH), dans un avis de f&eacute;vrier 2025</a> avait d&eacute;plor&eacute; l'&eacute;troitesse du champ d'application de la directive europ&eacute;enne. Certes, cette limite &eacute;tait li&eacute;e pr&eacute;cis&eacute;ment aux comp&eacute;tences de l'Union dans ce domaine, mais rien n'interdisait d'op&eacute;rer une transposition en droit interne avec un champ d'application plus large.</span></p><p><span>Le pouvoir r&eacute;glementaire a exauc&eacute;, en partie, le voeu de la CNCDH. Les pouvoirs du juge civil sont &eacute;largis, et il peut d&eacute;sormais allouer aux d&eacute;fendeurs une provision pour le proc&egrave;s. Il peut aussi rejeter rapidement toute demande manifestement infond&eacute;e, en pr&eacute;voyant, le cas &eacute;ch&eacute;ant, une audience prioritaire. Lorsque l'action est abusive, il peut m&ecirc;me condamner son auteur &agrave; payer l'ensemble des frais de proc&eacute;dure support&eacute;e par l'autre partie, y compris l'ensemble des honoraires d'avocat.&nbsp;</span></p><p><span>Intervention&nbsp;pr&eacute;coce, rejet rapide, tous ces &eacute;l&eacute;ments, vont dans le bon sens. Il s'agit en effet d'arr&ecirc;ter le processus d'intimidation, avant que le d&eacute;fendeur ne soit &eacute;puis&eacute;, &eacute;ventuellement en faisant payer le co&ucirc;t du proc&egrave;s &agrave; celui qui instrumentalise la justice.</span></p><p><span><span>Mais il y a tout de m&ecirc;me une limite importante &agrave; ce progr&egrave;s dans la protection victimes de&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons.</span><span>&nbsp;Le d&eacute;cret du 30 avril 2026 modifie le code de proc&eacute;dure civile, et seulement lui. Il ne s'&eacute;tend pas au contentieux commercial, et pas davantage au contentieux p&eacute;nal. Les plaintes pour diffamation ou pour violation d'un secret prot&eacute;g&eacute; ne sont donc pas concern&eacute;es, alors m&ecirc;me qu'elles sont largement utilis&eacute;es dans des contentieux d'intimidation.</span></span></p><p><span>Bon nombre d'associations de d&eacute;fense des lanceurs d'alerte d&eacute;noncent une r&eacute;forme partielle, qui ne touche pas les usages les plus sensibles du <i>Lawfare</i>. Elles ont sans doute raison, mais il ne faut pas oublier que l'&eacute;volution de la l&eacute;gislation <i>anti Slapp</i> conduit &agrave; changer sa nature m&ecirc;me, et que c'est loin d'&ecirc;tre n&eacute;gligeable.&nbsp;</span></p><p><span><span>Elle n'est plus un &eacute;l&eacute;ment de protection li&eacute;e au statut du lanceur d'alerte. Elle devient une garantie de la participation de chacun au d&eacute;bat public et elle est donc d&eacute;sormais directement rattach&eacute;e au principe d&eacute;mocratique. Le proc&egrave;s lui-m&ecirc;me n'est plus seulement le lieu de r&eacute;solution d'un conflit et le droit affirme clairement qu'il peut &ecirc;tre instrumentalis&eacute;. La prise de conscience a donc commenc&eacute;, mais si le chemin est encore long vers une vraie protection des victimes de&nbsp;</span><span>proc&eacute;dures-b&acirc;illons</span><span>.&nbsp;</span></span></p><p><span><br></span></p><div><div><section><div><div><div><div tabindex="0"><div><div><p><span></span></p><p><span></span></p><div><p><span><b>Les proc&eacute;dures-b&acirc;illons</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 9 section 1 &sect; 2 B</span></p><div><span><br></span></div></div></div></div></div></div><div></div><div><div></div></div></div></div></section></div></div><p><span>x</span></p>]]></content>
	<updated>2026-05-23T18:18:25+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La Déclaration de Chisinau : Les Etats fourbissent leurs armes contre la CEDH</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La D&eacute;claration de Chisinau a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e le 15 mai 2026, lors de la 135&egrave; session du Comit&eacute; des minis...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjvVbJOMzVby5aC9AOS8Y9X6FbSCnatITNq2S-ygKJdwGbIb69HuTFVRnObsT99q8vnr4yP0LHtoAnoFZJ01sE3JGoyn7qqHzkWffMljSeSp_Um0AExI0VtpG_SfMaJE0RKMjMLjW0BFKXZU4pMuKbxWycXRzmbNwnGZiHD3yYMPjVJ1YWul_apu3R9fHA/s748/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-18%20a%CC%80%2019.14.26.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjvVbJOMzVby5aC9AOS8Y9X6FbSCnatITNq2S-ygKJdwGbIb69HuTFVRnObsT99q8vnr4yP0LHtoAnoFZJ01sE3JGoyn7qqHzkWffMljSeSp_Um0AExI0VtpG_SfMaJE0RKMjMLjW0BFKXZU4pMuKbxWycXRzmbNwnGZiHD3yYMPjVJ1YWul_apu3R9fHA/w232-h154/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-18%20a%CC%80%2019.14.26.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div><span>La <a href="https://rm.coe.int/pdf/09125948802bc2cc" target="_blank" rel="noopener noreferrer">D&eacute;claration de Chisinau</a> a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e le 15 mai 2026, lors de la 135&egrave; session du Comit&eacute; des ministres du Conseil de l'Europe. Elle n'est pas un trait&eacute; ni un protocole additionnel &agrave; la Convention. Elle rel&egrave;ve donc du<i> Soft Law,</i> ce qui ne retire rien &agrave; son importance politique, d&egrave;s lors qu'elle a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e par consensus des 46 &Eacute;tats membres du Conseil de l'Europe.&nbsp;</span>Techniquement, il s'agit d'un instrument concert&eacute; non conventionnnel (ICNC) qui, aux termes des r&egrave;gles relatives &agrave; l'interpr&eacute;tation des droits entre &Eacute;tats, est pertinent pour leur interpr&eacute;tation (article 31 de la <a href="https://legal.un.org/ilc/texts/instruments/french/conventions/1_1_1969.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Convention de Vienne de 1969 sur le droit des trait&eacute;s entre &Eacute;tats</a>).</div></span><div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La D&eacute;claration</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>La gen&egrave;se de la D&eacute;claration de Chisinau doit &ecirc;tre recherch&eacute;e dans une <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2025/06/la-cedh-traverse-une-zone-de-turbulences.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">lettre ouverte du 22 mai 2025 </a>r&eacute;dig&eacute;e &agrave; l'initiative de la Premi&egrave;re ministre italienne Georgia Meloni, en accord avec Mette Frederiksen, Premi&egrave;re ministre danoise. Outre l'Italie et le Danemark, la lettre a obtenu la signature des &Eacute;tats baltes, de l'Autriche, la Belgique, la R&eacute;publique tch&egrave;que et la Pologne. En d&eacute;cembre 2025, une d&eacute;claration commune plus large ralliait cette fois 27 &Eacute;tats.&nbsp;Le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Conseil de l&rsquo;Europe, Alain Berset, a alors repris le dossier en organisant une <i>Conf&eacute;rence minist&eacute;rielle informelle</i>&nbsp;</span><span>r&eacute;unissant l'ensemble des &Eacute;tats membres </span><span>&agrave; Strasbourg. Un consensus s'est d&eacute;gag&eacute; pour souhaiter la r&eacute;daction par le Comit&eacute; des ministres d'une D&eacute;claration sur les migrations et les droits de l'homme.</span></span></p><p><span>Son contenu repose sur une id&eacute;e simple. Il s'agit de r&eacute;affirmer l&rsquo;attachement &nbsp;des &Eacute;tats &agrave; la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme, mais aussi de demander que son interpr&eacute;tation et son application en mati&egrave;re migratoire tiennent davantage compte de la souverainet&eacute; des &Eacute;tats, de la s&eacute;curit&eacute; nationale, de l&rsquo;ordre public et de la &laquo; confiance du public &raquo; dans les syst&egrave;mes d&eacute;mocratiques. Le texte insiste sur la subsidiarit&eacute;, la marge nationale d&rsquo;appr&eacute;ciation, la responsabilit&eacute; premi&egrave;re des autorit&eacute;s internes, le droit des &Eacute;tats de contr&ocirc;ler l&rsquo;entr&eacute;e et le s&eacute;jour des &eacute;trangers, ainsi que la lutte contre l&rsquo;instrumentalisation des flux migratoires par des puissances hostiles.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgCa1s_w-wCcJl5hrdMqk1ekNQQid9-FRK72ESNI6pkewk8DzFRke1ob6CU0p8RUlip-KTq-UKpAEx4wSfhJwVeexjEBrcw2PUbzf4Qcft1J4F0pv9n_EUefqTyJqD5leL9icrFVLimoloab4WpG2ClxA0qnmQ2Ce3EcemANT53WN2iz_q66wtwPzyCeEM/s816/A.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgCa1s_w-wCcJl5hrdMqk1ekNQQid9-FRK72ESNI6pkewk8DzFRke1ob6CU0p8RUlip-KTq-UKpAEx4wSfhJwVeexjEBrcw2PUbzf4Qcft1J4F0pv9n_EUefqTyJqD5leL9icrFVLimoloab4WpG2ClxA0qnmQ2Ce3EcemANT53WN2iz_q66wtwPzyCeEM/w435-h487/A.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><span><div>La Zizanie. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1970</div></span><div>&nbsp;</div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span><span>Divergences sur le droit des migrations</span></span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Les articles 3 et 8 de la Convention sont particuli&egrave;rement vis&eacute;s. Certes, les &Eacute;tats rappellent, pour l'article 3, r</span><span>appelle l&rsquo;interdiction absolue de la torture et des traitements inhumains ou d&eacute;gradants. Mais ils insistent sur un seuil d&rsquo;application &laquo; </span><i>&eacute;lev&eacute; et constant </i><span>&raquo;, afin de permettre aux &Eacute;tats de d&eacute;finir eux-m&ecirc;mes les standards de protection dans leur droit des &eacute;trangers. &nbsp;Pour l&rsquo;article 8 et l'ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e, la D&eacute;claration met l&rsquo;accent sur les buts l&eacute;gitimes d&rsquo;expulsion et sur la n&eacute;cessit&eacute; de laisser aux autorit&eacute;s nationales une large place dans la balance des int&eacute;r&ecirc;ts. Elle &eacute;voque enfin les <i>Return Hubs</i> &nbsp;centres de retour dans des &Eacute;tats tiers. De toute &eacute;vidence, les &Eacute;tats souhaitent, sans l'affirmer trop clairement, retrouver leur pleine comp&eacute;tence d'interpr&eacute;tation dans le domaine du droit des &eacute;trangers.</span></span></p><p><span>C'est &eacute;videmment sur ce point qu'appara&icirc;t une certaine tension avec la jurisprudence de la CEDH. Sur le plan strictement juridique, la D&eacute;claration n'est pas vraiment contraire &agrave; la Convention, et elle insiste au contraire son respect. Mais le ton g&eacute;n&eacute;ral du texte et les revendications qu'il porte tendent &agrave; orienter l'interpr&eacute;tation de la convention vers un strict encadrement des garanties dont b&eacute;n&eacute;ficient les&nbsp;&eacute;trangers.</span></p><p><span>Or, sur ce point, on droit reconna&icirc;tre que la Cour faire preuve d'une certaine intransigeance. l'affaire <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-58004" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chahal c. Royaume-Uni du 15 novembre 1996,</a> elle s'oppose &agrave; la volont&eacute; des autorit&eacute;s britanniques d'expulser vers l'Inde un militant s&eacute;paratiste sikh, consid&eacute;r&eacute; comme dangereux pour la s&eacute;curit&eacute; nationale. Elle ne nie certes pas la gravit&eacute; des pr&eacute;occupations s&eacute;curitaires anglaises,&nbsp;mais refuse toute mise en balance. Toute menace de torture ou de traitement inhumain ou d&eacute;gradant fait obstacle &agrave; l'&eacute;loignement. L'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=002-2246" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t de Grande Chambre&nbsp;<i>Saadi c. Italie </i>du 28 f&eacute;vrier 2008 </a>confirme cette intransigeance. La Cour &eacute;carte l'expulsion du requ&eacute;rant, condamn&eacute; en Italie et soup&ccedil;onn&eacute; d'activit&eacute;s terroristes. A ses yeux, la menace qu'il repr&eacute;sente pour la collectivit&eacute; ne diminue pas le risque qu'il court en Tuniesi, l'&Eacute;tat de destination. Cette d&eacute;cision cristallise le conflit entre la Cour et le Royaume-Uni. Celui-ci, en tiers intervenant, avait en effet invit&eacute; la Cour &agrave; tenir compte de la dangerosit&eacute; de&nbsp;l'int&eacute;ress&eacute; pour appr&eacute;cier le risque r&eacute;el de torture ou de traitement inhumain ou d&eacute;gradant qu'il encourait en Tunisie. La Cour &eacute;carte cette objection et pr&eacute;cise que les assurances donn&eacute;es par le pays de destination sur le respect de sa l&eacute;gislation ne suffisent pas &agrave; neutraliser le risque.&nbsp;</span></p><p><span>De toute &eacute;vidence, la D&eacute;claration de Chisinau fait allusion &agrave; cette jurisprudence. Elle souhaite en effet un certaine prudence dans l'application extraterritoriales des arr&ecirc;ts de la Cour et l'&eacute;coute des garanties diplomatiques, tous &eacute;l&eacute;ments qui sonnent comme une invitation &agrave; contenir cette jurisprudence, sans toutefois pouvoir la renverser.&nbsp;</span></p><h3><span><br></span></h3><h3><span>Deux interpr&eacute;tations successives et concurrentes</span></h3><div><span><br></span></div><p><span>On observe toutefois que les &Eacute;tats membres de l'Union europ&eacute;enne se heurtent sur ce point &agrave; un double verrou, car la Cour de Justice de l'UE adopte une jurisprudence comparable &agrave; celle de la CEDH. Dans deux <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62010CJ0411" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cisions jointes du 21 d&eacute;cembre 2011 <i>N. S. et M. E</i>., la CJUE</a> refuse que le syst&egrave;me Dublin II qui consiste &agrave; renvoyer un demandeur d'asile vers le pays par lequel il a p&eacute;n&eacute;tr&eacute; sur le territoire de l'Union, repose sur une pr&eacute;somption irr&eacute;fragable selon laquelle tous les &Eacute;tats membres respectent n&eacute;cessairement les droits fondamentaux. De fait, un Etat peut refuser un transfert s'il estime que le demandeur d'asile pourrait subir des traitements inhumains ou d&eacute;gradants du fait de d&eacute;faillances syst&eacute;miques dans le pays d'accueil, en violation de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux. Sans doute le droit europ&eacute;en est-il un peu moins rigoureux, car il ne consid&egrave;re comme bloquant la proc&eacute;dure que les d&eacute;faillances syst&eacute;miques, excluant ainsi le contr&ocirc;le des cas particuliers, mais il n'en demeure pas moins qu'un frein est mis &agrave; l'autonomie des Etats.</span></p><p><span>On pourrait multiplier les exemples des jurisprudence que les Etats entendent contester dans la D&eacute;claration, notamment l'exigence d'un contr&ocirc;le tr&egrave;s rigoureux de l'atteinte &agrave; la vie priv&eacute;e et familiale qu'entraine l'&eacute;loignement d'un &eacute;tranger qui a grandi dans le&nbsp;pays. Dans tous les cas, les Etats revendiquent une large marge d'appr&eacute;ciation de l'article 8 en cas d'&eacute;loignement, en particulier dans les cas li&eacute;s au terrorisme ou &agrave; la grande criminalit&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La politique contre le droit&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La D&eacute;claration de Chisinau se pr&eacute;sente ainsi comme l'instrument d'un mouvement europ&eacute;en de remise en cause de la souverainet&eacute; interpr&eacute;tative de la CEDH.&nbsp;</span></p><p><span>Certes, il ne s'agit pas d'une remise en cause frontale, car la Cour a, elle aussi, quelques arguments juridiques puissants, en particulier l'<a href="https://www.coe.int/fr/web/compass/the-european-convention-on-human-rights-and-its-protocols" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 46 de la Convention </a>qui &eacute;nonce que "<i>les Hautes Parties contractantes s'engagent &agrave; se conformer aux arr&ecirc;ts d&eacute;finitifs de la Cour dans les litiges auxquels elles sont parties</i>". De m&ecirc;me, l'article 32 pr&eacute;voit que "<i>la comp&eacute;tence de la Cour s'&eacute;tend &agrave; toutes les questions concernant l'interpr&eacute;tation de la Convention (...)"</i>. Ces articles pourraient constituer des armes redoutables si la Cour entendait entrer en conflit avec les Etats signataires de la D&eacute;claration.</span></p><p><span>Mais en l'esp&egrave;ce, la remise en question du pouvoir d'interpr&eacute;tation de la Cour repose sur un document lui-m&ecirc;me interpr&eacute;tatif de la Convention, &eacute;manant des &Eacute;tats parties. Comme on l'a dit, la D&eacute;claration est un &eacute;l&eacute;ment de la pratique des &Eacute;tats dont elle doit juridique tenir compte. Sa puissance vient du consensus qu'il exprime. De mani&egrave;re tr&egrave;s claire, les Etats entendent reprendre la main sur leur politique migratoire et r&eacute;cup&eacute;rer au profit de leurs tribunaux internes la comp&eacute;tence interpr&eacute;tative de la Convention europ&eacute;enne. D'une mani&egrave;re ou d'une autre, on peut penser que la CEDH tiendra compte de cette revendication souverainiste, ne serait-ce que pour ne pas aboutir &agrave; un conflit ouvert, et d&eacute;sastreux, avec les &Eacute;tats. Et apr&egrave;s la question migratoire, quels seront les jurisprudences de la Cour dont les &Eacute;tats voudront se lib&eacute;rer ?</span></p><h3><span><b>L'&eacute;loignement des &eacute;trangers&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,&nbsp;</a><span>chapitre &nbsp;5 section 2 &sect; 2</span></span></h3><p><span></span></p><p><br></p><p><span><br></span></p><p><br></p><p><br></p></div>]]></content>
	<updated>2026-05-19T16:36:51+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les Invitées de LLC - Colette - La Vagabonde et la &quot;domesticité conjugale&quot;. 1910</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><br></p><div><div><span><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui&nbsp;</span><span>ceux qui ont construit son socle&nbsp; philosophique et litt&eacute;raire. Le choix&nbsp;</span></span><span>des textes ou citations est purement subjectif, d&eacute;tach&eacute; de toute approche chronologique et destin&eacute; &agrave; susciter la r&eacute;flexion ou simplement le plaisir de la lecture.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.</span></div><div><span>&nbsp;</span></div><div><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs un extrait de <i>La Vagabonde</i>, publi&eacute; en 2010, roman dans lequel Colette s'&eacute;l&egrave;ve contre la "<i>domesticit&eacute; conjugale</i>". A l'&eacute;poque, la femme mari&eacute;e &eacute;tait plac&eacute;e sous un statut l&eacute;gal de subordination &agrave; son mari, et c'est ce qu'entend d&eacute;noncer Colette. Souvenons-nous que le divorce avec Willy est pr&eacute;cis&eacute;ment prononc&eacute; en 1910, et qu'il avait l'habitude de signer les livres qu'elle &eacute;crivait... Avec sa verve habituelle, et la vivacit&eacute; dr&ocirc;latique de son style, Colette donne son point de vue sur la situation de la femme mari&eacute;e.</span></div><div><span><br></span></div></div><h2><span><span>COLETTE</span><span><br></span></span></h2><h3><span>La Vagabonde&nbsp;</span></h3><h3><span>1910</span></h3><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJEKmUdQUE5aMwIueHp9NUG00b3FT_V0GcDU0JS7p2d0OkrMokAaiduFEySrzwLde7_4JlJUYZFWNJoHBhSvjwBMktexemO1-tJgA5_QkMRB58__-ihXdCil1sU08HgHZ2iWRprEuGbYpT6r3hmKqkBP4HLf4rxWQxtNMw3fA1-Ex0022qkJGRGMr1Usc/s716/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-15%20a%CC%80%2017.06.31.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJEKmUdQUE5aMwIueHp9NUG00b3FT_V0GcDU0JS7p2d0OkrMokAaiduFEySrzwLde7_4JlJUYZFWNJoHBhSvjwBMktexemO1-tJgA5_QkMRB58__-ihXdCil1sU08HgHZ2iWRprEuGbYpT6r3hmKqkBP4HLf4rxWQxtNMw3fA1-Ex0022qkJGRGMr1Usc/w307-h493/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-15%20a%CC%80%2017.06.31.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><span>&mdash; Sa femme ?</span></p><p><span>&mdash; Pourquoi pas ?</span></p><p><span>&mdash; Parce que je ne veux pas !</span></p><p><span>Ma r&eacute;ponse pr&eacute;cipit&eacute;e a devanc&eacute; mon raisonnement, &mdash; la b&ecirc;te saute loin du pi&egrave;ge avant de l&rsquo;avoir vu&hellip;</span></p><p><span>&mdash; &Ccedil;a n&rsquo;a pas d&rsquo;importance, d&rsquo;ailleurs, dit Hamond n&eacute;gligemment. C&rsquo;est la m&ecirc;me chose.</span></p><p><span>&mdash; Vous croyez que c&rsquo;est la m&ecirc;me chose ? Pour vous, peut-&ecirc;tre, et pour beaucoup d&rsquo;hommes. Mais pour moi ! Souvenez-vous, Hamond, de ce que fut pour moi le mariage&hellip; Non, il ne s&rsquo;agit pas des trahisons, vous vous m&eacute;prenez ! Il s&rsquo;agit de la domesticit&eacute; conjugale, qui fait de tant d&rsquo;&eacute;pouses une sorte de nurse pour adulte&hellip; &Ecirc;tre mari&eacute;e, c&rsquo;est&hellip; comment dire ? c&rsquo;est trembler que la c&ocirc;telette de Monsieur soit trop cuite, l&rsquo;eau de Vittel pas assez froide, la chemise mal empes&eacute;e, le faux col mou, le bain br&ucirc;lant, &mdash; c&rsquo;est assumer le r&ocirc;le &eacute;puisant d&rsquo;interm&eacute;diaire-tampon entre la mauvaise humeur de Monsieur, l&rsquo;avarice de Monsieur ; la gourmandise, la paresse de Monsieur&hellip;</span></p><p><span>&mdash; Vous oubliez la luxure, Ren&eacute;e, interrompt doucement Hamond.</span></p><p>






</p><p><span>&mdash; Fichtre non, je ne l&rsquo;oublie pas !&hellip; Le r&ocirc;le de m&eacute;diatrice, je vous dis, entre Monsieur et le reste de l&rsquo;humanit&eacute;. Vous ne pouvez pas savoir, Hamond, vous avez &eacute;t&eacute; si peu mari&eacute; ! Le mariage, c&rsquo;est&hellip; c&rsquo;est : &laquo; Noue-moi ma cravate !&hellip; Fous la bonne &agrave; la porte !&hellip; Coupe-moi les ongles des pieds. L&egrave;ve-toi pour me faire de la camomille&hellip; Pr&eacute;pare-moi un lavement&hellip; &raquo; C&rsquo;est : &laquo; Donne-moi mon complet neuf, et remplis ma valise, pour que je file la retrouver&hellip; &raquo; Intendante, garde-malade, bonne d&rsquo;enfant, &mdash; assez, assez, assez !</span></p>]]></content>
	<updated>2026-05-15T15:25:24+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">ANEF : Les Lois de Rolland face au numérique</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Saisi par plusieurs associations de protection des &eacute;trangers, le Conseil d'&Eacute;tat a enjoint &agrave; l'&Eacute;tat, ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhx9U69W-uE87uvk2on5ZWLmiRrFW-5NZIp1l1JcMAY67GqdzewfRRBE_rRm0n0yJTDyFwillzcA3TFgD2QXqkU90n94xe26DQlx1d_APancFxSTAPbpmdTcFUD5K3TgkD0r9fsUSdkIHCggnzl97YIAJ5s0HLixuO0A1xHW-euW-TOhe3UJXxfTPCjdkY/s200/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhx9U69W-uE87uvk2on5ZWLmiRrFW-5NZIp1l1JcMAY67GqdzewfRRBE_rRm0n0yJTDyFwillzcA3TFgD2QXqkU90n94xe26DQlx1d_APancFxSTAPbpmdTcFUD5K3TgkD0r9fsUSdkIHCggnzl97YIAJ5s0HLixuO0A1xHW-euW-TOhe3UJXxfTPCjdkY/s1600/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></span></a><span><br></span></p><div><span>Saisi par plusieurs associations de protection des &eacute;trangers, le <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-05-05/502860" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil d'&Eacute;tat a enjoint &agrave; l'&Eacute;tat, le 5 mai 2026 </a>de prendre les mesures n&eacute;cessaires pour garantir un acc&egrave;s normal des usagers &agrave; l'<i>Administration num&eacute;rique pour les &eacute;trangers en France</i> (ANEF).</span></div><p></p></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'ANEF, un d&eacute;sastre</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Mise en oeuvre en 2020, l'ANEF visait &agrave; simplifier les d&eacute;marches des &eacute;trangers en France, gr&acirc;ce &agrave; une plateforme d&eacute;mat&eacute;rialis&eacute;e permettant de g&eacute;rer l'essentiel des demandes de titres de s&eacute;jour. Reposant sur le principe du guichet unique, elle devait donc fluidifier les proc&eacute;dures.&nbsp;</span></p><p><span>H&eacute;las, l'ANEF s'est rapidement r&eacute;v&eacute;l&eacute;e un v&eacute;ritable d&eacute;sastre. Blocages pour d&eacute;poser une demande, impossibilit&eacute; technique de signaler un changement de situation ou m&ecirc;me simplement d'obtenir une attestation d&eacute;mat&eacute;rialis&eacute;e. Rien ne fonctionne convenablement, et bon nombre d'&eacute;trangers se sont ainsi retrouv&eacute;s priv&eacute;s de travail ou de logement, ou encore en situation irr&eacute;guli&egrave;re, simplement parce qu'ils n'avaient pas &eacute;t&eacute; en mesure de mener &agrave; son terme la proc&eacute;dure de renouvellement d'un titre de s&eacute;jour. Le D&eacute;fenseur des droits s'est inqui&eacute;t&eacute; de cette situation dans un <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/rapport-administration-numerique-pour-les-etrangers-en-france-anef-2024" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rapport de 2024, d&eacute;non&ccedil;ant "<i>une atteinte massive aux droits des usagers</i>".</a></span></p><p><span>L'administration num&eacute;rique pour les &eacute;trangers trouve son fondement dans l'<a href="https://vifa-recht.de/article%20R%20431-2%20du%20code%20des%20%C3%A9trangers" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article R 431-2 du code de l'entr&eacute;e et du s&eacute;jour des &eacute;trangers et du droit d'asile</a> (Ceseda). Il pr&eacute;voit que la plupart des demandes de titres de s&eacute;jour s'effectuent par t&eacute;l&eacute;service. Une s&eacute;rie d'arr&ecirc;t&eacute;s, list&eacute;s dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048120604/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'annexe 9 du m&ecirc;me code,</a> pr&eacute;cise les titres concern&eacute;s. La d&eacute;mat&eacute;rialisation est donc la voie normale, le plus souvent exclusive, d'acc&egrave;s au s&eacute;jour. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment cette exclusivit&eacute; qui conf&egrave;re &agrave; la d&eacute;cision du 5 mai 2026 tout son int&eacute;r&ecirc;t. Lorsque le guichet devient &eacute;cran, le dysfonctionnement informatique cesse de s'analyser comme un simple incident technique. Il devient alors porteur d'une atteinte, au moins potentielle, aux droits des usagers.</span></p><p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi8KDRzrEebKEqnmN-g7sGPiJCgMekV4eYjwsTA1ioZaCMo6A-w5_-nhBkx4u-crt57Sh9x6F60udkYQrwmKirsj-vpugkc5lACOlWKw4gXqNMuMiDHxrthSEisHYLknAtl4mbLXfShI3v64LZkGqk6H2bddtQL5XWmTSSUH4tJ7Nl3rZ3PzL3d_oD0QbM/s1448/C.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi8KDRzrEebKEqnmN-g7sGPiJCgMekV4eYjwsTA1ioZaCMo6A-w5_-nhBkx4u-crt57Sh9x6F60udkYQrwmKirsj-vpugkc5lACOlWKw4gXqNMuMiDHxrthSEisHYLknAtl4mbLXfShI3v64LZkGqk6H2bddtQL5XWmTSSUH4tJ7Nl3rZ3PzL3d_oD0QbM/w405-h542/C.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></p><p><span><br></span></p><p><span>Portrait pr&eacute;sum&eacute; authentique de Louis Rolland, 1877 - 1956</span></p><p><span>occup&eacute; &agrave; adapter ses Lois au service public num&eacute;rique</span></p><div><span><br></span></div><h3><span>Une histoire contentieuse chaotique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le Conseil d'&Eacute;tat avait d&eacute;j&agrave; enjoint au ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur de prendre les mesures n&eacute;cessaires pour respecter les d&eacute;lais d&rsquo;enregistrement des demandes d&rsquo;asile, dans l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000038860045?init=true&amp;page=1&amp;query=410347&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t&nbsp;<i>Cimade</i>&nbsp;du 31 juillet 2019</a>,&nbsp; Pour le Conseil, l'administration avait, dans ce domaine, une obligation de r&eacute;sultat. En effet, l'article L 741-1 du Ceseda, aujourd'hui&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042776129" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 521-4</a>, impose un d&eacute;lai de trois jours pour l'enregistrement du demandeur d'asile, &eacute;tendu &agrave; dix jours en cas de demandes nombreuses et simultan&eacute;es. En p&eacute;riode de covid, une&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000041849465" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute; du 30 avril 2020&nbsp;</a>avait de la m&ecirc;me mani&egrave;re, enjoint &agrave; l'administration de r&eacute;tablir l'enregistrement des demandes d'asile, interrompu en mars pr&eacute;c&eacute;dent. Mais il ne s'agissait alors que de la gestion du droit d'asile, pas de celle des titres de s&eacute;jour.&nbsp;</span></p><p><span>Dans ce domaine, le Conseil d'&Eacute;tat a d&eacute;j&agrave; admis, dans un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000045863484" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 3 juin 2022 <i>Conseil national des Barreaux et autres</i>,</a> qu'un t&eacute;l&eacute;service peut &ecirc;tre impos&eacute; par le pouvoir r&eacute;glementaire. Il pr&eacute;cise toutefois que cette solution technique ne peut &ecirc;tre mise en place que si elle garantit "<i>l'acc&egrave;s normal"</i> des usagers au service public et "<i>l'exercice effectif</i>" de leurs droits. En l'esp&egrave;ce, il annulait pour ill&eacute;galit&eacute; le d&eacute;cret du 24 mars 2021 et l'arr&ecirc;t&eacute; du du 27 avril suivant qui ne pr&eacute;voyaient aucune solution de substitution en cas de dysfonctionnement du service de d&eacute;p&ocirc;t de titre de s&eacute;jour. Aucune proc&eacute;dure d'accueil ou d'accompagnement n'&eacute;tait pr&eacute;vue.&nbsp;</span></p><p><span>A la suite de cet arr&ecirc;t, le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047332636?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 22 mars 2023 "<i>cr&eacute;ant une solution de substitution au t&eacute;l&eacute;service</i>"</a> a &eacute;t&eacute; publi&eacute;, annon&ccedil;ant des "<i>centres de contact citoyens"</i>, des points d'accueil num&eacute;rique, et des guichets d'accueil physique en cas de blocage de l'outil num&eacute;rique. Mais ce bricolage n'a pas fonctionn&eacute;, sorte de Village Potemkine administratif, rapidement qualifi&eacute; par le D&eacute;fenseur des droits de "<i>solution de substitution fant&ocirc;me</i>". L'arr&ecirc;t du 5 mai 2026 t&eacute;moigne sans doute d'un certain agacement du Conseil d'&Eacute;tat qui constate que, quatre ans apr&egrave;s sa premi&egrave;re d&eacute;cision, il ne s'est rien pass&eacute;. Au premier semestre de 2025, on recensait sur l'ANEF 1546 blocages dont seulement 171 ont &eacute;t&eacute; r&eacute;solus.</span></p><p><span>Contrairement &agrave; la pr&eacute;sentation qui en a &eacute;t&eacute; faite par certains m&eacute;dias, l'int&eacute;r&ecirc;t de la d&eacute;cision d&eacute;passe toutefois largement le cadre des droits des &eacute;trangers. La question juridique est plus g&eacute;n&eacute;ralement celle de l'effectivit&eacute; du service public num&eacute;rique.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le service public num&eacute;rique, un service public</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t de 2026 comporte un consid&eacute;rant de principe particuli&egrave;rement &eacute;clairant. Il affirme qu'il appartient au gestionnaire d'un service public "<i>afin de satisfaire l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral en vue duquel le service a &eacute;t&eacute; institu&eacute;, de veiller &agrave; garantir le droit d'acc&egrave;s, dans des conditions normales, des usages du service dans le respect du principe d'&eacute;galit&eacute;, d'assurer la continuit&eacute; du service et de proc&eacute;der aux adaptations rendues n&eacute;cessaires par l'exigence de mutabilit&eacute;</i>".</span></p><p><span>Tout le monde a reconnu les c&eacute;l&egrave;bres <i>Lois de Rolland</i> formul&eacute;es par Louis Rolland dans son <i>Pr&eacute;cis de droit administratif </i>de 1926. L'&eacute;galit&eacute; des usagers devant le service, sa continuit&eacute;, et sa mutabilit&eacute; pour tenir compte de l'&eacute;volution des besoins forment le socle sur lequel s'est construit le r&eacute;gime juridique des services publics.&nbsp; Juste un si&egrave;cle apr&egrave;s leur formulation, le Conseil d'&Eacute;tat les impose formellement &agrave; l'administration num&eacute;rique.</span></p><p><span>Afin de s'assurer de leur mise en oeuvre, le juge peut d&eacute;livrer des injonctions imposant des mesures concr&egrave;tes aussi bien juridiques que financi&egrave;res ou organisationnelles. Il ne s'agit &eacute;videmment pas, pour le Conseil d'&Eacute;tat, d'&eacute;laborer une politique publique, mais bien davantage de s'assurer qu'une politique pr&eacute;alablement d&eacute;finie par les autorit&eacute;s comp&eacute;tentes, sera mise en oeuvre. C'est l'objet m&ecirc;me de la d&eacute;cision du 5 mai 2026.</span></p><p><span>Au regard de ses cons&eacute;quences, elle pr&eacute;sente l'int&eacute;r&ecirc;t d'unifier la jurisprudence des tribunaux administratifs. Beaucoup d'entre eux, notamment &agrave; Montreuil, Versailles, Lyon, Melun et en Guadeloupe, avaient d&eacute;j&agrave; censur&eacute; les pr&eacute;fectures qui n'offraient aucune alternative &agrave; la proc&eacute;dure d&eacute;mat&eacute;rialis&eacute;e de l'ANEF. L'intervention du Conseil donne ainsi &agrave; cette jurisprudence &eacute;clat&eacute;e une formulation nationale.</span></p><p><span>Sur ce point, la d&eacute;cision du Conseil d'&Eacute;tat appara&icirc;t tr&egrave;s soigneusement motiv&eacute;e. Elle ne retient que les dysfonctionnements prouv&eacute;s et syst&eacute;miques, &eacute;cartant les incidents ponctuels. L'arr&ecirc;t mentionne ainsi l&rsquo;impossibilit&eacute;, pour un &eacute;tranger, de d&eacute;poser simultan&eacute;ment ou successivement plusieurs demandes de titres sur des fondements diff&eacute;rents. Or aucune r&egrave;gle juridique ne l&rsquo;interdit et le seul obstacle r&eacute;side dans la programmation du logiciel. Ce blocage peut avoir de lourdes cons&eacute;quences. Le titre de s&eacute;jour &eacute;tant refus&eacute; par le seul effet du fonctionnement de la plateforme, ce refus peut entra&icirc;ner une obligation de quitter le territoire (OQTF), puis faire obstacle &agrave; une demande ult&eacute;rieure, alors m&ecirc;me que l&rsquo;int&eacute;ress&eacute; pouvait peut-&ecirc;tre, &agrave; l'origine, pr&eacute;tendre &agrave; un autre titre de plein droit. Par ailleurs, observe le Conseil d'&Eacute;tat, le champ "observations" ne permet pas le d&eacute;p&ocirc;t de pi&egrave;ces justificatives ce qui le rend pratiquement inutile, et l'&eacute;tranger ne dispose d'aucun moyen pour faire corriger une erreur mat&eacute;rielle. D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, la plateforme fige le dossier, emp&ecirc;chant tout ajout de pi&egrave;ces nouvelles et toute actualisation. Or, le droit positif exige que la d&eacute;cision soit prise &agrave; partir d'une appr&eacute;ciation actualis&eacute;e.</span></p><p><span>Les droits l&eacute;s&eacute;s par ces carences techniques sont multiples. Le plus important est le droit d'acc&egrave;s au service public, que le Conseil d'&Eacute;tat appr&eacute;cie de mani&egrave;re concr&egrave;te. A ses yeux, acc&eacute;der au service public, ce n'est pas ouvrir un compte sur le site de l'ANEF, c'est pouvoir y d&eacute;poser une demande pertinente, la compl&eacute;ter le cas &eacute;ch&eacute;ant, obtenir un accus&eacute;-r&eacute;ception dans le d&eacute;lai l&eacute;gal et enfin voir sa situation r&eacute;ellement &eacute;tudi&eacute;e. Sont &eacute;galement touch&eacute;s, les droits sp&eacute;cifiques des &eacute;trangers, en particulier les droits au s&eacute;jour et au travail. En l'absence d'attestation de r&eacute;ception de sa demande, l'&eacute;tranger se retrouve en effet dans une irr&eacute;gularit&eacute; administrative artificielle qui l'emp&ecirc;che d'exercer une activit&eacute; professionnelle.</span></p><p><span>Le Conseil d'Etat condamne ainsi l'usage d'une plateforme qui est bien loin de r&eacute;pondre aux exigences l&eacute;gales de la proc&eacute;dure de demande d'asile. Au-del&agrave; de l'ANEF, le Conseil montre qu'il refuse le mythe du num&eacute;rique neutre. Un t&eacute;l&eacute;service n'est pas un simple mode d'organisation interne. Il est aussi et surtout la condition d'exercice des droits de l'&eacute;tranger. Quand il bloque, il prive l'&eacute;tranger de ses droits. Quand il se tait, il rend plus pr&eacute;caire sa situation. Enfin quand il ne permet pas de corriger une demande, il fabrique de l'ill&eacute;galit&eacute;. Certes, le Conseil d'&Eacute;tat n'ordonne pas le retour au guichet et au papier. Mais il exige de l'administration qu'elle assume juridiquement son choix du tout-num&eacute;rique. En clair, un service public n'est l&eacute;gal que s'il demeure un service public. Un bel hommage pour le centenaire des Lois de Rolland.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><section dir="auto"><div><div><div><div dir="auto"><div></div></div></div></div></div></section><p></p><div><p><span><span><b>Le droit au s&eacute;jour des &eacute;trangers</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 5 section 2 &sect; 1</span></span></p></div><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-05-12T17:03:31+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2026-05-07:/287228</id>
	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/05/pas-de-repit-pour-hadopi.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Pas de répit pour Hadopi</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>&nbsp;Dans son arr&ecirc;t du 30 avril 2026, La Quadrature du Net, le Conseil d'&Eacute;tat d&eacute;clare non conformes...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>&nbsp;</span></p><p><span></span></p><div><p><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgapDcL6PCdT5kCRp-fxnkQBkD3fu9NSlQVA9KjHfHQbU2LHgyJNk6KTD1mIM0OafRGUoFLCOxpv6apWvwriJUQX97pOoFlp-gw1bZcZ00tE5Va9NompJgpFg7qaIWNmsVyZXy-tYWS65isaF5By-vaw08rcXheoOnpdXPIq8ENc2eukb3Dztqyj-_jSi0/s200/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgapDcL6PCdT5kCRp-fxnkQBkD3fu9NSlQVA9KjHfHQbU2LHgyJNk6KTD1mIM0OafRGUoFLCOxpv6apWvwriJUQX97pOoFlp-gw1bZcZ00tE5Va9NompJgpFg7qaIWNmsVyZXy-tYWS65isaF5By-vaw08rcXheoOnpdXPIq8ENc2eukb3Dztqyj-_jSi0/s1600/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a><span><br></span></span></p><p></p><div><span><span>Dans son arr&ecirc;t du 30 avril 2026, <i>La Quadrature du Net</i>, le Conseil d'&Eacute;tat d&eacute;clare non conformes au droit de l'Union europ&eacute;enne certaines dispositions organisant la riposte gradu&eacute;e. Sont pr&eacute;cis&eacute;ment concern&eacute;es les r&egrave;gles relatives au traitement des donn&eacute;es personnelles et &agrave; l'acc&egrave;s aux donn&eacute;es d'identification des internautes.</span></span></div><div><span><span><br></span></span></div><div><span><span>Certains commentateurs ont imm&eacute;diatement annonc&eacute; "la mort d'Hadopi". Il n'en est rien cependant, m&ecirc;me la riposte gradu&eacute;e a toujours &eacute;t&eacute; juridiquement fragile.</span></span></div><div><span><span><br></span></span></div><p></p><p></p></div><p></p><h3><span><span>La riposte gradu&eacute;e</span></span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La riposte gradu&eacute;e a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000020735432/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la loi du 12 juin 2009 </a>dont le but &eacute;tait de lutter contre les t&eacute;l&eacute;chargements ill&eacute;gaux. La loi cr&eacute;ait une Haute Autorit&eacute; pour la diffusion et la protection des droits sur internet (HADOPI). Par la suite, la loi du 25 octobre 2021 a fusionn&eacute; la HADOPI avec le Conseil Sup&eacute;rieur de l'Audiovisuel (CSA) pour former l'Arcom, Autorit&eacute; de r&eacute;gulation de la communication audiovisuelle et num&eacute;rique. L'&eacute;volution &eacute;tait logique, justifi&eacute;e par le fait que la communication audiovisuelle utilise aujourd'hui les r&eacute;seaux num&eacute;riques.</span></p><p><span>Ces changements institutionnels n'ont toutefois pas modifi&eacute; le principe de la riposte gradu&eacute;e, dont le dispositif est bien connu. Il s'agit d'abord d'identifier les abonn&eacute;s dont la connexion est utilis&eacute;e pour t&eacute;l&eacute;charger des oeuvres prot&eacute;g&eacute;es. Ils re&ccedil;oivent alors un premier avertissement envoy&eacute; par voie &eacute;lectronique. Si les t&eacute;l&eacute;chargements continuent, une lettre recommand&eacute;e constitue un second avertissement. Enfin, troisi&egrave;me et derni&egrave;re &eacute;tape en cas de refus de s'y plier, le dossier peut &ecirc;tre transmis au parquet pour engager d'&eacute;ventuelles poursuites p&eacute;nales.</span></p><p><span>Le syst&egrave;me a sa logique, mais il pr&eacute;sente un inconv&eacute;nient majeur. Il impose en effet un traitement massif de donn&eacute;es personnelles et leur conservation sur une longue dur&eacute;e. De fait, son histoire contentieuse est relativement mouvement&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjIi9tuCNgP-k59RR356Lh5o5lz9uEOwl8GWCEiITU8LfgolabykXMl8rJcf6w3OLc3oNzAucQqWJnJG8ZVYuV0mzDtsJ_O0OSy7YkZRWPNHMHBRTDXABtdG_9GhwVjEMbrsBOzGDex59Oii6PYDFdk6GfxJKH4_WOCP-64Wwthw7jhM_GwatNdX_F_S7E/s1118/Usine%20a%CC%80%20gaz.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjIi9tuCNgP-k59RR356Lh5o5lz9uEOwl8GWCEiITU8LfgolabykXMl8rJcf6w3OLc3oNzAucQqWJnJG8ZVYuV0mzDtsJ_O0OSy7YkZRWPNHMHBRTDXABtdG_9GhwVjEMbrsBOzGDex59Oii6PYDFdk6GfxJKH4_WOCP-64Wwthw7jhM_GwatNdX_F_S7E/w513-h515/Usine%20a%CC%80%20gaz.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span><p></p><p><span>Ouvrage r&eacute;sumant la riposte gradu&eacute;e</span></p><p><span>H. Coudurier. Manuel pratique des directeurs d'usines &agrave; gaz</span></p><p><span>Dunod. 1884</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le Conseil constitutionnel</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>D&egrave;s son origine, la loi de 2009 a &eacute;t&eacute; partiellement d&eacute;clar&eacute;e inconstitutionnelle. Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2009/2009580DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 10 juin 2009</a>, le Conseil constitutionnel censure en effet le pouvoir initialement donn&eacute; &agrave; Hadopi de suspendre l'acc&egrave;s &agrave; internet de l'auteur des t&eacute;l&eacute;chargements. Une telle atteinte &agrave; la libert&eacute; de communication consacr&eacute;e &agrave; l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527437?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 11 de la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789</a> ne saurait en effet &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;e que par le juge judiciaire.</span></p><p><span>La loi dite <i>Hadopi 2</i> du 28 octobre 2009 modifie donc le dispositif en confiant la sanction au juge p&eacute;nal. Un texte mal r&eacute;dig&eacute; a donc &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;crit, mais d'autres difficult&eacute;s sont apparues.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La CJUE</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t du 30 avril 2026 trouve son origine dans un recours introduit par <i>La Quadrature du Net</i> en 2019. L'association conteste le refus du Premier ministre d'abroger le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000021923996/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 5 mars 2010</a> organisant le traitement automatis&eacute; de gestion de la riposte gradu&eacute;e. Devant le Conseil d'&Eacute;tat, elle d&eacute;place le d&eacute;bat vers le droit europ&eacute;en et invoque sa non-conformit&eacute; &agrave; la <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:32002L0058" target="_blank" rel="noopener noreferrer">directive du 12 juillet 2002 relative au traitement des donn&eacute;es personnelles et &agrave; la protection de la vie priv&eacute;e</a>.&nbsp;</span></p><p><span>Elle s'appuie concr&egrave;tement sur l'interpr&eacute;tation de ce texte par la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE). Dans ses arr&ecirc;ts <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2014/04/la-surveillance-de-masse-une-notion.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Digital Rights Ireland </i>du 8&nbsp;avril 2014</a><i>,&nbsp;<a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/document?source=document&amp;docid=186492&amp;doclang=fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Tele 2 Sverige</a></i><a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/document?source=document&amp;docid=186492&amp;doclang=fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> du 21 d&eacute;cembre 2016</a> et surtout <a href="https://juricaf.org/arret/CJUE-COURDEJUSTICEDELUNIONEUROPEENNE-20200115-C51118" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>La Quadrature du Net </i>du 15 janvier 2020</a>, la Cour consid&egrave;re que la conservation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e et indiff&eacute;renci&eacute;e des donn&eacute;es de connexion constitue une ing&eacute;rence grave dans la vie priv&eacute;e. Elle ne peut donc intervenir que dans des cas tr&egrave;s limit&eacute;s, comme la lutte contre le terrorisme ou la grande criminalit&eacute;.</span></p><p><span>Dans le cas pr&eacute;sent, la question pos&eacute;e au Conseil d'&Eacute;tat est donc simple. La lutte contre le t&eacute;l&eacute;chargement&nbsp;illicite, infraction p&eacute;nale relativement mineure, &nbsp;peut-elle fonder une conservation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e des donn&eacute;es d'identit&eacute; associ&eacute;es &agrave; l'adresse IP d'un internaute ? Le juge administratif se trouvait ainsi dans une situation relativement embarrassante, car appliquer directement la jurisprudence europ&eacute;enne pouvait finalement remettre en cause la riposte gradu&eacute;e elle-m&ecirc;me.&nbsp;</span></p><p><span>Il a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; poser une <a href="https://juricaf.org/arret/CJUE-COURDEJUSTICEDELUNIONEUROPEENNE-20240430-C47021" target="_blank" rel="noopener noreferrer">question pr&eacute;judicielle &agrave; la CJUE qui s'est prononc&eacute;e le 30 avril 2024</a>. Elle a finalement adopt&eacute; une position plus nuanc&eacute;e que celle qui &eacute;tait attendue. Elle consid&egrave;re en effet que l'acc&egrave;s aux adresses IP peut &ecirc;tre autoris&eacute; pour des infractions de moindre gravit&eacute;, dans la mesure o&ugrave; ces donn&eacute;es ne peuvent, &agrave; elles seules, permettre d'&eacute;tablir un profil pr&eacute;cis et complet de la vie priv&eacute;e des individus. En revanche, elle pose des conditions tr&egrave;s strictes. Elle impose ainsi un cloisonnement &eacute;tanche des donn&eacute;es par les op&eacute;rateurs, la limitation des recoupements possibles, et enfin l'intervention pr&eacute;alable d'un juge ou d'une autorit&eacute; ind&eacute;pendantes lorsqu'un acc&egrave;s plus approfondi aux donn&eacute;es est susceptible de r&eacute;v&eacute;ler des &eacute;l&eacute;ments substantiels de la vie priv&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Adaptation ou mutation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t rendu par le Conseil d'&Eacute;tat le 30 avril 2026 applique pr&eacute;cis&eacute;ment cette jurisprudence europ&eacute;enne. Contrairement &agrave; ce qui a pu &ecirc;tre affirm&eacute;, la riposte gradu&eacute;e n'est pas condamn&eacute;e dans son principe. En revanche, les normes actuelles ne respectent pas les conditions pos&eacute;es par la CJUE. D'une part, les donn&eacute;es utilis&eacute;es par l'Arcom ne sont pas suffisamment cloisonn&eacute;es par les op&eacute;rateurs, d'autre part le droit fran&ccedil;ais autorise plus de deux recoupements de donn&eacute;es sans contr&ocirc;le pr&eacute;alable par un juge ou une autorit&eacute; ind&eacute;pendante de l'Arcom. Le Conseil d'&Eacute;tat estime donc qu'&agrave; compter du&nbsp;troisi&egrave;me recoupement, l'autorisation pr&eacute;alable devient indispensable. Cette pr&eacute;cision fragilise &agrave; l'&eacute;vidence la troisi&egrave;me &eacute;tape de riposte gradu&eacute;e qui conduit &agrave; la transmission du dossier au parquet. De fait, le Conseil d'&Eacute;tat enjoint au gouvernement de modifier le d&eacute;cret litigieux en rendant la proc&eacute;dure conforme au droit europ&eacute;en.</span></p><p><span>Si le syst&egrave;me Hadopi n'est pas mort, il est exact que, pour le moment, la riposte gradu&eacute;e ne peut plus fonctionner en l'&eacute;tat. On peut consid&eacute;rer que les deux premi&egrave;res &eacute;tapes, d'abord le courriel puis la lettre recommand&eacute;e, peuvent subsister. En revanche, l'exploitation approfondie des donn&eacute;es qui permet le passage &agrave; la phase r&eacute;pressive devient en pratique impossible.</span></p><p><span>Une r&eacute;flexion nouvelle va certainement &ecirc;tre d&eacute;velopp&eacute;e. Le gouvernement a le choix entre deux options. Il peut d'abord rapetasser le syst&egrave;me en imposant aux op&eacute;rateurs des obligations techniques plus rigoureuses et en faisant intervenir un juge pour autoriser le recoupement de donn&eacute;es. Mais il peut aussi imaginer un autre syst&egrave;me avec des m&eacute;canismes moins centr&eacute;s sur la r&eacute;ponse p&eacute;nale, et davantage sur le blocage ou le d&eacute;r&eacute;f&eacute;rencement des sites de t&eacute;l&eacute;chargement.</span></p><p><span>En tout &eacute;tat de cause, la d&eacute;cision du 30 avril 2026 t&eacute;moigne d'un certain essoufflement du mod&egrave;le historique de lutte contre le piratage. Il reposait sur le <i>peer-to-peer,&nbsp;</i>c'est &agrave; dire la communication directe entre deux internautes sans passer par un serveur central,&nbsp;et l'identification individuelle des abonn&eacute;s. Aujourd'hui, le syst&egrave;me est fragilis&eacute; &agrave; la fois technologiquement et politiquement. Il est donc sans doute temps de penser &agrave; sa mutation.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p></p><p></p><p></p><div><p><span><span><b>La protection des donn&eacute;es</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 8 section 5</span></span></p></div><section dir="auto"><div><div><div><div dir="auto"><div><div>
<br>
</div></div></div></div><div></div></div></div></section>]]></content>
	<updated>2026-05-07T18:43:14+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les commissions d&#039;enquête créées par droit de tirage : une fragilité structurelle</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 4 mai 2026 doit &ecirc;tre publi&eacute; le rapport de la commission Alloncle, dont le contenu int&eacute;ressera cer...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiajaYJ7w32_m6rlKQhye8FXBE4T6EpxRSLHLIjB220PrHbhd-vGwIJKpbTA_6I0qzBbWFGp_37WvaomVs7-gaeEcwc2id9pVE9y_PCgXfyJ0VF7h_c1XL5928uBCk45Sgrs2XkisfucUU3h2vjKWW1UcyEgncZl-5UeJ0bbwmE1PIKGJ65nXARZqTJVfg/s430/facade-palais-bourbon@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiajaYJ7w32_m6rlKQhye8FXBE4T6EpxRSLHLIjB220PrHbhd-vGwIJKpbTA_6I0qzBbWFGp_37WvaomVs7-gaeEcwc2id9pVE9y_PCgXfyJ0VF7h_c1XL5928uBCk45Sgrs2XkisfucUU3h2vjKWW1UcyEgncZl-5UeJ0bbwmE1PIKGJ65nXARZqTJVfg/w198-h160/facade-palais-bourbon@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div>Le 4 mai 2026 doit &ecirc;tre publi&eacute; le rapport de la commission Alloncle, dont le contenu int&eacute;ressera certainement les commentateurs. Personne en revanche ne s'interroge sur l'origine de ce rapport, issu d'une commission d'enqu&ecirc;te cr&eacute;&eacute;e par <i>droit de tirage</i>.&nbsp;</div><p></p><p>Ce <i>droit de tirage </i>est consid&eacute;r&eacute; comme l'un des &eacute;l&eacute;ments importants des droits accord&eacute;s &agrave; l'opposition parlementaire par la r&eacute;vision constitutionnelle du 23 juillet 2008, initi&eacute;e par Nicolas Sarkozy. Le nouvel <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGISCTA000006095825" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 51-1 de la constitution</a> pose le principe selon lequel "<i>le r&egrave;glement de chaque assembl&eacute;e d&eacute;termine les droits des groupes parlementaires constitu&eacute;s en son sein. Il reconna&icirc;t des droits sp&eacute;cifiques aux groupes d'opposition de l'assembl&eacute;e int&eacute;ress&eacute;s ainsi qu'aux groupes minoritaires</i>". Sur ce fondement, l'<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/divers/texte_reference/02_reglement_assemblee_nationale#D_Article_141_423" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 141 du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e nationale </a>&eacute;nonce que &laquo; <i>chaque pr&eacute;sident de groupe d&rsquo;opposition ou de groupe minoritaire obtient, de droit, une fois par session ordinaire [&hellip;], la cr&eacute;ation d&rsquo;une commission d&rsquo;enqu&ecirc;te.</i> &raquo;&nbsp;</p><p><br></p><h3><span>Une proc&eacute;dure encadr&eacute;e</span></h3><p><br></p><p>Les groupes d'opposition peuvent donc imposer l'ouverture d'une enqu&ecirc;te, sans passer par la contrainte du vote. Le seul contr&ocirc;le est celui de la conf&eacute;rence des pr&eacute;sidents qui se borne &agrave; examiner la recevabilit&eacute; de la demande, &agrave; v&eacute;rifier que l'objet de la commission est clairement pr&eacute;cis&eacute;, qu'il ne porte pas sur une affaire judiciaire en cours ni sur un sujet ayant d&eacute;j&agrave; suscit&eacute; la cr&eacute;ation d'une commission d'enqu&ecirc;te moins d'un an auparavant.</p><p>De fait, la cr&eacute;ation d'une commission par droit de tirage ne r&eacute;side plus dans une comp&eacute;tence soumise &agrave; la loi de la majorit&eacute;. Elle s'analyse comme un droit proc&eacute;dural autonome de l'opposition. On peut &eacute;videmment se r&eacute;jouir que des droits soient accord&eacute;s &agrave; l'opposition, car le bon fonctionnement de la d&eacute;mocratie repose sur une opposition parlementaire active et soucieuse de jouer son r&ocirc;le.&nbsp;</p><p>Mais le probl&egrave;me, car il y a tout de m&ecirc;me un probl&egrave;me, r&eacute;side dans le fait que le droit applicable garantit aux groupes minoritaires la cr&eacute;ation d'une commission d'enqu&ecirc;te. Il ne garantit en aucun cas son efficacit&eacute;, ni m&ecirc;me son aboutissement.</p><p>Au regard de sa fonctionnement en effet, la commission d'enqu&ecirc;te ainsi cr&eacute;&eacute;e ne se distingue pas d'une commission ordinaire. Elle est &eacute;galement compos&eacute;e &agrave; la repr&eacute;sentation proportionnelle, elle b&eacute;n&eacute;ficie des m&ecirc;mes pouvoirs d'investigation tr&egrave;s &eacute;tendus, et elle doit aussi achever ses travaux dans un d&eacute;lai de six mois. Une fois, la commission cr&eacute;&eacute;e, le droit commun revient donc en force, et avec lui la loi de la majorit&eacute;. Pour r&eacute;sumer l'&eacute;tranget&eacute; de la situation, ces commissions sont cr&eacute;&eacute;es par l'opposition mais leur composition et leur fonctionnement refl&egrave;tent le poids relatif de chaque groupe, avec &eacute;videmment un avantage num&eacute;rique pour la majorit&eacute;.</p><p>Si l'on s'efforce de dresser un bilan de ces commissions un peu particuli&egrave;res, on peut faire deux constatations, d'une part une tr&egrave;s grande politisation de leur activit&eacute;, d'autre part une fragilit&eacute; structurelle qui est apparue clairement lors des travaux de la commission Alloncle.</p><p><br></p><div></div><br><p><span>Une chance au tirage...</span></p><p><span>Publicit&eacute; de la Fran&ccedil;aise des Jeux, 2000</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Multiplication&nbsp;</span></h3><p>&nbsp;</p><p>Les groupes parlementaires, surtout les groupes minoritaires, ont largement fait usage de ces commissions d'enqu&ecirc;te dispens&eacute;es du vote pr&eacute;alable de l'Assembl&eacute;e. La proc&eacute;dure a donc suscit&eacute; un accroissement m&eacute;canique du nombre de commissions d'enqu&ecirc;te.&nbsp;</p><p>Sans les citer toutes, on observe que le d&eacute;veloppement de ces commissions par droit de tirage s'est fait par &eacute;tapes.&nbsp;</p><p>Dans un premier temps, de 2009 &agrave; 2017 elles &eacute;taient peu nombreuses, avec une mont&eacute;e en puissance lente. On peut citer la <a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/instances/resume/OMC_PO59011?force" target="_blank" rel="noopener noreferrer">commission sur la politique de l'eau et des ressources hydrauliques en 2009,</a> la premi&egrave;re du genre, puis en <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/financement_syndicats_employeurs_salaries.asp" target="_blank" rel="noopener noreferrer">2011 la commission sur le financement des organisations syndicales</a> et celle sur les <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2869.asp" target="_blank" rel="noopener noreferrer">concours financiers de l'&Eacute;tat aux collectivit&eacute;s locales en 2015.</a></p><p>La p&eacute;riode 2017-2022 marque une certaine banalisation de la proc&eacute;dure avec la <a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/15/autres-commissions/commissions-d-enquete-de-la-xv-eme-legislature/commission-d-enquete-sur-les-decisions-de-l-etat-en-matiere-de-politique-industrielle-notamment-dans-les-cas-d-alstom-d-alcatel-et-de-stx" target="_blank" rel="noopener noreferrer">commission sur la politique industrielle (Alstom) en 2019</a>, celle sur <a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/static/15/pdf/rapport/i3633.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la gestion du Covid partiellement cr&eacute;&eacute;e par droit de tirage en 2020</a>, et <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/obstacle_independance_pouvoir_judiciaire" target="_blank" rel="noopener noreferrer">celle sur les obstacles &agrave; l'ind&eacute;pendance du pouvoir judiciaire en 2021</a>.</p><p>Enfin la p&eacute;riode actuelle, de 2022 &agrave; 2024, se traduit par une v&eacute;ritable inflation de ces commissions. Des ing&eacute;rences &eacute;trang&egrave;res &agrave; la protection de l'enfance, en passant par les incendies, l'eau en bouteille ou les finances publiques, on ne compte plus les sujets abord&eacute;s. Cette situation est d'abord li&eacute;e &agrave; l'&eacute;miettement des groupes politiques, qui sont de plus en plus nombreux &agrave; user de cette proc&eacute;dure. Actuellement, l'Assembl&eacute;e ne compte par moins <a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/instances/liste/groupes_politiques/effectif" target="_blank" rel="noopener noreferrer">de onze groupes</a>, dont huit d'opposition. C'est consid&eacute;rable si l'on compare avec les six groupes parlementaires du quinquennat Hollande et les quatre de celui de Nicolas Sarkozy.</p><p>Mais cette explication arithm&eacute;tique ne suffit pas &agrave; rendre compte de la situation actuelle. Pour la seule l&eacute;gislature actuelle, on d&eacute;nombre onze commissions cr&eacute;&eacute;es par droit de tirage depuis moins d'un an. Elles portent sur des sujets tr&egrave;s divers, de la violence dans les &eacute;tablissements scolaires &agrave; la r&eacute;industrialisation de la France, en passant par les plans sociaux, le syst&egrave;me de sant&eacute;, les cons&eacute;quences des essais nucl&eacute;aires etc. L'inflation vient aussi, &agrave; l'&eacute;vidence, de la politisation d'un outil qui se d&eacute;finit aussi comme un lieu d'affrontements politiques, l'aboutissement des travaux n'&eacute;tant peut-&ecirc;tre pas la finalit&eacute; poursuivie.</p><p><br></p><h3><span>L'aboutissement des travaux</span></h3><p><br></p><p>Pr&eacute;cis&eacute;ment, ces commissions se heurtent &agrave; des difficult&eacute;s structurelles qui affectent leur efficacit&eacute;. Rappelons en effet que la loi de majorit&eacute; revient avec le d&eacute;but du fonctionnement de la commission. En principe, elle dispose de six moins pour r&eacute;diger son rapport. Il est arriv&eacute; toutefois, et notamment pour la commission d'enqu&ecirc;te sur le financement des organisations syndicales, que la commission ne puisse r&eacute;diger son rapport dans le d&eacute;lai, en raison des divergences entre ses membres. Dans ce cas, la commission dispara&icirc;t &agrave; l'issue du d&eacute;lai de six mois, et ses travaux et documents sont remis au Pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e nationale qui ne peut les diffuser avant un d&eacute;lai de vingt-cinq ans.</p><p>Les commissions s'efforcent toutefois de limiter l'&eacute;chec total, situation qui nuit aussi bien &agrave; la majorit&eacute; qu'&agrave; l'opposition. Une pratique s'est d&eacute;velopp&eacute;e qui consiste &agrave; adopter le rapport sans en approuver le contenu. Il est ainsi publi&eacute;, proc&eacute;dure indispensable &agrave; la transparence politique et au droit du citoyen &agrave; l'information. En revanche, les parlementaires de la majorit&eacute; se voient plus ou moins contraints de s'abstenir, voire de voter le rapport pour le publier, alors m&ecirc;me qu'ils n'adh&egrave;rent pas &agrave; ses conclusions. Ce fut le cas de la <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/ceelec/l17b1479_rapport-enquete" target="_blank" rel="noopener noreferrer">commission d'enqu&ecirc;te sur l'organisation des &eacute;lections en France, en mai 2025,</a> et tout r&eacute;cemment de la commission sur l'audiovisuel public.</p><p><br></p><h3><span>Un espace de confrontation politique</span></h3><p><br></p><p>Les travaux des commissions sont transparents, souvent diffus&eacute;s &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, et les groupes politiques minoritaires b&eacute;n&eacute;ficient alors d'une audience qu'ils n'ont pas n&eacute;cessairement dans l'h&eacute;micycle. L'objet est davantage l'exploitation d'un scandale et la confrontation politique et m&eacute;diatique que la recherche d'une expertise. Ces commissions ne se traduisent d'ailleurs g&eacute;n&eacute;ralement pas par des avanc&eacute;es l&eacute;gislatives. Une fois les travaux termin&eacute;s, il ne se passe g&eacute;n&eacute;ralement pas grand-chose.</p><p>Ces commissions d'enqu&ecirc;te par droit de tirage traduisent ainsi le d&eacute;veloppement de la conflictualit&eacute; parlementaire. La commission devient l'espace d'une joute politique et les parlementaires eux-m&ecirc;mes savent bien qu'ils en sont membres essentiellement pour &eacute;changer questions embarrassantes et formules assassines. Les lobbies s'y introduisent d'ailleurs largement, non pas pour &eacute;clairer les membres de la commission mais pour leur souffler questions ou r&eacute;ponses. La finalit&eacute; de la commission d'enqu&ecirc;te devient alors la commission d'enqu&ecirc;te. La commission Alloncle fera-t-elle exception ? La question est pos&eacute;e.</p><p><br></p><p><br></p><p><br></p><div><br></div>]]></content>
	<updated>2026-05-04T19:52:38+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Justice des mineurs : Le Conseil constitutionnel fait de la résistance</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La&nbsp;d&eacute;cision rendue sur QPC le 17 avril 2026&nbsp;M. Sawran S., r&eacute;affirme le principe fondamenta...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span><span></span></span></p><div><span><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjE9BKEQ8CchtzP0Q3T0J3zM3N5XbwbUsibFiDdCKWAU3hKOn3BbsD3wL9Jw4w-Gi_F_AdXxn9kKC3_E2XgWUwDsefi8y8dEkT1Bc8N3aioWRms0g6weItcrM-16dFB6uSO6rIDHWcqCU6eY_U0yXK8m5rl9qoSnHx-VQgKOOHXEXeJ7TzfVVQkjp_kB1Y/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjE9BKEQ8CchtzP0Q3T0J3zM3N5XbwbUsibFiDdCKWAU3hKOn3BbsD3wL9Jw4w-Gi_F_AdXxn9kKC3_E2XgWUwDsefi8y8dEkT1Bc8N3aioWRms0g6weItcrM-16dFB6uSO6rIDHWcqCU6eY_U0yXK8m5rl9qoSnHx-VQgKOOHXEXeJ7TzfVVQkjp_kB1Y/s1600/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></span></div><span><span><br><div><span>La</span><span>&nbsp;</span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/cons/id/CONSTEXT000053915390?fonds=CONSTIT&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=constit" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue sur QPC le 17 avril 2026&nbsp;<i>M. Sawran S.</i></a><span>, r&eacute;affirme le principe fondamental reconnu par les lois de la R&eacute;publique (PFLR),&nbsp;imposant la n&eacute;cessit&eacute; de rechercher le rel&egrave;vement &eacute;ducatif et moral des enfants d&eacute;linquants par des mesures adapt&eacute;es &agrave; leur &acirc;ge et &agrave; leur personnalit&eacute;, prononc&eacute;es par une juridiction sp&eacute;cialis&eacute;e ou selon des proc&eacute;dures appropri&eacute;es. Par cette d&eacute;cision, le Conseil affirme clairement sa r&eacute;sistance face au mouvement d'alignement de la justice des mineurs sur celle des majeurs.</span></div></span></span><p></p><p><span>Le requ&eacute;rant conteste le maintien automatique en d&eacute;tention d'un mineur de seize ans condamn&eacute; &agrave; une peine ferme par la cour d'assises des mineurs, devant laquelle il avait comparu d&eacute;tenu, alors qu'il fait appel de sa condamnation. La QPC est d&eacute;pos&eacute;e &agrave; l'occasion de cet appel et conteste finalement l'application aux mineurs du droit commun de la d&eacute;tention provisoire.</span></p><p><span>Les dispositions contest&eacute;es sont les <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039088061" target="_blank" rel="noopener noreferrer">articles L 231-7</a> et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000039086952/LEGISCTA000039088469/2021-09-30/?anchor=LEGIARTI000039088473#LEGIARTI000039088473" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L 531-2 du code de la justice p&eacute;nale des mineurs</a> issus de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039085102/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnances du 11 septembre 2019</a>. Elles ont pour point commun d'aligner la justice p&eacute;nale des mineurs sur celle des majeurs, pour ce qui est de la cour d'assises des mineurs et de l'appel de ses arr&ecirc;ts.</span></p><p><span>La d&eacute;cision du Conseil constitutionnel se lit comme un savant m&eacute;lange de prudence et d'audace.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Prudence : la d&eacute;tention du mineur&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La prudence tout d'abord, car le Conseil rend une d&eacute;cision de conformit&eacute;. Il admet donc que l'arr&ecirc;t de condamnation par la cour d'assises des mineurs peut valoir titre de d&eacute;tention en cas d'appel. Mais il accompagne d&eacute;cision d'une r&eacute;serve d'interpr&eacute;tation. Il impose ainsi &agrave; la cour d'assises des mineurs de v&eacute;rifier, au regard des circonstances, la situation personnelle du mineur au regard de la gravit&eacute; des infractions.&nbsp;</span></p><p><span>Le maintien en d&eacute;tention est possible, mais &agrave; la condition qu'il "<i>n'exc&egrave;de pas la rigueur n&eacute;cessaire</i>". En fonction de cette &eacute;valuation de la situation personnelle du mineur, la cour peut choisir une autre mesure de s&ucirc;ret&eacute;, mise en libert&eacute; sous contr&ocirc;le judiciaire ou assignation &agrave; r&eacute;sidence sous surveillance &eacute;lectronique (ARSE). Ces mesures sont identiques pour les majeurs et pour les mineurs de plus de seize ans, avec quelques adaptations. C'est ainsi que le contr&ocirc;le judiciaire peut se traduire par une&nbsp;obligation de r&eacute;sider en centre &eacute;ducatif ferm&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><span>Ch&eacute;rubin puni, envoy&eacute; &agrave; l'Arm&eacute;e</span><p></p><p><span>Figaro : "Non pi&ugrave; andrai, Farfallone amoroso"</span></p><p><span>Les Noces de Figaro. W. A. Mozart</span></p><p><span>Figaro : Luca Pisaroni</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Audace : la dur&eacute;e de la d&eacute;tention</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>En revanche, le Conseil constitutionnel censure le renvoi aux dur&eacute;es de d&eacute;tention fix&eacute;es dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038271340/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 380-3-1 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a>. L&agrave; encore, il s'agit d'un alignement avec le droit applicable aux majeurs. Lorsque le mineur condamn&eacute; est d&eacute;tenu, sa comparution doit intervenir dans le d&eacute;lai d'un an apr&egrave;s l'appel. Si l'audience ne peut se tenir avant l'issue de ce d&eacute;lai, la d&eacute;tention provisoire peut &ecirc;tre prolong&eacute;e pour une dur&eacute;e de six mois ou d'un an, renouvelable une fois.&nbsp;</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel proc&egrave;de &agrave; la computation de ces d&eacute;lais et en d&eacute;duit que le maintien d'un mineur condamn&eacute; en d&eacute;tention provisoire peut atteinte "<i>trois ans dans certains cas</i>". Il censure ces dispositions au motif qu'elles "<i>ne font l'objet d'aucune adaptation par rapport &agrave; celles applicables aux majeurs"</i>. L'abrogation est toutefois report&eacute;e au 31 octobre 1927, d&eacute;lai jug&eacute; indispensable pour permette de changer la loi. En tout &eacute;tat de cause cependant, il est clair que les dispositions jug&eacute;es non conformes &agrave; la constitution, ne seront plus appliqu&eacute;es jusqu'&agrave; la modification du code de la justice des mineurs.</span></p><p><br></p><h3><span>Rappel d'un principe fondamental</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Pour justifier sa d&eacute;cision, le Conseil constitutionnel fait un usage que l'on pourrait qualifier d'offensif du principe fondamental reconnu par les lois de la R&eacute;publique (PFLR), issu de sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2002/2002461DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 29 ao&ucirc;t 2002</a>. Il y &eacute;nonce le "<i>principe de l'att&eacute;nuation de la responsabilit&eacute; p&eacute;nale des mineurs en fonction de l'&acirc;ge, comme la n&eacute;cessit&eacute; de rechercher le rel&egrave;vement &eacute;ducatif et moral des enfants d&eacute;linquants par des mesures adapt&eacute;es &agrave; leur &acirc;ge et &agrave; leur personnalit&eacute;, prononc&eacute;e par une juridiction sp&eacute;cialis&eacute;e ou selon des proc&eacute;dures adapt&eacute;es</i>".</span></p><p><span>Ce principe trouve son origine dans la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000874224/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 12 avril 1906 sur la responsabilit&eacute; p&eacute;nale des mineurs</a>, celle du <a href="https://plateformejonas.fr/wp-content/uploads/2025/11/12017-Loi-du-22-juillet-1912-instituant-les-tribunaux-pour-enfants.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">22 juillet 1912 sur les tribunaux pour enfants</a>, et enfin l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006069158/2021-01-03/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 2 f&eacute;vrier 1945 sur l'enfance&nbsp;d&eacute;linquante</a>. D&egrave;s cette d&eacute;cision du 29 ao&ucirc;t 2002, le Conseil pr&eacute;cise que cette sp&eacute;cificit&eacute; de la justice des mineurs ne fait pas obstacle &agrave; ce que des privations de libert&eacute; soient prononc&eacute;es. Mais leur n&eacute;cessit&eacute; doit &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e au regard de l'&acirc;ge et de la personnalit&eacute; du jeune d&eacute;linquant. L<span>a contrainte doit demeurer exceptionnelle, individualis&eacute;e et contr&ocirc;l&eacute;e par un magistrat ou une juridiction tenant compte de la minorit&eacute;.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment ce point qui fait basculer la d&eacute;cision <i>Sawran S. </i>Le probl&egrave;me ne r&eacute;side pas le fait qu'un jeune de seize ans soit plac&eacute; en d&eacute;tention provisoire. Il r&eacute;side dans le fait que la loi a op&eacute;r&eacute; une transposition m&eacute;canique d'un r&eacute;gime pens&eacute; pour les majeurs.</span></span></p><p><span><span>Cette d&eacute;cision s'inscrit dans une s&eacute;quence jurisprudentielle faite de QPC largement transmises par la Cour de cassation. <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2025/06/la-loi-attal-eparpillee-facon-puzzle.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le 19 juin 2025</a>, le Conseil a ainsi censur&eacute; partiellement la loi <i>Attal</i> visant &agrave; renforcer l'autorit&eacute; de la justice &agrave; l'&eacute;gard des mineurs d&eacute;linquants et de leurs parents. &Eacute;taient alors sanctionn&eacute;s l'allongement &agrave; un an de la d&eacute;tention provisoire pour des mineurs de moins de seize ans et le caract&egrave;re exceptionnel de la suppression de l'excuse de minorit&eacute;. Quelques jours plus tard, une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/20251143QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 27 juin 2025 </a><i><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/20251143QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Mohamed Z</a>.</i> a sanctionn&eacute; une disposition autorisant la&nbsp;</span></span><span>d&eacute;tention provisoire d'un mineur, en l'absence de d&eacute;cision d'un juge sp&eacute;cialis&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>Le rappel, &agrave; trois reprises en quelques mois, de ce PFLR consacrant la sp&eacute;cificit&eacute; de la justice des mineurs, s'analyse comme un acte de r&eacute;sistance &agrave; une tendance lourde des gouvernements successifs qui cherchent &agrave; aligner la justice des mineurs sur celle des majeurs. Certes, l'ordonnance du 11 septembre 2019 la codifie, mais c'est aussi dans le but d'&eacute;carter la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la c&eacute;l&egrave;bre ordonnance de 1945 qui consacrait une vision largement &eacute;ducative de cette justice. Aujourd'hui, le Conseil n'&eacute;carte pas l'id&eacute;e d'une justice des mineurs plus s&eacute;v&egrave;re, choix qui appartient au l&eacute;gislateur. Il prot&egrave;ge en revanche sa sp&eacute;cificit&eacute;, revenant ainsi &agrave; ses origines et rappelant que le d&eacute;linquant est un enfant. Sur un plan plus concret, il rappelle aussi que la minorit&eacute; n'est pas seulement une circonstance att&eacute;nuante, mais aussi le support d'une justice d&eacute;sormais constitutionnalis&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><p><span>&nbsp;<b>Les PFLR</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 3 section 2 &sect; 2 A&nbsp;</span></p><div><span><br></span></div>]]></content>
	<updated>2026-05-01T17:03:23+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Rapport Alloncle : le débat démocratique est ouvert</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le rapport de la commission d'enqu&ecirc;te sur la neutralit&eacute;, le fonctionnement et le financement de l'au...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiIj9SOsBTfcn3T72yILX4zGYDx0yZgJeqoxTk3ReTbtcdGsYnteuZhrhfrLiSn_LBZYPjBclZOieS3dbCDtQAFc8iBokj9jeJrrTEN9juy7eUhZru5Nlh1FTU02PtIV1APgeT0_UfhjzPlMyppqx9k_SwSvT2yKq53S5QEMPokws52TPZ9bSy12anouWg/s430/facade-palais-bourbon@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiIj9SOsBTfcn3T72yILX4zGYDx0yZgJeqoxTk3ReTbtcdGsYnteuZhrhfrLiSn_LBZYPjBclZOieS3dbCDtQAFc8iBokj9jeJrrTEN9juy7eUhZru5Nlh1FTU02PtIV1APgeT0_UfhjzPlMyppqx9k_SwSvT2yKq53S5QEMPokws52TPZ9bSy12anouWg/w194-h157/facade-palais-bourbon@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><p><span><span><br></span>Le rapport de la commission d'enqu&ecirc;te sur la neutralit&eacute;, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public vient d'&ecirc;tre adopt&eacute; par douze voix contre dix, vote particuli&egrave;rement serr&eacute; qui t&eacute;moigne des tensions politiques d&eacute;velopp&eacute;es autour de ce rapport. Rappelons que cette commission a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e le 28 octobre 2025 sur le fondement de l'<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/divers/texte_reference/02_reglement_assemblee_nationale#D_Article_141_423" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 141 al. 2 du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e nationale</a>, &agrave; l'initiative du groupe <i>Union des droites pour la R&eacute;publique </i>(UDR). Son rapporteur est <i>Jean-Charles Alloncle</i> (UDR - H&eacute;rault).&nbsp;</span></p><p></p><p><span>La date du 28 octobre 2025 est importante, car une commission d'enqu&ecirc;te doit imp&eacute;rativement adopter son rapport dans un d&eacute;lai de six mois apr&egrave;s sa cr&eacute;ation. La mission de la commission <i>Alloncle</i> prend donc fin demain, le 28 avril 2026. Elle est alors juridiquement dessaisie, ne peut plus auditionner, demander des pi&egrave;ces, ou simplement d&eacute;lib&eacute;rer. Le vote du 27 avril 2026 est donc un vote d'adoption, pas un vote de publication, contrairement &agrave; ce qui est largement affirm&eacute; par les commentateurs. Ceci &eacute;tant, en pratique, l'adoption va entrainer la publication, sauf hypoth&egrave;se de la constitution de l'Assembl&eacute;e elle-m&ecirc;me en comit&eacute; secret pour s'y opposer.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Principe : la transparence est la r&egrave;gle, le secret l'exception</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le droit parlementaire conna&icirc;t trois cat&eacute;gories de rapports. D'abord, les rapports l&eacute;gislatifs sur un projet ou une proposition de loi sont publi&eacute;s comme documents parlementaires, sans aucun vote sp&eacute;cifique sur leur publicit&eacute;. Celle-ci rel&egrave;ve de l'effet ordinaire de la proc&eacute;dure l&eacute;gislative. Ensuite, les rapports d'information sont le produit des commissions permanentes, d&eacute;l&eacute;gations, offices. Ces institutions d&eacute;cident de la publication, sans vote de l'Assembl&eacute;e nationale. Enfin, les rapports des commissions d'enqu&ecirc;te, et c'est le cas de la commission <i>Alloncle</i>, sont publi&eacute;s selon une proc&eacute;dure plus formaliste.</span></p><p><span>Leur fondement constitutionnel repose d'abord sur l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000019241014/2021-07-27" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 24 de la constitution</a>&nbsp;qui confie au Parlement le contr&ocirc;le de l&rsquo;action du Gouvernement et l&rsquo;&eacute;valuation des politiques publiques. Les commissions d'enqu&ecirc;te, quant &agrave; elles, sont pr&eacute;vues par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000019241066/2021-07-27" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 51-2 de la constitution</a> et l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000035391366/2024-04-18/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958</a> relative au fonctionnement des assembl&eacute;es parlementaires. Ce texte pr&eacute;voit que les commissions d&rsquo;enqu&ecirc;te recueillent des informations sur des faits d&eacute;termin&eacute;s ou sur la gestion des services publics ou entreprises nationales, que leur mission prend fin par le d&eacute;p&ocirc;t du rapport ou, au plus tard, au bout de six mois, et que les auditions sont publiques sauf d&eacute;cision de secret.</span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgbtrIQcx_CGiYT6ksEli4RUI_4qZGW5NvIqMs4SRVEnScBDkbJHoOZz2tkED0zfbyy82SGi4b9yFhLvELLDd95a1-gxGwkjex4WagiVr-ZV_0jwkT9bdWii4iEB_2Mgmsgxe0xk0NESZm2QtFXrQhjscGhS7G_OHU2YOomIyadxH8K071VoMdm9VFiYLU/s786/s.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgbtrIQcx_CGiYT6ksEli4RUI_4qZGW5NvIqMs4SRVEnScBDkbJHoOZz2tkED0zfbyy82SGi4b9yFhLvELLDd95a1-gxGwkjex4WagiVr-ZV_0jwkT9bdWii4iEB_2Mgmsgxe0xk0NESZm2QtFXrQhjscGhS7G_OHU2YOomIyadxH8K071VoMdm9VFiYLU/w351-h424/s.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span><span>Le bouclier arverne&nbsp;</span></span></div><div><span><span>Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1968</span></span></div><p></p><p><br></p><h3><span>L'intervention de l'Assembl&eacute;e nationale</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La r&egrave;gle de publicit&eacute; du rapport d'enqu&ecirc;te est donc formul&eacute;e de mani&egrave;re n&eacute;gative : le rapport est publiable, sauf d&eacute;cision contraire de l'Assembl&eacute;e int&eacute;ress&eacute;e, prise par un vote sp&eacute;cial apr&egrave;s constitution en comit&eacute; secret. L'<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/divers/texte_reference/02_reglement_assemblee_nationale#D_Article_1442_433" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 144-2 du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e</a> envisage ainsi deux hypoth&egrave;ses.&nbsp;</span></p><p><span>Dans le cas d'un rapport non d&eacute;pos&eacute; &agrave; l'issue du d&eacute;lai de six mois apr&egrave;s la cr&eacute;ation de l'Assembl&eacute;e, le pr&eacute;sident de la commission remet au pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e les documents en sa possession qui ne peuvent donner lieu &agrave; aucune publication ni aucun d&eacute;bat. C'est exactement ce qui s'est produit lors de la cr&eacute;ation de la commission sur l'affaire <i>Benalla</i>. Il s'agissait alors d'une initiative de la commission des lois, dot&eacute;e pour l'occasion des pr&eacute;rogatives d'une commission d'enqu&ecirc;te. Les travaux se sont v&eacute;ritablement embourb&eacute;s, situation pr&eacute;visible &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; une large majorit&eacute; macronienne souhaitait qu'elle n'aboutisse pas &agrave; un rapport.&nbsp;</span></p><p><span>Dans le cas, nettement plus fr&eacute;quent, o&ugrave; la commission d'enqu&ecirc;te adopte son rapport, celui-ci est remis au pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e, acte dont il est fait &eacute;tat au <i>Journal Officiel.</i> <span>Sauf d&eacute;cision contraire de l&rsquo;Assembl&eacute;e constitu&eacute;e en comit&eacute; secret dans les conditions pr&eacute;vues &agrave; l&rsquo;article&nbsp;51, le rapport est imprim&eacute; et distribu&eacute;. Il peut donner lieu &agrave; un d&eacute;bat sans vote en s&eacute;ance publique. En tout &eacute;tat de cause, la demande de constitution de l'Assembl&eacute;e en comit&eacute; secret dans le but de ne pas autoriser la publication de tout ou partie du rapport, doit &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute;e dans un d&eacute;lai de cinq jours francs &agrave; compter la publication du d&eacute;p&ocirc;t au <i>Journal Officiel</i>.</span></span></p><p><span><span>La proc&eacute;dure n'est pas tr&egrave;s diff&eacute;rente au S&eacute;nat, reposant sur une d&eacute;cision implicite d'acceptation plus ramass&eacute;e dans le temps. Si aucune demande&nbsp;</span><span>de constitution du S&eacute;nat en comit&eacute; secret n&rsquo;est formul&eacute;e dans les vingt-quatre heures, le rapport est publi&eacute;. Le cas &eacute;ch&eacute;ant, ce d&eacute;lai peut &ecirc;tre prolong&eacute; de quatre jours &agrave; la demande du pr&eacute;sident du S&eacute;nat, du pr&eacute;sident ou du rapporteur de la commission d'enqu&ecirc;te, ou enfin d'un pr&eacute;sident de groupe.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Mais le principe demeure, la publicit&eacute; est la r&egrave;gle et le secret l'exception.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Les pr&eacute;c&eacute;dents de non-publication</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>Cette situation explique sans doute la raret&eacute; des refus de communication des rapports des commissions d'enqu&ecirc;te, au point qu'il n'existe pas de statistiques pertinentes dans ce domaine.</span></span></p><p><span><span>A l'Assembl&eacute;e nationale, seul est recens&eacute; le rapport <i>Perruchot</i>&nbsp;</span></span><span><b>&nbsp;</b><span><b>s</b>ur les m&eacute;canismes de financement des organisations syndicales d&rsquo;employeurs et de salari&eacute;s</span></span><span><span>, en 2011. Observons qu'il s'agit l&agrave; d'un cas dans lequel le rapport n'a pas &eacute;t&eacute; adopt&eacute; par la commission, l'Assembl&eacute;e n'ayant donc pas eu l'occasion de se r&eacute;unir en comit&eacute; secret. Les documents sont archiv&eacute;s et ne peuvent donner lieu &agrave; aucune publication ni &agrave; aucun d&eacute;bat. Seuls les chercheurs pourront y acc&eacute;der, vingt-cinq ans plus tard.</span></span></p><p><span><span>La situation est identique au S&eacute;nat, o&ugrave; le pr&eacute;c&eacute;dent le plus net est celui de la&nbsp;</span><span>commission d&rsquo;enqu&ecirc;te sur la r&eacute;alit&eacute; du d&eacute;tournement du cr&eacute;dit d&rsquo;imp&ocirc;t-recherche de son objet</span><span>, en 2015. L&agrave; encore, le rapport n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; adopt&eacute;, et le S&eacute;nat ne s'est pas r&eacute;uni en comit&eacute; secret. Dans ce cas cependant, le secret n'a pas &eacute;t&eacute; r&eacute;ellement respect&eacute;. Les notes personnelles de la rapporteure ont en effet circul&eacute; de mani&egrave;re informelle.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span>Une anomalie institutionnelle</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La non-publication est donc une anomalie statistiquement marginale, mais aux cons&eacute;quences qui m&eacute;ritent d'&ecirc;tre discut&eacute;es.&nbsp;</span></p><p><span>Le premier point important est que le principe de souverainet&eacute; parlementaire fait obstacle &agrave; tout recours contentieux dans ce domaine.&nbsp;</span></p><p><span>Les documents parlementaires &eacute;chappent aux r&egrave;gles de communication &eacute;dict&eacute;es par la loi du 17 juillet 1978, aujourd'hui codifi&eacute;e dans le code des relations entre le public et l'administration. De fait, la Commission d'acc&egrave;s aux documents administratifs (CADA) se d&eacute;clare incomp&eacute;tente, dans un <a href="https://cada.data.gouv.fr/20221659/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">avis du 31 mars 2022</a>, pour se prononcer sur les documents transmis, &agrave; sa demande, &agrave; la commission d'enqu&ecirc;te s&eacute;natoriale sur l'influences des cabinets de conseils priv&eacute;s sur les politiques publiques. Elle n'interdit pas, toutefois, que des documents qui &eacute;taient d&eacute;j&agrave; de nature administrative avant leur transmission demeurent communicables.</span></p><p><span><span>Le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat confirme cette analyse dans sa <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000051305426" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du&nbsp;</a></span><span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000051305426" target="_blank" rel="noopener noreferrer">7 mars 2025, <i>Association Coordination des associations et des particuliers pour la libert&eacute; de conscience</i></a></span><span>. L&rsquo;affaire portait sur des documents du minist&egrave;re de l'Int&eacute;rieur transmis &agrave; la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur les sectes de 1995. Le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat juge que le rapport &eacute;tabli sp&eacute;cialement &agrave; la demande de la commission, ainsi que les pi&egrave;ces indissociables, ont le caract&egrave;re de documents parlementaires. Leur communication ne peut donc intervenir sur le fondement du code des relations entre le public et l'administration.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Cette non-publication, confort&eacute;e par l'absence de recours possible, est certes pr&eacute;vue par les textes. Sur le plan politique, on peut toutefois s'interroger sur sa justification.&nbsp;</span></span><span><span>Une commission d&rsquo;enqu&ecirc;te n&rsquo;est pas une r&eacute;union priv&eacute;e de parlementaires. Elle agit au nom d&rsquo;une assembl&eacute;e comme en t&eacute;moigne l'intervention de celle-ci pour refuser la publication. Elle mobilise des moyens publics, auditionne sous serment des personnes qui ont l&rsquo;obligation de compara&icirc;tre, et a pour finalit&eacute; d'&eacute;clairer les citoyens. L&rsquo;enterrement pur et simple du rapport heurte donc directement le principe de transparence d&eacute;mocratique.</span></span></p><p><span><span>Le d&eacute;bat autour du rapport <i>Alloncle</i> montre que la volont&eacute; de ne pas publier ne prot&egrave;ge pas seulement des int&eacute;r&ecirc;ts l&eacute;gitimes.&nbsp;</span></span></p><p><span><span><span>Certes, les opposants affirment qu'il contient des erreurs graves et des jugements de valeur &agrave; l'emporte-pi&egrave;ce. Mais c'est au contraire un argument essentiel pour le publier. En effet, la solution n'est pas&nbsp;</span></span><span>d'interdire aux citoyens d'en prendre connaissance pour se rendre compte par eux-m&ecirc;mes de ces erreurs. Ce serait les traiter comme des enfants incapables de juger de la qualit&eacute; de ce qu'ils lisent. Le vote acquis aujourd'hui montre qu'il est bien pr&eacute;f&eacute;rable d'assumer la transparence et de d&eacute;battre des erreurs &eacute;ventuelles contenues dans ce travail. Peut-on en effet avoir peur du d&eacute;bat d&eacute;mocratique ?</span></span></p><p><span><span>En r&eacute;alit&eacute;, les difficult&eacute;s de ce votre ont montr&eacute; que le refus d'adoption et la non-publication sont plut&ocirc;t envisag&eacute;s comme une arme tactique. Une majorit&eacute; de circonstance au sein d'une commission d'enqu&ecirc;te peut refuser l'adoption pour emp&ecirc;cher la publication d'un rapport, non parce qu'il viole un secret, mais parce qu'il d&eacute;range, parce que ses conclusions sont jug&eacute;es partisanes, pas conformes &agrave; ce que l'on souhaite entendre. Dans cette hypoth&egrave;se, le secret cesse d'&ecirc;tre un instrument de protection pour devenir un instrument d'effacement.</span></span></p><p><span><span>S'il offre une r&eacute;flexion discutable sur l'audiovisuel public, le rapport <i>Alloncle</i>&nbsp;peut d'abord &ecirc;tre critiqu&eacute; par les parlementaires qui ont particip&eacute; &agrave; ses travaux. Mais il aura aussi permis de susciter une autre r&eacute;flexion, sur d&eacute;bat d&eacute;mocratique.</span></span></p><p><br></p><ol>
<li><br></li></ol>]]></content>
	<updated>2026-04-27T17:56:33+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les Invités de LLC - Camille Sée - &quot;La femme n&#039;est pas née pour vivre dans un couvent&quot;</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui&nbsp;</span><span>ceux qui ont construit son socle&nbsp; philosophique, et qui ont particip&eacute; aux d&eacute;bats &agrave; l'origine des grandes lois protectrices des libert&eacute;s.&nbsp;</span><span>Les courts extraits qui sont propos&eacute;s n'ont pas d'autre objet que de susciter une r&eacute;flexion un peu d&eacute;tach&eacute;e des contingences de l'actualit&eacute;, et de donner envie de r&eacute;fl&eacute;chir aux &eacute;volutions du droit.&nbsp;</span></p><div><div><span>Les choix des textes ou citations sont purement subjectifs, d&eacute;tach&eacute;s de toute approche chronologique. Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.</span></div><div><span>&nbsp;</span></div><div><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs un extrait du discours de Camille S&eacute;e, prononc&eacute;e &agrave; la Chambre des d&eacute;put&eacute;s le 19 janvier 1880. Le 29 octobre 1878, il avait d&eacute;pos&eacute;e une proposition de loi relatif &agrave; l'enseignement secondaire des jeunes filles. Dans ce court extrait, il s'oppose notamment &agrave; Emile Keller,&nbsp; d&eacute;put&eacute; de Belfort, et repr&eacute;sentant du "parti cl&eacute;rical".</span></div><div><span><br></span></div></div><h2><span><span>Camille S&eacute;e</span><span><br></span></span></h2><h3><span>Discours &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale</span></h3><h3><span>"La femme n'est pas n&eacute;e&nbsp;</span></h3><h3><span>pour vivre dans un couvent"</span></h3><h3><span>19 janvier 1880</span></h3><div><span><br></span></div><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhGiru7f1WOUVyLtqB5r52MHR3tBItvpbY4YoP_K8VLXtmkd_rBQP_9ZuRbjlz6md4o4G0fLsvT_cUUL_joSNsA1khSntzmdDRFY1KXKYjWQiJtOPArR-WF2EmAoi8ozlOHM91j5p5cq_cUmt4QUIdYdcGErgDX1D-bBezv3f3YKdiRQs2vyiHaxYtnzSo/s1214/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-25%20a%CC%80%2020.01.04.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhGiru7f1WOUVyLtqB5r52MHR3tBItvpbY4YoP_K8VLXtmkd_rBQP_9ZuRbjlz6md4o4G0fLsvT_cUUL_joSNsA1khSntzmdDRFY1KXKYjWQiJtOPArR-WF2EmAoi8ozlOHM91j5p5cq_cUmt4QUIdYdcGErgDX1D-bBezv3f3YKdiRQs2vyiHaxYtnzSo/w241-h399/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-25%20a%CC%80%2020.01.04.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span></div><p>(...)</p><p><span>&laquo; Quoi qu&rsquo;il en soit, le p&egrave;re, quand il s&rsquo;agit de son fils, intervient. Le fils est envoy&eacute; au lyc&eacute;e ou au coll&egrave;ge ; et m&ecirc;me &agrave; ce point de vue il serait pu&eacute;ril de ne pas reconna&icirc;tre que l&rsquo;influence du p&egrave;re tend depuis quelques ann&eacute;es &agrave; s&rsquo;effacer de plus en plus devant l&rsquo;influence de la m&egrave;re. L&rsquo;enseignement la&iuml;que fl&eacute;chit au profit de l&rsquo;enseignement congr&eacute;ganiste.</span></p><p><span>Le p&egrave;re, quand il s&rsquo;agit de sa fille, se d&eacute;sint&eacute;resse de son &eacute;ducation, sous pr&eacute;texte que l&rsquo;&eacute;ducation de la fille appartient &agrave; la m&egrave;re. Non seulement il ne cherche pas &agrave; redresser les erreurs de la premi&egrave;re &eacute;ducation, mais il trouve naturel, comme on l&rsquo;a dit de ce c&ocirc;t&eacute; de la Chambre (L&rsquo;orateur indique le c&ocirc;t&eacute; droit), que sa fille soit &eacute;lev&eacute;e dans un couvent.</span></p><p><span>C&rsquo;est ainsi que, par une condescendance coupable, se perp&eacute;tue de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration un &eacute;tat de choses contraire et &agrave; la morale et &agrave; la loi sociale. La femme, malgr&eacute; ses instincts de soumission et de tendresse, vit &agrave; l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;adversaire dans la famille, de r&eacute;bellion dans la soci&eacute;t&eacute;. (Tr&egrave;s bien ! tr&egrave;s bien ! &agrave; gauche.) On lui a dit que le pr&ecirc;tre tenait son pouvoir de Dieu, que l&rsquo;homme devait tenir son pouvoir du pr&ecirc;tre, que le pouvoir civil devait &ecirc;tre soumis au pouvoir spirituel, et que toute soci&eacute;t&eacute; qui ne s&rsquo;inclinait pas devant cette loi &eacute;tait une soci&eacute;t&eacute; constitu&eacute;e en violation de toutes les lois et divines et humaines.</span></p><p><span>Voil&agrave; ce qu&rsquo;on lui a dit et voil&agrave; ce que, habitu&eacute;e &agrave; croire sans avoir ni le droit ni la facult&eacute; de discuter, elle a &eacute;rig&eacute; en principe infaillible.</span></p><p><span>Voil&agrave;, messieurs, ce qu&rsquo;a fait de la famille et de la soci&eacute;t&eacute; le clerg&eacute; et ce qu&rsquo;a produit la confusion de l&rsquo;&eacute;cole et de l&rsquo;Eglise.</span></p><p><span>L&rsquo;instruction, dans nos lois, a &eacute;t&eacute; syst&eacute;matiquement refus&eacute;e &agrave; la femme ; le l&eacute;gislateur a d&rsquo;abord pass&eacute; la femme sous silence, et quand, sous la pression de l&rsquo;opinion publique, il a d&ucirc; l&eacute;gif&eacute;rer en sa faveur, il s&rsquo;est born&eacute; &agrave; lui assurer l&rsquo;enseignement primaire ; un enseignement qui est termin&eacute; &agrave; douze ans, laissant aux arts d&rsquo;agr&eacute;ment et aux futilit&eacute;s de la mode cette riche p&eacute;riode intellectuelle de l&rsquo;adolescence o&ugrave; l&rsquo;&acirc;me re&ccedil;oit avec tant de facilit&eacute; et d&rsquo;avidit&eacute; les grandes notions g&eacute;n&eacute;rales de l&rsquo;art, de la philosophie et des lettres.</span></p><p><span>Ainsi la femme, c&rsquo;est-&agrave;-dire la moiti&eacute; de la France, &ndash; celle qui est appel&eacute;e &agrave; exercer le plus d&rsquo;influence sur l&rsquo;autre &ndash;, n&rsquo;est pas instruite.</span></p><p><span>Elle ne l&rsquo;est pas, parce que son ignorance est la condition m&ecirc;me du r&ocirc;le que le clerg&eacute; lui fait jouer, de l&rsquo;action qu&rsquo;il l&rsquo;appelle &agrave; exercer. Il ne veut pas qu&rsquo;elle soit instruite, parce qu&rsquo;instruite, elle &eacute;chapperait &agrave; sa direction et qu&rsquo;alors il ne pourrait plus, gr&acirc;ce &agrave; la complicit&eacute; de la femme, ni tenter d&rsquo;agir sur le mari, ni disposer de l&rsquo;instruction et de l&rsquo;&eacute;ducation des enfants. (Tr&egrave;s bien ! tr&egrave;s bien ! &agrave; gauche.) Ce que cet &eacute;tat de choses a produit, vous le voyez : il a jet&eacute; la division dans la famille, il tend &agrave; diviser de plus en plus la France en deux nations. Je dis qu&rsquo;il faut unifier la France, unifier la famille, faire l&rsquo;une &agrave; l&rsquo;image de l&rsquo;autre. C&rsquo;est &eacute;galement ce que veulent nos adversaires, cela est vrai ; mais ils veulent une France cl&eacute;ricale, et nous une France lib&eacute;rale. Ils asservissent, nous &eacute;mancipons. Ils veulent gouverner les femmes et par elles nous dominer ; nous voulons, au contraire, &eacute;clairer les femmes, les &eacute;lever jusqu&rsquo;&agrave; nous pour les &eacute;lever jusqu&rsquo;&agrave; la libert&eacute;. (Tr&egrave;s bien ! tr&egrave;s bien ! &agrave; gauche et sur plusieurs bancs au centre.)</span></p><p><span>La femme est une cr&eacute;ature humaine et, comme telle, responsable de ses actes ; la femme a sa personnalit&eacute; ; elle a droit, pour ces deux raisons, au d&eacute;veloppement de ses facult&eacute;s.</span></p><p><span>La femme n&rsquo;est pas n&eacute;e pour vivre dans un couvent de je ne sais quelle vie contemplative ou surnaturelle. Elle sera &eacute;pouse, elle sera m&egrave;re. (Marques nombreuses d&rsquo;adh&eacute;sion.)</span></p><p><span>Epouse, il faut qu&rsquo;elle puisse vivre de la vie de son mari, s&rsquo;int&eacute;resser &agrave; ses travaux, l&rsquo;encourager &laquo; , traverser avec lui la bonne comme la mauvaise fortune ; vivre avec lui en parfaite communaut&eacute; d&rsquo;esprit et de c&oelig;ur.</span></p><p><span>M&egrave;re, il faut qu&rsquo;elle puisse donner &agrave; son enfant, non seulement les premi&egrave;res notions de toutes choses mais encore une premi&egrave;re instruction, une premi&egrave;re &eacute;ducation, qui soient &agrave; la fois saines et fortes ; elle a droit, et comme &eacute;pouse et comme m&egrave;re, &agrave; une instruction solide et &eacute;lev&eacute;e.</span></p><p><span>La femme, &agrave; tous ces titres, a droit &agrave; l&rsquo;instruction, et la soci&eacute;t&eacute;, &agrave; tous ces titres, a le devoir de la lui assurer. (Tr&egrave;s bien ! tr&egrave;s bien ! &agrave; gauche et au centre.)</span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-04-25T18:02:23+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-04-25T18:02:23+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2026-04-22:/286008</id>
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	<title type="html">La CJUE et les &quot;valeurs européennes&quot;</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t Commission c. Hongrie rendu le 21 avril 2026 par la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (C...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoAeLe4Rk6SahCzHNwQnTIjrRFOVVbIsCcApASijKkRfiEsJtIwlVRQCi4J2wk70a8FsnlpJ1ZsO-xq9QmzJ0xf3XlsJkI2WlXx_n1v3x5ozzazE7mu24JMys9_m5qP0ovUo2gi-e3apTC-r_bvaPOvR7fdiHvUkpsdn_DzmWcGu-lpVf8jVfzUIZC8uo/s520/CJUE.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoAeLe4Rk6SahCzHNwQnTIjrRFOVVbIsCcApASijKkRfiEsJtIwlVRQCi4J2wk70a8FsnlpJ1ZsO-xq9QmzJ0xf3XlsJkI2WlXx_n1v3x5ozzazE7mu24JMys9_m5qP0ovUo2gi-e3apTC-r_bvaPOvR7fdiHvUkpsdn_DzmWcGu-lpVf8jVfzUIZC8uo/w262-h186/CJUE.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'a<a href="https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/document/C/2022/C-0769-22-00000000RD-01-P-01/ARRET/319509-FR-1-html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t <i>Commission c. Hongrie</i> rendu le 21 avril 2026 par la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE)</a> se r&eacute;f&egrave;re directement &agrave; la notion de "<i>valeurs europ&eacute;ennes</i>" pour censurer une l&eacute;gislation hongroise. En l'esp&egrave;ce, il s'agit d'une loi "<i>de protection de l'enfance"</i> de 2021. Derri&egrave;re ce pr&eacute;texte de la protection de l'enfance appara&icirc;t un texte &nbsp;qui interdit d'exposer les mineurs &agrave; tout contenu repr&eacute;sentant la sexualit&eacute; non h&eacute;t&eacute;rosexuelle comme une r&eacute;alit&eacute; ordinaire. L'homosexualit&eacute; et la transidentit&eacute; y sont pr&eacute;sent&eacute;es comme &eacute;tant aussi dangereuses que la p&eacute;dophilie.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Sur le fond, il n'est gu&egrave;re contestable que ce texte a un contenu discriminatoire qui pourrait parfaitement &ecirc;tre sanctionn&eacute; par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH). A ce stade, cette derni&egrave;re n'a pas encore statu&eacute; sur ce texte particulier mais elle s'est d&eacute;j&agrave; prononc&eacute;e sur des cas &agrave; peu pr&egrave;s semblables, notamment celui de la loi russe interdisant "<i>la promotion de l'homosexualit&eacute;</i>" aupr&egrave;s des mineurs. Cette formulation s'inscrit &eacute;videmment dans un syst&egrave;me juridique russe qui consid&egrave;re que toute mention de l'homosexualit&eacute; dissimule la promotion d'une pratique ill&eacute;gale. Dans un <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-174422" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Bayev c. Russie</i> du 20 juin 2017</a>, elle la sanctionne comme portant atteinte &agrave; la libert&eacute; d'expression prot&eacute;g&eacute;e par l'article 10 de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme et au principe de non-discrimination garanti par son article 14. D'autres d&eacute;cisions prot&egrave;gent la libert&eacute; de l'orientation sexuelle.</span></p><p><span>Ce n'est donc pas le sens de la d&eacute;cision qui justifie l'intervention de l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de la CJUE le 21 avril 2026. On sait que cette formation est comp&eacute;tente pour statuer sur les affaires qui pr&eacute;sentent un int&eacute;r&ecirc;t exceptionnel, susceptible d'avoir une influence tr&egrave;s importante sur le droit de l'Union.&nbsp;</span></p><p><span>Tel est le cas en l'esp&egrave;ce, car la d&eacute;cision donne une interpr&eacute;tation de l'article 2 du trait&eacute; sur l'Union europ&eacute;enne (TUE) qui est utilis&eacute; comme fondement direct de la d&eacute;cision. Les valeurs de l'Union ne sont pas seulement un objectif &agrave; atteindre, mais constituent des principes juridiques qui&nbsp;fondent les d&eacute;cisions de la CJUE.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><div><br></div><br><p></p><p><span><span>Madame Simone, Will Tuckett</span></span></p><p><span><span>La fille mal gard&eacute;e, Royal Ballet</span></span></p><p><span><span>. Musique de Herold</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'article 2 TUE</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L<a href="https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:2bf140bf-a3f8-4ab2-b506-fd71826e6da6.0002.02/DOC_1&amp;format=PDF" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article 2 TUE</a>&nbsp;est ainsi r&eacute;dig&eacute; :</span></p><blockquote><p><i><span>L'Union est fond&eacute;e sur les valeurs de respect de la dignit&eacute; humaine, de libert&eacute;, de d&eacute;mocratie, d'&eacute;galit&eacute;, de l'&Eacute;tat de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant &agrave; des minorit&eacute;s. Ces valeurs sont communes aux &Eacute;tats membres dans une soci&eacute;t&eacute; caract&eacute;ris&eacute;e par le pluralisme, la non-discrimination, la tol&eacute;rance, la justice, la solidarit&eacute; et l'&eacute;galit&eacute; entre les femmes et les hommes.</span></i></p></blockquote><p><span><span>Ces dispositions sont compl&eacute;t&eacute;es par les articles 6 et 7 du m&ecirc;me trait&eacute;. L'un affirme que les droits figurant dans la Charte des droits fondamentaux font partie du droit de l'Union, l'autre&nbsp;</span><span>organise la proc&eacute;dure politique de constatation d&rsquo;un risque clair de violation grave de ces valeurs par un &Eacute;tat membre.&nbsp;</span></span></p><p><span>L'article 2 pr&eacute;cise le contenu des "valeurs" en dressant une liste de principes, dignit&eacute;, libert&eacute;, d&eacute;mocratie, &eacute;galit&eacute;, auxquels il faut ajouter l"&Eacute;tat de droit et les droits de l'homme. En clair, toutes les libert&eacute;s consacr&eacute;es dans la Charte europ&eacute;enne ont vocation &agrave; &ecirc;tre rattach&eacute;es aux "valeurs" de l'Union.</span></p><p><span><span>La jurisprudence de la CJUE montre qu'elle a d&eacute;j&agrave; invoqu&eacute; ces "valeurs". L'<a href="https://vifa-recht.de/Associa%C3%A7%C3%A3o%20Sindical%20dos%20Ju%C3%ADzes%20Portugueses" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 27 f&eacute;vrier 2018&nbsp;</a></span><span><span><i><a href="https://vifa-recht.de/Associa%C3%A7%C3%A3o%20Sindical%20dos%20Ju%C3%ADzes%20Portugueses" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Associa&ccedil;&atilde;o Sindical dos Ju&iacute;zes Portugueses</a></i></span>&nbsp;rattache ainsi directement &agrave; l'article 2 le principe de l'ind&eacute;pendance judiciaire. Il en est logiquement de m&ecirc;me des garanties statutaires dont doivent b&eacute;n&eacute;ficier les magistrats avec la <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62018CJ0619" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Commission c. Pologne</i> du 24 juin 2019</a>&nbsp;.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>D&eacute;passer le recours en manquement</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span><span>La loi hongroise "protection de l'enfance" pouvait parfaitement &ecirc;tre mise en cause sur le fondement de l'article 2, notamment au regard du principe d'&eacute;galit&eacute; et de la protection des minorit&eacute;s. Bien entendu, l'arr&ecirc;t de la CJUE cite &eacute;galement des fondements juridiques issus du droit d&eacute;riv&eacute;, en particulier les textes relatifs &agrave; la circulation de l'information et R&egrave;glement g&eacute;n&eacute;ral de protection des donn&eacute;es (RGPD).</span></span></p><p><span>La CJUE aurait donc pu sanctionner la Hongrie sur la base d'un recours en manquement, mais elle a d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment choisi d'aller plus loin en affirmant que ces "valeurs europ&eacute;ennes" sont un socle commun sur lequel repose l'Union elle-m&ecirc;me et dont les &Eacute;tats membres ne sauraient s'affranchir. Elle entend pr&eacute;cis&eacute;ment que ces "valeurs" ne rel&egrave;vent pas seulement d'un engagement des &Eacute;tats. Elles s'analysent comme des normes juridiques qui seraient sans doute appel&eacute;es "principes" dans d'autres syst&egrave;mes. Elles sont donc invocables dans les contentieux et, d'une certaine mani&egrave;re, la d&eacute;cision invite les requ&eacute;rants et les juges internes &agrave; s'y r&eacute;f&eacute;rer.</span></p><p><span>Les &Eacute;tats membres ne s'y sont pas tromp&eacute;s, et seize d'entre eux sont intervenus &agrave; l'instance. On observe tout de m&ecirc;me que, jusqu'&agrave; maintenant, les juridictions internes, au moins en France, n'utilisent pas la notion de "valeurs europ&eacute;ennes", sans doute parce qu'elle pourrait permettre de sanctionner non pas une norme, mais une politique enti&egrave;re.&nbsp;</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel comme le Conseil d'&Eacute;tat et la Cour de cassation mobilisent plut&ocirc;t la dignit&eacute;, l'&eacute;galit&eacute; ou le principe de non-discrimination, sans oublier &eacute;videmment la libert&eacute; d'expression. Ces notions ont fait leurs preuves comme instruments de protection des droits et libert&eacute;s, et il faut bien reconna&icirc;tre que les "valeurs europ&eacute;ennes" n'apportent pas de protection suppl&eacute;mentaire. Comme souvent en droit de l'Union, l'importance de la d&eacute;cision, accentu&eacute;e par la CJUE elle-m&ecirc;me et son choix de statuer en assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re, est &eacute;valu&eacute;e &agrave; l'aune de l'affirmation d'un espace juridique commun.&nbsp;</span></p><p><span>Il ne fait aucun doute que l'arr&ecirc;t sera critiqu&eacute; comme "europ&eacute;isme" par certains. Le plus grave est qu'ils trouveront aussi quelques &eacute;l&eacute;ments de langage dans la lecture de l'arr&ecirc;t.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les "personnes cisgenres"</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>C'est ainsi que la d&eacute;cision se r&eacute;f&egrave;re ainsi, &agrave; plusieurs reprises, &agrave; la discrimination des "<i>personnes non cisgenres et non h&eacute;t&eacute;rosexuelles</i>". Or la notion de personnes "cisgenres" ne se trouve pas dans la jurisprudence classique de la CJUE, si ce n'est quelquefois dans les moyens d&eacute;velopp&eacute;s par les parties, <a href="https://www.revuegeneraledudroit.eu/blog/decisions/cjue-26-juin-2018-mb-c-451-16/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ou parfois par l'avocat g&eacute;n&eacute;ral.</a>&nbsp;Jusqu'&agrave; aujourd'hui, la CJUE utilisait surtout les notions de sexe, d'orientation sexuelle, d'identit&eacute; de genre, de changement de sexe etc. Ces notions ont un contenu juridique, sp&eacute;cifiquement rattach&eacute; au vocabulaire de la discrimination. La notion de "personne cisgenre" rel&egrave;ve plut&ocirc;t du vocabulaire sociologique.&nbsp;Il vise en effet la perception de la personne qui n'est pas transgenre et qui se reconna&icirc;t dans le sexe qui lui a &eacute;t&eacute; attribu&eacute; &agrave; la naissance. Aujourd'hui, la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la "personne cisgenre" rel&egrave;ve aussi du vocabulaire militant qui vise tout simplement &agrave; affirmer le droit &agrave; la diff&eacute;rence ce qui, somme toute, est d'une grande banalit&eacute;.</span></p><p><span>Quoi qu'il en soit, ce vocabulaire surprend un peu, venant de la CJUE. Ce petit travers risque de lui co&ucirc;ter cher. Ses opposants ne manqueront pas de se saisir de cet usage d'une terminologie bien peu juridique. L'amalgame devient alors tr&egrave;s facile et certains ne manqueront pas d'affirmer que les "valeurs europ&eacute;ennes" sont les valeurs du "wokisme". Ce n'est pas ce que dit la Cour, mais c'est ce que diront les commentateurs, &eacute;videmment.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-04-22T19:03:39+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Perquisition à l&#039;Elysée : La Justice mise  à la porte</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 14 avril 2026, dans le cadre d'une enqu&ecirc;te sur l&rsquo;attribution de march&eacute;s li&eacute;s &agrave; des c&eacute;r&eacute;monies pr&eacute;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><span><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPnfSQ-enxU3-dHcgSCVDRBN174YEXVFOqj84DOUDUTJU7RCJm3Md5tUWnBzmEN_i3PVl19ArCjJpSEC_NXwZUCmp30vCrTQNLIJuVuLMk2FFLF1EES1YrBr67mi2aQgQRLVLHeoFjpVav7MHANmVIwDEwUPmivroLTXjJSP9FjQebIHs5d1OhtJm8JtQ/s261/Elyse%CC%81e@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPnfSQ-enxU3-dHcgSCVDRBN174YEXVFOqj84DOUDUTJU7RCJm3Md5tUWnBzmEN_i3PVl19ArCjJpSEC_NXwZUCmp30vCrTQNLIJuVuLMk2FFLF1EES1YrBr67mi2aQgQRLVLHeoFjpVav7MHANmVIwDEwUPmivroLTXjJSP9FjQebIHs5d1OhtJm8JtQ/s1600/Elyse%CC%81e@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br>Le 14 avril 2026, dans le cadre d'une enqu&ecirc;te sur l&rsquo;attribution de march&eacute;s li&eacute;s &agrave; des c&eacute;r&eacute;monies pr&eacute;sidentielles et notamment &agrave; des panth&eacute;onisations, des magistrats du Parquet national financier (PNF) ont ordonn&eacute; une perquisition &agrave; l'&Eacute;lys&eacute;e. Selon les informations publi&eacute;es, les juges se sont vu refuser l'acc&egrave;s aux services de la pr&eacute;sidence. Pour justifier ce refus, l'&Eacute;lys&eacute;e invoque l'article 67 de la constitution. Le raisonnement est simple, pour ne pas dire simpliste, l'inviolabilit&eacute; du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique entrainerait celle des locaux de la Pr&eacute;sidence.</span></div><p></p><p></p><div><br></div><div><br></div><div>H&eacute;las, pour une fois qu'une analyse juridique semble simple, elle est fausse.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>L'inviolabilit&eacute;, un privil&egrave;ge de juridiction</span></h3><div><br></div><div>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527561/2020-11-29" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 67 de la constitution</a> se borne affirme que "le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualit&eacute;". Les seules exceptions &agrave; ce principe sont l'&eacute;ventuelle comp&eacute;tence de la CPI mentionn&eacute;e dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527536/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 53-2</a>, ou l'hypoth&egrave;se de la destitution par la Haute Cour pr&eacute;vue par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527564/2020-10-05" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 68</a>. En dehors de ces cas, le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, "durant son mandat", "ne peut &ecirc;tre requis de t&eacute;moigner devant aucune juridiction ni faire l'objet d'une action, d'un acte d'instruction ou de poursuite". L'article 67 pr&eacute;cise que le d&eacute;lai de prescription ou de forclusion est suspendu durant son mandat, et que des instances ou proc&eacute;dures pourront &ecirc;tre reprises &agrave; l'issue d'un d&eacute;lai d'un mois apr&egrave;s la fin des fonctions.</div><div><br></div><div>Le principe d'irresponsabilit&eacute; a pour finalit&eacute; de sanctuariser la fonction pr&eacute;sidentielle pendant la dur&eacute;e du mandat. Il s'accompagne logiquement d'une inviolabilit&eacute; qui n'est rien d'autre qu'un privil&egrave;ge de juridiction. Deux &eacute;l&eacute;ments le d&eacute;montrent. D'une part, s'il a commis un acte grave constituant un manquement aux devoirs de sa fonction, il peut toujours &ecirc;tre poursuivi devant la Haute Cour. D'autre part, les poursuites peuvent &ecirc;tre engag&eacute;es apr&egrave;s la fin de son mandat. Nicolas Sarkozy en est la preuve vivante, r&eacute;guli&egrave;rement poursuivi devant le tribunal correctionnel pour des faits commis durant ses fonctions pr&eacute;sidentielles.</div><div><br></div><div>L'inviolabilit&eacute; prot&egrave;ge ainsi la fonction pr&eacute;sidentielle, mais la constitution ne dit nulle part qu'elle s'&eacute;tend aux collaborateurs du pr&eacute;sident, ni d'ailleurs aux locaux qu'ils occupent.</div><div><br></div><div><br></div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnkd1l8OzsCPu1yQrvWHdmjl6MU0Y2Iik7zaQVX3aNIzYRhzRK62ffAcYJzfK-aBQPqTkhxJR26g3Xp2_XW0Z8-qhoNkm8LwSsK0STcJI6v-kiP5Tby2WgOHJh50IB5vt3p6kC_sBd2rg6o_TzvYYfIwFHa3dw7APslQMT2ebSERscRJYi7IYn9u6Gkr0/s1788/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-19%20a%CC%80%2019.31.51.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgnkd1l8OzsCPu1yQrvWHdmjl6MU0Y2Iik7zaQVX3aNIzYRhzRK62ffAcYJzfK-aBQPqTkhxJR26g3Xp2_XW0Z8-qhoNkm8LwSsK0STcJI6v-kiP5Tby2WgOHJh50IB5vt3p6kC_sBd2rg6o_TzvYYfIwFHa3dw7APslQMT2ebSERscRJYi7IYn9u6Gkr0/w543-h493/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-19%20a%CC%80%2019.31.51.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><br></div><div><span>Tentative de perquisition &agrave; l'Elys&eacute;e</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Si&egrave;ge de Brest, 1386</span></div><div><span>Chroniques de Jean Froissart circa 1400</span></div><div><br></div><h3><span>Les collaborateurs de la Pr&eacute;sidence</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>La jurisprudence l'affirme clairement. Dans un premier temps, le Conseil constitutionnel, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1999/98408DC.htm" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;cision du 22 janvier 1999</a>, et la Cour de cassation, dans l'<a href="https://www.courdecassation.fr/decision/60793b359ba5988459c3c42d" rel="noopener noreferrer" target="_blank">arr&ecirc;t </a><a href="https://www.courdecassation.fr/decision/60793b359ba5988459c3c42d" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Breisacher </a><a href="https://www.courdecassation.fr/decision/60793b359ba5988459c3c42d" rel="noopener noreferrer" target="_blank">rendu par l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re le 10 octobre 2001</a>, ont affirm&eacute; le caract&egrave;re purement personnel du privil&egrave;ge de juridiction dont b&eacute;n&eacute;ficie le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. A l'&eacute;poque, l'audition comme t&eacute;moin de Jacques Chirac pour des faits li&eacute;s &agrave; l'attribution de march&eacute;s de la ville de Paris &eacute;tait donc &eacute;cart&eacute;e.</div><div><br></div><div><br></div><div>Par la suite, la Cour de cassation, dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000026813711/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">un arr&ecirc;t du 19 d&eacute;cembre 2012</a>, qui casse une d&eacute;cision de la Chambre de l'instruction intervenue dans l'affaire des sondages de l'&Eacute;lys&eacute;e. Particuli&egrave;rement bienveillante, la Chambre de l'instruction avait consid&eacute;r&eacute; que le statut p&eacute;nal du chef de l'Etat et la protection dont il b&eacute;n&eacute;ficiait s'&eacute;tendaient &agrave; ses collaborateurs, et notamment &agrave; son directeur de cabinet qui avait sign&eacute; les march&eacute;s. Mais la Cour de cassation r&eacute;fute cette analyse et affirme que "aucune disposition constitutionnelle, l&eacute;gale ou conventionnelle ne pr&eacute;voit l'immunit&eacute; ou l'irresponsabilit&eacute; p&eacute;nale des membres du cabinet du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique".</div><div><br></div><div>La jurisprudence &eacute;carte donc clairement la th&egrave;se selon laquelle le personnel de l'Elys&eacute;e b&eacute;n&eacute;ficierait, par une sorte de capillarit&eacute;, du statut d'inviolabilit&eacute; du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.</div><div><br></div><div>D&egrave;s lors que ces collaborateurs ne b&eacute;n&eacute;ficient d'aucun statut protecteur, il est &eacute;vident qu'ils peuvent, conform&eacute;ment au droit commun, faire l'objet d'une perquisition sur leur lieu de travail.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Les pr&eacute;c&eacute;dents</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>La pratique a d'ailleurs &eacute;volu&eacute; avec la jurisprudence. Dans un premier temps, les juges ont affirm&eacute; leur comp&eacute;tence. En 2007, dans l'enqu&ecirc;te sur le d&eacute;c&egrave;s du magistrat Bernard Borrel &agrave; Djibouti, un juge d'instruction s'est pr&eacute;sent&eacute; &agrave; l'Elys&eacute;e. Il ne souhaitait pas visiter le bureau du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, mais perquisitionner la cellule Afrique et le bureau du conseiller diplomatique de Jacques Chirac. L'acc&egrave;s lui a &eacute;t&eacute; s&egrave;chement refus&eacute; au nom du statut pr&eacute;sidentiel. L'affaire n'a pas eu de suites, et la mort du juge Borrel n'est toujours pas &eacute;lucid&eacute;e. Elle a au moins permis &agrave; la Justice de montrer qu'elle conteste l'interpr&eacute;tation extensive du principe d'inviolabilit&eacute;.</div><div><br></div><div>L'affaire Benalla, en 2018, intervient apr&egrave;s l'arr&ecirc;t de 2012. Apr&egrave;s les violences des manifestations du 1er mai, Alexandre Benalla, collaborateur du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, a &eacute;t&eacute; mis en cause. Dans le cadre de l'enqu&ecirc;te pr&eacute;liminaire, des enqu&ecirc;teurs se sont rendus &agrave; l'&Eacute;lys&eacute;e et ils ont pu perquisitionner son bureau. Il ne s'agissait &eacute;videmment pas d'une fouille enti&egrave;re du Palais de l'Elys&eacute;e mais d'une visite cibl&eacute;e concernant un collaborateur pr&eacute;cis&eacute;ment nomm&eacute;.</div><div><br></div><div>Les bureaux des collaborateurs ne sont donc pas &agrave; l'abri des investigations de la justice. Cette analyse s'inscrit dans la ligne de la jurisprudence constitutionnelle issue d'une affaire tr&egrave;s proche. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000020933025/2011-09-01#LEGIARTI000020933025" rel="noopener noreferrer" target="_blank">loi de programmation militaire (LPM) du 29 juillet 2009</a> avait eu l'id&eacute;e &eacute;trange de de permettre la classification secret d&eacute;fense, non plus de documents, mais de b&acirc;timents entiers. Il aurait alors &eacute;t&eacute; facile de classer l'Elys&eacute;e secret d&eacute;fense pour le mettre &agrave; l'abri de toute perquisition. Mais le Conseil constitutionnel, dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2011/2011192QPC.htm" rel="noopener noreferrer" target="_blank">QPC du 10 novembre 2011</a>, a estim&eacute; disproportionn&eacute;e une disposition l&eacute;gislative qui visait &agrave; soustraire une "zone g&eacute;ographique" aux pouvoirs d'investigation de l'autorit&eacute; judiciaire. Mutatis mutandis, le raisonnement pourrait &ecirc;tre identique pour appr&eacute;cier l'interpr&eacute;tation trop large donn&eacute;e &agrave; l'inviolabilit&eacute; du pr&eacute;sident, si seulement il y avait un texte l&eacute;gislatif susceptible d'&ecirc;tre d&eacute;f&eacute;r&eacute; au Conseil.</div><div><br></div><div>Le plus surprenant dans cette affaire r&eacute;side pr&eacute;cis&eacute;ment dans le fait qu'elle ne soul&egrave;ve pas vraiment de probl&egrave;me juridique. Le texte de la Constitution, la jurisprudence du Conseil constitutionnel et de la cour de cassation, tout le droit positif va dans le m&ecirc;me sens. Il est d&eacute;sormais &eacute;vidence que le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique ne peut &eacute;tendre son inviolabilit&eacute; &agrave; ses collaborateurs et aux locaux qui les abritent. Il suffit donc aux juges de pr&eacute;ciser le champ de leur perquisition pour qu'elle soit licite.</div><div><br></div><div>Mais tout cela n'emp&ecirc;che pas le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique de s'opposer &agrave; toute perquisition dans ses services. Auraient-ils quelque chose &agrave; cacher ? C'est &eacute;videmment la question que doit se poser l'opinion face &agrave; ces affirmations d&eacute;pourvues de tout fondement juridique. Mais elle devrait aussi s'interroger s&eacute;rieusement sur un pr&eacute;sident qui couvre, voire encourage, la violation de la Constitution qu'il a pour mission de d&eacute;fendre...</div><p></p><div><span><br></span></div><div><span><div><span><b>Les perquisitions</b> :&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;chapitre 8 section 3 &sect; 2</span></div><div><span><br></span></div></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><p></p>      <p></p> <br>]]></content>
	<updated>2026-04-19T18:10:34+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le droit à l&#039;hébergement d&#039;urgence, droit opposable ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'ordonnance rendue par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat le 31 mars 2026 confirme l'injonction ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj53CYbLSvueWC6BV4spUkDC8PCIGre1pUhCx_3OKm4TUBlXVOSwWYDoqp_691YAAXzDcA3slYHmcAbUgbG9kbFMAXrwP6QnWgSKNjQiIBAu3m7tr_136BZkHcjWm5DsGLGVRBb7DtVKV4RU1R-2z9mJ_X0R8as7gSQn-sClMRknNNiOY9DybKU4xSzrgs/s250/Logement@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj53CYbLSvueWC6BV4spUkDC8PCIGre1pUhCx_3OKm4TUBlXVOSwWYDoqp_691YAAXzDcA3slYHmcAbUgbG9kbFMAXrwP6QnWgSKNjQiIBAu3m7tr_136BZkHcjWm5DsGLGVRBb7DtVKV4RU1R-2z9mJ_X0R8as7gSQn-sClMRknNNiOY9DybKU4xSzrgs/w225-h168/Logement@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-03-31/513791" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance rendue par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat le 31 mars 2026</a> confirme l'injonction donn&eacute;e par celui du tribunal administratif de Marseille le 3 mars pr&eacute;c&eacute;dent. Elle enjoint au d&eacute;partement des Bouches-du-Rh&ocirc;ne de trouver un h&eacute;bergement d'urgence &agrave; une famille monoparentale constitu&eacute;e d'une femme et de ses deux enfants, l'un de deux ans et l'autre de quatre ans, atteint d'une grave maladie.&nbsp;</div></span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un droit de prestation</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Cette d&eacute;cision s'inscrit dans une jurisprudence d&eacute;sormais relativement &eacute;tay&eacute;e en mati&egrave;re de droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence. Son fondement se trouve dans le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037670338/2022-04-14" target="_blank" rel="noopener noreferrer">code de l'action sociale et des familles (CASF), dont l'article L 345-2-2 </a>&nbsp;qui &eacute;nonce que "<em>toute personne sans abri en situation de d&eacute;tresse m&eacute;dicale, psychique ou sociale a acc&egrave;s, &agrave; tout moment, &agrave; un dispositif d&rsquo;h&eacute;bergement d&rsquo;urgence".&nbsp;</em><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000020459026" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L&rsquo;article&nbsp;<span>L. 345-2-3</span>&nbsp;</a>ajoute que la personne accueillie dans un lieu d'h&eacute;bergement d'urgence doit pouvoir y demeurer jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;une orientation adapt&eacute;e lui soit propos&eacute;e, soit vers une structure d'h&eacute;bergement stable, soit vers un logement adapt&eacute; &agrave; sa situation.</span></p><p><span>Ces dispositions montrent qu'il ne s'agit pas seulement d'affirmer une politique publique, mais aussi de cr&eacute;er une v&eacute;ritable obligation d'accueil sous la responsabilit&eacute; du d&eacute;partement. Elle est confirm&eacute;e par le Conseil d'&Eacute;tat qui, depuis une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000026352781/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 10 f&eacute;vrier 2012 <i>ministre de l'Int&eacute;rieur c. Fofana</i>,</a> estime que le droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence compte au nombre des libert&eacute;s fondamentales susceptibles de donner lieu &agrave; un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449327" target="_blank" rel="noopener noreferrer">r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute;</a>. A partir de cette d&eacute;cision, un droit social, longtemps consid&eacute;r&eacute; comme d&eacute;claratoire, devient opposable en quarante-huit heures, par un recours devant le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s.&nbsp;</span></p><p><span>L'ordonnance du 31 mars 2026 n'est pas la premi&egrave;re intervenue dans ce domaine. <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2023/01/droit-lhebergement-durgence-et-interet.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le 16 janvier 2023, le m&ecirc;me juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;ta</a>t avait d&eacute;j&agrave; estim&eacute; que l'absence d'h&eacute;bergement d'urgence pouvait constituer "<i>une carence caract&eacute;ris&eacute;e de la mission confi&eacute;e &agrave; l'&Eacute;tat"</i>. Il s'agissait alors d'une famille laiss&eacute;e dans la rue, en pleine p&eacute;riode hivernale, avec un enfant de cinq mois.</span></p><p><span>M&ecirc;me reconnu comme une libert&eacute; fondamentale, le droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence n'implique cependant pas l'automaticit&eacute; de l'injonction. Le juge examine en effet la situation concr&egrave;te de la famille, notamment l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur des enfants, la continuit&eacute; de leur scolarisation et, comme c'est le cas en l'esp&egrave;ce, leur &eacute;tat de sant&eacute;.</span></p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhi3NQP6P1Ckg2Z-bSxuPmoxLKgKR98ezaMlpIlD0vlOccyl_87yRV4E281stgXcXOdjLs2IUHCuQOF6gG-ps3BXlgUNIYKfWh0WPrbcgMR2qpYroTV6rHgxuQ6ysyG-V18r7tboGQ0xvN8BNatG99seX-Ibv8vmM1xtR9FLXwq-a-Fd2q4JZsne48sbH8/s1396/Pauvrete%CC%81%20Cabu.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhi3NQP6P1Ckg2Z-bSxuPmoxLKgKR98ezaMlpIlD0vlOccyl_87yRV4E281stgXcXOdjLs2IUHCuQOF6gG-ps3BXlgUNIYKfWh0WPrbcgMR2qpYroTV6rHgxuQ6ysyG-V18r7tboGQ0xvN8BNatG99seX-Ibv8vmM1xtR9FLXwq-a-Fd2q4JZsne48sbH8/w464-h467/Pauvrete%CC%81%20Cabu.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Cabu, circa 1980</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'absence de fondement constitutionnel</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence, en tant que tel, n'a pas de fondement constitutionnel. Certes, le Conseil constitutionnel affirme, dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1995/94359DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 19 janvier 1995, </a>que la "<i>possibilit&eacute; de toute personne de disposer d'un logement d&eacute;cent est un objectif de valeur constitutionnelle</i>". A l'appui, il cite le <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Pr&eacute;ambule de 1946</a> qui affirme que "<i>la Nation assure &agrave; l'individu et &agrave; la famille les conditions n&eacute;cessaires &agrave; leur d&eacute;veloppement</i>" et qui consacre en m&ecirc;me temps le principe de dignit&eacute; de la personne humaine. La formulation est donc claire et le Conseil ne consacre pas un droit, encore moins un droit opposable. L'objectif constitutionnel qu'il &eacute;nonce se borne &agrave; contraindre les pouvoirs publics &agrave; mettre en oeuvre une politique d'aide au logement, sans imposer une obligation de r&eacute;sultat. Encore faut-il pr&eacute;ciser que cette d&eacute;cision de 1995 est demeur&eacute;e isol&eacute;e, sans doute parce qu'elle a fait l'objet de critiques. Le Conseil ne donne en effet aucune pr&eacute;cision sur les crit&egrave;res transformant un logement pas d&eacute;cent en logement d&eacute;cent. Les commentateurs se sont interrog&eacute;s sur le nombre de m&egrave;tres carr&eacute;s n&eacute;cessaires par habitant du logement et le confort susceptible d'&ecirc;tre exig&eacute;.</span></p><p><span>Certes, on pourrait peut-&ecirc;tre faire reposer ce droit sur le principe de dignit&eacute; de la personne humaine, qui a &eacute;t&eacute; consacr&eacute; comme ayant valeur constitutionnelle depuis la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1994/94343_344DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 27 juillet 1994</a> sur la premi&egrave;re loi bio&eacute;thique. Mais le Conseil ne s'y est jamais formellement r&eacute;f&eacute;r&eacute; pour consacrer un droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La CEDH, la dignit&eacute; et la vie priv&eacute;e</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) ne consacre pas non plus express&eacute;ment de droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence. En revanche, l'article 3 prot&eacute;geant le principe de dignit&eacute; de la personne et l'article 8 garantissant un droit &agrave; la vie priv&eacute;e et familiale sont r&eacute;guli&egrave;rement invoqu&eacute;s pour sanctionner la pr&eacute;carit&eacute; des conditions de vie de certaines personnes d&eacute;favoris&eacute;es.&nbsp;</span></p><p><span>Dans l<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-103293" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'arr&ecirc;t <i>M. S. S. c. Belgique et Gr&egrave;ce </i>du 21 janvier 2011, la Grande Chambre de la CEDH</a> estime ainsi que les conditions d'extr&ecirc;me pr&eacute;carit&eacute; dans lesquelles vit un demandeur d'asile s'analysent comme un traitement inhumain ou d&eacute;gradant au sens de l'article 3 de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme. La <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-249528" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 9 avril 2026, <i>M. V. et autres c. Belgique</i></a> applique cette jurisprudence &agrave; des demandeurs d'asile qui ont v&eacute;cu dans la rue pendant plusieurs mois.</span></p><p><span>M&ecirc;me si elle ne consacre pas formellement un droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence, la CEDH, comme le juge fran&ccedil;ais, s'efforce d'appr&eacute;hender la situation dans son contexte. Elle aussi, notamment dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-147608" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Tarakhel c. Suisse</i> du 4 novembre 2014</a>&nbsp;,insiste sur les obligations positives de l'&Eacute;tat pour garantir la protection des personnes les plus vuln&eacute;rables, la pr&eacute;sence d'enfants lui imposant une attention particuli&egrave;re.</span></p><p><span>L'ordonnance rendue par le Conseil d'&Eacute;tat le 31 mars 2026 semble ainsi reposer sur une apparente contradiction. On constate d'abord que les fondements constitutionnels et conventionnels du droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence demeurent fragiles et qu'il n'a pas donn&eacute; lieu &agrave; une cons&eacute;cration sp&eacute;cifique. M&ecirc;me le droit fran&ccedil;ais le consid&egrave;re certes comme une libert&eacute; fondamentale, mais dans le seul cas o&ugrave; est d&eacute;pos&eacute; un r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute;. En revanche et malgr&eacute; ces incertitudes de fond, la lecture de l'ordonnance t&eacute;moigne, sur le plan de la mise en oeuvre de ce droit, d'une certaine maturit&eacute; contentieuse. Les juges europ&eacute;ens et internes en exigent le respect en se fondant sur les n&eacute;cessit&eacute;s de la protection des personnes les plus vuln&eacute;rables, en quelque sorte au cas par cas.</span></p><p><span>Les raisons de cette timidit&eacute; doivent &ecirc;tre recherch&eacute;es dans les difficult&eacute;s de mise en oeuvre. Nul n'ignore, et surtout pas les juges, que la pr&eacute;carit&eacute; et la grande pauvret&eacute; sont d&eacute;sormais une r&eacute;alit&eacute; quotidienne et qu'il est malheureusement impossible d'offrir un h&eacute;bergement &agrave; toutes les personnes qui&nbsp; en sont victimes et qui vivent dans la rue. De fait, le droit &agrave; l'h&eacute;bergement d'urgence ne concerne finalement que les plus pr&eacute;caires, en particulier les familles accompagn&eacute;es d'enfants. In fine, on peut penser que le droit positif, dans sa grande sagesse, a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; ne pas consacrer formellement un droit qu'il ne peut faire respecter qu'au seul profit d'un tout petit nombre de b&eacute;n&eacute;ficiaires.</span></p><p><br></p><section dir="auto"><div><div><div></div><div><div></div></div></div></div></section>]]></content>
	<updated>2026-04-16T15:45:19+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les citations de la LLC : Tocqueville - Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Alexis de Tocqueville - De la d&eacute;mocratie en Am&eacute;riqueDeuxi&egrave;me partie, Livre IV, Chaptre VI&nbsp;Quell...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<h2><span>Alexis de Tocqueville - De la d&eacute;mocratie en Am&eacute;rique</span></h2><p><span>Deuxi&egrave;me partie, Livre IV, Chaptre VI&nbsp;</span></p><p><span>Quelle esp&egrave;ce de despotisme les nations d&eacute;mocratiques ont &agrave; craindre</span></p><p><span><br></span></p><p><span>Pl&eacute;iade, t. II, p. 836</span></p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoKI5yYPIHFFnO3qDohV1qKnIKArJCTi9nv8j7yaTONKxN1PBd2zj_g7r2QNJKwfxu84mEMhXOPdONYUjpzFinfUWRwNkKnzFGb4kr-ICSw8y-G8uUxdYDfhhGtvt2FCM7NsbtZzbMIPiXRG7F4WikQLCa6pv650muC8MQf2JxI08yyVgv5wJX7oBnx3M/s666/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-13%20a%CC%80%2015.25.35.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoKI5yYPIHFFnO3qDohV1qKnIKArJCTi9nv8j7yaTONKxN1PBd2zj_g7r2QNJKwfxu84mEMhXOPdONYUjpzFinfUWRwNkKnzFGb4kr-ICSw8y-G8uUxdYDfhhGtvt2FCM7NsbtZzbMIPiXRG7F4WikQLCa6pv650muC8MQf2JxI08yyVgv5wJX7oBnx3M/w297-h406/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-13%20a%CC%80%2015.25.35.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><br></p><p></p><div><span>&laquo; Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d&rsquo;hommes semblables et &eacute;gaux qui tournent sans repos sur eux-m&ecirc;mes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur &acirc;me.</span></div><div><span>Au-dessus de ceux-l&agrave; s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve un pouvoir immense et tut&eacute;laire, qui se charge seul d&rsquo;assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, d&eacute;taill&eacute;, r&eacute;gulier, pr&eacute;voyant et doux.</span></div><div><span>[&hellip;]</span></div><div><span>Apr&egrave;s avoir pris ainsi tour &agrave; tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l&rsquo;avoir p&eacute;tri &agrave; sa guise, le souverain &eacute;tend ses bras sur la soci&eacute;t&eacute; tout enti&egrave;re ; il en couvre la surface d&rsquo;un r&eacute;seau de petites r&egrave;gles compliqu&eacute;es, minutieuses et uniformes, &agrave; travers lesquelles les esprits les plus originaux et les &acirc;mes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour d&eacute;passer la foule ; il ne brise pas les volont&eacute;s, mais il les amollit, les plie et les dirige. &raquo;</span></div><p></p><p>


</p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-04-13T13:27:01+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le projet de loi SURE, ou le taylorisme en matière criminelle</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le projet de loi relatif &agrave; la justice criminelle et au respect des victimes, souvent appel&eacute; Projet S...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPTfjjGNhV8JyZFyR7M8f9ismbSeJGbrT9IwxKJiMZqxTs5QcXhJVoLNQZWapnVV5nmvH4yngIEc33pMT18Lp3fW_B_XaW2aExR5lQU-p1xbEai4HMd1zmArd2ToNUHYcektKWg8VZAaPNvQkSGny5gZXUyP8r8SH4uDF08UAkl6ZCWKMYIMqMfvkbgdY/s548/pe%CC%81nal%202.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPTfjjGNhV8JyZFyR7M8f9ismbSeJGbrT9IwxKJiMZqxTs5QcXhJVoLNQZWapnVV5nmvH4yngIEc33pMT18Lp3fW_B_XaW2aExR5lQU-p1xbEai4HMd1zmArd2ToNUHYcektKWg8VZAaPNvQkSGny5gZXUyP8r8SH4uDF08UAkl6ZCWKMYIMqMfvkbgdY/w244-h253/pe%CC%81nal%202.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N53940#-DEPOT" target="_blank" rel="noopener noreferrer">projet de loi </a><i><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N53940#-DEPOT" target="_blank" rel="noopener noreferrer">relatif &agrave; la justice criminelle et au respect des victimes</a>, </i>souvent appel&eacute; Projet SURE, <i>"pour une sanction utile, rapide et effective</i>" a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; le 18 mars 2026 au S&eacute;nat. Le gouvernement a imm&eacute;diatement d&eacute;cid&eacute; la proc&eacute;dure acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, ce qui signifie qu'il n'y aura qu'une seule lecture dans chaque assembl&eacute;e. Ce choix de saisir le S&eacute;nat peut sembler un peu surprenant mais le gouvernement pense probablement qu'il est susceptible d'orienter le d&eacute;bat vers des questions strictement juridiques, et de le rendre moins conflictuel qu'&agrave; l'Assembl&eacute;e nationale. Ses espoirs risquent d'&ecirc;tre d&eacute;&ccedil;us car le projet de loi comporte une disposition qui suscite d&eacute;j&agrave; une large opposition.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>La "<i>proc&eacute;dure de&nbsp;jugement des crimes reconnus</i>" (PJCR) a pour finalit&eacute;, largement avou&eacute;e, de lutter contre l'encombrement des juridictions criminelles et l'allongement des d&eacute;lais de jugement. Il ne s'agit donc pas de rendre une meilleure justice mais plus simplement de rendre une justice plus rapide.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une extension de la CRPC au champ criminel</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La comparution sur reconnaissance pr&eacute;alable de culpabilit&eacute; (CRPC), aussi qualifi&eacute;e de plaider-coupable, a &eacute;t&eacute;&nbsp;<span>a &eacute;t&eacute; institu&eacute;e par la </span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFSCTA000000906195" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi Perben 2 du 9 mars 2004</a><span>. Elle substitue &agrave; l'audience correctionnelle classique une proc&eacute;dure par laquelle le pr&eacute;venu, n&eacute;cessairement assist&eacute; par un avocat, reconna&icirc;t sa culpabilit&eacute; et accepte une proposition de peine formul&eacute;e par le procureur de la R&eacute;publique. La juridiction de jugement se bornera ensuite &agrave; homologuer cet accord. A sa cr&eacute;ation, la CRPC a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;e comme un instrument destin&eacute; &agrave; faire en sorte que la sanction soit aussi rapproch&eacute;e que possible de l'infraction, pour que l'auteur puisse prendre conscience de son acte et en subisse les cons&eacute;quences rapidement. Mais il s'agissait surtout de g&eacute;rer une petite d&eacute;linquance de plus en plus nombreuse, en r&eacute;duisant la dur&eacute;e des proc&eacute;dures.</span></span></p><p><span>La PJCR &eacute;largit cette proc&eacute;dure au champ criminel. Le plaider-coupable devient possible lorsque plusieurs conditions cumulatives sont r&eacute;unies. L'accus&eacute; doit avoir reconnu les faits, accept&eacute; leur qualification p&eacute;nale et &ecirc;tre assist&eacute; d'un avocat &agrave; tous les stades de la proc&eacute;dure. La partie civile ne doit pas s'opposer &agrave; la PJCR. Celle-ci enfin ne s'applique pas aux crimes contre l'humanit&eacute;, crimes de guerre, crimes li&eacute;s au terrorisme jug&eacute;s par une cour d'assises sp&eacute;ciales, ni enfin aux mineurs.Restent tous les autres crimes et le projet pr&eacute;voit que la peine maximale propos&eacute;e sera r&eacute;duite aux deux tiers de la peine encourue, ou &agrave; trente ans si la peine encourue est la perp&eacute;tuit&eacute;. Les conditions de sursis et de suivi socio-judiciaire sont celles du droit commun. A l'issue de la proc&eacute;dure, comme pour la CRPC, une cour d'assises devra homologuer l'accord ainsi obtenu entre l'accus&eacute; et le minist&egrave;re public.</span></p><p><span>La culture du <i>Deal,</i> import&eacute;e des &Eacute;tats-Unis, devrait ainsi &ecirc;tre introduite en mati&egrave;re criminelle. L'apparente simplicit&eacute; de la proc&eacute;dure se heurte toutefois &agrave; des difficult&eacute;s bien r&eacute;elles.&nbsp;</span></p><p><span>D'une part, on peut se demander quel int&eacute;r&ecirc;t aurait les victimes de crimes &agrave; accepter la PJCR. Nul n'ignore que les atteintes sexuelles et les viols constituent aujourd'hui une part non n&eacute;gligeable de l'activit&eacute; des cours criminelles. Imagine-t-on qu'une victime accepte que son violeur soit condamn&eacute; aux deux-tiers de la peine encourue ? Imagine-t-on aussi qu'elle accepte volontiers un proc&egrave;s p&eacute;nal d'une extr&ecirc;me bri&egrave;vet&eacute;, limit&eacute; &agrave; l'homologation de la peine, alors m&ecirc;me que la perception actuelle du droit p&eacute;nal conduit &agrave; consid&eacute;rer le proc&egrave;s comme le moment o&ugrave; la plaignante est reconnue et entendue comme victime ?&nbsp;</span></p><p><span>D'autre part, se pose la question de la coh&eacute;rence globale de la proc&eacute;dure p&eacute;nale. Un accus&eacute; pourrait ainsi &ecirc;tre jug&eacute; soit par une cour d'assises, soit par une cour criminelle, soit enfin par une proc&eacute;dure de justice n&eacute;goci&eacute;e.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><p></p><div></div><span><span><br></span></span><p></p><p></p><p><span>I'm sorry. Brenda Lee. 1960</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Constitutionnalit&eacute; et conventionnalit&eacute; de la PJCR</span></h3><p><span><br></span></p><p><span></span></p><p><span><span>Dans l'avis qu'il a rendu sur le projet de loi, le Conseil d'&Eacute;tat estime que la PJCR, telle qu'elle est organis&eacute;e, ne pr&eacute;sente pas de risque s&eacute;rieux d'inconstitutionnalit&eacute;. Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2004/2004492DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 2 mars 2004</a> sous la loi <i>Perben 2</i>, le Conseil constitutionnel a d&eacute;j&agrave; admis la conformit&eacute; de la proc&eacute;dure de CRPC aux principes d'&eacute;galit&eacute; devant la justice et de publicit&eacute; des d&eacute;bats.&nbsp;</span><span>Ensuite, dans sa </span><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2011/2011641DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 8 d&eacute;cembre 2011, </a>i<span>&nbsp;il a estim&eacute; que cette proc&eacute;dure ne portait pas davantage atteinte ni au principe de s&eacute;paration des autorit&eacute;s.&nbsp;</span></span></p><p><span><span>Sans doute, mais la lecture de cette jurisprudence montre que le&nbsp;</span><span>Conseil n'exer&ccedil;ait &nbsp;pas alors un r&eacute;el contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; sur ces dispositions. Rien ne lui interdirait aujourd'hui de consid&eacute;rer que le quantum de la peine propos&eacute;e, soit les deux-tiers de celle pr&eacute;vue par le code p&eacute;nal, comme un &eacute;l&eacute;ment de son appr&eacute;ciation de la conformit&eacute; de la PJCR &agrave; la constitution. Rien ne lui interdirait de proc&eacute;der &agrave; ce contr&ocirc;le lorsqu'il sera saisi de la future loi.</span></span></p><p><span>La situation n'est pas r&eacute;ellement diff&eacute;rente dans la&nbsp;jurisprudence de la CEDH. Dans sa <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-142916" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 29 avril 2014 <i>Natsvlishvili et Togonidze c. G&eacute;orgie</i></a>, elle juge que la proc&eacute;dure de reconnaissance pr&eacute;alable de culpabilit&eacute;, en tant que telle, ne porte pas atteinte au droit au proc&egrave;s &eacute;quitable garanti par l'article 6 &sect; 1 de la convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme. Mais l&agrave; encore, l'affaire portait sur une d&eacute;linquance financi&egrave;re finalement relativement proche de celle qui, en droit fran&ccedil;ais, peut justifier une Convention judiciaire d'inter&ecirc;t public (CJIP). La CEDH pourrait se prononcer diff&eacute;remment &agrave; propos d'une justice n&eacute;goci&eacute;e portant cette fois sur des atteintes aux personnes particuli&egrave;rement graves.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Avantages et inconv&eacute;nients de la proc&eacute;dure</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>A ce stade, les voix sont nombreuses pour vanter les avantages attendus. On esp&egrave;re une gestion plus efficace, en &eacute;vitant les audiences longues pour des affaires relativement simples, afin de lib&eacute;rer du temps judiciaire pour les affaires complexes. Certes, mais qui appr&eacute;cie la complexit&eacute; de l'affaire ? Sans doute pas les parties civiles. De m&ecirc;me, l'id&eacute;e d'une r&eacute;ponse p&eacute;nale plus rapide serait conforme aux attentes des victimes. Mais seront-elles aussi satisfaites lorsqu'elles apprendront que l'auteur des faits sera puni d'une peine inf&eacute;rieure d'un tiers &agrave; celle figurant dans le code p&eacute;nal ?</span></p><p><span>Ces avantages tr&egrave;s relatifs s'accompagnent d'inconv&eacute;nients bien r&eacute;els.&nbsp;</span></p><p><span>Au regard des droits de l'accus&eacute;, certains &eacute;l&eacute;ments suscitent la m&eacute;fiance. La pr&eacute;somption d'innocence se trouve n&eacute;cessairement bouscul&eacute;e par un environnement p&eacute;nal favorable &agrave; l'aveu. La d&eacute;tention provisoire ou la perspective d'une peine plus lourde risquent d'affecter la libert&eacute; du consentement de l'accus&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>De la m&ecirc;me mani&egrave;re, des pressions risquent de s'exercer sur les parties civiles pour qu'elles acceptent la PJCR. Auront-elles le courage de passer outre, et de choisir la voie du proc&egrave;s ? Peut-&ecirc;tre pas, surtout si l'on consid&egrave;re que le jury populaire n'existe plus devant les cours criminelles.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les choix de politique p&eacute;nale</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><span>Les critiques &agrave; l'&eacute;gard de la PJCR d&eacute;passent cependant largement la simple conformit&eacute; aux jurisprudences, et m&ecirc;me le simple respect du droit au juste proc&egrave;s. Cette proc&eacute;dure repose en effet sur des choix de politique p&eacute;nale qui ne sont pas n&eacute;cessairement contraires au droit positif mais qui affectent directement l'acte de rendre la justice.</span></span></p><p><span><span>D'abord, la PJCR introduit, qu'on le veuille ou non, une justice &agrave; deux vitesses. D'un c&ocirc;t&eacute;, les accus&eacute;s qui reconnaissent les faits et leur qualification p&eacute;nale et qui sont condamn&eacute;s plus l&eacute;g&egrave;rement. De l'autre c&ocirc;t&eacute;, ceux qui contestent ces &eacute;l&eacute;ments, qui doivent subir des d&eacute;lais plus longs et des al&eacute;as importants au regard du quantum de la peine.</span></span></p><p><span>Ensuite, la PJCR r&eacute;introduit dans le droit p&eacute;nal une culture de l'aveu qui avait plus ou moins disparu. Or l'histoire est riche&nbsp;d'erreurs judiciaires provoqu&eacute;es par des aveux obtenus sous contrainte psychologique ou tout simplement li&eacute;s &agrave; la fatigue. Sur ce point, les enjeux en mati&egrave;re criminelle sont &eacute;videmment consid&eacute;rables.</span></p><p><span>Enfin, et c'est peut-&ecirc;tre le plus grave, cette proc&eacute;dure renforce le r&ocirc;le du minist&egrave;re public dans la d&eacute;termination de la peine. Certes, celle-ci est homologu&eacute;e par les juges du si&egrave;ge, &nbsp;mais peuvent-il vraiment refaire le proc&egrave;s, comme le droit les y autorise, alors que le d&eacute;bat contradictoire est r&eacute;duit &agrave; sa plus simple expression ? On peut se demander si l'on n'assiste pas &agrave; une sorte de "d&eacute;judiciarisation" larv&eacute;e du proc&egrave;s p&eacute;nal.</span></p><p><span>A toutes ces menaces s'en ajoute une autre, qui n'a rien de juridique. La cr&eacute;ation de la PJCR ne trouve pas son origine dans une volont&eacute; d'approfondir les droits de l'accus&eacute; ni d'ailleurs ceux des victimes. Elle trouve son fondement, parfaitement assum&eacute;, dans la volont&eacute; d'augmenter la rapidit&eacute; du traitement des affaires. Il s'agit concr&egrave;tement de faire p&eacute;n&eacute;trer le taylorisme dans le proc&egrave;s criminel. On aurait sans doute pu envisager de recruter davantage de&nbsp;magistrats, mais on pr&eacute;f&egrave;re rendre la justice en mode d&eacute;grad&eacute;. C'est moins co&ucirc;teux.</span></p><p><span><br></span></p><p><br></p><section dir="auto"><div><div><div><div dir="auto" tabindex="0"><div><div>
<br></div></div></div></div></div></div></section>]]></content>
	<updated>2026-04-10T17:14:52+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le Fact Checking de LLC : La garde à vue de Rima Hassan</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 2 avril 2026, Rima Hassan, d&eacute;put&eacute;e au parlement europ&eacute;en, &eacute;lue en France, et membre de La France ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjdWpB-8HtUH1zo7YjijMVz6_H57341-Dgz_OrSAl8DelyzlYJRyjR6nxHEB_w_iVnSkZN7Um6LtDi6JHI4REDRssuUF9gkYlwDe1sRDAVmQByLhIh2dYY8VMQ_cRcRWBNKhj-DTh9bEkYN9pgNusTuNUbYTxMmoPjfgMg5WZBI7h4S69n4fwe2lhOVwcc/s194/droit-penal@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjdWpB-8HtUH1zo7YjijMVz6_H57341-Dgz_OrSAl8DelyzlYJRyjR6nxHEB_w_iVnSkZN7Um6LtDi6JHI4REDRssuUF9gkYlwDe1sRDAVmQByLhIh2dYY8VMQ_cRcRWBNKhj-DTh9bEkYN9pgNusTuNUbYTxMmoPjfgMg5WZBI7h4S69n4fwe2lhOVwcc/w141-h155/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>Le 2 avril 2026, Rima Hassan, d&eacute;put&eacute;e au parlement europ&eacute;en, &eacute;lue en France, et membre de La France Insoumise (LFI), a &eacute;t&eacute; plac&eacute;e en garde &agrave; vue pour des faits d'apologie du terrorisme. Elle est ressortie libre en fin de journ&eacute;e et elle a &eacute;t&eacute; inform&eacute;e de la d&eacute;cision du parquet de la renvoyer devant le tribunal correctionnel le 7 juillet prochain.</span></p></div><p></p><div><span><br></span></div><div><span>Il lui est reproch&eacute; d'avoir publi&eacute;, sur son compte X le 26 mars, un post faisant l'apologie de Kozo Okamoto, un Japonais seul survivant d'un groupe de trois terroristes qui ont tu&eacute; 26 personnes &agrave; l'a&eacute;roport de Tel-Aviv en 1972. Ils se revendiquaient du Front populaire de lib&eacute;ration de la Palestine (FPLP). Accompagnant sa publication de drapeaux palestiniens et japonais, Rima Hassan citait les propos de Kozo Okamoto "J'ai consacr&eacute; ma jeunesse &agrave; la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la r&eacute;sistance ne sera pas seulement un droit mais un devoir". Le message a ensuite &eacute;t&eacute; supprim&eacute;, mais il est demeur&eacute; en ligne suffisamment longtemps pour avoir donn&eacute; lieu &agrave; un signalement du ministre de l'Int&eacute;rieur au parquet.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Ces &eacute;v&egrave;nements ont &eacute;t&eacute; &eacute;videmment m&eacute;diatis&eacute;s par les soutiens de Rima Hassan au sein de LFI. Ils ont imm&eacute;diatement invoqu&eacute; des arguments pr&eacute;sent&eacute;s comme juridiques et destin&eacute;s &agrave; montrer qu'elle est l'innocente victime d'une machination politique. Cette affaire donne ainsi l'occasion de constater que la justice fait l'objet d'un traitement m&eacute;diatique variable, pr&eacute;sent&eacute;e tant&ocirc;t comme un ensemble de juges gauchistes, tant&ocirc;t comme un ensemble de juges d'extr&ecirc;me-droite.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Quoi qu'il en soit, aucun des arguments soulev&eacute;s pour d&eacute;fendre Rima Hassan ne peut emporter la conviction.</span></div><div><span><br></span></div><div><div></div><div><br></div><span>Exemple de flagrant-d&eacute;lit<br></span><span><br></span></div><div><span><br></span></div><h3><span>L'immunit&eacute; parlementaire</span></h3><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span>Le premier argument repose sur une mise en cause radicale du principe m&ecirc;me de la garde &agrave; vue d'un parlementaire europ&eacute;en, au nom de l'immunit&eacute; dont il dispose.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Il est exact que les d&eacute;put&eacute;s europ&eacute;ens b&eacute;n&eacute;ficient d'une immunit&eacute; mentionn&eacute;e dans le <a href="https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2004:310:0261:0266:FR:PDF" rel="noopener noreferrer" target="_blank">protocole n&deg; 7 sur les privil&egrave;ges et immunit&eacute;s de l'Union europ&eacute;enne</a>, annex&eacute; au <a href="https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:12012E/TXT:fr:PDF" rel="noopener noreferrer" target="_blank">trait&eacute; sur le fonctionnement de l'Union europ&eacute;enne</a> (TFUE). Son article 9 pr&eacute;voit que pendant la dur&eacute;e des sessions du parlement europ&eacute;en, ses membres b&eacute;n&eacute;ficient d'une immunit&eacute; sur leur territoire national ainsi que sur celui de tout &Eacute;tat membre, et durant les trajets pour se rendre au parlement. Ils sont ainsi &agrave; l'abri de "toute mesure de d&eacute;tention et de toute poursuite judiciaire", &agrave; moins &eacute;videmment d'une lev&eacute;e de cette immunit&eacute; par le parlement europ&eacute;en.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>En l'esp&egrave;ce, il est clair qu'aucune demande de lev&eacute;e de l'immunit&eacute; de Rima Hassan n'a &eacute;t&eacute; formul&eacute;e. Mais cela ne suffit pas &agrave; rendre la garde &agrave; vue ill&eacute;gale, et il convient sur ce point de lire cet article 9. Il pr&eacute;cise en effet que "l'immunit&eacute; ne peut &ecirc;tre invoqu&eacute;e dans le cas de flagrant d&eacute;lit". Sur ce point, le droit europ&eacute;en ne diff&egrave;re en rien du droit interne.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>En droit fran&ccedil;ais, l'immunit&eacute; parlementaire est garantie par la norme supr&ecirc;me, l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527491" rel="noopener noreferrer" target="_blank">'article 26 de la Constitution</a>. Il pr&eacute;cise que "aucun membre du parlement ne peut  poursuivi, recherch&eacute;, arr&ecirc;t&eacute;, d&eacute;tenu ou jug&eacute; &agrave; l'occasion des opinions ou votes &eacute;mis par lui dans l'exercice de ses fonctions". En l'esp&egrave;ce, Rima Hassan n'est pas poursuivie pour des propos &eacute;mis dans l'h&eacute;micycle du parlement europ&eacute;en, mais pour un tweet. Ce m&ecirc;me article 26 &eacute;nonce ensuite qu'en mati&egrave;re criminelle ou correctionnelle, des mesures privatives ou restrictives de libert&eacute; ne peuvent &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;es qu'avec l'autorisation du bureau de l'Assembl&eacute;e. Et il ajoute enfin que "cette autorisation n'est pas requise en cas de crime ou d&eacute;lit flagrant ou de condamnation d&eacute;finitive".</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Les agents qui ont plac&eacute; Rima Hassan agissaient sur le fondement d'une enqu&ecirc;te de flagrance. Il convient, sur ce point, d'&eacute;viter tout amalgame avec la pr&eacute;sence de drogue dans son sac, qui aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;couverte lors de la garde &agrave; vue. Ces &eacute;v&egrave;nements, &eacute;voqu&eacute;s de la presse, peuvent certes justifier l'ouverture d'une enqu&ecirc;te incidente s'ils sont av&eacute;r&eacute;s, mais ils ne sauraient &ecirc;tre &agrave; l'origine de la garde &agrave; vue elle-m&ecirc;me.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Aux termes de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006575016/2021-03-01" rel="noopener noreferrer" target="_blank">l'article 53 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nal</a>e, est qualifi&eacute; de flagrant le crime ou le d&eacute;lit "qui se commet actuellement ou vient de se commettre". En l'esp&egrave;ce, le parquet a consid&eacute;r&eacute; que la publication du tweet de Rima Hassan pourrait s'analyser comme une infraction qui "vient de se commettre", quelques jours avant sa garde &agrave; vue.</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><h3><span>Garde &agrave; vue et libert&eacute; d'expression</span></h3><div><span><br></span></div><div><br></div><div><span><br></span></div><div><span>Le second argument des d&eacute;fenseurs de Rima Hassan r&eacute;side dans la nature de l'infraction qui lui est reproch&eacute;e. Il n'est pas contestable qu'elle est li&eacute;e &agrave; la libert&eacute; d'expression mais, contrairement &agrave; ce qu'ils affirment, son propos ne b&eacute;n&eacute;ficie pas des garanties du droit de la presse.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Historiquement, le d&eacute;lit d'apologie du terrorisme relevait pourtant de la loi du 29 juillet 1881. Mais <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000029754374" rel="noopener noreferrer" target="_blank">celle du 13 novembre 2014 </a>a op&eacute;r&eacute; une rupture essentielle en introduisant le d&eacute;lit de provocation ou d'apologie du terrorisme directement dans le code p&eacute;nal. Il est d&eacute;sormais codifi&eacute; dans l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029755573/2022-02-04" rel="noopener noreferrer" target="_blank">'article 421-2-5</a>, ce qui en fait une infraction de droit commun, passible de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 &euro; d'amende. Les outils ordinaires de la proc&eacute;dure p&eacute;nale, enqu&ecirc;te de flagrance et garde &agrave; vue, sont donc susceptibles d'&ecirc;tre utilis&eacute;s dans ce domaine.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, la tendance est actuellement &agrave; une r&eacute;duction du champ d'application du droit de la presse, et donc des garanties protectrices qu'il contient. C'est ainsi que la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043964778" rel="noopener noreferrer" target="_blank">loi du 24 ao&ucirc;t 2021</a> autorise le recours &agrave; la proc&eacute;dure de comparution imm&eacute;diate pour bon nombre de d&eacute;lits de presse, et notamment celui d'apologie de crime pr&eacute;vu &agrave; l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000043982456" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 24 de la loi du 29 juillet 1881</a>. La comparution imm&eacute;diate justifie, elle aussi, l'utilisation des proc&eacute;dures destin&eacute;es &agrave; juger rapidement d'une infraction, comme l'enqu&ecirc;te de flagrance et la garde &agrave; vue.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Les faits reproch&eacute;s &agrave; Rima Hassan s'inscrivent ainsi dans le droit commun de l'apologie du terrorisme et sa garde &agrave; vue en constitue pr&eacute;cis&eacute;ment la mise en oeuvre. Le contenu m&ecirc;me du tweet incrimin&eacute; peut ais&eacute;ment laisser soup&ccedil;onner qu'une telle infraction a &eacute;t&eacute; commise, justifiant sa garde &agrave; vue. D'une part, les tweets de Rima Hassan s'analysent comme un comportement public louant les actes d'un terroriste. A cet &eacute;gard, sa large audience sur X, et le fait que ses sympathisants diffusent largement ses propos ne font que renforcer le caract&egrave;re public de l'infraction. D'autre part, celle-ci est punie d'emprisonnement, ce qui rend juridiquement possible la garde &agrave; vue, au sens de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000023865405/2019-06-01" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 62-2 du code p&eacute;nal</a>.</span></div><div><span><br></span></div><div><span>La garde &agrave; vue de Rima Hassan repose ainsi sur des fondements juridiques cr&eacute;dibles et parfaitement d&eacute;fendables. Il reste tout de m&ecirc;me &agrave; esp&eacute;rer que les juges viendront, &agrave; l'occasion de cette affaire ou d'une autre, pr&eacute;ciser la notion de flagrance. Celle-ci tend &agrave; s'&eacute;largir avec l'&eacute;volution de la d&eacute;linquance. La loi p&eacute;nale &eacute;voque en effet une "infraction en train de se commettre ou venant de se commettre", formulation bien mal adapt&eacute;e &agrave; la d&eacute;linquance sur internet. De fait, les juges ont tendance &agrave; admettre une sorte de "flagrance prolong&eacute;e" pour les infractions continues ou diffus&eacute;es en ligne. On peut &eacute;videmment les comprendre dans la mesure o&ugrave; une interpr&eacute;tation plus &eacute;troite entraverait consid&eacute;rablement la r&eacute;pression de ce type d'infraction. Mais toute loi p&eacute;nale est d'interpr&eacute;tation &eacute;troite, et ce simple fait devrait justifier l'intervention du l&eacute;gislateur pour adapter la notion de flagrance &agrave; la d&eacute;linquance en ligne.</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><span>La garde &agrave; vue : <a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a> chapitre  4  section 2 &sect; 1 B</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div><div><br></div><br>]]></content>
	<updated>2026-04-06T18:05:42+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les sanctions de l&#039;Arcom devant la CEDH</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans un arr&ecirc;t du 12 mars 2026 Canal 8, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) juge que la F...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhIshNalsUZt1zCEiVEj1Xh3q7PYigHYv2nPVSCfYkuhohzpjp8z6COEDKu771WmdihO6C9urnyT29kGgbpdeGg5YxCJq895111g8hwjxnE9cO9DqbwrX3STugO4KF3srvIbrnMxgfg8GfTeh_NIoQNpYHMQ8kpvhiwR8E6lRdReQZxZsfIpB3ik0nwjtU/s185/te%CC%81le%CC%81vision.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhIshNalsUZt1zCEiVEj1Xh3q7PYigHYv2nPVSCfYkuhohzpjp8z6COEDKu771WmdihO6C9urnyT29kGgbpdeGg5YxCJq895111g8hwjxnE9cO9DqbwrX3STugO4KF3srvIbrnMxgfg8GfTeh_NIoQNpYHMQ8kpvhiwR8E6lRdReQZxZsfIpB3ik0nwjtU/s1600/te%CC%81le%CC%81vision.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><p><span>Dans un <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-249635" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 12 mars 2026 <i>Canal 8</i>, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme</a> (CEDH) juge que la France n'a pas port&eacute; une atteinte excessive &agrave; la libert&eacute; d'expression en sanctionnant la cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision C8, alors m&ecirc;me que la sanction inflig&eacute;e par l'Autorit&eacute; de r&eacute;gulation de la communication audiovisuelle et num&eacute;rique (Arcom) atteignait 3 500 000 &euro;. Bien entendu, la d&eacute;cision provoque les commentaires habituels, selon lesquels l'Arcom serait devenue un instrument politique ciblant le groupe Bollor&eacute;. Mais l'arr&ecirc;t de la CEDH d&eacute;passe largement cette vision pol&eacute;mique pour s'int&eacute;resser &agrave; l'&eacute;tendue du contr&ocirc;le exerc&eacute; par sur ce pouvoir de sanction. Elle affirme en particulier, et c'est l'apport essentiel de la d&eacute;cision, que la r&eacute;p&eacute;tition des manquements commis par une cha&icirc;ne constitue un &eacute;l&eacute;ment d'appr&eacute;ciation de la proportionnalit&eacute; de la sanction.<br></span></p><p><span><br></span></p><p></p><h3><span>La loi du 30 septembre 1986</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le pouvoir de sanction de l'Arcom trouve son fondement dans la loi du 30 septembre 1986. Certes, l'autorit&eacute; de contr&ocirc;le a chang&eacute; au fil des ans, d'abord la Commission nationale de la communication et des libert&eacute;s (CNCL) de 1986 &agrave; 1988, puis le Conseil sup&eacute;rieur de l'audiovisuel (CSA) de 1989 &agrave; 2022. Ce dernier s'est ensuite r&eacute;uni &agrave; la Haute Autorit&eacute; pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi). Cette &eacute;volution &eacute;tait logique si l'on consid&egrave;re que le secteur audiovisuel n'est plu s&eacute;parable aujourd'hui du r&eacute;seau mondial. Quels que soient leur nom et leur dur&eacute;e, ces autorit&eacute;s ind&eacute;pendantes t&eacute;moignent surtout d'une r&eacute;elle continuit&eacute;, au point que pour cr&eacute;er l'Arcom, on a simplement ajout&eacute; les membres du CSA et ceux de l'ancienne Hadopi.</span></p><p><span>Les sanctions susceptibles d'&ecirc;tre inflig&eacute;es aux op&eacute;rateurs n'ont gu&egrave;re chang&eacute; depuis l'origine. Une gradation bien connue va de la mise en demeure au retrait d'autorisation, en passant par la suspension de programme et la sanction p&eacute;cuniaire.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-UMMRvHZ5nR4pGyiFuLVd7wIHTyvAyD01P3ZouHDeyy7v_WLyuzyzd1tEDcqYTiJJsaYQOkQObQ5AkQ-efKRZvbw9U5JXhhyijx6ptJnUpvgTWs6edp5k2J11eO6xflsLXogdBMiAFHwQPBcyamsOWLJt2Yyqhqd8i7PUAC779z57DA8a7DjrOMA5hQU/s1320/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-02%20a%CC%80%2023.21.39.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-UMMRvHZ5nR4pGyiFuLVd7wIHTyvAyD01P3ZouHDeyy7v_WLyuzyzd1tEDcqYTiJJsaYQOkQObQ5AkQ-efKRZvbw9U5JXhhyijx6ptJnUpvgTWs6edp5k2J11eO6xflsLXogdBMiAFHwQPBcyamsOWLJt2Yyqhqd8i7PUAC779z57DA8a7DjrOMA5hQU/w378-h350/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-04-02%20a%CC%80%2023.21.39.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Calvin and Hobbes. Bill Watterson</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>TPMP, pourvoyeur de sanctions</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>C8 se plaint devant la CEDH d'avoir &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; de multiples reprises &agrave; de lourdes sanctions p&eacute;cuniaires. Deux sont essentiellement vis&eacute;es dans la requ&ecirc;te. D'abord, la sanction de 500 000 &euro; inflig&eacute;e par l'Arcom pour avoir laiss&eacute;, sans apporter la moindre r&eacute;serve,&nbsp; un invit&eacute; de <i>Touche pas &agrave; mon poste</i> &eacute;mettre des propos complotistes affirmant que des personnalit&eacute;s du spectacle consommaient une drogue fabriqu&eacute;e avec le sang d'enfants kidnapp&eacute;s et sacrifi&eacute;s. Ensuite, la seconde sanction de 3 500 000 &euro; faisait suite &agrave; l'altercation, dans la m&ecirc;me &eacute;mission entre <i>Louis Boyard</i> et <i>Cyril Hanouna.</i> Le d&eacute;put&eacute; LFI ayant accus&eacute; <i>Vincent Bollor&eacute;</i>&nbsp;d'avoir "<i>d&eacute;forest&eacute; le Cameroun</i>", le pr&eacute;sentateur l'a imm&eacute;diatement trait&eacute; d&rsquo;&laquo; <i>abruti</i> &raquo;, de &laquo; <i>tocard</i> &raquo;, de &laquo; <i>merde</i> &raquo; et de &laquo; <i>naze</i> &raquo;. <i>Louis Boyard</i> finit par quitter le plateau sous les hu&eacute;es du public, les injures ayant ensuite continu&eacute; &agrave; pleuvoir, en son absence, l&agrave; encore sans aucun contr&ocirc;le de l'antenne.</span></p><p><span>C8 a &eacute;videmment contest&eacute; ces sanctions devant le Conseil d'&Eacute;tat qui les a d&eacute;clar&eacute;es l&eacute;gales dans deux <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000049948526" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;ts rendus le m&ecirc;me jour, le 10 juillet 202</a>4.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le pr&eacute;c&eacute;dent de 2023</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>A priori, la d&eacute;cision rendue par la CEDH le 12 mars 2026 &eacute;tait pr&eacute;visible. Dans un <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2023/02/rude-journee-pour-c8.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 9 f&eacute;vrier 2023 <i>C8</i>,</a> la Cour s'&eacute;tait d&eacute;ja prononc&eacute;e sur deux sanctions inflig&eacute;es par l'ancien CSA, toutes deux confirm&eacute;es par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000037080597/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le Conseil d'&Eacute;tat le 18 juin 2018.</a> A l'&eacute;poque, il s'agissait d'attouchements sexuels et d'un canular de tr&egrave;s mauvais go&ucirc;t &eacute;galement intervenus dans la m&ecirc;me &eacute;mission. La CEDH avait alors valid&eacute; les deux sanctions, l'une pronon&ccedil;ant la suspension de ressources publicitaires pendant quinze jours, l'autre infligeant une amende de 3 millions d'euros. La CEDH avait alors appr&eacute;ci&eacute; la proportionnalit&eacute; de ces mesures, observant qu'une amende de ce montant &eacute;tait &eacute;gale &agrave; seulement 2 % du chiffre d'affaires de l'entreprise.</span></p><p><span>La d&eacute;cision de 2026 est-elle pour autant la simple mise en oeuvre d'une jurisprudence d&eacute;sormais classique et largement nourrie par Cyril Hanouna ?&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une pratique &eacute;ditoriale globale</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Pas tout-&agrave;-fait. L'arr&ecirc;t ne se distingue pas par l'identification de nouvelles sanctions, mais bien davantage par la mani&egrave;re dont il qualifie leur encha&icirc;nement. La CEDH ne voit plus une s&eacute;rie d'incidents isol&eacute;s. Elle observe un comportement &eacute;ditorial structurel, justifiant une r&eacute;ponse r&eacute;pressive gradu&eacute;e. La Cour d&eacute;personnalise le contentieux et la r&eacute;p&eacute;tition des manquements devient un &eacute;l&eacute;ment central du contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;.</span></p><p><span>La Cour se livre ainsi &agrave; une approche contextuelle et cumulative du comportement de la chaine. L'historique des manquements commis constitue un &eacute;l&eacute;ment important d'appr&eacute;ciation. Sur ce point, la Cour europ&eacute;enne rejoint la jurisprudence du Conseil d'&Eacute;tat qui avait d&eacute;j&agrave; engag&eacute; une &eacute;volution dans ce sens. Elle &eacute;tait toutefois intervenue, non pas en mati&egrave;re de sanction proprement dite, mais dans le contentieux des refus d'autorisation de fr&eacute;quence par voie hertzienne (TNT) mesure qui n'est pas &eacute;loign&eacute;e d'une sanction. Dans sa <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000051231637" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>N. R. J</i>. du 19 f&eacute;vrier 2025, </a>le juge administratif admet en effet la l&eacute;galit&eacute; d'un refus oppos&eacute; par l'Arcom. Et il envisage alors l'ensemble des &eacute;l&eacute;ments pertinents, d'abord sur le plan de l'entreprise, baisse des march&eacute;s publicitaires, d&eacute;ficit structurel etc. Le Conseil d'&Eacute;tat tient compte &eacute;galement de la qualit&eacute; des programmes et du respect des engagements conventionnels li&eacute;s &agrave; l'attribution d'une fr&eacute;quence. On observe que cette d&eacute;cision n'est pas intervenue &agrave; propos du groupe Bollor&eacute;, raison pour laquelle elle n'a pas b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de la m&ecirc;me m&eacute;diatisation.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Pas de "droit sp&eacute;cial Bollor&eacute;"</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision rendue par la CEDH le 12 mars 2026 ne doit pourtant pas &ecirc;tre enferm&eacute;e dans l'approche victimaire que diffuse largement le groupe Bollor&eacute;. La jurisprudence ne consacre nullement un &laquo; droit sp&eacute;cial Bollor&eacute; &raquo; Elle tient compte d'une situation actuelle qui envisage l'audiovisuel &agrave; travers une pluralit&eacute; d'op&eacute;rateurs, cha&icirc;nes publiques et priv&eacute;es, radios, plateformes internet. La r&eacute;gulation elle-m&ecirc;me s'&eacute;largit au contr&ocirc;le d'un secteur, avec notamment le respect du pluralisme, la protection des mineurs, la sanction des propos discriminatoires.</span></p><p><span>Certes, il est tentant d'&eacute;carter toute r&eacute;gulation, au nom d'une libert&eacute; d'expression absolue, accompagn&eacute;e d'un lib&eacute;ralisme &eacute;conomique tout aussi absolu. Dans ce cas, il faut se r&eacute;signer &agrave; voir se multiplier les cha&icirc;nes d'opinion au d&eacute;triment des cha&icirc;nes d'information, le spectateur &eacute;tant condamn&eacute; &agrave; l'expression unilat&eacute;rale de points de vue militants. Ceux qui plaident pour ce syst&egrave;me nous affirment &eacute;videmment que tous les courants d'opinion peuvent cr&eacute;er "leur" cha&icirc;ne. Certes, mais nul n'ignore que la concentration financi&egrave;re profite toujours aux groupes les plus puissants et que les opinions minoritaires en sont les premi&egrave;res victimes. Y-a-t-il finalement une bonne solution ? Dans un cas, il faut accepter un pouvoir de sanction, un contr&ocirc;le sur l'expression. Dans l'autre, il faut accepter que la libert&eacute; d'expression tue la libert&eacute; d'expressions...</span></p><p><br></p><p></p><p></p><p></p><p></p><p></p><p><span><span><b>Le pouvoir de sanction de l'Arcom</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;9 &nbsp;section 2 &sect; 2 B&nbsp;</span></span></span></p>]]></content>
	<updated>2026-04-03T17:42:57+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le droit de propriété n&#039;est pas une licence d&#039;hôtel</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans sa d&eacute;cision SCI de la Barge rousse du 19 mars 2026 rendue sur QPC, le Conseil constitutionnel d...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKdUQlg9yV4-Xs0VXWtAFZQ04BwVajcEnAgyfL-G5nipZeLEFTH_wNWGUnQvXD6W3DjElnEaLFYLsKmVnzVN6UwF1RRdsFRVUd5A7wB8cGUZ1z3RlHuCVKhdm8WNvhefR23He58skStMxaxmOUfxInejqgRbIFkiSQchTbEOP2nJNNNPmi1sa8ewtnp0o/s512/Proprie%CC%81te%CC%81.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiKdUQlg9yV4-Xs0VXWtAFZQ04BwVajcEnAgyfL-G5nipZeLEFTH_wNWGUnQvXD6W3DjElnEaLFYLsKmVnzVN6UwF1RRdsFRVUd5A7wB8cGUZ1z3RlHuCVKhdm8WNvhefR23He58skStMxaxmOUfxInejqgRbIFkiSQchTbEOP2nJNNNPmi1sa8ewtnp0o/w217-h150/Proprie%CC%81te%CC%81.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2025-1186-qpc-du-19-mars-2026-communique-de-presse" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>SCI de la Barge rousse</i> du 19 mars 2026 rendue sur QPC</a>, le Conseil constitutionnel d&eacute;clare conformes &agrave; la constitution les dispositions de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050612711" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi <i>Le Meur</i> du 19 novembre 2024</a>. Ce texte vise, d'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale &agrave; renforcer les outils de r&eacute;gulation des meubl&eacute;s de tourisme &agrave; l'&eacute;chelle locale, de type <i>AirBnB </i>ou <i>Abritel</i>.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Dans ce but, il impose une nouvelle r&eacute;daction de l'article 26 de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000050623612/2024-11-21" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 10 juillet 1965 </a>sur la copropri&eacute;t&eacute;. Le syndicat des copropri&eacute;taires peut d&eacute;sormais interdire, &agrave; une majorit&eacute; des deux-tiers, la location de meubl&eacute;s de tourisme dans les r&eacute;sidences secondaires, Cette facult&eacute;s n'est toutefois ouverte qu'&agrave; la condition que le r&egrave;glement de copropri&eacute;t&eacute; dispose d'une "<i>clause d'habitation bourgeoise"</i>, les appartements &eacute;tant donc uniquement destin&eacute;s &agrave; l'habitat, sauf les lots sp&eacute;cifiquement d&eacute;di&eacute;s &agrave; une activit&eacute; commerciale, par exemple les commerces du rez-de-chauss&eacute;e. La proc&eacute;dure mise en oeuvre par la loi <i>Le Meur</i> vise ainsi &agrave; assurer la vie harmonieuse d'une copropri&eacute;t&eacute;, partag&eacute;e entre l'int&eacute;r&ecirc;t financier imm&eacute;diat de certains propri&eacute;taires loueurs, et la volont&eacute; d'autres qui d&eacute;sirent seulement vivre bourgeoisement et tranquillement dans l'immeuble.</span></p><p><span>A peine la d&eacute;cision rendue par le Conseil constitutionnel, certains groupements, repr&eacute;sentant notamment les entreprises actives dans ce secteur, ont estim&eacute; que le droit de propri&eacute;t&eacute; se trouvait "<i>attaqu&eacute;</i>", "<i>fragilis&eacute;</i>", voire "<i>vid&eacute; de sa substance</i>" par le Conseil constitutionnel.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les bornes du droit de propri&eacute;t&eacute; d&eacute;finies par la loi</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Ce discours est une posture bien connue, mais sans rapport avec la r&eacute;alit&eacute; du droit de propri&eacute;t&eacute; qui n'a jamais &eacute;t&eacute; un droit absolu, loin de l&agrave;. Certes, il est mentionn&eacute; &agrave; deux reprises dans la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, d'abord dans l'article 2 comme un droit "<i>naturel et imprescriptible</i>", ensuite dans l'article 17 comme un droit "<i>inviolable et sacr&eacute;</i>". L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006428859" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 544 du code civil</a>&nbsp;ajoute ensuite que "<i>la propri&eacute;t&eacute; est le droit de jouir et disposer des choses de la mani&egrave;re la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohib&eacute; par les lois ou par les r&egrave;glement</i>s". S'est alors d&eacute;velopp&eacute;e la trilogie traditionnelle, selon laquelle l'exercice du droit de propri&eacute;t&eacute; implique l'<i>usus</i>, ou droit de jouir du bien, le <i>fructus</i>, ou droit d'en percevoir les fruits, et enfin l'<i>abusus</i>, ou droit d'en disposer.</span></p><p><span>Certes, mais pr&eacute;cis&eacute;ment, comme l'article 544 l'y autorise, le l&eacute;gislateur est venu, au fil des ans, poser des bornes &agrave; l'exercice du droit de propri&eacute;t&eacute;, au nom de l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Invoquer aujourd'hui l&rsquo;article 17 de la D&eacute;claration de 1789 comme un bouclier contre toute r&eacute;gulation des usages d&rsquo;un bien rel&egrave;ve d&rsquo;une lecture archa&iuml;que ces dispositions, qui ignore la possibilit&eacute; de restrictions d&eacute;finies par la loi. Depuis sa c&eacute;l&egrave;bre&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1982/81132DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 16 janvier 1982</a>&nbsp;relative aux nationalisations, le Conseil constitutionnel distingue clairement entre la privation de propri&eacute;t&eacute;, strictement encadr&eacute;e, prot&eacute;g&eacute;e par la voie de fait, et soumise &agrave; l'exigence d'une juste et pr&eacute;alable indemnit&eacute;, et la simple limitation de ses conditions d&rsquo;exercice. Aujourd'hui, la loi <i>Le Meur</i>&nbsp;ne prive en aucun cas le propri&eacute;taire de son bien. Elle ne concerne que l'exercice du droit de propri&eacute;t&eacute;, affirmant que l'on ne peut transformer un bien immobilier en activit&eacute; quasi-h&ocirc;teli&egrave;re, sans que la collectivit&eacute; des copropri&eacute;taires ait son mot &agrave; dire.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div></div><br><span>L'appartement, Vincent Delerm. 2002</span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute; sans complaisance</span></h3><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p><span>La jurisprudence du Conseil constitutionnel estime que l'ing&eacute;rence dans le droit de propri&eacute;t&eacute; est soumise &agrave; deux conditions. D'une part, elle ne doit pas conduire &agrave; une privation compl&egrave;te de ce droit, et, en l'esp&egrave;ce, le propri&eacute;taire d'un bien &agrave; louer pour une courte dur&eacute;e demeure pleinement propri&eacute;taire. On observe que le m&eacute;canisme valid&eacute; par le Conseil repose sur le vote des copropri&eacute;taires eux-m&ecirc;mes, et non pas sur une mesure administrative d&eacute;cid&eacute;e par l'&Eacute;tat. D'autre part, l'ing&eacute;rence dans le droit de propri&eacute;t&eacute; doit &ecirc;tre "<i>justifi&eacute;e par un motif d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral et proportionn&eacute;e &agrave; l'objectif poursuivi</i>", formule figurant dans la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2010/201060QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision QPC du 12 novembre 2010</a>.</span></p><p><span>Ce motif d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral n'a rien de nouveau. Imm&eacute;diatement apr&egrave;s le code civil, la loi du 16 septembre 1807 imposait d&eacute;j&agrave; aux propri&eacute;taires des marais d'en assurer le dess&egrave;chement, celle du 8 mars 1810 autorisait l'expropriation pour des motifs d'utilit&eacute; publique. L'urbanisation suscitait, &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque, la multiplication consid&eacute;rable des servitudes pesant sur la propri&eacute;t&eacute; fonci&egrave;re, pour assurer la distribution d'eau ou de gaz, les travaux publics ou les communications. Aujourd'hui, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) laisse aux &Eacute;tats une large marge d'appr&eacute;ciation, dans la d&eacute;finition de cet int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62065" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>James et a. c. Royaume-Uni </i>du 21 f&eacute;vrier 1986, la Cour </a>admet ainsi une r&eacute;forme de l'emphyt&eacute;ose britannique, qui imposait &agrave; la famille du duc de Westminster la&nbsp; cession obligatoire de biens immobiliers situ&eacute;s &agrave; <i>Belgravia</i> sur lesquels les 2000 locataires&nbsp; n'avaient, jusqu'&agrave; l&agrave;, aucun droit d'acquisition. L'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral r&eacute;side ici dans une remise en cause d'un syst&egrave;me quasi-f&eacute;odal assurant le retour des biens immobiliers &agrave; la famille ducale, &agrave; l'issue de la location.</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel ne raisonne pas autrement et d&eacute;finit assez largement l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral susceptible de justifier une ing&eacute;rence dans le droit de propri&eacute;t&eacute;. Dans une <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2024/10/le-conseil-constitutionnel-contre.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC <i>Groupement forestier for&ecirc;t de Teillay et a. </i>du 18 octobre 2024</a>, il affirme ainsi qu'une loi peut interdire l'"engrillagement" des chasses priv&eacute;es, dans un but de protection des espaces naturels. Ces dispositions ne portent pas une atteinte excessive au droit de propri&eacute;t&eacute;. En effet, les propri&eacute;taires ne sont pas priv&eacute;s de leurs biens, et les cl&ocirc;tures peuvent &ecirc;tre maintenues, &agrave; la seule condition d'am&eacute;nager des passages pour circulation des animaux.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une n&eacute;cessit&eacute;, pas une d&eacute;rive</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La d&eacute;cision rendue par le Conseil le 19 mars 2026 ne modifie gu&egrave;re la situation du propri&eacute;taire du bien. Il peut toujours choisir de l'occuper, le vendre, ou le louer &agrave; long terme et donc en tirer un revenu. Seule lui est refus&eacute;e une forme particuli&egrave;re d'optimisation &eacute;conomique, certes tr&egrave;s rentable, mais aussi tr&egrave;s perturbatrice de l'&eacute;quilibre du march&eacute; immobilier local. Autrement dit, ce qui est atteint, ce n&rsquo;est pas le droit de propri&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est une strat&eacute;gie de maximisation. D&egrave;s lors, il devient naturel de constater que le Conseil constitutionnel n'a jamais eu pour mission de garantir les rendements locatifs.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><b>D&eacute;clin du caract&egrave;re souverain du droit de propri&eacute;t&eacute;</b><span>&nbsp;:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 6, section 1 &sect; 2 B&nbsp; du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></span></p><p><br></p><p></p>]]></content>
	<updated>2026-03-30T18:07:19+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le conseil municipal tous voiles dehors</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Dijon, dans une ordonnance du 18 mars 2026, refuse ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBbZgGHmjn1ZUl691Js88EJ1b1srehVvReYCmiyaLtF5TvGWhPAeTF3ZLwFnY4zxBfkb7ish3AqMc1ioqn3A-6VInCFPnx-O2EPOpwoQy0WCZCCkpFj58KEK2mZY38aqeFobGE-JncGj9XuBvqjLczp9Xe3z4V0pSWMOaDOn0CRJeNuoTJ2PskebWStkA/s328/Commune.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBbZgGHmjn1ZUl691Js88EJ1b1srehVvReYCmiyaLtF5TvGWhPAeTF3ZLwFnY4zxBfkb7ish3AqMc1ioqn3A-6VInCFPnx-O2EPOpwoQy0WCZCCkpFj58KEK2mZY38aqeFobGE-JncGj9XuBvqjLczp9Xe3z4V0pSWMOaDOn0CRJeNuoTJ2PskebWStkA/w204-h204/Commune.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Dijon, dans une <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire/chalon-sur-saone/ils-contestaient-un-arret-interdisant-le-voile-en-conseil-municipal-deux-elus-de-chalon-sur-saone-deboutes-par-la-justice-3319485.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 18 mars 2026</a>, refuse de suspendre une d&eacute;lib&eacute;ration portant r&egrave;glement int&eacute;rieur du conseil municipal de Chalon-sur-Sa&ocirc;ne, vot&eacute;e le 14 janvier 2026 &agrave; l'initiative du maire Gilles Platret. A&nbsp;ce stade, la d&eacute;cision n'est pas encore publi&eacute;e, mais l'AFP en a diffus&eacute; de larges extraits.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Ce r&egrave;glement int&eacute;rieur est ainsi r&eacute;dig&eacute; : "<i>La tenue vestimentaire des conseillers municipaux en s&eacute;ance doit rester neutre et s'apparenter &agrave; une tenue de ville. Elle ne saurait &ecirc;tre pr&eacute;texte &agrave; l'expression d'une quelconque opinion : est ainsi prohib&eacute; le port de tout signe religieux ostensible, d'un uniforme, de logos, de messages commerciaux ou de slogans de nature politique</i>". Une femme membre du conseil municipal et d&eacute;sireuse d'y porter le voile ainsi que le chef de file &nbsp;de l'opposition municipale ont donc saisi en r&eacute;f&eacute;r&eacute; le tribunal&nbsp;administratif, d&eacute;non&ccedil;ant cette mesure comme une atteinte &agrave; la libert&eacute; de conscience.</span></p><p><span>Le rejet de la requ&ecirc;te a suscit&eacute; de vives r&eacute;actions, en particulier celle de Nicolas Cad&egrave;ne, ancien secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du d&eacute;funt Observatoire de la la&iuml;cit&eacute;, disparu en 2021. Toujours bien accueilli par <i>Le Monde</i>, il y a publi&eacute;, le 21 mars 2026, une tribune intitul&eacute;e : "<i>Jamais la la&iuml;cit&eacute; n'a suppos&eacute; la neutralit&eacute; des &eacute;lus</i>".&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La loi du 22 d&eacute;cembre 2025</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>A ce propos aussi p&eacute;remptoire qu'aventur&eacute;, on pourrait &eacute;videmment opposer un texte l&eacute;gislatif dont Nicolas Cad&egrave;ne n'a peut &ecirc;tre pas connaissance. En effet la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053142169" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 22 d&eacute;cembre 2025 portant cr&eacute;ation d'un statut de l'&eacute;lu local</a>&nbsp;&eacute;nonce d&eacute;sormais que "<i>dans l'exercice de son mandat, l'&eacute;lu local s'engage &agrave; respecter les principes de libert&eacute;, d'&eacute;galit&eacute;, de fraternit&eacute; et de la&iuml;cit&eacute; ainsi que les lois et les symboles de la R&eacute;publique</i>". Ces dispositions sont codifi&eacute;es dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000053147122" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 1111-13 du code g&eacute;n&eacute;ral des collectivit&eacute;s locales</a>. Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s a d'ailleurs tir&eacute; les conclusions qui s'imposent de ce texte en affirmant que "<i>la libert&eacute; de conscience d'un membre &eacute;lu d'un conseil municipal doit &ecirc;tre concili&eacute;e avec le principe de la&iuml;cit&eacute; qu'il est tenu de respecter</i>".&nbsp;</span></p><p><span>Le juge administratif aurait pu se borner &agrave; rappeler les termes de la loi et m&ecirc;me ceux de l'article premier de la Constitution qui affirme que notre r&eacute;publique est la&iuml;que. Mais il va plus loin en rappelant deux points essentiels. D'une part,&nbsp;un membre du conseil municipal n'est pas un usager mais un &eacute;lu. D'autre part,&nbsp;la neutralit&eacute; n'est pas une option, mais un acte li&eacute; &agrave; l'exercice de la puissance publique.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEglceXelZIq8YeZq1qzR2J4loVMkgfOywSL_BeZyZhs4kjU-akWPeNjwDON_7O2SjjKRaPN-I0riLoBFesiJfRkPc3aWIuFcaQZJuqSNaW5-_T31-ZOHLj69IKW_cO7MX-CaGJlmpYtdh96HxTcDkfEV5Wf6yA1Cto5ZXIVEkmICfA0jVNiM9sjQ1ij5AM/s1108/A.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEglceXelZIq8YeZq1qzR2J4loVMkgfOywSL_BeZyZhs4kjU-akWPeNjwDON_7O2SjjKRaPN-I0riLoBFesiJfRkPc3aWIuFcaQZJuqSNaW5-_T31-ZOHLj69IKW_cO7MX-CaGJlmpYtdh96HxTcDkfEV5Wf6yA1Cto5ZXIVEkmICfA0jVNiM9sjQ1ij5AM/w548-h513/A.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>Ast&eacute;rix en Corse. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1973</span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>La confusion entre usager et &eacute;lu</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L&rsquo;argument le plus fragile, et pourtant le plus r&eacute;p&eacute;t&eacute; par les commentateurs favorables au port de signes religieux, consiste &agrave; assimiler les &eacute;lus &agrave; de simples usagers du service public. Ils b&eacute;n&eacute;ficieraient donc d&rsquo;une libert&eacute; d&rsquo;expression quasi absolue, jusqu'au sein du conseil municipal. On retrouve ici les promoteurs d'une la&iuml;cit&eacute; accompagn&eacute;e d'un adjectif, la&iuml;cit&eacute; ouverte, inclusive etc. Certes, mais cette affirmation rel&egrave;ve de la rh&eacute;torique, pas de l'analyse juridique.&nbsp;</span></p><p><span>D'une part, elle m&eacute;conna&icirc;t la distinction entre&nbsp;<span>participation au service public</span>&nbsp;et&nbsp;<span>usage du service public</span>. L&rsquo;usager re&ccedil;oit une prestation, l'&eacute;lu participe &agrave; la prise de d&eacute;cision. Assimiler l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre revient &agrave; effacer la fronti&egrave;re entre gouvern&eacute;s et gouvernants, au prix d&rsquo;une v&eacute;ritable d&eacute;naturation des cat&eacute;gories juridiques.&nbsp;</span></p><p><span>D&rsquo;autre part, cette assimilation aurait une cons&eacute;quence juridique pour le moins &eacute;trange. Mise en oeuvre, elle conf&eacute;rerait aux &eacute;lus un r&eacute;gime plus lib&eacute;ral que celui applicable aux agents publics, alors m&ecirc;me que leur r&ocirc;le institutionnel est plus d&eacute;cisif. Autrement dit, le fonctionnaire qui applique la norme serait tenu &agrave; la neutralit&eacute;, alors que l'&eacute;lu qui la cr&eacute;e pourrait s&rsquo;en affranchir. Une telle asym&eacute;trie ne saurait trouver un fondement juridique s&eacute;rieux.&nbsp;</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Dijon rappelle que l'&eacute;lu du conseil municipal n'est pas un usager, mais un &eacute;l&eacute;ment de la personne publique dot&eacute;e du pouvoir de prendre des actes administratifs, et donc exer&ccedil;ant la puissance publique. On revient alors aux fondements m&ecirc;me du droit administratif exprim&eacute;s par Maurice Hauriou. L'exercice de la puissance publique justifie les exigences particuli&egrave;res qui p&egrave;sent sur les &eacute;lus.</span></p><p></p><p><span>Le Conseil constitutionnel affirme, de la m&ecirc;me mani&egrave;re, que la la&iuml;cit&eacute; impose &agrave; l'&Eacute;tat de garantir la neutralit&eacute; des services publics, par exemple dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2013/2012297QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision QPC du 21 f&eacute;vrier 2013 <i>Association pour la&nbsp;<span>la promotion et l&rsquo;expansion de la la&iuml;cit&eacute;</span>.</i> </a>Cette neutralit&eacute; ne saurait &ecirc;tre cantonn&eacute;e aux seuls agents : elle concerne l&rsquo;ensemble des organes de la puissance publique.</span></p><div><p></p></div><p><span>Il convient de rappeler, &agrave; ce propos, que l'origine du principe de neutralit&eacute; se trouve dans l'&eacute;galit&eacute; des citoyens. Celle-ci serait &eacute;videmment affect&eacute;e si les organes d&eacute;lib&eacute;rants des collectivit&eacute;s territoriales pouvaient devenir des lieux d&rsquo;affichage religieux. L&rsquo;usager du service public est en droit d&rsquo;attendre que la norme qui lui est appliqu&eacute;e soit &eacute;labor&eacute;e dans un cadre neutre, d&eacute;gag&eacute; de toute influence religieuse apparente.</span></p><p><span>La Cour europ&eacute;enne des droits de l&rsquo;homme (CEDH) ne s'est pas prononc&eacute;e sur le port des signes religieux au sein d'un conseil municipal. Mais lorsqu'elle admet qu'une telle interdiction soit impos&eacute;e aux agents publics dans son <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2015/11/le-modele-francais-de-laicite-devant-la.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Ebrahimian c. France</i> du 26 novembre 2015</a>, elle raisonne au regard des fonctions qu'ils exercent. Dans la mesure o&ugrave; ils prennent des d&eacute;cisions normatives de puissance publique, l'institution qu'ils incarnent doit avoir l'apparence de la neutralit&eacute;, et donc de l'impartialit&eacute;.</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s reprend finalement ce raisonnement. Il ajoute que l'exigence ainsi impos&eacute;e aux &eacute;lus n'emporte pas d'ing&eacute;rence dans leur libert&eacute; de conscience, d&egrave;s lors qu'elle est limit&eacute;e aux s&eacute;ances du conseil municipal et qu'ils peuvent affirmer leurs convictions librement en dehors de l'exercice de leurs fonctions.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La neutralit&eacute; n'est pas une option</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Certains commentateurs, comme Nicolas Cad&egrave;ne, s'emploient &agrave; contester la d&eacute;cision du juge administratif en d&eacute;veloppant une conception extensive de la libert&eacute; des &eacute;lus. L'id&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale, r&eacute;affirm&eacute;e &agrave; tout propos, est que l'&eacute;lu,&nbsp;parce qu&rsquo;il est titulaire d&rsquo;un mandat, devrait b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une libert&eacute; d&rsquo;expression renforc&eacute;e, incluant la manifestation visible de ses convictions religieuses.</span></p><p><span>Cette th&egrave;se, en apparence tr&egrave;s simple, repose sur une confusion entre libert&eacute; politique et libert&eacute; fonctionnelle. Certes, l'&eacute;lu a le droit d'exprimer des opinions, y compris religieuses, dans le d&eacute;bat public, et par exemple durant une campagne &eacute;lectorale. Mais, dans l'exercice de sa fonction d&eacute;lib&eacute;rative, l'affichage de ses convictions reviendrait, en quelque sorte, &agrave; privatiser l'exercice d'une fonction publique, &agrave; transformer&nbsp;l'organe d&eacute;lib&eacute;rant en une simple juxtaposition d'opinions individuelles et de convictions personnelles. Or, il est avant tout, et c'est sa nature juridique, un organe coll&eacute;gial de production normative.</span></p><p><span>La preuve du pudding est dans le pudding, disent les Anglais. Ici, la preuve de la pr&eacute;sence de cette th&egrave;se est tout simplement dans les commentaires publi&eacute;s. Ils ne&nbsp;font g&eacute;n&eacute;ralement pas la moindre allusion aux actes d&eacute;lib&eacute;r&eacute;s en conseil municipal, comme si la d&eacute;lib&eacute;ration n'&eacute;tait qu'un support d'expression et non pas une norme obligatoire.</span></p><p><span>A une autorit&eacute; neutre serait substitu&eacute;e une sorte de forum o&ugrave; s'affronteraient les opinions concurrentes, voire communautaires</span></p><p><span>Surtout, elle conduit &agrave; une cons&eacute;quence difficilement d&eacute;fendable : faire de l&rsquo;&eacute;lu le seul acteur de la sph&egrave;re publique affranchi de toute exigence de neutralit&eacute;. L&rsquo;agent serait contraint, le collaborateur encadr&eacute;, mais le d&eacute;cideur &mdash; celui qui engage la collectivit&eacute; &mdash; pourrait s&rsquo;en exon&eacute;rer. Une telle asym&eacute;trie ne repose sur aucun fondement juridique s&eacute;rieux.</span></p><p><span>L&rsquo;ordonnance du tribunal administratif de Dijon a le m&eacute;rite de rappeler une &eacute;vidence trop souvent oubli&eacute;e. L&rsquo;&eacute;lu local n&rsquo;est pas seulement un repr&eacute;sentant politique, il est aussi un acteur de la puissance publique. &Agrave; ce titre, il ne peut s&rsquo;affranchir des exigences fondamentales qui gouvernent l&rsquo;action administrative.&nbsp;Refuser cette &eacute;vidence, c&rsquo;est prendre le risque de transformer les institutions locales en espaces de fragmentation identitaire. L&rsquo;accepter, c&rsquo;est au contraire r&eacute;affirmer que la R&eacute;publique, dans toutes ses composantes, demeure un espace de neutralit&eacute; au service de tous.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><b>La la&iuml;cit&eacute;, principe d'organisation de l'&Eacute;tat</b><span>&nbsp;:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 10, section 1 &nbsp;du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></span></p>]]></content>
	<updated>2026-03-26T23:07:35+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-03-26T23:07:35+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<link href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/03/le-fact-checking-de-llc-la-confiscation.html" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">Le Fact Checking de LLC : La confiscation des biens liés au narcotrafic</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Dans sa d&eacute;cision rendue sur question prioritaire de constitutionnalit&eacute; (QPC) le 13 mars 2025, M. Mos...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiQcg-RxmM98gAXIcp3u9jlN5SoNdKUb7jsLP9o38DR9rNN680WjKZayzfRBH8ZYjkxiDTW-DgGeHX_pcsKzApsyHDrYmqXZayRRDQ4_fv7QV1yRoBtQfuE17vbuzr-nUjRmD5tAXLNUU3E-WNIxmenvs5abbKeYFVW_MtyArzEQqK9LkBkNHZRkGX7Ei8/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiQcg-RxmM98gAXIcp3u9jlN5SoNdKUb7jsLP9o38DR9rNN680WjKZayzfRBH8ZYjkxiDTW-DgGeHX_pcsKzApsyHDrYmqXZayRRDQ4_fv7QV1yRoBtQfuE17vbuzr-nUjRmD5tAXLNUU3E-WNIxmenvs5abbKeYFVW_MtyArzEQqK9LkBkNHZRkGX7Ei8/w190-h139/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20251185QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue sur question prioritaire de constitutionnalit&eacute; (QPC) le 13 mars 2025, <i>M. Mostafa B</i>., le Conseil constitutionnel</a> d&eacute;clare non conformes &agrave; la constitution les dispositions de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025585843" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 222-49 du code p&eacute;nal</a>, dans sa r&eacute;daction issue de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000025582235" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 27 mars 2012</a>. Elles pr&eacute;voient qu'en mati&egrave;re de trafic de stup&eacute;fiants, "d<i>oit &ecirc;tre prononc&eacute;e la confiscation des installations, mat&eacute;riels et de tout bien ayant servi, directement ou indirectement, &agrave; la commission de l&rsquo;infraction, ainsi que tout produit provenant de celle-ci, &agrave; quelque personne qu&rsquo;ils appartiennent et en quelque lieu qu&rsquo;ils se trouvent, d&egrave;s lors que leur propri&eacute;taire ne pouvait en ignorer l&rsquo;origine ou l&rsquo;utilisation frauduleuse</i>".&nbsp;</div></span><p></p><p><span>L'abrogation de ces dispositions prend effet imm&eacute;diatement, et un certain nombre de commentateurs ont imm&eacute;diatement consid&eacute;r&eacute; que le <i>pouvoir des juges </i>avait encore frapp&eacute;. David Lisnard affirmait ainsi, sur X, que "<i>le droit du trafiquant prime donc sur l'int&eacute;r&ecirc;t de la soci&eacute;t&eacute; qui doit permettre de frapper les narcotrafiquants au portefeuille</i>". Natacha Polony, sur le m&ecirc;me r&eacute;seau social, stigmatisait une "<i>d&eacute;rive antid&eacute;mocratique</i>" du Conseil. "<i>Cette fois-ci, il r&eacute;duit les capacit&eacute;s de la soci&eacute;t&eacute; &agrave; se d&eacute;fendre contre le danger gravissime du narcotrafic (...)</i>". On pourrait multiplier les citations, toutes plus ou moins identiques.</span></p><p><span>Mais ces propos indign&eacute;s rel&egrave;vent, soit d'une incompr&eacute;hension de la d&eacute;cision, soit de son exploitation &agrave; des fins politiques. En effet, le Conseil ne censure pas ces dispositions au fond. Au contraire, il fait observer aux juges du fond que l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049778726/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article 131-21</a> leur permet de prononcer exactement la m&ecirc;me peine compl&eacute;mentaire de confiscation des biens qui sont l'objet ou le produit de l'infraction. Cette disposition, tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rale, est susceptible de s'appliquer &agrave; tous les crimes et d&eacute;lits punis d'une peine d'emprisonnement d'une dur&eacute;e sup&eacute;rieure &agrave; un an, ce qui est &eacute;videmment le cas dans le narcotrafic. L'existence m&ecirc;me de cette disposition justifie d'ailleurs que le Conseil prononce l'abrogation imm&eacute;diate de l'article 222-49, d&egrave;s lors que les juges disposent d'une alternative, utilisable jusqu'&agrave; ce que le l&eacute;gislateur modifie les dispositions abrog&eacute;es. Pour les narcotrafiquants, rien ne change vraiment, car la confiscation de leurs biens reste une menace effective, quel que soit son fondement l&eacute;gal.</span></p><p><span>Mais quelle est la diff&eacute;rence entre la confiscation de l'article 222-49 et celle de l'article 222-49 ? Elle r&eacute;side pr&eacute;cis&eacute;ment dans ce qui justifie la censure du Conseil. L'une des peines est obligatoire, l'autre laisse au juge son pouvoir d'individualisation de la peine.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Peine obligatoire, peine automatique</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans les manuels de droit p&eacute;nal, on distingue classiquement une distinction bien connue. La peine obligatoire est celle que le juge doit prononcer, mais il peut en en moduler les modalit&eacute;s, par exemple prononcer le sursis ou m&ecirc;me la dispense de peine. La peine automatique en revanche s'applique sans intervention r&eacute;elle du juge. Il est tenu de la prononcer sans modification.</span></p><p><span>Dans la QPC du 13 mars 2026, le Conseil constate que le juge "<i>doit prononcer la confiscation</i>", sans pouvoir y d&eacute;roger. Il s'agit donc clairement d'une peine obligatoire. Ceci, on peut la consid&eacute;rer comme fonctionnellement automatique, d&egrave;s lors que le juge ne dispose d'aucun pouvoir d'individualisation. Le Conseil constitutionnel ne s'attarde finalement pas sur cette qualification. A ses yeux, la qualification de la peine compl&eacute;mentaire, obligatoire ou automatique, n'a pas r&eacute;ellement d'importance. Ce qui compte, c'est l'absence de marge d'appr&eacute;ciation du juge p&eacute;nal.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiLDSiY800NMGXXDhvOLOMhonawmIlAF8588I6nKXicOuSOz6p55n_ayM4szKotLx82Tco4Kg7O9K1gWRP1E9eEWB0R9FT1-KmNc-ccD5yBzKFaimuZIQZNqtq-lq3wHJ7GmtagIt0vbHA6MeOib_Fl-Nm5SBNf_KZb3SOJzJfdt-q6JyjyGxcyu2pShmk/s583/D.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiLDSiY800NMGXXDhvOLOMhonawmIlAF8588I6nKXicOuSOz6p55n_ayM4szKotLx82Tco4Kg7O9K1gWRP1E9eEWB0R9FT1-KmNc-ccD5yBzKFaimuZIQZNqtq-lq3wHJ7GmtagIt0vbHA6MeOib_Fl-Nm5SBNf_KZb3SOJzJfdt-q6JyjyGxcyu2pShmk/w359-h479/D.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Le port de la drogue. Samuel Fuller. 1953</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'individualisation de la peine</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le fondement de la d&eacute;cision du Conseil r&eacute;side ainsi dans la violation du principe d'individualisation des peines, dont le fondement se trouve dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006527434" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 8 de la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 </a>qui &eacute;nonce que "<i>la loi ne doit &eacute;tablir que des peines strictement et &eacute;videmment n&eacute;cessaires</i>". Ce principe a &eacute;t&eacute; &eacute;nonc&eacute;, en mati&egrave;re p&eacute;nale, dans la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2005/2005520DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 22 juillet 2005</a> qui affirme que la peine strictement n&eacute;cessaire est celle que le juge peut moduler en fonction de la personnalit&eacute; de l'auteur de l'infraction.</span></p><p><span>Observons que le Conseil fait preuve d'une certaine tol&eacute;rance &agrave; l'&eacute;gard des peines-planchers, c'est-&agrave;-dire celles dont le code p&eacute;nal pr&eacute;voit qu'elles ne sauraient &ecirc;tre inf&eacute;rieures &agrave; un certain seuil. M&ecirc;me si la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000029362502/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi <i>Taubira</i> du 15 ao&ucirc;t 2014</a>, &eacute;nonce que "<i>toute peine prononc&eacute;e par une juridiction doit &ecirc;tre individualis&eacute;e</i>", le Conseil les a admises en mati&egrave;re douani&egrave;re dans sa d&eacute;cision <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2018/2018731QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 14 septembre 2018 <i>Juliet I</i></a>. Il reconna&icirc;t ainsi une certaine sp&eacute;cificit&eacute; de la r&eacute;pression en mati&egrave;re douani&egrave;re. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, la d&eacute;cision du 13 mars 2026 ne concerne pas le droit douanier, mais le droit p&eacute;nal g&eacute;n&eacute;ral.&nbsp;</span></p><p><span>De cette jurisprudence, on peut d&eacute;duire que le Conseil constitutionnel n'emp&ecirc;che pas le l&eacute;gislateur d'assortir certaines infractions de peines particuli&egrave;rement s&eacute;v&egrave;res, dont la confiscation des biens de leur auteur. En revanche, il ne peut supprimer le principe d'individualisation.</span></p><p><span>La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH), quant &agrave; elle, prot&egrave;ge &eacute;galement l'individualisation de la peine dont le fondement se trouve alors dans les r&egrave;gles du proc&egrave;s &eacute;quitable garanties par l'article 6 de la convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme. Mais elle laisse aussi aux &Eacute;tats une certaine marge d'autonomie. Ils peuvent donc recourir &agrave; la peine de confiscation des biens li&eacute;s &agrave; une infraction et peuvent m&ecirc;me en faire une peine obligatoire. Mais dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62482" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Welch c. Royaume-Uni</i> du 9 f&eacute;vrier 1996,</a> elle exige que la proportionnalit&eacute; d'une peine de confiscation des biens soit appr&eacute;ci&eacute;e par les juges au regard de l'int&eacute;r&ecirc;t de la lutte contre le trafic de stup&eacute;fiants. La CEDH insiste ainsi sur la n&eacute;cessit&eacute; d'un contr&ocirc;le juridictionnel permettant d'appr&eacute;cier toutes les circonstances de l'affaire.</span></p><p><span>Les deux jurisprudences de la CEDH et du Conseil constitutionnel se rejoignent donc. En effet, pour le Conseil, il est clair que l'absence de possibilit&eacute; de moduler la peine la rend potentiellement disproportionn&eacute;e.</span></p><p><span>La d&eacute;cision <i>Mostafa B</i>. &eacute;tait donc parfaitement pr&eacute;visible au regard de la jurisprudence ant&eacute;rieure. Elle ne bouleverse par le droit, mais le Conseil vient n&eacute;anmoins rappeler au l&eacute;gislateur que le durcissement de la r&eacute;pression p&eacute;nale ne peut intervenir au prix de l'effacement du juge. Ce qui est prohib&eacute;, contrairement &agrave; ce qu'ont affirm&eacute; certains commentateurs, ce n'est pas la rigueur de la loi, mais l'absence de libert&eacute; du juge.</span></p><p><span><br></span></p><p><b>Le principe d'individualisation de la peine</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 4 section 1 &sect; 1 A 2&deg; du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></p>]]></content>
	<updated>2026-03-22T18:39:20+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le secret des sources sort de sa zone de confort</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t rendu par la chambre criminelle de la Cour de cassation le 17 mars 2026 &eacute;largit le secret de...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjrWj_iNT0p0JKK2TaiRv3cL4LRohjBqVEyCDWQzaKo0Vep391aQtz0RU2LNCWKc2Gqp_bCxlrQjoHf0VbGBtmadL4bi3_T0Yvd1S3OCLlMiNvRUuM9O8PyTcoWZKGCfR97wIX_qxfBr-UBFCRajwKznHuXoYcEIbUOYQPwvbCPckry_KcCLVYuCJg00iY/s283/presse@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjrWj_iNT0p0JKK2TaiRv3cL4LRohjBqVEyCDWQzaKo0Vep391aQtz0RU2LNCWKc2Gqp_bCxlrQjoHf0VbGBtmadL4bi3_T0Yvd1S3OCLlMiNvRUuM9O8PyTcoWZKGCfR97wIX_qxfBr-UBFCRajwKznHuXoYcEIbUOYQPwvbCPckry_KcCLVYuCJg00iY/w170-h170/presse@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>L'arr&ecirc;t rendu par <a href="https://www.courdecassation.fr/toutes-les-actualites/2026/03/17/communique-protection-des-sources-journalistiques" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la chambre criminelle de la Cour de cassation le 17 mars 2026 </a>&eacute;largit le secret des sources des journalistes, au-del&agrave; des espaces habituellement prot&eacute;g&eacute;s. Une &eacute;volution se fait donc sentir vers une protection fonctionnelle de ce secret.</span></p><p></p><p><span>En d&eacute;cembre 2024, un journaliste d'investigation rencontre, dans un restaurant, la stagiaire d'un cabinet d'avocats. Il s'informe sur les pratiques de ce cabinet. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, une enqu&ecirc;te p&eacute;nale est ouverte pour violations du secret de l'enqu&ecirc;te et de l'instruction, et l'on cherche l'origine des fuites. Le journaliste est localis&eacute; dans le restaurant, et la police s'y rend imm&eacute;diatement. Il est interpell&eacute;, son t&eacute;l&eacute;phone est saisi, ainsi que son ordinateur et ses notes manuscrites. Le juge de libert&eacute; et de la d&eacute;tention (JLD) autorise les policiers &agrave; perquisitionner ces documents. L'int&eacute;ress&eacute; conteste cette proc&eacute;dure jusque devant la chambre criminelle. A ses yeux, ces atteintes au secret des sources sont disproportionn&eacute;es par rapport &agrave; <i>"l'imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public"</i> poursuivi.</span></p><p><span>Mais ses avocats n'avaient pas vu, ou pas voulu voir, la difficult&eacute; principale de cette proc&eacute;dure, soulev&eacute;e d'office par la Cour de cassation.</span></p><p><br></p><h3><span>L'applicabilit&eacute; de l'article 56-2&nbsp;</span></h3><p><br></p><p><span>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000021662497" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 56-2 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale </a>(cpp) d&eacute;finit des modalit&eacute;s particuli&egrave;res de perquisition, dans le cas o&ugrave; la presse est vis&eacute;e par les investigations. Une motivation tr&egrave;s pr&eacute;cise est exig&eacute;e ainsi que la pr&eacute;sence d'un magistrat. Mais en l'esp&egrave;ce la difficult&eacute; n'est pas l&agrave;. Elle r&eacute;side exclusivement dans l'applicabilit&eacute; de l'article 56-2. Il &eacute;nonce en effet que ces perquisitions se d&eacute;roulent "<i>dans les locaux d'une entreprise de presse ou de communication (...), dans le v&eacute;hicule professionnel ou au domicile du journaliste</i>". Dans l'affaire jug&eacute;e le 17 mars, les documents ont &eacute;t&eacute; saisis dans un restaurant, c'est-&agrave;-dire en dehors des lieux prot&eacute;g&eacute;s par le code de proc&eacute;dure p&eacute;nale.</span></p><p><span>Le droit de la protection des sources s'est pourtant construit autour de la reconnaissance de lieux prot&eacute;g&eacute;s des investigations par des proc&eacute;dures sp&eacute;cifiques.</span></p><p><span>La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000178780" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 4 janvier 1993</a>, premier texte en la mati&egrave;re, introduit dans le code de proc&eacute;dure p&eacute;nale un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048441856" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 109</a> qui &eacute;nonce que "<i>tout journaliste, entendu comme t&eacute;moin sur des informations recueillies dans l'exercice de son activit&eacute;, est libre de ne pas en r&eacute;v&eacute;ler l'origine</i>". Certes, mais ces dispositions figurent dans le titre III du code, consacr&eacute; &agrave; l'instruction. Le secret des sources ne peut alors &ecirc;tre invoqu&eacute; que dans le cabinet du juge d'instruction, mais la loi n'interdit pas &agrave; ce dernier d'obtenir des informations par d'autres moyens. Cette possibilit&eacute; a toutefois &eacute;t&eacute; sanctionn&eacute;e par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) dans deux arr&ecirc;ts successifs <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-110306" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Martin c. France</i> du 12 avril 2012</a> et <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-111670" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Ressiot c. France</i> du 28 juin 2013</a>.</span></p><p><span>La loi du 4 janvier 2010 intervient ensuite pour d&eacute;finir les lieux concern&eacute;s, ceux-l&agrave; m&ecirc;mes qui figurent dans l'article 56-2 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale. Elle affirme en m&ecirc;me temps que le secret des sources est garanti et qu'il n'est possible d'y d&eacute;roger que pour r&eacute;pondre &agrave; un "<i>imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public</i>", &agrave; la condition que les investigations soient "<i>strictement n&eacute;cessaires et proportionn&eacute;es au but poursuivi</i>". La formulation est exactement reprise par la CEDH dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-204938" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Jecker c. Suisse</i> du 6 octobre 2020</a>. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment cette n&eacute;cessit&eacute; que conteste le journaliste requ&eacute;rant.</span></p><p><br></p><div></div><br><p><span>Spotlight. Tom Mac Carthy. 2015</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Vers une protection fonctionnelle du journaliste</span></h3><p><br></p><p><span>La d&eacute;cision du 17 mars 2026 d&eacute;place le secret des sources d'un champ d'application en quelque sorte territorial vers quelque chose qui ressemble &agrave; une protection fonctionnelle du journaliste. Il n'est plus attach&eacute; &agrave; certains lieux mais &agrave; la fonction assum&eacute;e par la presse.</span></p><p><span>La jurisprudence de la CEDH incite &agrave; une telle &eacute;volution, et l'on sait qu'elle consid&egrave;re que la libert&eacute; d'expression, et notamment la libert&eacute; de presse, constitue l'un des fondements essentiels de la d&eacute;mocratie. La protection des sources journalistiques est elle-m&ecirc;me pr&eacute;sent&eacute;e comme "<i>la pierre angulair</i>e" de la libert&eacute; de presse depuis le c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62533" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Goodwin c. Royaume-Uni </i>du 27 mars 1996</a>. La CEDH en d&eacute;duit donc que la protection des sources doit &ecirc;tre entour&eacute;e de garanties proc&eacute;durales d&eacute;finies par la loi de l'Etat. Ce principe protecteur a &eacute;t&eacute; pos&eacute; par l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-100448" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t de Grande Chambre du 14 septembre 2010 <i>Sanoma Uitgevers B. V. c. Pays-Bas</i></a>.</span></p><p><span>Au nombre de ces garanties proc&eacute;durales figure la possibilit&eacute; de susciter un contr&ocirc;le pr&eacute;ventif par un juge comp&eacute;tent pour v&eacute;rifier que la remise des pi&egrave;ces saisies r&eacute;pond &agrave; un "<i>imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public</i>". La chambre criminelle constate qu'en l'esp&egrave;ce le JLD est effectivement comp&eacute;tent, mais qu'il est saisi par le procureur pour obtenir la communication des pi&egrave;ces. Le journaliste, quant &agrave; lui, n'a pas la possibilit&eacute; de s'opposer &agrave; cette communication de mani&egrave;re pr&eacute;ventive, et il ne peut que contester a posteriori l'autorisation donn&eacute;e par le JLD. Aux yeux de la cour de cassation, cette proc&eacute;dure n'est pas conforme &agrave; la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme, surtout dans la mesure o&ugrave; la CEDH, notamment dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=002-13760" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 30 ao&ucirc;t 2022 <i>Sergei Sorokin c. Russie</i></a>, exige un contr&ocirc;le pr&eacute;alable &agrave; toute communication de donn&eacute;es &eacute;lectroniques appartenant &agrave; un journaliste.</span></p><p><span>On assiste ainsi &agrave; une &eacute;volution du droit qui repose d&eacute;sormais largement sur la volont&eacute; de faire pr&eacute;valoir le principe selon lequel la presse est le "<i>chien de garde de la d&eacute;mocratie</i>", formule ch&egrave;re &agrave; la CEDH. L'abandon de la protection sp&eacute;cifique du lieu, l'importance donn&eacute;e &agrave; la source elle-m&ecirc;me, le renforcement du contr&ocirc;le juridictionnel, tous ces &eacute;l&eacute;ments vont dans le sens d'un renforcement du secret des sources.</span></p><p><span>Malgr&eacute; cette &eacute;volution substantielle, le droit de la protection des sources appara&icirc;t largement inachev&eacute;. La notion "<i>d'imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public</i>" demeure relativement floue, laissant la porte ouverte &agrave; un contr&ocirc;le formaliste du JLD. Sans doute serait-il n&eacute;cessaire de r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; un nouveau cadre l&eacute;gal stabilis&eacute;, qui permettrait au juge de d&eacute;velopper une jurisprudence plus pr&eacute;cise.</span></p><p><span>Un nouveau texte ne doit cependant pas &ecirc;tre r&eacute;dig&eacute; par des lobbies. On se souvient que, <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2016/11/la-loi-sur-la-liberte-lindependance-et.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le 10 novembre 2016, le Conseil constitutionnel</a> a censur&eacute; une disposition l&eacute;gislative qui supprimait la notion "<i>d'imp&eacute;ratif pr&eacute;pond&eacute;rant d'int&eacute;r&ecirc;t public</i>" pour la remplacer par une &eacute;num&eacute;ration des infractions susceptibles de justifier une atteinte au secret des sources. Sur ce point, le lobby de la presse s'&eacute;tait manifest&eacute; de mani&egrave;re quelque peu excessive et il &eacute;tait ainsi affirm&eacute; qu'en mati&egrave;re correctionnelle on ne pouvait porter atteinte au secret que pour pr&eacute;venir une infraction, et pas pour r&eacute;primer un d&eacute;lit. Il devenait ainsi impossible de se livrer &agrave; des investigations concernant des faits constitutifs d'une association de malfaiteurs en vue d'actes de terrorisme. Pour le Conseil constitutionnel, le l&eacute;gislateur n'avait pas assur&eacute; "<i>une conciliation &eacute;quilibr&eacute;e entre la libert&eacute; d'expression et la sauvegarde des int&eacute;r&ecirc;ts fondamentaux de la Nation, la recherche des auteurs d'infractions et la pr&eacute;vention des atteintes &agrave; l'ordre public (...)</i>". Il convient donc de tirer les le&ccedil;ons de l'exp&eacute;rience et de confier la r&eacute;daction de la loi... au l&eacute;gislateur.</span></p><p><br></p><p></p><div tabindex="-1"><div tabindex="-1"><div dir="ltr"></div></div></div><p></p><div><div><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div><div dir="auto"><div><div><p><b>Le secret des sources</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 9, section 1 &sect; 2 B du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></p></div></div></div></div></div></div></article></div></div><p><br></p><div><div><div><div><div></div></div></div></div></div>]]></content>
	<updated>2026-03-18T19:11:21+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les algorithmes dans l&#039;espace public : En attendant l&#039;AI Act</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'usage des technologies d'intelligence artificielle dans les dispositifs de surveillance de l'espac...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZDKKtDc4JURos-RBn6eQxdbps3sXUdzI2QZE4ih10JUw8dRLGKRVpipV6sun-V0U3TeO3Lke4JWyFEWVcHr7Pj0ASbHR6tex-ZG0vvsrN_cOZCXxgff5G5_J4anthkH2-apAsdRVYApFdg3rnWop1C41BiPzchqmNlucmnENHk0SFvVIry6-bdFBoEoo/s200/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZDKKtDc4JURos-RBn6eQxdbps3sXUdzI2QZE4ih10JUw8dRLGKRVpipV6sun-V0U3TeO3Lke4JWyFEWVcHr7Pj0ASbHR6tex-ZG0vvsrN_cOZCXxgff5G5_J4anthkH2-apAsdRVYApFdg3rnWop1C41BiPzchqmNlucmnENHk0SFvVIry6-bdFBoEoo/w135-h148/xvie-privee1.jpg.pagespeed.ic.O4SKqNBpOp@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><div>L'usage des technologies d'intelligence artificielle dans les dispositifs de surveillance de l'espace public conduit le juge administratif &agrave; construire, au fil de ses d&eacute;cisions, un r&eacute;gime juridique applicable &agrave; ces nouveaux outils. La <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053635656" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendues par la cour administrative d'appel (CAA) de Nantes le 6 mars 2026</a> ajoute une pierre &agrave; cet &eacute;difice, m&ecirc;me si c'est probablement loin d'&ecirc;tre la derni&egrave;re.</div><p></p><p><i>M. B. A.</i> conteste une d&eacute;lib&eacute;ration du 11 octobre 2021 par laquelle le conseil municipal de Vannes d&eacute;cide d'inscrire au budget de la commune une autorisation de programme de 2 millions d'euros pour &eacute;tendre le dispositif de vid&eacute;oprotection. Il s'agissait alors de mettre en oeuvre des syst&egrave;mes automatiques d'intelligence artificielle, de l'exploitation du comportement des passants &agrave; la lecture automatis&eacute;e des plaques d'immatriculation (Lapi) et d'intelligence artificielle. Le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053635656?init=true&amp;page=1&amp;query=24NT01809&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noopener noreferrer">tribunal administratif de Rennes, dans un jugement du 11 avril 2024 </a>a rejet&eacute; le recours de <i>M. B. A.</i> et il se tourne donc vers la CAA.</p><p><br></p><h3><span>Vid&eacute;oprotection et surveillance algorithmiques</span></h3><p><br></p><p>La CAA examine d'abord l&eacute;galit&eacute; externe de la d&eacute;lib&eacute;ration du conseil municipal. Elle constate l'int&eacute;r&ecirc;t &agrave; agir de <i>M. B. A</i>., en sa qualit&eacute; de contribuable de la collectivit&eacute; territoriale. Depuis le c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007635142/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Casanova </i>du 29 mars1901</a>, il est acquis qu'un contribuable &agrave; int&eacute;r&ecirc;t &agrave; demander l'annulation d'une d&eacute;lib&eacute;ration du conseil municipal lorsqu'elle affecte les finances de la commune. Tel est le cas en l'esp&egrave;ce puisque l'&eacute;largissement du syst&egrave;me de vid&eacute;oprotection entraine une d&eacute;pense de 2 millions d'euros r&eacute;partis sur trois exercices.</p><p>Conform&eacute;ment &agrave; la jurisprudence classique, la CAA juge que l'extension du syst&egrave;me de vid&eacute;oprotection poursuit un objectif l&eacute;gitime de pr&eacute;vention des atteintes &agrave; l&rsquo;ordre public. Ce principe figurait d&eacute;j&agrave; dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007945076/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>commune d'Ostricourt </i>de 1997,</a> l'une des toutes premi&egrave;res d&eacute;cisions relatives &agrave; la l&eacute;galit&eacute; d'un dispositif de surveillance des voies publiques, trois soir&eacute;es par semaine. Aujourd'hui, l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047569457" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L. 251-2 et&nbsp; du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a> autorise l&rsquo;installation de dispositifs de vid&eacute;oprotection pour des motifs pr&eacute;cis&eacute;ment &eacute;num&eacute;r&eacute;s, notamment, dans l'alin&eacute;a 5, la s&eacute;curit&eacute; des personnes et des biens.</p><p>D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, le juge affirme que des circonstances locales particuli&egrave;res doivent justifier la mise en oeuvre de ces techniques, ce qui le conduit &agrave; exercer un contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;. Dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000024736674?init=true&amp;isAdvancedResult=true&amp;juridiction=CONSEIL_ETAT&amp;juridiction=COURS_APPEL&amp;juridiction=TRIBUNAL_ADMINISTATIF&amp;juridiction=TRIBUNAL_CONFLIT&amp;page=1&amp;pageSize=10&amp;query=%7B%28%40ALL%5Bt%22326492%22%5D%29%7D&amp;sortValue=DATE_DESC&amp;tab_selection=cetat&amp;typeRecherche=date" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Commune de Saint-Denis</i> du 26 octobre 2011,</a> le Conseil d'&Eacute;tat confirme la l&eacute;galit&eacute; de l'installation de cam&eacute;ras sur la voie publique, &agrave; la condition que cette mesure poursuive un objectif de protection de l'ordre public, respecte les garanties pr&eacute;vues par le code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure et enfin ne constitue pas une atteinte disproportionn&eacute;e au droit au respect de la vie priv&eacute;e.</p><p>Cette jurisprudence, certes int&eacute;ressante, ne concerne toutefois que les dispositifs traditionnels de vid&eacute;oprotection, avec des cam&eacute;ras permettant de surveiller l'espace public en temps r&eacute;el. Dans l'affaire du 6 mars 2026, le contentieux porte sur l'extension d'un syst&egrave;me de surveillance par vid&eacute;o avec l'ajout d'une analyse de ces donn&eacute;es par l'intelligence artificielle. L'id&eacute;e serait de classer les personnes &agrave; partir de leur dangerosit&eacute; , d&eacute;duite de l'analyse de leur comportement, de leurs v&ecirc;tements etc.</p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOUz_KZ5D6kSvC2tQTxlQpNJi2HQwQq8wiWLokJ5skSVqyDQq0nHtvDR9nAcQuPFFExQZ1fVTtbPExp_HQDsuwCBnN1Ntfg6lIsFO1dMySs94ZpRQNraqAa_Hfy26On5XrtCB7Vw-TcXuSKrPf84iQ2cTgREkReP7m-X1s5dy5_VNVYU8c28aZQKdL348/s898/V.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOUz_KZ5D6kSvC2tQTxlQpNJi2HQwQq8wiWLokJ5skSVqyDQq0nHtvDR9nAcQuPFFExQZ1fVTtbPExp_HQDsuwCBnN1Ntfg6lIsFO1dMySs94ZpRQNraqAa_Hfy26On5XrtCB7Vw-TcXuSKrPf84iQ2cTgREkReP7m-X1s5dy5_VNVYU8c28aZQKdL348/w478-h353/V.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><br></p><h3><span>Une indispensable habilitation l&eacute;gislative</span></h3><p><br></p><p>En l'esp&egrave;ce, et c'est tout l'apport de la d&eacute;cision de la CAA de Nantes, le juge confirme l'&eacute;mergence d'un principe selon lequel la surveillance algorithmique de l'espace publique n'est pas illicite en tant que telle, mais n&eacute;cessite une habilitation l&eacute;gislative explicite.</p><p>Dans son <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2026/02/les-cameras-augmentees-devant-les.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Commune de Nice</i> du 30 janvier 2026, </a>le Conseil d&rsquo;&Eacute;tat a jug&eacute; que les dispositions du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure autorisant la vid&eacute;oprotection ne peuvent &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;es, dans leur silence, comme autorisant l'usage d&rsquo;algorithmes analysant automatiquement les images de la voie publique. Faute de base l&eacute;gale sp&eacute;cifique, un tel traitement ne peut donc pas &ecirc;tre l&eacute;galement mis en &oelig;uvre. Le silence de la loi ne peut donc &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute; comme une habilitation implicite permettant l'usage de ces outils de surveillance.</p><p>De son c&ocirc;t&eacute;, le Conseil constitutionnel, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/2023850DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 17 mai 2023 relative &agrave; la loi sur les Jeux olympiques de Paris 2024,</a> a admis la possibilit&eacute; d&rsquo;une exp&eacute;rimentation de vid&eacute;oprotection algorithmique. Il souligne toutefois que ces dispositifs doivent &ecirc;tre strictement encadr&eacute;s par la loi en raison de leurs implications pour la vie priv&eacute;e et la libert&eacute; d&rsquo;aller et venir. Une telle d&eacute;cision n'a rien de surprenant si l'on consid&egrave;re que les atteintes aux libert&eacute;s publiques rel&egrave;vent du domaine de la loi. Le Conseil constitutionnel rappelait ce principe dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1995/94352DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 18 janvier 1995,</a> &agrave; propos des dispositifs de vid&eacute;osurveillance, &agrave; l'&eacute;poque encore tr&egrave;s sommaires.</p><p><br></p><p>

</p><p></p><p></p><h3><span>La CEDH et la vie priv&eacute;e</span></h3><p><br></p><p>La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme raisonne &agrave; peine diff&eacute;remment. Elle appr&eacute;cie la conformit&eacute; de ces dispositifs de surveillance au regard de l&rsquo;article 8 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l&rsquo;homme, relatif au droit au respect de la vie priv&eacute;e. Dans l'a<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-65455" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ffaire <i>Peck c. Royaume-Uni</i> du 28 janvier 2003</a>, elle juge que l'utilisation d'images issues de la vid&eacute;osurveillance peuvent constituer une ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e, d&egrave;s lors que l'identification des personnes concern&eacute;es est possible. De fait, la CEDH estime qu'une telle pratique n'est possible que si elle r&eacute;pond &agrave; "<i>un besoin social imp&eacute;rieux"</i>.</p><p>De mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, l'<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2021/05/big-brother-is-watching-you.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 25 mai 2021, </a><i><a href="https://libertescheries.blogspot.com/2021/05/big-brother-is-watching-you.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Big Brother Watch et a. c. Royaume-Un</a>i</i> rappelle que ces dispositifs de surveillance reposant sur des traitements automatis&eacute;s doivent &ecirc;tre entour&eacute;s de garanties l&eacute;gales pr&eacute;cises. Si tel n'est pas le cas, le risque d'atteinte &agrave; la vie priv&eacute;e devient disproportionn&eacute;.</p><p>La jurisprudence de la CEDH n'est pas tr&egrave;s diff&eacute;rente de celle issue en France du Conseil d'&Eacute;tat. Sans doute insiste-t-elle davantage sur la pr&eacute;visibilit&eacute; de la loi, mais l'exigence d'un encadrement pr&eacute;cis et l&eacute;gislatif de ces technologies demeure identique.</p><p><br></p><h3><span>Les interrogations li&eacute;es &agrave; l'AI Act</span></h3><p><br></p><p>Cette jurisprudence construit ainsi un droit public de la surveillance par intelligence artificielle, qui pourtant devrait bient&ocirc;t appara&icirc;tre comme transitoire. L'<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401689" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>AI Act</i>, r&egrave;glement adopt&eacute; par le parlement europ&eacute;en le 13 mars 2024 puis par le Conseil le 21 mai 2024,</a> est cens&eacute; &ecirc;tre en vigueur depuis ao&ucirc;t 2024, mais la plupart des dispositions relatives aux syst&egrave;mes &agrave; haut risque pour les libert&eacute;s ne seront applicables qu'en ao&ucirc;t 2026.&nbsp;</p><p>Ces dispositions europ&eacute;ennes reposent sur une autre logique. Elles ne s'appuient plus sur un contr&ocirc;le juridictionnel a posteriori, mais sur une r&eacute;gulation qui cr&eacute;e une cat&eacute;gorie de syst&egrave;mes "&agrave; haut risque" &eacute;num&eacute;r&eacute;s dans l'<i>AI&nbsp;Act</i>. Ils seront soumis &agrave;&nbsp; des obligations renforc&eacute;es de documentation, d&rsquo;&eacute;valuation des risques, de transparence et de supervision humaine. Certains usages, en particulier la reconnaissance biom&eacute;trique en temps r&eacute;el dans l&rsquo;espace public &agrave; des fins r&eacute;pressives, feront l&rsquo;objet d&rsquo;interdictions de principe assorties d&rsquo;exceptions strictement encadr&eacute;es.</p><p>De fait, le juge administratif n'aura plus seulement pour mission d'appr&eacute;cier la proportionnalit&eacute; du dispositif de surveillance au regard des imp&eacute;ratifs d'ordre public et de respect de la vie priv&eacute;e. Il devra surtout &eacute;valuer la conformit&eacute; technique et l'efficacit&eacute; du syst&egrave;me d'intelligence artificielle, dans un cadre beaucoup plus contraignant impos&eacute; par l'<i>AI&nbsp;Act.</i><i>&nbsp;</i>Ce dispositif sera-t-il plus efficace ? On attend de voir, mais les sujets d'inqui&eacute;tudes sont nombreux, &agrave; commencer par la tentation d'opter pour un r&eacute;gime d&eacute;claratoire qu'affectionne d&eacute;j&agrave; le droit de l'Union, sous l'influence du lobby des entreprises du secteur. Pour r&eacute;sumer, les industriels de l'IA et les acheteurs des syst&egrave;mes d&eacute;clarent &ecirc;tre en conformit&eacute; avec la r&eacute;glementation europ&eacute;enne... et d&egrave;s lors qu'ils le disent, on se borne &agrave; pr&eacute;sumer qu'ils le sont.&nbsp;</p><p><br></p><div><div><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div><div dir="auto"><div><div></div></div></div></div></div></div></article><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div><div dir="auto"><div><div><p>&nbsp;<b>IA et syst&egrave;mes auto apprenants&nbsp;</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 8, section 5 &sect; 3 2 du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></p></div></div></div></div></div></div></article></div></div><div tabindex="-1"><div tabindex="-1"><div dir="ltr"><div><span color="rgba(0, 0, 0, 0.9)" face='-apple-system, system-ui, "system-ui", "Segoe UI", Roboto, "Helvetica Neue", "Fira Sans", Ubuntu, Oxygen, "Oxygen Sans", Cantarell, "Droid Sans", "Apple Color Emoji", "Segoe UI Emoji", "Segoe UI Emoji", "Segoe UI Symbol", "Lucida Grande", Helvetica, Arial, sans-serif'><br></span></div><span color="rgba(0, 0, 0, 0.9)" face='-apple-system, system-ui, "system-ui", "Segoe UI", Roboto, "Helvetica Neue", "Fira Sans", Ubuntu, Oxygen, "Oxygen Sans", Cantarell, "Droid Sans", "Apple Color Emoji", "Segoe UI Emoji", "Segoe UI Emoji", "Segoe UI Symbol", "Lucida Grande", Helvetica, Arial, sans-serif'><span dir="ltr"><span><a href="https://www.linkedin.com/search/results/all/?keywords=%23droitadministratif&amp;origin=HASH_TAG_FROM_FEED" tabindex="0" rel="noopener noreferrer" target="_blank">hashtag</a></span><div><br></div></span></span></div></div></div>]]></content>
	<updated>2026-03-14T16:52:43+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Le monastère, domicile de la religieuse</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjteLkcXs7JeDukRagXqRTAN_8beRKCVTf6amGv7RJBUae6CayFC3cVHv9UPpRkbS5QofQa0opaLWPLt9TK8UqjGbq01tUCNj_e-sIEPlsWzo5xvpChOCA73YdmMvW4dLT6UDqmbXD1M542LneLmVfhIFV-BLmKzvlOM-JF-YbWFu2ujquz-2cpdsCG-fs/s400/cedh@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjteLkcXs7JeDukRagXqRTAN_8beRKCVTf6amGv7RJBUae6CayFC3cVHv9UPpRkbS5QofQa0opaLWPLt9TK8UqjGbq01tUCNj_e-sIEPlsWzo5xvpChOCA73YdmMvW4dLT6UDqmbXD1M542LneLmVfhIFV-BLmKzvlOM-JF-YbWFu2ujquz-2cpdsCG-fs/w190-h85/cedh@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Le <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=003-8474653-12010781" target="_blank" rel="noopener noreferrer">5 mars 2026, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) a rendu un avis </a>affirmant que la cellule d'une religieuse, dans un couvent, peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme son domicile, &agrave; la condition toutefois qu'elle ait des liens suffisants avec le monast&egrave;re.</span></div><p></p><p><br></p><h3><span>Le dialogue des juges institutionnalis&eacute;</span></h3><p><br></p><p><span>Observons d'embl&eacute;e qu'il s'agit d'un avis, et non pas d'un arr&ecirc;t. Il s'inscrit en effet dans une proc&eacute;dure initi&eacute;e par le <a href="https://www.echr.coe.int/documents/d/echr/Protocol_16_FRA" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Protocole n&deg; 16 &agrave; la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme</a>, entr&eacute; en vigueur en 2018. Ce dispositif permet aux juridictions supr&ecirc;mes des &Eacute;tats parties de demander &agrave; la CEDH un avis sur des questions de principe relatives &agrave; l'interpr&eacute;tation des dispositions du trait&eacute;.</span></p><p><span>La proc&eacute;dure initi&eacute;e par le Protocole n&deg;16 ressemble fort &agrave; une question pr&eacute;judicielle, comme il en existe une devant la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE) sur le fondement de <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX%3A12012E%2FTXT" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 167 du Trait&eacute; sur le fonction de l'UE (TFUE)</a>. Mais ce n'est juridiquement pas une question pr&eacute;judicielle, car l'avis de la CEDH n'est th&eacute;oriquement pas contraignant. La nuance est subtile cependant, car la Cour donne une interpr&eacute;tation de la Convention que les &Eacute;tats ne peuvent ignorer sans risquer une condamnation ult&eacute;rieure.</span></p><p><span>Le Protocole n&deg; 16 repose sur une logique diff&eacute;rente. Il s'agit de pr&eacute;venir les violations de la Convention pour ne pas avoir &agrave; les sanctionner a posteriori. Le dispositif met ainsi en place un dialogue entre les juges supr&ecirc;mes, et seulement eux, et la CEDH. Les demandes d'avis ne peuvent porter que sur des questions de principe touchant &agrave; l'interpr&eacute;tation de la Convention.&nbsp;</span></p><p><span>Il resterait &agrave; s'interroger sur l'efficacit&eacute; de la proc&eacute;dure. La pr&eacute;sente demande d'avis est seulement la huiti&egrave;me depuis l'entr&eacute;e en vigueur du Protocole n&deg; 16, ce qui fait une moyenne de une par an. On doit donc en d&eacute;duire que les cours supr&ecirc;mes des &Eacute;tats ne sont pas n&eacute;cessairement tr&egrave;s enthousiastes &agrave; l'id&eacute;e de se faire dicter par la Cour l'interpr&eacute;tation qu'il convient de donner &agrave; une convention qu'elles peuvent &eacute;galement interpr&eacute;ter.</span></p><p><span>L'avis du 5 mars 2026 ne va pas &agrave; l'encontre de cette analyse, car il faut bien reconna&icirc;tre que la question pos&eacute;e n'a pas pour effet de bouleverser le droit europ&eacute;en.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p></p><br><br><div></div><br><div><br></div><p></p><p><span>La religieuse. Georges Brassens</span></p><h3><span>D&eacute;finition fonctionnelle du domicile&nbsp;</span></h3><p><br></p><p><span>Le domicile est l'abri de la vie priv&eacute;e, et il est donc prot&eacute;g&eacute; par l'article 8 de la Convention europ&eacute;enne. Certes, la Cour rappelle que la d&eacute;finition du domicile, au sens de l'article 8, ne d&eacute;pend pas des qualifications donn&eacute;es par le droit des &Eacute;tats mais de la r&eacute;alit&eacute; du lien qui existe entre la personne et le lieu.</span></p><p><span>La d&eacute;finition est donc purement fonctionnelle et ind&eacute;pendante de la notion de propri&eacute;t&eacute;. Un appartement est le domicile du locataire qui l'habite et non du propri&eacute;taire qui le loue.&nbsp;</span></p><p><span>Cette d&eacute;finition est &eacute;galement ind&eacute;pendante de l'affectation des lieux. La Cour juge ainsi, dans la <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62344" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Niemietz c. Allemagne</i> du 16 d&eacute;cembre 1992</a>, qu'un cabinet d'avocat peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un domicile, dans la mesure o&ugrave; la vie priv&eacute;e s'exerce aussi dans un local professionnel. Il en est de m&ecirc;me, en particulier dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-64986" target="_blank" rel="noopener noreferrer">affaire <i>Soci&eacute;t&eacute; Colas Est et a. c. France</i> du 16 avril 2022</a>, des locaux d'une soci&eacute;t&eacute; commerciale.</span></p><p><span>Cette d&eacute;finition est tout aussi ind&eacute;pendante du caract&egrave;re permanent ou non de l'habitation. Dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62635" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Buckley c. Royaume-Uni</i> du 25 septembre 1996</a>, la Cour admet ainsi que la caravane des gens du voyage constitue leur domicile d&egrave;s lors qu'elle est le centre de leur vie priv&eacute;e et et familiale. La m&ecirc;me logique domine dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-162215" target="_blank" rel="noopener noreferrer">affaire&nbsp;<span><i>Winterstein et a. c. France </i>du 28 avril 2016</span></a>, dans lequel la Cour consid&egrave;re que les terrains occup&eacute;s de longue date par des familles de gens du voyage constituent leur domicile, m&ecirc;me en l&rsquo;absence de titre juridique.&nbsp;</span></p><p><span>On peut d&eacute;duire de cette jurisprudence qu'est consid&eacute;r&eacute; comme domicile ce qui fait fonction de domicile, &agrave; la condition toutefois que l'occupation ne soit pas ill&eacute;gale. Dans un arr&ecirc;t du <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-64986" target="_blank" rel="noopener noreferrer">10 d&eacute;cembre 2022, </a><i><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-64986" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Stefan Caldaras et Vasile Lupu c. France</a>,</i> la Cour d&eacute;clare ainsi irrecevable une requ&ecirc;te contestant l'&eacute;vacuation d'un camp rom ill&eacute;gal. Elle refuse d'y voir une violation du domicile, les autorit&eacute;s ayant propos&eacute; de reloger les requ&eacute;rants.</span></p><p><br></p><h3><span>Les "<i>liens suffisants et continus</i>"</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'avis du 5 mars 2025 se situe dans la ligne de cette d&eacute;finition fonctionnelle du domicile. Il se r&eacute;f&egrave;re directement &agrave; l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-62050" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Gillow c. Royaume-Uni</i>&nbsp;du 14 d&eacute;cembre 1987</a>, qui affirmait que le domicile correspond au lieu avec lequel une personne entretient des "<i>liens suffisants et continus</i>". La Cour va donc se concentrer non pas sur la qualification juridique du logement en cause, mais sur la situation concr&egrave;te de son occupante.&nbsp;</span></p><p><span>La Cour se r&eacute;f&egrave;re ainsi aux crit&egrave;res d&eacute;gag&eacute;s dans la d&eacute;cision <i>Gillow</i>. Le premier crit&egrave;re est celui de la permanence de l'occupation. En l'esp&egrave;ce, <i>F.</i> est une religieuse entr&eacute;e au couvent en 2004 et qui a prononc&eacute; ses voeux monastiques peu apr&egrave;s. En 2017, &agrave; la suite d'un conflit avec la congr&eacute;gation, le dioc&egrave;se a d&eacute;cid&eacute; de supprimer l'ordre auquel elle appartenait et de vider le couvent pour l'affecter &agrave; une autre congr&eacute;gation. Mais certaines religieuses, dont <i>F</i>., ont d&eacute;cid&eacute; de demeurer dans les lieux. De fait, et quelle que soit la nature du conflit en cause, F. est donc bel et bien domicili&eacute;e au couvent, d&egrave;s lors qu'elle y r&eacute;side de fait depuis 2004.</span></p><p><span>Le second crit&egrave;re r&eacute;side dans le r&ocirc;le du lieu dans la vie personnelle de <i>F.</i> et de l'intensit&eacute; du lien qu'elle entretient avec lui. Dans le cas pr&eacute;sent, il est certain que <i>F.</i> n'a pas d'autre vie personnelle que celle qui se d&eacute;roule au coeur du monast&egrave;re et le fait qu'elle ait refus&eacute; de le quitter t&eacute;moigne de l'intensit&eacute; du lien qu'elle entretient avec cette communaut&eacute; monastique.</span></p><p><span>Il est donc &eacute;vident que le domicile de F. se situe au monast&egrave;re, du moins au moment du contentieux intervenu en Ukraine. Dans le cas pr&eacute;sent, la CEDH pr&eacute;cise que la question du domicile ne peut &ecirc;tre dissoci&eacute;e du principe d'autonomie des organisations religieuses, que la Cour prot&egrave;ge de longue date.</span></p><p><span>La seule question s&eacute;rieuse pos&eacute;e par l'avis est finalement celle de l'origine de la demande d'avis. Pourquoi la Cour supr&ecirc;me ukrainienne a-t-elle utilis&eacute; cette proc&eacute;dure inhabituelle du Protocole n&deg; 16 pour poser une question dont la r&eacute;ponse coulait de source ? On peut penser que les juges ukrainiens ont souhait&eacute; s'abriter sous le vaste parapluie de la CEDH pour se mettre en l'abri de l'ire des autorit&eacute;s religieuses, d&eacute;sireuses de se d&eacute;barrasser des religieuses r&eacute;calcitrantes. Mais ce n'est &eacute;videmment qu'une hypoth&egrave;se.</span></p><p><br></p><p><b>Le domicile&nbsp;</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 8, section 3&nbsp;du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a></p><p><br></p><div><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div></div><div><div></div></div></div></div></article></div>]]></content>
	<updated>2026-03-10T22:09:27+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Dublin au bord de l&#039;implosion</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE), a rendu une&nbsp;d&eacute;cision Daraa c. Allemagne&nbsp;d...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEipBf2i7N1-LFIQ0c_wL61KKCVuVMPaEiXq9UWHgjBD__JtvaJ-7fQwFKClMYTu4GCgUN7xELMwmtiZtM4nswbJeMSvCC7hZH7ILQXYK9328DB9nnQZL-t4iosbHi1E79-tSbO1WNTjGOyB7T9XQ_b5yeh5ljLIXc4TwaVXUzFLasr_wUkRgHggjrvjqkI/s520/CJUE.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEipBf2i7N1-LFIQ0c_wL61KKCVuVMPaEiXq9UWHgjBD__JtvaJ-7fQwFKClMYTu4GCgUN7xELMwmtiZtM4nswbJeMSvCC7hZH7ILQXYK9328DB9nnQZL-t4iosbHi1E79-tSbO1WNTjGOyB7T9XQ_b5yeh5ljLIXc4TwaVXUzFLasr_wUkRgHggjrvjqkI/w198-h141/CJUE.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span><span>La Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE), a rendu une&nbsp;</span><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62024CJ0458" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Daraa c. Allemagne&nbsp;</i>du 5 mars 2026</a><span>&nbsp;sur question pr&eacute;judicielle. Elle s'inscrit dans un contexte de fortes tensions au sein de l'Union europ&eacute;enne sur la mise en oeuvre du syst&egrave;me Dublin de gestion des demandeurs d'asile. Celui-ci repose sur une id&eacute;e simple, qui est d'&eacute;viter qu'un demandeur d'asile d&eacute;bout&eacute; dans un &Eacute;tat membre de ne fasse des demandes successives dans d'autres &Eacute;tats membres.&nbsp;</span><span>Un &Eacute;tat, et un seul, est charg&eacute; d&rsquo;instruire la demande d&rsquo;asile, soit qu&rsquo;il ait d&eacute;j&agrave; attribu&eacute; un titre de s&eacute;jour provisoire au demandeur, soit que sa famille y soit d&eacute;j&agrave; install&eacute;e, soit plus simplement que l&rsquo;int&eacute;ress&eacute; ait p&eacute;n&eacute;tr&eacute; dans l'Union europ&eacute;enne sur son territoire, m&ecirc;me irr&eacute;guli&egrave;rement.&nbsp;</span></span></p><p></p><p><span><span>Si cette organisation assure une gestion commune de l&rsquo;asile, elle provoque un accroissement consid&eacute;rable des demandes dans les pays frontaliers de l&rsquo;Union, et notamment l'Italie. Or Georgia Meloni, Premi&egrave;re ministre italienne, a d&eacute;cid&eacute;, &agrave; la fin de l'ann&eacute;e 2022, de suspendre l'acception des transferts Dublin. Monsieur </span><i>Daraa</i><span>, ressortissant syrien pass&eacute; en Allemagne et demandeur d'asile, aurait d&ucirc;, conform&eacute;ment &agrave; Dublin III, &ecirc;tre renvoy&eacute; en Italie, pays comp&eacute;tent pour g&eacute;rer sa demande d'asile. Mais les choses se sont pass&eacute;es diff&eacute;remment et l'Italie a refus&eacute; la requ&ecirc;te allemande aux fins de prise en charge de M. </span><i>Daraa</i><span>.</span></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t&nbsp;rendu le 5 mars 2026&nbsp;affirme qu'un &Eacute;tat membre ne peut se d&eacute;charger, par une simple annonce unilat&eacute;rales, des obligations qui lui incombent sur le fondement du<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32013R0603" target="_blank" rel="noopener noreferrer">&nbsp;r&egrave;glement Dublin III du 26 juin 2013</a>&nbsp;Si toutefois il refuse de prendre en charge la personne concern&eacute;e, l'absence de transfert dans un d&eacute;lai de six mois conduit n&eacute;cessairement &agrave; renvoyer la gestion de la demande d'asile &agrave; l'&Eacute;tat requ&eacute;rant.</span></p><p><span><span>L'affaire s'inscrit ainsi dans un contexte de grande tension li&eacute;e au syst&egrave;me Dublin. Certes, la solution de la CJUE, qui introduit une sorte de responsabilit&eacute; subsidiaire de l'&Eacute;tat requ&eacute;rant, est marqu&eacute;e par un certain pragmatisme. Mais elle t&eacute;moigne aussi des limites structurelles du syst&egrave;me Dublin.</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><p><span></span></p><div><span></span></div><span><br><div><span>Rocky Road to Dublin. Les Dubliners. 1976</span></div></span><p></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Responsabilit&eacute; subsidiaire et pragmatisme</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span>Con&ccedil;u comme un m&eacute;canisme de r&eacute;partition des responsabilit&eacute;s entre &Eacute;tats membres, le syst&egrave;me Dublin se transforme ainsi en un syst&egrave;me de responsabilit&eacute; subsidiaire sur le territoire duquel le demandeur d'asile est finalement parvenu. En sch&eacute;matisant un peu, on pourrait affirmer que la CJUE laisse cette responsabilit&eacute; au premier &Eacute;tat qui accepte d'instruire la demande alors m&ecirc;me que les conditions pos&eacute;es par Dublin III ne sont pas respect&eacute;es.&nbsp;</span></p><p><span>En l'esp&egrave;ce, la difficult&eacute; tient &agrave; une situation particuli&egrave;re, car l'&Eacute;tat normalement responsable, l'Italie, refuse d'ex&eacute;cuter son obligation. Il lui suffit pour cela de refuser d'accepter le transfert du ressortissant sur son territoire.</span></p><p><span>Face &agrave; cette situation, la CJUE fait preuve de pragmatisme. Elle interpr&egrave;te le r&egrave;glement Dublin III d'une mani&egrave;re purement fonctionnelle et finaliste. Il s'agit pour elle de s'assurer qu'une demande d'asile ne sera pas laiss&eacute;e sans examen, tout simplement parce qu'un &Eacute;tat fait obstacle &agrave; la proc&eacute;dure. L'&Eacute;tat responsable devient alors celui sur le territoire duquel le demandeur se trouve.</span></p><p><span>Cette solution pourrait trouver un fondement juridique dans la clause de souverainet&eacute; de l'article 17 qui &eacute;nonce que, par d&eacute;rogation, "<i>chaque &Eacute;tat membre peut d&eacute;cider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est pr&eacute;sent&eacute;e... (...) m&ecirc;me si cet examen ne lui incombe pas en vertu des crit&egrave;res fix&eacute;s par le pr&eacute;sent r&egrave;glement"</i>. L'analyse n'est gu&egrave;re satisfaisante cependant, car, en l'esp&egrave;ce, l'Allemagne ne d&eacute;cide pas d'examiner la demande. Elle y est contrainte, &agrave; l'issue du d&eacute;lai de six mois laiss&eacute; &agrave; l'Italie pour accepter le retour du demandeur sur son territoire.</span></p><p><span>La jurisprudence de la CJUE offre, elle aussi, des pr&eacute;c&eacute;dents dans lesquels elle juge qu'un transfert Dublin peut ne pas &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; si le syst&egrave;me ne fonctionne pas. Dans l'<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62010CJ0411" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>N. S. c. Secretary of State for the Home Department</i> jug&eacute;e en Grande Chambre le 21 d&eacute;cembre 2011</a>, elle estime ainsi qu'un transfert est impossible, lorsqu'il existe des d&eacute;faillances syst&eacute;miques dans la proc&eacute;dure d'asile de l'&Eacute;tat responsable. En l'esp&egrave;ce, un Afghan, un Iranien et un Alg&eacute;rien &eacute;taient entr&eacute;s sur le territoire de l'Union par la Gr&egrave;ce avant de se rendre en Irlande. La Cour estime qu'il n'est pas possible de renvoyer ces personnes en Gr&egrave;ce, compte tenu des conditions de d&eacute;tention consid&eacute;r&eacute;es comme inhumaines et d&eacute;gradantes. La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme avait pr&eacute;c&eacute;d&eacute; la CJUE dans cette voie. Par une d<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-103293" target="_blank" rel="noopener noreferrer">&eacute;cision de Grande Chambre du 21 janvier 2011 </a><i><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-103293" target="_blank" rel="noopener noreferrer">M. S. S. c. Belgique et Gr&egrave;ce</a>,</i> elle condamne la Belgique pour avoir transf&eacute;r&eacute; un demandeur d'asile vers la Gr&egrave;ce, malgr&eacute; des conditions d'accueil d&eacute;gradantes.</span></p><p><span>Ces d&eacute;cisions aboutissent certes &agrave; bouleverser le syst&egrave;me Dublin III de renvoi vers le pays d'entr&eacute;e, mais elles reposent sur l'interdiction des traitements inhumains et d&eacute;gradants, garantis par l'article 5 de la Charte des droits fondamentaux et l'article 3 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les limites du syst&egrave;me Dublin</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans l'affaire <i>Daraa</i>, la question est celle d'un refus d&eacute;lib&eacute;r&eacute; d'un &Eacute;tat d'appliquer le syst&egrave;me Dublin III, situation bien diff&eacute;rente de celle d'un Etat dont le syst&egrave;me d'accueil est d&eacute;faillant. Elle t&eacute;moigne d'une crise de la solidarit&eacute; entre les &Eacute;tats membres, alors m&ecirc;me que cette solidarit&eacute; constitue le ciment de Dublin III.</span></p><p><span>On sait que, depuis bien des ann&eacute;es, les &Eacute;tats situ&eacute;s aux fronti&egrave;res ext&eacute;rieures de l'UE, certes l'Italie mais aussi la Gr&egrave;ce et l'Espagne, d&eacute;noncent l'asym&eacute;trie d'un syst&egrave;me qui les conduit &agrave; assumer l'essentiel de la charge administrative et mat&eacute;rielle de l'accueil des demandeurs d'asile. On sait aussi que le nombre de demandeurs d'asile a consid&eacute;rablement augment&eacute; depuis 2013, avec l'afflux de migrants qui, confront&eacute;s &agrave; de graves difficult&eacute;s &eacute;conomiques, tentent leur chance en arrivant sur le territoire de l'UE comme demandeurs d'asile pour ensuite y demeurer de mani&egrave;re irr&eacute;guli&egrave;re. Confront&eacute;s &agrave; cet afflux, l'Italie, la Gr&egrave;ce et l'Espagne n'ont pas r&eacute;ellement re&ccedil;u d'aide des autres &Eacute;tats membres et de l'UE elle-m&ecirc;me. La suspension des transferts par l'Italie est une r&eacute;ponse, illicite au regard des trait&eacute;s, mais parfaitement pr&eacute;visible.</span></p><p><span>Dans la d&eacute;cision <i>Daraa, </i>la CJUE rappelle le droit positif. Le refus d'ex&eacute;cuter un r&egrave;glement peut en effet donner lieu &agrave; un recours en manquement. L'Italie s'expose &eacute;videmment &agrave; une telle proc&eacute;dure.</span></p><div><span>Mais il faut reconna&icirc;tre que ce recours en manquement est une r&eacute;ponse &agrave; court terme qui ne r&eacute;soudra rien. La question centrale aujourd'hui est celle de la r&eacute;partition &eacute;quitable des charges li&eacute;es &agrave; l'asile entre les &Eacute;tats membres. Ce n'est certes pas en obligeant l'Allemagne &agrave; g&eacute;rer une demande d'asile qui aurait d&ucirc; &ecirc;tre instruite en Italie que le probl&egrave;me sera r&eacute;solu. Au contraire, la d&eacute;cision de la Cour conduit &agrave; une sorte d'implosion du syst&egrave;me Dublin. La Cour en vient &agrave; consid&eacute;rer qu'une demande d'asile peut &ecirc;tre g&eacute;r&eacute;e par l'&Eacute;tat qui se retrouve avec le demandeur sur son territoire. Il devient ainsi tr&egrave;s urgent de r&eacute;former le syst&egrave;me d'asile en profondeur, si l'on veut &eacute;viter une implosion de l'Union europ&eacute;enne elle-m&ecirc;me.&nbsp;</span></div><p><span><br></span></p><div><b>Le droit d'asile&nbsp;</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 5, section 2 &sect; 1 A 2 &nbsp;du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a><br></div><div><br></div>]]></content>
	<updated>2026-03-06T18:44:48+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<id>tag:vifa-recht.de,2026-03-03:/281512</id>
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	<title type="html">Les Invités de LLC - Henri Pena Ruiz - Dictionnaire amoureux de la laïcité. Article &quot;Communautarisme&quot;</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span>Pour comprendre le droit d'aujourd'hui, pour &eacute;clairer ses principes fondamentaux et les crises qu'il traverse, il est n&eacute;cessaire de lire ou de relire ceux qui&nbsp;</span><span>ceux qui construisent son socle&nbsp; philosophique.&nbsp;</span><span>Les courts extraits qui sont propos&eacute;s n'ont pas d'autre objet que de susciter une r&eacute;flexion un peu d&eacute;tach&eacute;e des contingences de l'actualit&eacute;, et de donner envie de r&eacute;fl&eacute;chir aux &eacute;volutions du droit.&nbsp;</span></p><div><div><span>Les choix des textes ou citations sont purement subjectifs, d&eacute;tach&eacute;s de toute approche chronologique. Bien entendu, les lecteurs de Libert&eacute; Libert&eacute;s Ch&eacute;ries sont invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; cette op&eacute;ration de diffusion de la pens&eacute;e, en faisant leurs propres suggestions de publication. Qu'ils en soient, &agrave; l'avance, remerci&eacute;s.</span></div><div><span>&nbsp;</span></div><div><span>Aujourd'hui, LLC propose &agrave; ses lecteurs un extrait du <i>Dictionnaire amoureux de la la&iuml;cit&eacute; </i>sign&eacute; d'Henri Pena-Ruiz et publi&eacute; en 2014 chez Plon. Parmi les 250 entr&eacute;es de ce <i>Dictionnaire</i>, nous avons choisi l'article&nbsp;<i>Communautarisme</i>.</span></div><div><span><br></span></div><div><span><br></span></div></div><h2><span><span>Henri Pena-Ruiz</span><span><br></span></span></h2><h3><span>Dictionnaire amoureux de la la&iuml;cit&eacute;</span></h3><h3><span>Article : "Communautarisme"</span></h3><h3><span>2014</span></h3><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjPoX-x2CHwSp5HSWFsZZCc_gWBM7lnw_uFC5lxCijkn_PVuQ0r3S8p4RzEhtvhaysQTIvmg0Q3WQBf2lvBLS4jHCfcfVDUc1QochbQDIpcBBMN6VebY0_Tv1IIB8DN4AHruEqB3AXLzvokPpBFMstZry69XsXMYZ7EeUTfhsy_sGzrwvZc88gxtBXilB4/s1348/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-03-03%20a%CC%80%2017.12.07.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjPoX-x2CHwSp5HSWFsZZCc_gWBM7lnw_uFC5lxCijkn_PVuQ0r3S8p4RzEhtvhaysQTIvmg0Q3WQBf2lvBLS4jHCfcfVDUc1QochbQDIpcBBMN6VebY0_Tv1IIB8DN4AHruEqB3AXLzvokPpBFMstZry69XsXMYZ7EeUTfhsy_sGzrwvZc88gxtBXilB4/w339-h471/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-03-03%20a%CC%80%2017.12.07.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><br></p><p><br></p><p>&laquo; De &laquo; commun &raquo; &agrave; &laquo; communaut&eacute; &raquo;, il y a une belle transition. De fait, les &ecirc;tres humains ont beaucoup de choses en commun, qu&rsquo;il leur faut d&eacute;fendre. La libert&eacute; de conscience, par exemple, est un bien commun &agrave; l&rsquo;ath&eacute;e et au croyant. D&eacute;fendre un tel principe est donc de port&eacute;e universelle. En revanche, la croyance religieuse et la conviction ath&eacute;e ne sont pas communes &agrave; tous. Il en va de m&ecirc;me des particularismes dits culturels, ou coutumiers. Un double danger appara&icirc;t alors. D&rsquo;une part, les communaut&eacute;s qui se forment sur de telles bases risquent de s&rsquo;affronter si leurs rep&egrave;res diff&egrave;rent ou s&rsquo;opposent. Les guerres de Religion en sont un exemple. D&rsquo;autre part, les individus dont les communaut&eacute;s sont form&eacute;es risquent de perdre leur libert&eacute; si l&rsquo;obligation leur est faite de se conformer aux particularismes religieux ou coutumiers de leur &laquo; communaut&eacute; &raquo;. La libert&eacute; de les adopter (ou non) ne saurait en faire un passage oblig&eacute; pour la construction de l&rsquo;identit&eacute; personnelle. Ce qui inclut risque d&rsquo;exclure, surtout si l&rsquo;identit&eacute; individuelle est r&eacute;gie par l&rsquo;identit&eacute; collective que fonde le particularisme.</p><p>&laquo; On appelle &laquo; communautarisme &raquo; la conjonction de ces deux faits : la formation de communaut&eacute;s dot&eacute;es de r&egrave;gles particuli&egrave;res et l&rsquo;assujettissement de tous les membres desdites communaut&eacute;s aux normes identitaires &eacute;rig&eacute;es en r&eacute;f&eacute;rences. On comprend par l&agrave; que ce n&rsquo;est pas l&rsquo;id&eacute;e de communaut&eacute; comme telle qui pose probl&egrave;me, mais la nature de ce qui la fonde et le statut identitaire qui lui est conf&eacute;r&eacute;.</p><p>Le fait de tenir une communaut&eacute; particuli&egrave;re pour la r&eacute;f&eacute;rence absolue de tout comportement individuel est de grande cons&eacute;quence lorsque ce qui unit cette communaut&eacute; est un facteur en lui-m&ecirc;me exclusif. Se trouver uni autour d&rsquo;une coutume, d&rsquo;une religion &eacute;rig&eacute;e en loi politique et en conformisme &eacute;thique, c&rsquo;est d&rsquo;embl&eacute;e rejeter toute autre norme de r&eacute;f&eacute;rence, a fortiori tout principe universel. Une communaut&eacute; de ce type d&eacute;ploie sa propre normativit&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; la n&eacute;gation de l&rsquo;autonomie individuelle et des valeurs qui pourraient la fonder. D&rsquo;o&ugrave; un risque s&eacute;rieux de conflit pour des soci&eacute;t&eacute;s qui doivent faire vivre ensemble des personnes issues de plusieurs communaut&eacute;s. Un dilemme surgit. Faudra-t-il s&rsquo;en tenir aux droits universels reconnus &agrave; chaque individu, ind&eacute;pendamment de ses appartenances ? Ou bien faudra-t-il reconna&icirc;tre des droits aux groupes comme tels ? Dans ce &laquo; dernier cas, le droit &agrave; la diff&eacute;rence risquera de consacrer la diff&eacute;rence des droits.</p><p>&nbsp; L&rsquo;id&eacute;al la&iuml;que est directement concern&eacute; par cette difficult&eacute;. La construction d&rsquo;une &laquo; identit&eacute; communautaire &raquo; (voire d&rsquo;une &laquo; identit&eacute; collective &raquo;) privil&eacute;gie souvent une religion comme marqueur s&eacute;lectif, mais on peut trouver d&rsquo;autres &raquo; &laquo; marqueurs tout aussi exclusifs s&rsquo;ils s&rsquo;opposent aux exigences communes &agrave; tous, comme l&rsquo;origine ethnique, la langue, un ensemble sp&eacute;cifique de coutumes, des signes divers d&rsquo;appartenance ou d&rsquo;all&eacute;geance. Repr&eacute;sentations collectives et pratiques traditionnelles sont alors habit&eacute;es par une sorte d&rsquo;obsession identitaire qui polarise le comportement, excluant toute distance critique et tendant &agrave; gommer toute singularit&eacute; individuelle dans le mim&eacute;tisme &agrave; l&rsquo;&eacute;gard du groupe et de son identit&eacute; fantasm&eacute;e.</p><p>Pour beaucoup, le souvenir de l&rsquo;ethnocentrisme qui a servi d&rsquo;id&eacute;ologie &agrave; la domination coloniale dramatise le souci d&rsquo;une sorte de reconnaissance des communaut&eacute;s comme telles. Il devient la matrice d&rsquo;une contestation sourde ou avou&eacute;e de tout universalisme, assimil&eacute; un peu vite &agrave; une oppression des particularismes alors que ceux-ci peuvent s&rsquo;exprimer librement tant qu&rsquo;ils ne contreviennent pas &agrave; la loi commune &agrave; tous.</p><p>En tant que principe d&rsquo;enfermement, voire d&rsquo;hostilit&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;autres fa&ccedil;ons d&rsquo;&ecirc;tre que celles qu&rsquo;il impose en son sein, le communautarisme est aux antipodes de l&rsquo;id&eacute;al la&iuml;que et r&eacute;publicain. Ses id&eacute;ologues ne cessent d&rsquo;ailleurs de stigmatiser ce qu&rsquo;ils estiment &ecirc;tre l&rsquo;&laquo; universalisme abstrait &raquo; d&rsquo;un tel id&eacute;al et de refuser la distance &agrave; soi de la conscience humaine, condition pourtant essentielle de la lucidit&eacute; int&eacute;rieure comme du respect de l&rsquo;autre en tant qu&rsquo;autre. En r&eacute;alit&eacute;, la v&eacute;ritable alternative ne se situe pas entre n&eacute;gation pure et simple ou affirmation sans retenue des particularismes, mais entre deux types d&rsquo;affirmation de ceux-ci. La contradiction interne de l&rsquo;id&eacute;ologie communautariste est que, si elle s&rsquo;appliquait &agrave; elle-m&ecirc;me le traitement qu&rsquo;elle inflige &agrave; ceux qu&rsquo;elle exclut par un marquage identitaire n&eacute;gatif, elle ne pourrait pas vivre. Son principe n&rsquo;est donc pas g&eacute;n&eacute;ralisable, et l&rsquo;hypoth&egrave;se du multiculturalisme reste &agrave; cet &eacute;gard tr&egrave;s probl&eacute;matique.</p><p>&nbsp;Si en effet deux &laquo; communaut&eacute;s &raquo; A et B ont &agrave; coexister, selon quelles normes le feront-elles ? Le choix des normes de A sera v&eacute;cu comme une violence par les tenants de la communaut&eacute; B. Et r&eacute;ciproquement. Seule la norme C, de port&eacute;e universelle si elle se fonde sur le droit, et ind&eacute;pendante de A ou de B, pourra offrir une r&eacute;f&eacute;rence commune, d&eacute;livr&eacute;e de toute all&eacute;geance et fond&eacute;e sur des droits humains &eacute;mancipateurs. On retrouve alors l&rsquo;id&eacute;e la&iuml;que de principes qui transcendent les particularismes et pour cela visent le bien commun &agrave; tous.</p><p>L&rsquo;universalisme n&rsquo;est pas une option arbitraire et r&eacute;pressive &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des particularismes, mais bien plut&ocirc;t ce qui leur permet de coexister pacifiquement en leur fournissant le seul r&eacute;gime d&rsquo;affirmation qui n&rsquo;engendre ni la guerre ni l&rsquo;enfermement dans la diff&eacute;rence. Pour cela, la pr&eacute;servation d&rsquo;une sph&egrave;re publique qui leur est soustraite est d&eacute;cisive. Il faut remarquer d&rsquo;ailleurs que les&nbsp; tenants des communautarismes exploitent &agrave; fond les possibilit&eacute;s de la d&eacute;mocratie pour conqu&eacute;rir tout ce qui peut l&rsquo;&ecirc;tre en mati&egrave;re d&rsquo;affirmation identitaire et les suppriment l&agrave; o&ugrave; ils prennent le pouvoir, comme on l&rsquo;a vu en Afghanistan.&nbsp;</p><p>&laquo; L&rsquo;&laquo; affirmation identitaire &raquo;, si souvent invoqu&eacute;e comme un droit &agrave; part enti&egrave;re, ne va pas donc pas sans une lourde ambigu&iuml;t&eacute;. Vaut-elle pour les individus, ou pour les groupes humains ? Si l&rsquo;identit&eacute; personnelle est une construction relevant du libre arbitre, elle ne peut se r&eacute;sorber dans la simple all&eacute;geance &agrave; une communaut&eacute; particuli&egrave;re. En l&rsquo;occurrence, le droit de l&rsquo;individu prime sur celui que l&rsquo;on serait tent&eacute; de reconna&icirc;tre &agrave; la &laquo; communaut&eacute; &raquo; &agrave; laquelle il est dit &laquo; appartenir &raquo;. Ce dernier terme, &agrave; la r&eacute;flexion, se r&eacute;v&egrave;le tr&egrave;s contestable. Nul &ecirc;tre humain n&rsquo;&laquo; appartient &raquo;, au sens strict, &agrave; un groupe, sauf &agrave; fonder le principe d&rsquo;une all&eacute;geance non consentie qui peut aller loin dans l&rsquo;ali&eacute;nation.</p><p>La jeune femme qui refuse de porter le voile doit-elle y &ecirc;tre contrainte au nom du pr&eacute;tendu droit de sa communaut&eacute; ? La femme malienne qui s&rsquo;insurge contre la mutilation traditionnelle du clitoris sera-t-elle consid&eacute;r&eacute;e comme trahissant sa culture ? La contestation d&rsquo;une telle pratique prend d&rsquo;ailleurs une r&eacute;elle ampleur dans les pays concern&eacute;s, notamment au S&eacute;n&eacute;gal. Quant &agrave; la femme qui refuse la notion traditionnelle de chef de famille, inscrite dans les religions juive et chr&eacute;tienne, sera-t-elle accus&eacute;e de trahir sa culture, amalgam&eacute;e en l&rsquo;occurrence &agrave; une religion ?</p><p>A un moment ou &agrave; un autre, tout rapport de soumission labellis&eacute; &laquo; culturel &raquo; pour se soustraire &agrave; la contestation tend &agrave; &ecirc;tre remis en question par ceux qui en sont victimes et en souffrent. C&rsquo;est ce processus qui est universel. L&rsquo;universel n&rsquo;existe pas quelque part : il advient par la dynamique de contestation de toute norme particuli&egrave;re qui ali&egrave;ne et opprime. Universel de droit contre particularisme de fait ? Si l&rsquo;on veut. Encore faudrait-il pr&eacute;ciser que ce n&rsquo;est pas le particularisme comme tel qui pose probl&egrave;me, mais le fait qu&rsquo;il puisse assujettir &agrave; une norme oppressive.</p><p>Il n&rsquo;y a donc pas &agrave; choisir entre particulier et universel, mais &agrave; faire advenir une modalit&eacute; du particulier libre et affranchie. La femme chr&eacute;tienne qui refuse de r&eacute;duire la sexualit&eacute; &agrave; la procr&eacute;ation sera-t-elle stigmatis&eacute;e pour trahison de sa particularit&eacute; culturelle ? On dira plut&ocirc;t qu&rsquo;elle entend affranchir sa d&eacute;marche spirituelle de toute sanctification d&rsquo;une conception historique relative ind&ucirc;ment confondue avec elle. Celle d&rsquo;un patriarcat d&rsquo;un autre &acirc;ge, mais qui r&eacute;siste sous des formes nouvelles, souvent insaisissables sauf pour celles qui en sont victimes.</p><p>Ces exemples soulignent le danger que comporte l&rsquo;attribution d&rsquo;une quelconque pr&eacute;s&eacute;ance en mati&egrave;re d&rsquo;affirmation identitaire aux groupes comme tels, voire &agrave; leurs repr&eacute;sentants. Octroyer des droits &agrave; des &laquo; communaut&eacute;s &raquo; peut donc faire courir le risque de leur ali&eacute;ner les individus qui ne se reconnaissent en elles que de fa&ccedil;on mesur&eacute;e et distanci&eacute;e, c&rsquo;est-&agrave;-dire libre. C&rsquo;est du m&ecirc;me coup se risquer &agrave; consacrer une mise en tutelle.</p><p>Tel est le point aveugle du communautarisme auquel, &eacute;tourdiment, on croit devoir consentir par tol&eacute;rance alors qu&rsquo;on risque ainsi de consacrer la mise en tutelle des individus, et peut-&ecirc;tre aussi la guerre des dieux. Ici se pose la difficile question du statut des r&eacute;f&eacute;rences culturelles communautaires, consid&eacute;r&eacute;es comme &eacute;l&eacute;ments de construction de l&rsquo;identit&eacute; personnelle, mais non comme facteurs oblig&eacute;s d&rsquo;all&eacute;geance.</p><p>&nbsp;Une culture qui pr&eacute;tend s&rsquo;imposer n&rsquo;est plus une culture, mais une politique. Elle rel&egrave;ve donc d&rsquo;un traitement politique, avec droit de regard sur le sort qu&rsquo;elle r&eacute;serve aux libert&eacute;s. D&egrave;s lors, tout individu doit pouvoir disposer librement de ses r&eacute;f&eacute;rences culturelles, et non &ecirc;tre contraint par elles. Dans une telle perspective, la la&iuml;cit&eacute; d&eacute;finit le cadre le plus ad&eacute;quat pour accueillir les diff&eacute;rences culturelles sans conc&eacute;der quoi que ce soit aux pouvoirs de domination ni aux all&eacute;geances qui pr&eacute;tendent s&rsquo;en autoriser. Libert&eacute; de conscience, &eacute;galit&eacute; stricte des croyants et des non-croyants, autonomie de jugement cultiv&eacute;e en chacun gr&acirc;ce &agrave; une &eacute;cole la&iuml;que d&eacute;positaire de la culture universelle constituent en effet les valeurs majeures de la la&iuml;cit&eacute;.</p><p>La s&eacute;paration des Eglises et de l&rsquo;Etat n&rsquo;a pas pour fin de lutter contre les religions, mais de mettre en avant ce qui unit ou peut unir tous les hommes, croyants de religions diverses ou croyants et non-croyants. Plus se d&eacute;veloppe la diversit&eacute; des populations qui se m&ecirc;lent dans les Etats modernes, plus &eacute;vidente appara&icirc;t la n&eacute;cessit&eacute; de refonder ceux-ci sur des principes universels, affranchis de tout particularisme, et con&ccedil;us comme &laquo;&nbsp; patrie de droits &raquo;.</p><p>Le particularisme &eacute;rig&eacute; en principe d&rsquo;union n&rsquo;inclut qu&rsquo;en excluant. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Europe en construction ne saurait privil&eacute;gier la religion chr&eacute;tienne dans ses r&eacute;f&eacute;rences, ni m&ecirc;me aucune religion, sans produire aussit&ocirc;t une discrimination &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de ceux qui n&rsquo;ont pas cette religion ou &laquo; n&rsquo;ont pas de religion du tout. L&rsquo;id&eacute;al la&iuml;que est aussi universel que les principes qu&rsquo;il promeut. Il montre la voie d&rsquo;un monde v&eacute;ritablement commun. Nul besoin pour cela que les hommes renoncent &agrave; leurs r&eacute;f&eacute;rences culturelles : il leur suffit d&rsquo;identifier les principes qui fondent le &laquo; vivre ensemble &raquo; sans l&eacute;ser aucun d&rsquo;entre eux.</p><p>&nbsp;Le croyant peut fort bien comprendre qu&rsquo;un marquage confessionnel de la puissance publique blesse le non-croyant. Et celui-ci, r&eacute;ciproquement, peut fort bien admettre qu&rsquo;un Etat qui professerait un ath&eacute;isme militant serait mal accept&eacute; par le croyant. La la&iuml;cit&eacute; de la puissance publique, c&rsquo;est l&rsquo;affirmation de ce qui est commun aux hommes ; la neutralit&eacute; confessionnelle n&rsquo;est donc que la cons&eacute;quence du principe positif de pleine &eacute;galit&eacute;.</p><p>Ceux qui, au nom d&rsquo;une religion ou d&rsquo;une id&eacute;ologie, entendent disposer d&rsquo;emprises publiques, usurpent en fait le bien commun, comme le fait le cl&eacute;ricalisme, captation du pouvoir temporel &agrave; des fins religieuses ou politiques. C&rsquo;est la diversit&eacute; m&ecirc;me, si souvent soulign&eacute;e, qui exige que le cadre commun d&rsquo;accueil et d&rsquo;organisation s&rsquo;universalise. Et cela doit se faire &laquo; par le haut &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire en prenant pour fondements des principes de droit, &eacute;mancipateurs pour tous. &raquo;</p><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-03-03T16:32:38+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La &quot;Jeune Garde&quot; : dissolution et reconstitution</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La Jeune Garde est une organisation militante qui se classe &agrave; l'extr&ecirc;me-gauche et se revendique comm...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<div><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi99UPnlrS2Ngg3OWBcFgqqJcuMucV3XulApMn-caQH97BpMDYRIqp6CoFNVVtywmd71dqSHdPxhLck4s6E4BdBgeofYjnvn7xvtARY_xdi39HTdM1O2Rh1kM2FIGlblr1PH-lFPlQ8n8O_6HQdeQ_X6Hz5bYUURXmzQmrXBiZqx5udv-pAX0cvZOOfDuo/s194/droit-penal@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi99UPnlrS2Ngg3OWBcFgqqJcuMucV3XulApMn-caQH97BpMDYRIqp6CoFNVVtywmd71dqSHdPxhLck4s6E4BdBgeofYjnvn7xvtARY_xdi39HTdM1O2Rh1kM2FIGlblr1PH-lFPlQ8n8O_6HQdeQ_X6Hz5bYUURXmzQmrXBiZqx5udv-pAX0cvZOOfDuo/s1600/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><i>La Jeune Garde</i> est une organisation militante qui se classe &agrave; l'extr&ecirc;me-gauche et se revendique comme antifasciste. Elle a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e en 2018 par Rapha&euml;l Arnault qui en est devenu le porte-parole, avant d'&ecirc;tre &eacute;lu d&eacute;put&eacute; du Vaucluse <i>La France Insoumise- Nouveau Front Populaire</i><i> </i>aux &eacute;lections l&eacute;gislatives de 2024. Apr&egrave;s la mort du jeune<i> Quentin Deranqu</i><i>e, </i>attaqu&eacute; le 12 mars 2025 devant l'IEP de Lyon par un groupe de membres de <i>La Jeune Garde, </i>la question de la dissolution des groupements violents et surtout de l'efficacit&eacute; de ce type de mesure est, une nouvelle fois, pos&eacute;e.</div></div><div><br></div><div>Un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051724933" rel="noopener noreferrer" target="_blank">d&eacute;cret du 12 juin 2025</a> a prononc&eacute; la dissolution de La Jeune Garde, en m&ecirc;me temps que celle d'un groupe d'extr&ecirc;me droite, Lyon Populaire. Le texte est tr&egrave;s soigneusement motiv&eacute;, observant que "<i>sous couvert d'organiser la d&eacute;fense de ses membres, le groupement provoque &agrave; des agissements violents contre les personnes, en vue d'affrontements avec les groupes adverses d'ultra-droite ; qu'&agrave; cette fin, il organise au profit de ses membres des entrainements aux sports de combat et au &laquo; combat de rue </i>&raquo; ; qu'il galvanise ses membres gr&acirc;ce au recours &agrave; un vocabulaire provoquant ou l&eacute;gitimant la violence envers les groupes adverses". Ce soin dans la motivation est li&eacute; &agrave; l'&eacute;tendue du contr&ocirc;le du juge administratif qui exerce un contr&ocirc;le maximum, et s'assure donc que la dissolution est une mesure proportionn&eacute;e aux n&eacute;cessit&eacute;s de protection de l'ordre public.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><h3><span>Un acte ex&eacute;cutoire</span></h3><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div>Au moment de la mort de <i>Quentin Deranque, La Jeune Garde</i> a fait l'objet d'un d&eacute;cret de dissolution, mais le recours d&eacute;pos&eacute; devant le Conseil d'&Eacute;tat n'a pas encore &eacute;t&eacute; jug&eacute;. On ne doit pas en d&eacute;duire que la dissolution n'est pas effective et que le groupement continuait d'exister jusqu'&agrave; l'arr&ecirc;t du juge. Un acte administratif est en effet imm&eacute;diatement ex&eacute;cutoire, quand bien m&ecirc;me il fait l'objet d'un recours en annulation.</div><div><br></div><div>Force est de constater que <i>La Jeune Garde</i>, dissoute en juin 2025, est toujours active, et toujours dangereuse pour l'ordre public et la s&eacute;curit&eacute; des personne en f&eacute;vrier 2026.&nbsp;</div><div><br></div><div>L&rsquo;autorit&eacute; administrative peut prononcer la dissolution de groupements dont l&rsquo;activit&eacute; constitue une menace imm&eacute;diate pour l&rsquo;ordre public, qu'il s'agisse de groupements constitu&eacute;s sous la forme associative, ou de groupements de fait comme c'est le cas pour <i>La Jeune Garde</i>. Cette dissolution administrative est n&eacute;e apr&egrave;s le 6 f&eacute;vrier 1934, avec la loi du 10 janvier 1936. L&rsquo;activit&eacute; de &laquo; ligues &raquo; arm&eacute;es, souvent violentes et peu respectueuses de l&rsquo;&Eacute;tat de droit, &eacute;tait alors apparue suffisamment dangereuse pour justifier un r&eacute;gime tr&egrave;s restrictif. Il est aujourd&rsquo;hui int&eacute;gr&eacute; dans l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043982161/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article L 212-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</a>. Aujourd&rsquo;hui, les dissolutions administratives concernent diff&eacute;rents types de groupements, ceux qui constituent des groupes de combat ou des milices priv&eacute;es, ceux qui rejettent les valeurs r&eacute;publicaines et provoquent &agrave; la discrimination, &agrave; la haine ou &agrave; la violence raciale, ceux enfin qui provoquent et participent &agrave; des agissements violents &agrave; l'&eacute;gard des personnes et des biens.</div><div><br></div><div><br></div><div></div><br><div><span>Orange m&eacute;canique</span></div><div><span><br></span></div><div><span>Stanley Kubrick. 1971</span></div><div><br></div><h3><span>L'article L 212-1 du code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure&nbsp;</span></h3><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div>Le d&eacute;cret de dissolution de La Jeune Garde s'appuie sur ce dernier motif, introduit dans le code de s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure par la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043964778" rel="noopener noreferrer" target="_blank">loi du 24 ao&ucirc;t 2021 confortant les principes de la R&eacute;publique.</a></div><div><br></div><div>La provocation &agrave; des agissements violents doit alors &ecirc;tre clairement &eacute;tablie. Tel est le cas dans une <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-04-02/492071" rel="noopener noreferrer" target="_blank">ordonnance du juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat rendue le 2 avril 2024</a>, &agrave; propos de la dissolution d'une association <i>La Citadelle</i>, mouvement d'extr&ecirc;me droite faisant ouvertement la promotion de la violence contre les forces de l'ordre. En revanche, dans son <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2023/08/la-dissolution-des-soulevements-de-la.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">ordonnance du 11 ao&ucirc;t 2023</a>, ce m&ecirc;me juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s avait suspendu la dissolution des <i>Soul&egrave;vements de la terre,&nbsp;</i>collectif informel &agrave; l&rsquo;origine de la manifestation violente &agrave; Sainte-Soline. Aux yeux du juge, la responsabilit&eacute; du collectif dans les violences contre les personnes n'&eacute;tait pas &eacute;tablie.</div><div><br></div><div>De son c&ocirc;t&eacute;, la CEDH n'interdit pas ce type de dissolution, mais en contr&ocirc;le le caract&egrave;re &laquo; imp&eacute;rieux et n&eacute;cessaire &raquo;, formule employ&eacute;e dans l&rsquo;<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-106893" rel="noopener noreferrer" target="_blank">arr&ecirc;t du 11 octobre 2011 </a><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-106893" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><i>Association Rhino c. Suisse</i></a>. Est ainsi admise la dissolution par le gouvernement suisse d'un mouvement de protection des squatteurs qui n'h&eacute;sitait pas &agrave; recourir &agrave; la violence. Est &eacute;galement admise, dans une d&eacute;cision <a href="https://juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20090630-2580304-2581704" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><i>Herri Batasuna et Batasuna c. Espagne</i> du 30 juin 2009</a>, la dissolution par le gouvernement espagnol de mouvements autonomistes basques qui faisaient l'apologie de mouvements terroristes et les finan&ccedil;aient.</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><h3><span>La reconstitution de ligue dissoute</span></h3><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div>En l'&eacute;tat actuel du dossier, aucune poursuite n'a &eacute;t&eacute; engag&eacute;e contre les responsables de <i>La Jeune Garde</i> pour reconstitution de ligue dissoute. Sur la base d'un signalement du ministre de l'Int&eacute;rieur d&eacute;non&ccedil;ant une reconstitution "<i>sous forme de structures satellites</i>", une e<a href="https://www.nouvelobs.com/justice/20260225.OBS112690/ouverture-d-une-enquete-pour-soupcons-de-reconstitution-de-la-jeune-garde-ce-que-l-on-sait.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">nqu&ecirc;te est toutefois ouverte par le parquet de Paris</a> et confi&eacute;e &agrave; la section de recherches de la Gendarmerie. Avec l'infraction de reconstitution d'une ligue dissoute, on passe ainsi d'une police administrative &agrave; une proc&eacute;dure purement p&eacute;nale.</div><div><br></div><div><br></div><div>L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043982189/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">article 431-15 du code p&eacute;nal</a> punit de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait de participer au maintien ou &agrave; la reconstitution d'un groupement dissous. Depuis une jurisprudence ancienne du 5 mars 1957, la chambre criminelle consid&egrave;re que ces infractions peuvent s'appliquer dans le cas d'un nouveau groupement recompos&eacute; &agrave; partir de l'ancien et le code p&eacute;nal se r&eacute;f&egrave;re d'ailleurs &agrave; une "<i>reconstitution ouverte ou d&eacute;guis&eacute;e</i>".  Dans le cas de <i>La Jeune Garde</i>, la reconstitution peut donc &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme ouverte. Sur ce point, le soutien affirm&eacute; de <i>La France Insoumise </i>et notamment sa participation &agrave; des &eacute;v&egrave;nements organis&eacute;s par ce parti constitue une preuve incontestable du fait que la d&eacute;cision de dissolution n'a pas &eacute;t&eacute; ex&eacute;cut&eacute;e. Sans le vouloir, les membres de LFI contribuent ainsi &agrave; prouver la reconstitution de <i>La Jeune Garde</i>.</div><div><br></div><div><br></div><div>Sans doute n'est-il pas inutile de noter que la condamnation pour reconstitution de ligue dissoute s'accompagne d'un v&eacute;ritable chapelet de peines compl&eacute;mentaires, parmi lesquelles la privation des droits civiques. Cette pr&eacute;cision n'est pas inutile si l'on consid&egrave;re que le fondateur du groupe est actuellement d&eacute;put&eacute; du Vaucluse.</div><div><br></div><div><br></div><div>A ce stade, il est &eacute;videmment impossible d'envisager les r&eacute;sultats d'une enqu&ecirc;te qui ne fait que commencer.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div>La question de la dissolution de <i>La Jeune Garde </i>pose ainsi, de toute &eacute;vidence, la question de l'efficacit&eacute; la d&eacute;cision administrative. Alors m&ecirc;me que le mouvement n'existe juridiquement plus, certains de ses membres sont actuellement poursuivis pour avoir tu&eacute; un jeune homme, ce qui prouve que malheureusement il existait toujours et n'avait pas renonc&eacute; &agrave; la violence.&nbsp;</div><div><br></div><div><br></div><div>Les groupements extr&eacute;mistes, quelle que soit leur place dans l'&eacute;chiquier politique, sont toujours constitu&eacute;s d'un petit nombre d'activistes violents, d'une grande mobilit&eacute;, fonctionnant en rhizomes, toujours pr&ecirc;ts &agrave; entrer dans une pseudo clandestinit&eacute; comme en t&eacute;moigne leur go&ucirc;t pour les pseudonymes. La dissolution appara&icirc;t alors davantage comme un acte symbolique destin&eacute; &agrave; montrer &agrave; l'opinion que le gouvernement lutte contre ces groupements violents, plut&ocirc;t que comme une d&eacute;cision visant effectivement &agrave; les faire dispara&icirc;tre. Dans le cas de <i>La Jeune Garde</i>, le passage &agrave; la phase p&eacute;nale constitue une &eacute;volution logique. Des poursuites individuelles sont d'abord engag&eacute;es contre les auteurs des violences &agrave; l'origine du d&eacute;c&egrave;s du jeune <i>Quentin</i>. Mais d'autres poursuites sont envisageables, concernant cette fois les dirigeants de <i>La Jeune Garde</i>, pr&eacute;cis&eacute;ment pour reconstitution de ligue dissoute. L'affaire ne fait que commencer.</div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><br></div><div><b>La dissolution des groupements&nbsp;</b>&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/dp/B0CD6GPG8K" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chapitre 12, section 2 &sect; 1 B 3 du manuel de Libert&eacute;s publiques sur internet</a><br></div><div><br></div>]]></content>
	<updated>2026-02-28T22:21:49+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Une commission parlementaire sur l&#039;affaire Epstein ?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 5 f&eacute;vrier 2026, le d&eacute;put&eacute; Antoine L&eacute;aument et les membres du groupe parlementaire LFI ont d&eacute;pos&eacute; ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi4jpLCZcU3HH7-0QNKarEQBVAYQiD5l1Q79GeiRPONuKMPTSfHmaTwjDxRq0FedtnUGpL7SJxFeaJFQaKl2BkEU0Gak9Ov40J9GpRjB132Y9QHXYhX5sA9mcF_lWE7sc1YAn7FGkBgBO3hTQUz2fl5SloezJ6Y91uAUFoBOMa9rjwnm9KPWXEVYJwUiUs/s430/facade-palais-bourbon@0.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi4jpLCZcU3HH7-0QNKarEQBVAYQiD5l1Q79GeiRPONuKMPTSfHmaTwjDxRq0FedtnUGpL7SJxFeaJFQaKl2BkEU0Gak9Ov40J9GpRjB132Y9QHXYhX5sA9mcF_lWE7sc1YAn7FGkBgBO3hTQUz2fl5SloezJ6Y91uAUFoBOMa9rjwnm9KPWXEVYJwUiUs/w230-h186/facade-palais-bourbon@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><br><p><span>Le 5 f&eacute;vrier 2026, le d&eacute;put&eacute; Antoine L&eacute;aument et les membres du groupe parlementaire LFI ont d&eacute;pos&eacute; une <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2452_proposition-resolution#D_Article_unique" target="_blank" rel="noopener noreferrer">proposition de r&eacute;solution visant &agrave; la cr&eacute;ation d'une commission d'enqu&ecirc;te "<i>sur les implications en France de l'affaire Epstein</i>"</a>.On ignore encore ce qu'il adviendra de cette initiative. Peut-&ecirc;tre ne sera-t-elle pas suivie&nbsp;d'effet, mais elle donne l'occasion de s'interroger sur le cadre constitutionnel des commissions d'enqu&ecirc;te et sur leur champ d'intervention lorsque l'objet de l'enqu&ecirc;te touche &agrave; des affaires judiciaires en cours.</span></p><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le cadre constitutionnel&nbsp;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Depuis la r&eacute;vision du 23 juillet 2008, les commissions d'enqu&ecirc;tes figurent formellement dans <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 51-2 de la Constitution</a>. Elles sont rattach&eacute;es &agrave; la mission de contr&ocirc;le et d'&eacute;valuation exerc&eacute;e par le parlement, affirm&eacute;e dans <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 24 </a>et "<i>peuvent &ecirc;tre cr&eacute;&eacute;es au sein de chaque assembl&eacute;e pour recueillir, dans les conditions pr&eacute;vues par la loi, des &eacute;l&eacute;ments d'information</i>".</span></p><p><span>Ces "conditions pr&eacute;vues par la loi" figurent dans<a href="https://vifa-recht.de/r%20recueillir%20des%20%C3%A9l%C3%A9ments%20d'information%20soit%20sur%20des%20faits%20d%C3%A9termin%C3%A9s,%20soit%20sur%20la%20gestion%20des%20services%20publics%20ou%20des%20entreprises%20nationales,%20en%20vue%20de%20soumettre%20leurs%20conclusions%20%C3%A0%20l'assembl%C3%A9e%20qui%20les%20a%20cr%C3%A9%C3%A9es.%20%20Il%20ne%20peut%20%C3%AAtre%20cr%C3%A9%C3%A9%20de%20commission%20d'enqu%C3%AAte%20sur%20des%20faits%20ayant%20donn%C3%A9%20lieu%20%C3%A0%20des%20poursuites%20judiciaires%20et%20aussi%20longtemps%20que%20ces%20poursuites%20sont%20en%20cours." target="_blank" rel="noopener noreferrer"> l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assembl&eacute;es parlementaires</a>. Il y est pr&eacute;cis&eacute; que les commissions d'enqu&ecirc;tes peuvent recueillir des &eacute;l&eacute;ments d'information <i>"soit sur des faits d&eacute;termin&eacute;s, soit sur la gestion des services publics ou des entreprises nationales</i>". Ce champ relativement large est toutefois restreint par le paragraphe suivant qui pr&eacute;cise qu'il ne peut &ecirc;tre cr&eacute;&eacute; de commission d'enqu&ecirc;te "<i>sur des faits ayant donn&eacute; lieu &agrave; des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si la commission a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e, sa mission prend fin d&egrave;s l'ouverture d''une information judiciaire (...)</i>".</span></p><p><span>Sur la base de ce texte, <a href="https://www.bfmtv.com/politique/parlement/une-confusion-des-pouvoirs-yael-braun-pivet-opposee-a-une-commission-d-enquete-parlementaire-sur-l-affaire-epstein_AD-202602100342.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la pr&eacute;sidente de l'Assembl&eacute;e nationale, Ya&euml;l Braun-Pivet, s'est d&eacute;clar&eacute;e oppos&eacute;e &agrave; la cr&eacute;ation d'une commission </a>sur le volet fran&ccedil;ais de l'affaire Epstein, qui entrainerait, selon elle, "<i>une confusion des pouvoirs</i>". A ses yeux, "<i>le parlement ne doit pas &ecirc;tre en concurrence avec la justic</i>e".</span></p><p><span>La jurisprudence du Conseil constitutionnel est pourtant tr&egrave;s impr&eacute;cise sur ce sujet. Certes, la&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2001/2001448DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 25 juillet 2001&nbsp;</a>affirme que l'exercice de sa fonction de contr&ocirc;le par le parlement doit respecter la s&eacute;paration des pouvoirs garantie par l'<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16 de la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789</a>. De m&ecirc;me, la&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2009/2009581DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 25 juin 2009</a>, rendue &agrave; propos d'une modification du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e nationale, pr&eacute;cise que les organes parlementaires ne sauraient exercer de fonction juridictionnelle</span>.</p><p><br></p><div></div><br><p><br></p><p><span>Le Parrain II - Francis Ford Coppola. 1974</span></p><p><span>Audition de Michael Corleone devant le S&eacute;nat</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le &nbsp;verrou de l'article 6</span></h3><p><br></p><p>La jurisprudence du Conseil constitutionnel est pourtant tr&egrave;s impr&eacute;cise sur ce sujet. Certes, la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2001/2001448DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 25 juillet 2001 </a>affirme que l'exercice de sa fonction de contr&ocirc;le par le parlement doit respecter la s&eacute;paration des pouvoirs garantie par l'<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 16 de la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789</a>. De m&ecirc;me, la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2009/2009581DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 25 juin 2009</a>, rendue &agrave; propos d'une modification du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e nationale, pr&eacute;cise que les organes parlementaires ne sauraient exercer de fonction juridictionnelle.</p><p>Toutefois, cette jurisprudence ne porte pas directement sur les commissions d'enqu&ecirc;te. Et le propos de Ya&euml;l Braun-Pivet doit &ecirc;tre nuanc&eacute;, &agrave; la lumi&egrave;re de l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958. En effet, elle pr&eacute;cise que la mission d'une commission prend fin "<i>d&egrave;s l'ouverture d'une information judiciaire</i>". Or, &agrave; ce stade, trois enqu&ecirc;tes sont ouvertes, l'une du PNF sur les agissements de Caroline Lang et de son p&egrave;re, &nbsp;et les deux autres sont des enqu&ecirc;tes cadres ouvertes par la procureure de Paris sur le volet financier et sur les infractions sexuelles. Mais il s'agit, &agrave; chaque fois, d'enqu&ecirc;tes men&eacute;es sous l'autorit&eacute; d'un procureur. Aucune information judiciaire n'a encore &eacute;t&eacute; ouverte. On doit donc en d&eacute;duire que c'est seulement &agrave; ce moment que l'article 6 garantit la primaut&eacute; de l''autorit&eacute; judiciaire.</p><p>Cette analyse est celle de l<a href="https://www.leclubdesjuristes.com/justice/le-parlement-peut-il-enqueter-sur-laffaire-esptein-14274/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">a commission des lois du S&eacute;nat qui affirme</a> qu'une "<i>enqu&ecirc;te de police judiciaire, c'est-&agrave;-dire une enqu&ecirc;te pr&eacute;liminaire diligent&eacute;e par le procureur de la R&eacute;publique (...) ne saurait &ecirc;tre assimil&eacute;e &agrave; une poursuite judiciaire, car, au sens propre du terme, il ne peut y avoir de poursuite judiciaire qu'&agrave; partir du moment o&ugrave; les faits sont port&eacute;s devant une juridiction (....)".</i></p><p>En principe, la r&eacute;solution d&eacute;cidant la cr&eacute;ation d'une commission d'enqu&ecirc;te est transmise au Garde des Sceaux, mais celui ne formule jamais de r&eacute;el veto car ce serait une ing&eacute;rence de l'Ex&eacute;cutif dans le fonctionnement du parlement. Il se borne &agrave; attirer l'attention de l'assembl&eacute;e concern&eacute;e sur l'existence ou non de proc&eacute;dures judiciaires en cours.</p><p>Dans le cas pr&eacute;sent, les d&eacute;put&eacute;s &agrave; l'origine de la r&eacute;solution de cr&eacute;ation d'une commission d'enqu&ecirc;te ont bien pris garde de ne pas mentionner les affaires judiciaires. Ils entendent ainsi "<i>mettre en lumi&egrave;re la nature des r&eacute;seaux Epstein</i>", "<i>identifier les ressortissants fran&ccedil;ais ayant particip&eacute; &agrave; ces r&eacute;seaux</i>" afin de permettre &agrave; la Justice d'engager ensuite des poursuites, "<i>identifier les soutiens logistiques et politiques &eacute;ventuels dont a pu b&eacute;n&eacute;ficier Jeffrey Epstein en France</i>", "<i>faire &eacute;merger la parole des victime</i>s" et enfin "<i>&eacute;valuer les &eacute;ventuelles d&eacute;faillances des services de renseignement et d'enqu&ecirc;te</i>".</p><p>Le texte de r&eacute;solution t&eacute;moigne donc d'une volont&eacute; d'&eacute;valuer d'&eacute;ventuelles d&eacute;faillances pass&eacute;es des services publics, ce qui entre dans les comp&eacute;tences d'une commission d'enqu&ecirc;te. C'est d'ailleurs le sens de <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/divers/texte_reference/02_reglement_assemblee_nationale#D_Article_137_417" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 137 du r&egrave;glement de l'Assembl&eacute;e nationale</a>, qui &eacute;nonce qu'une telle r&eacute;solution "<i>doit d&eacute;terminer avec pr&eacute;cision soit les faits qui donnent lieu &agrave; enqu&ecirc;te, soit les services ou entreprises publics dont la commission doit examiner la gestion</i>".</p><p><br></p><h3><span>Les pr&eacute;c&eacute;dents</span></h3><p><br></p><p>Parmi les nombreuses commissions d'enqu&ecirc;te par l'Assembl&eacute;e nationale, certaines t&eacute;moignent d'une interpr&eacute;tation tr&egrave;s bienveillante du verrou de l'article 6.</p><p>On pourrait &eacute;videmment penser &agrave; la commission d'enqu&ecirc;te sur l'affaire d'Outreau. Mais la situation &eacute;tait tr&egrave;s diff&eacute;rente car elle &eacute;tait post&eacute;rieure aux faits et cherchait donc &agrave; &eacute;valuer les dysfonctionnements judiciaires sans s'int&eacute;resser directement aux personnes qui avaient &eacute;t&eacute; victimes d'une erreur judiciaire. La commission sur l'affaire Benalla avait un champ d'application moins net, d&egrave;s lors que des poursuites judiciaires ont rapidement &eacute;t&eacute; engag&eacute;es. Mais le S&eacute;nat a revendiqu&eacute; un contr&ocirc;le des dysfonctionnements administratif, notamment au regard de la chaine hi&eacute;rarchique au sein des services de s&eacute;curit&eacute; de l'Elys&eacute;e. Le juge p&eacute;nal, quant lui, instruisait une affaire p&eacute;nale et le S&eacute;nat ne s'est pas prononc&eacute; sur d'&eacute;ventuelles responsabilit&eacute;s p&eacute;nales. Dans ce cas, le partage des comp&eacute;tences est garanti par les auditions elles-m&ecirc;mes et l'autocensure des membres de la commission qui s'interdisent toute intervention dans le domaine p&eacute;nal.</p><p>Mais la commission d'enqu&ecirc;te la plus proche de celle actuellement envisag&eacute;e pour l'affaire Epstein demeure celle relative aux violences &agrave; Notre-Dame de B&eacute;tharram. Certes, elle portait sur des faits susceptibles de constituer des infractions p&eacute;nales, mais elle s'est focalis&eacute;e sur les d&eacute;faillances institutionnelles des m&eacute;canismes de contr&ocirc;le de la protection des enfants, sur l'absence totale de vigilance administrative alors que les violences pratiqu&eacute;es &agrave; B&eacute;tharram &eacute;taient largement connues et d&eacute;nonc&eacute;es.</p><p>L'affaire Epstein, mutatis mutandis, n'est pas &eacute;loign&eacute;e de la situation de B&eacute;tharram. Il s'agit en effet d'examiner des faits susceptibles d'infractions p&eacute;nales, mais au seul regard de l'identification du r&eacute;seau Epstein et des d&eacute;faillances de certaines institutions de contr&ocirc;le.</p><p>La pratique des commissions d'enqu&ecirc;te ne repose donc pas sur une logique qui interdirait la moindre connexit&eacute; avec une ou plusieurs affaires judiciaires. D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, il ne s'agit pas de s'ing&eacute;rer dans des poursuites p&eacute;nales individuelles, mais plut&ocirc;t d'&eacute;valuer l'environnement qui a permis la commission des infractions, approche contextuelle qui est loin d'&ecirc;tre inutile. Une commission d'enqu&ecirc;te pourrait ainsi contribuer &agrave; lever le voile sur une affaire particuli&egrave;rement opaque. Sans doute devrait-elle reposer sur l'initiative de la repr&eacute;sentation nationale dans son ensemble et pas sur celle d'un seul groupe parlementaire.</p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-02-25T19:37:50+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Quand le Conseil d&#039;État sauve une vie</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat a rendu, le 19 f&eacute;vrier 2026, une ordonnance qui suspend l'arr&ecirc;...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiS681jQzA1n_fOM_guy091EzzmPvBs_vEVnOGpbgKBqHS2_k3rXITtZUdko_HFeR7mF0BN5seVXMqvJqI5YIYH7iTI8t1JxxsJOKHHCnjpU2yQ6ehQQjKPnyMys7bgENdcE7U-Quk4HCrj4ZOpYKGOJ-JT7PZjUdZc0f0KnAx_Unvgtu9-3yY2lzQXXBA/s364/Animaux.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiS681jQzA1n_fOM_guy091EzzmPvBs_vEVnOGpbgKBqHS2_k3rXITtZUdko_HFeR7mF0BN5seVXMqvJqI5YIYH7iTI8t1JxxsJOKHHCnjpU2yQ6ehQQjKPnyMys7bgENdcE7U-Quk4HCrj4ZOpYKGOJ-JT7PZjUdZc0f0KnAx_Unvgtu9-3yY2lzQXXBA/w185-h215/Animaux.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Le <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-02-19/511614" target="_blank" rel="noopener noreferrer">juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat a rendu, le 19 f&eacute;vrier 2026, une ordonnance </a>qui suspend l'arr&ecirc;t&eacute; d'un maire ordonnant l'euthanasie d'un chien. <i>Tokyo</i>, une chienne berger malinois, recueillie depuis 2021 par l'association <i>Soci&eacute;t&eacute; Protectrice des Animaux du Roannais,</i> avait en effet eu la tr&egrave;s mauvaise id&eacute;e de mordre un policier municipal circulant &agrave; v&eacute;lo en novembre 2025. Au moment des faits la b&eacute;n&eacute;vole charg&eacute;e de la promener en for&ecirc;t avait pos&eacute; la laisse au sol pour t&eacute;l&eacute;phoner.</div></span><p></p><p><span>Le maire de Roanne, estimant que l'animal pr&eacute;sentait un danger grave et imm&eacute;diat, a ordonn&eacute; &agrave; l'association de proc&eacute;der &agrave; son euthanasie dans un d&eacute;lai de huit jours. Pour faire suspendre cette d&eacute;cision, la SPA a saisi le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Tribunal administratif de Lyon qui a&nbsp;rejet&eacute; sa demande le 31 d&eacute;cembre 2025.Heureusement pour elle, <i>Tokyo</i> a &eacute;t&eacute; mieux trait&eacute;e par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat qui lui sauve la vie en suspendant la d&eacute;cision du maire.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit de propri&eacute;t&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'apport essentiel de la d&eacute;cision tient dans le fondement du r&eacute;f&eacute;r&eacute;-libert&eacute;, telle qu'il figure dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449327" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 521-2 du code de justice administrative</a>.</span></p><p><span>De fa&ccedil;on tr&egrave;s traditionnelle, le juge commence par affirmer une grave atteinte au droit de propri&eacute;t&eacute; et, en l'esp&egrave;ce, la SPA est propri&eacute;taire de la chienne.Cette approche patrimoniale de l'animal de compagnie est ancienne et n'a pas disparu aujourd'hui. L'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006428711/1999-01-07/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 528 du code civil </a>mentionne ainsi que "<i>sont meubles par leur nature les animaux et les corps qui peuvent se transporter d'un lieu &agrave; un autre</i>".&nbsp;</span></p><p><span>Cette qualification de l'animal domestique comme un bien dont le ma&icirc;tre est propri&eacute;taire a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e tr&egrave;s r&eacute;cemment par la Cour de justice de l'Union europ&eacute;enne (CJUE). Dans une <a href="https://juricaf.org/arret/CJUE-COURDEJUSTICEDELUNIONEUROPEENNE-20251016-C21824" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Felicisima c. Iberia </i>du 16 octobre 2025</a>, elle juge en effet qu'un animal transport&eacute; par avion peut &ecirc;tre qualifi&eacute; juridiquement de bagage au sens de la <a href="https://eur-lex.europa.eu/eli/convention/2001/539/oj/fra" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Convention de Montr&eacute;al sur le transport a&eacute;rie</a>n.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgfw7aQe1LxflAufuv_YtaT6_7VeSNqr6rAo-USQ6Z4Lo3ktcXxVOf3JkzAGH7AFT5U4mYcjX6wkKLt-6lVXT2Rzvv0zJ-pR6CGrqYBMmkPaHq-GbyBZX5aMbdpsBnrOMGQ2uUKwNeJrhs5Esle04OvBjNOk7fyTXGePR-xtXcLzUo9drGkhOUxDXNTp5E/s2084/M.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgfw7aQe1LxflAufuv_YtaT6_7VeSNqr6rAo-USQ6Z4Lo3ktcXxVOf3JkzAGH7AFT5U4mYcjX6wkKLt-6lVXT2Rzvv0zJ-pR6CGrqYBMmkPaHq-GbyBZX5aMbdpsBnrOMGQ2uUKwNeJrhs5Esle04OvBjNOk7fyTXGePR-xtXcLzUo9drGkhOUxDXNTp5E/w452-h610/M.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Le chien&nbsp;Minnay. Edouard Manet. 1879</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit au respect de la vie priv&eacute;e</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans son ordonnance du 19 f&eacute;vrier 2026, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat reconna&icirc;t certes que la d&eacute;cision d'euthanasier une chienne porte atteinte au droit de propri&eacute;t&eacute;, mais il ajoute une autre atteinte, cette fois au droit au respect de sa vie priv&eacute;e. Et il pr&eacute;cise que l'atteinte &agrave; ce droit r&eacute;sulte "<i>du lien affectif particulier &eacute;tabli"</i> avec l'animal.</span></p><p><span>Cette analyse n'a plus rien &agrave; avoir avec le droit de propri&eacute;t&eacute;, mais avec le statut civil de l'animal d&eacute;fini par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000030250342/2021-12-10" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 515-14 du code civi</a>l, issu de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000030248562" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 16 f&eacute;vrier 2015. </a>Elle &eacute;nonce que "<i>les animaux sont des &ecirc;tres vivants dou&eacute;s de sensibilit&eacute;</i>", tout en demeurant soumis au r&eacute;gime des biens.</span></p><p><span>Quant au code p&eacute;nal, il ne se prononce pas sur la nature juridique de l'animal mais consacre un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006149860/#LEGISCTA000044394135" target="_blank" rel="noopener noreferrer">titre sp&eacute;cifique</a> aux infractions dont il peut &ecirc;tre victime. Elles ne figurent donc ni parmi les atteintes aux personnes, ni parmi les atteintes aux biens. Les s&eacute;vices graves inflig&eacute;s aux animaux sont r&eacute;prim&eacute;s par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044394119" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 521-1</a> de deux d'emprisonnement et 30 000 &euro; d'amende. Ce texte permet de sanctionner certains pratiques particuli&egrave;rement choquantes. C'est ainsi qu'<a href="https://www.20minutes.fr/justice/4159680-20250620-mulhouse-an-prison-ferme-avoir-mutile-chien-trainant-sol-voiture" target="_blank" rel="noopener noreferrer">une personne a &eacute;t&eacute; condamn&eacute;e &agrave; un an de prison de ferme</a>&nbsp;Le 20 juin 2025 par le tribunal correctionnel de Mulhouse et &agrave; une interdiction d&eacute;finitive de d&eacute;tenir un animal pour avoir train&eacute; son chien derri&egrave;re sa voiture. L'animal, un berge belge, avait d&ucirc; &ecirc;tre amput&eacute; d'une patte apr&egrave;s ces graves s&eacute;vices.</span></p><p><span>L'&eacute;tat actuel du droit se caract&eacute;rise ainsi par un double mouvement. D'une part, la logique patrimoniale est maintenue et l'animal est prot&eacute;g&eacute; en quelque sorte par ricochet &agrave; travers les obligations qui p&egrave;sent sur son propri&eacute;taire. D'autre part, on voit s'introduire une autre logique de reconnaissance de la sensibilit&eacute; propre de l'animal qui justifie que le juge de l'urgence exerce un contr&ocirc;le approfondi sur les mesures prises &agrave; son encontre.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Un contr&ocirc;le approfondi</span></h3><p></p><div><span><br></span></div><span><div>En l'esp&egrave;ce, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat exerce un contr&ocirc;le maximum<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000042606106?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> sur la d&eacute;cision d'ordonner l'euthanasie du chien. Dans une </a><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000042606106?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance du 1er d&eacute;cembre 2020,</a> il avait d'ailleurs d&eacute;j&agrave; admis qu'une telle d&eacute;cision pouvait &ecirc;tre examin&eacute;e au regard des libert&eacute;s fondamentales. A l'&eacute;poque, le juge avait consid&eacute;r&eacute; que la d&eacute;cision n'&eacute;tait pas disproportionn&eacute;e au regard de la menace pour l'ordre public, le chien &eacute;tant class&eacute; dans la cat&eacute;gorie des chiens dangereux, les pitbulls. Quant &agrave; son propri&eacute;taire, il avait un casier judiciaire abondamment document&eacute;.</div></span><p></p><p><span>Aujourd'hui, la situation est bien diff&eacute;rente, et le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s examine en particulier l'&eacute;valuation v&eacute;t&eacute;rinaire de <i>Tokyo</i>. Il fait observer que la chienne pouvait certes &ecirc;tre tent&eacute;e de mordre dans certaines situations, sans doute en raison d'un ancien dressage. Mais il rel&egrave;ve une capacit&eacute; de contr&ocirc;le et trouve la chienne calme, sociable et d&eacute;pourvue d'agressivit&eacute;. En conclusion, il consid&egrave;re que ce type d'&eacute;v&egrave;nement ne devrait plus se produire si la chienne &eacute;tait musel&eacute;e et tenue en laisse durant les sorties, gard&eacute;e en logement et jardin clos. L'euthanasie n'est donc pas utile si ses propri&eacute;taires la gardent &agrave; l'abri des stimulations f&acirc;cheuses.</span></p><p><span>Le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s en d&eacute;duit que la mesure d'euthanasie est excessive au regard du danger que repr&eacute;sente la chienne, et disproportionn&eacute;e au regard de l'attachement de l'attachement que lui porte le personnel de la SPA.&nbsp;</span></p><p><span>L'ordonnance du 19 f&eacute;vrier 2026 sauve donc une vie et va dans le sens d'un renforcement de la protection des animaux. Elle t&eacute;moigne cependant d'un droit en transition. L'animal n'est plus tout &agrave; fait une&nbsp;simple chose, mais il n'est pas non plus un v&eacute;ritable sujet de droit. Son statut juridique est en &eacute;volution et sa protection est devenue une v&eacute;ritable pr&eacute;occupation, m&ecirc;me si certains probl&egrave;mes tels que le maintien des corridas et de la chasse &agrave; courre ne sont pas s&eacute;rieusement &eacute;voqu&eacute;s. Il n'en demeure pas moins que <i>Tokyo</i> a contribu&eacute;, &agrave; sa mani&egrave;re, &agrave; faire &eacute;voluer le droit. On lui souhaite longue vie avec croquettes et caresses en abondance, et on lui conseille d'&eacute;viter &agrave; l'avenir les policiers municipaux.</span></p><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p><span><br></span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-02-22T19:42:49+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La disparition progressive du jury populaire ou la fin de la justice démocratique</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La justice criminelle fran&ccedil;aise repose largement sur la tradition du jury populaire. Introduit par l...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjM75fhIb_BJPQMbq-k5SiWZU43KDaVXgUyeTT6ajBTAyt5bMliQ4-WenFTejeOqV8XqK51xaVmMi_OHHUl-sDXVYMNrgEkExZSdHqQosIWV10yAVLS-zEcK5NNUqZ2BHdeeYtUwTv_iA8fmP2BvirF0mfn9iXw3zuJVnhQf9CvRs25AvprHSahw4qQD2A/s548/pe%CC%81nal%202.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjM75fhIb_BJPQMbq-k5SiWZU43KDaVXgUyeTT6ajBTAyt5bMliQ4-WenFTejeOqV8XqK51xaVmMi_OHHUl-sDXVYMNrgEkExZSdHqQosIWV10yAVLS-zEcK5NNUqZ2BHdeeYtUwTv_iA8fmP2BvirF0mfn9iXw3zuJVnhQf9CvRs25AvprHSahw4qQD2A/w180-h187/pe%CC%81nal%202.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div>La justice criminelle fran&ccedil;aise repose largement sur la tradition du jury populaire. Introduit par la <a href="https://journals.openedition.org/cjm/1866" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi des 16-29 septembre 1791</a>, il &eacute;tait per&ccedil;u comme une v&eacute;ritable rupture avec une justice d'Ancien R&eacute;gime marqu&eacute;e par l'arbitraire des magistrats. Il incarnait aussi la volont&eacute; nouvelle d'associer le peuple souverain &agrave; l'exercice de la justice p&eacute;nale. L'id&eacute;e dominante &eacute;tait que le crime, pr&eacute;sent&eacute; comme une atteinte au corps social, devait &ecirc;tre jug&eacute; par les citoyens. A cette &eacute;poque, le jury populaire intervenait &agrave; la fois pour l'accusation et pour le jugement.&nbsp;</div><p></p><p>Les choses ont bien chang&eacute;.&nbsp; Cette conception d&eacute;mocratique de la justice dispara&icirc;t peu &agrave; peu, et avec elle le jury populaire.&nbsp;</p><p>Cette disparition prend la forme d'un effacement progressif, une r&eacute;duction du champ d'intervention du jury populaire. Il n'est pas directement supprim&eacute;, et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006576147/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 296 du code p&eacute;nal </a>demeure inchang&eacute;, pr&eacute;voyant les modalit&eacute;s de sa constitution par tirage au sort. Les articles suivants d&eacute;finissent leur participation au d&eacute;lib&eacute;r&eacute;, aux d&eacute;cisions sur la culpabilit&eacute; et la peine. Mais cette construction devient r&eacute;siduelle et on multiplie d&eacute;sormais les juridictions criminelles compos&eacute;es de magistrats professionnels.</p><p><br></p><h2><span>Les premi&egrave;res exceptions</span></h2><p><br></p><p>Les premi&egrave;res atteintes au jury populaire sont cr&eacute;&eacute;es officiellement pour ne pas exposer ses membres &agrave; des menaces des milieux criminels. En mati&egrave;re terroriste, la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000693912" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi du 9 septembre 1986</a>, figurant aujourd'hui dans les <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042919859" target="_blank" rel="noopener noreferrer">articles 706-16 et suivants du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a>, cr&eacute;e une cour d&rsquo;assises sp&eacute;ciale compos&eacute;e exclusivement de magistrats professionnels. Par la suite, la criminalit&eacute; organis&eacute;e et le trafic de stup&eacute;fiants ont connu la m&ecirc;me &eacute;volution dans une succession de lois, dont la plus importante est sans doute la<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFSCTA000000906195" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> loi Perben du 9 mars 2004 portant adaptation de la Justice aux &eacute;volutions de la criminalit&eacute;</a>.</p><p>Dans les deux cas, les justifications apport&eacute;es sont identiques. On invoque le risque de pression sur les jur&eacute;s, rendant pr&eacute;f&eacute;rable l'intervention de magistrats professionnels, mais aussi le secret des enqu&ecirc;tes, la technicit&eacute; des dossiers. Ce recours &agrave; des cours d'assises sp&eacute;ciales a &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute; conforme &agrave; la Constitution par le <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1986/86213DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil constitutionnel le 3 septembre 1986, </a>&agrave; propos des dispositions anti-terroristes.</p><p><br></p><div></div><br><p><span>Les bonnes causes. Christian-Jaque. 1963</span></p><p><span>Bourvil, Marina Vlady et Pierre Brasseur</span></p><p><span>Dialogues de Henri Jeanson</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La r&eacute;duction du r&ocirc;le du jury dans les cours d'assises</span></h3><p><br></p><p>En m&ecirc;me temps, un certain nombre de r&eacute;formes visaient &agrave; renforcer le r&ocirc;le des magistrats professionnels au sei<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000498439" target="_blank" rel="noopener noreferrer">n m&ecirc;me des cours d'assises ordinaires. On peut &eacute;videmment &eacute;voquer la </a>r&eacute;forme du 25 novembre 1941, maintenue apr&egrave;s la Lib&eacute;ration, qui impose la participation des magistrats au d&eacute;lib&eacute;r&eacute; et fait passer le nombre de jur&eacute;s populaires aux assises de 12 &agrave; 9, mais l'impact de cette derni&egrave;re &eacute;volution demeure sans doute limit&eacute;.</p><p>En revanche, m&ecirc;me s'il s'agit d'une r&eacute;forme favorable aux droits de la d&eacute;fense, l'obligation de motiver les d&eacute;cisions des cours d'assises renforce certainement le poids des magistrats professionnels, et notamment du pr&eacute;sident de la cour. Cette motivation est pr&eacute;sent&eacute;e par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) comme un &eacute;l&eacute;ment du proc&egrave;s &eacute;quitable. Dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-101738" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Taxquet c. Belgique&nbsp;</i>du 16 novembre 2010</a>,&nbsp;la Cour, r&eacute;unie en Grande Chambre, justifie cette motivation par le fait que l'accus&eacute; doit pouvoir comprendre les raisons de sa condamnation. Par la suite, la France a &eacute;t&eacute; directement mise en cause par la <a href="https://juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20130110-001115847" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Agnelet </i>du 10 janvier 2013</a>. Heureusement, elle n'avait pas attendu sa condamnation pour voter la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/JORFTEXT000024456769/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 10 ao&ucirc;t 2011 </a>qui impose la motivation des cours d'assises. On peut penser que l'obligation de remplir une "<i>feuille de motivation</i>" renforce le r&ocirc;le du pr&eacute;sident de la cour d'assises au d&eacute;triment de celui du jury populaire.</p><p><br></p><h3><span>L'abandon du jury populaire : les cours criminelles</span></h3><p></p><h4><br></h4><div>La disparition des cours d'assises a &eacute;t&eacute; r&eacute;ellement amorc&eacute;e avec la cr&eacute;ation des cours criminelles. A l'occasion des <a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/les-chantiers-de-la-justice-le-dossier-de-presse" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chantiers de la Justice </a>ouverts en octobre 2017, le Premier ministre de l'&eacute;poque Edouard Philippe, flanqu&eacute; d'une ministre de la Justice aujourd'hui quelque peu oubli&eacute;e, Nicole Belloubet, annonce une "<i>concertation</i>" avec les acteurs de terrain pour que l'institution judiciaire r&eacute;ponde "<i>efficacement aux atteintes des justiciables et de ceux qui rendent la justice chaque jour</i>".&nbsp;</div><div><br></div><div>La concertation n'a jamais eu lieu, mais <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000038261740" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la loi <i>Belloubet</i> du 23 mars 2019 </a>engage tout de m&ecirc;me l'exp&eacute;rimentation des cours criminelles d&eacute;partementales (CCD) compos&eacute;es de magistrats professionnels et comp&eacute;tentes pour juger de crimes passibles de peines allant de 15 &agrave; 20 ans selon les cas. Demeurent de la comp&eacute;tence des cours d'assises "&agrave; l'ancienne" les crimes passibles de 30 ans de prison ou de la r&eacute;clusion &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; ainsi que ceux commis en &eacute;tat de r&eacute;cidive l&eacute;gale. Les audiences ont commenc&eacute; en septembre 2019 dans neuf d&eacute;partements, &eacute;largis &agrave; trente puis trente-six en ao&ucirc;t 2020. Finalement la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044545992" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 22 d&eacute;cembre 2022</a> g&eacute;n&eacute;ralise la r&eacute;forme &agrave; compter du 1er janvier 2023.</div><div><br></div><div>On se souvient qu'en 2020, l'avocat &Eacute;ric Dupond-Moretti s'indignait de "<i>la mort de la Cour d'assises (...) La justice dans ce pays est rendue au nom du peuple fran&ccedil;ais et le peuple en est exclu (...)</i>, et d&eacute;plorant que le Barreau n'ait pas &eacute;t&eacute; consult&eacute;. Ce m&ecirc;me &Eacute;ric Dupond-Moretti, devenu Garde des Sceaux, d&eacute;cide ensuite la g&eacute;n&eacute;ralisation des cours criminelles. Un peu embarrass&eacute;, juste un peu, il d&eacute;clare "<i>avoir obtenu des assurances du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique qui aime le jury populaire</i>", sans doute au point de le faire dispara&icirc;tre.</div><div><br></div><div><br></div><h3><span>D&eacute;mocratie v. Efficacit&eacute;</span></h3><div><br></div><div><br></div><div>Trois ans apr&egrave;s leur g&eacute;n&eacute;ralisation, il faut reconna&icirc;tre que les cours criminelles sont un d&eacute;sastre. On d&eacute;plore d&eacute;sormais une justice p&eacute;nale &agrave; deux vitesses. Les crimes ordinaires sont jug&eacute;s par des professionnels lors de sessions rapidement men&eacute;es. Les crimes les plus graves restent de la comp&eacute;tence de la cour d'assises et b&eacute;n&eacute;ficient d'un temps plus long impliquant un meilleur exercice des droits de la d&eacute;fense et une meilleure &eacute;coute des victimes. Et pr&eacute;cis&eacute;ment, le viol qui exigerait une telle &eacute;coute, rel&egrave;ve en g&eacute;n&eacute;ral de la comp&eacute;tence des cours criminelles. Surtout, l'argument d'efficacit&eacute; s'est auto-d&eacute;truit, car la justice n'est pas plus rapide qu'auparavant et l'encombrement de l'appel conduit &agrave; une forme de thrombose de la justice p&eacute;nale. Le sentiment qui domine est celui d'une justice rendue &agrave;-la-va-vite selon des formes bureaucratiques, et destin&eacute;e d'abord &agrave; r&eacute;duire les co&ucirc;ts.</div><div><br></div><div>Cet &eacute;chec appara&icirc;t d'autant plus lourd qu'il sacrifie le mod&egrave;le d&eacute;mocratique de la justice criminelle, supprim&eacute; d'un trait de plume sans r&eacute;flexion pr&eacute;alable. Et l'on doit reconna&icirc;tre que le Conseil constitutionnel n'a rien fait pour prot&eacute;ger cette justice d&eacute;mocratique. Apr&egrave;s avoir admis la constitutionnalit&eacute; des cours d'assises sp&eacute;ciales pour les crimes terroristes en 1986, il a admis l'exp&eacute;rimentation des cours criminelles dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019778DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 21 mars 2019 </a>avant d'admettre leur g&eacute;n&eacute;ralisation dans une <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/20231069_1070QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 24 novembre 2023.</a></div><div><br></div><div>Le Conseil constitutionnel, parfois si tatillon dans certains domaines, semble donc bien peu int&eacute;ress&eacute; par le caract&egrave;re d&eacute;mocratique de la justice p&eacute;nale qu'il sacrifie volontiers &agrave; une efficacit&eacute; purement d&eacute;claratoire. Les r&eacute;sultats de cette &eacute;volution sont la perte de la l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique de la r&eacute;pression p&eacute;nale, le d&eacute;clin de la participation des citoyens &agrave; la justice et la d&eacute;nonciation d'un arbitraire judiciaire largement fantasm&eacute;.&nbsp;</div><div><br></div><div>Plus largement, et au-del&agrave; du probl&egrave;me de la justice, cet abandon du jury populaire t&eacute;moigne d'un&nbsp; autre abandon, celui du principe d&eacute;mocratique lui-m&ecirc;me. On n'oppose plus d&eacute;sormais la d&eacute;mocratie au despotisme ou au totalitarisme. On oppose la d&eacute;mocratie &agrave; l'efficacit&eacute;, ce qui signifie que l'on est pr&ecirc;t &agrave; consentir au d&eacute;clin de la d&eacute;mocratie en &eacute;change d'un petit gain d'efficacit&eacute;. Une parfaite illustration du d&eacute;clin du principe d&eacute;mocratique, dans l'indiff&eacute;rence g&eacute;n&eacute;rale.</div><div><br></div><div><h3><span><b>Le droit au juge&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;4&nbsp;section 2 &sect; A&nbsp;</span></span></h3></div><div><br></div><div><br></div>]]></content>
	<updated>2026-02-18T18:58:28+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Avis aux acheteurs de biens nationaux !</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t rendu par le Conseil d'&Eacute;tat le 13 f&eacute;vrier 2026 admet la l&eacute;galit&eacute; d'un refus de certificat d'...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEidcGzNcjLNBWnXpMK342T1yatw827BAn3kL-Eujd43u6HhyphenhyphenddMuLva4Qd1ckFcgE2aVphzdjigPQOACEgfWoB5KEm90A_VnhYULMsNpT2pyJVNaHQwrPnsuuIq7XgR2R38Q9ssuPAUPD21eBvQ4_DK5B34z2b5SHuTYDaBjIBWeUWQtrDvhp-AEqvlH80/s200/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEidcGzNcjLNBWnXpMK342T1yatw827BAn3kL-Eujd43u6HhyphenhyphenddMuLva4Qd1ckFcgE2aVphzdjigPQOACEgfWoB5KEm90A_VnhYULMsNpT2pyJVNaHQwrPnsuuIq7XgR2R38Q9ssuPAUPD21eBvQ4_DK5B34z2b5SHuTYDaBjIBWeUWQtrDvhp-AEqvlH80/s1600/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-02-13/497557" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t rendu par le Conseil d'&Eacute;tat le 13 f&eacute;vrier 2026 </a>admet la l&eacute;galit&eacute; d'un refus de certificat d'exportation concernant deux sculptures de la Renaissance attribu&eacute;es &agrave; Germain Pilon et qui avaient orn&eacute; le tombeau de Jean de Morvillier. De cette s&eacute;pulture, initialement situ&eacute;e dans le couvent de Cordeliers de Blois, et aujourd'hui disparue, il ne reste qu'un buste de Germain Pilon repr&eacute;sentant le d&eacute;funt, conserv&eacute; au mus&eacute;e de Beaux-Arts d'Orl&eacute;ans. Il n'est pas contest&eacute; que cette red&eacute;couverte de deux autres &eacute;l&eacute;ments de ce tombeau disparu pr&eacute;sente une tr&egrave;s grande valeur patrimoniale.</div></span><p></p><p><span>Elle intervient tr&egrave;s pr&eacute;cis&eacute;ment au moment o&ugrave; les actuels d&eacute;tenteurs de ces "<i>figures f&eacute;minines aux bras crois&eacute;s</i>" ont voulu les vendre, et ont demand&eacute; un certificat d'exportation. Ces oeuvres avaient en effet &eacute;t&eacute; oubli&eacute;es, conserv&eacute;es dans la m&ecirc;me famille depuis 1792, date &agrave; laquelle un anc&ecirc;tre les avait achet&eacute;es comme biens nationaux. Cette d&eacute;cision de vendre le bien entraine aujourd'hui la perte de ces oeuvres, car l'administration refuse le certificat au motif que les bustes rel&egrave;vent de la domanialit&eacute; publique. Leur l&eacute;gitime et unique propri&eacute;taire est donc l'&Eacute;tat.</span></p><p><span>Apr&egrave;s avoir vainement contest&eacute; ce refus devant le tribunal administratif de Paris le 17 f&eacute;vrier 2023, puis devant la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000049890886" target="_blank" rel="noopener noreferrer">cour administrative d'appel de paris le 5 juillet 2024</a>, le recours en cassation des descendants de l'acheteur de biens nationaux est aujourd'hui &eacute;cart&eacute;.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La consolidation du principe d'inali&eacute;nabilit&eacute;</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t s'inscrit dans la continuit&eacute; du principe fondamental d'inali&eacute;nabilit&eacute; du domaine public. Figurent ainsi dans les visas de la d&eacute;cision du 13 f&eacute;vrier 2026 le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cret_des_biens_du_clerg%C3%A9_mis_%C3%A0_la_disposition_de_la_Nation" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 2 novembre 1789 </a>ainsi que les deux d&eacute;crets des 22 novembre et 1er d&eacute;cembre 1790. Le premier pr&eacute;voit "<i>que tous les biens eccl&eacute;siastiques sont &agrave; la disposition de la nation, &agrave; la charge de pourvoir d'une mani&egrave;re convenable aux frais du culte, &agrave; l'entretien de ses ministres et au soulagement des pauvres (...)</i>. Les deux suivants d&eacute;cident l'inali&eacute;nabilit&eacute; du domaine national, sauf autorisation l&eacute;gislative et leur ensemble constituent l'amorce d'un v&eacute;ritable code de la domanialit&eacute; publique. Aujourd'hui, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361404" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article L 3111-1 du code de la propri&eacute;t&eacute; des personnes publiques</a> consacre l'inali&eacute;nabilit&eacute; et l'imprescriptibilit&eacute; des biens qui rel&egrave;vent du domaine public</span></p><p><span>Alors m&ecirc;me que les deux sculptures rel&egrave;vent de la nationalisation r&eacute;volutionnaire, le Conseil d'&Eacute;tat rappelle qu'elles demeurent une propri&eacute;t&eacute; publique tant qu'un d&eacute;classement ou une autorisation d'ali&eacute;nation n'est pas &eacute;tabli.</span></p><p><span>Ces principes s'appliquent tant au domaine public immobilier et mobilier, et les biens culturels font l'objet d'une protection particuli&egrave;rement attentive.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPjDN7MOYXbM3KwUEn1LUEWQ8X4B7xgF4zG068P7HuiWvV1_biH9-GCZw2H4KzejkvmfnLbQ7OcyMdmiXJyaG7VCfmgCqey4VlfCVtKBewYy8v62ZfDVSMC0tpZjq_637ySOWBkb_xMUV-EQtHJw6A1OK1zKNQfrc12iGiczgzq_oO7m0vkAspD-Vh-Cw/s1066/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-14%20a%CC%80%2020.37.26.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPjDN7MOYXbM3KwUEn1LUEWQ8X4B7xgF4zG068P7HuiWvV1_biH9-GCZw2H4KzejkvmfnLbQ7OcyMdmiXJyaG7VCfmgCqey4VlfCVtKBewYy8v62ZfDVSMC0tpZjq_637ySOWBkb_xMUV-EQtHJw6A1OK1zKNQfrc12iGiczgzq_oO7m0vkAspD-Vh-Cw/w449-h378/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-14%20a%CC%80%2020.37.26.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Figures f&eacute;minines aux bras crois&eacute;s. Germain Pilon. 1577</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Une pr&eacute;somption d'appartenance au domaine public</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t du 13 f&eacute;vrier 2026 admet que l'administration se fonde sur des pr&eacute;somptions graves et concordantes pour suspendre l'instruction d'une demande d'exportation. En l'esp&egrave;ce, elle avait en effet demand&eacute; aux actuels possesseurs des deux sculptures de d&eacute;montrer la lic&eacute;it&eacute; de leur provenance, par exemple en fournissant la preuve de leur d&eacute;classement.</span></p><p><span>Cette mesure s'inscrit dans un droit positif qui se veut tr&egrave;s protecteur du patrimoine. C'est ainsi que les <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074236/LEGISCTA000006159928/#LEGISCTA000006159928" target="_blank" rel="noopener noreferrer">articles L 111-1 et suivants du code du patrimoine</a> pr&eacute;voient un r&eacute;gime relativement restrictif de la circulation des biens culturels, avec notamment le r&eacute;gime des tr&eacute;sors nationaux et celui du <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006845449" target="_blank" rel="noopener noreferrer">certificat d'exportation </a>en cause dans le pr&eacute;sent arr&ecirc;t. Selon l'article L 111-3-1 de ce m&ecirc;me code, l'instruction de la demande de ce certificat d'exportation peut "&ecirc;<i>tre suspendue s'il existe des pr&eacute;somptions graves et concordantes que le bien appartient au domaine public"</i>.&nbsp;</span></p><p><span><span>La charge de la preuve est donc renvers&eacute;e et l'on peut ainsi affirmer que le doute profite au domaine public. Les possesseurs de s&nbsp;</span><span>"</span><i>figures f&eacute;minines aux bras crois&eacute;s</i><span>" n'ont pas pu d&eacute;montrer leur ali&eacute;nabilit&eacute; et elles rel&egrave;vent donc de la domanialit&eacute; publique.</span></span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'int&eacute;r&ecirc;t patrimonial sup&eacute;rieur aux int&eacute;r&ecirc;ts individuels</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Cette pr&eacute;somption favorable &agrave; la domanialit&eacute; renforce ainsi la s&eacute;curit&eacute; juridique du patrimoine. Sur ce point, le Conseil d'&Eacute;tat se situe dans la ligne de la jurisprudence de la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme. Dans l<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-63031" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'arr&ecirc;t <i>Beyeler c. Italie</i> du 5 janvier 2000</a>, la Grande Chambre reconna&icirc;t ainsi que l'existence d'un droit de pr&eacute;emption d'une oeuvre d'art par l'&Eacute;tat ne porte pas une atteinte excessive au droit de propri&eacute;t&eacute;, &agrave; la condition toutefois que l'administration ne fasse pas trainer la proc&eacute;dure plus de cinq ann&eacute;es, comme c'&eacute;tait le cas pour le tableau de Van Gogh du requ&eacute;rant. De la m&ecirc;me mani&egrave;re, la CEDH estime dans sa <a href="https://juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20090219-233403" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Kozacioglu c. Turqui</i>e du 19 f&eacute;vrier 2009</a> que "<i>la protection du patrimoine culturel d'un pays constitue un but l&eacute;gitime propre &agrave; justifier l'expression par l'&Eacute;tat d'un immeuble class&eacute; bien culturel</i>". L'int&eacute;r&ecirc;t patrimonial justifie ainsi des mesures d'ing&eacute;rence dans la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e et les &Eacute;tats b&eacute;n&eacute;ficient d'une large autonomie dans ce domaine.</span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel n'a pas r&eacute;ellement consacr&eacute; cet int&eacute;r&ecirc;t patrimonial comme un principe constitutionnel. Mais il le prot&egrave;ge n&eacute;anmoins au nom de l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Dans </span><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2009/2009599DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">une d&eacute;cision du 29 d&eacute;cembre 2009,</a><span>&nbsp;il d&eacute;cide ainsi que le l&eacute;gislateur peut instaurer des dispositifs fiscaux pour pr&eacute;server le patrimoine public, au nom de l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Le Conseil peut alors appr&eacute;cier la proportionnalit&eacute; de l'ing&eacute;rence dans la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e que repr&eacute;sente la mesure prise pour prot&eacute;ger le patrimoine.&nbsp;</span></p><p><span>La <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2014/2014426QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 14 novembre 2014, </a><i><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2014/2014426QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">M. Alain L</a>.</i> censure toutefois le droit de retenir une oeuvre d'art propos&eacute;e &agrave; l'exportation, tel qu'il r&eacute;sultait d'une loi du 23 juin 1941. Ce dispositif permettait &agrave; l'&Eacute;tat de refuser l'exportation d'une oeuvre puis, en cas de refus du propri&eacute;taire de vendre &agrave; l'&Eacute;tat, d'imposer son acquisition forc&eacute;e par une personne publique. Le Conseil estime que l'atteinte &agrave; la propri&eacute;t&eacute; est disproportionn&eacute;e car les dispositions prot&eacute;geant le patrimoine permettent d&eacute;j&agrave; de refuser l'exportation. L'obligation d'achat &eacute;tait donc superflue. Depuis lors, ces dispositions ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute;es par le m&eacute;canisme tr&egrave;s proche de celui de des<i> tr&eacute;sors nationaux</i>. Il pr&eacute;voit qu'une fois refus&eacute; le certificat d'exportation, l'&Eacute;tat dispose d'un d&eacute;lai de trente mois pour acqu&eacute;rir le bien. Sa renonciation &agrave; l'issue du d&eacute;lai emporte octroi du certificat d'exportation.</span></p><p><span>Dans l'arr&ecirc;t du 13 f&eacute;vrier 2026, la situation est &eacute;videmment diff&eacute;rente, d&egrave;s lors que les biens sont consid&eacute;r&eacute;s comme ayant toujours appartenu &agrave; l'&Eacute;tat.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La possession priv&eacute;e ne modifie pas la nature du bien</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La possession priv&eacute;e ne modifie donc pas la nature publique du bien. Ce principe rel&egrave;ve d'une conception objective du domaine public. Elle est notamment rappel&eacute;e dans l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000026810748/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Commune de Douai </i>du 21 d&eacute;cembre 2012<i>,</i></a>&nbsp;dans lequel l'Assembl&eacute;e du Conseil d'&Eacute;tat pr&eacute;cise que tous les ouvrages et bien n&eacute;cessaires au fonctionnement du service public et &eacute;tablis sur la propri&eacute;t&eacute; d'une personne publique rel&egrave;vent de la domanialit&eacute; publique. Le crit&egrave;re essentiel est donc celui de l'affectation, de l'usage du bien au profit de la personne publique.&nbsp;</span></p><p><span>L'arr&ecirc;t du 13 f&eacute;vrier renforce encore cette d&eacute;finition objective du domaine public en affirmant que la propri&eacute;t&eacute; publique est aussi attach&eacute;e &agrave; l'histoire du bien. En l'esp&egrave;ce, les deux sculptures ont fait l'objet d'une nationalisation par le d&eacute;cret du 2 novembre 1789. Elles appartiennent au domaine public et leur vente comme biens nationaux s'analyse comme une soustraction ill&eacute;gale.&nbsp;</span></p><p><span>Ce r&eacute;gime d'exportation des oeuvres d'art, illustr&eacute; par l'arr&ecirc;t du 13 f&eacute;vrier, peut &ecirc;tre finalement consid&eacute;r&eacute; comme une police administrative sp&eacute;ciale. Toute une s&eacute;rie de mesures visent d&eacute;sormais &agrave; emp&ecirc;cher la sortie irr&eacute;guli&egrave;re du territoire de biens appartenant au patrimoine national. Cette police se caract&eacute;rise par un fort caract&egrave;re d&eacute;rogatoire, renversement de la charge preuve, privation totale du bien qui conduit &agrave; d&eacute;roger &agrave; la r&egrave;gle selon laquelle "<i>en fait de meuble possession vaut titre</i>". Certes, le droit de propri&eacute;t&eacute; est victime de cette l&eacute;gislation, mais la protection du patrimoine est largement b&eacute;n&eacute;ficiaire. Et les descendants des acheteurs de biens nationaux, r&eacute;volutionnaires retir&eacute;s apr&egrave;s fortune faite, peuvent-ils s&eacute;rieusement se plaindre d'une r&eacute;cup&eacute;ration de biens qui avaient &eacute;t&eacute; acquis de mani&egrave;re illicite ?</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><b>La propri&eacute;t&eacute; mobili&egrave;re&nbsp;&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;6&nbsp;section 1 &sect; 2&nbsp;</span></span></h3><div><span><span><br></span></span></div><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-02-14T19:46:48+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">CEDH : La fin de vie et la qualité de la loi</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Au moment pr&eacute;cis o&ugrave; le parlement fran&ccedil;ais d&eacute;lib&egrave;re sur l'aide &agrave; mourir, la Cour europ&eacute;enne des droit...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2YH2C6HBYYhXRNONorAmAAG0jFa0tBuWXJXLkBOD8Iq8okZoBDYnBO1E7erGfHQShu3yBcJejZ1UEz2anDP1PCoVgHMWGO-oSPjPkSe9TzJSoOqlUfqwNIo3mlPRdIQlExdt6bo60MKgesuc6efQN0YHW8l1w3jrvikLiLC82rM2yhGgrLlxMvXKdljI/s400/cedh@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2YH2C6HBYYhXRNONorAmAAG0jFa0tBuWXJXLkBOD8Iq8okZoBDYnBO1E7erGfHQShu3yBcJejZ1UEz2anDP1PCoVgHMWGO-oSPjPkSe9TzJSoOqlUfqwNIo3mlPRdIQlExdt6bo60MKgesuc6efQN0YHW8l1w3jrvikLiLC82rM2yhGgrLlxMvXKdljI/w237-h106/cedh@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Au moment pr&eacute;cis o&ugrave; le parlement fran&ccedil;ais d&eacute;lib&egrave;re sur l'aide &agrave; mourir, la <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng-press?i=003-8448604-11965418" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) &nbsp;rend, le 5 f&eacute;vrier 2026, une d&eacute;cision </a><i><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng-press?i=003-8448604-11965418" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Medmoune c. France.</a> </i>Elle consid&egrave;re que la d&eacute;cision m&eacute;dicale d'&eacute;carter les directives anticip&eacute;es de maintien en vie ne m&eacute;conna&icirc;t pas le droit &agrave; la vie garanti par l'article 2 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme.</div></span><p></p><p><span>L'affaire <i>Medmoune</i> est bien connue car elle a d&eacute;j&agrave; donn&eacute; lieu &agrave; une <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2022/11/directives-anticipees-le-conseil.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC jug&eacute;e par le Conseil constitutionnel le 10 novembre 2022</a>. Elle est <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000046213158?init=true&amp;page=2&amp;query=&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=cetat" target="_blank" rel="noopener noreferrer">renvoy&eacute;e par le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat,</a> saisi par la famille d'un homme de soixante-quatre ans victime d'un grave accident de la route, qui l'a plong&eacute; dans un coma profond, en absence totale d'activit&eacute; c&eacute;r&eacute;brale. Conform&eacute;ment &agrave; la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000002461417" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi L&eacute;onetti-Claeys du 22 avril 2005 modifi&eacute;e en 2016,</a> l'&eacute;quipe m&eacute;dicale s'est prononc&eacute;e en faveur d'un arr&ecirc;t des soins, estimant qu'ils apparaissent "<i>inutiles, disproportionn&eacute;s ou n'ayant d'autre effet que le maintien artificiel de la vi</i>e".</span></p><p><span>Il est apparu toutefois que le patient avait r&eacute;dig&eacute; des directives anticip&eacute;es. Contrairement &agrave; la plupart des personnes qui demandent que, dans ce cas, les soins soient interrompus, M. <i>Medmoune</i> a, au contraire, demand&eacute; que tout soit mis en oeuvre pour le maintenir en vie, quel que soit son &eacute;tat. Autrement dit, il r&eacute;clamait l'"obstination d&eacute;raisonnable". Les m&eacute;decins, eux, ont d&eacute;cid&eacute; d'interrompre les soins sur le fondement de la loi L&eacute;onetti-Claeys, les consid&eacute;rant comme "<i>manifestement inappropri&eacute;s ou non conformes &agrave; la situation m&eacute;dicale</i>".</span></p><p><span>A la suite de la QPC du 10 novembre 2022, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du Conseil d'&Eacute;tat a donc refus&eacute; de suspendre la d&eacute;cision d'interruption des soins le 29 novembre. Le lendemain, la CEDH a &eacute;cart&eacute; une demande de mesure conservatoire. La proc&eacute;dure d'arr&ecirc;t des soins a donc &eacute;t&eacute; engag&eacute;e le 26 d&eacute;cembre, conduisant au d&eacute;c&egrave;s de <i>M. Medmoune</i> le jour m&ecirc;me. Devant la CEDH, par une requ&ecirc;te au fond, la famille du d&eacute;funt affirme que la proc&eacute;dure qui a &eacute;t&eacute; appliqu&eacute;e viole le droit &agrave; la vie.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit &agrave; la vie : des r&egrave;gles de proc&eacute;dure</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La jurisprudence de la CEDH n'a gu&egrave;re &eacute;volu&eacute; depuis le c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=002-5381" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Pretty c. Royaume-Uni</i> du 24 avril 2002</a>. Elle refuse de consacrer un v&eacute;ritable "droit &agrave; mourir" et affirme que l'article 2 de la Convention europ&eacute;enne prot&egrave;ge la vie sans imposer aux &Eacute;tats un mod&egrave;le th&eacute;rapeutique d&eacute;termin&eacute;. Dans l'a<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=002-5381" rel="noopener noreferrer" target="_blank">rr&ecirc;t <i>Lambert et autres c. Franc</i>e du 5 juin 2015, la Grande Chambre </a>applique ce principe et admet que l'arr&ecirc;t des traitements d'une personne plac&eacute;e dans un coma irr&eacute;versible ne porte pas atteinte &agrave; l'article 2. Cette r&egrave;gle ne s'applique toutefois que si un cadre l&eacute;gal est clairement d&eacute;fini et que des proc&eacute;dures ad&eacute;quates sont pr&eacute;vues, pr&eacute;voyant notamment la consultation de la famille.</span></p><p><span>De ces principes, on peut d&eacute;duire que l'obligation positive de protection de la vie n'impose pas une obligation d'acharnement th&eacute;rapeutique.</span></p><p><span>La jurisprudence plus r&eacute;cente tend ainsi &agrave; se cristalliser sur le respect des garanties proc&eacute;dures. L'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=002-11691" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Gard et autres c. Royaume-Uni</i> du 27 juin 2017 </a>d&eacute;clare ainsi conforme &agrave; la Convention une d&eacute;cision d'arr&ecirc;t des traitements d'un jeune enfant atteint d'une maladie g&eacute;n&eacute;tique mortelle, malgr&eacute; le refus de ses parents qui voulaient esp&eacute;rer l'arriv&eacute;e d'un traitement exp&eacute;rimental. Le droit britannique repose en effet sur une proc&eacute;dure rigoureuse impliquant une d&eacute;cision m&eacute;dicale coll&eacute;giale, la consultation des parents et l'intervention obligatoire d'un juge.</span></p><p><span>Il en est de m&ecirc;me du droit fran&ccedil;ais, dont la Cour reconnait la conformit&eacute; &agrave; l'article 2 de la Convention avec la d&eacute;cision<i> </i><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-180588" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Afiri et Biddarri c. France </i>du 23 janvier 2018</a>. Comme pour le cas britannique, la CEDH est saisie de la d&eacute;cision de mettre fin aux soins dispens&eacute;s &agrave; une jeune fille de quatorze ans atteinte d'une maladie d&eacute;g&eacute;n&eacute;rative sans espoir de gu&eacute;rison ni d'am&eacute;lioration. La Cour insiste sur le respect de la coll&eacute;gialit&eacute; de la d&eacute;cision m&eacute;dicale, le recueil de l'avis des parents et enfin la possibilit&eacute; de recours contentieux.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><span><br></span><p><span>Addio, del passato... La Traviata, acte III. Verdi</span></p><p><span>Maria Callas. 1953.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La marge d'autonomie des &Eacute;tats</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'arr&ecirc;t <i>Medmoune</i> montre ainsi que, contrairement &agrave; ce qui est parfois affirm&eacute;, la CEDH ne se livre pas &agrave; des intrusions intempestives dans le droit des &Eacute;tats, en particulier lorsque sont en cause des questions &eacute;thiques. Elle se livre en fait &agrave; une appr&eacute;ciation de la "qualit&eacute;" de la loi, qualit&eacute; qui peut s'accommoder de dispositions extr&ecirc;mement diverses selon les &Eacute;tats. La Cour ne manque pas d'observer d'ailleurs, comme elle l'a fait dans l'affaire Lambert, l'absence de consensus des Etats sur ces sujets sensibles.</span></p><p><span>Ce contr&ocirc;le de la CEDH, initi&eacute; notamment dans la c&eacute;l&egrave;bre <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-62139" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Sunday Times c. Royaume-Uni </i>du 8 novembre 1980</a><i>,&nbsp;</i>consiste surtout &agrave; exiger que la norme juridique soit &agrave; la fois accessible et pr&eacute;visible. Rien n'interdit donc au l&eacute;gislateur interne de pr&eacute;voir une possibilit&eacute; de passer outre des directives anticip&eacute;es demandant le maintien en vie &agrave; tout prix, d&egrave;s lors que la loi et les proc&eacute;dures qu'elle pr&eacute;voit sont &eacute;galement pr&eacute;cises.&nbsp;</span></p><p><span>L'arr&ecirc;t <i>Medmoune</i> appara&icirc;t comme une sorte de validation europ&eacute;enne du mod&egrave;le de la loi L&eacute;onetti-Claeys. Celle-ci remplit en effet toutes les conditions de proc&eacute;dure exig&eacute;es par la Cour, un cadre l&eacute;gal clair, une proc&eacute;dure coll&eacute;giale et un contr&ocirc;le contentieux ind&eacute;pendant.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La loi sur l'aide &agrave; mourir</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>L'actuelle <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000051666413/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">proposition de loi relative &agrave; la fin de vie</a> semble ainsi conforme aux exigences pos&eacute;es par l'arr&ecirc;t <i>Medmoune. </i>Certes, la CEDH n'impose pas la l&eacute;galisation de l'aide &agrave; mourir, d'autant qu'il n'existe pas davantage de consensus des &Eacute;tats sur ce point. Mais la Cour ne leur interdit pas davantage d'ouvrir cette possibilit&eacute;. Ce choix doit toutefois s'accompagner de garanties strictes.&nbsp;</span></p><p><span>Les d&eacute;bats parlementaires portent pr&eacute;cis&eacute;ment sur ces garanties, qu'il s'agisse du stade de la maladie auquel un patient peut demander l'aide &agrave; mourir, du caract&egrave;re coll&eacute;gial de la d&eacute;cision, ou du processus d'accompagnement. Le l&eacute;gislateur est donc clairement inform&eacute; sur les protections et garanties &agrave; pr&eacute;voir pour s'assurer de la conformit&eacute; de cette loi &agrave; la Convention.&nbsp;</span></p><p><span>Pour le moment, l'opposition parlementaire, particuli&egrave;rement active au S&eacute;nat qui a rejet&eacute; la proposition dans son ensemble, ne semble gu&egrave;re reposer sur des questions de qualit&eacute; de la loi, au sens o&ugrave; l'entend la CEDH. Mais comme on le sait, le dernier mot appartient &agrave; l'Assembl&eacute;e qui se penche actuellement sur le texte. Il reste &agrave; se demander si l'influence des convictions religieuses dans le d&eacute;bat n'est pas plus grande que celle du droit europ&eacute;en...</span></p><p><br></p><h3><span><b>Le droit de mourir dans la dignit&eacute;&nbsp;&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;7 &nbsp;section 2 &sect; 2 A</span></span></h3><p><span>&nbsp;</span></p>]]></content>
	<updated>2026-02-10T19:34:21+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">La fermeture temporaire des lieux de culte</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La&nbsp;loi du 24 ao&ucirc;t 2021 confortant le respect des principes de la R&eacute;publique&nbsp;permet la ferm...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiWNDs2AgG6hUM8FfBk6-8lXkttNgEoVV43Dyox-BMHtR3GSPy2OypMarrv73V-WhuGSvlANMWTzLWDsq2qRKsDK835pznN6vFoV-3z9CV5CcZzBUfNwEPeQ-og4BR9JB9YYIhRD8UGakF11hEUuK-GDJdH_WZxXbyKIVYWMdRT7ixI5n2aCeXWo8KK14o/s262/CC@0.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiWNDs2AgG6hUM8FfBk6-8lXkttNgEoVV43Dyox-BMHtR3GSPy2OypMarrv73V-WhuGSvlANMWTzLWDsq2qRKsDK835pznN6vFoV-3z9CV5CcZzBUfNwEPeQ-og4BR9JB9YYIhRD8UGakF11hEUuK-GDJdH_WZxXbyKIVYWMdRT7ixI5n2aCeXWo8KK14o/s1600/CC@0.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span><span>L</span><span>a&nbsp;</span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043964778" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 24 ao&ucirc;t 2021 confortant le respect des principes de la R&eacute;publique</a>&nbsp;<span>permet la fermeture temporaire, pour une dur&eacute;e maximum de deux mois, d'un lieu de culte, lorsque "</span><i>dans ce lieu</i><span>" tenus des propos ou d&eacute;velopp&eacute; des comportements qui "</span><i>provoquant &agrave; la haine ou &agrave; la violence</i><span>" ou qui "</span><i>tendent &agrave; justifier ou encourager"</i><span>&nbsp;de telles actions. Ces dispositions, qui figurent dans&nbsp;</span><span>l'article 36-3 de la&nbsp;</span><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508749" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 9 d&eacute;cembre 1905</a><span>&nbsp;de s&eacute;paration des &eacute;glises et de l'&Eacute;tat</span><span>sont d&eacute;clar&eacute;es conformes &agrave; la Constitution par la</span><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20251180QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision rendue sur QPC le 6 f&eacute;vrier 2026 par le Conseil constitutionnel</a><span>.</span></span></p><p></p><p><span>A l'origine de la QPC se trouve la fermeture pr&eacute;fectorale de la mosqu&eacute;e des Bleuets &agrave; Marseille, le 6 octobre 2025, pr&eacute;cis&eacute;ment sur le fondement de l'article 36-3 de la loi de 1905. La mesure repose sur les propos radicaux qui y sont tenus, l'imam ayant d'ailleurs &eacute;t&eacute; condamn&eacute; pour apologie du terrorisme. Le 11 octobre, le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal administratif de Marseille suspend l'ex&eacute;cution de l'arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral en estimant que la pr&eacute;fecture ne d&eacute;montrait pas l'existence d'une menace actuelle et suffisamment &eacute;tablie pour l'ordre public, justifiant la fermeture administrative. Le ministre de l'Int&eacute;rieur saisit &eacute;videmment le Conseil d'&Eacute;tat et c'est durant cette proc&eacute;dure que l'association des Bleuets a obtenu qu'une QPC sur la conformit&eacute; &agrave; la Constitution de l'article 36-1 soit renvoy&eacute;e au Conseil constitutionnel.</span></p><p><span>A l'appui de la QPC sont invoqu&eacute;es la libert&eacute; de conscience garantie par l'article 10 de la D&eacute;claration des droits de l'homme et du citoyen, le principe de la&iuml;cit&eacute; figurant dans l'article 1er de la Constitution ainsi que la libert&eacute; d'association qui a valeur constitutionnelle.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhpoY8oz2eL5Ilcl8DZrcULgHz7e6b18WJ2ORKi_cqq7cKYvuP26UebuhxNBDBXXE455iCe6wRqHKuajB73c1kXvoz9QItqMwSASO-SqeK6hd8UlWMB_9qiUnKKPBhWLlTyGwfJLaXSCrjygG5EzqLSiRIzvXD-qQwXNKplKsQYBxGualzq9taiCP17wGg/s657/K.jpeg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhpoY8oz2eL5Ilcl8DZrcULgHz7e6b18WJ2ORKi_cqq7cKYvuP26UebuhxNBDBXXE455iCe6wRqHKuajB73c1kXvoz9QItqMwSASO-SqeK6hd8UlWMB_9qiUnKKPBhWLlTyGwfJLaXSCrjygG5EzqLSiRIzvXD-qQwXNKplKsQYBxGualzq9taiCP17wGg/w552-h420/K.jpeg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span><br></span><p></p><p><span>Mosqu&eacute;e &agrave; Tunis. Paul Klee. 1914</span></p><p><span><br></span></p><h3><span><i>Dans ce lieu</i>, et autour</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le Conseil constitutionnel refuse de se laisser enfermer dans une d&eacute;finition &eacute;troite du champ d'application de l'article 36-3 que l'association requ&eacute;rante voudrait lui imposer. A ses yeux, ces dispositions&nbsp; ne permettent la fermeture de la mosqu&eacute;e que si, "<i>dans ce lieu</i>", ont &eacute;t&eacute; tenus des propos provoquant &agrave; la haine ou &agrave; la discrimination. Or, le pr&eacute;fet ne s'est pas seulement fond&eacute; sur les pr&ecirc;ches de l'imam tenus dans la mosqu&eacute;e, mais aussi sur des propos tenus &agrave; l'ext&eacute;rieur, d&eacute;clarations de responsables, r&eacute;seaux sociaux etc.</span></p><p><span>Le Conseil pr&eacute;cise qu'"<i>aucune interpr&eacute;tation jurisprudentielle constante ne conf&egrave;re, en l'&eacute;tat, aux dispositions contest&eacute;es une port&eacute;e qui pr&eacute;ciserait les &eacute;l&eacute;ments au regard desquels l'autorit&eacute; administrative doit caract&eacute;riser le rattachement au lieu de culte</i>". Et il ajoute qu'aucune exigence constitutionnelle ne fait obstacle &agrave; ce que le pr&eacute;fet puisse prendre en consid&eacute;ration l'ensemble de l'activit&eacute; li&eacute;e au lieu de culte, qu'elle s'exerce dedans ou dehors.</span></p><p><span>Sur ce point, il convient sans doute de rappeler la jurisprudence issue de la <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2017/10/la-loi-du-30-octobre-2017-renforcant-la.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 30 octobre 2017</a> qui permettait d&eacute;j&agrave; la fermeture de lieux de culte dans le but de pr&eacute;venir la commission d'actes de terrorisme, en particulier quand les propos tenus incitent &agrave; la haine ou &agrave; la violence. D&eacute;j&agrave;, dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2018/2017695QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 29 mars 2018 <i>M. Rouchdi B. et autres</i>,</a> le Conseil constitutionnel estimait que la fermeture d'un lieu de culte pouvait reposer sur "<i>les id&eacute;es ou th&eacute;ories qui y sont diffus&eacute;es</i>". Le lieu de culte n'&eacute;tait pas seulement un espace g&eacute;ographiquement localis&eacute;, mais encore une organisation qui diffusait &agrave; l'ext&eacute;rieur des propos provoquant &agrave; la commission d'actes terroristes.</span></p><p><span>Le Conseil d'&Eacute;tat applique exactement cette jurisprudence. Dans son <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000042590969?init=true&amp;page=1&amp;query=446303&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ordonnance de r&eacute;f&eacute;r&eacute; du 25 novembre 2020, <i>F&eacute;d&eacute;ration musulmane de Pantin</i>,</a> il justifie la fermeture de la mosqu&eacute;e de Pantin de mani&egrave;re tr&egrave;s pr&eacute;cise. Il invoque, non seulement la violence des pr&ecirc;ches de l'imam et sa polygamie religieuse, mais aussi, et c'est l'essentiel de la d&eacute;cision, l'absence de r&eacute;action des responsables de la mosqu&eacute;e qui ont laiss&eacute; diffuser sur son compte <i>Facebook</i> le nom et les coordonn&eacute;es de <i>Samuel Paty,</i> ainsi que des messages violents le visant directement.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'appr&eacute;ciation du <i>lien suffisant</i></span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans l'affaire de la mosqu&eacute;e des Bleuets, le Conseil constitutionnel refuse donc d'ent&eacute;riner une interpr&eacute;tation &eacute;troite qui n'est pas celle du juge du fond. Des &eacute;l&eacute;ments ext&eacute;rieurs au lieu de culte peuvent donc &ecirc;tre pris en compte pour d&eacute;cide de sa fermeture, &agrave; la condition qu'ils aient un "<i>lien suffisant</i>" avec ce lieu.</span></p><p><span>L'appr&eacute;ciation de ce "lien suffisant" conduit &agrave; l'exercice d'un contr&ocirc;le de proportionnalit&eacute;, dans lequel les juges sont invit&eacute;s &agrave; appr&eacute;cier la n&eacute;cessit&eacute; de cette fermeture au regard de la menace concr&egrave;te qui p&egrave;se sur l'ordre public. Il peut ainsi appr&eacute;cier l'usage des r&eacute;seaux sociaux, l'entourage de l'association, ses prises de position, l'intensit&eacute; des encouragements &agrave; la haine ou &agrave; la violence etc.</span></p><p><span>Cette analyse est sensiblement celle d&eacute;velopp&eacute;e par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) dans des affaires comparables. Elle y est incit&eacute;e par la Convention europ&eacute;enne qui, tant pour la garantie de la libert&eacute; religieuse par l'article 9 que pour celle de la libert&eacute; d'association par l'article 11, n'autorise des ing&eacute;rences de l'&Eacute;tat que si elles sont pr&eacute;vues par la loi, si elles ont un but l&eacute;gitime et sont n&eacute;cessaires dans une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;mocratique.&nbsp;</span></p><p><span>Ce triptyque d&eacute;sormais tr&egrave;s solidement ancr&eacute; dans la jurisprudence de la CEDH. Elle autorise non seulement la suspension d'un groupement mais aussi sa dissolution, &agrave; la condition que ces mesures soient strictement n&eacute;cessaires dans une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;mocratique. Il en est ainsi de l'interdiction d'une association oeuvrant &agrave; l'instauration d'un Etat fond&eacute; sur la Charia, par exemple dans l<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-65493" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'arr&ecirc;t <i>Refah Partisi et autres c. Turquie</i> du 13 f&eacute;vrier 2003</a>; ou d'un groupement ayant des liens avec une organisation terroriste comme dans l'arr&ecirc;t <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-93475" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Herri Batasuna et Batasuna c. Espagne </i>du 30 juin 2009</a>.</span></p><p><span>La jurisprudence est identique en mati&egrave;re de restrictions &agrave; la libert&eacute; religieuse garantie par l'article 9. La Cour rappelle, dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-144677" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Centre biblique de la r&eacute;publique de Tchouvachie c. Russie</i> du 12 juin 2014 </a>que la dissolution d'une organisation religieuse peut se r&eacute;v&eacute;ler n&eacute;cessaire, mais elle doit &ecirc;tre exceptionnelle et tr&egrave;s s&eacute;rieusement motiv&eacute;e. En l'esp&egrave;ce toutefois, elle sanctionne la d&eacute;cision des autorit&eacute;s russes de dissoudre une association &eacute;vang&eacute;liste &agrave; laquelle il &eacute;tait reproch&eacute; d'avoir ouvert une &eacute;cole du dimanche.&nbsp;</span></p><p><span>Le standard fran&ccedil;ais du lien suffisant se trouve en ad&eacute;quation avec la jurisprudence de la CEDH. Dans sa d&eacute;cision du 6 f&eacute;vrier 2026, le Conseil constitutionnel donne ainsi aux juges du fond une grille d'analyse permettant d'appr&eacute;cier les motifs d'une fermeture temporaire d'un lieu de culte. En m&ecirc;me temps, il leur laisse une large autonomie pour d&eacute;velopper une jurisprudence actuellement &agrave; peine amorc&eacute;e. Sur ce point, la raret&eacute; de la jurisprudence t&eacute;moigne surtout de la raret&eacute; des d&eacute;cisions de fermeture. Se pose&nbsp;<span face="-webkit-standard, serif">alors la question de l&rsquo;effectivit&eacute; de la loi de 2021 visant &agrave;</span><span face="-webkit-standard, serif">&nbsp;</span><i>conforter les principes de la R&eacute;publique</i><span face="-webkit-standard, serif">, mais c&rsquo;est un autre sujet.</span></span></p><p><span face="-webkit-standard, serif"><span><p></p></span></span></p><p><br></p><h3><span><b>La fermeture des lieux de culte &nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;10 &nbsp;section 2 &sect; 2 A</span></span></h3><div><span><span><br></span></span></div>]]></content>
	<updated>2026-02-07T18:05:37+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-02-07T18:05:37+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Les caméras &quot;augmentées&quot; devant les écoles niçoises</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'arr&ecirc;t Commune de Nice rendu par le Conseil d'&Eacute;tat le 30 janvier 2026 affirme la l&eacute;galit&eacute; d'une d&eacute;l...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjBStymhSqZNaWfz017fYBgdZ32OtF8MonuzdzNMJnWLczH8nWiLW_ojlsTfx_HdXXcf-PlMVuw7V4pfGcyFd0dYNe-WOef8xAMraXuqHRa2WxQDyYGBD1w2EopIydhmYoxgaDeEybULajdM6E7oxQKca4IwrxqRm4nR8vy3oI4UCrIaBjtvKjXlw7VSRU/s200/A.jpg" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjBStymhSqZNaWfz017fYBgdZ32OtF8MonuzdzNMJnWLczH8nWiLW_ojlsTfx_HdXXcf-PlMVuw7V4pfGcyFd0dYNe-WOef8xAMraXuqHRa2WxQDyYGBD1w2EopIydhmYoxgaDeEybULajdM6E7oxQKca4IwrxqRm4nR8vy3oI4UCrIaBjtvKjXlw7VSRU/s1600/A.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>L'<a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/nice-le-traitement-algorithmique-des-images-de-videosurveillance-de-la-voie-publique-n-est-en-l-etat-actuel-de-la-loi-pas-autorise" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Commune de Nice</i> rendu par le Conseil d'&Eacute;tat le 30 janvier 2026</a> affirme la l&eacute;galit&eacute; d'une d&eacute;lib&eacute;ration de la Commission nationale de l'informatique et des libert&eacute;s du 15 mai 2025. Celle-ci rendait alors un avis n&eacute;gatif sur le traitement "<i>zone d'intrusion-entr&eacute;es des &eacute;cole</i>s" mis en place par la commune de Nice &agrave; proximit&eacute; des &eacute;coles. Elle estimait qu'un traitement de vid&eacute;oprotection augment&eacute;e, c'est-&agrave;-dire en l'esp&egrave;ces syst&eacute;matique et dot&eacute; d'outils d'intelligence artificielle, ne pouvait &ecirc;tre mis en oeuvre en l'&eacute;tat du droit &agrave; proximit&eacute; d'une &eacute;cole.</div></span><p></p><p><span>Fid&egrave;le &agrave; ses habitudes, la commune de Nice n'avait pas respect&eacute; la proc&eacute;dure imposant l'avis pr&eacute;alable de la CNIL pour la mise en oeuvre d'un traitement de vid&eacute;oprotection impliquant la captation et la conservation de donn&eacute;es personnelles. A la suite d'un contr&ocirc;le intervenu en avril 2023, la pr&eacute;sidente de l'autorit&eacute; ind&eacute;pendante a mis en demeure la commune de Nice de produire une &eacute;tude d'impact conform&eacute;ment &agrave; l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037817631/2025-09-14" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 90 de la loi du 6 janvier 1978</a>, et de saisir la Commission pour avis. La d&eacute;lib&eacute;ration du 15 mai 2025&nbsp;d&eacute;f&eacute;r&eacute;e au jugement administratifrend un avis n&eacute;gatif sur la conformit&eacute; du syst&egrave;me &agrave; la loi.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La vid&eacute;oprotection "augment&eacute;e"&nbsp;</span></h3><h3><span>n'est pas la vid&eacute;oprotection ordinaire</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le traitement mis en place &agrave; Nice n'est pas, &agrave; proprement parler, biom&eacute;trique. Il ne repose pas sur la reconnaissance faciale, mais sur celle des v&eacute;hicules irr&eacute;guli&egrave;rement stationn&eacute;s &agrave; proximit&eacute; des &eacute;coles. Automatiquement rep&eacute;r&eacute;s par les cam&eacute;ras intelligentes, ils suscitent, de mani&egrave;re tout aussi automatique, l'intervention de la police municipale. Ce caract&egrave;re automatis&eacute; et syst&eacute;matique de la captation distingue le syst&egrave;me d'une vid&eacute;oprotection ordinaire, qui capte des donn&eacute;es consult&eacute;es ensuite par des agents publics.</span></p><p><span>La d&eacute;lib&eacute;ration de la CNIL s'inscrit dans un mouvement constant de m&eacute;fiance &agrave; l'&eacute;gard des dispositifs de vid&eacute;o "augment&eacute;e". En juillet 2022, elle publiait ainsi une <a href="https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/cameras-intelligentes-augmentees_position_cnil.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>position</i> sur "l</a><i><a href="https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/cameras-intelligentes-augmentees_position_cnil.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">es cam&eacute;ras intelligentes ou augment&eacute;es dans les espaces publics</a>"</i>. Le texte r&eacute;sonnait comme une mise en garde contre le passage du risque de&nbsp;captation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e &agrave; un risque de surveillance g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e puis &agrave; un risque d'analyse g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e. Elle r&eacute;clamait une loi permettant d'encadrer ces dispositifs.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg4ZrehOaqaPp4flZT_mkph0RDe2kI0JDOcgmkwqCuPOPPvfNOrE36xBx2APEZ-pYq-Vc9XN71uss7bBB_jnBB2AATwEaEGqoBxbZDhhcFJEiE4xv0wwQgqLs_6pgpYHZ4fidGs9l29N30Orr2hQHfCFc8vXrCJqrYOgAoamLStOX7DG66ZxOMYKncErV4/s1558/Z.png" imageanchor="1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg4ZrehOaqaPp4flZT_mkph0RDe2kI0JDOcgmkwqCuPOPPvfNOrE36xBx2APEZ-pYq-Vc9XN71uss7bBB_jnBB2AATwEaEGqoBxbZDhhcFJEiE4xv0wwQgqLs_6pgpYHZ4fidGs9l29N30Orr2hQHfCFc8vXrCJqrYOgAoamLStOX7DG66ZxOMYKncErV4/w389-h461/Z.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><span>La sortie de l'&eacute;cole. Robert Doisneau. 1956</span><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le Conseil d'&Eacute;tat</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La position du Conseil d'&Eacute;tat n'est pas diff&eacute;rente de celle de la CNIL Sa jurisprudence s'inscrit dans le respect du <a href="https://www.cnil.fr/fr/reglement-europeen-protection-donnees" target="_blank" rel="noopener noreferrer">R&egrave;glement g&eacute;n&eacute;ral de protection des donn&eacute;es (RGPD) </a>qui interdit de traiter "<span>&nbsp;</span><i><span>d</span><span>es donn&eacute;es g&eacute;n&eacute;tiques, des donn&eacute;es biom&eacute;triques aux fins d'identifier une personne physique de mani&egrave;re unique (...).</span></i><span>&nbsp;Il reste n&eacute;anmoins possible de d&eacute;roger &agrave; cette r&egrave;gle, &agrave; la condition que le traitement soit autoris&eacute; par d&eacute;cret en conseil d&rsquo;&Eacute;tat apr&egrave;s avis motiv&eacute; et publi&eacute; de la CNIL. Il est sans doute utile de pr&eacute;ciser que l'initiative ni&ccedil;oise ignorait ces dispositions.</span></span></p><p><span>Le juge administratif exige ainsi un cadre normatif clair. Apr&egrave;s certaines h&eacute;sitations concernant leur usage pour le maintien ou le r&eacute;tablissement de l'ordre public, la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045067923" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi du 24 janvier 2022 </a>et le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047464659" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cret du 19 avril 2023</a> autorisent finalement l'usage des drones lors des manifestations. Mais les textes &eacute;tablissent un encadrement strict interdisant l'embarquement de dispositifs de captation du son ou de reconnaissance faciale. Quant aux images, elles ne sont conserv&eacute;es que le temps strictement n&eacute;cessaire &agrave; la surveillance du rassemblement. Valid&eacute; par le <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2022/2021834DC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil constitutionnel le 20 janvier 2022</a>, et par le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000050932401" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Conseil d'&Eacute;tat le 30 d&eacute;cembre 2024,</a> ce dispositif donne lieu &agrave; une jurisprudence tr&egrave;s attentive de la juridiction administrative.&nbsp;</span></p><p><span>Dans l'affaire ni&ccedil;oise, le Conseil d'&Eacute;tat d&eacute;plore l'absence de texte. Il n'est pas contestable que l'image des personnes dans leurs v&eacute;hicules et les &eacute;l&eacute;ments d'identification obtenus gr&acirc;ce &agrave; l'immatriculation constituent des donn&eacute;es personnelles relevant du dispositif d&eacute;rogatoire &agrave; la r&egrave;gle de l'interdiction. Mais le r&eacute;gime juridique d'une telle pratique n'est pas pr&eacute;cis&eacute;.</span></p><p><span>Il est vrai que le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041599395/2020-02-12/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">code de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure, dans son article L 251-2</a>, autorise la mise en oeuvre de syst&egrave;mes de vid&eacute;osurveillance de la voie publique. Mais ces dispositions sont muettes sur l'utilisation &eacute;ventuelle des algorithmes permettant une analyse syst&eacute;matique et automatis&eacute;e des donn&eacute;es collect&eacute;es dans les espaces publics. Le Conseil d'&Eacute;tat refuse d'&eacute;largir ces dispositions &agrave; un domaine qui, en tant que tel, porte atteinte aux libert&eacute;s de la personne, ne serait-ce que son droit &agrave; l'image. Dans ces conditions, le dispositif mis en place par la commune de Nice est d&eacute;pourvu de base l&eacute;gale.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La CEDH</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Cette interpr&eacute;tation stricte s'inscrit dans la ligne de la jurisprudence europ&eacute;enne. Dans un <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-179191" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Antovic et Mirkovic c. Montenegro</i> du 28 novembre 2017,</a> la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) a jug&eacute; ainsi que la vid&eacute;osurveillance dans les amphith&eacute;&acirc;tres&nbsp;universitaire peut relever de la vie priv&eacute;e et capter des donn&eacute;es personnelles. Elle estime donc qu'une telle surveillance exige un cadre l&eacute;gal et des garanties effectives, notamment sur la finalit&eacute; du traitement et les personnes habilit&eacute;es &agrave; y acc&eacute;der.&nbsp;</span></p><p><span>Dans le cas des donn&eacute;es biom&eacute;triques, les exigences de la CEDH sont encore plus lourdes. Elle estime ainsi, dans un a<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-90052" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rr&ecirc;t <i>S. et Harper c. Royaume-Uni</i> rendu en Grande Chambre le 4 d&eacute;cembre 2008, </a>que le fait de conserver ind&eacute;finiment les empreintes digitales et l'ADN de personnes qui n'ont finalement pas &eacute;t&eacute; poursuivies devant un juge p&eacute;nal constitue une ing&eacute;rence disproportionn&eacute;e dans la vie priv&eacute;e des int&eacute;ress&eacute;s.</span></p><p><span>On imagine facilement que, du c&ocirc;t&eacute; de Nice, la d&eacute;cision du Conseil d'&Eacute;tat va &ecirc;tre critiqu&eacute;e comme illustrant parfaitement un pouvoir des juges consid&eacute;r&eacute;, une fois pour toutes, comme excessif. En r&eacute;alit&eacute;, on observe que ni le juge europ&eacute;enne ni le juge fran&ccedil;ais ne sont hostiles d'embl&eacute;e &agrave; la captation et &agrave; la conservation de ce type de donn&eacute;es. Ils exigent simplement que le l&eacute;gislateur d&eacute;finisse un cadre juridique garantissant le droit des personnes. Dans le cas pr&eacute;sent, le fautif n'est donc pas le juge qui se borne &agrave; attendre qu'il y ait une loi, mais le l&eacute;gislateur qui s'abstient d'intervenir dans un sujet sensible. C'est beaucoup plus facile de ne rien faire et de faire peser sur les juges la responsabilit&eacute; de cette inertie.</span></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-02-03T21:54:40+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Et si Arno Klarsfeld était sanctionné ? Quand le Conseil d&#039;État se juge lui-même</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Imaginons un instant que la proc&eacute;dure disciplinaire engag&eacute;e par le Conseil d'&Eacute;tat &agrave; l'encontre de l'...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><span></span></p><div><span><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjcsADMfSeomJt0zWKCXfsOycDRp_qc9kWahdEI3BfpppQyuUfLEBiPoZ6_m6WmmIWkkYQCGoY3fR3SN-ndH2-BFPiMZp7XnpBeXfBnqdlOBD19-RsGnCmn7gtStK23z5FNvZeppyU4JsvGygNTDpuosG7hiY598t-sN5_t3FzH632LCPdGqnYgIa3KaOY/s200/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjcsADMfSeomJt0zWKCXfsOycDRp_qc9kWahdEI3BfpppQyuUfLEBiPoZ6_m6WmmIWkkYQCGoY3fR3SN-ndH2-BFPiMZp7XnpBeXfBnqdlOBD19-RsGnCmn7gtStK23z5FNvZeppyU4JsvGygNTDpuosG7hiY598t-sN5_t3FzH632LCPdGqnYgIa3KaOY/s1600/conseil-d_etat_ART@0%20copie.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></span></div><span><br><div>Imaginons un instant que la proc&eacute;dure disciplinaire engag&eacute;e par le Conseil d'&Eacute;tat &agrave; l'encontre de l'un de ses membres, Arno Klarsfeld, aboutisse &agrave; une sanction disciplinaire. Cela ne serait pas tr&egrave;s surprenant. <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/01/27/arno-klarsfeld-vise-par-une-procedure-disciplinaire-du-conseil-d-etat-apres-ses-propos-sur-les-grandes-rafles-d-etrangers_6664371_3224.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L'int&eacute;ress&eacute; a tenu en effet d'&eacute;tranges propos sur <i>CNew</i>s </a>: "<i>Il faut organiser, comme fait Trump avec ICE, des grandes rafles un peu partout. Mais en essayant d'attraper le plus d'&eacute;trangers en situation irr&eacute;guli&egrave;re, on commet aussi des injustices. On ne peut pas faire &ccedil;a sans commettre des injustices (...)"</i>.&nbsp;</div></span><p></p><p><span>Il ne s'agit pas ici de proc&eacute;der &agrave; l'analyse juridique de ces propos, mais plut&ocirc;t d'envisager, in abstracto, qu' que la proc&eacute;dure disciplinaire conduise &agrave; une sanction.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La proc&eacute;dure disciplinaire</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La proc&eacute;dure disciplinaire au Conseil d'&Eacute;tat fait intervenir une <i>Commission sup&eacute;rieure</i> consultative pr&eacute;vue par l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000033239242" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article L 132-1 du code de la justice administrativ</a>e (CJA). Sans surprise, sa composition se caract&eacute;rise par une &eacute;crasante domination des membres du Conseil d'&Eacute;tat. Y participent en effet le vice pr&eacute;sident du Conseil d'&Eacute;tat qui la pr&eacute;side, les 7 pr&eacute;sidents de section, et 8 membres du Conseil &eacute;lus pour trois ans, soit 16 membres internes. S'ajoutent &agrave; cela trois personnalit&eacute;s ext&eacute;rieures qualifi&eacute;es d&eacute;sign&eacute;es par le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, le Pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e nationale et celui du S&eacute;nat, actuellement Jacques Petit, professeur de droit, Jean-Yves Grall, m&eacute;decin et Emmanuel Piwnica, avocat aux conseils. Avec 16 conseillers d'&Eacute;tat pour 19 membres, il n'est pas exag&eacute;r&eacute; d'affirmer que le pouvoir disciplinaire au Conseil d'&Eacute;tat est exerc&eacute; par le Conseil d'&Eacute;tat lui-m&ecirc;me.</span></p><p><span>Sur ce point, la comparaison avec les magistrats de l'ordre judiciaire est &eacute;clairante. Alors que la proc&eacute;dure administrative rel&egrave;ve de l'entre-soi, exerc&eacute;e par l'institution elle-m&ecirc;me, la proc&eacute;dure judiciaire est organis&eacute;e par un organe externe, le Conseil sup&eacute;rieur de la magistrature (CSM). Surtout, la pond&eacute;ration entre les membres est tr&egrave;s diff&eacute;rente. Lorsqu'il intervient en mati&egrave;re disciplinaire, que la proc&eacute;dure vise un magistrat du si&egrave;ge ou du parquet, le CSM est compos&eacute; de 6 magistrats et de 8 personnalit&eacute;s ext&eacute;rieures, dont &eacute;videmment... un conseiller d'&Eacute;tat.</span></p><p><span>La Commission sup&eacute;rieure du Conseil d'&Eacute;tat comme le CSM exercent des fonctions consultatives en mati&egrave;re disciplinaire, ce qui conduit &agrave; se demander quelle est l'autorit&eacute; qui, &agrave; l'issue, prend la sanction. En mati&egrave;re judiciaire, la sanction est prononc&eacute;e par le CSM directement pour les magistrats du si&egrave;ge. En revanche, pour les magistrats du parquet, l'avis consultatif est transmis au ministre qui prononce la sanction, ou pas. Pour les membres du Conseil d'&Eacute;tat, la proc&eacute;dure ne sort pas du Palais Royal, et la sanction est prononc&eacute;e par le vice-pr&eacute;sident. L'entre-soi domine donc l'ensemble de la proc&eacute;dure.</span></p><p><span>En respectant cette proc&eacute;dure, Arno Klarsfeld pourrait donc se voir infliger une sanction administrative. Sur ce point, l'&eacute;chelle des sanctions au Conseil d'&Eacute;tat est identique &agrave; celle qui existe dans la fonction publique, allant de l'avertissement &agrave; la r&eacute;vocation.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZnnQ7_HeP3sbNGzLhpTIRga93V57UNMIT3MVfw-5QqIQxaRytjBEBf29MQWMwhIVNmJ17OGOHbWKAwFLi95gZ6r3oNb-MD3AQWBkYgph55ohe9dwOvDj9MvC_Cky48BIgbeJL4cYjrmyYiFZ9NvR3rJxm14JSORYniP9oBOKDnTqaIB9iV2an4QPZM0o/s755/Y.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZnnQ7_HeP3sbNGzLhpTIRga93V57UNMIT3MVfw-5QqIQxaRytjBEBf29MQWMwhIVNmJ17OGOHbWKAwFLi95gZ6r3oNb-MD3AQWBkYgph55ohe9dwOvDj9MvC_Cky48BIgbeJL4cYjrmyYiFZ9NvR3rJxm14JSORYniP9oBOKDnTqaIB9iV2an4QPZM0o/w460-h372/Y.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Soir&eacute;e au Conseil d'&Eacute;tat. Yves Brayer (1907-1990)</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le recours devant le Conseil d'&Eacute;tat</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>S'il fait l'objet d'une sanction, Arno Klarsfeld ne b&eacute;n&eacute;ficiera pas d'un recours hi&eacute;rarchique. La sanction disciplinaire peut seulement faire l'objet d'un recours pour exc&egrave;s de pouvoir. Le juge exerce un contr&ocirc;le maximum, incluant la r&eacute;gularit&eacute; de la proc&eacute;dure et notamment des droits de la d&eacute;fense, la qualification juridique des faits, et enfin la proportionnalit&eacute; de la sanction. On retrouve ici les principes pos&eacute;s dans l'<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2013/11/sanctions-disciplinaires-les-faux.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t du 13 novembre 2013</a> qui pr&eacute;cis&eacute;ment &eacute;largit le contr&ocirc;le des sanctions &agrave; la proportionnalit&eacute;.</span></p><p><span>Certes, mais enfin l'approfondissement du contr&ocirc;le n'apporte aucune solution au probl&egrave;me essentiel : sanctionn&eacute; par le Conseil d'&Eacute;tat, le magistrat n'a pas d'autre voie de recours que celle ouverte devant le Conseil d'&Eacute;tat. Cette &eacute;trange situation n'a jamais &eacute;t&eacute; s&eacute;rieusement contest&eacute;e, ni par le l&eacute;gislateur ni par le Conseil constitutionnel. Le fait que le magistrat sanctionn&eacute; puisse saisir la CEDH appara&icirc;t ainsi comme une sorte de soupape, destin&eacute;e &agrave; rendre la proc&eacute;dure acceptable.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Position de la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La proc&eacute;dure fran&ccedil;aise n'est pas, en tant que telle, consid&eacute;r&eacute;e comme portant atteinte au droit &agrave; juste proc&egrave;s garanti par l'article 6 &sect; 1 de la Convention europ&eacute;enne des droits de l'homme. Dans <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-65635" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'arr&ecirc;t <i>Kleyn et autres c. Pays-Bas</i> du 6 mai 2003</a>, la Cour admet qu'une m&ecirc;me institution peut exercer &agrave; la fois des fonctions administratives et contentieuses, &agrave; la condition que les membres concern&eacute;s ne si&egrave;gent pas successivement dans la m&ecirc;me affaire.</span></p><p><span>En revanche, la CEDH v&eacute;rifie le mode de d&eacute;signation, la dur&eacute;e du mandat et les garanties qui mettent les membres de l'institution &agrave; l'abri des pressions ext&eacute;rieures. Dans sa <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-77923" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Sacilor-Lormines c. France</i> du 9 novembre 2006</a>, la Cour pr&eacute;cise que ce cumul de fonctions peut &ecirc;tre admis, car l'essentiel r&eacute;side dans l'existence de garanties concr&egrave;tes, notamment les r&egrave;gles de d&eacute;port et plus g&eacute;n&eacute;ralement l'existence d'un r&eacute;el cloisonnement. Dans l'affaire&nbsp;<i>Sacilor-Lormines, </i>la Cour estime ainsi que la nomination d'un membre de la formation de jugement &agrave; un poste minist&eacute;riel peu apr&egrave;s la d&eacute;lib&eacute;ration pouvait faire douter de son impartialit&eacute;, comme d'ailleurs la pr&eacute;sence du commissaire du gouvernement au d&eacute;lib&eacute;r&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>L'impartialit&eacute; objective</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Ce n'est donc pas tant la dualit&eacute; des fonctions qui pose probl&egrave;me que l'apparence d'impartialit&eacute; qui peut &ecirc;tre atteinte par cette situation. Dans une formule d&eacute;sormais classique, et rappel&eacute;e dans la d&eacute;cision <i>Sacilor-Lormines, </i>la CEDH affirme qu'une instance contentieuse ou disciplinaire doit &ecirc;tre "<i>objectivement impartiale, c'est-&agrave;-dire offrir des garanties suffisantes pour exclure &agrave; cet &eacute;gard tout doute l&eacute;gitime. Dans le cadre de la d&eacute;marche objective, il s'agit de se demander si, ind&eacute;pendamment de la conduite personnelle des juges, certains faits v&eacute;rifiables autorisent &agrave; suspecter l'impartialit&eacute; de ces derniers. En la mati&egrave;re, m&ecirc;me les apparences peuvent rev&ecirc;tir de l'importance. Il y va de la confiance que les tribunaux d'une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;mocratique se doivent d'inspirer aux justiciables, &agrave; commencer par les parties &agrave; la proc&eacute;dure</i>".</span></p><p><span>Certes, mais le probl&egrave;me r&eacute;side dans le fait que l'arr&ecirc;t <i>Sacilor-Lormines </i>rel&egrave;ve du contentieux &eacute;conomique. Il se trouve que l'impartialit&eacute; objective devant le Conseil d'Etat ne fait l'objet d'aucun contr&ocirc;le contentieux. Le Conseil d'&Eacute;tat n'envisage que l'impartialit&eacute; subjective, c'est-&agrave;-dire le cas o&ugrave; un juge va t&eacute;moigner d'une hostilit&eacute; ouverte et publique vis-&agrave;-vis de la personne poursuivie. Dans l'arr&ecirc;t du 13 novembre 2013, il refusait ainsi de se prononcer sur l'impartialit&eacute; objective d'une proc&eacute;dure disciplinaire dans laquelle la m&ecirc;me autorit&eacute; hi&eacute;rarchique avait suspendu l'int&eacute;ress&eacute; de ses fonctions, nomm&eacute; son successeurs, engag&eacute; une enqu&ecirc;te disciplinaire, r&eacute;dig&eacute; le rapport, saisi et pr&eacute;sid&eacute; le conseil de discipline.&nbsp;</span></p><p><span>Mais en mati&egrave;re disciplinaire, le contr&ocirc;le de la CEDH n'est pas plus efficace que celui du juge interne. Le requ&eacute;rant de l'arr&ecirc;t de 2013 a certes saisi la Cour qui a consenti &agrave; se prononcer neuf ans plus tard, l<a href="https://libertescheries.blogspot.com/2022/11/la-cedh-abdique-devant-le-conseil-detat.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">e 3 novembre 2022.</a> Elle a alors jug&eacute; que la sanction du d&eacute;faut d'impartialit&eacute; &eacute;tait, dans ce cas, de la comp&eacute;tence des juges &nbsp;internes. Ce principe conduit ainsi &agrave; un v&eacute;ritable d&eacute;ni de justice, au sens premier du terme. En effet, aucun juge, ni interne ni europ&eacute;en, ne s'est prononc&eacute; sur l'impartialit&eacute; objective du conseil de discipline.</span></p><p><span>La proc&eacute;dure disciplinaire visant Arno Klarsfeld pourrait-elle &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme impartiale, dans la d&eacute;finition objective de l'impartialit&eacute; ? Si l'on consid&egrave;re la jurisprudence de la CEDH, on ne peut exclure un <i>doute l&eacute;gitime</i>. Il faut reconna&icirc;tre que la proc&eacute;dure se d&eacute;roulerait devant une commission dans laquelle les membres du Conseil d'&Eacute;tat sont, de tr&egrave;s loin, les plus nombreux, et que la sanction serait prononc&eacute;e par le vice pr&eacute;sident... Imagine-t-on un instant que le Conseil d'&Eacute;tat, si&eacute;geant en formation contentieuse, annulerait ensuite une telle d&eacute;cision ? le doute l&eacute;gitime est permis.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><h3><span><b>L'impartialit&eacute; objective&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;4 section 1 &sect; 1 D 2</span></span></h3><div><span><span><br></span></span></div><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-01-31T22:53:21+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Colbert tagué, Colbert humilié, mais Colbert nettoyé !</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'anonymisation des d&eacute;cisions de justice prend parfois des allures &eacute;tranges. Tel est le cas avec l'a...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhkwjiGJJF5xFdxHK8JuYZlTMm8Y27nRAg2zFrm793uKoT4LpxW83AABD6B5FcvQHpCJJb2K61BQas60AOqX86RDDggbsRltyBWkcxONq4mm6k1wsaH3iAXpAOaQTh8UP7B4BRGNrfqDAKRxM_r2hcrIQcaa937sl4AxiPl_OLSpOWgf926uzne2Uek-JU/s750/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-28%20a%CC%80%2019.16.12.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhkwjiGJJF5xFdxHK8JuYZlTMm8Y27nRAg2zFrm793uKoT4LpxW83AABD6B5FcvQHpCJJb2K61BQas60AOqX86RDDggbsRltyBWkcxONq4mm6k1wsaH3iAXpAOaQTh8UP7B4BRGNrfqDAKRxM_r2hcrIQcaa937sl4AxiPl_OLSpOWgf926uzne2Uek-JU/w244-h283/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-28%20a%CC%80%2019.16.12.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>L'anonymisation des d&eacute;cisions de justice prend parfois des allures &eacute;tranges. Tel est le cas avec l'<a href="https://www.courdecassation.fr/decision/69674369cdc6046d473ab26e" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t rendu par la chambre criminelle de la Cour de cassation le 14 janvier 2026</a>. On y apprend que la statue de <i>M. G</i>. &eacute;rig&eacute;e devant la fa&ccedil;ade de l'Assembl&eacute;e nationale a &eacute;t&eacute; tagu&eacute;e avec une bombe de peinture rouge, et les mots "<i>N&eacute;grophobie d'Etat",&nbsp;</i>&nbsp;inscrits sur le socle. On comprend alors que <i>M. G</i>. est le malheureux Colbert, victime d'une agression par un militant r&eacute;duisant le colbertisme au seul Code noir. Heureusement pour la statue, les dommages sont l&eacute;gers, et r&eacute;par&eacute;s par un simple nettoyage.<br><br></span></p><p></p><p><span>Quant &agrave; <i>M. O.</i>, le militant auteur du tag, il a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; par le tribunal correctionnel le 21 juin 2021 &agrave; sur le fondement de l<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047053456/2023-01-26" target="_blank" rel="noopener noreferrer">'article 322-1 du code p&eacute;nal,</a> qui sanctionne la "<i>destruction, d&eacute;gradation ou d&eacute;t&eacute;rioration d'un bien appartenant &agrave; autrui</i>". Il pr&eacute;voit une peine de 30 000 &euro; d'amende, r&eacute;duite &agrave; 3750 &euro;, lorsqu'il n'est "<i>r&eacute;sult&eacute; qu'un dommage l&eacute;ger</i>". En l'esp&egrave;ce, <i>M. O. </i>n'a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; qu'&agrave; 500 &euro; d'amende, avec sursis, et l'Assembl&eacute;e nationale, partie civile, a obtenu des dommages et int&eacute;r&ecirc;ts destin&eacute;s &agrave; couvrir le co&ucirc;t du nettoyage. La condamnation a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e par la cour d'appel de Paris le 5 mai 2025.&nbsp;</span></p><p><span>La Cour de cassation casse la d&eacute;cision avec renvoi. On ne doit pas en d&eacute;duire cependant qu'elle l&eacute;gitime les actions militantes de ceux qui taguent les statues ou repeignent les tableaux de ma&icirc;tre avec du potage. Elle se prononce simplement sur le contr&ocirc;le que doivent exercer les juges du fond, la balance qu'ils doivent op&eacute;rer entre la libert&eacute; d'expression, y compris l'expression symbolique, et la d&eacute;gradation du bien d'autrui, souvent qualifi&eacute;e de vandalisme. Et dans l'arr&ecirc;t du 14 janvier 2026, la Cour pr&eacute;cise les crit&egrave;res dont ils doivent faire usage.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>La jurisprudence europ&eacute;enne</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Les juges consid&egrave;rent depuis longtemps que la libert&eacute; d'expression peut s'exercer selon des modes tr&egrave;s vari&eacute;s et sur des supports parfois inattendus. La Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH), dans un <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-147284" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Murat Vural c.&nbsp;Turquie</i>&nbsp;du 21 octobre 2014</a>, s'est prononc&eacute;e sur un cas de peinture de statues. Le requ&eacute;rant a &eacute;t&eacute;, en l'esp&egrave;ce, condamn&eacute; &agrave; treize ans d'emprisonnement pour avoir d&eacute;vers&eacute; de la peinture sur une statue d'Atat&uuml;rk. Ayant reconnu que le mobile de son acte &eacute;tait son "manque d'affection" pour Atat&uuml;rk, il a donc &eacute;t&eacute; reconnu coupable d'"i<i>nsulte &agrave; la m&eacute;moire d'Atat&uuml;rk</i>".&nbsp;</span></p><p><span>Saisie de cette condamnation, la CEDH reconna&icirc;t que la condamnation s'analyse comme une ing&eacute;rence dans la libert&eacute; d'expression. Elle condamne les autorit&eacute;s turques pour une violation de l'article 10 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme qui garantit la libert&eacute; d'expression. Pour la Cour, il ne s'agit pas de sanctionner l'existence m&ecirc;me d'une infraction, mais plut&ocirc;t l'extr&ecirc;me s&eacute;v&eacute;rit&eacute; d'une peine totalement disproportionn&eacute;e par rapport &agrave; la gravit&eacute; des faits.</span></p><p><span>Dans l'analyse de l'expression symbolique, la CEDH raisonne tr&egrave;s concr&egrave;tement en examinant la nature du lieu, la finalit&eacute; de l'action, l'&eacute;tendue du dommage, les alternatives &eacute;ventuelles &agrave; l'expression symbolique et la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de la peine. Dans la <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-181365" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision <i>Sinkova c. Ukraine</i> du 27 f&eacute;vrier 2018</a>, la CEDH juge ainsi que la sanction d'une expression symbolique est licite au regard de l'article 10.&nbsp;</span></p><p><span>Un collectif d'"artistes" connus pour leurs actions particuli&egrave;rement provocatrices ont &eacute;t&eacute; punis d'une peine de trois ans de prison dont deux avec sursis pour avoir profan&eacute; la tombe du soldat inconnu. Ils avaient all&egrave;grement march&eacute; dessus pour faire cuire des oeufs au plat sur la flamme du souvenir. A leurs yeux, il s'agissait de protester contre la politique de l'&Eacute;tat relative &agrave; l'utilisation du gaz naturel. Dans ce cas, la CEDH a jug&eacute; que, contrairement &agrave; <i>Murat Vural</i>, les autorit&eacute;s avaient fait preuve, "<i>vu les circonstances de la cause</i>" d'une certaine mansu&eacute;tude. La condamnation n'&eacute;tait donc pas disproportionn&eacute;e, si l'on consid&egrave;re que les int&eacute;ress&eacute;s entendaient faire valoir des revendication, et donc exercer leur libert&eacute; d'expression symbolique.</span></p><p><span>La d&eacute;cision de la chambre criminelle du 14 janvier 2026 donne aux juges du fond une grille d'analyse de cette jurisprudence europ&eacute;enne.</span></p><p><span><br></span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiR_aDckXwZiRltPXBEiZP9IxzLp1QcxE2PR4Zf9kIxRtmXFvJVDoX4-W8HvT82kzqZ-PsT5No-01PNNlbj6SZO7tPH4YKdcgqhRzrpbJJxmEM2vla9YLrkK8Qh6wB2O2Jmne5m1eqb1_ZYMpqC3zDO8djZbQjOEYCdTiIu9CcL-gU6ceaV6ao93FPnj2o/s1890/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-27%20a%CC%80%2018.25.04.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiR_aDckXwZiRltPXBEiZP9IxzLp1QcxE2PR4Zf9kIxRtmXFvJVDoX4-W8HvT82kzqZ-PsT5No-01PNNlbj6SZO7tPH4YKdcgqhRzrpbJJxmEM2vla9YLrkK8Qh6wB2O2Jmne5m1eqb1_ZYMpqC3zDO8djZbQjOEYCdTiIu9CcL-gU6ceaV6ao93FPnj2o/w365-h435/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-27%20a%CC%80%2018.25.04.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><span>Portrait de Philippe de Champaigne. 1655</span></div><p></p><p><span><br></span></p><h3><span>Les &eacute;l&eacute;ments d'analyse</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Les juges du fond doivent d'abord se demander si le comportement du requ&eacute;rant rel&egrave;ve ou non de l'expression symbolique. En l'esp&egrave;ce, ils ont r&eacute;pondu positivement, en suivant la&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000045904876/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">jurisprudence de la Cour du cassation du 1er juin 2022.</a> A propos d'un militant anti-publicit&eacute; qui avait tagu&eacute; des panneaux publicitaires de la soci&eacute;t&eacute; J. C. Decaux, la Cour d&eacute;clarait que cette action rel&egrave;ve de la libert&eacute; d'expression. Et elle sanctionne les juges du fond, non pas en raison de la gravit&eacute; de la sanction qui se limite &agrave; une amende de 900 &euro;, mais parce qu'ils n'ont pas exerc&eacute; leur contr&ocirc;le de la proportionnalit&eacute; de la sanction au regard de la libert&eacute; d'expression.</span></p><p><span>Les juges se sont ensuite interrog&eacute;s sur l'&eacute;ventuel d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral que peut susciter l'action symbolique contest&eacute;e. C'est ce que la Cour de cassation avait fait <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/62848ec8426c40057d6d29b5" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le 18 mai 2022 dans l'affaire des "d&eacute;crocheurs"</a>, groupe de joyeux militants qui avaient investi une mairie et &eacute;taient partis en emportant le portrait du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Le vide ainsi laiss&eacute; &eacute;tait cens&eacute; symboliser l'absence de politique relative au changement climatique. Dans l'affaire des tags, il est n'est pas contest&eacute; que la traite n&eacute;gri&egrave;re et l'esclavage sont des questions qui rel&egrave;vent de l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Le Code noir de Colbert se rattache donc &agrave; ce d&eacute;bat.</span></p><p><span>Jusque l&agrave;, la Cour de cassation adh&egrave;re &agrave; l'appr&eacute;ciation des juges du fond. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment, ces derniers n'ont pas convenablement appr&eacute;ci&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; de la condamnation p&eacute;nale dans le cas d'esp&egrave;ce. Au contraire, ils ont renvers&eacute; la charge de la preuve en exigeant du requ&eacute;rant qu'il d&eacute;montre le caract&egrave;re n&eacute;cessaire de son action par rapport &agrave; d'autres expressions symboliques. Et ils ont m&ecirc;me fait observer que des manifestations en vue d'obtenir le d&eacute;boulonnage de Colbert &eacute;taient rest&eacute;es sans r&eacute;sultat.</span></p><p><span>Cette fois, les juges ont commis une erreur de droit. En effet l'effet pr&ecirc;t&eacute; &agrave; une action revendicative est sans effet sur l'analyse du caract&egrave;re disproportionn&eacute; ou non d'une ing&eacute;rence dans la libert&eacute; d'expression sur un sujet d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. La cassation est donc prononc&eacute;e, et l'affaire renvoy&eacute;e devant la cour d'appel autrement compos&eacute;e.</span></p><p><span>Sur le fond, l'arr&ecirc;t du 14 juin 2026 semble logique, conforme &agrave; la jurisprudence europ&eacute;enne. Il fait preuve d'un certain r&eacute;alisme en d&eacute;finissant des crit&egrave;res pr&eacute;cis pour juger de ce type d'affaires. Sans doute, mais on doit reconna&icirc;tre que l'appr&eacute;ciation de la n&eacute;cessit&eacute; de la condamnation est plus ou moins r&eacute;alis&eacute;e au doigt mouill&eacute;.&nbsp;</span></p><p><span>La protection des oeuvres d'art m&eacute;rite certainement davantage d'attention qu'une jurisprudence p&eacute;nale qui se montre tr&egrave;s bienveillante lorsque les dommages sont demeur&eacute;s modestes. Observons d'ailleurs qu'en tout &eacute;tat de cause la responsabilit&eacute; civile peut &ecirc;tre mise en jeu, et que ces actions risquent de se r&eacute;v&eacute;ler on&eacute;reuses pour leurs auteurs. Il n'emp&ecirc;che que cette ette tol&eacute;rance en mati&egrave;re p&eacute;nale envoie un message un peu f&acirc;cheux aux militants de toutes sortes tent&eacute;s par ce type d'action. Cette mansu&eacute;tude ne risque-t-elle pas de les inciter &agrave; s'engager dans des actions plus radicales, et donc plus dangereuses pour les oeuvres d'art ? La seule solution serait sans doute que le l&eacute;gislateur se pr&eacute;occupe de ces actions symboliques en pr&eacute;voyant une &eacute;chelle des peines un peu plus lisible. Quant &agrave; Colbert, il souhaiterait sans doute enfermer ses agresseurs dans la forteresse de Pignerol, comme Fouquet...</span></p><p><br></p><h3><span><b>Le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;8 &nbsp;section 4 &sect; 1 C</span></span></h3><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-01-28T19:15:47+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-01-28T19:15:47+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Accès du fisc aux données bancaires : la CEDH sanctionne l&#039;Italie et menace la France</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>La&nbsp;Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) a rendu, le 8 janvier 2026, un arr&ecirc;t Ferrieri e...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgXJgUbVoSRWl6s_Q_parETB1BDCNxILqR7KI9ACNPDuvpkKNzNQkiFSQmsWhQ6b_QgVKKCB0wmcU1feEZXKOBUE5OF9EK0qJ-iUkDXNqXe6QzY7XsybAEujDX0oo42txw1gK1a9tTXo1r9_NPn2_lc_2_hQ60zML9SZWiix1bFRfjZmb-nARCiTm1diuE/s400/cedh@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><span><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgXJgUbVoSRWl6s_Q_parETB1BDCNxILqR7KI9ACNPDuvpkKNzNQkiFSQmsWhQ6b_QgVKKCB0wmcU1feEZXKOBUE5OF9EK0qJ-iUkDXNqXe6QzY7XsybAEujDX0oo42txw1gK1a9tTXo1r9_NPn2_lc_2_hQ60zML9SZWiix1bFRfjZmb-nARCiTm1diuE/w220-h98/cedh@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></span></a><span><br></span></p><p></p><div><span>La&nbsp;<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-247632" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH) a rendu, le 8 janvier 2026, un arr&ecirc;t <i>Ferrieri et Bonassisa c. Italie&nbsp;</i></a>&nbsp;sanctionne le dispositif de contr&ocirc;le fiscal italien permettant &agrave; l'administration d'obtenir et d'exploiter les donn&eacute;es bancaires du contribuable sans encadrement juridique s&eacute;rieux. En se fondant sur l'article 8 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme, elle consid&egrave;re un tel pouvoir comme une ing&eacute;rence excessive dans la vie priv&eacute;e des personnes.</span></div><div><span><br></span></div><span><div>L'arr&ecirc;t est important, non seulement pour le droit des personnes, mais aussi parce que le contr&ocirc;le fiscal italien ressemble &eacute;trangement au contr&ocirc;le fiscal fran&ccedil;ais.</div></span><p></p></div><p><span><br></span></p><h3><span>Donn&eacute;es bancaires, donn&eacute;es&nbsp;personnelles</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Dans sa d&eacute;cision <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-159377" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>G.S.B. c. Suisse</i> du 22 d&eacute;cembre 2015</a>, la Cour admet que les documents bancaires concernant un individus sont des donn&eacute;es &agrave; caract&egrave;re personnel, qu'elles pr&eacute;sentent ou non un caract&egrave;re sensible. Ce principe s'applique quelles que soient les donn&eacute;es, y compris celles qui portent sur l'activit&eacute; professionnelle, comme l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-156242" target="_blank" rel="noopener noreferrer">affaire <i>M. N. et a. c. Saint-Marin</i> du 7 juillet 2015</a>. D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, la consultation du compte bancaire d'une personne constitue toujours une ing&eacute;rence dans sa vie priv&eacute;e, principe rappel&eacute; dans l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-158949" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t &nbsp;<em>Brito Ferrinho Bexiga Villa-Nova c. Portugal&nbsp;</em></a><span><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-158949" target="_blank" rel="noopener noreferrer">du 1er d&eacute;cembre 2015</a>.</span></span></p><p><span>Dans l'affaire <i>Ferrieri et Bonnassisa</i>, il n'est donc pas contest&eacute; que le fisc italien entend se faire communiquer des donn&eacute;es personnelles. Conform&eacute;ment aux principes pos&eacute;s par l'article 10, une telle ing&eacute;rence n'est pas n&eacute;cessairement illicite si elle pr&eacute;vue par loi, poursuit un but l&eacute;gitime et est <i>n&eacute;cessaire dans une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;mocratique</i>.</span></p><p><span>La Cour passe rapidement sur les deux premi&egrave;res conditions. Le contr&ocirc;le fiscal est &eacute;videmment pr&eacute;vu par la loi italienne et la lutte contre la fraude est un but l&eacute;gitime. Le probl&egrave;me pos&eacute; &agrave; la CEDH est donc celui des garanties li&eacute;es &agrave; une telle proc&eacute;dure tr&egrave;s inquisitoire. Il s'agit concr&egrave;tement de v&eacute;rifier si le droit italien encadre suffisamment le pouvoir d'investigation du fisc et prot&egrave;ge donc suffisamment le contribuable contr&ocirc;l&eacute;.</span></p><p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjcvTb30UF1H4xZdtO11ntZdRA4t8kt31BmC5lYsobj38BfQZpCvemHUqcrn604c7Js_xnlsYVvCXRj763TTbvuTX2-yBjOqZl0nBUkvCjPINypTZKaJxXWU3tG506hRHx3VhjXJqgt5v3dfxgXPXAs-iv_r7R8fxyrjyrrUeqKzdcGuXY5Hb6GcMrWpZ4/s1478/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-24%20a%CC%80%2023.13.15.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjcvTb30UF1H4xZdtO11ntZdRA4t8kt31BmC5lYsobj38BfQZpCvemHUqcrn604c7Js_xnlsYVvCXRj763TTbvuTX2-yBjOqZl0nBUkvCjPINypTZKaJxXWU3tG506hRHx3VhjXJqgt5v3dfxgXPXAs-iv_r7R8fxyrjyrrUeqKzdcGuXY5Hb6GcMrWpZ4/w498-h452/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-24%20a%CC%80%2023.13.15.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><br></div><br><div><span>Asterix chez les Helv&egrave;tes. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1970</span></div><p></p><h3><span>La proc&eacute;dure de contr&ocirc;le</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>La CEDH fait g&eacute;n&eacute;ralement preuve d'un certain respect de la volont&eacute; des &Eacute;tats de d&eacute;velopper un contr&ocirc;le fiscal efficace. Dans l'arr&ecirc;t <i>G.S.B. c. Suisse</i>, elle affirmait d&eacute;j&agrave; que la notification pr&eacute;alable &agrave; la personne concern&eacute;e du contr&ocirc;le de son compte en banque pouvait nuire &agrave; l'efficacit&eacute; de l'enqu&ecirc;te. Mais si la CEDH admet que cette notification ne peut pas &ecirc;tre exig&eacute;e, des garanties en quelque sorte compensatoires doivent &ecirc;tre mises en oeuvre. L'essentiel de ces garantie r&eacute;side dans la possibilit&eacute; d'un contr&ocirc;le ind&eacute;pendant ou juridictionnel de la l&eacute;galit&eacute; de la mesure. Ces exigences ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; formul&eacute;es, notamment dans la <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-180991" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision&nbsp;</a><span lang="EN-GB"><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-180991" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Ivashchenko c Russie </i>du 13 f&eacute;vrier 2018</a>.</span></span></p><p><span>Or la Cour observe que le contr&ocirc;le est largement insuffisant, dans l'&eacute;tat actuel du droit italien. Il est en effet repouss&eacute; &agrave; l'issue de la proc&eacute;dure de redressement. C'est &eacute;videmment un probl&egrave;me car, de fait, le contr&ocirc;le ne peut peut &ecirc;tre mis en oeuvre que s'il y a eu redressement. Dans le cas contraire, l'ing&eacute;rence dans les donn&eacute;es personnelles n'a fait l'objet d'aucun contr&ocirc;le. Autrement, le contribuable fraudeur a les moyens juridiques de contester la proc&eacute;dure, alors que le contribuable honn&ecirc;te est pri&eacute; d'accepter l'intrusion dans son compte en banque sans protester.</span></p><p><span>Dans de telles conditions, l'ing&eacute;rence n'est pas conforme &agrave; la Convention europ&eacute;enne. La Cour estime que cette d&eacute;faillance est d'ordre structurel, c'est-&agrave;-dire susceptible de g&eacute;n&eacute;rer un contentieux r&eacute;p&eacute;titif. Elle impose donc aux autorit&eacute;s italiennes trois obligations bien pr&eacute;cises. D'abord, la norme juridique doit d&eacute;finir clairement les conditions d'acc&egrave;s aux donn&eacute;es bancaires. Ensuite, la demande d'acc&egrave;s doit &ecirc;tre soigneusement motiv&eacute;e. Enfin, un contr&ocirc;le effectif doit &ecirc;tre possible portant sur cet acc&egrave;s, sans attendre la fin de la proc&eacute;dure de contr&ocirc;le fiscal.</span></p><p><span>Pour r&eacute;sumer le propos, le fisc ne b&eacute;n&eacute;ficie pas d'un "open bar" aux donn&eacute;es bancaires, et le contr&ocirc;le ne doit pas intervenir en bout de cha&icirc;ne. Le seul probl&egrave;me est que ces deux &eacute;l&eacute;ments r&eacute;sument assez bien le droit fran&ccedil;ais.</span></p><p><span><br></span></p><h3><span>Le droit fran&ccedil;ais</span></h3><p><span><br></span></p><p><span>Le Livre des proc&eacute;dures fiscales (LPF) conf&egrave;re au fisc un droit de communication tr&egrave;s large, exerc&eacute; "sur place ou par correspondance", et permettant de prendre copie des documents. Il s'exerce, non seulement aupr&egrave;s du contribuable, mais aussi aupr&egrave;s des &eacute;tablissements bancaires et, dans ce cas, le secret bancaire n'est pas opposable. Il est vrai que l'administration fiscale est invit&eacute;e &agrave; &eacute;viter les "recherches d'ensemble", mais cette formule ne s'accompagne d'aucune sanction.&nbsp;</span></p><p><span>Certes, l'arr&ecirc;t <i>Ferrieri et Bonassisa</i> ne d&eacute;clare pas un tel mod&egrave;le illicite. Il est en effet &nbsp;important que le fisc puisse lutter efficacement contre la fraude, ce qui implique un pouvoir d'investigation &eacute;tendu. En revanche, les garanties exig&eacute;es par la Cour sont bien loin d'&ecirc;tre respect&eacute;es par la proc&eacute;dure fiscale fran&ccedil;aise.&nbsp;</span></p><p><span>Les conditions d'encadrement juridique et de motivation sont ignor&eacute;es. Aucun cadre interne ne d&eacute;finit les crit&egrave;res permettant de d&eacute;cider ces investigations. Quant &agrave; l'exigence de motivation, il faut bien reconna&icirc;tre que le droit de communication se r&eacute;sume &agrave; un pouvoir d'obtention des informations sans qu'aucun acte motiv&eacute; opposable au contribuable puisse &ecirc;tre identifi&eacute;. Sur ce plan, la jurisprudence europ&eacute;enne incite &agrave; une formalisation de la proc&eacute;dure avec des d&eacute;cisions tra&ccedil;ables, des crit&egrave;res explicites et une justification du volume d'information r&eacute;clam&eacute;.</span></p><p><span>Le recours autonome, c'est-&agrave;-dire ind&eacute;pendant du redressement, n'existe pas davantage. Le contribuable ne peut contester que la proposition de redressement, &agrave; l'issue de la proc&eacute;dure. Cette exigence d'un contr&ocirc;le en amont devrait inciter le droit fran&ccedil;ais &agrave; repenser le r&ocirc;le du juge de l'imp&ocirc;t, peut &ecirc;tre en cr&eacute;ant une instance proche de celle du Juge des libert&eacute;s et de la d&eacute;tention (JLD). Il aurait pour fonction d'appr&eacute;cier la demande d'acc&egrave;s non pas dans le seul int&eacute;r&ecirc;t du fisc, mais en s'interrogeant sur sa proportionnalit&eacute; au regard de la vie priv&eacute;e du contribuable.&nbsp;</span></p><p><span>De son c&ocirc;t&eacute;, le Conseil constitutionnel semble avoir pr&eacute;par&eacute; cette &eacute;volution. Dans sa <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019789QPC.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">QPC du 14 juin 2019,</a> il affirme en effet que l'acc&egrave;s aux donn&eacute;es bancaires des assur&eacute;s sociaux qui peut &ecirc;tre exerc&eacute; par les organismes de s&eacute;curit&eacute; sociale poursuit un objectif l&eacute;gitime de lutte contre la fraude. En revanche, elle s'<span>&nbsp;accompagne d'une ing&eacute;rence dans la vie priv&eacute;e qui, en l'esp&egrave;ce, est proportionn&eacute;e au regard de l'objectif poursuivi.</span></span></p><p><span>Si on l'examine au regard du droit fran&ccedil;ais, l'arr&ecirc;t <i>Ferrieri et Bonnassisa </i>ne d&eacute;sarme pas le fisc, mais se borne &agrave; &eacute;lever le niveau d'exigence en mati&egrave;re de proc&eacute;dure. Il est &eacute;vident que le droit fran&ccedil;ais devrait rapidement entreprendre de se mettre en conformit&eacute; avec cette jurisprudence qui ne vise pas &agrave; r&eacute;duire l'efficacit&eacute; du contr&ocirc;le fiscal, mais s'efforce plut&ocirc;t de lui assurer une plus grande l&eacute;gitimit&eacute;. &nbsp;Une telle &eacute;volution pourrait inspirer au contribuable le sentiment de pouvoir mieux se d&eacute;fendre face &agrave; une administration dot&eacute;e de pouvoirs exorbitants du droit commun, contre laquelle il se souvent parfaitement d&eacute;muni.&nbsp;</span></p><p><span>Il reste &agrave; se demander si le droit &eacute;voluera avant que les contribuables, ou plut&ocirc;t leurs avocats, d&eacute;couvrent les possibilit&eacute;s de cette jurisprudence. Dans l'imm&eacute;diat, il est probable que leurs conseils leur diront de refuser de donner spontan&eacute;ment les documents bancaires demand&eacute;s pour obliger le fisc &agrave; s'adresser directement &agrave; leur banque, sans crit&egrave;res et sans motivation. Un beau cas d'inconventionnalit&eacute; &agrave; soulever par la suite, pour faire annuler le redressement.</span></p><p><span><br></span></p><p><span></span></p><h3><span><b>Protection des donn&eacute;es personnelles&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;8 section 5</span></span></h3><div><span><span><br></span></span></div><p><br></p><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-01-24T22:55:07+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Une femme disparaît : la prescription en questions</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 16 janvier 2026, l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de la Cour de cassation a rendu une d&eacute;cision Bonfanti tr&egrave;s ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2BlkwHszfegzqXTfvqN2Z69mmKIrg-gv0V9MI6U3XVVIMhxd5EY37oQYjz5XjK10c5g8C79jGO5foRdWGc5IONpTUKww8BI6NAbhfNJXfd6Y3FrBT5wAYZIKiuH1J58soB2ubVPElENsCU5uFCynxZbUfdjJLCfCjrHJabFlcLn_OeaiE7UcqKmBHqQg/s194/droit-penal@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2BlkwHszfegzqXTfvqN2Z69mmKIrg-gv0V9MI6U3XVVIMhxd5EY37oQYjz5XjK10c5g8C79jGO5foRdWGc5IONpTUKww8BI6NAbhfNJXfd6Y3FrBT5wAYZIKiuH1J58soB2ubVPElENsCU5uFCynxZbUfdjJLCfCjrHJabFlcLn_OeaiE7UcqKmBHqQg/w131-h145/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><span>Le <a href="" target="_blank" rel="noopener noreferrer">16 janvier 2026, l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re de la Cour de cassation a rendu une d&eacute;cision <i>Bonfanti</i> </a>tr&egrave;s attendue sur la prescription du crime de meurtre. Rappelant que seul un <i>obstacle insurmontable</i> peut suspendre le d&eacute;lai de prescription, elle juge que la dissimulation du corps ne constitue pas un <i>obstacle insurmontable, </i>sauf si elle survient dans un contexte qui rend impossible de soup&ccedil;onner qu'une infraction a &eacute;t&eacute; commise.</span></p><p></p><p><span>La prescription de l'action publique est d&eacute;finie simplement par l'article 7 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale : "<i>La loi fixe une dur&eacute;e au cours de laquelle il est possible d'engager des poursuites p&eacute;nales contre une personne &agrave; qui l'on reproche une infraction"</i>. Lors que ce d&eacute;lai est &eacute;coul&eacute;, on consid&egrave;re que "l'action publique est &eacute;teinte", ce qui signifie que la justice ne peut plus ni mettre en examen ni juger. En mati&egrave;re de meurtre, la prescription court &agrave; compter du jour du crime. Avant <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000034096721" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la loi <i>Tourret</i> du 27 f&eacute;vrier 2017,</a> ce d&eacute;lai &eacute;tait de dix ans. Depuis cette loi, le d&eacute;lai a &eacute;t&eacute; allong&eacute; &agrave; vingt ans. Ce texte ne s'applique cependant pas aux crimes prescrits avant 2017.</span></p><p><br></p><h3><span>Une femme dispara&icirc;t</span></h3><p><br></p><p><span>Le 22 mai 1986, madame <i>Bonfanti </i>dispara&icirc;t. Son v&eacute;hicule est retrouv&eacute; stationn&eacute; pr&egrave;s d'un immeuble o&ugrave; elle devait effectuer une livraison. L'enqu&ecirc;te commence le jour m&ecirc;me et une information judiciaire est bient&ocirc;t ouverte, pour enl&egrave;vement et s&eacute;questration. La nature criminelle des faits est renforc&eacute;e par des t&eacute;moignages qui font &eacute;tat de cris entendus dans l'immeuble. Son propri&eacute;taire est plac&eacute; en garde &agrave; vue, mais bient&ocirc;t lib&eacute;r&eacute;, faute d'&eacute;l&eacute;ment mat&eacute;riel permettant de l'impliquer.</span></p><p><span>Plus de trente ans plus tard, les d&eacute;marches de la famille <i>Bonfanti</i> permettent l'ouverture d'une nouvelle information judiciaire. Le propri&eacute;taire de l'immeuble, de nouveau plac&eacute; en garde &agrave; vue, avoue cette fois le meurtre, qui a eu lieu le jour m&ecirc;me de la disparition de madame <i>Bonfanti</i>. Il se serait produit durant une altercation. L'int&eacute;ress&eacute; indique le lieu o&ugrave; il a abandonn&eacute; le corps, et des restes humains sont effectivement d&eacute;couverts, l'ADN permettant de les identifier comme &eacute;tant ceux de madame <i>Bonfanti.</i></span></p><p><span><i><br></i></span></p><p><span></span></p><div><span></span></div><p><span><span><br></span></span></p><span><span><div>Une femme dispara&icirc;t. Alfred Hitchcock. 1938</div></span><i><div><br></div></i></span><p></p><p><br></p><h3><span>L'opposition entre les juges du fond et la Cour de cassation</span></h3><p><br></p><p><span>Pour l'auteur du meurtre, les faits sont prescrits, plus de dix ans s'&eacute;tant &eacute;coul&eacute;s depuis les faits. A l'&eacute;poque, c'est donc la prescription d&eacute;cennale qui s'appliquait. La proc&eacute;dure a &eacute;t&eacute; marqu&eacute;e par une opposition entre les juges du fond et la Cour de cassation.&nbsp;</span></p><p><span>Une premi&egrave;re d&eacute;cision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble, le 24 janvier 2023, consid&eacute;rait que la dissimulation du corps ainsi que l'absence d'indices mat&eacute;riels ont constitu&eacute; un obstacle de fait &agrave; l'action publique. La d&eacute;cision consid&eacute;rait en cons&eacute;quence que la prescription commen&ccedil;ait &agrave; courir &agrave; la date de la d&eacute;couverte du corps, en mai 2022, date &agrave; laquelle l'homicide &eacute;tait &eacute;tabli. Une <a href="" target="_blank" rel="noopener noreferrer">premi&egrave;re d&eacute;cision de la chambre criminelle, le 28 novembre 2023,</a> a refus&eacute; cette analyse, estimant que ces &eacute;l&eacute;ments ne constituaient pas un obstacle insurmontable &agrave; l'exercice de l'action publique, une enqu&ecirc;te pour enl&egrave;vement et s&eacute;questration ayant d'ailleurs &eacute;t&eacute; diligent&eacute;e. Mais les juges du fond ont pers&eacute;v&eacute;r&eacute;, &nbsp;et la cour d'appel de renvoi, celle de Lyon, a jug&eacute; exactement dans le m&ecirc;me sens que celle de Grenoble, suscitant l'intervention de l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re par l'arr&ecirc;t du 16 janvier 2026.</span></p><p><span>La Cour de cassation impose ainsi aux juges du fond une interpr&eacute;tation stricte des r&egrave;gles de la prescription.</span></p><p><span>Elle commence par lever l'incertitude li&eacute;e &agrave; la date du d&eacute;c&egrave;s de la victime. Pour les juges de la chambre de l'instruction, l'incertitude sur la date du d&eacute;c&egrave;s entraine une incertitude du point de d&eacute;part de la prescription, ce qui entra&icirc;ne la n&eacute;cessit&eacute; de le reporter au jour de la d&eacute;couverte des ossements. Mais l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re &eacute;carte cette analyse et reproche aux juges de ne pas avoir tenu compte des expertises qui affirmaient que Madame <i>Bonfanti</i> &eacute;tait d&eacute;c&eacute;d&eacute;e, au plus tard, en 2001. De fait, les juges auraient d&ucirc; conclure que la prescription &eacute;tait acquise, au plus tard, en 2011.</span></p><p><br></p><h3><span>La suspension du d&eacute;lai de prescription</span></h3><p><br></p><p><span>L'essentiel du d&eacute;bat porte cependant sur la suspension du d&eacute;lai de prescription. &nbsp;La Cour de cassation affirme clairement que la disparition d'une personne, l'absence de sc&egrave;ne de crime, l'absence de mobile li&eacute; &agrave; la personnalit&eacute; de la victime et la dissimulation du corps ne constituent pas un obstacle insurmontable &agrave; l'exercice de poursuites pour meurtre, de nature &agrave; interrompre la prescription. A l'appui de cette analyse, le d&eacute;roulement m&ecirc;me de l'affaire <i>Bonfant</i>i montre qu'une information avait &eacute;t&eacute; ouverte, le jour m&ecirc;me de la disparition, pour des faits criminels, l'enl&egrave;vement et la s&eacute;questration. De nombreux actes d'enqu&ecirc;te ont &eacute;t&eacute; diligent&eacute;s, et rien n'interdisait d'envisager le meurtre. On sait en effet que pour ouvrir une enqu&ecirc;te, il n'est pas indispensable que la nature pr&eacute;cise de l'infraction soit &eacute;tablie.</span></p><p><span>L'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re s'appuie sur les termes de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034098595/2023-10-09" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l'article 9-3 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale</a> qui &eacute;nonce que la suspension de la prescription ne peut &ecirc;tre constitu&eacute;e que par un "<i>obstacle insurmontable assimilable &agrave; la force majeure, qui rend impossible la mise en mouvement ou l'exercice de l'action publique</i>".</span></p><p><span>M&ecirc;me ant&eacute;rieurement &agrave; la loi de 2017, les juges retenaient une d&eacute;finition tr&egrave;s &eacute;troite des &eacute;l&eacute;ments susceptibles de justifier la suspension du d&eacute;lai de prescription. Dans une <a href="" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 7 novembre 2014, </a>l'Assembl&eacute;e pl&eacute;ni&egrave;re admettait cette suspension dans le cas de cadavres de nouveau-n&eacute;s d&eacute;couverts enterr&eacute;s dans le jardin de leur m&egrave;re, leur naissance ayant &eacute;t&eacute; dissimul&eacute;e &agrave; l'&eacute;tat civil. &nbsp;Aucun indice ne permettant de conna&icirc;tre l'existence de ces enfants, le d&eacute;lai de prescription est suspendu jusqu'&agrave; la date de d&eacute;couverte des corps. Il en est de m&ecirc;me dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000034710985?isSuggest=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">un arr&ecirc;t du 25 avril 2017,</a> o&ugrave; la chambre criminelle consid&egrave;re comme obstacle insurmontable le fait, pour une femme, d'avoir pr&eacute;sent&eacute; son mari comme ayant abandonn&eacute; le domicile conjugal et d'avoir &eacute;labor&eacute; toute une s&eacute;rie d'&eacute;l&eacute;ments de nature &agrave; prouver qu'il &eacute;tait encore vivant. Or l'&eacute;poux avait &eacute;t&eacute; assassin&eacute; par l'amant de la dame, et la cour a estim&eacute; que la prescription &eacute;tait suspendue jusqu'&agrave; la date &agrave; laquelle elle a reconnu avoir eu connaissance d'un projet d'assassinat de son mari.</span></p><p><br></p><h3><span>Affaiblir la prescription ?</span></h3><p><br></p><p><span>Sur le plan strictement juridique, la d&eacute;cision du 16 janvier est parfaitement justifi&eacute;e, et l'allongement du d&eacute;lai de prescription en 2017 ne change pas grand chose, si ce n'est que le temps de l'enqu&ecirc;te est d&eacute;sormais plus long. Dans le cas pr&eacute;sent, l'obstacle de la dissimulation du corps n'avait rien d'insurmontable, comme le montre le fait qu'une instruction criminelle avait &eacute;t&eacute; ouverte d&egrave;s le jour de la disparition de la victime. A contrario, diff&eacute;rentes affaires criminelles ont abouti &agrave; une condamnation, alors m&ecirc;me que le corps n'avait jamais &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;. La plus connue est sans doute la condamnation de <i>Maurice Agnelet </i>en 2007 pour le meurtre d'<i>Agn&egrave;s Le Roux</i> dont le corps n'a jamais &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;.</span></p><p><span>Il n'en demeure pas moins que la d&eacute;cision du 16 janvier, aussi fond&eacute;e en droit soit-elle, est loin de r&eacute;soudre tous les probl&egrave;mes. On peut d'abord s'&eacute;tonner que <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044545992" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la loi du 22 d&eacute;cembre 2021 a</a>it pr&eacute;vu la cr&eacute;ation d'un <i>P&ocirc;le des crimes s&eacute;riels ou non &eacute;lucid&eacute;s</i> (PCSNE), souvent d&eacute;sign&eacute; comme le <i>p&ocirc;le Cold Cases</i>, sans s'interroger sur l'allongement de la dur&eacute;e de prescription. Pourquoi enqu&ecirc;ter sur des <i>Cold Cases </i>si les chances de condamnation des auteurs sont r&eacute;duites par les conditions de prescription ?</span></p><p><span>De mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, on peut se demander si la d&eacute;cision du 16 janvier 2026 n'affaiblit pas la prescription, en donnant l'apparence de la renforcer. L'accent est mis, et on peut le comprendre, sur la douleur des victimes, des enfants de Madame <i>Bonfanti</i>, qui connaissent le meurtrier de leur m&egrave;re, en sachant qu'il ne sera jamais jug&eacute;. Cette situation est &eacute;videmment utilis&eacute;e pour promouvoir une remise en cause plus g&eacute;n&eacute;rale de la prescription et de ses fondements.</span></p><p><span>Tous les &eacute;tudiants en droit ont appris que la prescription repose d'abord sur l'oubli, l'id&eacute;e que la personne arr&ecirc;t&eacute;e apr&egrave;s vingt ou trente ans n'est plus la m&ecirc;me que celle qui a commis le crime. Elle repose aussi sur des r&eacute;alit&eacute;s proc&eacute;durales comme la crainte du d&eacute;p&eacute;rissement des preuves et la volont&eacute; de contraindre les enqu&ecirc;teurs et les juges &agrave; faire preuve d'une certaine c&eacute;l&eacute;rit&eacute;. Ces justifications sont aujourd'hui mises en cause, ou plus exactement d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment ignor&eacute;es, au profit d'une volont&eacute; de privil&eacute;gier l'imprescriptibilit&eacute;, au moins en mati&egrave;re criminelle. &Eacute;tait-ce r&eacute;ellement le but &agrave; atteindre ?</span></p><p><br></p><h3><span><b>Principes g&eacute;n&eacute;raux de la proc&eacute;dure p&eacute;nale&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;4 section 2 &sect; 2</span></span></h3><p><br></p>]]></content>
	<updated>2026-01-21T18:32:23+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Quand l&#039;auteur d&#039;une diffamation se revendique lanceur d&#039;alerte</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Le 13 janvier 2026, la Chambre criminelle de la Cour de cassation a apport&eacute; des pr&eacute;cisions important...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhdD99f6iGD9j0PSKu6rtxpwEcbEdc4GwKVklECnNxmP8glFfIUT7EzlY8O8pRp9wtqQVBQExCblYyQl1x2lg0970vhLBXMytgi0HsSzoQoueT4F2krqMAr1-r6QalpL8A84EQOeCOvjtY1XyGMJiOFuHxiXst1pRfAtyAWLbcbfI_4JtZ398OQq3ysUF8/s300/courcassation-300x200@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhdD99f6iGD9j0PSKu6rtxpwEcbEdc4GwKVklECnNxmP8glFfIUT7EzlY8O8pRp9wtqQVBQExCblYyQl1x2lg0970vhLBXMytgi0HsSzoQoueT4F2krqMAr1-r6QalpL8A84EQOeCOvjtY1XyGMJiOFuHxiXst1pRfAtyAWLbcbfI_4JtZ398OQq3ysUF8/s1600/courcassation-300x200@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div>Le <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/6965e5c1cdc6046d471b4b0e" target="_blank" rel="noopener noreferrer">13 janvier 2026, la Chambre criminelle de la Cour de cassation</a> a apport&eacute; des pr&eacute;cisions importantes sur la d&eacute;finition du lanceur d'alerte. En l'esp&egrave;ce, la Cour est confront&eacute;e &agrave; la situation dans laquelle une personne poursuivie pour diffamation publique invoque la qualit&eacute; de lanceur d'alerte pour &eacute;chapper aux poursuites.&nbsp;</div><p></p><p><span>Dans un contexte tr&egrave;s conflictuel entre deux anciens associ&eacute;s d'une entreprise, l'un avait accus&eacute; l'autre, sur <i>LinkedIn,</i> de s'&ecirc;tre livr&eacute; &agrave; diff&eacute;rentes fraudes et comportements d&eacute;lictueux dans la gestion de la soci&eacute;t&eacute;. L'associ&eacute; mis en cause a port&eacute; plainte, et l'auteur de ces propos a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; par le tribunal correctionnel pour diffamation publique, condamnation confirm&eacute;e par la cour d'appel d'Aix en Provence.</span></p><p><span>Devant la Cour de cassation, il invoque une erreur de droit. Il aurait agi comme lanceur d'alerte et invoque donc le fait justificatif de l'<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033562315/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">article 122-9 du code p&eacute;nal</a>. Celui-ci &eacute;nonce que "<i>n'est pas p&eacute;nalement responsable la personne qui porte atteinte &agrave; un secret prot&eacute;g&eacute; par la loi, d&egrave;s lors que cette divulgation est n&eacute;cessaire et proportionn&eacute;e &agrave; la sauvegarde des int&eacute;r&ecirc;ts en cause (...), d&egrave;s lors que la personne r&eacute;pond aux crit&egrave;res de d&eacute;finition du lanceur d'alerte (...)</i>".</span></p><p><span>Mais la Cour de cassation &eacute;carte le pourvoi. Elle estime que la d&eacute;finition fran&ccedil;aise interne du lanceur d'alerte n'est pas applicable dans un proc&egrave;s en diffamation. Quant &agrave; la d&eacute;finition donn&eacute;e par la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme (CEDH), elle pourrait th&eacute;oriquement s'appliquer, mais sous condition de bonne foi, condition qui n'est pas remplie en l'esp&egrave;ce.</span></p><p><br></p><h3><span>La d&eacute;finition du lanceur d'alerte par la loi Sapin</span></h3><p><br></p><p><span>Depuis <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033558528" rel="noopener noreferrer" target="_blank">la loi Sapin du 9 d&eacute;cembre 2016</a> jusqu&rsquo;&agrave;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000045388752" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> la loi Waserman du 21 mars 2022</a>, le lanceur d&rsquo;alerte est d&eacute;fini comme &laquo; <i>une personne physique qui r&eacute;v&egrave;le ou signale, sans contrepartie financi&egrave;re et de bonne foi, des informations portant sur un crime, un d&eacute;lit, une menace ou un pr&eacute;judice pour l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, une violation ou une tentative de dissimulation d&rsquo;une violation d&rsquo;un engagement international (&hellip;), du droit de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, de la loi ou du r&egrave;glement</i> &raquo;. Le lanceur d'alerte n'est donc pas un d&eacute;lateur mais un informateur qui agit, ou au moins croit agir, dans l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral.</span></p><p><span>Dans son arr&ecirc;t du 13 janvier 2026, la chambre criminelle sanctionne la cour d'appel qui avait accept&eacute; d'appr&eacute;cier le bien-fond&eacute; de ce fait justificatif. Pour la chambre criminelle, la l&eacute;gislation sur les lanceurs d'alerte n'est pas applicable dans un proc&egrave;s pour diffamation. Seule pourrait invoquer le statut de lanceur d'alerte celui ou celle qui "<i>porte atteinte &agrave; un secret prot&eacute;g&eacute; par la loi</i>" ou qui diffuse des informations dont elle a eu connaissance durant ses fonctions et qu'elle diffuse dans l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Dans le cas pr&eacute;sent, la d&eacute;nonciation n'a pas port&eacute; sur des secrets prot&eacute;g&eacute;s, ce qui suffit &agrave; exclure l'application de la l&eacute;gislation sur les lanceurs d'alerte. Les juges du fond n'avaient donc pas &agrave; s'interroger sur la bonne foi de l'auteur.</span></p><p><span>L'arr&ecirc;t n'est pourtant pas censur&eacute; sur ce motif. La Cour de cassation reconna&icirc;t en effet que le pr&eacute;venu peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un lanceur d'alerte au sens d&eacute;fini par la CEDH. Mais la bonne foi ne saurait &ecirc;tre, dans ce cas, retenue, ce qui conduit au rejet final du pourvoi</span>.</p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhzHY0ndP9PArYcIAT30uYarK3eQQ9DDwP0xvTD_znquafH7vlZabakPcpxUliO76XleuuA3yCTDNMMnhj7tRkKxUw5mEoVjBaue1NZ3PCZPilqbsQGr1qti8nm2CbU-jZSul6tOMkNghr_1XffJVB_S1SLy3a9lOCw5opIq-NOpZCYwpv3YHXP4XJMbI8/s1256/C.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhzHY0ndP9PArYcIAT30uYarK3eQQ9DDwP0xvTD_znquafH7vlZabakPcpxUliO76XleuuA3yCTDNMMnhj7tRkKxUw5mEoVjBaue1NZ3PCZPilqbsQGr1qti8nm2CbU-jZSul6tOMkNghr_1XffJVB_S1SLy3a9lOCw5opIq-NOpZCYwpv3YHXP4XJMbI8/w534-h335/C.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div><br></div><br><p><span>La zizanie. Ren&eacute; Goscinny et Albert Uderzo. 1970</span></p><p><br></p><h3><span>La d&eacute;finition du lanceur d'alerte par la CEDH</span></h3><p><br></p><p><span>&Eacute;cartons d'embl&eacute;e le droit de l'Union europ&eacute;enne qui n'est pas applicable en l'esp&egrave;ce. La directive du 23 octobre 2019 ne concerne en effet que les lanceurs d'alerte qui signalent ou divulguent des violations du droit de l'Union. Tel n'est pas le cas en l'esp&egrave;ce.</span></p><p><span>La d&eacute;finition adopt&eacute;e par la CEDH se montre beaucoup plus englobante.&nbsp;<span><span>Dans un arr&ecirc;t&nbsp;</span><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-85017" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Guja c. Moldavie</i>&nbsp;du 12 f&eacute;vrier 2008,</a><span>&nbsp;elle d&eacute;finit le lanceur d&rsquo;alerte </span><span>comme</span><span>&nbsp;celui qui divulgue des informations confidentielles obtenues dans le cadre professionnel, en violation de ses devoirs de loyaut&eacute;, de discr&eacute;tion ou de secret, dans un contexte de vuln&eacute;rabilit&eacute; et de risque de repr&eacute;sailles</span></span><span>.&nbsp; La Cour pr&eacute;cise toutefois, dans sa d&eacute;cision du <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-223019" target="_blank" rel="noopener noreferrer">14 f&eacute;vrier 2023,&nbsp;<i>Halet c. Luxembourg</i>,</a> que le statut de lanceur d&rsquo;alerte ne saurait &ecirc;tre accord&eacute; &agrave; partir d&rsquo;une d&eacute;finition abstraite. Cette qualification doit en effet reposer sur les &eacute;l&eacute;ments concrets de chaque affaire.</span></span></p><p><span>Cette d&eacute;cision est express&eacute;ment mentionn&eacute;e par la Cour de cassation. L'apport essentiel de sa d&eacute;cision r&eacute;side ainsi dans la m&eacute;thode qu'elle indique aux juges du fond, pour qu'ils puissent appr&eacute;cier les diffamations revendiqu&eacute;es comme alertes.</span></p><p><span><span>Les juges doivent d'abord rechercher si l'on est bien dans l'hypoth&egrave;se "Strasbourg", </span><span>c'est-&agrave;-dire</span><span>&nbsp;dans la d&eacute;finition donn&eacute;e par la jurisprudence de la Cour. Ils doivent ainsi rechercher la bonne foi de de l'auteur de la divulgation, notamment s'il existe des motifs raisonnables de croire &agrave; l'authenticit&eacute; des informations divulgu&eacute;es, si le lanceur d'alerte ne trouve aucun avantage personnel dans sa d&eacute;marche, s'il agit dans l'int&eacute;r&ecirc;t public etc.. Lorsque ces &eacute;l&eacute;ments ne sont pas &eacute;tablis, la d&eacute;finition europ&eacute;enne du lanceur d'alerte ne peut s'appliquer... et l'on revient aux crit&egrave;res plus exigeants de la bonne foi en mati&egrave;re de diffamation.</span></span></p><p><span><span>En l'esp&egrave;ce, la Cour de cassation &eacute;carte &eacute;videmment l'hypoth&egrave;se "Strasbourg", car l'auteur n'agit pas dans l'int&eacute;r&ecirc;t public, mais par repr&eacute;sailles personnelles &agrave; l'encontre d'un ancien associ&eacute; avec lequel il est en conflit. Il ne prot&egrave;ge donc en aucun cas l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral mais bien son int&eacute;r&ecirc;t personnel.&nbsp;</span></span></p><p><span><span><br></span></span></p><h3><span><span>Le retour au droit de la diffamation</span></span></h3><p><span><span><br></span></span></p><p><span>Le statut de lanceur d'alerte n'est donc envisageable ni dans sa d&eacute;finition interne, ni dans celle d&eacute;velopp&eacute;e par la CEDH. La Cour de cassation &eacute;carte donc la qualification de lanceur d'alerte et revient au droit commun de la diffamation. On sait que l'on peut s'exon&eacute;rer de l'accusation de diffamation par la bonne foi, d&eacute;finie cette fois par l'existence d'une base factuelle suffisante et d'un d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. En l'esp&egrave;ce, ce dernier n'existe pas, les faits divulgu&eacute;s portant uniquement sur la gestion de l'entreprise.</span></p><p><span>Les juges du&nbsp;fond se voient ainsi imposer un test en deux &eacute;tapes pour les diffamations revendiqu&eacute;es comme alerte. Ils doivent d'abord recherche si la situation peut &ecirc;tre rattach&eacute;e au droit des lanceurs d'alerte, soit en droit interne, soit en droit de la convention europ&eacute;enne. Dans ce dernier cas, ils doivent ensuite choisir le standard de la bonne foi appropri&eacute; &agrave; la situation, soit celui d&eacute;gag&eacute; par la CEDH, soit celui de la diffamation de droit commun.&nbsp;</span></p><p><span>La d&eacute;cision tend &agrave; une sp&eacute;cialisation des r&eacute;gimes juridiques bien dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle manque de simplicit&eacute; et de lisibilit&eacute;. D'une certaine mani&egrave;re, la Cour de cassation adopte une position incertaine &agrave; l'&eacute;gard de ceux qui se pr&eacute;sentent comme lanceurs d'alerte pour &eacute;chapper &agrave; une condamnation pour diffamation. L'argument n'est pas un bouclier automatique, mais il n'est pas exactement sans effets. Il n'emp&ecirc;che que l'int&eacute;ress&eacute; aura d&eacute;sormais int&eacute;r&ecirc;t &agrave; documenter s&eacute;rieusement son dossier pour d&eacute;montrer sa bonne foi. S'il n'y parvient pas, le cadre juridique ainsi &eacute;tabli risque de se retourner contre lui, car comment &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme de bonne foi en mati&egrave;re de diffamation si l'on est un lanceur d'alerte de mauvaise foi ? Heureusement qu'il y a des juges pour comprendre quelque chose.</span></p><p><span></span></p><h3><br></h3><h3><span><b>Le lanceur d'alerte&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;9 &nbsp;section 1 &sect; 2 B 1</span></span></h3>]]></content>
	<updated>2026-01-18T19:05:56+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<updated>2026-01-18T19:05:56+00:00</updated>
		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Je suis Charlie, encore et toujours</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Charlie Hebdo sera toujours Charlie Hebdo, avec ses dessins provocateurs maniant l'humour noir et la...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p><i></i></p><div><i><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjmyLYKcCN5PeNeBtM_I5zR-cX7NAaEp1VOG4DdEVqBvh-jU-A_h4vUWCf3hK_0mL-7HqwUubSUFxVBDdKxSmdPBYZ55wFRad16KW269EuZOOaL-7jndXoWyZRUr7FMAaQG4zLl7EQSYk7MEmxZj-ndFYnWckp7tQ_GadDFhuD9QQ3M8TFCC8xu2mHLr7k/s1488/Charlie.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjmyLYKcCN5PeNeBtM_I5zR-cX7NAaEp1VOG4DdEVqBvh-jU-A_h4vUWCf3hK_0mL-7HqwUubSUFxVBDdKxSmdPBYZ55wFRad16KW269EuZOOaL-7jndXoWyZRUr7FMAaQG4zLl7EQSYk7MEmxZj-ndFYnWckp7tQ_GadDFhuD9QQ3M8TFCC8xu2mHLr7k/w114-h154/Charlie.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></i></div><i><br></i><p><span><i>Charlie Hebdo</i> sera toujours <i>Charlie Hebdo,</i> avec ses dessins provocateurs maniant l'humour noir et la satire politique. Le dessin "<i>Les br&ucirc;l&eacute;s font du ski"</i> publi&eacute; apr&egrave;s la trag&eacute;die de Crans-Montana est-il choquant ? Sans doute, mais c'est pr&eacute;cis&eacute;ment la ligne &eacute;ditoriale de Charlie, choquer le lecteur par un humour particuli&egrave;rement corrosif.&nbsp;</span></p><p></p><p><span>D&eacute;j&agrave; en 1970, l'anc&ecirc;tre de <i>Charlie</i>, &agrave; l'&eacute;poque <i>Hara Kiri Hebdo </i>avait titr&eacute;, le 16 novembre 1970 : "<i>Bal tragique &agrave; Colombey - 1 mort"</i>, faisant allusion au r&eacute;cent d&eacute;c&egrave;s du G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle dans sa propri&eacute;t&eacute; de <i>La Boisserie.</i> En m&ecirc;me temps, le choix du titre faisait d&eacute;j&agrave; r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'incendie d'un dancing, le "<i>5-7"</i> &nbsp;&agrave; Saint Laurent du Pont (Is&egrave;re), qui venait de faire 146 victimes. A l'&eacute;poque, le ministre de l'Int&eacute;rieur, Raymond Marcellin, avait imm&eacute;diatement interdit la vente du journal aux mineurs, contraignant <i>Hara Kiri </i>&agrave; se saborder pour repara&icirc;tre sous le nouveau nom de </span><i><span>Charlie Hebdo</span>.</i></p><p><i><br></i></p><h3><span>Charlie v. Mladina</span></h3><p><br></p><p><span>Le juge doit-il &ecirc;tre juge de l'humour, de son bon ou mauvais go&ucirc;t ? Pour donner des &eacute;l&eacute;ments de r&eacute;ponse &agrave; cette question, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-247823" target="_blank" rel="noopener noreferrer">(CEDH) a rendu, le 13 janvier 2026, une d&eacute;cision </a><i><a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-247823" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Mladina d.d. Ljubljana c. Slov&eacute;nie</a>. S</i>ans constituer un bouleversement jurisprudentiel majeur, elle offre une grille de lecture assez pr&eacute;cise de ce type de situation.</span></p><p><span>En mars 2011, l'hebdomadaire slov&egrave;ne <i>Mladina</i> publie, dans sa rubrique satirique, un texte ironique sur un d&eacute;put&eacute; d'opposition. Il met en parall&egrave;le deux photos, l'une du d&eacute;put&eacute; avec sa famille, l'autre du docteur Goebbels avec sa famille, le tout accompagn&eacute; d'une chute provocatrice : "<i>Sieg !</i>". Apr&egrave;s quelques h&eacute;sitations en premi&egrave;re instance, les juges slov&egrave;nes finissent par engager la responsabilit&eacute; du journal au motif que la comparaison entre les photos franchit un seuil inadmissible. Le journal est condamn&eacute; &agrave; faire des excuses et &agrave; publier le jugement. Dans une autre instance civile, des dommages et int&eacute;r&ecirc;ts sont accord&eacute;s &agrave; la famille. <i>Mladina</i> se tourne donc vers la CEDH et invoque une atteinte &agrave; la libert&eacute; d'expression, prot&eacute;g&eacute;e par l'article 10 de la Convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme.</span></p><p><span>Dans l'affaire <i>Mladina,</i> la Cour reconna&icirc;t une violation de l'article 10. Le rapprochement avec Goebbels rel&egrave;ve du d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, l'article ayant pour but une critique violente &agrave; l'&eacute;gard du parti auquel appartient le parlementaire vis&eacute;. Le journal ne peut donc &ecirc;tre sanctionn&eacute; sur ce point. Quant &agrave; l'image de la famille, elle &eacute;tait d&eacute;j&agrave; largement expos&eacute;e dans les m&eacute;dias, par le parlementaire lui-m&ecirc;me.</span></p><p><span>En dehors de ces faits, l'arr&ecirc;t <i>Mladina</i>&nbsp;rappelle les crit&egrave;res qui doivent &ecirc;tre utilis&eacute;s par les juges pour appr&eacute;cier les dessins ou articles satiriques, au regard du <i>besoin social imp&eacute;rieux de nature</i> &agrave; justifier une restriction de la libert&eacute; d'expression.</span></p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEicivFkvbr_m5eY0VFTisWHZVbVtaIzj6OFBTkijrl9XqWQTF6K3l4RkjvmjpYpIUzv7YoTnONye-qq-sFMipC9n7NDbRJlSENl77CFwwpuQMshEKTsJNP1Zzn8R2EwYMYUoABzrV8mcxE2HfcqhdTxufajYtQh2U1OhIV9KQTIHdyuR_PG7SWTkq_gSe8/s2060/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-15%20a%CC%80%2018.35.37.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEicivFkvbr_m5eY0VFTisWHZVbVtaIzj6OFBTkijrl9XqWQTF6K3l4RkjvmjpYpIUzv7YoTnONye-qq-sFMipC9n7NDbRJlSENl77CFwwpuQMshEKTsJNP1Zzn8R2EwYMYUoABzrV8mcxE2HfcqhdTxufajYtQh2U1OhIV9KQTIHdyuR_PG7SWTkq_gSe8/w454-h561/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-15%20a%CC%80%2018.35.37.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><span>Charlie Hebdo. 13 janvier 2026. Dessin de&nbsp;<span>Salch.</span></span></p><h3><span>Une contextualisation&nbsp;</span></h3><p><br></p><p><span>La Cour rappelle, dans une jurisprudence constante et notamment l'<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-112447" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Faber c. Hongrie</i> du 24 juillet 2012,</a> que la protection de l'article 10 s'&eacute;tend aux informations et opinions qui "<i>heurtent choquent ou inqui&egrave;tent</i>", quel que soit le type de message consid&eacute;r&eacute;. Plus pr&eacute;cis&eacute;ment, dans&nbsp;<a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-79214" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Vereinigung Bildender K&uuml;nstler c. Autriche&nbsp;</i>du 25 janvier 2007</a>, elle affirme que &laquo;&nbsp;<i>la satire est une forme d&rsquo;expression artistique qui vise &agrave; provoquer et &agrave; agiter ; toute ing&eacute;rence dans son exercice doit &ecirc;tre examin&eacute;e avec une attention particuli&egrave;re.</i>&nbsp;&raquo;. Dans le cas de <i>Mladina,</i> la rubrique est clairement identifi&eacute;e comme satirique. Dans celui de <i>Charlie Hebdo</i>, c'est la publication dans son ensemble qui pr&eacute;sente ce caract&egrave;re. Les lecteurs de <i>Charlie,</i> on le sait,<i>&nbsp;</i>ach&egrave;tent ce journal, parce qu'ils appr&eacute;cient cet humour corrosif et provocateur.</span></p><p><span>Mais la contextualisation ne s'arr&ecirc;te pas l&agrave;. En effet, le juge ne peut pas "sortir" l'image du dispositif satirique pour l'appr&eacute;cier comme si elle &eacute;tait un message autonome. L'image, aussi choquante soit-elle, ne fait jamais dispara&icirc;tre le message. Dans le cas de <i>Mladina</i>, le message r&eacute;side dans la critique politique du parlementaire vis&eacute;. Dans <i>Charlie Hebdo</i>, le message est plus subtil, et doit &ecirc;tre recherch&eacute; dans l'absurdit&eacute; du contraste entre l'horreur de l'incendie et la jeunesse des victimes, qui passaient des vacances d'hiver insouciantes dans une station de ski.</span></p><p><br></p><h3><span>Le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral</span></h3><p><br></p><p><span>Dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/tkp197/view.asp?i=001-109035" target="_blank" rel="noopener noreferrer">arr&ecirc;t <i>Axel Springer AG c. Allemagne n&deg; 1</i> du 7 f&eacute;vrier 2012</a>, la CEDH affirme d&eacute;j&agrave; qu'il faut des motifs tr&egrave;s puissants pour porter atteinte &agrave; la libert&eacute; de presse, en particulier dans le cas d'un d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral.&nbsp;</span></p><p><span>En droit fran&ccedil;ais, la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; Hitler ou au mar&eacute;chal P&eacute;tain dans une affiche satirique peut relever d'un d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2022/12/emmanuel-macron-caricature-en-hitler-et.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">La Cour de cassation, le 13 d&eacute;cembre 2022 </a>a ainsi cass&eacute; sans renvoi la condamnation pour injure d'une personne qui avait coll&eacute; deux affiches dans la r&eacute;gion de Toulon, o&ugrave; l'on voyait Emmanuel Macron grim&eacute; en Hitler dans l'une, et en compagnie du mar&eacute;chal P&eacute;tain dans l'autre. Dans les deux cas, il s'agissait de critiquer l'&eacute;largissement de l'exigence du passe sanitaire pendant l'&eacute;pid&eacute;mie de Covid, et les juges ont conclu &agrave; un d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral.</span></p><p><span>Le d&eacute;bat Crans-Montana est d&rsquo;une autre nature. I<span>l ne vise pas un responsable politique</span>, mais des&nbsp;<span>victimes</span>&nbsp;d&rsquo;un drame. En l'esp&egrave;ce, il n'est toutefois pas possible d'invoquer le droit &agrave; l'image ou, plus g&eacute;n&eacute;ralement, le respect de la vie priv&eacute;e garanti par l'article 8. Le dessin de <i>Charlie Hebdo</i> montre en effet des personnages caricaturaux et non identifi&eacute;s, en quelque sorte des victimes abstraites.</span></p><p><br></p><h3><span>Le principe de dignit&eacute;</span></h3><p><br></p><p><span>Est-il possible de sanctionner en se fondant alors sur le principe de dignit&eacute;. Une plainte d&eacute;pos&eacute;e en Suisse s'appuie ainsi l'article 135 du code p&eacute;nal de ce pays qui r&eacute;prime la "<i>diffusion d'images illustrant avec insistance des actes de cruaut&eacute; portant gravement atteinte &agrave; la dignit&eacute; humaine"</i>. On ne peut s'emp&ecirc;cher d'&ecirc;tre perplexe sur ce choix d'incrimination. Le dessin de <i>Charlie</i> fait-il preuve d'"<i>insistance</i>" ? Montre-t-il des "<i>actes de cruau</i>t&eacute;" alors qu'il repr&eacute;sente des skieurs au visage noirci ? Il appartiendra aux juges suisses de r&eacute;pondre &agrave; ces questions.</span></p><p><span>Si l'on en restait au droit fran&ccedil;ais, on sait que le principe de dignit&eacute; n'est que tr&egrave;s rarement utilis&eacute; par les juges, en g&eacute;n&eacute;ral lorsqu'ils n'ont pas d'autre solution juridique pour r&eacute;soudre un litige. Surtout, la Cour de cassation, dans une <a href="https://libertescheries.blogspot.com/2023/11/dignite-et-liberte-dexpression.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">d&eacute;cision du 17 novembre 2023,</a> a affirm&eacute; tr&egrave;s clairement que la dignit&eacute; ne constitue pas un fondement autonome de responsabilit&eacute; et qu'elle ne saurait, &agrave; elle seule, justifier une atteinte &agrave; la libert&eacute; d'expression. Une plainte sur ce fondement en France n'aurait donc, en l'&eacute;tat actuel du droit, aucune chance de prosp&eacute;rer.</span></p><p><span>La seule solution lib&eacute;rale est finalement tr&egrave;s simple. Comme on est libre de ne pas aller voir un film ou une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre, on est libre de ne pas lire <i>Charlie Hebdo</i>. Ceux qui n'aiment pas l'humour noir, ou simplement corrosif, peuvent se tourner vers d'autres publications. Mais alors... qu'ils se dispensent de se revendiquer du mot d'ordre "<i>Je suis Charlie</i>", car &ecirc;tre <i>Charlie</i>, c'est pr&eacute;cis&eacute;ment accepter l'expression des opinions des autres, y compris celles que l'on n'aime pas, celles qui nous choquent ou que l'on trouve de mauvais go&ucirc;t.&nbsp;</span></p><h3><br></h3><div><h3><span><b>Le d&eacute;bat d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;8 &nbsp;section 4 &sect; 1 C</span></span></h3></div>]]></content>
	<updated>2026-01-15T19:22:46+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">L&#039;IA devant le juge, ou les erreurs automatisées</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>L'utilisation de l'Intelligence artificielle (IA) lors de proc&eacute;dures contentieuses n'est pas sans ri...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiqpnnC-hsweFpi-OdEyRcOjvmOZdUKE6wKntZ2KOaXemivZA01u101fPXNgG5fgctxc_dpGPJ6OQ2iHnoV3rUVyx4Kakqnf5av9_rapTTQx4Ud8GT52vUrxQ6O1VuiYnGFDB6X9eHFkl5H2AeyaIlNUJdyDrIVkkojOFkqyeDyT-bDhFFNGy_LMZyDNVU/s194/droit-penal@0.jpg" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiqpnnC-hsweFpi-OdEyRcOjvmOZdUKE6wKntZ2KOaXemivZA01u101fPXNgG5fgctxc_dpGPJ6OQ2iHnoV3rUVyx4Kakqnf5av9_rapTTQx4Ud8GT52vUrxQ6O1VuiYnGFDB6X9eHFkl5H2AeyaIlNUJdyDrIVkkojOFkqyeDyT-bDhFFNGy_LMZyDNVU/s1600/droit-penal@0.jpg" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><div>L'utilisation de l'Intelligence artificielle (IA) lors de proc&eacute;dures contentieuses n'est pas sans risque. Les juges fran&ccedil;ais ont r&eacute;cemment &eacute;cart&eacute; des requ&ecirc;tes r&eacute;dig&eacute;es par des moyens d'intelligence artificielle &agrave; partir de raisonnements d&eacute;pourvus de fondement juridique, voire citant &agrave; l'appui de leurs revendications une jurisprudence totalement fantaisiste. Bien entendu, ce n'est pas l'outil d'intelligence artificielle, qui est sanctionn&eacute;, d'autant qu'il est rarement mentionn&eacute;, mais plut&ocirc;t le requ&eacute;rant ou son avocat qui n'a pas cru utile de v&eacute;rifier l'analyse et les r&eacute;f&eacute;rences produites, faisant finalement une confiance aveugle &agrave; l'IA.</div><p></p><p>Dans deux jugements de d&eacute;cembre 2025, le tribunal administratif de Grenoble se montre particuli&egrave;rement s&eacute;v&egrave;re.&nbsp;</p><p><br></p><h3><span>L'utilisation de l'IA par les requ&eacute;rants</span></h3><p><br></p><p></p><div>La&nbsp;<a href="https://justice.pappers.fr/decision/42507c1f3484acda08f887bd62055b4942a38f3b" target="_blank" rel="noopener noreferrer">premi&egrave;re d&eacute;cision grenobloise du 3 d&eacute;cembre 2025&nbsp;</a>porte sur un recours dirig&eacute; contre une amende administrative inflig&eacute;e par un maire au requ&eacute;rant pour un d&eacute;p&ocirc;t sauvage de d&eacute;chets. Le recours contre un titre de recettes rel&egrave;ve bien du juge administratif, mais celui-ci d&eacute;plore "l<i>e manque de clart&eacute; de la requ&ecirc;te&nbsp;</i><i><div><i>r&eacute;sultant vraisemblablement de la circonstance qu'elle a manifestement &eacute;t&eacute; r&eacute;dig&eacute;e au moyen d'un outil dit d'intelligence artificielle g&eacute;n&eacute;rative, totalement inadapt&eacute; &agrave; cet usage</i>". Et d'ajouter qu'un moyen de l&eacute;galit&eacute; externe a &eacute;t&eacute; "<i>dupliqu&eacute; sous trois formulations diff&eacute;rentes et assorti de r&eacute;f&eacute;rences jurisprudentielles fantaisistes</i>". Quant aux moyens de l&eacute;galit&eacute; interne, ils ne s'accompagnent d'aucune analyse permettant d'en appr&eacute;cier le bien-fond&eacute;.</div></i></div><p></p><p><a href="https://vifa-recht.de#" rel="noopener noreferrer" target="_blank"></a><a href="https://justice.pappers.fr/decision/40b0b3ce3fc106331f0ab9f2deb67403b64d9c52" target="_blank" rel="noopener noreferrer">La seconde requ&ecirc;te grenobloise du 9 d&eacute;cembre &nbsp;</a>demande l'annulation de la saisie du chien du requ&eacute;rant, ce dernier &eacute;tant accus&eacute; de privation de soins &agrave; un animal domestique, contravention de 4&egrave; classe pr&eacute;vue par l'a<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045129083" target="_blank" rel="noopener noreferrer">rticle R 215-4 &sect; 1 du code rural</a>. Pour contester la saisie de son chien, confi&eacute; &agrave; une association, il a d&eacute;pos&eacute; une requ&ecirc;te et g&eacute;n&eacute;r&eacute; des m&eacute;moires avec le service <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045129083" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>T&eacute;l&eacute;recours Citoyens</i></a>. Le tribunal &eacute;carte le recours comme port&eacute; devant une juridiction incomp&eacute;tente, car l'IA s'est tromp&eacute;e de juge. Il s'agissait concr&egrave;tement de contester une ordonnance p&eacute;nale prise par le tribunal de police, et seul le juge judiciaire pouvait &ecirc;tre saisi.&nbsp;</p><p>Le tribunal aurait pu s'en tenir &agrave; cette d&eacute;cision d'incomp&eacute;tence, mais il n'a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; dire ce qu'il pensait de l'outil d'intelligence artificielle utilis&eacute;. Il pr&eacute;cise que le contenu du recours et des m&eacute;moires produits n'est pas "<i>juridiquement cadr&eacute;, contrairement &agrave; ce que pr&eacute;tend l'outil utilis&eacute; dans un &eacute;change avec le requ&eacute;rant, que (celui-ci) n'a m&ecirc;me pas pris la peine d'enlever du document adress&eacute; au tribunal"</i>.</p><p>Ces deux recours grenoblois ont pour point commun d'avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;s par des requ&eacute;rants qui n'ont pas utilis&eacute; les services d'un avocat, ce qui est parfaitement leur droit. De fait, le juge sanctionne des erreurs qui certes proviennent de l'IA, mais qui pourraient aussi provenir d'un requ&eacute;rant d&eacute;pourvu de connaissances juridiques. Les erreurs sont simplement neutralis&eacute;es, avec comme seule cons&eacute;quence le rejet de la requ&ecirc;te sans plus.</p><p><br></p><div><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiHSrsqnuiaknlOZwR3VSzeGggSAjNNt_HiHhnawG0eiEBN1KeSqob0raDQuYM4NJQjq3e5ALWgelcOkiykZs6XM3ix1dnZKTReZyB-_8HpC8grkOKs_ICfChmj4yaxa_cv1ePjBz83hleROGJ49gsN05IU6DiPcOR67FxEGYopQ3M5kCEMx3JL0p98cnE/s1838/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-11%20a%CC%80%2019.40.10.png" rel="noopener noreferrer" target="_blank"><img border="0" src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiHSrsqnuiaknlOZwR3VSzeGggSAjNNt_HiHhnawG0eiEBN1KeSqob0raDQuYM4NJQjq3e5ALWgelcOkiykZs6XM3ix1dnZKTReZyB-_8HpC8grkOKs_ICfChmj4yaxa_cv1ePjBz83hleROGJ49gsN05IU6DiPcOR67FxEGYopQ3M5kCEMx3JL0p98cnE/w492-h377/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-01-11%20a%CC%80%2019.40.10.png" referrerpolicy="no-referrer" loading="lazy"></a></div><br><p><br></p><p><span>Patrick Chappatte. Le Temps. Gen&egrave;ve. 21 septembre 2024</span></p><h3><span>L'utilisation de l'IA par le conseil</span></h3><p><br></p><p>M&ecirc;me lorsque la requ&ecirc;te est d&eacute;pos&eacute;e par un avocat, le juge ne se prive pas de faire remarquer les erreurs dues &agrave; une absence de contr&ocirc;le dans l'usage de l'IA. Dans un jugement du 29 d&eacute;cembre 2025, le tribunal administratif d'Orl&eacute;ans mentionne ainsi qu'il y a "<i>lieu de faire remarquer au conseil de M. X la n&eacute;cessit&eacute; de v&eacute;rifier les d&eacute;cisions juridictionnelles cit&eacute;es, au demeurant non produites, avant de saisir le juge</i>". Et le juge de citer une quinzaine de r&eacute;f&eacute;rences enti&egrave;rement fausses, avant de conclure qu' "<i>Il y a lieu d'inviter le conseil du requ&eacute;rant &agrave; v&eacute;rifier &agrave; l'avenir que les r&eacute;f&eacute;rences trouv&eacute;es par quelque moyen que ce soit ne constituent pas une "hallucination" ou une "confabulation</i>". L'ironie est cruelle, mais il faut reconna&icirc;tre qu'elle s'exerce &agrave; l'encontre d'un professionnel du droit qui n'a pas l'excuse de l'ignorance, contrairement au requ&eacute;rant lui-m&ecirc;me, peu vers&eacute; dans la proc&eacute;dure contentieuse.</p><p>Quoi qu'il en soit, les juges prennent garde de sanctionner pour des motifs de droit commun, incomp&eacute;tence ou absence de moyen s&eacute;rieux. Ce n'est pas l'usage de l'IA qui est vis&eacute;e, mais l'absence de prudence et de contr&ocirc;le dans cet usage. Les erreurs relev&eacute;es ne sont d'ailleurs pas sp&eacute;cifiques &agrave; l'IA, et l'on a d&eacute;j&agrave; vu des avocats citer de fausses jurisprudences. Consid&eacute;r&eacute;e sous cet angle, l'IA se borne &agrave; automatiser des erreurs que le juge sanctionne depuis toujours. Conform&eacute;ment au droit commun, le juge se borne &agrave; neutraliser le moyen ou l'estime inop&eacute;rant.</p><p><br></p><h3><span>Aux Etats Unis, la sanction pour faute</span></h3><p><br></p><p>La situation est diff&eacute;rente aux &Eacute;tats Unis, o&ugrave; les juges sanctionnent directement ce type de pratique.&nbsp;</p><p>L'affaire de r&eacute;f&eacute;rence est l'arr&ecirc;t <a href="https://www.casemine.com/judgement/us/6499235932898b72d5cfb1aa" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><i>Mata v. Avianca</i>, jug&eacute;e en 2023 par le United States District Court for the Southern District of New York.</a> A l'appui d'une requ&ecirc;te dirig&eacute;e contre une compagnie a&eacute;rienne par un homme bless&eacute; au genou par un chariot de service, les avocats avaient produit un m&eacute;moire citant six d&eacute;cisions de justice totalement inexistantes. &nbsp;Les juges ont donc d&eacute;nonc&eacute; des raisonnements plausibles mais invent&eacute;s, et des citations coh&eacute;rentes mais enti&egrave;rement fabriqu&eacute;es. Par ailleurs, les avocats ont persist&eacute; dans leurs analyses, alors m&ecirc;me que le juge leur avait demand&eacute; de produire les d&eacute;cisions utilis&eacute;es en r&eacute;f&eacute;rences.&nbsp;</p><p>Pour toutes ces raisons, les juges qualifient ces r&eacute;f&eacute;rences de "<i>bogus judicial d&eacute;cision</i>", formule que l'on pourrait traduire par "<i>pseudo d&eacute;cision de justice</i>". Les avocats sont donc condamn&eacute;s &agrave; une amende de 5 000 dollars, &agrave; laquelle il faut ajouter un rappel s&eacute;v&egrave;re de leurs obligations et une diffusion tr&egrave;s large de la d&eacute;cision dans les revues juridiques am&eacute;ricaines. Cette rigueur peut &eacute;videmment s'expliquer par le r&ocirc;le essentiel de l'avocat dans une proc&eacute;dure accusatoire. Sa n&eacute;gligence porte en effet une atteinte grave au <i>due process of Law</i>.</p><p>Alors que les juges fran&ccedil;ais ne mentionnent que rarement le recours &agrave; l'IA, les juges am&eacute;ricains le stigmatisent explicitement. Par voie de cons&eacute;quence, les juges fran&ccedil;ais se bornent &agrave; neutraliser l'erreur, alors que les juges am&eacute;ricains la qualifient express&eacute;ment et prononcent une sanction. Quelle est la solution la meilleure ? A ce stade, il est difficile de se prononcer car nous sommes confront&eacute;s aux toutes premi&egrave;res d&eacute;cisions de justice, issues des juges de fond. La Cour de cassation et le Conseil d'&Eacute;tat se prononceront certainement, dans quelques ann&eacute;es. En attendant, il est vivement conseill&eacute; aux requ&eacute;rants et aux avocats de v&eacute;rifier leurs sources, mais n'est-ce pas un principe qu'ils devraient toujours respecter, avec ou sans IA ?</p><p><br></p><p></p><p></p><article dir="auto" tabindex="-1"><div><div tabindex="-1"><div><div dir="auto"><div><div></div></div></div></div></div></div></article><p></p><h3><span><b>L'intelligence artificielle&nbsp;</b><span>:&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.fr/dp/B0FLWS4WCW" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Manuel de Libert&eacute;s publiques version E-Book et version papier,</a>&nbsp;<span>chapitre &nbsp;8 section 5 &sect; 3</span></span></h3>]]></content>
	<updated>2026-01-11T19:35:30+00:00</updated>
	<author><name>Liberté Libertés Chéries</name></author>
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		<title>Liberté, Libertés chéries</title></source>


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	<title type="html">Human Rights Locally</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>By Tamar Ezer An important part of the U.S. human rights story takes place at city level. In these troubling times, we continue to see innovative local initiatives. I&rsquo;m excited to share Local Futures: Human Rights Cities, an essay series...</p>]]></content>
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	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">Event 11/16-21: Human Rights in the Americas Symposium</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>From November 16th through 21st, 2025, the University of Miami School of Law, in collaboration with the Inter-American Commission on Human Rights (IACHR), will host the Human Rights in the Americas Symposium: An Examination of Past, Present, and Future. This...</p>]]></content>
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	<title type="html">New Article: Towards the Abolition of the Immigration Detention of Children in the United States</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>Lauren E. Bartlett, Towards the Abolition of the Immigration Detention of Children in the United States, 59 U.S.F. L. Rev. 393 (2025). Excerpt below (citations removed). "If the United States is serious about forging a path towards the abolition of...</p>]]></content>
	<updated>2025-08-13T17:33:46+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">August–September 2025 Deadlines: Calls for Inputs by Human Rights Mechanisms</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>The following calls for inputs have been issued by UN Human Rights Mechanisms with deadlines in Augu...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>The following calls for inputs have been issued by UN Human Rights Mechanisms with deadlines in August&ndash;September 2025, listed in chronological order. These calls are relevant to U.S.-based law professors, practitioners, and scholars whose work focuses on human rights issues...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-28T15:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">New Article: Human rights and the Smarter City</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>Martha F. Davis, Alejandro Jaramillo Jimenez, Kimberly D. Lucas and Annabel Shu, Human Rights and the Smarter City, Open Global Rights (July 1, 2025) This article argues for a better approach to ensuring human rights in &ldquo;smart cities&rdquo; across the...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-15T16:27:44+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">New Book: The Engagement of Domestic Courts with International Law: Comparative Perspectives</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>Published last May of 2024 by Oxford University Press, The Engagement of Domestic Courts with International Law: Comparative Perspectives is a compilation edited by Andr&eacute; Nollkaemper, Yuval Shany, Antonios Tzanakopoulos, and Eleni Methymaki. This book advances and develops a paradigm...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-07T19:40:25+00:00</updated>
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	<title type="html">New Federal Land Bill Tests Boundaries of Indigenous Rights</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>By Tommy Hoffman, 2L at Saint Louis University School of Law Senate Republicans on the Energy and Natural Resources Committee are proposing legislation within the so-called &ldquo;One Big Beautiful Bill Act&rdquo; that would allow for the sale of up to...</p>]]></content>
	<updated>2025-07-01T18:39:27+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">5 Jahre LADG Berlin – eine Zwischenbilanz</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Das Berliner Landesantidiskriminierungsgesetz (LADG) feierte im Juni seinen f&uuml;nften Geburtstag. Aus...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Das <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.berlin.de/sen/lads/recht/ladg/" target="_blank">Berliner Landesantidiskriminierungsgesetz (LADG)</a> feierte im Juni seinen f&uuml;nften Geburtstag. Aus diesem Anlass fragen wir: Welche Besonderheiten hat das LADG, welche Erfolge wurden in der Praxis gefeiert und welche Herausforderungen und Misserfolge gab und gibt es? Dazu haben wir auch Einsch&auml;tzungen von Dr. Doris Liebscher, Leiterin der LADG-Ombudsstelle, eingeholt.&nbsp; </p>



<span></span>



<p><strong>Diese Neuheiten und Besonderheiten brachte das LADG</strong></p>



<p>Das Gesetz gilt f&uuml;r &ouml;ffentliche Stellen, die in &sect; 3 Abs. 1 LADG aufgez&auml;hlt sind. Damit sch&uuml;tzt es Menschen im Verh&auml;ltnis zum Staat, w&auml;hrend das Allgemeine Gleichbehandlungsgesetz (AGG) zwischen Privaten Schutz bietet. Die Diskriminierungsmerkmale werden in &sect; 2 LADG aufgez&auml;hlt. Dort werden neben den Merkmalen aus Art. 3 Abs. 3 GG auch chronische Erkrankungen, das Lebensalter, die sexuelle Identit&auml;t und der soziale Status genannt. Dadurch werden Schutzl&uuml;cken geschlossen und manchmal verkannte Diskriminierungsmerkmale verrechtlicht. &sect; 6 LADG verbietet Ma&szlig;regelungen, wenn LADG-Rechte in Anspruch genommen werden oder das Ausf&uuml;hren LADG-widriger Anweisungen verweigert wird. Gleiches gilt gegen&uuml;ber Dritten, die Betroffene unterst&uuml;tzen oder als Zeug*innen aussagen.</p>



<p>Gem&auml;&szlig; &sect; 7 gen&uuml;gt es, Tatsachen glaubhaft zu machen, die das Vorliegen einer Diskriminierung oder Ma&szlig;regelung &uuml;berwiegend wahrscheinlich machen. Dann obliegt es der &ouml;ffentlichen Stelle, das Gegenteil zu beweisen. So sollen Anspr&uuml;che effektiver durchgesetzt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>&sect; 8 LADG regelt eine Schadensersatzpflicht. Demnach k&ouml;nnen auch Nichtverm&ouml;genssch&auml;den durch Geldzahlungen entsch&auml;digt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>Nicht nur Privatpersonen k&ouml;nnen Rechte aus dem LADG vor Gericht geltend machen, sondern auch Antidiskriminierungsverb&auml;nde im Sinne von &sect; 10. Mit der Verbandsklage nach &sect; 9 k&ouml;nnen systematische rechtswidrige Praxen besser angegriffen werden.</p>



<p>Eine <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.berlin.de/sen/lads/recht/ladg/ombudsstelle/artikel.1525630.php" target="_blank">Ombudsstelle</a> unterst&uuml;tzt Betroffene und vermittelt zwischen ihnen und den &ouml;ffentlichen Stellen. Sie wurde im September 2020 eingerichtet. Seitdem erreichten sie rund 4.000 Beratungsanfragen, davon 1.785 LADG-Beschwerden, teilte die Ombudsstelle mit. Demnach geht es bei den meisten Beschwerden um rassistische Diskriminierung und Diskriminierung aufgrund von Behinderungen und chronischen Erkrankungen. Danach folgten Diskriminierungen wegen des Geschlechts, der Geschlechtsidentit&auml;t und der sexuellen Identit&auml;t. Zunehmend w&uuml;rden Diskriminierungen wegen des sozialen Status gemeldet.</p>



<p>Diskriminierungsbeschwerden gehen auch bei der Berliner Verwaltung direkt ein. Laut einem <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.parlament-berlin.de/adosservice/19/Haupt/vorgang/h19-0189.D-v.pdf" target="_blank">j&uuml;ngsten Bericht</a> des Senats richteten sich diese 2024 prim&auml;r gegen Bezirks&auml;mter, gefolgt von Schulen und Kitas. An dritter Stelle stand die Polizei. Im Vergleich zu den Vorjahren wurden mehr F&auml;lle gemeldet.</p>



<p> <strong>F&uuml;nf Jahre LADG &ndash; eine Auswahl der Erfolge</strong></p>



<p>Vor Gericht wurde bereits erfolgreich nach dem LADG geklagt. So hat etwa ein Fahrradfahrer <a rel="noopener noreferrer" href="https://www.lto.de/recht/hintergruende/h/ag-berlin-mitte-21c25223-ladg-rassismus-rolizei-diskriminierung" target="_blank">erfolgreich vom AG Mitte feststellen lassen</a>, dass er von der Polizei rassistisch diskriminiert wurde. Nachdem die Beamten bei der Verkehrskontrolle nach Wohn- und Geburtsort fragten, antwortete der Mann ihnen &bdquo;Bochum&rdquo;. Einer der Polizisten fragte weiter, woher er wirklich komme. Die Situation beschrieb der Kl&auml;ger unter anderem als &ldquo;aggressiv&ldquo; und &ldquo;herabw&uuml;rdigend&rdquo;. Das Gericht stellte richtigerweise fest, dass dies keine einfache Frage, sondern eine rassistische Unterstellung war. Der Kl&auml;ger erhielt 750 Euro Schadensersatz.</p>



<p>Ein zweites Beispiel: Der &bdquo;Plansche&rdquo;-Fall. Eine Mutter sonnte sich oberk&ouml;rperfrei auf dem Wasserspielplatz &ldquo;Plansche&rdquo; und wurde vom Sicherheitsdienst deshalb rausgeschmissen. Dass ihr Freund oberk&ouml;rperfrei ebenfalls dort lag, st&ouml;rte die Security nicht. Nachdem das LG Berlin noch auf das <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleichbehandlung/ladg-plansche" target="_blank">&bdquo;geschlechtliche Schamgef&uuml;hl&rdquo;</a> abstellte, legte das Kammergericht dem Land Berlin nahe, den Anspruch der Kl&auml;gerin anzuerkennen, <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/uploads/documents/Gleiche-Rechte/Plansche/2024-01-25-Schlussurteil_9_U_94_22_anonymisiert.pdf" target="_blank">was auch geschah</a>.</p>



<p>In einem anderen Fall wandten sich <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleiche-rechte-und-soziale-teilhabe/tin" target="_blank">trans, inter und nicht-bin&auml;re Studierende gegen die Humboldt Universit&auml;t</a>, weil sie auf dem Studierendenausweis nur den sogenannten Deadname, also nicht den selbstgew&auml;hlten Namen, f&uuml;hren konnten. &sect; 2 LADG sch&uuml;tzt auch die geschlechtliche Identit&auml;t. Die Uni lenkte vor einer Gerichtsentscheidung ein, sodass das Ziel ohne Urteil erreicht wurde.</p>



<p>An gerichtlichen Verfahren wirkt die Ombudsstelle regelm&auml;&szlig;ig mit amicus-curiae-Stellungnahmen mit.&nbsp;Das sind Stellungnahmen, die von Gerichten freiwillig ber&uuml;cksichtigt werden k&ouml;nnen.</p>



<p>Die Ombudsstelle betont gleichzeitig die Relevanz von au&szlig;ergerichtlicher Schlichtung:</p>



<p>&ldquo;Meistens geht es den beschwerdef&uuml;hrenden Personen um Sichtbarkeit und Anerkennung des erlebten Unrechts, eine Entschuldigung und auch darum, dass Strukturen nachhaltig ver&auml;ndert werden. Das ist im au&szlig;ergerichtlichen Schlichtungsverfahren der Ombudsstelle in der Regel besser zu erreichen.&rdquo;, so Dr. Doris Liebscher, Leiterin der LADG-Ombudsstelle, gegen&uuml;ber dem Grund- und Menschenrechtsblog.</p>



<p> <strong>In diesen Verfahren h&auml;tte es besser laufen sollen</strong></p>



<p>Im oben genannten Plansche-Fall wurde der Kl&auml;gerin eine dreistellige Summe zugesprochen und sie musste die Prozesskosten tragen. Das Kammergericht argumentierte hinsichtlich der H&ouml;he der Entsch&auml;digungssumme, &ldquo;dass die Kl&auml;gerin ein gesellschaftspolitisches Anliegen verfolgt haben mag&rdquo;. Sie sei &bdquo;bewusst und gewollt in eine Konfrontation getreten&ldquo;. Damit sei die Situation anders, als wenn ein*e B&uuml;rger*in einer staatlichen &Uuml;bermacht unvorhergesehen und unentrinnbar gegen&uuml;berstehe. Das Gericht verkennt damit Ursache und Wirkung, <a rel="noopener noreferrer" href="https://freiheitsrechte.org/themen/gleichbehandlung/ladg-plansche" target="_blank">wie die Gesellschaft f&uuml;r Freiheitsrechte argumentiert</a>, die die Kl&auml;gerin unterst&uuml;tzt hatte. Das Urteil hat einen negativen Beigeschmack &ndash; es klingt nach: Wer Rechte geltend macht, sollte nicht zu k&auml;mpferisch wirken oder gesamtgesellschaftliche Ziele verfolgen. Diskriminierungen bewegen sich aber in aller Regel in einem gesamtgesellschaftlichen Kontext. Die Rechtsdurchsetzung und das Engagement rund um eine Diskriminierung &ndash; oft gerade aufgrund einer Diskriminierungserfahrung &ndash; d&uuml;rfen nicht missbilligt oder erschwert werden.</p>



<p>Ein anderer Fall: Bei einer Fahrscheinkontrolle wurde ein Schwarzer Mann rassistisch vom Personal angegriffen und beleidigt. Die Berliner Verkehrsbetriebe (BVG) wurden wegen Diskriminierung des Fahrgastes zu 1.000 Euro Schadensersatz nach &sect; 823 BGB verurteilt. Das Amtsgericht Mitte lehnte dabei jedoch die Anwendung des LADG mit der Argumentation ab, dass daf&uuml;r ma&szlig;geblich sei, ob eine Verwaltungsaufgabe ausge&uuml;bt werde. Nach Ansicht des Gerichts handelte es sich bei der Fahrscheinkontrolle um rein privatrechtliches Handeln im Rahmen eines Bef&ouml;rderungsvertrags und nicht um die Wahrnehmung hoheitlicher Aufgaben. <a rel="noopener noreferrer" href="https://verfassungsblog.de/weil-wir-dich-furchten/" target="_blank">Dies wird mitunter kritisiert.</a></p>



<p>Eine solche Auslegung der Gerichte, die diese Konstellationen vom Anwendungsbereich des LADG ausnimmt, f&uuml;hrt zu einer Schutzl&uuml;cke. Die sachnahen Regelungen des LADG finden dann keine Anwendung.</p>



<p><strong>LADG, Ombu</strong><strong>dsstelle und Praxi</strong><strong>s: So </strong><strong>gehts besser</strong><strong></strong>&nbsp;</p>



<p>Die Leiterin der Ombudsstelle, Dr. Doris Liebscher schreibt uns: Das LADG sei im Gro&szlig;en und Ganzen gut, so wie es ist. Sie sieht trotzdem Verbesserungsbedarf.&nbsp;</p>



<p>Die Erfahrung&nbsp;der letzten f&uuml;nf Jahre habe gezeigt, dass eine Erweiterung der Diskriminierungsmerkmale um Staatsangeh&ouml;rigkeit, Aufenthaltsstatus, Familienstand und F&uuml;rsorge&uuml;bernahme sinnvoll w&auml;re, so Liebscher.&nbsp;</p>



<p>Auch wird oft nicht gut mit Beschwerden umgegangen. Liebscher berichtet aus der Praxis: &ldquo;Verwaltung ist oft sehr hierarchisch und nicht besonders fehler- und ver&auml;nderungsfreudig, das merken wir in der Beschwerdebearbeitung.&rdquo; &nbsp;</p>



<p>Auch nach Antidiskriminierungssenatorin Cansel Kiziltepe (SPD) <a href="https://www.rbb24.de/politik/beitrag/2025/06/berlin-fuenf-jahre-antidiskriminierungsgesetz-bilanz.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">braucht es eine Verbesserung der Fehlerkultur</a>. Es gebe in der Berliner Verwaltung einen st&auml;rkeren Widerwillen, Fehler einzugestehen und daraus positiv zu lernen, als in der Wirtschaft. Dr. Doris Liebscher pl&auml;diert f&uuml;r eine Berichtspflicht gegen&uuml;ber der Ombudsstelle und ein Recht dieser zu kontrollieren, inwiefern ihre Handlungsempfehlungen umgesetzt werden&nbsp;</p>



<p>Die Fortbildungsverpflichtungen aus &sect; 11 Abs. 4 LADG w&uuml;rden laut Liebscher  noch viel zu wenig umgesetzt werden. &nbsp;</p>



<p>&ldquo;Auch die Verpflichtung aus &sect; 3 Abs. 2 LADG, dass das Land Berlin bei Mehrheitsbeteiligungen auf die Umsetzung des LADG achtet, ist noch nicht richtig umgesetzt. Ein Hinweis auf das LADG fehlt beispielsweise immer noch in der Mustersatzung f&uuml;r Beteiligungsunternehmen, die f&uuml;r die st&auml;dtischen Wohnungsbauunternehmen gilt&rdquo;, so Dr. Liebscher. &nbsp;</p>



<p>F&uuml;r marginalisierte Gruppen und mehrfachdiskriminierte Menschen bedeutet Diskriminierung durch staatliche Stellen eine zus&auml;tzliche Belastung. Fehlende finanzielle, sprachliche oder psychische Ressourcen, erschweren ein individuelles Klageverfahren oder die eigenst&auml;ndige Durchsetzung des LADG. Die Ombudsstelle wird auf individuelle Beschwerde hin t&auml;tig. Auch hier zeigt sich Spielraum f&uuml;r eine von der Ombudsstelle gew&uuml;nschten rechtlichen Weiterentwicklung des LADG: Die Arbeit w&uuml;rde durch ein gesetzliches, einzelfallunabh&auml;ngiges Interventionsrecht erleichtert werden, so Dr. Liebscher&nbsp;</p>



<p>Die wachsende Zahl der Beschwerden und die Erfahrungen der Ombudsstelle unterstreichen auch nach f&uuml;nf Jahren die Relevanz des Landesantisdiskriminierungsgesetzes.&nbsp;</p>]]></content>
	<updated>2025-06-29T13:50:04+00:00</updated>
	<author><name>Yasmin Akan und Shayan Mirmoayedi</name></author>
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		<title>Grund- und Menschenrechtsblog</title></source>

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	<title type="html">Celebrating 80 Years of the United Nations Charter: Reaffirming Faith in Human Rights Globally</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 29, 2025, an event commemorating the 80th anniversary of the United Nations Charter will take place. Hosted at 2425 College Avenue, Berkeley, CA, and accessible virtually via Zoom, this hybrid gathering will take place from 3:00 PM to...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-26T19:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">New Article: Remembering history is an act of love</title>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>Co-editor Shirley Lin recommends a column by Slay Latham, Brooklyn Law School '23, Remembering history is an act of love, The Bay Area Reporter (June 2, 2025) "To be raised in San Francisco as a queer person continues to be...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-26T15:00:00+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 24, 2025, the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) is hosting a hybrid (virtual/in-person) forum for legal experts and advocates from around the world to discuss and collaborate in support of refugee rights. This forum is organized...</p>]]></content>
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	<title type="html">Responding to Skrmetti</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On June 18, the ACLU &amp; Lambda Legal issued a joint statement responding to the Supreme Court's U.S. ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On June 18, the ACLU &amp; Lambda Legal issued a joint statement responding to the Supreme Court's U.S. v. Skrmetti decision. In this case three adolescents, their families, and a provider challenged SB1, Tennessee's ban on gender-affirming hormone therapies for...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-20T18:28:06+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">New Article: “Do I Really Have the Right to Breathe Clean Air?”</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Since his first day in office, President Trump has issued a series of executive orders renouncing fe...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Since his first day in office, President Trump has issued a series of executive orders renouncing federal environmental justice and climate change initiatives. However, some states with environmental rights amendments in their constitutions have the opportunity to fill this gap...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-16T21:14:21+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">UN Expert Warns of Interference in Legal and Judicial System in the United States</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>The Special Rapporteur on Independence of Judges and Lawyers Margaret Satterthwaite, on June 4, 2025...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>The Special Rapporteur on Independence of Judges and Lawyers Margaret Satterthwaite, on June 4, 2025, expressed alarm at the targeting of judges, lawyers and law firms in an apparent organized effort to interfere in the independence of the U.S. legal...</p>]]></content>
	<updated>2025-06-09T19:41:05+00:00</updated>
	<author><name>Human Rights at Home Blog</name></author>
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	<title type="html">Abschiebehaft – Wen schützt das Recht auf Freiheit?</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>Mitten
in der Nacht wirst du durch ein Klingeln aus dem Schlaf gerissen. Die Polizei
steht vor der ...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>Mitten
in der Nacht wirst du durch ein Klingeln aus dem Schlaf gerissen. Die Polizei
steht vor der T&uuml;r. Bevor du verstehst, was passiert, musst du deine Sachen packen,
deine Kinder beruhigen. Ein paar Stunden sp&auml;ter sitzt ihr in Haft. Und du
fragst dich, was du falsch gemacht hast.</p>



<p>Was
f&uuml;r Deutsche unvorstellbar klingt, kann f&uuml;r Personen ohne sicheren
Aufenthaltsstatus grausame Realit&auml;t werden &ndash; und das mitten in Deutschland.
Regelm&auml;&szlig;ig landen ausreisepflichtige Menschen in Deutschland in Abschiebehaft,
unter ihnen auch Familien mit Kindern. Dabei verst&ouml;&szlig;t sowohl die derzeitige
gesetzliche Ausgestaltung der Abschiebehaft in den &sect;&sect;&nbsp;62 ff. AufenthG als
auch die &uuml;berwiegende Praxis der Amtsgerichte gegen die durch Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2
S.&nbsp;2 GG gesch&uuml;tzte Freiheit der Person. Nun hat sich diese Situation durch
das im Februar in Kraft getretene sog. <a href="https://www.recht.bund.de/bgbl/1/2024/54/VO.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">R&uuml;ckf&uuml;hrungsverbesserungsgesetz</a> noch
weiter versch&auml;rft.</p>



<span></span>



<p><strong>Rechtliche Einordnung</strong></p>



<p>Doch
was genau ist eigentlich unter der Abschiebehaft zu verstehen? Sie bezeichnet
eine Reihe freiheitsentziehender Ma&szlig;nahmen, darunter unter anderem die
Vorbereitungshaft, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;2 AufenthG, die Sicherungshaft, &sect;&nbsp;62
Abs.&nbsp;3 AufenthG und der Ausreisegewahrsam, &sect;&nbsp;62b AufenthG. Ihr Zweck
ist die Sicherung von Abschiebungen, d.h. die Fortbringung von
ausreisepflichtigen Personen aus dem Bundesgebiet unter Anwendung staatlichen
Zwangs (&sect;&nbsp;58 AufenthG). Angeordnet wird eine Abschiebehaft dann, wenn anderenfalls
von einer Vereitelung der Abschiebung auszugehen ist. Ankn&uuml;pfungspunkt f&uuml;r
diesen Verdacht ist etwa bei der Sicherungshaft das Vorliegen einer
Fluchtgefahr, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;3 S.&nbsp;1 Nr.&nbsp;1 AufenthG. Die
Haftdauer der verschiedenen Instrumente variiert und kann im Fall der
Sicherungshaft bis zu 18 Monate andauern, &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;4 AufenthG.</p>



<p><strong>Verfassungswidrige Gesetzeslage</strong></p>



<p>Die
Abschiebehaft erweist sich bereits auf Ebene des Gesetzes als ein h&ouml;chst
problematisches und zum Teil unverh&auml;ltnism&auml;&szlig;iges Instrument, das weder den
hohen verfassungsrechtlichen Anforderungen an Freiheitsentziehungen noch ihrem
eigentlichen Ziel einer Effizienzsteigerung von Abschiebungen gerecht wird.</p>



<p>Als
Ma&szlig;nahme der Freiheitsentziehung stellt die Abschiebehaft den intensivsten
Eingriff in das Grundrecht der Freiheit der Person nach Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2
S.&nbsp;2 GG dar. Dieses hat einen besonders hohen verfassungsrechtlichen
Stellenwert und gilt f&uuml;r alle Menschen gleich. Es genie&szlig;t zus&auml;tzlich
internationalen Schutz &uuml;ber Art.&nbsp;5 EMRK. Daher erfordert eine
Freiheitsentziehung das Vorliegen <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2006/11/rs20061108_2bvr057802.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">besonders gewichtiger Gr&uuml;nde und eine strikte Verh&auml;ltnism&auml;&szlig;igkeitspr&uuml;fung</a>.
Belange von ausreichendem Gewicht sind insbesondere das Bed&uuml;rfnis nach einer <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2004/02/rs20040205_2bvr202901.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">wirksamen Strafverfolgung, der Schutz der Allgemeinheit</a>
oder <a href="https://www.bundesverfassungsgericht.de/SharedDocs/Entscheidungen/DE/2012/10/rk20121004_2bvr044212.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">des*der Betroffenen</a>. Bei der Abschiebehaft geht es aber gerade nicht
um eine Gefahrenabwehr, es wird auch kein S&uuml;hne- oder Strafzweck verfolgt.
Zweck ist vielmehr die <a href="https://www.migrationsrecht.net/kommentar-aufenthaltsgesetz-aufenthg-gesetz-aufenthalt-erwerbstaetigkeit-aufenthaltserlaubnis-niederlassungserlaubnis-aufenthg/kommentierung-haftarten-des-s-62-abs-2-3-aufenthg.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Sicherung effizienten Verwaltungshandelns</a>, etwa durch
die Erleichterung von Abschiebungen, die einen hohen organisatorischen Aufwand
erfordern. Angesichts dieses verh&auml;ltnism&auml;&szlig;ig geringen Gewichts des Zwecks
m&uuml;ssen die betroffenen Rechtsg&uuml;ter besonders sorgf&auml;ltig gegeneinander abgewogen
werden.</p>



<p>Eine
besondere Schieflage besteht im Fall des 2015 eingef&uuml;hrten Ausreisegewahrsams,
&sect;&nbsp;62b AufenthG, da dieser keine evidenten Gr&uuml;nde f&uuml;r eine
Freiheitsentziehung voraussetzt. Anders als bei der Sicherungshaft geh&ouml;rt eine
Fluchtgefahr nicht zu den Voraussetzungen. Es reicht vielmehr der Ablauf der
Ausreisefrist in Verbindung mit dem Vorliegen weiterer Umst&auml;nde, wie etwa der
Verletzung von Mitwirkungspflichten oder der &Uuml;berschreitung der Ausreisefrist
um &uuml;ber 30 Tage. Inwiefern das allein eindeutig auf eine Erschwerung der
Abschiebung hinweist, ist nicht nachvollziehbar. Das Instrument des
Ausreisegewahrsams beruht damit auf der Logik eines Generalverdachts gegen&uuml;ber ausreisepflichtigen
Personen hinsichtlich eines zuk&uuml;nftigen, den Verwaltungsablauf st&ouml;renden
Verhaltens.</p>



<p>Dies
wird auch nicht dadurch aufgefangen, dass ein Gegenbeweis zum Vorliegen der
tatbestandlichen Voraussetzungen m&ouml;glich ist, vgl. &sect;&nbsp;62b Abs.&nbsp;1
AufenthG. Denn dieser muss regelm&auml;&szlig;ig von dem*der Betroffenen selbst gef&uuml;hrt
werden. Dabei muss nicht nur das Nichtvorliegen der Voraussetzungen des
Ausreisegewahrsams, sondern dar&uuml;ber hinaus bewiesen werden, dass sich die
Person nicht der Abschiebung entziehen will. Der Gegenbeweis ist angesichts
dieser hohen Anforderungen kaum zu leisten. Zugleich deutet die Regelung auf
eine Fehlvorstellung &uuml;ber die beim Ausreisegewahrsam vorliegende Rechtslage
hin. Denn der Ausreisegewahrsam stellt einen massiven Grundrechtseingriff dar,
der erhebliche Begr&uuml;ndungslasten aufseiten des Staates und nicht des*der
Grundrechtsadressats*in ausl&ouml;st.</p>



<p>Aber auch an anderer Stelle in den &sect;&sect;&nbsp;62 ff. AufenthG wird das bei Grundrechtseingriffen einzuhaltende Verh&auml;ltnism&auml;&szlig;igkeitsprinzip nicht hinreichend ber&uuml;cksichtigt. Unter anderem bildet die gesetzliche Ausgestaltung der Vorbereitungs- und Sicherungshaft nicht eindeutig ab, dass die Haft ultima ratio bleiben muss. Zwar erw&auml;hnt &sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 AufenthG, dass die Abschiebungshaft unzul&auml;ssig ist, wenn der Zweck der Haft durch ein milderes Mittel erreicht werden kann. Der Wortlaut des &sect;&nbsp;62 Abs. &nbsp;2 und 3 AufenthG (&bdquo;Ein Ausl&auml;nder ist [&hellip;] in Haft zu nehmen, wenn&rdquo;) suggeriert jedoch, dass bei Vorliegen der dort genannten Voraussetzungen das zust&auml;ndige Gericht verpflichtet ist, Haft anzuordnen. Das kann dazu f&uuml;hren, dass Gerichte nicht ber&uuml;cksichtigen, dass im Regelfall viele weniger grundrechtsintensive Mittel zur Absicherung einer Abschiebung zur Verf&uuml;gung stehen, die oft sogar erfolgversprechender sind. Dazu geh&ouml;ren etwa <a href="https://www.bamf.de/SharedDocs/Anlagen/DE/EMN/Studien/wp59-emn-abschiebungshaft.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Meldeauflagen, die Abgabe von Reisedokumenten, die Verh&auml;ngung einer Kaution,</a> eine <a href="https://odysseus-network.eu/wp-content/uploads/2015/02/FINAL-REPORT-Alternatives-to-detention-in-the-EU.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Beaufsichtigung im Rahmen eines Patensystems oder eine Ausreiseberatung</a>. Die Abschiebehaft kann vielmehr sogar der <a href="https://idcoalition.org/publications/there-are-alternatives-a-handbook-for-preventing-immigration-detention/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Effektivit&auml;t der Abschiebung entgegenstehen</a>. Denn die Praxis zeigt, dass eine hohe Zahl an Abschiebeh&auml;ftlingen keineswegs mit einer h&ouml;heren Abschiebequote einhergeht &ndash; <a href="https://mediendienst-integration.de/artikel/im-grossen-stil-abschieben.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">im Gegenteil</a>. Das liegt vor allem daran, dass die <a href="https://mediendienst-integration.de/artikel/experten-kritisieren-die-abschiebehaft.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">meisten Abschiebungen nicht daran scheitern</a>, dass die ausreisepflichtigen Personen untertauchen. Zudem <a href="https://picum.org/wp-content/uploads/2020/11/Children-Immigration-Detention-DE-1.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">verringert sich die Bereitschaft zur Kooperation</a> eher durch die Erfahrungen in der Haft. Im Regelfall m&uuml;ssten also selbst bei Vorliegen von Ausreisepflicht und Haftgrund andere Mittel vorrangig zur Anwendung kommen.</p>



<p><strong>Mindestens 50 % rechtswidrig in Haft</strong></p>



<p>Hinzu
kommt, dass die rechtlichen Vorschriften in der Praxis der nach &sect;&nbsp;23a Abs.&nbsp;1
Nr.&nbsp;2, Abs.&nbsp;2 Nr.&nbsp;6 GVG zust&auml;ndigen Amtsgerichte h&auml;ufig nicht
beachtet oder fehlerhaft angewandt werden. Das zeigt sich an der hohen
Aufhebungsrate der Entscheidungen der Amtsgerichte durch h&ouml;here Gerichte. Die
genaue Zahl der rechtswidrig Inhaftierten l&auml;sst sich mangels hinreichender
offizieller Statistiken nicht bestimmen. Einsch&auml;tzungen ergeben Zahlen zwischen
52,2&nbsp;% (<a href="https://www.lsfw.de/statistik.php" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Statistik</a> von dem Rechtsanwalt Peter Fahlbusch) bis zu 85
&ndash; 90&nbsp;% (Sch&auml;tzung der BGH-Richterin aD Schmidt-R&auml;ntsch in: NVwZ 2014,
110). Obwohl dieser Vorwurf inzwischen schon l&auml;nger besteht, hat die Politik
bisher keinerlei Interesse an der Aufkl&auml;rung der Sachlage gezeigt bzw. scheint
sich vor einer solchen zu versperren (vgl. die <a href="https://dserver.bundestag.de/btd/19/316/1931669.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Antwort</a> auf eine Anfrage Abgeordneter der Fraktion DIE
LINKE 2021).</p>



<p>Dabei
scheitern die Amtsgerichte nicht etwa an komplexen rechtlichen Fragestellungen,
sondern missachten nicht selten grundlegende Prinzipien. Der Rechtsanwalt Peter
Fahlbusch <a href="https://www.proasyl.de/hintergrund/rechtswidrige-abschiebungshaft-es-geht-um-uns-darum-wie-wir-unsere-verfassung-leben/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">berichtet </a>unter anderem davon, dass nicht
ausreisepflichtige Personen eingesperrt werden, dass kein Haftantrag
ausgeh&auml;ndigt wird oder dass sogar Schwerkranke, die gar nicht haftf&auml;hig sind,
inhaftiert werden.</p>



<p>Das
erstaunt angesichts der engmaschigen verfassungsrechtlichen Vorgaben an das
Verfahren bei einer Freiheitsentziehung. Diese sind vor allem in Art.&nbsp;104
GG geregelt, welcher Art.&nbsp;2 Abs.&nbsp;2 S.&nbsp;2 GG durch Verfahrensgarantien
erg&auml;nzt. Dazu geh&ouml;rt, dass nach Art.&nbsp;104 Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 GG die
Einhaltung der im Eingriffsgesetz vorgesehenen Formvorschriften Verfassungsrang
erh&auml;lt. Das bedeutet, dass die Nichtbeachtung der gesetzlichen Zust&auml;ndigkeits-,
Verfahrens- oder Formregelungen nicht nur gegen das einfache Gesetz, sondern
zugleich gegen die Verfassung verst&ouml;&szlig;t.</p>



<p>Es
ist also davon auszugehen, dass mindestens die H&auml;lfte der in Abschiebehaft
sitzenden Personen zu Unrecht inhaftiert sind. In der Praxis der Amtsgerichte
wird die Freiheit der Person von ausreisepflichtigen Menschen nach Art.&nbsp;2
Abs.&nbsp;2 S.&nbsp;2 GG demnach regelm&auml;&szlig;ig und in hohem Ma&szlig;e verletzt.&nbsp;</p>



<p>Eine solche Erfahrung bleibt nicht folgenlos, sondern<a href="https://iris.who.int/bitstream/handle/10665/353569/9789289057929-eng.pdf?sequence=2&amp;isAllowed=y" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> beeintr&auml;chtigt die Gesundheit der Inhaftierten</a> oft schwer und langanhaltend. Die Rechtswidrigkeit der Haft wird jedoch oft erst im Nachhinein festgestellt. Zudem kann l&auml;ngst nicht jede Person in Abschiebehaft Klage erheben. Das wurde lange Zeit dadurch verst&auml;rkt, dass es keine*n Pflichtanw&auml;lt*in f&uuml;r die Inhaftierten gab. Es bleibt abzuwarten, ob sich die Praxis der Amtsgerichte mit der Einf&uuml;hrung des &sect;&nbsp;62d AufenthG im Februar, der eine anwaltliche Vertretung verpflichtend anordnet, &auml;ndert. <a href="https://taz.de/Nach-Reform-bei-Abschiebungen/!6006808/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Dringend notwendig</a> w&auml;ren hierf&uuml;r ausreichend Anw&auml;lt*innen mit Expertise in Abschiebehaftverfahren.</p>



<p><strong>Wo bleibt der Aufschrei?</strong></p>



<p>Angesichts
dieser erschreckenden Umst&auml;nde w&auml;re eine grundlegende Reform des Systems der
Abschiebehaft zu erwarten. Stattdessen wurden im sog. <a href="https://www.recht.bund.de/bgbl/1/2024/54/VO.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">R&uuml;ckf&uuml;hrungsverbesserungsgesetz</a>
zahlreiche Versch&auml;rfungen der Regelungen zur Abschiebehaft durchgesetzt. Unter
anderem wurde die H&ouml;chstdauer des Ausreisegewahrsams von 10 auf 28 Tage verl&auml;ngert,
&sect;&nbsp;62b Abs.&nbsp;1 S.&nbsp;1 AufenthG. Des Weiteren kann die Abschiebehaft
k&uuml;nftig auch f&uuml;r Asylsuchende angeordnet werden, wenn im Zeitpunkt der
Asylantragstellung die Voraussetzungen f&uuml;r die Abschiebehaft vorliegen, &sect;&nbsp;14
Abs.&nbsp;3 AsylG. Damit k&ouml;nnen Personen nun auch nach Asylantragstellung und
vor der Pr&uuml;fung des Asylantrags inhaftiert werden. Zudem wurden die Haftgr&uuml;nde erweitert,
&sect;&nbsp;62 Abs.&nbsp;3 S.&nbsp;1 Nr.&nbsp;2, 4 AufenthG.</p>



<p>Angesichts
der oben festgestellten erheblichen Bedenken an Verfassungsm&auml;&szlig;igkeit und
Effektivit&auml;t der Abschiebehaft schockiert diese Reaktion der Politik zutiefst
(f&uuml;r eine Einordnung siehe <a href="https://verfassungsblog.de/zwischen-symbolpolitik-und-verscharfung/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">hier</a>). Einen kleinen Erfolg stellt zwar die
Einf&uuml;hrung einer Pflichtbeiordnung von Anw&auml;lt*innen dar. Das kann jedoch eine
grundlegende Reform des Systems der Abschiebehaft nicht ersetzen. Um diese geht
es der Bundesregierung aber auch nicht &ndash; das zeigt die Vielzahl an
Versch&auml;rfungen. Mindestens genauso bedenklich ist aber das Ausbleiben eines
gesellschaftlichen Aufschreis. Das Grundgesetz sch&uuml;tzt eigentlich die Freiheit
der Person f&uuml;r alle Menschen. In der Praxis wird aber ihre Missachtung bei ausreisepflichtigen
Personen offensichtlich in Kauf genommen.</p>]]></content>
	<updated>2024-07-08T10:13:05+00:00</updated>
	<author><name>Teresa Otten Dionísio und Eva Vogel</name></author>
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		<id>http://grundundmenschenrechtsblog.de</id>
		<link rel="self" href="http://grundundmenschenrechtsblog.de"/>
		<updated>2024-07-08T10:13:05+00:00</updated>
		<title>Grund- und Menschenrechtsblog</title></source>

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	<category term="rechtspolitik"/>


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<entry>
	<id>tag:vifa-recht.de,2024-07-04:/224630</id>
	<link href="https://law.stanford.edu/2016/08/19/an-explanation-of-the-dojs-decision-to-end-private-prisons-and-its-relevance-for-latin-america/" rel="alternate" type="text/html"/>
	<title type="html">An explanation of the DOJ’s decision to end private prisons and its  relevance for Latin America</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>On August 18, 2016, Sally Quinn, Deputy Attorney General of the Department of Justice (DOJ), announc...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>On August 18, 2016, Sally Quinn, Deputy Attorney General of the Department of Justice (DOJ), <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">announced</a> that the Department would end its use of private prisons. This is an important development, but it does not ban private prisons entirely. What does it mean and what is its relevance to Latin America, where countries like Mexico are just starting to privatize their prison systems?</p>
<p><strong>The DOJ&rsquo;s findings </strong><br>
The DOJ&rsquo;s <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">instruction</a> is based on a <a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">study</a> performed by the Department&rsquo;s Office of the Inspector General, comparing 14 private with 14 public federal prisons in the U.S. That review, published in August of 2016, concluded that private prisons are not cheaper, nor do they provide better services&mdash;the arguments typically used to justify prison privatization. It moreover indicated that the Bureau of Prisons&rsquo; monitoring and supervision of private contract prisons had fallen short and it found worrying violations in private prisons, such as the use of isolation cells (euphemistically called &ldquo;Special Housing Units&rdquo;) to house prisoners when the general area of the prison was full.</p>
<p>In addition to this, the study found that although there were less drugs and less incidents of sexual misconduct, there were considerably more security incidents in private prisons: 9 times more (partial or full) lockdowns, 28% more inmate-oninmate assaults, and more than half more inmate-on-staff assaults. Moreover, 8 times more cellphones were confiscated&mdash;with which inmates could potentially continue their criminal activities from prison.</p>
<p><strong>Limited scope, but still important </strong><br>
As a consequence of these findings, the DOJ instructed its employees to either decline the renewal of contracts with private prison corporations, &ldquo;or substantially reduce [their] scope.&rdquo; Nevertheless, this decision does not necessarily mean the end for private prisons in the United States. In fact, the DOJ&rsquo;s decision only affects the <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">13</a> private <a href="https://www.oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank">prisons contracted by the Bureau of Prisons </a>(BOP). Why is that?</p>
<p>In the first place, because the DOJ&rsquo;s memo only binds its own institution. Private prisons contracted by the BOP house only <a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank">8% of the total U.S. prison population</a>. The memo does not oblige state or local authorities to stop using private prisons, and DOJ&rsquo;s decision does not impact another major user of private prisons: the Department of Homeland Security (DHS), which is in charge of detention centers for undocumented migrants. <a href="http://grassrootsleadership.org/reports/payoff-how-congress-ensures-private-prison-profit-immigrant-detention-quota#1-keyfindings" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Some 62% of those beds are managed by private prison corporations</a>, and DHS not seem to want to stop this practice: it recently signed a <a href="https://www.washingtonpost.com/business/economy/inside-the-administrations-1-billion-deal-to-detain-central-american-asylum-seekers/2016/08/14/e47f1960-5819-11e6-9aee-8075993d73a2_story.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">(questioned and questionable) one billion dollar, four-year contract</a> with a prison corporation to detain Central American asylum seekers.</p>
<p>Secondly, private corporations will remain active in other areas in the criminal justice system. In the operation of halfway houses (that were <a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank">explicitly exempted from the DOJ memo</a>) and in <a href="https://utep.influuent.utsystem.edu/en/publications/standards-in-the-privatization-of-probation-services-a-statutory-" rel="noopener noreferrer" target="_blank">probation services</a>, for example.</p>
<p>Nevertheless, the DOJ&rsquo;s decision to end its use of private prisons is important, both for its moral value and for the reasoning it used to arrive at its decision. That is, if the Department of Justice concluded after a thorough review that private prisons<a href="https://www.justice.gov/opa/file/886311/download" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> &ldquo;simply do not provide the same level of correctional services, programs, and resources; they do not save substantially on costs; and (&hellip;) do not maintain the same level of safety and security&rdquo; </a>as public prisons, then how do the Department of Homeland Security and state and local government defend the continued use of private prisons?</p>
<div>
<h6>Related Links</h6>
<ul>
<li><a href="https://law.stanford.edu/wp-content/uploads/2016/08/Una-explicacio%CC%81n-de-la-decisio%CC%81n-del-Departamento-de-Justicia-de-EEUU-de-terminar-su-uso-de-ca%CC%81rceles-privadas-nocontact.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Para leer en espa&ntilde;ol, clic: &ldquo;Una explicaci&oacute;n de la decisi&oacute;n del Departamento de Justicia de EEUU de terminar su uso de c&aacute;rceles privadas&rdquo;</a></li>
</ul>
</div>
<p><!-- .related-anchors --></p>
<p><strong>Lessons for Latin American authorities </strong><br>
On top of this, the<a href="https://oig.justice.gov/reports/2016/e1606.pdf#page=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank"> DOJ report</a> identified a number of specific weaknesses and lessons learned. It would be highly advisable that Latin American authorities take heed.</p>
<p>First of all, the report identified numerous rights violations and security risks. Perhaps the report&acute;s most important lesson is that it is essential that prisons are actively supervised and monitored&mdash;both public and private ones. In this regard, it is relevant to note that <a href="https://www.prisonlegalnews.org/news/2014/oct/10/how-courts-view-aca-accreditation/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">U.S. courts do not accept the ACA (American Corrections Association) certification as evidence that prisons comply with constitutional norms. </a>This underscores the importance of active monitoring.</p>
<p>Secondly, transparency is of fundamental importance. One needs to be able to consult the contents of contracts signed with private corporations to verify whether the obligations undertaken are effectively met, as well as to supervise how funds are spent. These principles also apply to State-run prisons.</p>
<p>Lastly, there are a number of questions that Latin-American authorities who call for the privatization of prisons should answer. If after more than two decades of experience with privatized prisons in the United States, authorities have concluded that it is better to end this practice, is it wise to move forward with this elsewhere? Would public funds not be put to better use if they would be used to strengthen the State and its prison system, instead of financing corporate profits?</p>]]></content>
	<updated>2016-08-19T15:42:00+00:00</updated>
	<author><name>Mirte Postema</name></author>
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	<title type="html">The Refugee Crisis in Europe and Beyond: What the Law and Ethics Demand</title>
	<summary type="html"><![CDATA[<p>According to the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), more than 440,000 refugees h...</p>]]></summary>
	<content type="html"><![CDATA[<p>According to the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), more than 440,000 refugees have entered Europe by sea this year. Nearly 3,000 of those have died or gone missing while trying to cross the Mediterranean. It is expected that these numbers will rise considerably in the coming months, and that close to one million refugees will try to enter Europe.</p>
<p>The current crisis seems to have taken the world by surprise, despite clear indications that it has been pending&mdash;if not full-blown&mdash;for years. Flight caused by wars, conflict, generalized violence, persecution, and human rights violations prompted an increase in the number of forcibly displaced to 59.5 million people, up from 51.2 million in 2013. Exacerbating this has been the intensification of the crises in Syria and Iraq. The civil war in Syria has been raging several years now, and the latest conflict in Iraq began with the U.S. invasion in 2003, ebbing at times, but never ceasing entirely. While most of those affected by the resulting violence have sought refuge in neighboring countries, increasing numbers of people are now fleeing through Turkey and into the European Union.</p>
<p>The largest numbers of refugees are arriving in Italy and Greece, both sizeable countries with long Mediterranean borders, that serve as entry points for travel to states with more robust economic conditions and flexible asylum policies, such as Germany. Many of those fleeing to Europe travel through Hungary, a Schengen country, from which there should be free movement to the other 25 Member States. However, Hungary has deployed its armed forces to control the borders, authorizing the use of rubber bullets, tear gas, and net guns. And Germany, despite announcing it would provide refugee to at least 800,000 people, has temporarily suspended its Schengen membership to re-introduce border checks. In the meantime, other Western countries such as the United States, Canada, and Australia, have provided a muted response at best, announcing plans to accept some 10,000 to 30,000 refugees each.</p>
<p>Are these responses in accordance with these countries&rsquo; international obligations? To answer that question, we turn to the relevant international legal standards. While international law creates clear state duties with respect to refugees and those fleeing situations of danger, it requires less with regard to those affected by economic hardship or crisis. Those in this condition may be termed migrants, although the term is often used as a catch-all to refer to any person who travels from one area to another, usually across borders. According to the 1951 United Nations Refugee Convention&mdash;to which the United States acceded in 1968 by ratifying its 1967 Protocol&mdash;a refugee is a person who is outside of his or her country of origin and is unable to return because of &ldquo;a well-founded fear of being persecuted for reasons of race, religion, nationality, membership of a particular social group or political opinion&rdquo;. The protections afforded to refugees under international law are, understandably, stronger than those provided to migrants (established, among other sources, by the 1990 International Convention on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Their Families).</p>
<p>In the current context of crisis, the most relevant duty that states owe those fleeing danger is that of non-<em>refoulement,</em> or non-return. Refugees (as defined by the Refugee Convention), but also others who might not fit that definition, benefit from the prohibition on <em>refoulement</em>. This means that they may not be returned to countries or areas in which their lives or freedom could be in danger. Today, some 84% of those reaching Europe come from the ten countries that produce the most refugees: Syria, Afghanistan, Somalia, Sudan, South Sudan, the Democratic Republic of the Congo, Myanmar, Central African Republic, Iraq, and Eritrea. In these countries, large areas are affected by war and severe civil strife. All this suggests&mdash;at least&mdash;that the protection against <em>refoulement</em> applies to a great percentage of those fleeing to Europe. Deportation without review of one&rsquo;s particular circumstances to assess the threat faced on return is inconsistent with international law.</p>
<p>In addition to protection from <em>refoulement</em>, the Refugee Convention requires that States provide refugees &ldquo;the most favorable treatment awarded to nationals of a foreign country in the same circumstances.&rdquo; This means that refugees should be allowed to engage in remunerated labor and be given access to housing, education, and public assistance (&lsquo;welfare&rsquo;). They should also be given equal access to the courts and cannot be subject to duties, taxes or levies that do not apply to nationals in similar situations.</p>
<p>These principles constitute minimums required by international law. At the very least, refugees should be provided shelter&mdash;especially relevant now that winter is approaching&mdash;and be afforded the possibility to work and educate themselves. Beyond that, it could also be argued that western nations have both a legal and moral responsibility to provide for those who are fleeing countries that their actions (and omissions) have destabilized, such as Syria, Iraq and Afghanistan. According to that reasoning, apart from receiving more refugees from those countries, western nations could, for example, be more active in creating the conditions for people to prosper in their home States by pushing for a cessation to hostilities.</p>
<p>At the moment, we are observing wholesale failure to comply with the minimum requirements imposed by international law and ethical decency: mass arrests, prosecutions of asylum seekers, border closings and a steady stream of preventable deaths are the most obvious signs of this failure. But these are symptoms of a larger, structural problem, or, better stated, a larger confluence of structural problems. For States in Europe to meet their obligations, they must respond to the current crisis with a coordinated humanitarian response. The elements of this response may be beginning to take shape&mdash;a European Union agreement to distribute the burden of refugees among European States is a start. Increasing levels of refugee resettlement by states in other parts of the world will also help.</p>
<p>As things stand, though, the collective response across Europe and beyond has largely failed to respect existing legal norms. It has been even more distant from standards of human decency and compassion. While Europe, and other states must follow the law on this issue, we would all be well-served instead the guidelines were driven by ethical standards. In reflecting on the immigration and refugee crises on both sides of the Atlantic, the Pope, in a historic speech to a joint session of Congress on Thursday, urged authorities to respond &ldquo;in a way which is humane, just and fraternal.&rdquo; If we can follow that standard here and in Europe, legal compliance will no doubt follow.</p>
<p><em>A slightly modified version of this article was featured in the Daily Journal on September 28, 2015.</em></p>]]></content>
	<updated>2015-10-08T22:57:36+00:00</updated>
	<author><name>James Cavallaro</name></author>
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		<updated>2015-10-08T22:57:36+00:00</updated>
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